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Full text of "Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes"

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DICTIONNAIRE 



DES 

SCIENCES NATURELLES, 

DANS LEQUEL 

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFéRENS ÊTRES DE LA NATURE , 
CONSIDÉRÉS soir EN EUX-MÊMES, d' VPilÈS l'ÉTAT ACTUEL DE H03 
CONNOISSANCES , SOIT RELAnVExMENT A l'uTIUTÉ QU'eN PEUVENT 
RETIRER J.AJIÉDECINE, l'aGRICULTXJRE , LE CÛJi;,:i:fiCE ET LES ARTS. 

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 



Plusieurs Professeurs du Jardin du Koi et des principales 
Écoles de Paris. 

TOME QUARANTE-UNIÈME, 



PI]\-PLO. 




F. G. LEVBArLT, Editeur, à STRASBOURG, 
et rue de la Harpe, N.° 81 , à PARIS. 

Le Normàiît, rue de Seine, N." 8, à PARIS. 
1826. 





LIBRARY OF 




Ie85_l056 



AfHAi 



DES 



OISEAUX D'EUROPE 

POUR SERVIR DE COMPLÉMENT AU MANUEL d'oRNITHOLOGU: 

DE M. TEMMINCK, 
PAR J G- WERNÉR, 

PEINTRE d'hISTOIKE NATURELLE. 



AVEC OU SANS TEXTE. 



Depuis que le goût de l'Histoire Naturelle s'est ré- 
pandu jusque dans les deux Mondes, chaque ouvrage 
qui traite de cette science étant reçu avec empres- 
sement par les hommes qui se livrent à son étude , 
le succès en est assuré : cependant plusieurs de ces 
ouvrages manquent du secours le plus puissant pour 
être bien compris, celui d'un Atlas qui donne la 
figure exacte de chaque espèce décrite. En effet, 
quelle facilité ne trouve pas la personne qui étudie 
un objet en le voyant représenté avec soin et préci- 
sion : à l'aide de la peinture , elle se le gi-ave plus faci- 



leraent dans la mémoire qu'elle ne pourrait le faire 
avec la meilleure description; car, quelque soin que 
l'on se donne, quelque peine que l'on prenne, au- 
cune expression ne peut montrer les formes, faire 
voir les couleurs, qui sont d'une si grande impor- 
tance surtout pour l'Ornithologie. 

C'est donc un véritable service que nous rendrons 
en publiant notre Atlas, qui complétera le Manuel 
omithologique de M. Temminck, le meilleur des 
ouvrages publiés sur l'Histoire des Oiseaux. 

Ce Manuel contient environ cinq cent cinquante 
espèces et variétés de sexes indispensables à figurer. 
Nous les donnerons toutes, et toutes faites, d'après 
nature, par M.Werner, qui depuis dix ans donne, par 
les beaux dessins qui ont paru dans les ouvrages de 
nos premiers Naturalistes , des preuves d'un talent 
distingué. 

M. le Baron Cuvier permet que notre Atlas soit 
publié sous ses auspices , et promet d'en revoir tous 
les dessins. Les Éditeurs ne peuvent offrir une plus 
forte garantie à leurs souscripteurs : car le nom de ce 
célèbre Naturaliste ne peut s'attacher qu'aux entre- 
prises vraiment utiles à l'étude des sciences. 

L'ouvrage entier sera publié en cinquante-cinq 
livraisons de dix planches, format in-8°. En tête de 
chaque ordre nous donnerons un squelette et une on 
deux planches de caractères pour les divisions. Cha- 



( 3) 
que planche n'aura qu un seul individu , afin que les 
Naturalistes puissent les classer suivant le système 
qu'ils auront adopté : il paraîtra régulièrement une li- 
vraison de mois en mois : la première sera mise en 
vente le aS février 1826. 

Les éditeurs pourront fournir, dans chaque livraison, aux 
souscripteurs qui le désireront, le texte du Manuel d'Ornithologie, 
par M. Temminck, avec les figures correspondantes : ainsi les 
personnes qui n'ont point déjà le Manuel pourront souscrire ;i 
l'ouvrage complet. 

Le nom des Oiseaux sera écrit en français et en latin au bas de 
chaque planche . 

ATLAS. 

Prix delà livraison, 'lU figures noires sur papier vélin. . . 3 fi'. 

— Figures coloriées et retouchées avec soin 6 fr. 

ATLAS AVEC TEXTE. 
Prix de la livraison, ■" figures noires sur papier vélin. 5 fr. 5o c. 

— Figures coloriées et retouchées avec soin 6 fr. 5o c. 

ON SOUSCRIT A PARIS , 

Chez L'AUTEUR, rue Copeau , n;. 6; 

A. BELIN , Imprimeur-Libraire, rue des Mathurin^ 

Saint-Jacques, n°. 14; 
LEVRAULT , Libraire , rue de la Harpe , n-. 81 ; 
A Strasbourg, même maison de commerce. 



Paris, Imprimerie de A. BELIN, rne des Maihurins S.-J. , n" 14. 



Histoire Naturelle des Mammifères , avec des fignres originales, coloriées , 
dessinées d'après des animaux vivans. Ouvrage publié sous Tautorité de 
l'administration du Muséum d'Histoire Naturelle , par M. Geoffroi Saint- 
Hilaire, professeur de zoologie au Muséum , et par M. Frédéric Cut^ier, 
ehargé en chef de la Ménagerie Royale. 

NOUVELLE ÉDITION IN-4''. 

L'ouvrage , imprimé avec des caractères neufs sur papier grand-raisin su- 
perlin satiné , même format in-4°. que les Oisemens Fossiles de M. G. Cu- 
fier, aura six volumes qui paraîtront en 60 livraisons. 

Chaque livraison contiendra, outre le texte, 6 figures coloriées , avec le plus 
grand soin , d'après des dessins faits sur des animaux vivans. Prix. 9 fr. 

Les deux premières livraisons sont en -vente; les suivantes seront publiées , 
autant que possible, les i^ et 28 de chaque mois. 

Edition in-Jolio. — Les ^o premières livraisons , contenant 24c figures colo- 
riées avec le plus grand soin, forment 4 volumes, dans lesquels ces figures 
ont été classées d'après l'ordre méthodique. Ces quatre volumes in-folio Jésus 
sont livrés cartonnés ou renfermés dans des cartons. Prix. 55o fr. 

Les treize premières livraisons des 5^. et 6^. volumes sont en vente ; 
prix de chaque livraison. • i5fi. 

Il ne reste plus à publier que sept livraisons. 

Flora Brasiliœ Meridionalis , auctorc Augustn de Saint-Hilaire , reg. 

Scient. Acad. Paris., necnon Societ. Philoni. et Hist. nat. Paris, etc. 

Cette Flore du Brésil sera pour la partie orientale de l'Amérique ce qu'est 
celle de MM. de Humboldtet Runih pour la côte occidentale. Comme les deux 
ouvrages ne forment réellenrent qu'un ensemble, celui que nous annonçons 
est imprimé avec des caractères semblables à ceux du lYof^a Gênera, et dans 
les mêmes formats. 

L'ouvrage aura trois volumes , qui paraîtront par livraisons. Les quatre pre- 
mières liuraisons sont publiées. 

Ia-4°- Jésus, papier satiné ^ huit à dix figures noires , et cinq feuilles 
de texte. i5 fr. 

In-folio Jésus, papier vélin d'Annonay, satiné, avec les mêmes fi- 
gures coloriées, et huit feuilles de texte. 60 fr. 

Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle, par MM. les professeurs au 

Jardin du Roi . 

Ces Mémoires paraissent par cahier de dix feuilles : six cahiers forment 
un volume j deux volumes font une année. Chaque volume est accompagné 
de vingt à vingt-cinq planches en taille-douce gravées avec le plus grand soin. 

Les six premières années sont imprimées. Prix 36o fr. 

Chaque année, composée de 2 volumes. 60 fr. 

On souscrit pour la septième année. Le prix des deux volumes se paie en 
souscrivant. ^ 

Mémoires sur la famille des Légumineuses, par M. -Aug. Pyr. de Can- 

dolle , professeur d'histoire naturelle et directeur du Jardin botanique de 

l'Académie de Genève , conespondant de l'Institut de France , etc. 

Ces Mémoires étaient destinés à paraître dans la collection de ceux du Mu- 
séum d'histoire naturelle de Paris. Mais leur nombre s'étant augmenté beau- 
coup au-delà de ce que cette collection n'aurait pu faire paraître sans de grands 
retards, l'auteur, de concert avec le libraire-éditeur, s'est décidé à les réunir 
en un seul corps d'ouvrage , en les imprimant dans le même format in-4''. , 
pour qu'ils puissent être placés à côté de cette collection. 

Ce volume, qui sera composé de quatorze Mémoires faisant environ 5oo 
pages in-4°., et de 70 planches , dont 26 au simple trait et les autres entière- 
ment terminées, paraîtra par livraisons de huit feuilles de texte accompa- 
gnées de 8 h 9 gravures, ayant chacune leur numéro. 

Les quatre premières livraisons sont en vente; les suivantes paraîtront de 
mois en mois. 

En prenant les premières livraisons , on paie en même temps la dernière. 

Le prix de chaque livraison est de 9 fr. 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 

TOME XLI. 



PIN = PLO. 



Le nomhre d'exemplaires prescrit par la loi a été 
déposé. Tous les exemplaires sont reuêtus de la signature 
de r éditeur. 




DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES 



DANS LEQUEL 



ON TRAITE METHODIQUEMENT DES DIFFÉRENS ÊTRES DE LA NATURE 
CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aFRÈS LETAT ACTUEL DE 
NOS CONNOISSANCES, SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'en 
PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE 



ET LES ARTS. 



SUm D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerrans 
aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ontintérétk 
connoitre les productions de la nature, leurs caractères générigues 
et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. 

PAR 

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi, et des principales 
Ecoles de Paris. 

TOME QUARANTE-UNIÈME. 




F. G. Levrault, Éditeur, à STRASBOURG, 

et rue de la Harpe, N.° 81, à PARIS. 

Le Normant, rue de Seine, N.° 8, à PARIS. 

1826. 



Liste des auteurs par ordre de Matières. 



Pkjsiijue générale. * 

M. LACROIX , membre de l'Académie des 
Sciences et professeur au Collège d 
France. ( L- ) 

Chimie. 



M. CHEVREUL, 
royal de Charle 



professeur a 
lagne. (Cb. ) 



Collée 



Minéralogie et Géologie. 
M. BRONGNIART, membre de l'Académi 

des Sciences, professeur à la Faculté des 

Sciences. ( B. ) 
M. BROCHANT DE VILLIERS, momb 

de l'Académie des Sciences. ( B. de V. ) 
M. DEFRANCE, membre de plusieurs 

Sociétés savantes. ( D. F.) 

Botanique. 
M. DESFONTAINES, membre de l'Académie 

des Sciences. (UEsr.) 

M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie 

des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.) 

M. MIRBEL, membre de l'Académie des 

la Faculté des 



(C. D.) 



Sciences , professeur 

Sciences. (B. M.) 
M. HENRI CASSINI, membre de la Société 

phiIomati(iue de Paris. (H. Cass. ) 
M. LEMAN, membre de la Société pbilo- 

mati(jue de Paris. (Leh.) 

M. LOISELEUR deslongchamps. 

Docteur en médecine , membre de plusieurs 

Sociétés savantes. ( L. D. ) 
M. MASSEY. ( Mass. ) 
M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés 

savantes et littéraires, continuateur de 

l'Encyclopédie botanique. (Pojr.) 
.M. DE .TUS SAC, membre de plusieurs 

Sociétés savantes, auteur de la Flore t des 

Antilles, (De T.) 

MM. DE HUMBOLDT et RAMOND donneront quelqu 



Zoologie générale, ^naiomie et 
Physiologie. 

M. G. CUVIER, membre et secrétaire per- 
pétuel de l'Académie des Sciences, prof, au 
Jardin du Roi, etc. ( G. C. ou CV. ou C.) 
M. FLOURENS. (F.) 

Mammifères. 
M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, membre 
de l'Académie des Sciences , prof, au Jardin 
du Roi. (G.) 

Oiseaux. 

M. DUMONT DE S.TE CROIX, membre de 
plusieurs Sociétés savantes. ( Ch. D.) 

Reptiles et Poissons. 

M. DE LACÉPÈDE, membre de l'Académie 
des Sciences , prof, au Jardin du Roi. (L.L.) 

M. DUMERIL, membre de l'Académie des 
Sciences, professeur à l'École de méde- 
cine. (C. D.) 

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C.) 
Insectes. 

M. DUMERIL , membre de l'Académie des 



Sciences, professeur à l'École de médecine. 
Crustacés. 



M. W. E. LEACH , membre de la Société roy. 
de Londres, Correspond, du Muséum d'his- 
toire naturelle de France. (W. E. L.) 

M. A. G. DESMAREST, membre titulaire de 
l'Académie royale de médecine, professeur 
à l'école royale vétérinaire d'Alfort, etc. 

Mollusgues, Vers et Zoophjtes. 
M. DE BLAINVILLE, professeur k la Faculté 
des Sciences. (De B.) 



M. TURPIN, natur.illste, est cbargé de 
exécution dos dessins et de 1» direction de 
a gravure. 



ont observés dans le 



voyages , ou sur 



icles sur les objets 
jets dont ils se sont 
plus particulièrement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse. 

M. PREVOT a donné l'article Océan; M. VALEiNClENNES plusieurs articles d'Orni- 
tbologie; M. DESPORTES l'article Pigeon domestùjue , et M. LESSON l'article J'^/O'ie/-. 

M. F. CUVIER est cb.irgé de la direction générale de l'ouvrage, et il coopérera aux 
articles généraux de zoologie et ii l'histoire des mammifères. (F. C, ) 



DICTIONNAIRE 

DES 

SCIENCES NATURELLES. 

PIN 

Ir^IN ; Pinus, Linn. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones 
apétales, de la famille des conifères, Juss. , et de la mo- 
noécie monadelphie du Système sexuel, dont les principaux 
caractères sont les suivans : Fleurs mâles disposées en cha- 
tons ramassés en grappe; point de calice ni de corolle; éta- 
minesnues, presque sessiles, disposées en spirale, imbriquées 
comme des écailles , portant immédiatement des anthères à 
deux loges oblongues, adossées l'une à l'autre, s'ouvrant 
longitudinalement par leur face inférieure, et plus ou moins 
dilatées à leur sommet en une appendice scarieuse : fleurs 
femelles disposées en chatons ovoïdes , composés d'écailles , 
portées par un axe commun, sur lequel elles sont disposées en 
spirale et imbriquées les unes au-dessus des autres ; chaque 
écaille est charnue, colorée, presque réniforme, terminée 
en pointe, et elle porte sur son dos une bractée membra- 
neuse, plus large que longue, arrondie, irrégulièrement 
dentée ou comme déchirée en son bord supérieur; point de 
corolle; deux ovaires adhérens à la base interne de l'écaille 
calicinale , et chacun d'eux portant, à sa partie inférieure 
et un peu latérale, un stigmate à deux pointes: le fruit est 
un cône formé de l'agrégation des écailles calycinales qui 
s'alongent après la floraison, deviennent ligneuses, oblon- 
gues, serrées , éfroitement appliquées les unes sur les au- 
tres et épaissies à leur sommet qui est souvent ombiliqué 
sur le dos ; à la base interne de chacune des écailles sont, 
41. 1 



PIN 

dans deux enfoncemens, deux noix osseuses, contenant cha- 
cune une graine entourée d'une aile membraneuse ; l'em- 
bryon se divise en plusieurs lobes linéaires et comme digités. 
Les pins sont des arbres à rameaux, disposés par verticilles; 
leurs feuilles sont toujours vertes , linéaires , réunies par 
leur base, deux à cinq ensemble, dans une gaine membra- 
neuse, cylindrique, et disposées en spirale autour des ra- 
meaux. On en connoît aujourd'hui trente et quelques es- 
pèces paraii lesquelles neuf croissent naturellement en France 
ou en Europe. 

^" Feuilles sortant deux à deux de la même gaine. 

Pin sauvage, vulgairement Pin de Genève, Pin de Russie, 
PiNÉASTKE , etc.: Pinus sjdvestris, Linn., Spec. 1418; Lois., 
Nouv. Duham., 5, p. 200, t. 66. Cet arbre peut s'élever 
droit , à la hauteur de quatre-vingts pieds et plus; son tronc 
ordinairement nu, lorsqu'il croît en forêt pressée, est garni 
dés sa base de rameaux étalés, s'il vient isolé. Ces rameaux 
sont disposés par verticilles deux à quatre ensemble, quel- 
quefois jusqu'à cinq ou six, d'abord un peu redressés dans 
leur jeunesse, toujours étendus horizontalement, lorsqu'ils 
sont plus avancés en âge; leur disposition constante et inva- 
riable autour du tronc, indique, d'une manière certaine, 
l'âge de l'arbre, en comptant chaque entrenœud pour une 
année. Ses feuilles, disposées en double spirale sur les ra- 
meaux, sont linéaires, étroites, roides, demi- cylindriques, 
très-glabres, d'un A'^ert un peu glauque, enveloppées deux à 
deux à leur base, par une gaine courte; elles persistent pen- 
dant quatre ans sur l'arbre, et lorsqu'elles tombent au com- 
mencement de la cinquième année , il reste après leur chute, 
à la place de leur insertion, une impression qui rend les 
rameaux un peu raboteux. Les fleurs sont monoïques, elles 
paroissent en Avril ou en Mai, selon le climat. Les mâles 
sont des chatons jaunâtres ou roussàtres, longs de quatre à 
cinq lignes, redressés, portés sur des pédicules particuliers, 
longs d'une ligne ou environ, et disposés au nombre de trente 
à cinquante en une grappe droite, qui paroit alors terminale, 
mais qui devient latérale à mesure que la floraison avance. 
Chacun de ces chatons est composé de cent étamines et plus. 



PIN 5 

Les fleurs femelles toujours placées sur d'autres rameaux que 
les mâles , sont réunies plusieurs ensemble et forment des 
chatons ovoïdes, rougeàtres, longs de deux lignes, disposés à 
l'extrémité des jeunes pousses qui ont commencé à se déve- 
lopper depuis le printemps. 

Après la fécondation, les chatons femelles ne tardent pas 
à doubler à peu près de grosseur, puis ils se refléchissent 
vers la terre et restent dans un état stationnaire pendant dix 
à onze mois, c'est-à-dire, jusqu'au printemps suivant. A 
cette époque, un peu avant la nouvelle floraison, ces petits 
cônes commencent à grossir, et prennent rapidement pres- 
que tout leur accroissement pendant les mois d'Avril, de 
Mai et de Juin; mais ils ne sont pas encore mûrs après 
cela; il faut qu'ils restent sur l'arbre jusqu'à la fin de l'hiver 
suivant, et ce n'est qu'alors qu'ils ont atteint leur complète 
maturité ; leur forme, en cet état, est parfaitement conique, 
arrondie à la base; ils ont depuis dix-huit jusqu'à trente 
lignes de hauteur, et leur couleur est d'un vert plus ou 
moins foncé, tirant sur le rouge-brun. Les écailles de chaque 
cône sont oblongues, renflées en leur partie supérieure et 
sur leur dos, en une sorte de pyramide affaissée, non épi- 
neuse, et dont les angles horizontaux sont seuls distincts. La 
forme de cette partie renflée des écailles est d'ailleurs très- 
variable. A la base interne de chaque écaille sont logées 
deux graines ovales, un peu aplaties, entourées, inférieure- 
ment et latéralement, d'une membrane étroite, qui se pro- 
longe supérieurement en une aile mince, demi- transparente 
et d'un brun clair. Cette aile n'est pas adhérente à la graine, 
elle l'embrasse seulement et peut s'en détacher avec assez de 
facilité. 

Le pin sauvage croit spontanément dans une grande par- 
lie de l'Europe , surtout dans le Nord et dans les pays de 
montagnes : il est commun en France, dans les Alpes, les 
Pyrénées, les Vosges; on le trouve en Bourgogne, en Au- 
vergne, aux lies d'Hières, etc. Il fleurit à la fin d'Avril ou 
au commencement de Mai dans le climat de Paris; un mois 
ou six semaines plus tôt dans le Midi, et seulement en Juin 
dans le JNord de l'Europe ou sur les montagnes élevées. Cet 
arbre est sujet à varier beaucoup, selon la nature du sol et 



4 PIN 

de l'exposition. Dans un terrain un peu humide ; dans les 
pays du Nord, et quand il croît pressé en forêts, il s'élève 
ordinairement très-haut et très-droit; dans les lieux secs et 
arides, au contraire, dans les pays du Midi, ou quand il est 
planté isolé, souvent il s'élève beaucoup moins, s'éfale davan- 
tage, et devient même quelquefois tortu et rabougri. Ses 
feuilles sont aussi plus longues ou plus courtes, plus rappro- 
chées ou plus rares: ses cônes, enfin, outre leur grandeur et 
leur grosseur variables, diffèrent encore beaucoup par la forme 
delà partie renflée de leurs écailles, qui est tantôt presque unie 
et aplatie, et tantôt s'élève en forme de pyramide quadran- 
gulaire. I.cs différences qu'on observe dans le pin sauvage , 
ont engagé quelques auteurs à le diviser en trois ou quatre 
espèces: mais il m'a paru, après avoir examiné une grande 
quantité d'individus dans les jardins et les pépinières, et après 
avoir reçu un grand nombre d'échantillons de diverses par- 
ties de la France; il m'a paru, dis-je, que ces prétendues 
espèces ne pouvoient être admises; il est même difficile de 
bien caractériser les variétés, et comme cela ne présenteroit 
que peu d'avantage, nous renonçons à des détails qui excé- 
deroient les bornes de cet ouvrage. 

Le bois du pin sauvage est excellent pour les mâtures. Les 
peuples du Nord en construisent leurs maisons , en font 
des meubles, des traîneaux, des torches pour s'éclairer pen- 
dant la nuit. Son écorce extérieure est tellement légère, 
qu'elle peut remplacer le liège pour quelques usages , par 
exemple , pour soutenir sur l'eau les filets des pêcheurs. 
L'écorce intérieure renferme un principe muqueux et nutritif; 
elle sert d'aliment aux habitans de la Laponie : pétrie avec la 
farine de seigle , elle est employée en Suède à faire du pain. 
Dans le même pays, ainsi qu'en Norwége , en Pologne, en Al- 
lemagne, son bois est d'une grande ressource pour le chauf- 
fage et fournit un charbon recherché pour les forges. 

Supéineur au sapin pour la dureté et la solidité, ce bois 
est très-bon pour la charpente; on en fait des poutres, des 
solives, des chevrons. En Allemagne et dans quelques par- 
ties du Nord de la France, ses grosses branches servent à faire 
des palissades pour entourer les jardins et les parcs; elles 
fournissent aussi de très-bons échalas. Placé dans l'eau ou 



PIN 5 

dans des lieux humides, ce bois se conserve nombre d'années 
sans se pourrir, aussi est-il très-propre à faire des pilotis, 
des petits canaux pour la conduite des eaux, et des corps de 
pompe. Ses usages sont donc très-multipliés. Le pin sauvage 
est aussi remarquable comme arbre d'agrément: dans les jar- 
dins paysagers, la disposition horizontale de ses rameaux, 
dont l'ensemble forme presque toujours une belle pyramide, 
le fait distinguer au milieu des autres arbres, parmi lesquels 
il figure par son aspect pittoresque. 

Pin rouge : Pinus rubra, Mill. , Dict. , n.° 3; Lois., Nouv. 
Duham., 5, p. 233, t. 67, fig. 1. Le pin rouge , nommé vul- 
gairement pn? d''Ecosse, ressemble beaucoup au pin sauvage; 
il forme, comme celui-ci, un grand arbre, qui a le même 
port et qui ne diffère que par les caractères suivans : Son bois 
est plus rouge ; ses feuilles sont d'un vert plus glauque ; ses 
cônes sont toujours disposés par verticilles de trois, quatre 
et même cinq; la partie saillante de leurs écailles forme une 
pyramide plus prononcée, à quatre angles distincts, et le 
losange formé par la base de la pyramide a son grand dia- 
mètre dans le même sens que l'axe du cône; enfin , les chatons 
mâles sont d'un jaune très-clair, presque blanchâtres et por- 
tés sur des pédicules plus longs. Cette espèce croit dans le 
Nord de l'Europe, et en France dans les Alpes et les Pyrénées. 
Elle fleurit à la même époque que le pin sauvage. 

Le pin d'Ecosse donne les mêmes produits que l'espèce pré- 
cédente. Ses racines fendues en éclats, servent de torches 
aux paysans écossois. Son bois est souvent employé par les 
Anglois pour la mâture des vaisseaux. 

Pin mugho : Pinus mugho, Poir. , Dict., 5, pag. 356; Lois., 
Nouv. Duh., 5, p. 233, t. 68. Ce pin, nommé vulgairement 
torche-pin, pin suffis, pincrin, ou tout simplement muglio, a 
le même port que le pin sauvage ; mais il en diffère par ses 
feuilles d'un vert plus foncé, ayant une forte odeur de téré- 
benthine; par ses chatons mâles qui sont blanchâtres, longs 
de six lignes au moins, portés sur des pédicules très-co«rts, 
et dont les anthères se prolongent à leur sommet en une 
membrane arrondie , dirigée en haut. On Pen distingue 
encore parce que ses cônes sont toujours d'un tiers au moins 
plus courts que les feuilles, et surtout parce que la partie 



^ PIN 

supérieure de leurs écailles est renflée en une pyramide qua- 
drangulaire, dont les deux côtés qui regardent la pointe du 
cône, sont les plus longs, de sorte que cette partie saillante 
des écailles paroît dirigée en arrière. Le sommet de la pyra- 
mide est d'ailleurs muni d'une petite pointe épineuse parti- 
culière. 

Le pin mugho paroît aussi variable dans son port que le 
pin sauvage; quelquefois il forme un grand arbre qui s'élève 
bien droit; d'autres fois il reste bas, rabougri et n'atteint guère 
qu'à douze ou quinze pieds de hauteur. A Paris, cette espèce 
fleurit au mois de Mai: dans le Nord et sur les hautes mon- 
tagnes sa floraison est refardée. Ce pin croît en France sur 
les Alpes et les Pyrénées; on le trouve aussi dans plusieurs 
autres montagnes élevées de l'Europe. Son bois est d'une 
grande dureté; c'est avec lui que les Lapons font leurs arcs 
et les longues semelles qui leur servent à courir en glissant 
sur la neige. Les paysans des Alpes en font des torches qui 
brûlent très-bien. 

PxN PUMiLio ; Pinus pumilio, AValdst. , PL Hiing., 2 , p. 160, 
p. 149. Cette espèce est un arbrisseau plutôt qu'un arbre; 
elle ne s'élève qu'à six ou sept pieds : ses rameaux sont ram- 
pans, et ses cônes sont moitié plus petits que ceux du pin 
sauvage. Elle est abondante dans les Alpes de Salzbourg , de 
la Carniole, de la Hongrie et de la Silésie. Toutes ses par- 
ties sont très-résineuses ; il découle spontanément de ses 
jeunes cônes une résine verdàtre, très- odorante, qui donne 
par la distillation une huile essentielle d'une odeur péné- 
trante , et connue en Autriche et en Hongrie sous le nom 
de lalsamum carpaficum. Son bois acquiert si peu de volume 
que, bien qu'il soit très-dur, il est diliicile d'en tirer parti. 

Pin variable : Pinus variabilis , Willd. , Spec. 4, p. 488 j 
Lois., Nouv. Duham., 5, pag. 235, t. 69, fig. 2. Cet arbre, 
connu dans les différentes parties des Etats-Unis sous les 
noms de pin jaune, pin sapin, pin à courtes feuilles , s'élève à 
cinquante ou soixante pieds dans son pays natal, et son tronc 
acquiert de quatre à six pieds de circonférence. Ses feuilles, 
longues de deux à quatre pouces , sortent communément 
deux à deux de la même gaine; mais il n'est pas rare de les voir 
réunies trois à trois. Les cônes ne sont pas placés , lorsqu'ils 



PIN 7 

naissent, à rextrémité des rameaux, maïs ils sont disposés un 
à un, ou opposés deux à deux, vers le milieu de la pousse 
de l'année; quand ils sont mûrs, leur sommet est dirigé 
vers la terre, et leur couleur est grisâtre. En cet élat, ils 
n'ont que dix-huit à vingt lignes de hauteur; leurs écailles 
sont sensiblement ombiliquées , et du centre de J'ombilic 
s'élève une petite pointe fine. Cette espèce croît naturelle- 
ment dans la plus grande partie des différentes contrées de 
l'Amérique septentrionale; on la cultive en France comme 
arbre d'ornement. 

Le bois du pin variable est solide et d'un grain très-fin, 
parce que les couches annuelles sont très-rapprochées les 
unes des autres. Comme il contient peu de résine, il n'est 
pas très-pesant, quoique cependant fort compacte; il n'a 
d'ailleurs que très -peu d'aubier. Dans les hautes Carolines 
et le Holstein, c'est avec le bois du pin variable que les 
maisons sont construites, et même recouvertes. Dans d'autres 
parties des Etats-Unis il est d'un grand usage pour la menui- 
serie et même les constructions navales. Débité en madriers 
et. en planches d'un pouce à deux pouces et demi d'épais- 
seur, il forme une branche considérable d'exportation. 

Pin chétif : Pinus inops , Willd., Spec. 4, p. 49*5 ; Lois., 
Nouv. Duham., 5 , p. 206 , t. 69 , fig. 1 . Ce pin s'élève à trente 
ou quarante pieds au plus , et son tronc acquiert trois à 
quatre pieds de circonférence; mais le plus souvent il reste 
au-dessous de ces dimensions. Ses feuilles sont d'un vert 
sombre, longues d'un à deux pouces, réunies deux à deux 
dans la même gaine. Ses chatons mâles sont presque sessiles, 
longs de quatre à cinq lignes, et les anthères sont surmontées 
d'une crête dilatée et entière. Les cônes sont solitaires ou 
tout au plus deux à deux, longs de dix-huit à trente lignes; 
la partie renflée de leurs écailles est peu saillante, traversée 
d'une ligne anguleuse, horizontale, et chargée en son milieu 
d'une pointe piquante. Cette espèce est originaire de l'Amé- 
rique septentrionale , où elle croit en général dans les terrains 
maigres et sablonneux; on la cultive en France dans les jardins 
paysagers. 

Pin piquant; Pinus pungens , Mich., Arb. Amer. , 1, p. 6] , t.5. 
Cet arbre s'élève, sur un tronc très-rameux, à quarante ou 



8 PIN 

cinquante pieds. Ses feuilles sont épaisses, roides, longues de 
deux pouces à deux pouces et demi. Ses cônes, longs d'envi- 
ron trois pouces, sont ovoïdes, élargis à leur base , d'une cou- 
leur jaunâtre, sessiles, souvent réunis trois à quatre autour 
des rameaux. Leurs écailles sont surmontées par un mamelon 
très-prononcé, qui se termine en pointe recourbée en dedans. 
Cette espèce croît naturellement sur les monts Alleghanys des 
Etats-Unis d'Amérique. 

Pin d'Alep : Pinus Halepensis ,yvi\ld. , Sp. 4, p. 496; Lois., 
Nouv. Duham. , 5, pag. 238, t. 70. Cette espèce, nommée 
vulgairement pin de Jérusalem, est un arbre de cinquante 
pieds de hauteur, et qui, dans sa jeunesse , s'élève moins droit 
et porte ses rameaux plus étalés que la plupart des autres 
pins. Ses feuilles sont d'un vert foncé, très -étroites, longues 
de deux à trois pouces, le plus souvent deux à deux, plus 
rarement trois à trois dans la même gaine. Les chatons mâles 
sont roussàtres , longs de trois lignes , portes sur un court 
pédicule et disposés en grappe, environ trente ensemble; 
l'appendice, qui termine les anthères, est en crête arrondie, 
grande comparativement à la petitesse de celles-ci. Les cônes 
adhèrent aux rameaux par de très-forts pédoncules, et leur 
pointe est dirigée presque perpendiculairement vers la terre-, 
ils ont une forme exactement pyramidale et leur couleur est 
jaunâtre ou fauve. Leurs écailles sont convexes sur le dos , 
lisses et à peine anguleuses. Le pin d'Alep croît naturelle- 
ment en Syrie, en Barbarie, dans les montagnes de l'Atlas, 
et en France sur les côtes de Provence. On le cultive à Paris 
dans les jardins, mais les arbres de cette espèce qu'on y ren- 
contre maintenant , sont peu élevés, parce qu'ils craignent le 
froid plus que tous les autres pins indigènes, et que l'hiver 
de 1788 en a fait périr la plus grande partie. 

Le pin d'Alep est très -résin eux ; en Provence on en re- 
tire les mêmes produits qu'on extrait, dans les landes de 
Bordeaux, du pin maritime. Les arbres qui sont exposés au 
midi, sont ceux qui fournissent le plus de résine, et c'est 
dans les mois de Mai et de Juin qu'ils en donnent le plus 
abondamment. Le bois du pin d'Alep sert encore au chauf- 
fage et pour la menuiserie ; comme arbre d'agrément , il 
mérite une place dans les jardins paysagers à cause de son 



PIN 9 

port élégant. Il croît dans les terrains les plus arides, mais il 
demande une bonne exposition et craint les fortes gelées. 

Pin lartcio : Pinus laricio , Poir. , Dict. encycl. , 5 , p. oSg ; 
Lois., Nouv. Duham., 6 , t. 67 , iig. 2, et 1 , 71 , p. 23g. Le 
pin Jaricio ou pin de Corse est un arbre d'un bel aspect, qui 
s'élève en pyramide régulière, et atteint à une grande hau- 
teur ; car il n'est pas rare de voir ces arbres, dans leur pays 
natal , avoir plus de cent pieds de hauteur, et on en trouve , 
dit-on , qui en ont jusqu'cà cent quarante et cent cinquante. 
Ses feuilles sont géminées, longues de cinq à sept pouces, 
très-menues. Les chatons mâles, au nombre de six à quinze , 
rarement davantage, forment une grappe courte à la base de 
la jeune pousse qui commence à se déveloper; leurs anthères 
sont terminées par une petite crête arrondie. Les cônes, or- 
dinairement disposés deux à deux, quelquefois trois à trois 
et même quatre à quatre, sont d'une forme pyramidale, un 
peu recourbés à leur extrémité du côté qui regarde la terre, 
longs de deux à trois pouces, et placés sur les rameaux dans 
une situation presque horizontale ; la partie renflée de leurs 
écailles est un peu anguleuse, convexe, chargée en son mi- 
lieu d'un ombilic dont le centre s'élève sovivent en pointe 
très-courte et un peu épineuse. Celte espèce croit sur les 
montagnes de l'île de Corse; on la trouve', dit-on, en Hon- 
grie, et ce qui paroîtra plus extraordinaire, elle croit aussi 
en Amérique; car je me suis assuré, par l'examen des échan- 
tillons du pzni/5 ruhra de M. Michaux, que cette dernière 
espèce, indiquée par lui comme venant dans le Canada et les 
Etats-Unis, ne ditféroit en aucune manière de notre pin lari- 
cio. On la cultive depuis plus de cinquante ans dans les jar- 
dins et les pépinières de Paris et de ses environs, où ses 
fleurs ne paroissent qu'à la lin de Mai ou au commencement 
de Juin. 

Le pin de Corse est le plus grand et le plus beau de tous nos 
pins indigènes, aussi les pépiniéristes l'ont-ils beaucoup mul- 
tiplié depuis quelques années. Sa culture ne présente aucune 
difiiculté, et il résiste aux plus fortes gelées du climat de 
Paris. I,orsqu'il a acquis une certaine élévation, il fait un 
très-bel effet dans les jardins paysagers. On doit regretter que 
son bois soit inférieur en qualité à celui du pin sauvage, car 



50 PIIV 

SOUS beaucoup d'autres rapports il lui seroit préférable. 
Pendant tout le temps que la guerre maritime a rendu rare 
le bois de pin de Russie, surtout dans le Midi de la France, 
on a employé beaucoup celui du laricio , et dans l'arsenal 
de la marine à Toulon on en a fait et on en fait encore au- 
jourd'hui une grande consommation. Dans tous les derniers 
vaisseaux qui sont sortis des chantiers, ou qui sont encore en 
construction, toutes les parties qui étoient autrefois en pin 
sauvage ou de Russie, sont maintenant en bois de laricio. 
On l'emploie aussi pour les mâtures, mais en donnant plus de 
volume aux mâts, parce que le fil du bois de pin de Corse 
n'a pas autant de force et d'élasticité que celui de Russie. Le 
premier a encore le désavantage d'avoir beaucoup d'aubier , 
qu'il faut avoir soin d'enlever , parce qu'il est très-tendre, 
que les vers l'attaquent facilement et qu'il se pourrit prompte- 
ment; le cœur du bois a d'ailleurs le grain serré, compacte, 
et il est susceptible de durer très-longtemps. On fait avec 
cette dernière partie des planches faciles à travailler, et 
dont on se sert pour différens ouvrages de menuiserie. 

Dans les États-Unis d'Amérique et dans le Canada , où cet 
arbre, comme nous l'avons dit, porte le nom de pin rouge 
(pinus rubra) et quelquefois celui de pin jaune, son bois est 
estimé; on 1')^ emploie souvent dans les constructions navales 
et surtout pour le pont des vaisseaux , parce qu'il peut fournir 
des planches de quarante pieds de longueur sans aucun nœud. 
On en fait aussi des corps de pompe. C'est avec le bois de 
cette espèce que fut faite la mâture du Saint-Laurent , vaisseau 
de guerre de cinquante canons, construit à Québec par les 
François, il y a soixante et quelques années. 

Pin MARITIME; Pinus maritima, Lois., Nouv. Duham., 5, p. 
240, t. 72 et 72 bis, fig. 1. Cet arbre s'élève bien droit, en 
formant une belle pyramide, dont les rameaux sont disposés 
par verticilles plus réguliers que dans beaucoup d'autres 
espèces. Ses feuilles sont géminées, roides, un peu piquantes, 
longues de huit à dix pouces, larges seulement d'une ligne à 
une ligne et demie. Les chatons mâles sont jaunâtres ou 
fauves, nombreux, réunis en une grappe serrée à la base 
et autour du bourgeon qui doit former la nouvelle pousse 
de l'année ; leurs anthères ont une crête arrondie et mem- 



PIN 11 

braneuse. Les cônes sont d'une forme exactement pyrami- 
dale , roussàtres, luisans , et ils ont cinq ou six pouces de 
longueur, sur trente lignes de diamètre à la base. Cette es- 
pèce offre une variété dont les feuilles sont moins longues , 
dont les cônes sont moitié plus courts et beaucoup moins gros. 
Le pin maritime croît naturellement dans le Midi de l'Europe, 
dans les sables des bords de la mer et contrées adjacentes; il 
est commun en France, dans la Provence, le Languedoc et 
les Inndes de Bordeaux. La variété à petit fruit est plus ré- 
pandue dans l'ouest de la France qu'ailleurs; c'est elle qui 
croît en Bretagne, dans les sables arides des environs du 
Mans , et qu'on trouve mêlée avec la grande espèce dans les 
landes de Bordeaux. Le pin maritime fleurit au mois de 
Mai, dans le Nord et dans l'Ouest de la France, et dès le mois 
d'Avril dans les pays littoraux de la Méditerranée. 

Le pin maritime est originaire du Midi de l'Europe, aussi 
ne peut-il être cultivé dans les pays qui sont trop au Nord, et 
bien qu'il brave nos hivers ordinaires, un froid trop rigou- 
reux le feroit souffrir. Sa culture réussit parfaitement dans 
les provinces de la France qui sont plus méridionales que 
Paris. C'est ainsi que les plantations et les semis en grand 
qu'on a faits dans le Maine , la Bretagne , la Sologne et 
même dans la forêt de Fontainebleau , ont eu un plein succès. 
Quant à la nature du sol qu'il exige ,, les terrains calcaires 
ou crayeux ne peuvent lui convenir , c'est dans les sables 
quarzeux qu'il vient le mieux. 

Le pin maritime est une des espèces les plus importantes, 
à cause des différens produits qu'on en retire, comme téré- 
benthine, brai , goudron , noir de fumée. Dans les landes de 
Bordeaux et en Provence , où il est commun , son bois sert au 
chauffage et pour la charpente. On l'emploie dans farsenal 
de la marine à Toulon pour le doublage de toutes les em- 
barcations des vaisseaux et principalement pour les pilotis, 
ainsi que pour servir aux étais qui soutiennent les vaisseaux 
en construction. 

L'ancienne province de Guyenne est le pays de France où 
l'on retire le plus d'avantages du pin maritime sous le rapport 
de ses différens produits résineux. Nous allons exposer som- 
mairement comment se fait cette récolte. C'est à l'âge de 



12 PITV 

vingt-cinq ou trente ans que les arbres ont acquis la force 
nécessaire pour être bons à exploiter. Le résinier (c'est le 
nom que l'on donne à l'ouvrier chargé de l'extraction de la 
résine) juge qu'un pin est bon à tailler, lorsque, se tenant 
debout auprès, il l'embrasse d'un de ses bras sans pouvoir 
apercevoir le bout de ses doigts; alors, quand la saison con- 
venable est arrivée, il enlève la grosse écorce de chaque 
arbre avec une cognée ordinaire , sans entamer le bois; en 
commençant rez terre et sur une surface de quatre à six 
pouces de large sur un pied à dix-huit pouces de hauteur. 
II pratique en même temps, au pied de chaque arbre et 
dans le corps même du tronc, une fossette ou petite auge 
d'environ une demi-pinte de capacité. Il fait ensuite, avec 
une hache dont le fer est assez étroit et légèrement creusé 
en gouge, à chaque arbre, une entaille d'environ six pouces 
de hauleur, quatre pouces de large, et assez profonde pour 
mettre le liber à découvert ; car le suc résineux ne coule 
presque que du corps ligneux et d'entre le bois et l'écorce : 
foutes les semaines, ou à peu près, le résinier rafraîchit les 
plaies en les agrandissant en hauteur et jamais en largeur, 
et sans jamais dépasser dix- huit pouces de hauteur dans le 
courant de la saison. Ces entailles, vulgairement appelées qua- 
res, sont prolongées les années suivantes, jusqu'à ce qu'elles 
aient atteint la hauteur de douze à quatorze pieds, ce qui 
arrive dans l'espace de sept à huit ans. Alors l'ouvrier pra- 
tique une nouvelle entaille au pied du même arbre ; en ayant 
soin qu'elle soit parallèle et presque contiguë à la première , et 
il la conduit de même, jusqu'à ce qu'elle ait douze à quatorze 
pieds de hauteur. Lorsque la seconde entaille est entière- 
ment faite, on en pratique une troisième, puis une qua- 
trième, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait fait le tour 
de l'arbre. 

Lorsque les arbres sont trop nombreux dans un pignada 
(c'est le nom qu'on donne à un bois de pins), on taille sur 
toutes les faces à la fois, et chaque année, à une hauteur triple 
des autres, tous les pins qu'on veut détruire. Cette manière 
s'appelle tailler à pin perdu. Ces arbres dont on a ainsi forcé 
la récolte de résine , sont abattus peu de temps après qu'ils sont 
épuisés, et on les emploie pour en retirer du goudron. Pour 



PIN i5 

faire les entailles sur les arbres, au-dessus de la hauteur qui 
est naturellement à leur portée, les résiniers font usage d'es- 
pèces d'échelles à une seule branche , longues de quatorze à 
quinze pieds, et sur lesquelles ils grimpent avec autant de fa- 
cilité que l'homme le plus agile pourroit monter sur u^ne 
échelle ordinaire. Un bon ouvrier peut tailler deux à trois 
cents arbres en un jour. 

On commence la taille des pins en Mai , et on la finit en 
Septembre. Le suc résineux qui sort des arbres pendant ce 
temps, coule liquide ; il est reçu dans les petites auges prati- 
quées à leur pied, et qu'on vide de temps en temps. La ré- 
sine coule d'autant plus abondamment, qu'il fait plus chaud, 
et les pins les plus exposés au soleil, en fournissent plus que 
ceux qui sont h l'ombre. Outre la résine qui découle des in- 
cisions faites aux arbres, il sort encore naturellement de leur 
écorce des gouttes résineuses, qui se dessèchent et forment 
des grains que l'on emploie, au lieu d'encens, dans les églises 
de campagne. 

La matière résineuse fournie par les entailles faites au pin 
maritime, se distingue en deux sortes : la première, nommée 
barras, se lige le long des entailles; elle est blanche comme 
de la cire, et forme des croûtes plus ou moins épaisses. On 
la récolte seulement une fois à la fin de la saison, en la déta- 
chant avec un instrument de fer en forme de ràtissoire, et 
on en fait des espèces de pains de soixante à quatre- vingls 
livres. On nomme galipot ou résine molle, la seconde espèce 
de résine, qui se ramasse dans les petites fossettes, creusées 
à la base des entailles. Cette résine molle se récolte quatre 
fois dans le courant de la saison , et on la porte dans des 
réservoirs de la capacité d'environ cent cinquante à deux 
cents banques, creusés en terre et garnis de tous côtés de 
madriers de pin, si bien joints ensemble, que la partie la 
plus fluide de la résine ne puisse trouver aucune issue. 

La résine molle est destinée à être transformée en brai 
sec , en résine jaune ou à être distillée pour en obtenir 
l'huile essentielle. Dans tous les cas on la fait fondre, afin 
de la débarrasser des corps étrangers qui peuvent y être mê- 
lés, et on la purifie en la faisant passer à travers une couche 
de paille placée sur une espèce de claie. 



U PIN 

Le Irai sec se fait en ajoutant suffisante quantité de barras 
au galipot, pour lui donner la consistance nécessaire, et en 
les faisant cuire ensemble dans de grandes chaudièrea de 
cuivre, jusqu'à ce qu'ils le soient convenablement ; alors 
on coule la matière dans des moules creusés dans le sable, 
pour en former des pains du poids de deux cents à deux 
cent cinquante livres. 

Pour retirer l'essence de térébenthine, on distille le galipot 
avec de l'eau ; l'essence monte avec cette dernière, et à la fin 
de la distillation il reste au fond de la cucurbite une résine 
cuite 5 qui est une sorte de brai sec. Lorsque , au lieu de brai 
sec, on veut avoir de la résine jaune, on y ajoute la quan- 
tité de barras nécessaire. 

• Le goudron est une matière résineuse, liquide, noirâtre, 
que l'on obtient par la combustion lente et graduée du bois 
des vieux pins qui ont fourni la résine pendant long-temps, 
et qu'on réduit à cet effet en petites bûchettes. On emploie 
aussi les racines des pins abattus, et ce sont ces dernières 
qui fournissent le meilleur goudron et en plus grande abon- 
dance. Lorsqu'on a coupé ce bois par morceaux, on le dis- 
pose dans des fourneaux, dont la construction est différente 
selon les pays, et dont la description nous entraîneroit dans 
de trop longs détails. On couvre le tout de gazon et on y met 
le feu; la chaleur liquéfie et fait sortir, sous la forme de 
goudron, la résine contenue dans le bois , et par des conduits 
préparés exprès dans les fours, elle se rend dans des réser- 
voirs disposés à cet effet : on obtient en outre un charbon 
de bonne qualité. 

On retire également du goudron de la paille qui a servi 
à filtrer la résine, et des petits copeaux qu'on a soin de ra- 
masser dans les pignadas après la taille des pins. 

Le goudron , pour être bon , doit être plutôt brun que noir, 
et ne point contenir d'eau ; celui qui est trop noir est brûlé. 
Les fuliginosités qui se sont attachées aux pierres plates dont 
on ferme la bouche des fourneaux dans lesquels on fait le 
goudron, et celles qui sont autour des parois intérieures, 
forment ce qu'on appelle le noir de fumée ; mais ce qu'on 
en retire par ce moyen, est peu considérable et ne pourroit 
suffire aux divers usages qu'on fait de cette matière; c'est 



PIN i5 

pourquoi on en fabrique une assez grande quantité à Paris 
et ailleurs , en faisant brûler dans des marmites de fer les 
petits morceaux de rebut de toutes les espèces de résine- 
Ces marmites étant placées au milieu de chambres bien 
fermées, dont les murs et le plafond sont recouverts de toile 
ou de papier, les morceaux de résine répandent en brûlant 
une fumée très-épaisse, qui s'attache, sous forme de fuligino- 
sités, aux papiers ou aux toiles. Lorsque la combustion est 
terminée, on recueille cette espèce de suie, et on l'enferme 
dans desbaiùls. Le noir de fumée est employé à différens usages 
dans les arts, et principalement pour l'encre d'imprimerie 
et la peinture commune. 

Le pin maritime n'est pas la seule espèce qu'on exploite 
pour le goudron et les autres résines dont nous avons parlé; 
on en retire également du pin sauvage, du pin Cembro , du 
pin Mugho, du pin d'Ecosse, d'Alep , du pin austral, etc. 

Le goudron est très-employé dans les ports de mer; il sert 
à enduire les cordages des vaisseaux, qui, par ce moyen, ne 
peuvent plus être pénétrés par l'eau , et durent plus long- 
temps. Mêlé avec une certaine quantité de braisée, on l'em- 
ploie pour compléter le calfatage des vaisseaux. On se sert 
aussi du goudron pour la médecine vétérinaire , par exemple, 
pour la guérison des plaies des chevaux et contre la gale des 
moutons. Les Anglois ont préconisé l'usage et les grandes pro- 
priétés de l'eau de goudron pour la guérison de plusieurs 
maladies , et particulièrement pour celle de la phthisie pulmo- 
naire. Berley, évêque irlandais, a fait un traité sur l'eau de 
goudron, qu'il n'hésite pas à regarder comme le plus puissant 
et le plus universel des remèdes. Il est aujourd'hui bien peu 
de médecins qui aient confiance dans ce moyen, et l'eau de 
goudron est à peu près tombée en désuétude. 

Pin finies, vulgairement Pin pignon. Pin bon. Pin cultivé : 
Pinus pinea, Linn., Spec. 1419; Lois., Nouv. Duham. , 5, p. 
242 , t. 72 bis, fîg. 3, et t. 75. Cette espèce se reconnoft faci- 
lement à rétendue de sa tête, dont les branches sont étalées 
horizontalement, un peu relevées à leur extrémité, et forment 
une espèce de parasol; sa tige s'élève d'ailleurs à cinquante 
ou soixante pieds. Ses feuilles sont d'un vert foncé, longues 
de six à sept pouces, et seulement deux ensemble dans la 



i6 PIN 

même gaine. Ses chatons mâles sont jaunâti'es, disposés en 
grappe, au nombre de quinze à vingt ensemble, sur des ra- 
meaux assez grêles. Chaque chaton n'a que six lignes de lon- 
gueur, et ses anthères sont surmontées d'une crête arrondie et 
denticulée. Ses cônes sont ovoïdes , hauts d'environ quatre 
pouces dans leur maturité parfaite , qu'ils n'atteignent que 
la troisième année. La partie saillante de leurs écailles forme 
une espèce de pyramide raccourcie, à angles arrondis, dont 
le sommet est tronqué et comme ombiliqué, ou chargé d'un 
mamelon. La coquille ligneuse des noyaux est dure et difficile 
à rompre dans l'espèce vulgaire; mais elle est tendre et se 
casse facilement dans une variété qui n'est qu'assez rarement 
cultivée. Les graines sont beaucoup plus grosses que dans 
toutes les espèces précédentes; mais les ailes qui les entou- 
rent et les surmontent , sont comparativement beaucoup 
plus courtes. Le pin pinier croit naturellement en Italie, en 
Espagne , dans l'Orient , sur les côtes de Barbarie ; on le trouve 
aussi dans plusieurs département du Midi de la France. A 
Paris et dans le Nord on le cultive dans les parcs et les jar- 
dins paysagers. 

Le pin pinier présente cette particularité remarquable , 
que ses fruits sont trois ans à mûrir, tandis que ceux des 
autres espèces de pins connus parviennent en deux ans ou 
un peu moins à leur maturité. C'est une chose digne d'ad- 
miration , dit Pline {lib. XVI , cap. 26) que le pin porte à 
la fois un fruit qui mûrit, un autre qui ne sera mûr que 
l'année suivante , et un autre qui ne le sera que la troi- 
sième : du reste , ce seroit le cas de dire qu'on ne perd 
point pour attendre. Les amandes du pin pinier, connues 
sous le nom de pignons doux , ont une saveur agréable et 
analogue à celle des noisettes. En Italie, elles paroisscnt 
avec distinction sur les tables, et entrent dans plusieurs ra- 
goûts; on en fait aussi d'excellentes dragées. Elles ne sont 
pas moins recherchées en Provence, où on les mêle avec les 
raisins de Corinthe. On les employoit autrefois en médecine 
comme adoucissantes et nutritives. Pour les conserver long- 
temps dans toute leur fraîcheur , il faut avoir soin de les 
laisser dans leur cône; elles peuvent se garder ainsi, dit-on, 
pendant cinq ou six ans, sans perdre leur saveur agréable; ce 



qui ne manqueroît pas d'arriver au bout de peu de temps, si 
on les laissoit exposées à l'air libre. 

Les amandes que fournit l'espèce de pin pinier, cultivé en 
France, ont l'inconvénient d'être renfermées dans un noyau 
très-dur et très -difficile à casser. C'est ce qui fait qu'elles 
sont moins recherchées qu'en Italie, où l'on possède une va- 
riété déjà connue du temps de Pline , et dont le noyau se 
brise avec la plus grande facilité. Il seroit à désirer qu'on la 
multipliât en France. 

Mais un produit plus important du pin pinier est son bois, 
que l'on emploie avec succès pour la menuiserie et la char- 
pente : on en fait des planches, des gouttières, des corps de 
pompe ; on s'en sert pour le bordage des vaisseaux. Olivier, 
dans son Voyage dans l'empire ottoman, rapporte qu'il est 
le seul bois que les Turcs emploient pour la mâture de leurs 
vaisseaux. 

Le pin pinier est parfaitement acclimaté en France, il y 
fructifie tous les ans, et supporte les hivers les plus rigoureux 
du climat de Paris ; cependant il est probable qu'il n'est pas 
indigène. Nulle part, en effet, on ne le voit former des fo- 
rêts ou même des bois d'une certaine étendue; on n'en ren- 
contre guère que des arbres isolés et presque toujours dans 
le voisinage des habitations. 

'"r* Feuilles sortant trois à trois de la même gaine* 

Pin hérissé-: PzViws rigida, Willd., Sp. , 4, p. 498; Mich., 
Arbr. Amer., 1, pag. 88, t. 8. Les feuilles de cette espèce 
sont d'un vert gai, longues ordinairement de quatre à cinq 
pouces; mais quelquefois beaucoup plus courtes, lorsque 
l'arbre a cru dans un terrain très- sec : elles sortent trois 
ensemble de la même gaine. Ses fleurs mâles sont réunies en 
chatons de couleur jaunâtre, longs d'un pouce, et rapprochés 
en grappe au nombre de vingt à trente ensemble; leurs 
étamines se terminent par un prolongement arrondi , mem- 
braneux, d'une couleur plus foncée que le reste de l'anthère. 
Ses cônes , rarement solitaires , forment le plus souvent 
des verticilles composés de trois, quatre à cinq fruits, et 
quelquefois même des groupes où l'on en compte de qua- 
rante à soixante : ces cônes sont ovoïdes, oblongs, beaucoup 
41. ^ 



i8 PIN 

plus courts que les feuilles, et ils ont leurs écailles terminées 
par une pointe roide et épineuse. Les graines sont petites, 
ovoïdes, un peu aplaties, quatre à cinq ibis plus courtes que 
la membrane ailée dont elles sont munies, et qui a huit à 
neuf lignes de hauteur. 

Le pin hérissé est indigène de l'Amérique septentrionale, 
où il est très-répandu dans la plus grande partie des Etats- 
Unis, et où il est connu sous les noms de pin à goudron, pin 
noir, pin à aubier. Dans les lieux humides, et surtout dans les 
marais, il s'élève jusqu'à soixante-dix et quatre-vingts pieds 
de hauteur, sur six à sept de circonférence; mais dans les 
mauvais terrains, comme dans les sables et sur les montagnes, 
il ne s'élève guères à plus de quinze à trente pieds. On le 
cultive eu France depuis environ cinquante ans ; il y en a 
de belles plantations à Thury , qui ont été faites par le père 
de M. le comte Héricart, il y a trente et quelques années. 

Le bois du pin hérissé. est de mauvaise qualité, aussi est- 
il de très-peu d'usage dans les pays où il croît naturelle- 
ment. Les Anglo-Américains en retiroient autrefois du gou- 
dron, mais aujourd'hui il n'est que peu employé sous ce rap- 
port. Comme arbre utile, cette espèce ne peut mériter d'être 
cultivée en France, beaucoup de nos pins indigènes lui sont 
bien préférables : dans les jardins paysagers, où l'on sacrifie 
presque tout à l'agrément, quelques pins hérissés ne seront 
pas déplacés, surtout si on les plante dans un sol humide, où 
ils croîtront avec beaucoup de rapidité. 

Pin téda : Pinus tœda , Linn., Spec. , 1419; Mich., Arbr. 
Amer. , 1 , p. 97, t. 9. Cette espèce s'élève, dans son pays na- 
tal, à soixante et quatre-vingts pieds de hauteur, sur six à 
neuf pieds de circonférence à sa base. Ses feuilles sont fines, 
d'un vert peu foncé, longues d'environ six pouces; réunies 
trois et quelquefois quatre ensemble dans la même gaine. 
Les anthères des fleurs mâles se terminent par une crête orbi- 
culaire, un peu plus large que l'anthère elle-même. Les cônes 
sont longs d'environ quatre pouces, en forme de pyramide 
alongée et tronquée; la partie renflée de leurs écailles est 
armée d'épines aiguës, dont la pointe est dirigée en dedans. 
Le pin téda croît naturellement dans les lieux secs et 
sablonneux de la Virginie et de la Caroline. On le cultive 



PIN 10 

eu France dans quelques jardins, mais il y est encore rare. 
Il ne paroit pas d'ailleurs mériter d'y être très-répandu, par- 
ce que son bois est de mauvaise qualité, et presque en entier 
composé d'aubier; il produit cependant, selon M. Michaux, 
beaucoup de résine. En Amérique on emploie son bois à des 
usages secondaires, comme à chauffer les fours et à faire des 
planches, dont on ne se sert que pour les moindres ouvrages 
de menuiserie. 

Pin austral: Pinus australis, Mich., Arbr. Amer., i , p. 64, 
tab. 6. C'est un arbre qui, dans son pays natal, s'élève à 
soixante et soixante-dix pieds de hauteur. Ses feuilles sont 
d'un vert un peu foncé, grêles, longues d'un pied et plus, 
réunies trois ensemble dans une gaine membraneuse, longue 
d'environ deux pouces. Les fleurs mâles forment une grappe 
de chatons longs de près de deux pouces et d'une couleur 
tirant sur le violet. Les cônes sont longs de sept à huit pouces, 
et la partie saillante de leurs écailles est peu élevée, mais 
chargée dans son milieu d'un mamelon terminé par une 
petite pointe recourbée en arrière. Les graines sont sur- 
montées d'une aile qui a souvent plus de deux pouces de 
longueur, et l'amande a un goût assez agréable. Cette espèce 
croit naturellemeht dans les lieux secs et arides de la Vir- 
ginie, des Carolines, de la Géorgie et des Florides: elle est 
encore très-rare en France , parce que dans le climat de 
Paris elle ne peut pas passer l'hiver en pleine terre. 

Le pin austral doit être compté parmi les espèces les plus 
importantes; il fournit la plus grande partie de tous les prc° 
duits résineux employés dans les Etats-Unis, comme résine, 
goudron, brai, térébenthine. Son bois est très-fort , très-com- 
pacte, d'une grande dureté; il a peu d'aubier, et ses couches 
concentriques sont très-rapprochées, aussi est-il susceptible 
de recevoir un beau poli, et paroît être supérieur en qua- 
lité à celui du pin maritime et du pin sauvage. Dans les 
Carolines, la Géorgie, les Florides, on l'emploie pour la 
charpente des maisons, et il est très -estimé pour les cons- 
tructions navales ; aussi dans les états méridionaux ne fait -on 
pas usage d'autre bois pour la quille, les bordages, le pont et 
les mâts des vaisseaux. Débité en madriers, on l'exporte tous les 
ans en Angleterre et dans les colonies des Indes occidentales. 



PIN 

"'• '■ Feuilles i^éunies cinq ensemble dans la même gaine. 

Pin Cembro -.Pinuscemhra, Linn., Spec, 1419 • Lois., Nouv. 
Diiham. , 5 , p. 2/(8, t. 77 , fig. 1. Cet arbre ne s'élève le plus 
souvent qu'à une hauteur médiocre, et prend rarement une 
belle forme. Ses feuilles sont longues de deux à trois pouces, 
d'un vert peu foncé et un peu glauque ; elles naissent le plus 
communément cinq à cinq dans chaque faisceau, mais quel- 
quefois il n'y en a que quatre, et d'autres fois il y en a 
jusqu'à six. Les chatons mâles sont ovales, disposés en 
grappe vers le sommet des rameaux. Les cônes sont ovoïdes, 
longs de deux à trois pouces , d'une couleur rougeâtre , et 
redressés vers le ciel; la partie renflée de leurs écailles est 
peu saillante, arrondie, avec une dépression au sommet. 
Après le pin pinier, cette espèce a les plus grosses graines , et 
elles paroissent tout-à-fait dépourvues d'ailes; leur amande 
a une saveur agréable. Le pin Cembro croît naturellement 
sur les hautes montagnes de l'Europe et en Sibérie; on le 
trouve en France , dans les Alpes du Dauphiné et de la 
Provence, où il fleurit en Mai et Juin, et où il est connu 
sous les noms vulgaires d'Alviès, de Ceinbrot, d'Eoui'e et de 
Tinier. * 

Le pin Cembro est celui de tous les pins qui résiste le 
mieux à la rigueur des hivers. 11 vient sur les montagnes et 
dans les pays très -froids. Sa croissance est extrêmement 
lente, aussi n'acquiert- il jamais assez de volume pour fournir 
de fortes pièces de charpente: son bois est résineux, et d'une 
odeur agréable; il est tendre et facile à travailler, ce qui le 
fait employer par les bergers de la Suisse et du Tyrol pour 
différens ouvrages de sculpture, tels que de petites figures 
d'hommes et d'animaux. 

En Sibérie, le pin Cembro n'habite que les plaines; il y 
est très-commun , selon Gmelin , y acquiert une certaine 
élévation , et devient plus gros que le corps d'un homme. 
Il ne se plaît que dans les terrains marécageux. Les menui- 
siers emploient son bois pour leurs ouvrages de préférence 
à d'autres, parce qu'il a le grain tendre et qu'il se travaille 
avec facilité. 

Les amandes du pin Cembro, comme celles du pin pinier, 



PIN 21 

sont agréables au goût et nourrissantes. Les hatifans des 
Alpes, et surtout les pâtres, les mangent comme aliment. 
Elles sont trés-oléagineuses , et on en retireroit de l'huile 
avec avantage , si elles n'avoient pas l'inconvénient d'être 
renfermées dans un noyau très-dur et par conséquent dif- 
ficile à casser. Cette huile est fort agréable, mais elle de- 
vient facilement rance ; en Sibérie , les riches seuls en font 
faire pour leur usage. Dans le même pays, les coquilles 
des amandes, préparées dans de l'eau-de-vie de froment, 
servent pour teindre en rouge. 

Pin de "Weimocth ou Pin du Lord : Pinus Strobiis, Linn. , 
Spec. 1419; Mich. , Arb. Amer., 1, pag. io3, t. 10. Cet 
arbre paroît être le plus grand de toutes les espèces de pins 
connues jusqu'à présent ; car M. Michaux en a mesuré un 
qui avoit cent cinquante pieds d'élévation et quatre pieds et 
demi de diamètre, et on en a vu , selon le même, qui, étant 
parvenus a la plus grande hauteur, avoient cent quatre- 
vingts pieds, sur dix- huit à. vingt pieds de circonférence. 
Ses feuilles sont fines et déliées, d'un vert un peu foncé, 
longues de trois à quatre pouces, réunies cinq ensemble dans 
une gaine commune, qui ne tarde pas à se dessécher et à 
tomber après leur parfait développement. Les chatons mâles, 
longs de six à sept lignes, forment, au nombre de douze à 
trente ensemble , une grappe serrée autour et à la base des 
jeunes rameaux; leurs anthères sont très-courtes, tout-à- 
fait sessiles, sans aucun appendice à leur sommet. Les fruits 
sont des cônes oblongs, presque cylindriques, longs de quatre 
à cinq pouces, pendans, portés sur des pédoncules assez longs, 
rarement solitaires, le plus souvent disposés, deux ou plusieurs 
ensemble, en une sorte de verticille; la partie saillante de 
leurs écailles est arrondie , plus mince que dans les autres 
espèces. Ces fruits ne sont qu'environ seize mois à mûrir, 
et leurs écailles s'entr'ouvrent pour laisser échapper les 
graines; dès les premiers jours d'Octobre de la seconde 
année; la floraison avoit eu lieu à la fin de Mai ou au com- 
mencement de Juin de l'année antérieure. Cet arbre est in- 
digène de l'Amérique septentrionale, où il est commun dans 
le Canada et dans le Nord des Etats-Unis. Le nom spécifique 
4ju'il porte, lui vient de lord 'VN'^eimouth , qui, le premier, 



PIN 

l'a infroduit en Europe, et Ta cultivé en Angleterre. Il 
commence à être aujourd'hui assez répandu en France dans 
les parcs et les jardins paysagers ; il forme une pyramide 
régulière qui est d'un très-bel efFet. Les plus beaux arbres 
de cette espèce que j'aie vus, sont dans le jardin royal de 
Trianon , où ils sont plantés depuis environ cinquante ans : 
il y en a plusieurs, qui ont quarante - cinq à cinquante 
pieds de hauteur, sur cinq à six pieds de circonférence à 
la base. 

Le pin de Weimouth donne peu de résine, aussi n'est-il 
jamais exploité sous ce rapport ; mais ce défaut est bien 
compensé parles bonnes qualités de son bois. Celui-ci est 
peu chargé de nœuds; il a le grain très-fin, tendre et facile 
à travailler; il n'a que très- peu d'aubier, résiste aux injures 
du temps et ne se fend pas par la chaleur; mais il a l'incon- 
vénient de tenir mal les clous et de se gonfler dans les temps 
humides. La nature du sol influe d'ailleurs beaucoup sur les 
qualités de son bois ; celui qui est venu dans un terrain gras 
et humide, est toujours beaucoup plus estimé, parce que la 
texture de son grain est plus fine, et qu'il reçoit un plus 
beau poli. 

Dans le Nord des Etats-Unis , le pin de Weimouth est d'un 
«sage général pour la construction des maisons et la char- 
pente des grands édifices. Les diff'érentes pièces de menui- 
serie qui décorent les maisons, soit intérieurement, soit 
extérieurement, sont faites de ce bois. Plusieurs ponts con- 
sidérables en sont entièrement construits. On l'emploie pres- 
que exclusivement pour la mâture des vaisseaux dans les Etats 
du nord et du milieu. 

Le bois du pin de Weimouth est sujet à être attaqué de 
gros vers, qui le perforent dans tous les sens; mais si l'on a 
soin de le dépouiller de son écorce aussitôt qu'il est abattu , 
il peut rester exposé aux injures de l'air pendant trente ans 
et plus, sans éprouver d'altération. 

Ornement des contrées septentrionales, où règne un long 
hiver, où la nature engourdie n'est que pendant de courts 
espaces, ranimée par la chaleur bienfaisante de l'astre du 
jour, le pin se distingue par le feuillage verdoyant dont ses» 
rameaux sont toujours parés {Semper Jlorida pinus, Virgil,, 



PIN 25 

Culex). Les pins et les sapins sont aussi communs dans le Nord , 
qu'ils sont rares vers l'équateur. 

C'est dans la famille des pins que se trouvent les arbres les 
plus élevés de la nature; le pin Laricio atteint quelquefois 
cent cinquante pieds de hauteur, tandis que son tronc en 
acquiert vingt-quatre de circonférence. Le pin de Wei- 
mouth, dans les Etats-Unis d'Amérique, parvient jusqu'à cent 
quatre-vingts pieds. UaraucariaAn Chili est encore plus ex- 
traordinaire, il élève sa cime à deux cent soixante pieds. 
Ces géans du règne végétal sont en outre remarquables par 
la durée de leur existence, qui est souvent de plusieurs siècles. 

Le pin, chez les anciens, étoit consacré à Cybèle ; un 
thyrse terminé par une pomme de pin ornée de rubans, étoit 
l'arme des prêtres de cette déesse dans les cérémonies de son 
culte. Selon la fable, Atys, jeune Phrygien, prêtre de Cybèle, 
lui avoit fait vœu de chasteté; mais il devint épris de la 
nymphe Sangaride, oublia son serment, et s'attira ainsi le 
courroux de la déesse, qui lui inspira un accès de frénésie, 
pendant lequel le malheureux se mutila lui-même : il alloit 
mettre ufi terme à ses maux et à son existence, lorsque, tou- 
chée de son infortune, Cybèle le changea en pin. 

L'origine fabuleuse du pin est encore racontée d'une autre 
manière, que voici. Pan et Borée étoient tous deux épris de 
la nymphe Pitys; Borée eut la préférence : Pan , furieux, saisit 
la nymphe et la jeta contre un rocher avec tant de violence, 
qu'elle en mourut. Affligé du malheur de son amante. Borée 
pria la Terre de la faire revivre sous une autre forme, et 
elle fut changée en un arbre que les Grecs appelèrent de son 
nom Pitys {7ri]vç). Le pin étoit aussi consacré à Sylvain; ce 
dieu est souvent représenté tenant de sa main gauche une 
branche de pin ornée de ses fruits. 

C'étoit à la lueur des éclats de pins enflammés que se 
célébroient chez les anciens les mystères d'Isis et de Cérès. 
Cette dernière s'en étoit, dit-on, servie pour diriger ses pas 
dans la recherche de sa fille Proserpine, qui lui avoit été 
ravie par le souverain des enfers. 

Illic accendit geminas pro lampade pinus: 
Hinc Cereris saoris nunc quoque tœda datur. 

OviD., Fast., IV. 



24 PIN 

C'est là l'origine du surnom de tœiifera, que les poètes de 
l'antiquité donnent souvent au pin. 

Les flambeaux de pin précédoient toujours les jeunes ma- 
riés, lorsqu'ils emmenoient le soir leur nouvelle épouse dans 
leur maison. C'est de là que Tœda a été souvent employé 
par les poètes latins, dans un sens figuré, pour le mariage 
même. 

Si non perlœsum thalami tœdœquefuisset. 

ViRG., 7EDeid.,lib. IV. 

JVec conjiigis unquani 
Prœtendi tœJas , aut hœc in fœdera veni. " 

L'usage de s'éclairer avec ces sortes de torches a subsisté 
jusqu'au treizième siècle, époque de l'invention des chan- 
delles et des bougies, et il se maintient encore dans plusieurs 
contrées septentrionales parmi les habitans des montagnes. 
Le bois du pin Mugho est ainsi employé par les paysans des 
hautes montagnes du Dauphiné. Comme ce bois contient beau- 
coup de résine, on a pensé que ce pouvoit être l'espèce que 
Pline appelle Tœda, et dont il a dit .- Tœda propriè dicta, 
abundantior succo quam reliqua , parciore, liquidiore qiiam in 
pinâ , Jlammis ac lumini sacrorurn etiam grata. [ Lib. XIV, 
cap. lo). Malheureusement Pline est le seul auteur ancien 
qui en fasse mention; non-seulement Théophraste n'en dit 
rien, mais il emploie le mot tœda dans un autre sens. Il ne 
s'en sert que pour désigner une maladie des pins, qui pro- 
duisoit une telle surabondance de résine, que tout le bois en 
étoit entièrement pénétré, ce qui faisoit périr l'arbre qu'on 
disoit alors converti en tœda. D'ailleurs, dans le même cha- 
pitre, Pline assure qu'une maladie du larix est de se changer 
en tœda -. observons qu'il entend toujours par tœda, une es^ 
pèce de pin. Il est donc très-probable qu'il a mal interprété 
le texte de Théophraste ; c'est Popinion de M. Fée dans sa 
Flore de Virgile. 

Depuis un temps immémorial le pin est employé pour la 
mâture des vaisseaux. 

Dant utile lignum 

JS^avigiis pinos 

ViRC, Géorg., liv. H. 



PIN 25 

Aussi les poëtes se servent-ils souvent du mot pinus pour 
désigner un navire, 

Cedet et ipse mari vector, nec nautica pinus 
Mutahis vierces, 

ViRG.,Bucol.,IV. 

Kolat immissis cava pinus habenis 
InfundiUjue salum et spunias vorat œre trident. 
Valer., Argon. I. 

On se servoit aussi du bois de pin pour la construction des 
bûchers destinés à brûler les morts. C'est ainsi que Virgile , 
nous représentant les Troyens occupés à rendre les derniers 
devoirs à Misène , dit, en parlant du bûcher qu'on avait 
dressé : 

Principib pinguem ^cedis et rohore secto 
Ingentem struxere pjram. ....... 

MaexA., lib. VI. 
Aux jeux isthmiques, une couronne de pin éfoit la récom- 
pense du vainqueur. 

Les pins ne se multiplient que de semences, mais si ce 
moyen de propagation est le seul dont jouissent ces arbres, 
du moins il est certain. Leur fécondité est prodigieuse; un 
seul arbre peut rapporter à vingt ans plusieurs centaines de 
cônes chaque année; dans un âge avancé, il en donne des 
milliers, et chaque cône contient depuis soixante jusqu'à 
cent graines, et dans quelques espèces deux à trois cents. 
Ajoutons en outre que ces graines sont susceptibles de con- 
server pendant plusieurs années leur faculté germinative, si 
elles restent enfermées dans leurs cônes. 

Ces fruits s'ouvrent naturellement et dans la plupart des 
espèces, c'est aux premiers jours du printemps, lorsque la 
douce chaleur du soleil a desséché les écailles des cônes, 
qu'alors elles s'écartent les unes des autres, et laissent échap- 
per les graines qui tombent à terre et y germent spontané- 
ment. Tels sont : le pin sauvage, le pin rouge, le pin chétif, 
la mugho, le laricio et autres; aussi faut-il avoir soin, pour 
prévenir la chute des graines, de recueillir les cônes un peu 
avant leur parfaite maturité : cette précaution n'est pas né- 
cessaire pour le pin maritime, le pin pinier, qui ne laissent 



26 PIIV 

échapper leurs graines que plusieurs mois, un an, et même 
deux ans après leur maturité. 

Au reste, il n'y a point d'inconvénient à cueillir en même 
temps que les autres, les cônes qui ne s'ouvrent que plus 
tard. C'est ordinairement dans les mois de Février et de 
Mars que se fait la récolte; lorsqu'elle est terminée, et qu'on 
désire semer peu de temps après, il suffit, pour se procurer 
les graines, d'exposer les cônes au soleil pendant plusieurs 
jours, lorsqu'ils sont de ceux qui s'ouvrent facilement; mais 
si les écailles, trop serrées et trop adhérentes, ne permettent 
pas aux graines de sortir, le mieux est de tremper les cônes 
dans l'eau , pendant vingt-quatre heures, et de les .«exposer 
ensuite au soleil ou à une chaleur artificielle modérée. Cette 
opération se répète autant de fois que la dureté des fruits 
l'exige. • 

Dans le Midi de la France, c'est en Novembre et Décembre 
que se font les semis, c'est alors qu'ils réussissent le mieux; 
dans le Nord , la fin de Mars ou le commencement d'Avril 
est le temps le plus favorable. On peut cependant en faire 
plus tard , mais il faut alors que ce soit dans des pépinières 
où l'on a la facilité de suppléer par des arrosemens , aux 
premières pluies du printemps, qui favorisent beaucoup la 
germination des graines. 

La conduite des semis exige des soins difTérens, selon qu'on 
se propose d'en faire de simples pépinières, ou selon qu'on 
les destine à former des bois. Pour établir des pépinières, on 
sème les graines dans des plates-bandes bien labourées, à 
l'exposition du nord ou du nord- est, et si le lieu n'est pas 
naturellement à l'ombre , soit par un mur, soit par de grands 
arbres, on a soin de former des abris avec des paillassons ou 
des claies, afin de préserver les pins, dans leur premier âge, 
des ardeurs du soleil. 

Les graines de la plupart des pins lèvent en trente à cin- 
quante jours, quelquefois moins; cependant il n'est pas rare 
de voir des graines ne sortir de terre que la seconde année, 
et Duhamel dit avoir vu des semences de pin maritime ne 
lever qu'au bout de trois ans. Aussi, lorsqu'on a fait des se- 
mis de pins, et que la première année on ne voit pas paroître 
le plant, il ne faut point s'empresser de labourer la terre 



PIN 27 

pour ensemencer de nouveau; il faut se contenter de faire 
sarcler, et attendre le printemps suivant. 

Les cotylédons des pins sont forts différens de ceux des 
autres arbres, ils se partagent en plusieurs lanières linéaires. 
En admettant, selon l'opinion reçue aujourd'hui, que ces 
végétaux sont de la grande division des plantes dicotylédones, 
et en supposant que leurs feuilles séminales soient au nombre 
de deux, chacune d'elles se partage ordinairement en cinq, 
quelquefois six et plus rarement en sept divisions; mais, 
malgré l'opinion de M. de Jussieu et de la plupart des bo- 
tanistes, je ne regarde pas du tout comme constant, que les 
pins n'aient réellement que deux cotylédons; il m'a paru au 
contraire, d'après l'examen attentif que j'ai fait de l'embryon 
du pin cembro, et de celui du pin pinier, tirés du milieu 
du périsperme, avant la germination, et d'après l'inspection 
des feuilles séminales de ce dernier, au moment où elles 
sortoient de terre; il m'a paru, dis-je, que les divisions des 
cotylédons étoient toutes parfaitement égales, et qu'au lieu 
d'avoir deux bases communes, comme cela devroit être, s'il 
n'y avoit que deux cotylédons palmés , elles partoient 
chacune, très-distinctement, d'un point différent de la plu- 
mule, dans laquelle elles laissoient même des traces, surtout 
avant la germination, par autant de petits sillons indiquant 
parfaitement le nombre des découpures. Quelque soin que 
j'aie pris d'ailleurs, il m'a été impossible de partager l'em- 
bryon en deux lobes, dont les divisions fussent naturelles, 
d'où je crois pouvoir conclure qu'il faudroit revenir à l'o- 
pinion de ceux qui avoient d'abord regardé les pins et les 
autres conifères comme plantes polycotylédones. 

Non-seulement la germination des pins diffère de celle des 
autres végétaux, mais toutes les espèces sont encore fort dif- 
férentes pendant leur jeunesse, de ce qu'elles seront par la 
suite. Les premières feuilles qui paroissent immédiatement 
après les cotylédons, sont simples, linéaires, longues d'un 
pouce tout au plus, garnies, en leurs bords, de dents sca- 
rieuses qu'on ne voit bien qu'à la loupe. Ces feuilles primor- 
diales sont les seules que portent les pins pendant les deux 
premières années de leur vie, et la troisième année, rare- 
pient plus tard, des feuilles d'une autre forme, réunies deux. 



28 PIN 

trois, ou cinq ensemble dans la même gaine, et telles que 
les arbres doivent en porter toujours, paroissent avec la 
nouvelle pousse; quelquefois même on en voit à la fin de la 
seconde année plusieurs sortir des aisselles des primordiales. 
Celles-ci ne paroissent plus alors être que des stipules, et une 
fois que les véritables feuilles commencent à se développer, 
les autres , quoique continuant à paroître et à les accom- 
pagner, changent tellement de forme, qu'elles deviennent 
méconnoissables de celles qui ont existé pendant la première 
et la seconde année; toute la sève semble dès-lors se porter 
dans les feuilles, qui désormais seront les seules dont les 
arbres doivent être chargés. Les stipules ne prennent plus 
que fort peu d'accroissement, elles ne paroissent que sous 
la forme d'écaillés scarieuses dont les bords sont frangés, et 
elles ne tardent pas à tomber après le développement des 
feuilles. 

Pendant les premières années de leur existence, l'accrois- 
sement des pins se fait avec beaucoup de lenteur; ce n'est 
qu'à quatre ou cinq ans que ces arbres commencent à pous- 
ser avec quelque vigueur. Depuis dix ans jusqu'à cinquante, 
quatre-vingts et cent ans même, selon les espèces, ils sont 
dans toute la force de leur crue; après cela elle se ralentit 
par degrés, sans cependant s'arrêter entièrement ; elle con- 
tinue toujours, et à moins qu'un accident quelconque ne 
vienne briser la partie supérieure de leur tige, les arbres ne 
cessent de s'élever vers le ciel qu'au moment de leur mort. 

Quand les pins ont atteint un certain âge et qu'on les re- 
plante , ils reprennent difficilement. Lors donc qu'on a l'inten- 
tion de ne les planter qu'à cinq ou six ans, le meilleur pro- 
cédé pour assurer leur reprise, consiste à les changer de 
place d'abord tous les ans, ensuite tous les deux ans, jusqu'au 
moment où on les fixe à demeure. Quand les jeunes pins 
ont un an, on les relève de la pépinière pour les remettre 
dans une autre place, à la distance de six à huit pouces 
l'un de l'autre. Le moment favorable pour cette transplanta- 
tion est la fin de Mars ou le commencement d'Avril, dans 
le climat de Paris, parce qu'à cette époque les arbres doivent 
bientôt entrer en sève. Des expériences qui me sont propres 
m'ont aussi convaincu que la transplantation réussissoit éga- 



PIN 29 

lenient lorsqu'on ï'effecluoit alors que la végétation vient de 
cesser, vers la fin d'Octobre. Il faut bien prendre garde de 
ne point endommager les racines, de n'en couper aucune, 
et surtout de ne point retrancher le sommet de la tige ; car 
l'accroissement des pins, et en général des autres conifères 
résineux, n'a lieu que par le développement du bourgeon 
qui termine la tige. Outre ces précautions , qui sont d'une 
grande importance, il faut encore avoir soin de choisir, pour 
transplanter ces arbres , un jour où le ciel soit couvert de 
nuages, et de les placer dans le même terrain et à la même 
exposition que la première année. 

Lorsque les plants ont resté un an dans leur nouvelle 
place, on les relève encore pour les traiter comme la pre- 
mière fois, si ce n'est qu'on les espace un peu davantage en 
les mettant à un pied l'un de l'autre : cette nouvelle planta- 
tion peut rester deux ans en place, au bout de ce temps les 
plus forts sont bons à être plantés à demeure; les autres doi- 
vent être relevés pour la troisième fois et replacés en terre à 
deux pieds de distance. 

Le but des pépiniéristes, par ces diverses transplantations, 
est d'empêcher les arbres d'étendre leurs racines, et de les 
forcer au contraire à former beaucoup de fibres rapprochées, 
qui sont bien plus favorables pour la reprise, que le pivot 
qui se formeroit si le plant restoit dans la place où on l'a 
semé. Mais ces précautions ne sont pas toujours suffisantes, 
et la reprise des pins n"est pas encore parfaitement assurée. 
Pour parer à cet inconvénient, des cultivateurs ont imaginé, 
lors de la seconde transplantation, de placer leurs pins dans 
des pots qu'ils enterrent de toute leur profondeur, et qu'ils 
recouvrent d'un pouce de terre, afin que les racines con- 
servent plus de fraîcheur. Chaque année, au printemps, ih 
relèvent leurs arbres, et les placent dans des pots plus 
grands avec de nouvelle terre; par ce moyen, 4a reprise des 
pins est presque certaine , et les pépiniéristes ont en outre 
l'avantage de pouvoir en livrer dans toutes les saisons. Lors- 
qu'on transplante des pins un peu âgés, comme de six à dix 
ans, il est bon, s'ils doivent rester quelques jours hors de 
terre et s'ils ne sont point dans des pots, de tremper leurs 
racines dans un mélange de terre franche et de bouse de 



3o PIN 

vache délayées avec de l'eau. De cette manière, les racines 
seront assez bien garanties du contact de l'air, ce qui con- 
tribuera beaucoup à la conservation des arbres, surtout si 
l'on choisit, pour faire la transplantation, un jour nébuleux 
ainsi que je l'ai déjà recommandé. Les pins ne demandent de 
soin que dans les premières années de leur existence, ils 
n'en exigent plus aucun dès qu'ils sont plantés à demeure ; 
il sera seulement nécessaire de mettre des tuteurs à ceux 
qui se trouveront dans des expositions à être battus par les 
vents. 

Tels sont les procédés qu'il faut suivre pour former une 
pépinière; je vais indiquer maintenant les moyens qu'il faut 
employer lorsqu'on veut faire des semis considérables. On 
a beaucoup recommandé de labourer profondément et à 
plusieurs reprises la terre destinée à recevoir les semences, 
afin de détruire entièrement les mauvaises herbes; mais cette 
précaution, d'ailleurs très-dispendieuse, n'est nullement né- 
cessaire, et il suffit de labourer la terre à quelques pouces 
de profondeur. En effet, on a remarqué que les semis de 
pins et en général ceux de tous les arbres résineux, réus- 
sissent mieux dans un terrain qui n'a été labouré que super- 
ficiellement; parce que, plus une terre a été remuée, plus 
elle se dessèche facilement pendant les chaleurs de l'été, et 
plus les racines des jeunes arbres ont à souffrir. 

Ce qui peut nuire le plus aux jeunes plants, et dont on 
doit surtout chercher à les préserver, c'est l'ardeur exces- 
sive du soleil. Lorsque les jeunes pins sont placés sur la 
pente d'une montagne au nord, lorsque, par la nature du 
climat, les pluies sont fréquentes et abondantes, alors les 
arbres n'ont rien à craindre; mais si le terrain est en plaine, 
si le pays est aride et sablonneux, des abris sont nécessaires 
aux jeunes plants pour qu'ils ne soient pas desséchés par 
les rayons du 'soleil ou par Thaleine des vents brûlans. 11 est 
donc utile, lorsque le terrain se trouve naturellement cou- 
vert par des broussailles, des fougères ou des bruyères, de 
ne point les détruire ; et au lieu de labourer le terrain dans 
toute son étendue , il faut seulement creuser de quatre pieds 
en quatre pieds de petites fosses, et semer une douzaine de 
graines dans chaque trou. Mais il arrive souvent que le sol est 



PIN 3i 

entièrement découvert; dans ce cas, on mêle la graine de pin 
avec de l'orge ou de l'avoine, dans la proportion d'un cin- 
quième ou d'un sixième, et l'on sème le tout ensemble dans 
la saison convenable, c'est-à-dire à la fin de Mars ou dans le 
commencement d'Avril. Ces céréales , germant et croissant 
plus promptement que les graines des pins, garantissent les 
jeunes arbres des rayons du soleil au moment où ils sortent 
de terre et pendant leur âge le plus tendre. Lorsque l'époque 
de la récolle est arrivée, on a soin de couper seulement les 
épis, en prenant garde d'endommager le plant, et les chaumes 
qui restent sur pied, continuent à protéger les jeunes arbres 
de leur ombre. Dans quelques pays le genêt à balais est 
employé au même usage; mais un moyen bien plus avanta- 
geux nous est indiqué par M. Bosc. Ce savant agronome 
conseille de planter, dans la terre où l'on a intention de 
semer des pins, des rangées de topinambours, à peu près à 
six pieds de distance les unes des autres, dans la direction 
du levant au couchant, et de répandre ses graines dans les 
intervalles. Au rapport de M. Bosc, ce moyen d'abriter les 
pins est très-économique et même très-fructueux, la coupe 
seule des tiges des topinambours, qu'on fait en Septembre 
pour la nourriture des bestiaux, donne pendant trois à 
quatre ans un revenu peut-être supérieur à celui que tout 
le terrain eût produit, s'il eût été semé en céréales. Au 
bout de ce temps on peut arracher les racines des topinam- 
bours, et s'il en reste en terre quelques rejets, on ne doit 
pas craindre qu'ils puissent nuire au plant; ils ne tarderont 
pas à être étouffés par les pins, lorsque ceux-ci prendront 
de la force. 

Lorsque les graines sont semées, le terrain ne demande 
plus aucun soin; il faut seulement tâcher d'en écarter les 
oiseaux, et l'entourer de palissades ou de larges fossés pour 
que les bestiaux n'y puissent pénétrer. Si le semis a bien 
réussi, il est inutile de le ftiire labourer de nouveau, et 
même de le faire sarcler. Les mauvaises herbes ne nuisent 
pas aux jeunes plants, et elles peuvent lui être utiles par 
l'ombre qu'elles lui fournissent ; il n'est même pas nécessaire 
d'éclaircir les endroits où le plant est trop serré , car les 
pins croissent très-bien pressés les uns contre les autres, et 



32 PIN ^ 

les forts finissent toujours par étouffer les plus foibles; aussi 
pendant les premières années peut-on se dispenser de les 
arracher. Mais, lorsqu'ils ont atteint l'âge de huit à dix ans, 
au lieu de laisser périr sur pied tous les sujets foibles et qui 
doivent naturellement être supprimés, il vaut mieux les 
couper; alors ils peuvent servir comme bois de chauffage, 
et dans les pays vignobles , ils fournissent des échalas de 
très- bonne durée. Lorsqu'on les coupe dans un âge plus 
avancé, et qu'ils ont cinq a six pouces de diamètre, ils 
peuvent être employés à faire des chevrons ou des solives. 
Jusqu'à vingt-cinq ans on continue de cette manière à re- 
trancher les pins les plus serrés; lorsqu'on est parvenu à ce 
terme, on n'a plus que de beaux sujets, qu'on laisse parve- 
nir à leur plus grand accroissement et former des bois de 
haute futaie. 

Le pin étant destiné à croître souvent sur un sol ingrat, 
ses feuilles lui sont d'un grand secours pour puiser dans 
l'atmosphère une nourriture qui compense la petite quantité 
de sucs alimentaires que lui fournissent ses racines. Ainsi 
ce feuillage toujours verdoyant, même au cœur des hivers, 
n'est pas un ornement futile, et il faut se garder de priver 
cet arbre de ses rameaux; les élaguer, les retrancher en trop 
grand nombre, c'est diminuer sa vigueur, et s'exposer à le 
faire périr. Cependant, lorsque les pins ont atteint l'âge de 
huit à dix ans, et qu'ils sont plantés très -serrés, on peut 
les élaguer, afin de pénétrer plus facilement dans la plan- 
tation , mais en ayant soin toutefois de ne point attaquer 
les branches du sommet, et de ne pas couper trop près 
du tronc celles que l'on retranche. 

C'est à l'époque où l'écoulement de la résine s'arrête, où le 
mouvement de la sève est suspendu , ce qui arrive vers la fin 
d'Octobre, que doit se faire cette opération. Tous les ans 
on peut continuer ainsi à élaguer les branches inférieures, 
jusqu'à la hauteur de six à sept pieds, en ayant soin de 
n'en couper qu'un étage par année : mais il est bon d'obser- 
ver qu'on pourroit s'éviter la peine de tailler ces arbres, et 
les abandonner à la nature; car, à mesure que les pins 
prennent de l'accroissement, les branches inférieurespérissenty 
parce qu'elles ne reçoivent plus assei d'air et de lumière. 



PIN 33 

Jusqu'à ces derniers temps, on n'ëtoit que fort peu dans 
l'usage de greffer les pins , parce que les procédés ordinaires 
pour les autres genres d'arbres ne pouvoient leur être appli- 
qués que difficilement. On doit à M. le Baron de Tschudy , 
que la science a perdu en 1823, d'avoir trouvé un procédé 
particulier et facile pour greffer les pins avec succès, ce qui 
donne le moyen de transformer des espèces communes en 
espèces rares et précieuses. Nous allons, pour faire connoître 
cette sorte de greffe , à laquelle M. le Baron de Tschudy a 
donné le nom de greffe par immersion ou de greffe en herbe, 
emprunter à M. Delamarre ce qu'il en dit dans son Traité 
pratique de la culture des pins, dont la seconde édition vient 
de paroître. 

« 1.° Cette greffe se fait sur tous les arbres résineux d'es- 
« pèces analogues entre eux : ainsi , tous les pins à deux 
« feuilles se greffent les uns sur les autres; mais le laricio de 
« Corse boude sur le pin maritime, tandis qu'il devient très- 
« vigoureux sur le pin d'Ecosse, comme M. de L'hermina , 
« conservateur de la forêt de Fontainebleau , en a acquis la 
« preuve, en en faisant grefTer dans cette forêt plusieurs mil- 
<r liers. Le pin pignon se greffe avec succès sur le pin mari- 
« time. Les pins à trois feuilles prennent fort bien les uns 
« sur les autres ; de même les pins à cinq feuilles. M. de 
^< L'hermina a remarqué que le pin cembro faisoit merveille 
« sur le pin du lord. Les sapinettesse greffent sur les épicéas; 
« les giléads sur le sapin argenté. 

« 2." La greffe se fait en fente, et celle-ci doit être plus 
« aprofondie d'environ deux lignes , que la greffe à y insérer. 

« 3.° Elle s'opère en sève sur la flèche poussante des pins 
-^< et autres arbres résineux , lorsque cette pousse a atteint une 
« longueur de huit à douze pouces. On n'a guère que quinze 
« jours pour l'effectuer; souvent c'est moins, et cela arrive 
« lorsque la végétation a une grande activité, parce que la 
« pousse cesse plus tôt d'être herbacée. C'est donc toujours en 
« Mai qu'on peut greffer dans fe climat de Paris, tantôt au 
^< commencement, tantôt au milieu, et d'autres fois à la fin 
« de ce mois, selon la hâtivité ou le retard de la végétation. 

« 4." Greffant toujours sur la flèche des arbres résineux, 
<s on supprime presqu'à ras le vieux bois latéral à cette flèche , 
41. 3 



34 PIN 

« lorsqu'il s'en trouve, comme cela arrive quelquefois, parce 
« qu'il absorberoit la sève, qu'il faut s'attacher à diriger 
« exclusivement sur la flèche. C'est dans le même objet qu'il 
« faut casser à la main, et à environ moitié de leur longueur, 
« les jeunes pousses latérales à la flèche. 

« 5." Pour opérer la greffe, on casse à la main la flèche à 
a greffer, pour la réduire à une longueur de quatre, cinq 
« ou six pouces, et elle doit casser net comme du verre. On 
« a soin d'enlever les écailles ou jeunes aiguilles qui entourent 
« cette portion de la flèche cassée, moins environ un pouce 
« du faîte , parce qu'il faut conserver le sommet pour aspi- 
« rer la sève. 

« 6." On se procure des grefî'es de laricio ou des autres 
« espèces qu'on veut greffer, en prenant l'extrémité des ra- 
« meaux latéraux des sujets qu'on veut employer. On se les 
« procure le jour ou la veille du jour où on opère , et on a 
« soin de les tenir soit à l'ombre , soit dans l'eau garnie 
« d'herbes. Cette précaution d'eau garnie d'herbes est néces- 
« saire pour la conservation des greffes d u jour au lendemain. 
« On réduit les greffes à deux pouces au plus de longueur. 
« Pour les mieux amincir, afin de les introduire plus par- 
« failement dans la fente , on les dépouille de leurs écailles 
« ou jeunes aiguilles, moins le sommet, qui doit dépasser la 
« fente, parce que ce sommet doit en rester garni. L'amin- 
« cissement du bout inférieur ne doit pas être absolu , mais 
« légèrement obtus. 

« j.° On a soin que la greffe soit un peu moins large que 
« la fente, pour que celle-ci recouvre et enveloppe la greffe 
« sur les côtés par Feffet de la ligature dont je vais parler, afin 
« qu'il n'y reste pas de vide. 

« 8." On fait donc ensuite une ligature avec du corcfon- 
« net de laine dans toute la longueur de la greffe, moins le 
« faite de celle-ci et de la fente; puis on l'entoure d'un cor- 
« net de papier, qu'on assujettit avec un peu du même cor- 
« donnet. 

« g." Dix à quinze jours après la greffe, on ôte le cornet; 
« environ quinze jours plus tard , on ôte la ligature qui assu- 
me jettissoit la greffe; et six semaines ou deux mois après, on 
« pare cette greffe, en supprimant proprement l'extrémité de 



PIN 35 

<t l'entaille conservée pour tire-séve , ainsi que les bourgeons 
,( qui surviendroient en dessous ou autour, afin de conserver 
« à la greffe toute la sève de la flèche des sujets greffés. 

« lo." Un bon ouvrier peut greffer deux cents à deux cent 
« cinquante sujets par jour; mais pour cela il faut qu'il soit 
« aidé par un homme en état de préparer les greffes, de ma- 
« nière qu'il n'ait qu'à casser la flèche, faire la fente, l'in- 
« sertion , la ligature, et placer l'enveloppe de papier. 

« 11.° La pousse de la greffe est pour ainsi dire nulle la 
« première année, elle se borne presque à sa reprise ; mais à 
« la seconde année elle est considérable, c'est-à-dire d'un. 
« pied au moins, et le plus souvent de deux à trois pieds. 
« Les pousses ultérieures sont véritablement admirables par 
« leur longueur, leur grosseur et leur grande force. 

« l'j." Enfin, c'est sur des sujets de quatre, cinq ou six ans 
« de semis, qu'il m'a paru convenable de faire la greffe , 
« selon leur force et leur hauteur. Celle-ci doit être d'envi- 
« ron quatre pieds, pour la facilité et la commodité du tra- 
« vail. » 

Les pins n'ont que des racines peu profondes et peu éten- 
dues; ils ont besoin de croître rapprochés les uns des autres 
pour se soutenir mutuellement, sans cela, les vents les au- 
roient bientôt renversés. C'est pour cette raison qu'on ne 
peut exploiter les forêts de pins comme celles de chênes et 
des autres arbres, dans lesquelles il est d'usage de laisseu 
des baliveaux lorsque l'on fait des coupes. Dans les forêts 
de pins, il faut, quelque soit l'âge des arbres, les abattre 
tous successivement par places ou par allées plus ou moins 
larges, en commençant au-dessous du vent dominant. C'est 
à la fin de l'automne et pendant l'hiver qu'il est le plus 
avantageux de faire ces coupes. Dans les Alpes et les Pyré- 
nées, qui sont couvertes de neige pendant six à sept mois de 
l'année, on est forcé de couper les pins pendant l'été; mais, 
comme ils sont alors en sève, le bois qu'ils fournissent est 
toujours inférieur en qualité à celui des arbres abattus pen- 
dant l'hiver. Dans les Vosges, où le charriage et la main 
d'œuvre sont beaucoup moins chers en été, on choisit cette 
saison pour la coupe des pins; ce qui engage encore à pré- 
férer cette époque, c'est quel'écorce, qui est ini'tile au bois 



56 PIN 

de Iravailj est un excellent chauffage, et qu'il est bien plus 
facile de l'enlever au moment de la sève que dans toute 
autre saison. 

Les forêts de pins sont sujettes à des incendies fréquens : 
c'est leur extrême combustibilité qui les expose à ces em- 
brasemens, qui sont d'autant plus terribles, que les pins 
brûlent par leur sommet, et que la flamme qui s'en dégage 
est très-ardente et se propage avec rapidité. 11 est très-dif- 
ficile de les arrêter. Dans les Vosges et dans les Alpes, lorsque 
ces accidens ont lieu, on cherche à se rendre maître du 
feu en pratiquant des abatis. Dans les forêts de pins des 
landes de Bordeaux , où le feu prend assez souvent par 
l'imprudence des pasteurs, on emploie, pour l'arrêter, un 
moyen bien simple. Lorsqu'un incendie se déclare dans un 
endroit du bois, on met le feu dans une autre partie oppo- 
sée; il s'établit un courant d'air du premier point d'embra- 
sement au second ; ce courant porte les flammes vers le 
centre commun , tous les arbres qui sont entre eux deux sont 
consumés, mais le foyer de l'incendie finissant par se trou- 
ver avi milieu d'un espace vide, le feu s'éteint faute d'ali- 
ment, et le reste de la forêt échappe à l'embrasement. 

Les pins, comme tous les autres arbres, sont exposés à 
des maladies, telles que les chancres, les loupes, les ex- 
croissances ; mais les ravages des insectes sont bien plus ta 
craindre pour eux. Les chenilles de plusieurs phalènes, 
entre autres celles des phalena bombyx pini, plialena bombyx, 
pithyocampa et phalena bombjx monacha, Liun., causent sou- 
vent de grands dommages aux pins. Lorsqu'elles sont nom- 
breuses , elles peuvent dévaster des forêts considérables ; aussi , 
dans les pays où elles ont commis de grands dégâts, a-t-on 
employé tous les moyens possibles pour les anéantir. La 
larve du scolytus tjpographus , Oliv. [Dermestes, Linn.; Bos- 
triehus, Fabricius), creuse des galeries sous l'écorce des 
arbres, et ceux qu'elle attaque, jaunissent, se desséchent et 
meurent en peu de temps. Le seul moyen de la détruire, 
est d'abattre et d'écorcer soigneusement les individus ma- 
lades. Au reste, la larve du scoljtus tjpographus, pour être 
l'espèce propre aux pins, n'est pas la seule de son genre 
qu'on y rencontre; on trouve encore souvent plusieurs autres 



PIN 57 

espèces sur ces arbres : les plus dévastatrices , après celles 
dont il vient d'être question, sont le scoljtus calcographus et 
le scoljtus ligniperda. 

Les pins sont sans contredit, de tous nos arbres indigènes, 
ceux qui présentent le plus d'avantages et qui ont le plus 
de propriétés, soit pour les usages auxquels les différentes 
espèces sont propres, soit par les produits qu'on retire des 
arbres mêmes pendant qu'ils sont s^r pied. Le suc résineux 
qui découle de ces arbres, fournit le brai , la térébenthine, 
le goudron , la résine. Leurs fruits peuvent servir à la nour- 
riture de l'homme; leur bois est d'un usage essentiel pour 
les constructions navales : il s'emploie pour la charpente des 
maisons, il sert à faire des planches, des tuyaux de conduite; 
il est excellent pour le chauffage, il fournit un charbon es- 
timé. A toutes ces propriétés importantes, les pins joignent 
le grand avantage de venir dans plusieurs climats, de croître 
dans des terrains arides, sur des montagnes glacées, dans 
dessables brûlans, sur des lieux, enfin, qui sans leur pré- 
sence n'offriroient aucune image de végétation. (L. D.) 

PIN. (Ichthyyol.) Nom spécifique d'une trigle, trigla pini. 
Voyez Trigle. (H. C.) 

PIN AQUATIQUE. (BoL) C'est la pesse commune. (L. D.) 

PIN DU CHILI. {Bol.) Voyez Aradcaire. (J.) 

PIN-SUFFIS DU BRIANÇONNOIS. (Bot.) C'est le pin 
mugho. (L. D.) 

PINA. {Bot.) Dans le grand Recueil des voyages en Amé- 
que , par Théodore de Bry, il est question de la racine de 
ce nom , qui est la patate ou batate. C. Bauhin la cite égale- 
ment. (J.) 

PINAIOUA. {Bot.) Aubletdit que son anona longifolia est 
ainsi nommé par les sauvages de la Guiane. (J.) 

PINANGA. {Bot.) C'est sous ce nom qu'est connu, dans 
diverses parties de l'Inde, suivant Rumph (Amb., 1, p. 26, 
t. 4), le palmier arec. On a cru long-temps, sur le rapport 
d'un chirurgien de Pondichéry, que le cachou étoit extrait 
de son fruit ; et pour cette raison Linnaeus nommoit ce pal- 
mier, areca cathecu. Il a été reconnu postérieurement que 
cette substance étoit extraite d'un acacie , qui a recule nom 
d'acacia cathecu ; ce qui a déterminé Gaertner à nommer 



58 PIN 

l'arec, arecafaufel, parce que faufel est son nom arabe. Ce- 
pendant quelques personnes croient que le cachou, presque en- 
tièrement composé de tannin , pourroit bien se retrouver dans 
d'autres végétaux et exister en moindre proportion dans le 
fruit de l'arec. Ce fruit, ayant la forme d'une noix muscade , 
a aussi, comme elle, dans son intérieur des veines ou lignes 
rougeâtres , éparses dans une substance blanchâtre. Cette 
graine est très-astringente : ce qui conT^rme en elle l'exis- 
tence du tannin. Son astringence est telle, qu'on ne peut 
la mâcher seule. Après l'avoir coupée par tranches, on la 
mêle avec un peu de chaux dans une feuille de poivre bétel. 
Ce mélange forme un masticatoire très -agréable aux Asia- 
tiques, ainsi qu'aux Péruviens , qui en font un usage habi- 
tuel , parce qu'il fortifie l'estomac et parfume la bouche. 
Cette astringence le rend utile dans les dyssenteries et dans 
tous les cas de relâchement. Les pinanga saxatilis et globosa, 
Rumph, 1 , t. 5 , 7, sont reportés aux genres Arenga et Eu- 
terpe. (J. ) 

PINAOU. (Bot.) Nom donné, suivant Aublet , par les 
Galibis à un corossol de la Guiane, qui est son anona punc- 
lata. II nomme anona longifolia, une espèce qui est le pinaioua. 
(J.) 

PINARDIA de Necker. (Bot,) Voyez ci -après Pinardie. 
(J.) 

PINARDIE, Pinardia. (Bot.) Ce nouveau genre de plantes, 
que nous proposons, appartient à l'ordre des Synanthérées, 
à notre tribu naturelle des Anthémidées, à la section des 
Anthémidées-Chrysanthémées, et au groupe des Chrysanthé- 
mées vraies. Voici ses caractères. 

Calathide radiée : disque multiflore, régulariflore, andro- 
gyniflore; couronne unisériée, continue, liguliflore, fémini- 
flore. Péricline subhémisphérique , inférieur aux fleurs du 
disque; formé de squames paucisériées, inégales, irréguliè- 
rement imbriquées , appliquées : les extérieures ovales, co- 
riaces, scarieuses sur les bords; les intérieures oblongues, 
a partie inférieure plus étroite, coriace, à partie supérieure 
plus large, membraneuse et diaphane. Clinanlhe large, co- 
nique, nu. Fleurs du disque : Ovaire très-comprimé bilatéra- 
lement, obovale, glabre, comme tronqué au sommet, privé 



PIN 59 

d'aigrette, mais ayant l'arête intérieure dilatée en une large 
aile membraneuse, subcartilagineuse, qui forme au sommet 
une longue et forte corne étalée. Corolle à tube cylindracé, 
articulé sur l'ovaire; limbe à cinq divisions, papillées sur la 
face interne, épaissies sur la face externe par une énorme 
bosse conique, calleuse. Fleurs de la couronne : Ovaire épais, 
obpyramidal, trigone , glabre, sans aigrette, comme tronqué 
au sommet, qui est armé de trois cornes épaisses, pointues, 
charnues, étalées horizontalement, et correspondant aux trois 
angles; la corne intérieure continue à une large membrane 
cartilagineuse, qui s'étend sur l'arête intérieure de l'ovaire. 
Corolle à tube cylindracé, articulé sur l'ovaire, à languette 
longue, large, elliptique - oblongue, entière ou bi-tri-qua- 
dridentée au sommet. 

Dans les fleurs intérieures du disque, l'aile et la corne de 
l'ovaire sont beaucoup plus petites. 

PiNARDiE A CATATHiDES INÉGALES : Pinûrdia auisocephala , H. 
Cass. ; Chrjysanthemum viscosum , Hort. Par. Tige herbacée, 
haute de deux à trois pieds, dressée, rameuse, cylindrique, 
un peu anguleuse, pubescente, à poils visqueux et entremêlés 
de glandes sur les parties jeunes ; feuilles alternes , glabrius- 
cules, un peu glauques, un peu charnues; les inférieures 
longues de sept à huit pouces, larges de deux pouces, sessiles, 
demi-amplexicaules, oblongues, presque pinnatifides, à divi- 
sions inégalement et irrégulièrement dentées et denticulées; 
chaque dent terminée par une petite pointe roide, sèche et 
presque piquante ; les feuilles supérieures beaucoup plus 
courtes , à partie inférieure élargie , arrondie , échancrée 
en cœur, dentée en scie, à partie supérieure étrécie, poin- 
tue, plus ou moins découpée en lanières aiguës; calathides 
terminales, très-inégales, solitaires au sommet des rameaux 
pédonculiformes ; les plus grandes larges d'un pouce neuf 
lignes, les plus petites larges d'un pouce; disque et couronne 
jaunes; péricline glabre. 

Nous avons fait cette description spécifique, et celle des 
caractères génériques, sur des individus vivans , cultivés au 
Jardin du Roi, où ils fleurissoient en Juillet, et où ils sont 
étiquetés Chrysanthemum viscosum, avec le signe indiquant 
que cette espèce est annuelle. Nous ignorons son origine. 



40 PIN 

Notre Pinardia diffère génériquement des vrais Chrysan- 
themum , par la forme de ses fruits pourvus d'ailes et de 
cornes très-remarquables; ceux de la couronne ont quelque 
analogie avec les fruits de la couronne du Sanvitalia , pareil- 
lement armés de trois cornes. Ces cornes et ces ailes doivent 
être considérées comme des' instrumens de dissémination, 
propres à suppléer l'aigrette qui n'existe point. 

Necker avoit appliqué le nom de Pinardia au genre Aster 
de Linné. Cette substitution du nom de Pinardia à celui 
à' Aster , étant tout-à-fait arbitraire et sans aucun motif, ne 
peut assurément pas être adoptée; en sorte que le nom de 
Pinardia restant sans emploi , rien ne nous empêche de le 
consacrer au nouveau genre ici proposé. Ce nom de Pinar- 
dia fut vraisemblablement fabriqué par Necker en mémoire 
de Pinard , l'un des auteurs d'une liste des principales 
plantes des environs de Rouen , insérée dans le Dictionnaire 
de Buchoz. 

Le Chrysanihemum carinatum de Schousboe constitue notre 
genre Ismelia , voisin du Pinardia, dont il se distingue prin- 
cipalement en ce que ses fruits sont pourvus d'une aigrette. 

Ismelia , H. Cass. Calathide radiée : disque multiflore , 
Tégulariflore, androgyniflore ; couronne unisériée, liguliflore, 
féminiflore. Péricline hémisphérique, un peu supérieur aux 
fleurs du disque; formé de squames paucisériées, imbriquées, 
appliquées, très-épaisses, charnues, carénées sur le dos, à 
carène extrêmement saillante et formant une bosse au som- 
met; les squames extérieures ovales-lancéolées; les intérieures 
ovales-oblongues, pourvues d'une bordure scarieusc, et d'un 
grand appendice arrondi, scarieux, confluent avec la bor- 
dure. Clinanthe conique-ovoïde, nu. Fleurs du disque : Ovaire 
obovaie, comprimé bilatéralement, pourvu sur chacune de 
ses deux arêtes, extérieure et intérieure, d'une large aile 
membraneuse-charnue , et portant au sommet une aigrette 
stéphanoïde, membraneuse, irrégulièrement dentée. Corolle 
articulée sur l'ovaire, à cinq divisions très-courtement papil- 
lées sur la face interne, munies d'une très-grosse bosse sur 
le sommet de la face externe. Fleurs de la couronne ; Ovaire 
court, épais, pourvu de trois larges ailes longitudinales, 
membraneuses -charnues, et d'une courte aigrette stépha- 



PIN 41 

noïde, membraneuse, irrégulièrement découpée. Corolle à 
lube articulé sur l'ovaire, à languette obovale-oblongue, ir- 
régulièrement crénelée au sommet. 

Les ailes et l'aigrette sont graduellement plus petites sur 
les fruits intérieurs du disque. Chez quelques individus, l'ai- 
grette est presque nulle. 

Ismelia versicolor , H. Cass. (Chiysantliemum carinaltim , 
Schousb.) Plante herbacée, toute glabre; tige haute de plus 
d'un pied, dressée, rameuse, cylindrique, striée; feuilles 
alternes, sessiles , charnues, glauques, très- profondément 
pinnatifides ou bipinnatifides, à divisions linéaires, aiguës; 
calathides larges de près de deux pouces, solitaires au som- 
met de la tige et des rameaux. Ces charmantes calalhides 
ont les languettes blanches en leur partie supérieure , jaunes 
en leur partie inférieure; les corolles du disque sont vertes 
dans le premier âge de la préfleuraison, roses avant leur épa- 
nouissement, noires-pourpres quand elles sont épanouies; en 
sorte qu'une calathide à demi-fleurie offre environ six zones 
de diverses couleurs, le centre du disque étant vert, et suc- 
cessivement entouré d'une première zone rougeàtre, d'une 
seconde rose -pâle ou couleur de chair, d'une troisième 
pourpre-brune, d'une quatrième jaune, et d'une cinquième 
blanche ; ces deux dernières appartenant à la couronne. Les 
corolles du disque ont leurs cinq divisions brunes-pourpres 
sur la face interne, roses sur la face externe; le pollen est 
orangé; les stigmatophores sont bruns-pourpres. 

Nous avons fait cette description, générique et spécifique, 
sur des individus vivans, cultivés au Jardin du Roi, où ils 
fleurissoient en Août. 

Notre ismelia diffère génériquement des vrais Pjretkrum, 
par la forme de ses fruits , ceux du disque étant comprimés 
bilatéralement et pourvus de deux grandes ailes, ceux de la 
couronne étant triangulaires et pourvus ds trois grandes ailes. 

La plante cultivée au Jardin du Roi , sous le nom de Chrj-- 
santhemum Roxburghii, nous paroit encore devoir constituer 
un genre particulier, que nous nommons et caractérisons 
comme il suit. 

Glebionis. Calathide tantôt radiée, tantôt subdiscoïde, 
tantôt incouronnée : disque multiflore , régulariflore, andro- 



42 PIN 

gyniflore; couronne unisériée , liguliflore, féminlflorc, tantôt 
radiante, tantôt presque inradiante , quelquefois nulle. Pé- 
ricline hémisphérique, à peu prés égal aux fleurs du disque; 
formé de squames imbriquées, appliquées, ovales, un peu 
épaisses-charnues, pourvues d'une bordure scarieuse-mem- 
braneuse. Clinanthe convexe, nu. Fleurs du disque : Ovaire 
muni de plusieurs côtes longitudinales, parsemé de glandes, 
privé d'aigrette, mais ofirant au-dessous de son sommet et 
tout autour, un petit rebord transversal, circulaire, cartila- 
gineux, plus ou moins saillant. Corolle paroissant continue 
par sa base avec le sommet de l'ovaire ; limbe à cinq divi- 
sions pourvues chacune d'une callosité conique, située der- 
rière le sommet. Fleurs de la couronne : Ovaire subtriquètre, 
glabre, parsemé de glandes, à trois angles plus ou moins 
saillans; aigrette nulle, mais un rebord transversal, cartila- 
gineux, saillant, un peu rabattu de haut en bas, situé au- 
dessous du sommet, sur les deux faces intérieures. Co- 
rolle à tube long, cylindracé, continu par sa base avec le 
sommet de l'ovaire ; languette elliptique-oblongue , échancrée 
au sommet, souvent plus courte, plus large, tridentée , quel- 
quefois irrégulière et ne dépassant presque pas les fleurs du 
disque. 

Les ovaires du disque et de la couronne sont souvent ar- 
més d'une corne, ou pointe conique, plus ou moins longue, 
située au sommet du côté intérieur. 

Notre Glehionis se distingue des genres voisins, par ses 
corolles continues avec les ovaires, et par le rebord trans- 
versal qui entoure chaque ovaire au-dessous du sommet. Ce 
rebord, quoique peu apparent, est selon nous, très-remar- 
quable : car nous sommes tenté de croire que c'est le vestige 
d'une véritable aigrette stéphanoïde, qui, dans l'origine, eu- 
touroit immédiatement, comme à l'ordinaire, la base de la 
corolle, mais qui s»est ensuite éloignée de sa situation primi- 
tive, par l'effet d'un accroissement insolite et anomal de l'a- 
réole apicilaire. Quoi qu'il en soit, le rebord en question dif- 
fère beaucoup trop , par sa forme et sa position , d'une aigrette 
stéphanoïde proprement dite, pour qu'on puisse légitimement 
attribuer la plante dont il s'agit au genre Pyrethrum. Cepen- 
dant, le Tableau de l'école de botanique du Jardin du Roi nous 



PIN 43 

apprend ( 2.* édit. , pag. 119) que cette plante est le Pjre^ 
thrum jndicum de VHorlus Icewensis. JSfous démontrerons bien- 
tôt, dans l'article Pyrèthre, que le nom de Pjrethrum indi- 
cum doit être appliqué au Chrysantkemum indicum de Linné. 
Quant au Glebionis , c'est un genre intermédiaire entre les 
Chrysanthemum et Pjyrethrum. 

La plante cultivée au Jardin du Roi sous le nom de Chrj^ 
santhemurn mjconis , est aussi pour nous un genre ou sous- 
genre voisin du Pjrethrum, et présentant les caractères sui- 
vans. 

CoLEOSTEPHus. Calathidc radiée : disque multiflore, régulari- 
flore, androgyniflore; couronne unisériée, ligulittore, fémi- 
niflore. Péricline orbiculaire, convexe, inférieur aux fleurs 
du disque ; formé de squames à peu près égales, paucisériées , 
appliquées , oblongues , pourvues d'une bordure scarieuse. 
Clinanthe large, conique, peu élevé, nu. Fleurs du disque: 
Ovaire oblong , subcylindracé, glabre, muni de plusieurs 
côtes; aigrette stéphanoïde , très -élevée, subcampaniforme , 
arquée en dedans, cartilagineuse, munie de quelques côtes 
sur la face extérieure, prolongée au sommet sur la face inté- 
rieure. Corolle à tube enflé à sa base ; limbe à cinq divi- 
sions , portant derrière leur sommet une large callosité trian- 
gulaire, papillée. Fleurs de la couronne: Ovaire un peu ob- 
comprimé, oblong, glabre; aigrette stéphanoïde, beaucoup 
plus longue que l'ovaire, tubuleuse, membraneuse, découpée 
au sommet. Corolle à tube entièrement engaîné, d'un bout 
à l'autre, par l'aigrette; languette large, elliptique, termi- 
née par quatre petites dents arrondies. 

Notre Coleostephus se distingue des vrais Pjrethrum, prin- 
cipalement par la grandeur très-remarquable de l'aigrette; 
et quoique les différences de grandeur aient en général peu 
d'importance, il est pourtant des cas oîi la disproportion 
est telle qu'elle mérite d'être considérée autant et plus peut- 
être que la présence ou l'absence de l'organe. 

La plante observée par nous est-elle le vrai Chrysanthemum 
mjconis? Ne confond-on pas, sous ce nom, deux espèces 
très-différentes, et qui ne seroient même pas exactement 
congénères? Linné dit que le péricline n'est point imbriqué, 
mais formé de squames égales. Celles de noire plante sont à 



i^^ PIN 

peu près égales, et disposées au moins sur deux rangs. Gart- 
ner attribue le Chrysanlhëmum rnjconis au genre Pjrethrum , 
caractérisé par la présence d'une petite aigrette. M. De Can- 
dolle, dans la Flore françoise (tom. IV, pag. 180), l'attribue 
au contraire au vrai genre Chrjsanthemum., caractérisé par 
1 absence de l'aigrette, et même il affirme positivement que 
les graines de cette espèce sont nues au sommet. M. Loi^e- 
leur-Deslongchamps {Flor. galt., page 578) place aussi la 
même plante dans une section caractérisée par les graines 
nues et non couronnées. Cependant, notre Coleostephus offre 
constamment, sur tous ses fruits, des aigrettes très-grandes 
et très-remarquables. 

Necker a distribué les Chrysanlhëmum de Linné en trois 
genres nommés Chrjsanthemum , Leucanthemum, Mjconia. Son 
Chrjsanthemum est caractérisé par les fruits couronnés d'une 
petite membrane et les feuilles composées; son Leucanthe- 
mum ^ par les fruits ordinairement nus, mais quelquefois 
munis d'un rebord au sommet, et par les feuilles simples; 
son Mjconia , par le péricline simple , formé d'une seule 
pièce , divisée en plusieurs lanières égales , scarieuses au 
sommet, les fruiis terminés par une petite couronne très- 
courte, les feuilles simples. Le nom de Myconia fait présu- 
mer que ce genre de Necker a pour type le Chrjsanthemum 
myconis. Mais assurément notre plante n'a point le péricline 
construit comme Necker l'imagine , et ses fruits n'ont pas, 
comme il le prétend, une petite couronne très-courte. On 
voit clairement que l'auteur, admettant une aigrette dans 
les Chrjsanthemum, dans les Afjconia , et même dans quelques 
Leucanthemum, fonde principalement la distinction de ces 
trois genres, 1." sur les feuilles, composées dans le Chrjsan- 
themum, simples dans les Leucanthemum et Mjconia, 2.° sur 
le péricline, qui, selon lui, seroit simple et d'une seule 
pièce divisée en lanières égales, dans le Mjconia, Ces consi- 
dérations nous ont empêché d'adopter le nom générique de 
Myconia, qui d'ailleurs a été appliqué par M. Lapeyrouse au 
Verbascum myconi, et qui ne pourroit convenir à notre plante, 
qu'autant qu'il seroit certain que c'est bien le vrai Chrysan- 
lhëmum myconis de Linné et des autres botanistes, ce qui 
nous paroit jusqu'ici fort douteux. Le nom de Coleostej}hus , 



PIN 45 

qae nous proposons, faisant allusion aux aigrettes, qui res- 
semblent à des étuis, exprime très-bien le caractère essen- 
tiel de ce genre ou sous-genre. 

Dans notre tableau des Anthémidées (tom. XXIX, pag. 
178), le groupe des Chrysanthémées vraies est composé des 
cinq genres Gymnocllne , PjyreLhrum , Chrjsantliemum , Matri- 
caria, Lidheckia. Maintenant il se trouve composé de neuf 
genres disposés ainsi: Gjmnocline, Pjrethrum , Coleostephiis , 
Ismelia, Glebionis, Finardia, Chrysanthemiim , Matricaria , Lid~ 
lechia. On peut très-bien, si l'on veut, ne considérer la plu- 
part de ces genres que comme des sous-genres, ou même 
seulement comme des espèces ofiVant , dans leurs caractères 
génériques, quelques différences notables. Mais, pour nous 
conformer au système général que nous avons adopté, nous 
avons dû les présenter comme de véritables genres; et quel 
que soit le jugement qu'on puisse porter sur ces distinctions 
génériques, trop multipliées sans doute, et dont nous sen- 
tons fort bien tous les défauts , notre travail , étant fondé sur 
des observations exactes, ne sera pas tout-à-fait inutile. Au 
reste, si nous voulions défendre nos genres, nous prouve- 
rions sans peine qu'ils sont établis sur les mêmes fondemens 
que beaucoup d'autres généralement admis. Ainsi , notre 
Gymnocline diffère du Pfrelhriini , tout comme VAchillea dif- 
fère de V Anthémis , ou plutôt du Chamœmelum, c'est-à-dire 
par ses languettes courtes et larges; notre Coleostephus dif- 
fère du Pjret\irum, comme le Pentzia du Balsamita, par son 
aigrette fort haute et en forme d'étui; notre Ismelia diffère 
du Pyrelhrum, et notre Pinardia du Chrjsanthemum, autant 
et plus que VAnacjclus de Y Anthémis, par les grandes ailes 
dont leurs fruits sont pourvus. Quant à notru G iebionis , la 
continuité des corolles avec les ovaires, et le rebord trans- 
versal des ovaires, ne sont-ils pas des caractères aussi nota- 
bles que bien d'autres qu'on n'hésite pas à considérer comme 
génériques P Remarquons qu'en général chez les Synanthérées, 
lorsqu'il y a continuité de l'ovaire avec la corolle, celle-ci 
persiste naturellement sur le fruit mûr, et devient ainsi un 
instrument de dissémination, comme cela est évident, par 
exemple, dans les Zinnia et Tragoceros, (Voyez notre Mé- 
ijioire sur la dissémination des Synanthérées, Bull, philom., 



46 - PIN 

1821, pag. 92.) La cause finale que nous signalons est d'au- 
tant plus vraisemblable, que la continuité de la corolle avec 
l'ovaire ne s'observe jamais ou presque jamais, quand il y 
a une véritable aigrette. Cette continuité est donc un carac- 
tère plus important qu'il ne paroît. Les deux genres Chrj- 
santheinum et Matricaria , établis depuis long-temps, se con- 
fondent presque par leurs caractères techniques, et sont bien 
moins distincts que les nouveaux genres par nous proposés. 
Le Chiysaiithemum et le Pjrethrum , maintenant adoptés par 
la plupart des botanistes, semblent se distinguer très-nette- 
iTient par l'absence ou la présence d'une aigrette : cependant 
quelques espèces , telles que notre Pjrethrum indicum , ont l'ai- 
grette si peu manifeste et si douteuse, qu'on seroit tenté d'ef- 
facer cette distinction générique. Mais nous pensons qu'il faut 
la maintenir, parce que, selon nous, les genres trop nom- 
breux en espèces sont peu favorables pour l'étude , et ne pré- 
sentent qu'une multitude confuse , où l'esprit et la mémoire 
ne saisissent et ne retiennent rien. La plupart des botanistes 
pensent au contraire qu'il est avantageux pour la science 
d'avoir peu de genres, et d'accumuler beaucoup d'espèces 
dans chacun d'eux. En conséquence, ils jugeront probable- 
ment que notre groupe des Chrysanthéniées vraies ne consti- 
tue qu'un seul genre , ou tout au plus deux genres , s'ils veulent 
bien consentir à distinguer le Lidbeckia du Chrjsanthemum. 
(H. Cass.) 

PINARELLO, PINACIO et PINUZZO. [Bot.) Noms ita- 
liens de diverses espèces de champignons décrits par Mi- 
chéli, et qui ne nous sont point connus. (Lem.) 

PINARU. {Ichthjol.) Un poisson du genre Blennie , Biere- 
nîus cristatus, a reçu ce nom. (Desm.) 

PIN AS, PINHAS. [Bot.) Un des noms de l'ananas dans 
les colonies espagnoles, tiré de la forme de son fruit, appro- 
chant de celle du cône de pin. (J. ) 

PINASTELLA. {Bot.) Ce nom, qui signifie petit pin, avoit 
a été donné par Dillen à la pesse d'eau, limnopeuce de Vail- 
lant et d'Adanson ; hippiiris de Linnaeus, dont les feuilles, 
verticillées sur une tige très -basse , présentent la forme d'un 
petit pin sortant de terre. 

La plante, nommée pinastdlum par Apulée, est, selon Do- 



PIN 47 

doens et Daléchamps, le peucedanum de la famille des ombel- 
lifères. (J.) 

PINASTER. (Bot.) Nom donné par Clusius et C. Bauhin à 
plusieurs espèces de pin. (J.) 

PI-NA-SY. {Ornith.) Nom des oiseaux en général chez les 
Algonquins. (Ch. D. ) 

PINAU, PINEAU, PINOO. (Bot.) Aublet dit que plusieurs 
palmiers de la Guiane portent ce nom. Les uns habitent les 
forêts ; les autres le bord des rivières ou des marécages. 
Dans tous , la peau qui recouvre le brou , est rouge. Ce 
brou est employé comme nourriture , et on peut aussi 
extraire de son amande une substance butyreuse. Le tronc 
de ces arbres est fendu en lattes pour couvrir les maisons, 
et on tire une filasse de la gaine des feuilles. L'auJeur ne 
donne pas d'autres indications ; il dit seulement que c'est le 
palma dacfjlifera palusiris de Plumier , dont la figure ressemble 
à celle du vouay ou du gynestum de M. Poiteau. 

Le pmau des Malais, cité par Clusius, est le palmier arec. 
(J.) 

PINAUX. (Bot.) Paulet nomme ainsi, et Gâteaux de loup et 
CÈPES PINAUX, un groupe qu'il établit aux dépens du genre 
Boletus, Linn., ou du Poljporus des mycologues modernes. 
Il en a été fait mention tom. Vil, page 401 , de ce Diction- 
naire, et nous avons désigné les espèces qu'il y rapporte, 
parmi lesquelles se trouvent les suivantes : 

1." Le GRAND PiNAU PLAT OU BouzE DE VACHE dc Paulct , Tr. , 
2, page 385, pi. 179, décrit à l'article Bouzf de vache, 
au Suppl. du tome V, p. 58. 

2.° Le PiNAU moyen et Gâteau de loup de Paulet, 2 , p. 
086, pi. 180, Cg. 1 , 2. Ce champignon, qui se trouve dans 
les taillis du bois de Boulogne, près Paris, a un s(ipe de 
deux ou trois pouces de hauteur ; son chapeau en a quatre 
ou cinq d'étendue; le dessus est de couleur de feuille morte 
ou d'un roux pâle , et le dessous rougeàtre. Ce chapeau , 
épais d'un à deux pouces, est formé, comme le reste de 
la plante, d'une substance sèche, comme farineuse, qui 
change de couleur lorsqu'on la coupe , et de là pourroit an- 
noncer des qualités suspectes. Il répand une odeur nauséa- 
bonde; ses tubes sont jaunâtres et serrés. . . 



48 • PI]X 

Le PiNAU JAUNATRE OU Pain DE LOUP , Paulet , Tr.. l. c, p. 
387, pi. ]8i,fig. 1 , 2 , seroit, suivant Paulet , lep/riar€Wo des 
Italiens, décrit par Michéli , et le holetus granulatus , Linn. Ce 
champignon est très-suspect: il a toujours occasioné des ac- 
cidens graves aux personnes qui en ont mangé. D'après Bocq, 
il paroît qu'il est même dangereux pour les vaches. Ce bolet 
croît dans les bois de haute futaie : il répand une odeur 
forte et change de couleur quand on le coupe. Il s'élève à 
trois pouces de hauteur; son chapeau est d'un brun foncé 
en dessus, jaunâtre en dessous, et d'un diamètre de quatre 
pouces : sa substance est un peu^molle et sa surface à peine 
sèche. 

Le PiNAU ROUGE ou le PETIT Pain de loup de Paulet , /. c. , 
fig. 3,4, est probablement l'un des holetus que Schœffer 
a nommé B. Jlavorufus , ferriigineus ou appendiculatus , que 
Paulet paroît croire n'être qu'une seule espèce. Ce bolet est 
d'un rouge cramoisi sale; ses tubes sont jaunâtres; le siipe 
est filandreux et de couleur jaunâtre intérieurement. 11 suffit 
de toucher les tubes, pour les altérer et les faire noircir. La 
substance de ce champignon change de couleur à l'air, et 
devient d'abord d'un rouge bleuâtre , puis noir. Ce champi- 
gnon croît dans les bois de Saint-Germain et du Vésinet : il 
incommode beaucoup les animaux qui en ont mangé et pa- 
roît avoir occasioné de graves accidens. 

Le PETIT PiNAU jaune, Paulet , i. c. , pi. 182 , fig. 1,2, est 
encore un bolet dangereux : il est jaune , roussàtre , quel- 
quefois brun en dessus et d'un jaune pâle eu dessous; les 
tubes sont grands. 

Le PiNAU A TROIS COULEURS, Paulct, /. c. , pi. 18a, fig. 5, 
est ainsi nommé à cause de son stipe, d'un beau rouge d'é- 
carlate ou de carmin plus fuuc'é à la partie inférieure , et 
de son chapeau d'un gris rousselet ou blanc sale en dessus et 
d'un jaune clair ou de soufre en dessous. Sa chair, naturel- 
lement blanche, devient bleuâtre lorsqu'on la met en con- 
tact avec l'air. Ce champignon, que tout annonce comme 
dangereux, croît dans la forêt de Senard. (Lem.) 

PINC-PINC. {Ornith.) Cette fauvette, représentée dans 
l'Ornithologie d'Afrique , pi. i5i , est le sjlyia textrix de 
M. Vieillot. (Ch. D.) 



PIN 49 

PINÇA. (Ornith.) Nom du pinson commun , /nngî7/a cœ- 
lehs, en Catalogne , où le gros -bec commun, loxia cocco- 
thraustes , est aussi appelé pinça mec et pinça rogné. (Ch. D.) 

PINÇARD. ( Ornith. ) Nom vulgaire du pinson commun , 
fringilla cœlebs , Linn. , qui s'écrit aussi pinchard et pinchon. 
(Ch. D.) 

PINCE, PORTE-PINCE ou CHÉLIFÈRE {Entom.) '. Chelifer, 
Geoff. ; Obisium, lUiger. Genre d'insectes aptères, sans an- 
tennes , sans tête distincte, c'est-à-dire confondue avec le 
corselet, et à huit pattes, par conséquent de la famille des 
acérés ou aranéïdes, caractérisé en outre par la forme des 
palpes, quisont trés-alongés et en forme de pinces ou de serres 
d'écrevisse, comme dans les scorpions et les galéodes, mais 
à abdomen sessile et sans queue. 

Nous avons fait figurer une espèce de ce genre sur la 
planche 56, n." 4 de l'atlas de ce Dictionnaire. L'étymologie 
du nom, qui est tout-à-fait latin et grec, le mot chelce-arûm , 
employé par les Latins, étant emprunté du grec ^nAa/, et si- 
gnifiant les bras ou les pinces du scorpion et des crabes. 

Le corps des chélifères est très-plat, tout au plus de la 
grosseur d'une très-petite punaise délit, muni de quatre paires 
de pattes; leur syncéphale est presque carré, muni de chaque 
côté d'une paire de petits yeux. Ces petits insectes sont très- 
faciles à distinguer de tous les autres acères ; d'abord des arai- 
gnées, des mygales, et des trombidies , qui n'ont pas les 
palpes en pince, mais en crochet; puis des scorpions, dont 
l'abdomen se termine par une queue articulée eu crochet; 
des galéodes et des faucheurs, qui ont les palpes simples, et 
des phrynes, qui ont huit yeux, comme les araignées. 

Ces insectes se trouvent dans les lieux secs et obscurs; ils 
se nourrissent de petits insectes, surtout de petits termites 
ou poux du bois {hemerohius fatidicus , pubatorius). Ils courent 
en tous sens comme les crabes. 

Les principales espèces sont : 

1.° PiwcE cancroïde, Clielifer cancroides. 

C'est celle que nous avons fait figurer. 

Car. D'un brun rougeàtre, à palpes de moitié plus lon^s 
que le corps. 

2.° Pince cIxVIICoïde , Chelifer cimicoides. 

41. ' 4 



5o PIN 

Car. Palpes d'une fois et demie la longueur du corps, â 
pince plus large. (C. D. ) 

PINCE DE CHIRURGIEN. [Conchj'l.) Nom marchand de la 
telline rostrée , tellina rostrata , Linn., et quelquefois de la 
telline de Spengler. (DeB.) 

PINCEAU. {Mamm.) Le condylure étoile d'Illiger , avoit 
reçu de Vicq-d'Azyr le nom de Taupe - pinceau , à cause de 
la conformation de son nez. La forme de la queue, terminée 
par un bouquet de poils, a fait appeler Dasyure pinceau, 
Dasjurus pennicillus , un animal de la Nouvelle- Hollande. 
Enfin la même dénomination a été appliquée à l'ouistiti, 
parce que ses oreilles sont garnies d'une touffe de grands 
poils très- apparens. (Desm.) 

PINCEAU, PeniciUiis. (Corail.) M. de Lamarck (Anim. sans 
vert., tome 2, page 34o) donne ce nom à un genre de co- 
rallines, que M. Lamouroux, de son côté, avoit établi sous la 
dénomination de NésÉE. Les caractères assignés par le premier 
à son genre Pinceau, sont : Polypier à tige simple, en- 
croûtée à l'extérieur, remplie intérieurement de libres nom- 
breuses, cornées, fasciculées, se divisant au sommet en un 
faisceau de rameaux filiformes, dichotomes , articulés. M. 
de Lamarck ne distingue que trois espèces de pinceaux : 1 .° le 
P.^ CAPiTÉ, P. capitatus ; la Nésée pinceau de M. Lamouroux ; 
2." le P. ANNELÉ , P. annulatus; la Nésée annelée, Lamx. , et 
3.° le P. FLABELLB , P. phanix ; la Nésée flabellée ; Lamx. 
Voyez à l'article Nésée, où ces espèces sont définies. (De B.) 

PINCEAU DE MER. [Conchyl.) Guettard a donné ce nom 
de genre au tube calcaire, dont M. de Lamarck a fait depuis 
le genre Arrosoir. Voyez Penicillus. (De B. ) 

PINCEAU DE MER. [Chétop.) On donne encore assez sou- 
vent ce nom à plusieurs animaux de la famille des amphi- 
trites, à cause de la disposition de leurs tentacules ou de 
leurs branchies en pinceau au-devant de la tête. Voyez Vers. 
(De b.) 

PINCEAU EN PLUME. (Conchjl.) Il paroit que les mar- 
chands de coquilles désignent ainsi quelquefois la mitre épis- 
copale. (De B. ) 

PINCEL. (Bot.) Nom espagnol du coris monspeliensis , sui- 
vant Clusius. (J.) 



PIN 5i 

PINCETTE DE MER. {Bot.) La zostère est ainsi nommée 
sur les côtes de l'Océan. (Lem.) 

PJNCHE. (Mamm.) Espèce du genre Sagoui.v. Voyez ce 
mot. (F. C.) 

PINCHINCHILLA. (Bot,) Ce nom est inscrit au bas d'un 
dessin, fait au Pérou par Joseph deJussieu, représentant une 
espèce de fuchsia à pétales rouges, qui paroît se rapprocher 
du fuchsia coccinea. (J. ) 

PINCHON. (Ornith.) Voyez Pinçard. (Ch. D.) 

PINCKNEYA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopétalées, de la famille des rubiacées, 
de la. pentandrie monogjnie de Linnaeus, offrant pour carac- 
tère essentiel : Un calice persistant, tubulé ; son limbe à cinq 
longues découpures, souvent inégales; une corolle infundi- 
buliforme ; cinq divisions à son limbe; cinq étamines sail- 
lantes; un ovaire inférieur; un style de la longueur des éta- 
mines; un stigmate épais, presque à deux lobes; une capsule 
assez grande, un peu arrondie, médiocrement comprimée, 
à deux loges, à deux valves; chaque valve partagée par une 
cloison dans sa moitié inférieure; les semences nombreuses, 
presque orbiculaires, bordées d'une aile membraneuse. 

Ce genre a été établi par Michaux pour une plante de 
l'Amérique ; il a de si grands rapports avec le quinquina 
{cinchona) , que les différences sont peu tranchées. (Voyez 
notre article Cinchona.) Suivant M. de Jussieu , il paroît 
être absolument congénère du Mussœnda. 

PiNCKNEYA POBESCENT : Pincknejûpubescens, Mich., F/, bor. am., 
1, pag. io3, tab. i3; Cinchona caroliniana , Poir. , Encycl., 
Quinquina, n.° i5. Arbrisseau assez élevé, dont la tige se di- 
vise en rameaux opposés , velus , cylindriques ; les feuilles 
sont grandes, pétiolées, ovales, opposées, aiguës ou obtuses, 
pubescentes en dessous, particulièrement le long des princi- 
pales nervures, vertes et glabres en dessus, longues de six 
pouces et plus, larges de trois; les pétioles très-courts, accom- 
pagnés de deux bractées lancéolées, aiguës, caduques. Les 
fleurs sont disposées en panicules axillaires et terminales , 
presque fasciculées; les ramifications opposées; épaisses, ve- 
lues, sur lesquelles sont placées des fleurs presque sessiles. Le 
calice est alongé , turbiné, à cinq découpures oblongues, ai- 



52 PIIV 

guës; l'une desquelles s'alonge fort souvent et se dilate en 
forme de feuille ou de bractée ovale, longue d'un pouce, 
d'un blanc jaunâtre , comme dans le mussœndafrondosa. La 
corolle est tubulée , cylindrique , pubescente , longue au 
moins d'un pouce; le limbe à cinq découpures oblongues, 
obtuses, roulées en dehors, de deux tiers plus courtes que le 
tube; ks étaniines sont attachées un peu au-dessus de la base 
du tube; les filamens sctacés, terminés par des anthères sail- 
lantes, presque versatiles, obtuses. L'ovaire supporte un style 
de la longueur des étamines, il se termine par un stigmate 
épais, presque à deux lobes; le fruit est une capsule assez 
grande, arrondie, un peu comprimée, marquée de deux: 
sillons opposés, obtuse et déj)rimée à son sommet, coriace, 
à deux loges, médiocrement ouverte eu deux valves parta- 
gées par une cloison à leur moitié inférieure : elle renferme 
des seniences nombreuses , presque orbiculaires , un peu 
échancrées à leur base, au point de leur attache, environ- 
nées d'une aile courte, membraneuse. Cette plante croit dans 
la Caroline et sur les bords du fleuve Sainte-Marie, dans la 
Nouvelle-Géorgie. (Poir.) 

PINÇON. (Ornith.) Voyez Pinson. (Ch. D.) 

PIND-SWIN. {Mamin.) Nom danois du hérisson d'Europe. 
(F. C.) 

PINDAIBA. [BoL) Cet arbre du Brésil, déjà mentionné 
dans ce Recueil sous le nom d''embira, est différent du xylo. 
pia frutescens d'Aublet, suivant M. Saint-Hilaire, qui l'a ob- 
servé sur les lieux. Il en fait une espèce différente, qu'il cite 
dans ses Plantes usuelles sous le nom de xilopia sericea, et 
il lui assimile aussi Vibera de Marcgrave. Voyez Embjra. (J. ) 

PINDARAMCOLI. (Ornith.) Nom indien de la poule sul- 
tane ou talè\e, fulica porph^rio, Linn. (Ch. D.) 

PINDOVA, PINDOBA. (Bot.) Le palmier du Brésil, dé- 
signé sous ces noms par Pison et Marcgrave , a les feuilles 
pennées et le fruit delà forme et de la grosseur d'un œuf. il est 
dit que son brou donne une huile bonne pour les lampes, 
et que celle qu'on retire de la graine est plus limpide , em- 
ployée pour l'apprêt des alimens, quand elle est fraîche. 
C'est ce que l'on nomme huile de Palme (voyez ce mot) et le 
pindoya, est le cocos butyracea des botanistes. ( J. ) 



PIN 53 

PINEA. (Bot.) L'ananas, qui est le matzatli des Mexicains, 
est aussi nommé par les Espagnols de ce pays, -pinea indica , 
suivant Hernandez , à cause de la ressemblance de son fruit 
avec une pomme de pin. (J. ) 

PINEAU. (Bot.) Nom d'une variété de raisin qui est regar- 
dée en Bourgogne, comme produisant le meilleur vin. (L. D.) 

PINEAU. [Bot.) Petit palmier de Cayenne qui paroît être 
une espèce d'avoira. (Lem.) 

PINE-BOUGH. (Ichthj^ol.) Nom anglois de la trigle pin. 
Voyez Trigle. (H. C.) 

PINE-CREEPER. (Ornith.) Nom donné par Catesby à la 
mésange brune de l'Amérique, parus americanus , Brisson. 
(Ch. D.) 

PINEDA. (Bot.) Les auteurs de la Flore du Pérou avoient 
établi sous ce nom un genre particulier pour une plante 
que M. Persoon a cru devoir réunir aux homalium , qui en 
effet en est très-voisine; mais dont elle diffère par les divi- 
sions de son calice et de sa corolle, par son fruit, qui est 
désigné comme une baie et non une capsule; de plus, dix 
glandes géminées ; trois réceptacles charnus , attachés à la 
partie intérieure du péricarpe. Le calice est divisé en cinq 
découpures profondes; la corolle composée de cinq pétales 
persistans. Le fruit renferme plusieurs semences anguleuses; 
les étamines sont au-delà de vingt, insérées sur le réceptacle; 
l'ovaire porte trois styles. Cette plante est un arbrisseau qui 
s'élève à la hauteur de huit ou dix pieds sur une tige grêle, 
élancée; les feuilles sont oblongues, ovales ou lancéolées, 
dentées en scie vers leur partie supérieure. Cette plante croît 
au Pérou. (Poir.) 

PINEDO. (Bot.) Suivant Garidel, on donne en Provence 
ce nom à une espèce d'agaric qui croit habituellement au 
pied des pins , et qui a été décrit tome XIV , p. 547 , à Particle 
Entonnoir, sous le nom à.''entonnoir de Provence, que lui 
donne Paulet. (LexM.) 

PINESSE. (Bot.) On donne ce nom, dans les Vosges, au 
sapin élevé. ( L. D.) 

PINGAR-UTAN. (Bot.) A Java on donne ce nom, sui- 
vant Burmann, à une asclépiade, asctepias gigantea de Lin- 
naeus. (J.) 



54 PIN 

PINGO. {Mamm.) Fermin dit qu'on nomme ainsi le Pé- 
cari à Surinam. (F. C. ) 

PINGOUIN ; Alca, Linn. (Ornilh.) Les caractères génériques 
de cet oiseau, déjà indiqués dans le tome I/"" de ce Diction- 
naire, sous le mot Alque, consistent dans un bec très-comprimé, 
élevé verticalement, en forme de lame de couteau, tran- 
chant parle dos, et ordinairement sillonné en travers, dont 
la mandibule supérieure est crochue, et l'inférieure présente 
un angle saillant; des narines linéaires, situées vers le milieu 
du bec, et presque entièrement fermées par une membrane 
couverte de plumes; une langue épaisse, entière, pointue; 
des pieds courts et retirés dans l'abdomen; trois doigts de- 
vant, tout-à-fait palmés; point de pouce; des ongles falcu- 
laires. 

Selon M. Cuvier les ailes de ces oiseaux sont trop petites 
pour les soutenir, et ils ne volent pas du tout; mais, sui- 
vant M. Temminck, cela ne peut s'appliquer qu'à une seule 
espèce, Valca impennis; Valca torda vole, au contraire, très- 
rapidement, en effleurant la surface des eaux. Les pingouins 
ont de grands rapports avec les manchots; mais, tandis que 
ceux-ci se trouvent exclusivement dans les mers australes, 
les autres n'habitent que les mers septentrionales. 

Les pingouins quittent rarement les côtes, et, à moins de 
causes accidentelles, comme les rafales et les brisans, ils ne 
paroissent sur le rivage que dans le temps des pontes. Leur 
mue est double; il n'existe point de différence marquée dans 
les sexes, et c'est le plumage d'hiver de chacun d'eux qui a 
été regardé comme étant celui de la femelle. Quant aux 
jeunes, on les distingue par la petitesse de leur bec, qui 
n'offre encore aucune trace de sillons. Ils nichent par bandes 
dans les trous des rochers, où ils ne pondent qu'un seul 
œuf, très-gros relativement à la taille de l'oiseau. 

Les Anglois écrivent penguin le nom de ces oiseaux, qu'ils 
■prononcent pingouin, mais il est bon de remarquer que, dans 
le Récit des navigations au Sud, les manchots sont presque 
toujours désignés par ce mot, quoiqu'il existe entre les deux 
familles , chez lesquelles le nombre des doigts n'est pas le 
même, et dont le bec est autrement conformé, des diffé- 
rences sensibles qui sont développées au mot Manchot, et 



PIN 55 

qu'ils habitent des mers opposées , ce qui donne lieu à 
Buffon d'observer que la nature paroît avoir voulu rejeter 
aux deux extrémités du globe les deux extrêmes du genre 
volatile. 

M. Temminck donne aux deux espèces de pingouins des 
noms qui font ressortir la jouissance ou la privation de la 
faculté du vol, en appliquant à l'un l'épithète de macroplère , 
et à l'autre celle de brachjptère; mais la première de ces dé- 
nominations pourroit faire penser que la petite espèce a de 
grandes ailes, puisque le terme macroptère est ordinaire- 
ment employé dans cette acception, et elle présenteroit une 
idée fausse. D'ailleurs la seconde espèce n'a pas seulement 
des ailes courtes, mais elle en est, en quelque sorte, privée, 
puisqu'elle n'a point de pennes. On croit donc ne pas devoir 
changer l'ancienne nomenclature. 

Pingouin coMxMun; Alca torda, Linn. Cet oiseau, dont les 
ailes aboutissent au croupion et dont la queue a une forme 
conique, est long d'environ quatorze pouces, et sa taille est 
un peu inférieure à celle d'un canard. Il a la tête, le cou et 
tout le dessus du corps noirs, ainsi que la queue; la gorge 
et le haut du cou sont de couleur de suie; un petit trait 
blanc va du bec à l'œil, et un autre semblable traverse obli- 
quement l'aile; les deux mandibules sont sillonnées de plu- 
sieurs rainures, et l'intérieur du bec est d'un jaune livide; 
l'iris est d'un brun vif et les pieds sont noirâtres. Des auteurs 
prétendent que la bande blanche allant du bec à l'œil n'existe 
pas chez les individus considérés par eux comme femelles. 
L'oiseau figuré dans les Planches enluminées de BuflTon, sous 
le n.° 1004, est celui qu'on vient de décrire; mais, suivant 
M. Temminck, on a eu tort de le qualifier de femelle. 

Chez les jeunes de l'année le sommet de la tête et la nuque 
sont d'un noir cendré et les côtés du cou sont d'un blanc nuancé 
de cendré; le bec est moins large, peu élevé, dépourvu de 
sillon et presque point crochu vers le bout; l'iris est noirâ- 
tre. On leur a donné les noms d'aica pica, alca minor , petit 
pingouin. 

Enfin , dans le plumage d'été ou de noces , le noir qui règne 
sur les joues , la gorge et le devant du cou a une légère teinte 
rougeàtre; l'intérieur du bec est d'un jaune vif, et le reste 



56 PIN 

est comme en hiver. C'est alors l'individu, mâle ou femelle, 
qui est représenté sur la planche ioo3 de Buffon. 

Cet oiseau , qu'on trouve sur les mers arctiques des deux 
mondes, est de passage en hiver, sur les côtes d'Angleterre, 
de Norwége, de Hollande, de France, et on le voit acci- 
dentellement sur les mers de l'intérieur. Les insectes et les 
crustacés marins paroissent former sa nourriture, ainsi que 
certains poissons et surtout de jeunes harengs. Le seul œuf 
que la femelle pond dans les trous des rochers, qui bordent 
la mer, estoblong, d'un blanc Jaunâtre et marqué tantôt de 
petites taches cendrées, tantôt de taches noires et brunes, de 
forme irrégulière. 

Comme ces pingouins, qui ne pourroient tenir la mer dans 
le fort de l'hiver, ne paroissent point alors à la côte, Ed- 
wards suppose, dans ses Glanures , part. 4, pag. 219, qu'ils 
passent cette saison dans des cavernes de rochers dont l'ou- 
verture est submergée, mais dont l'intérieur s'élève assez 
au-dessus des flots, pour leur fournir une retraite où ils res- 
teroient dans un état de torpeur et substantés par la graisse 
dont ils sont chargés. 

Valca pica et Valca lorda sont connus au Groè'nland , sui- 
vant Othon Fabricius , n.°' 5o et 61 , sous les dénominations 
d^alpa, ahparnak , akpartlulc. 

Grand Pingouin; Alca impennis, Linn. Cet oiseau, repré- 
senté sur la planche enluminée de Buffon , n.° 367, approche, 
selon Willughby , de la taille de l'oie: sa longueur est de 
deux pieds un ou deux pouces; ses petites ailes sont dépour- 
vues de pennes propres au vol ; son bec noir est marqué de 
huit ou dix sillons blancs; entre le bec et l'œil il y a une 
tache blanche , ovale ; la tête , le cou et tout le manteau sont 
d'un noir profond; la gorge, les côtés et le derrière du cou 
sont noirs avec des nuances de brun sombre ; le dessous du 
corps est d'un blanc pur, et l'on voit une petite bande blanche 
à l'extrémité des plumes courtes et noires qui remplacent les 
pennes secondaires ; les pieds et l'iris sont de cette dernière 
couleur. Les petits n'ont pas de sillons au bec , ni de tache 
Manche entre le bec et l'œil. 

Cetfe espèce ne s'éloigne presque point des plus hautes 
latitudes et vit habituellement sur les glaces flottantes du 



PIN 57 

pôle arcd'quc; elle demeure toujours sur l'eau , à l'exception 
du temps de la propagation, époque à laquelle elle place, 
dans les fentes des rochers, un nid où la femelle pond un 
œuf de la grosseur de celui du cygne, et dont la couleur est 
un blanc isabelle, avec beaucoup de raies et de taches noires 
qui ressemblent à des caractères chinois. Othon Fabricius 
n'a pu découvrir de ces nids au Groenland, mais il y a vu, 
au mois d'Août, un petit encore couvert d'un duvet gris, 
dans le corps duquel il a trouvé des fragmens de rhodiole et 
d'autres végétaux qui croissent sur les rochers : il n'y avoit 
point encore des débris de poissons, quoiqu'il paroisse que 
les adultes se nourrissent de certaines espèces , telles que le 
cjclopterus lumpus , le cottus scorpius , etc. 

C'est par erreur que Buffon rapporte au grand pingouin, 
Valpa des Groè'nlandois, dont il reconnoît que la taille n'ex- 
cède pas celle du canard , et dont le nom est en effet un de 
ceux du pingouin commun ; la grande espèce y est appelée 
isarolcitsok , comme le dit Othon Fabricius, n.° 62. (Ch. D.) 

PINGRÉE, Pingrœa. {Bot.) Ce nouveau genre de plantes, 
que nous proposons, appartient à l'ordre des synanthérées, 
et très- probablement à notre tribu naturelle des vernoniées. 
Voici ses caractères. 

Dioïque. Calathide mâle équaliflore, multiflore, régulari- 
flore. Péricline très- inférieur aux fleurs, probablement tur- 
biné; formé de squames paucisériées, inégales, irrégulière- 
ment imbriquées, appliquées, oblongues, uninervées, sub- 
foliacées, membraneuses et diaphanes sur les bords, frangées 
au sommet. Clinanthe conique-ovoïde, nu, un peu fovéolé. 
Faux-ovaires très-petits, stériles, demi-avortés, munis d'un pe- 
tit bourrelet basilaire annulaire; aigrette très-longue, blanche, 
composée de squamellules nombreuses, unisériées, contiguës, 
égales, flexueuses, comme chiffonnées, filiformes, presque 
nues inférieurement , très-barbellulées supérieurement, à 
barbellules nombreuses, longues, inégales, très- étalées. Co- 
rolles glabres, à tube long, grêle, cylindrique: limbe bien 
distinct du tube, large, campanule, à cinq lanières oblon- 
gues, aiguè's, roulées en dehors, séparées par des incisions 
égales. Étamines à anthères très-exsertes, pourvues d'appen- 
dices apicilaires libres, lancéolés, et privées d'appendices 



58 PI]V 

Lasîlaires. Style de vernoniée, à deux stigmalophores libres, 
peu ou point divergens, inclus dans le tube anthéral , aigus 
au sommet, hérissés de collecteurs piliformes. Calatliide fe- 
melle inconnue. 

PiNGRÉE A FEUILLES ÉTROITES; Pïngrœa angusUfoUa , H. Cass. 
C'est une plante herbacée , entièrement glabre; sa tige, 
haute d'un pied (dans l'échantillon incomplet que nous dé- 
crivons), est rameuse, striée, un peu anguleuse, verte; les 
feuilles sont alternes, longues d'environ trois pouces et demi, 
larges d'environ deux lignes, presque linéaires, graduelle- 
ment étrécies vers la base, qui est subpétioliforme , et vers 
le sommet, qui est très-aigu, bordées de dents distantes, 
saillantes, aiguës, munies d'une nervure médiaire simple, 
très-forte, et de deux nervures latérales très- foibles, ra- 
meuses; les calathidcs, qui paroissent être subglobuleuses , 
sont larges d'environ deux à trois lignes, et disposées, au 
sommet de la tige et des branches, en panicules, dont les 
ramifications sont longues, très- grêles , droites, nues ou 
presque nues, pédonculiformes, accompagnées chacune à la 
base d'une petite bractée subulée ; les corolles semblent jaunes 
roussâtres sur l'échantillon sec , mais sont probablement 
blanches sur la plante vivante; les anthères sont blanches et 
remplies de pollen blanc. 

Nous avons fait cette description spécifique et celle des 
caractères génériques, sur un échantillon sec, que M. Des- 
fontaines a eu la bonté de nous donner, en nous disant qu'il 
avoit été recueilli dans l'Isle-de - France , et que la même 
plante est vivante au Jardin du Roi, où on la cultive. 

En observant les fleurs de cet échantillon , nous nous 
sommes facilement convaincu qu'il appartenoit à une espèce 
dioïque, et que nous n'avions que l'individu mâle. L'obser- 
vation de l'individu femelle seroit nécessaire pour mettre 
hors de doute que cette espèce se rapporte à la tribu des 
vernoniées; car, dans ce cas, les stigmalophores du style 
féminin doivent être privés de bourrelets stigmatiques. Si, 
au contraire, ces bourrelets existent, notre plante ne seroit 
point une vernoniée, mais probablement une astérée, qui 
peut-être ne différeroit pas assez des vrais baccharis pour en 
être distinguée génériquement. Mais, quant à présent, nous 



PIN 59 

avons tout lieu de croire que c'est une vernoniée, constituant 
un nouveau genre, probablement voisi* des Pluchea , Tes- 
saria, Monarrhenus , et dont les caractères génériques devront 
être complétés par l'observation et la description de la cala- 
Ihide femelle, qui nous est inconnue. 11 faudra surtout soi- 
gneusement observer les stigmatophores , l'ovaire et la corolle , 
pour déterminer définitivement les véritables affinités natu- 
relles. 

Nous dédions ce nouveau genre à la mémoire de Pingre. 
M. Prony, dans sa notice sur la vie et les ouvrages de cet 
astronome, rapporte qu'il se livra, dans les dernières années 
de sa vie , avec beaucoup d'ardeur, à l'étude de la botanique, 
dans laquelle il trouvoit un délassement rempli de charmes, 
et qui devint l'objet de sa prédilection. «11 semble, dit à 
« ce sujet le biographe, que le destin de cette agréable 
fi science soit de s'emparer tôt ou tard des âmes honnêtes 
/^ et tendres, et de leur offrir ou un aliment à leur douce 
« sensibilité , ou un refuge et des consolations dans le 
,< malheur. » (Mém. de l'Inst. , Se. math, et phys. , tom. 1 , 
page xliv.) (H. Cass.) 

PINGUI. (Ornith.) Ce nom, dans les Voyages de Fran- 
çois Pyrard, désigne les manchots, dont il dit avoir trouvé, 
entre les îles Maldives, les œufs et les petits en si grande 
quantité, qu'il falloit prendre des précautions pour ne point 
marcher dessus. (Ch. D.) 

PINGUICULA. (But.) Nom latin du genre Grassette. 
(L. D.) 

PINGUIN. '{Ornith.) L'oiseau qu'Edwards nomme pmgum 
facheté aux pieds noirs, est le manchot tacheté, et son pinguin. 
proprement dit est le gorfou. (Ch. D.) 

PINGUIN. (Bot.) La plante citée sous ce nom dnns VHort. 
Eltham. de Dillen, est le hromelia pinguin de Linnaeus. (J. ) 
PINGUITE. (Min.) M. Tondi a traduit ainsi le nom de 
fetlstein (pierre grasse), donnée par Werner à une espèce 
particulière de minéral, qu'Haiiy a nommé Eléolithe. Voyez 
ce mot. (B.) 

PINHA. {Bot.) Les Portugais du Malabar nomment ainsi 
le terminalia catappa. (J. ) 

PINICOLE, Pinicola. {Entum.) Nom donné par M. de Bré- 



6o pi]V 

bisson (Bull, de la soc. phil., Août 1818) à un genre nouveau 
d'insectes hyménopières, voisin des tenthrèdes. Il est carac- 
térisé par des mandibules fortes et dentées, des antennes 
simples de douze articles, dont les neuf derniers forment un 
iîlet grêle ; le labre cache ou peu saillant ; les palpes maxil- 
laires fort longs, repliés sous la tête, et terminés par des 
articles très-menus ; la tête portée par une espèce de cou , etc. 

Le PiNicoLE DE Jules, Pinicola Julii, se trouve aux envi- 
rons de Falaise sur les arbres résineux. Il est long d'une 
ligne et demi ; sa couleur est le noir brunâtre ; ses antennes 
sont roussâtres; sa bouche, le tour de ses yeux, le dessous 
de son corps et ses pattes jaunes. La femelle a l'abdomen 
terminé par une tarrière grise, en forme d'épée, et le mâle 
par deux crochets latéraux. (Desm. ) 

riNlOEN. ( Bot. ) Acosta cite sous ce nom les graines pur- 
gatives du pignon d'Inde. (J.) 

PINIPINICHI. (fioi.) Daléchamps dit, d'après Monardez , 
et Léméry répète après lui, qu'il existe en Amérique un 
petit arbre de ce nom, ressemblant à un pommier, qui ré- 
pand par des incisions un suc laiteux , abondant et très- 
purgatif. C. Bauhin se contente de le citer à la suite de di- 
vers pommiers. J. Bauhin en fait mention à la suite des 
figuiers. Aucun ne parle de ses caractères distinctifs. C'est 
probablement un des arbres cités précédemment sous le nom 
de bois laiteux. M. Desportes le confirme , en citant un ta- 
bernœmontana , sous ceux de bois laiteux et pinpinichi. (J.) 

PINITE. (Min.) Tout porte à croire qu'on a donné ce nom 
à deux minéraux très-différens. Mais, comme cette présomp- 
tion n'est point encore changée en certitude, nous ne pou- 
vons pas opérer la séparation d'une manière définitive. Nous 
nous contenterons donc de l'indiquer, et, prenant sur la pi- 
nite de Saxe seulement tous les caractères que nous allons 
donner de ce minéral, nous reviendrons ensuite sur celle de 
France. 

La PiNiTE' est un sous-silicate d'alumine qui se présente en 



1 Ainsi nommée, par l'officier des mines Beyer, de la galerie de 
Fini dans la mine de kaolin d'Auc, près Schnéeberg en Saxe, où il l'a 
trouvée. Cette galerie a reçu le nom du père Fini, parce que ce même 



PIN Si 

cristaux prismatiques dérivant par calcul et par clivage d'mt 
prisme hexaèdre. Exposée au chalumeau , elle blanchit et 
fond sur les bords en un verre blanc et bulleux. 

Les dimensions des prismes primitifs ne sont pas détermi- 
nées avec toute la certitude désirable; la hauteur est à un 
des côtés de la base, suivant Haiiy, comme 56 est à 35. 

Le clivage est quelquefois très- facile et par conséquent 
très-net dans le sens des bases; il est même si facile, qu'il 
semble indiquer une séparation plutôt due à la poussière 
d'apparence talqueuse , engagée entre ces lames , qu'à la 
structure elle-même. Il est, au contraire, difficile de le voir 
dans le sens des pans. 

Les faces des cristaux n'ont aucun éclat; mais elles sont 
planes, les arêtes et les angles assez vifs. 

La pinite se laisse rayer par l'acier et raie à peine le cal- 
caire. Sa poussière est assez douce au toucher. 

Sa pesanteur spécifique est de 2,92. 

Sa texture est terreuse, lâche, en sorte qu'elle happe à la 
langue. La cassure est raboteuse. 

La pinite est toujours opaque, toujours colorée en grisâtre, 
brunâtre, roussâtre et même noirâtre. 

Composition de la pinite d'Aue^ près Schnéehey^g 
en Saxe. 

Alumine. Silice. Oxide de fer. 

63,75. 29,50. 6,75. Klaproth. 

On ne peut rapporter avec certitude à cette espèce que 
la pinite que nous avons prise pour type, c'est-à-dire celle 
de Saxe. Elle se présente en assez gros morceaux cristallisés, 
d'un brun noirâtre ou rougeàtre , tirant légèrement sur le 
violâtre, avec un éclat un peu talqueux; ces cristaux sont 
disséminés dans un granité à grosses parties , dont le felspath 
est décomposé en kaolin. La masse principale de la roche 
qui la renferme , est plutôt une pegmatite qu'un granité , dans 

officier y avoit remarqué un felspath très -semblable à celui de Ba- 
veno, décrit par ce savant minéralogiste, son ami. 

Si on arrive à séparer en deux espèces les minéraux désignés sous 
le nom de pinite, c'est à celui de Saxe qu'il faudra réserver ce nom, 
comme étant le premier qui l'ait reçu. Rirwan l'avoit nommé micarelle. 



G2 pi]y 

laquelle la pinite est comme minéral accessoire. Le mica s'y 
rencontre aussi; par conséquent on ne peut pas dire que la 
pinite le remplace. Cette roche constitue la masse comme 
enveloppée de gneiss, qui fournit, par la décomposition du 
feispath, le kaolin employé dans la manufacture de porce- 
laine de Meissen, près Dresde. Le gneiss est lui-même altéré, 
et alors rougeâtre , talqueux et comme pétri avec la ma- 
tière de la pinite. Il passe au micaehiste rougeâtre. Le kao- 
lin rosàtre, qui devient très-blanc par l'action du feu, semble 
devoir sa couleur à la pinite qui y seroit disséminée, et qui 
a , comme on vient de le voir, la propriété de blanchir par 
Faction du feu du chalumeau. 

La pinite de France est généralement en prismes mieux 
terminés , mais plus petits , d'un gris foncé ou même bruns 
presque noir; elle paroît plus compacte que la pinite de 
Saxe, ne montre aucun clivage; sa cassure est même rabo- 
teuse. M. Beudant fait dériver ses formes prismatiques secon- 
daires d'un prisme rectangulaire , par conséquent d'une forme 
incompatible avec celle de la pinite de Saxe. 

Sa composition paroit aussi très-différente. On a trois ana- 
lyses de la pinite d'Auvergne. M. Gmelin dit qu'elle donne, 
par Faction de la chaleur , une eau qui répand une odeur 
empyreumatique et qui contient de l'ammoniaque. 









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Drappier. 
Gillet-Liu- 


De S.-Par- 


















mont fils. 


douï. . .. 


25,48 


55,95 


03,76 


o5,5. 


07,85 


00,38 


01,41 


s 


G. Gmelia. 



C'est de cette pinite seule qu'on a déterminé les variétés 
de formes. 

ha pinite hexaèdre. — Le prisme hexaèdre régulier. 

La pinite pcridodécaèdre. — Le prisme hexaèdre dont les 
arêtes des pans sont remplacées par des facettes. 

Quelquefois deux de ces facettes opposées et deux des 
pans, également opposés , prennent une extension telle 



PIN 63 

qu'elles font presque disparoître les autres pans et donnent 
au cristal l'aspect d'un prisme à base carrée. C'est à cette 
niodification qu'Haiiy a donné le nom de semi-alterne. 

Pinile émarginée. — Le prisme dodécaèdre, dont six arêtes 
des bases sont remplacées par des facettes inclinées de 1 3 1 sur 
la base. (Phil. ) 

Ces cristaux sont assez nets; ils ont moins de volume que 
ceux de Saxe. Ils sont toujours disséminés , souvent agrégés 
parallèlement à leur axe et quelquefois croisés, mais sous 
différens angles. 

La séparation qu'il paroi t nécessaire de faire dans les 
pinites, n'est point assez avancée pour qu'on puisse la suivre 
dans l'histoire du gisement et des localités de ce minérj^l. 

Gisement. La plnite appartient sans aucun doute aux terrains 
cristallisés granitoïdes, tant à ceux qu'on regarde comme les 
plus anciens, qu'à ceux qu'on considère comme voisins de 
la formation des porphyres pyrogènes, et par conséquent 
d'une époque très-nouvelle en comparaison des autres. Elle 
y est toujours disséminée. 

Nous rapportons au premier la pinite d'Aue , prèsSchnée- 
berg en Saxe, dont nous avons décrit plus haut la manière 
d'être; celle du mont Saint -Michel en Cornouailles ; de la 
vallée de Chamouni, dans la chaîne du Brévent. 

En France , on en trouve dans le département du Calvados, à 
Saint-Honorine près Falaise, dans la carrière de la Bellièreprès 
Vire et dans les environs du Mans. — Aux environs de Limoges. 

Elle est d'un brun presque noir. 

En Amérique, à Haddam , dans le Conneclicut, dans une 
roche micacée en cristaux volumineux et très -réguliers? — 
Dans le New-Hampshire, à la surface d'une roche de granité 
( Cleaveland). — A Lancaster, dans le Massachuset, dans^du 
quarz et dans un granité porphyritique. 

Nous rapportons au second, c'est-à-dire à un granité por- 
phyroïde, qui est peut-être de la formation pyrogène cristal- 
line et granitoïde. 

La pinite d'Auvergne, près de Pongibaud, de Saint-Avit, 
de Saint- Pardoux , de Mauzat , sur la route de Clermont à 
Menât, et près de ce dernier lieu (Cocq.). Les granités por- 
phyroïdes de toute la chaîne du Mezin : ceux des dépar- 



64 PIN 

teineiisdela Haute-Loire et de Saône-et-Loire eu sont remplis. 

On Va observé dans Fargilophyre du pays de Salzbourg 
(De Moll). La pinite semble y tenir la place du mica; celle 
de Bengloe 5 Blair- Gowrie et Glentilt près d'Inverary , est 
dans un porphyre (Phil.). (B.) 

PINNA. (ConchjL) Nom latin du genre Pinne ou Jambon- 
neau. (De B.) 

PINNAKOLA. (Bot.) Voyez Peragu. (J.) 

PINNATIFIDA. {Bot.) Fronde gélatineuse, deux ou trois 
fois ailée; à rameaux obtus, offrant à l'extrémité les graines 
plongées dans la substance même de la plante. Stackhouse, 
en établissant ce genre dans la famille des algues , y ramène 
son j^c us pinnatijidus, qu'il divise en cinq espèces, nommées 
P. vulgaris , osmunda , angusta, tenuissima, cœspitosa. Mais 
cette division n'a pas été adoptée, ni même le genre Pinna- 
tijida; car le fucus pinnatifidus , qui lui sert de type, est une 
espèce du chondria d'Agardh , du gelidium de Lyngbye , du 
laurenlia de Lamouroux, etc. (Lem.) 

PINNATIPEDES ou PINNIPÈDES. {Ornith.) Ces noms ont 
été donné par divers ornithologistes , tantôt à un ordre, tantôt 
à une famille, renfermant les oiseaux d'eau, dont les doigts sont 
bordés d'une membrane lobée ou pinnée, servant pour la na- 
tation , tels que les foulques , les phalaropes , les grèbes. (Desm.) 

PINNAY. {Bot.) Voyez Ponna. (J.) 

PINNE, Pinna. {Malacoz.) Genre de malacozoaires acé- 
phales, lamellibranches, établi par Linné et adopté par tous 
les zoologistes suivans ^pour un certain nombre d'animaux 
mollusques, dont la forme de la coquille, en y ajoutant 
peut-être le byssus qui en sort, paroit avoir quelque res- 
semblance avec l'aigrette, penna, que les soldats romains 
portoient à leur casque. C'est de là qu'est venu le nom de 
pinne marine, que l'on donne souvent à ce genre de co- 
quilles. En France on les connoit encore plus souvent sous 
la dénomination de Jambonneaux. M. Poli a appelé ce genre, 
dans son Système de nomenclature , Chjmœra. Les caractères 
qui le distinguent , peuvent être exprimés ainsi : Corps trian- 
gulaire, alongé , assez épais, enveloppé dans un manteau, 
fermé en dessus, ouvert en dessous et surtout en arrière; 
ses bords épaissis formant quelquefois une sorte de large 



PIN 65 

tube , garni de cirrhes tentaculaires ; appendice abdominal 
flabelliforme , subsillonné, avec un byssus très-considérable 
à sa base; bouche pourvue de lèvres doubles, outre les deux 
paires d'appendices labiaux; un seul gros muscle adducteur 
subcentral évident. Coquille subcornée, fibreuse, cassante, 
régulière, longitudinale , triangulaire, pointue à sa partie 
antérieure, où est le sommet tout-à-fait droit, élargie et 
souvent comme tronquée et bâillante en arrière ; charnière 
dorsale, longitudinale, linéaire, édentule ; ligament marqué 
et occupant presque tout le bord dorsal; une seule impres- 
sion musculaire très- large en arrière, avec un indice de 
l'antérieure dans le somuiet de la coquille. 

D'après cette caractéristique, il est évident que ce genre 
est très-rap proche de celui des Moules, surtout les espèces 
dont la coquille n'est pas bâillante ; c'est ce qui est aisément 
confirmé par l'anatomie assez détaillée que Poli a donnée 
d'un genre de ces mollusques , dans son grand ouvrage sur les 
Testacés des Deux-Siciles. La seule ditierence un peu im- 
porlante tient à la grOvSseur et à la finesse du byssus, dont 
l'origine, la nature et la position, sont du reste les mtmes, 
ainsi qu'à la structure de la coquille, plus mince, moins 
calcaire , plus fibreuse ou moins lamellaire. Les mœiirs et 
les habitudes des pinnessont en effet assez semblablesà celles 
des moules. Elles vivent, à ce qu'il paroît , constamment 
fixées par leur byssus dans une position verticale, le sommet 
de la coquille en bas, et la base ou l'extrémité postérieure eu 
haut. Mais c'est surtout dans un fond sablonneux ou même 
vaseux qu'elles se placent ainsi en troupes considérables et eu 
attachant les filamens du byssus aux corps environnans, et 
même aux grains de sable, de manière à résister facilement 
aux mouvemens de la mer. Les anciens rapportent au sujet de 
ces animaux beaucoup de choses qui n'ont pas été confir- 
mées , et entre autres qu'ils ont beaucoup d'ennemis , 
dont la présence leur est indiquée par un petit crustacé 
qu'à cause de cela ils ont nommé pinnothère, et qui se met 
à couvert dans leur coquille. L'espèce la plus commune existe 
dans certains endroits de la Méditerranée, à la profondeur de 
cinq à six toises. Les habitansde la Sicile et de la Calabre les 
recherchent, noa-seuleraeut pour les manger, comme les 
41. 5 



66 PIN 

moules, mais aussi pour en retirer le byssus, dont on fait, en 
certains endroits, des étoffes remarquables par leur souplesse 
et leur chaleur. Les pêcheurs, pour se procurer ces pinnes, 
se servent d'une espèce de grand râteau de fer, appelé 
crampe, dont les dents sont longues d'un pied et le manche 
proportionnel à la profondeur de l'eau où se trouvent les 
coquillages; en tirant fortement le râteau, soit à force de 
bras, soit à l'aide du mouvement de la barque qui porte les 
pêcheurs, la pinne est arrachée, les filamens du byssus se 
rompant dans quelque point de leur longueur : il ne s'agit 
plus ensuite que de couper à leur origine ceux qui ont 
conservé une longueur assez grande et de les filer, quand 
ils ont été desséchés, pour pouvoir en former des tissus de 
différentes espèces, comme des gants, des bas, des bonnets 
et même des vêtemens plus considérables , tels que des ha- 
bits. Les filamens de ce byssus étant excessivement fins, 
d'une parfaite égalité de diamètre dans toute leur étendue, 
d'une très-grande force, et d'une couleur mordorée fort bril- 
lante et inaltérable , il résulte de leur emploi une étoffe 
extrêmement souple , liante, très-chaude , très-solide , et dont 
la couleur ne change jamais. Les anciens connoissoient déjà 
cette espèce d'étoffe, et les habitans de certains endroits de 
la Calabre et de la Sicile en font encore; mais sa grande 
cherté, résultant du grand nombre d'individus de pinnes 
marines qu'il faut pour confectionner une paire de gants , 
par exemple, a fait que ce n'est presque plus qu'un objet de 
curiosité, et que le nombre des familles qui se livrent à ce 
genre d'industrie, diminue tous les jours. Peut-être, comme 
cela a été proposé plusieurs fois, devroit-on, si l'on tenoit 
à conserver, et même à augmenter les produits de cette sin- 
gulière manufacture, essayer de parquer les pinnes, comme 
on parque les moules sur les côtes de l'Océan. En les pla- 
çant dans des circonstances favorables, on réussiroit sans 
doute à les multiplier prodigieusement , en même temps qu'on 
les cueilleroit à propos et quand elles auroient acquis la 
grosseur convenable. 

On trouve des pinnes dans toutes les mers des pays chauds, 
et jusque dans la Méditerranée. Une seule a été trouvée 
dans l'océan Britannique. 



PIN 67 

On a cru long-temps que les pinnes étoient plus communes 
à l'état fossile qu'elles ne le sont réellement, parce qu'on 
regardoit comme/appartenant à ce genre, les coquilles et 
les fragmens dont le tissu est fibreux au lieu d'être lamel- 
leux ; structure que M. Beudant a montré se trouver dans 
plusieurs autres genres , et qui pourroit provenir de l'état 
fossile. Les pinnigènes, les catilles, les inccérames , me pa- 
roisscnt être dans ce cas. 

Les espèces de ce genre sont au nombre de dix- huit selon 
Gmelin, et de quinze seulement suivant M. de Lamarck, et 
encore ce dernier en définit-il plusieurs nouvelles; mais, en 
général, elles sont assez incomplètement caractérisées. 

La P. ROUGE : P. rudis, Linn., Gmel., page 3563, n.° 15 
Chemn., Conch., 8, t. 88 , fig. yyS; Enc. méth. , pi. 199, 
fig. 3. Coquille très-grande (un pied et demi), oblongue ; 
six à huit sillons grossiers, épais, avec des écailles grandes, 
semi-tubuleuses; l'extrémité postérieure obliquement arron- 
die. Couleur rouge ferrugineuse. 
De l'océan Atlantiqjie et Américain. 

La P. COULEUR DE CHAIR : P. camca, Linn.; Gmel., page 
3365, n.° 7 ; la P. éventail, P. Jlabellum, de Laink., t. 6, i.'" 
part., page i3o; Knorr, Vergn., 2, t. 26, fig. 2; Enc. méth., 
pi. 199, fig. 4P Coquille fort rapprochée de la précédente, 
mais plus raccourcie, transparente, fort élargie postérieure- 
ment et subtronquée; sillons droits, à écailles petites ou mé- 
diocres , blanchâtres. Couleur d'un rouge ferrugineux. 
Océan Indien ? 

La P. demi- nue : P. seminuda , de Lamarck, loc. cit. , page 
i3i, n." 3; Chemn., Conçh. , 8, tab. 89, fig. 776. Coquille 
très-large et obliquement tronquée en arrière; sillons lon- 
gitudinaux, squamifères ; ceux du bord ventral un peu 
courbés et nus. Couleur d'un gris brun. 

M. de Lamarck regarde comme une variété de cette espèce 
la coquille figurée dans Gualtieri , t. 79, fig. D, qui est plus 
petite et très-rembrunie. 

La P. angustane; P. angustana, de Lamarck, loc, cit. , page 
i3i, n.° 4. Coquille étroite, cunéiforme, arquée oblique- 
ment à son bord postérieur, de manière à ce que le bord 
inférieur est plus long que le supérieur ; sillons grêJes, nus 



C8 PIN 

dans la moitié antérieure et avec des écailles voûtées, blanches 
dans le reste. Couleur brunâtre. 
Mer Méditerranée. 

La P. HÉRISSÉE : P. nohilis, Linn. , Gmel. , page 3364 , n.° 8 ; 
Chemn., Conch. , 8, tab. 8g, fig. 777; Enc. méth. , pi. 200, 
Cg. 1. Coquille à bord inférieur plus long que le supérieur, 
arrondie en arrière, très- hérissée ; sillons très-nombreux, 
couverts dans leur moitié supérieure d'éc.iilles assez petites, 
fréquentes, subtubuleuses, assez peu recourbées. Couleur 
grise. 

De l'océan Atlantique et Américain, suivant M. de La- 
ma rck , et en outre de la Méditerranée, selon Linné et 
Gmeiin. 

La P. ÉCAiLLEOSE : P. squamosa , Linn., Gmel., page 5565, 
n." 7; Chemn., Conclu, 8 , t. g5 , fig. 787 ; Enc. méth., pi. 
200, fig. 2. Coquille très-grande, de plus d'un pied de long, 
ovale à son extrémité postérieure ; sillons longitudinaux très- 
peu marqués, avec des écailles très-courtes, concaves, tron- 
quées, disposées par séries transverses, arquées. Couleur 
d'un gris rougeâtre. 

De l'océan Atlantique austral, suivant M. de Lamarck , et 
de la Méditerranée, d'après Gmeiin. 

La P. BULLEusE : P. lullata , Linn., Gmel., page 3367, "•" 
18; Gualt., Test., t. 79, fig. C ; la P. bordée, P. marginata, 
de Lamarck, loc. cit., page i32, n.° 7. Coquille mince, fra- 
gile, pellucide, comme bulleuse, sillonnée finement dans 
sa longueur, bordée, à son extrémité postérieure, d'écaillés 
épineuses sur quatre rangées transverses. Couleur blanchâtre. 
Patrie inconnue. 

La P. RARE-ÉPINE : P. muricata , Linn.; Gmel., page 5364, 
n." 4; Rumph., Mus., t. 46, fig. M. Coquille de taille mé- 
diocre, mince, pellucide, subtronquée en arrière, à côté 
antérieur mutique ; sillons longitudinaux rares, muriqués 
d'écaiiles petites, droites et subaiguës. Couleur fauve pâle. 
Océan des Antilles et Atlantique, d'après M. de Lamarck, 
et des Indes, suivant Linné. 

La P. PECTiNÉE : P. pectinata, Linn.; Gmel., page 5363, n.° 
2; Chemn., Conch., 8, tab. 87, fig. 770, 771. Coquille 
mince, pellucide, sillonnée longitudinalement surle côté du 



PIN 69 

bord droit, denticrilée par des écailles et avec de grosses 
rides transverses et courbées sur l'autre. Couleur de coruc. 

De l'Océan austral. 

M. de Lamarck regarde comme une première variété de 
cette espèce la coquille ligurée dans Gualtieri, t. 79, qui 
n'a pas de denticules sur le bord droit et qui provient de 
l'océan Atlantique , ainsi que des côtes d'Angleterre , et 
comme une seconde variété, une aiijrc coquille, qui est 
lisse. 

La P. ENFLÉE : P. saccata, Linn.; Gmel. , page 3365, n.° 8 ; 
Rumph., Mus., t. 46, fig. N, et Enc. méth., pi. 200, fig. /,. 
Coquille subirrégulière , mince, très - fragile , enflée, ru- 
gueuse par des sillons longitudinaux un peu ondes, mutique 
et rétrécie par un sinus au milieu du bord inférieur. Couleur 
de corne. 

De l'océan Indien. 

M. de Lamarck rapporte à cette espèce la P. vitrea, Linn. ; 
Gmel., page 53oo , n.° ii; Cheain. , Conch., 8, t. 87 , fig. 
772 , qui est hyaline, striée subonduleusement en longueur; 
ces stries croisant à angle droit d'autres stries transverses, 
rarement écailleuses au bord , et qui vient également de 
l'océan Indien. 

La P. vARiguECSE : P. varicosa, de Lamarck, loc. cil., page 
i33, n.° ] 1 ; Séba, Mus., 0, t. 92, les deux avant-dernières 
figures de côté. Coquille subpellucide , arrondie obliquement 
à l'extrémité postérieure; sillons longitudinaux, épais, on- 
des et variqueux. Couleur rougeàtre, avec une tache d'un 
brun noirâtre vers la partie antérieure de son côté inférieur. 

De l'ile de la Trinité. 

La P. EN HACHE : P.dolahrata, de Lamarck, loc. cit., p. 134, 
n." 12 ; P. hicolor ? Gmel. , page 3566, n.° j3; Chemn. , 
Conch., 8, t. go, fig- 780? Grande coquille à bord supérieur 
droit, subaigu, plus long que l'autre, arrondie très-oblique- 
ment en arrière ; sillons longitudinaux effacés ; écailles lamel- 
leuses, imbriquées dans sa moitié postérieure. 

Des mers australes ? 

La P. britannique; P. ingens, Maton., Act. soc. Linn., 8, 
page 112; P. lœvis, Donovàn , Brilish shells , pi. 162. Coquille 
fort grande, arrondie à son extrémité postérieure, sillonnée 



70 PIN 

longifudinalement dans la moitié inférieure de l'antérieure, 
avec des stries transverses recourbées au bord inférieur, dé- 
currentes dans des espèces de plis de l'autre. Couleur de 
corne , nuée de brun. 

De l'océan Britannique, ou mieux de la Manche. 

La P, PAVILLON : P. vexillum, Linn. ; Gmel. , page 3366, n." 
14: Chemn., Conch. , 8, t. gi, fig. 783. Coquille courte, 
îarge , rétuse en arrière, mutique, avec des sillons longitu- 
dinaux très-grêles et rudes dans la moitié inférieure de l'ex- 
frémité antérieure. Couleur enfumée d'un roux noirâtre. 

De l'océan Indien. 

La P. NOIRATRE : P. nigrina, de Lamarck , loc. cit., p. i34, 
n.° i5; P. rudis , Linn., Gmel. , var. ^. Coquille grande, 
Igrge, ovale- arrondie , presque noire en dehors, comme en 
dedans; stries longitudinales, subsquamifères ou à écailles 
sans saillies sériales, dont les antérieures sont plus larges et 
plus écartées. 

Océan des grandes Indes. 

Gmelin , outre les espèces que M. de Lamarck a admises, 
parle encore des suivantes : 

La P. arrondie; P. rotundata , Chemn., Conch., 8, t. 90 , 
fig. 79. Coquille oblongue, arrondie à son extrémité posté- 
rieure; sillons peu marqués, avec des écailles très-petites, 
concaves, aiguës et rares à la partie postérieure seulement. 
Couleur blanche. Cette espèce, qui atteint jusqu'à deux pieds 
de long et qui se trouve dans la Méditerranée, diffère-t-elle 
de la P. écailleuse ? 

La P. digitiforme; P. digitiformis , Linn.; Gmel., p. 5365 > 
n.° 9 ; Mus. Lud. TJlr. , 646 , n." 146. Coquille lisse , tubnleuse, 
digitifoFme ou oblongue, un peu recourbée, pellucide et 
membraneuse sur les bords. 

De l'océan Indien. Ne seroit-ce pas la P. saccata ? 

La P. lobée; p. lohata, Linn.; Gmel., page 3366 , n.° 10 ; 
Mus. Lud. Ulr., 647, n.° 147. Coquille membraneuse, nue, 
avec des stries longitudinales, partant d'un cordon, allant 
obliquement du sommet à*une échancrure qui se trouve sur 
le bord inférieur. Couleur jaunâtre, avec des stries pourprées. 

Océan Indien. Cette espèce diffère-t-elle de la P. enflée ? 

La P. courbe; P. incurva, Linn.; Gmel., page 5368, n." 12; 



PIN 71 

Chemn. , Conch., 8, t. go , fig. 778. Coquille étroite, alongée, 
nue, carénée, courbée vers la charnière, avec des stries on- 
dulées, verticales. Couleur de corne claire. 

De l'Océan Indien. 

La P. BICOLORE ; P. bicolor, Linn. ; Gmel., page 3566 , n." i3 j 
Chemn., Conch., 8, t. 90 , lig. 780. Coquille mince, alongée, 
un peu infléchie sur son bord , arrondie à son extrémité 
supérieure, avec quelques stries dans sa longueur, et d'autres 
arquées perpendiculaires en arriére. Couleur jaunâtre, ra- 
diée de brun noirâtre. 

De la mer Rouge. M. de Lamarck rapporte avec doute 
cette espèce à sa P. en hache. 

La P. BRÛLÉE : P. exusta, Linn.; Gmel., page 3366, n.° 14; 
Chemn., Conch., 8, t. 91 , fig. 782. Coquille peu bombée, 
avec des stries nombreuses, pour la plupart lisses, les autres 
avec des écailles épineuses, canaliculées. 

De l'océan Indien austral. 

La P. TAPYRACÉE ; P. papj'racca , Chemn., Conch., 8, t. g3 , 
fig. 786. Coquille très-mince, fragile, côtelée dans sa longueur, 
arrondie en arriére. Couleur de corne, avec une tache d'un 
brun violacé dans le milieu. 

Océan Indien. 

La P. SANGUINE : P. sanguineà , Linn. ; Gmel., page 3067 , 
n." 17; Gualt. , Test., t. 79, fig. B. Coquille peu bombée, 
un peu courbée, à stries verticales, rares et lisses. Couleur 
rouge. 

Patrie inconnue. (De B. ) 

PINNE. {Foss.) On trouve à l'état fossile des espèces de ce 
genre dans les couches antérieures à la craie, dans celles qui 
sont plus nouvelles que cette dernière, mais on n'en trouve 
pas dans les couches supérieures de la craie des environs de 
Paris, malgré l'analogie de contexture du têt des Inoceramus 
(si communs dans ces couches) avec celui de pinnes. 

PiNNE nacrée; Pinna margaritacea , Lamk. , Ann. du Mus. 
d'hist. nat. , tom. 9, pi. 17, fig. 8. Coquille étroite, couverte 
de stries longitudinales, et arrondie à son bord supérieur. 
M. de Lamarck a annoncé que cette espèce étoit blanche, et 
nacrée en dedans et en dehors; mais c'est une erreur. Son têt 
est composé de deux parties de contexture bien différentes: 



72 PIN 

celle qui est extérieure est brune, et les fibres en sont per- 
pendiculaires; l'autre placée au-dessous est nacrée, ainsi que 
l'intérieur de la coquille, et est composée de couches qui 
paroissent appliquées longitudinal enient : le dos des valves 
porte extérieurement une fente longitudinale. Longueur, 
trois pouces et demi. On trouve cette espèce dans la coucJie 
du calcaire grossier de Grignon , département de Seine-et-' 
Oise; mais on ne la rencontre jamais entière. 

On voit dans l'histoire naturelle de la montagne de Saint- 
Pierre de Maëstricht, par Faujas, pi. 22, fig. 1 et 5 , la figure 
de coquilles qui paroissent avoir beaucoup de rapports avec 
cette espèce. 

PiNNE SUBQUADFXVALVE : Pinua suhquadrivalvis , Lamk. , Anim. 
sans vert. , tom. 6 , p. 104, n.° iS ; an Pinna tetragona? Brocc. , 
Conch, foss. subap.; Knorr, Petrif., tab. 177, fig. 1? Sow., 
Min. conch. ^ tab. 3i3, fig. 1. Coquille droite, étroite, subté- 
tragone et portant une fissure longitudinale sur le dos des 
valves; elle a le têt nacré et feuilleté. On trouve cette espèce 
dans le Plaisantin; près de Mamers, sur la route d'Arlon à 
Luxembourg, et dans l'Ile de Wight en Angleterre. 

M. Brocchi, loc. cit., annonce que dans le Plaisantin on 
trouve a l'état fossile la pinna nobilis, Linn. , qui vit dans la 
Méditerranée, l'Adriatique et en Amérique. 

Pinna ajfinis , Sow, , loc. cit., même pi., fig. 2. Coquille 
cunéiforme, ventrue, droite, longitudinalement striée, 
épaissf. Longueur, cinq pouces; largeur, au bord supérieur, 
trois pouces et demi. Elle porte une fissure sur le dos de 
chaque valve. On trouve cette espèce à Bognor en Angleterre 
dans une couche qui, d'après les coquilles qu'elle renferme - 
doit dépendre du calcaire grossier. 

Pinna arcuata, Sow. . même pi., fig. 3. Coquille subéquila- 
térale , ventrue, arquée et agréablement striée. Longueur, 
un pouce et demi. On trouve cette pinne à Highgate près de 
Londres. 

Pinna granulata, Sow., loc. cit., pi. 5^7. Coquille large, 
subéquilatérale , convexe , légèrement striée , portant au 
centre de chaque valve une élévation longitudinale et à bord 
antérieur arrondi. Longueur, huit pouces; largeur, près de 
cinq pouces. On la trouve près de "VVeymouth. Nous croyons 



PIN 73 

que la coquille représentée a plus de rapports avec le genre 
Mjtilus ou genre Modiola, qu'avec le genre Pinna. 

Pinna lanceolata , Sow. , loc. cit., pi. 281. Coquille alon- 
gée, un peu courbée, portant des stries longitudinales et une 
fissure sur le dos de chaque valve. Longueur, huit pouces; 
largeur du bord antérieur , deux pouces deux lignes. On 
trouve cette espèce dans une couche ochracée près de Scar- 
borough en Angleterre. 

PiNNE striée; Pinna striala , Def. On trouve aux environs 
de Carentan, département de la Manche, dans une couche 
de vase grise pétrifiée, qui , d'après sa couleur paroît dépen- 
dre de celle à gryphées arquées, une espèce de grande pinne 
qu'on ne peut se procurer que par morceaux et à laquelle j'ai 
donné le nom de pinne striée, attendu qu'extérieurement 
elle est couverte de stries longitudinales écartées et peu sail- 
lantes. Elle est aplatie, et portoit une fissure au milieu de 
chaque valve. Certaines coquilles de cette espèce avoient plus 
d'un pied de longueur. 

On trouve dans le calcaire de Caen des morceaux de co- 
quilles bivalves dont la contexture, la forme et l'épaisseur 
sont analogues à celles des pinnes ; mais, quoique nous ayons 
beaucoup déraisons de croire qu'il en existe dans ce calcaire, 
nous ne pouvons l'assurer. 

Dans la couche coquillière des environs de Doué en Anjou^ 
on trouve une espèce de ce genre qui a six pouces de lon- 
gueur , mais nous n'avons pu en déterminer les caractères 
spécifiques. On rencontre des moules intérieurs du même 
genre dans les carrières de Sèvres, et il est probable qu'il en 
existe dans toutes les couches du calcaire grossier des environs 
de Paris. (D. F.) 

PINNIGENE. {Foss.) Saussure a donné ce nom à une assez 
grande coquille fossile, qui paroît voisine des huîtres par ses 
formes générales, mais dont le têt a la structure striée des 
pinnes. Cette coquille a fixé l'attention des géologues dans 
ces dgrniers temps, parce qu'elle peut servir à faire recon- 
noitre la formation jurassique, partout où on en rencontre 
des fragmens. (Desm.) 

PINNIPEDE. (Ornith.) Ce nom et celui de podoptère dé- 
signent, dans la Zoologie analytique de M. Duméril, des pieds 



74 PIN 

d'oiseaux dont les quatre doigts so.nt réunis dans une même 

membrane. ( Ch. D.) 

PINNIPÈDES. (Mamm.) Les phoques et les morses com- 
posent dans la méthode d'Illiger une petite famille sous le 
nom de pinnipèdes. (Desm.) 

PINNITE. (Foss.) C'est le nom que l'on donne aux pinnes 
fossiles. On l'a donné aussi, et mal à propos, aux morceaux 
d'Inoceramus et de Trichites que leur contexture soyeuse et 
analogue à celle des pinnes, avoit fait regarder comme dépen- 
dant de ce dernier genre. (D. F.) 

PINNOTHÈRE, Pinnotheres. ( Crust. ) Genre de petits 
crustacés décapodes brachyures, vivant dans les coquilles de 
moules, et que nous avons décrit à l'article Malacostracés , 
tome XXVllI, page 206. (Desm.) 

PINNOPHYLAX. (Crust.) Voyez la description du genre 
Pinnothère dans l'article Malacostracés. (Desm.) 

PINNOUX. (Bot.) Un des noms vulgaires , cités dans le 
Dictionnaire économique, du pied -de- lion , alchimilla vul- 
garis. (J.) 

PINNULAIRE. (Foss.) Les nageoires de poisson pétrifiées 
ont reçu ce nom des anciens oryctographes. (Desm.) 

PINNULE. (Bot.) Synonyme de foliole, feuille partielle 
de la feuille composée. (Mass.) 

PINO. (Bot.) Nom brésilien, suivant Pison, d'une espèce 
d'ortie, urtica œstuans. Le papayer, carica, est nommé pmo- 
guacu. (J.) 

PINOL. (Bot.) Dans la Nouvelle- Andalousie on nomme 
ainsi le cutcïis, jatropha curcas de Linnœus ; et son jatropha 
multifida est nommé pinnon ou tartara. 

Le même nom est donné dans le Chili à Vemlothriuni den- 
tatum, cité dans la Flore péruvienne. (J.) 

PINOLA. (Bot.) Voyez Granei.losa. (J. ) 

PINONCILLOS. (Bot.) Nom péruvien du curcas , jatropha 
curcas de Linnaeus , qui est dans la Flore du Pérou sous celui 
de castiglionicu On retire de cet arbre , par incision, u« suc 
jaunâtre, très -caustique. Ses graines sont purgatives. (J.) 

PINONIA. (Bot.) Genre de plantes de la famille des fou- 
gères, qui a des rapports avec le genre Folystichum. Il est 
caractérisé par sa fructification , située en dessous de la 



PIN 75 

fronde et presque sur les bords, disposée en amas ou sores, 
recouverts chacun par un indusium ou membrane semblable 
à une capsule à deux valves, dont l'extérieure est voûtée, 
adhérente et ressemble à une pochette, et l'intérieure libre 
et operculiforme. 

M. Gaudichaud , auteur de ce genre, n'y ramène qu'une 
espèce, le pinonia splendens , fougère qui se fait remarquer 
par une espèce de laine dorée, épaisse, qui recouvre son 
stipe et ses pétioles. Le stipe s'élève en manière de tronc 
d'arbre et se couronne de grandes frondes trois fois décou- 
pées ou ailées, à frondules linéaires, lancéolées, un peu 
pointues, munies d'oreillettes à leur base; les dernières dé- 
coupures sont oblongues, obtuses, crénelées et dentées à 
l'extrémité; le rachis , ainsi que les veines des frondes, sont 
garnies de la même laine dorée qui revêt le stipe. Cette 
belle fougère a été découverte par M. Gaudichaud dans les 
îles Sandwich ; elle est représentée planche 21 de la partie 
botanique du Voyage de découvertes de l'Uranie. Cette figure 
représente une seule fronde , qui pour la grandeur et la 
forme rappelle complètement le poljstichum jilix mas. 
' M. Gaudichaud a fait connoître en même temps que lé 
genre Pinonia , deux autres genres de la même famille ; 
savoir, le Schizoloma , qui sera mentionné à cet article, et 
VAdenopJiorus. 

L'Adenophorus est caractérisé, 1.° par les sores de forme 
arrondie, solitaires, presque terminaux, situés à l'extrémité 
des veines dilatées en manière de réceptacles; 2.° par les cap- 
sules, mélangées de glandes pédicellées; et 3." par l'absence 
de l'indusium. Il comprend trois espèces, qui se font re- 
marquer par leurs frondes une , deux ou trois fois ailées et 
couvertes de glandes en dessus comme en dessous. L'ade- 
nophorus tripinnatifida croît dans les îles Sandwich ; les ade- 
nophorus bipinnata et minuta n'ont point de patrie indiquée 
dans l'extrait du mémoire de M. Gaudichaud , publié dans 
les Annales des sciences naturelles, volume 3, page 5o8. 
(Lem.) 

PINOPHILE. (Entom.) Nom donné par Gravenhorst à un 
petit genre d'insectes coléoptères brachélytrcs , pour y com- 
prendre une espèce destaphylin de l'Amérique du noid, dont 



7<? Pirs^ 

les antennes sont insérées au-devant desyeux^ près de la hase 
des mandibules. (CD.) 

PlNPIiMCHY. {Bot.) Voyez Pi>upiNicHi et Bois laiteux. (J.) 
PIJNQUIN. (Ornilh.) Le nom du pingouin, alca, est ainsi 
écrit dans quelques ouvrages. ( Cii. D. ) 

PINSAR ou PIJNSART. {Ornilh. ) Nom languedocien du 
pinson commun, fringilla calehs , Linn. , que l'on appelle 
aussi Unson. (Ch. D.) 

PINSEUR. {Orniih.) C'est , selon M. Guillemeau , un nom vul- 
gaire du pinson commun dans quelques endroits du départe- 
ment des Deux-Sèvres. (Ch.D.) 

PINSONS ET VEUVES. {Omith.) C'est aux pinsons que 
M. Cnvier, dans son Règne animal, tom. i, pag. 386, a 
restreint la dénomination latine de Fringilla, étendue par 
Linné et Gmelin, aux nombreuses espèces de cette grande 
famille, sans même les distribuer en sections. 

On a exposé, dans plusieurs articles de ce Dictionnaire, 
et notamment au mot Linottes et Chardonnerets, t. XXVI, 
pag. 527, les raisons qui ont déterminé à adopter la plupart 
des divisions de notre célèbre professeur, quoiqu'elles ne 
fussent pas encore établies sur des bases bien précises, mais 
parce qu'elles fournissoient les moyens d'appliquer un nom 
particulier à des groupes séparés, dont les attributs carac- 
téristiques pourroicnt un jour être fortifiés par de nouvelles 
considérations. L'on n'hésite pas, en conséquence, à isoler 
les pinsons, quoique M. Cuvier n'indique pour eux, comme 
signes distinctifs, qu'un bec un peu moins arqué que celui 
des moineaux, et un peu plus fort et plus long que celui 
des linottes; mais il falloit en même temps preridre un parti 
pour les Veui'es, et le prolongement excessif de quelques 
plumes de la queue pouvant d'autant moins être regardé 
comme propre à servir de caractère générique, qu'il n'existe 
que temporairement et chez les mâles seuls, on a cru de- 
voir décrire ces oiseaux à la suite des pinsons, avec lesquels 
ils ont beaucoup d'analogie, et se borner à en former, quant 
a présent, une section, sans employer pour eux le nom de 
Vidiia. En suivant ainsi, à leur égard, la même marche que 
M. Vieillot, on observera avec lui, que la pointe du bec, 
sans compression, est un peu aiguë chez ces divers oiseaux. 



PIN 11 

On ne sait sur quel fondement Linné«et Gmelin ont associé 
les veuves aux brans, dont elles n'ont pas les caractères, et 
d'un autre côté, c'est à une méprise qu'elles ont dû leur 
nom , puisqu'elles étoient originairement appelées oiseaux de 
Wida ou Juida, royaume d'Afrique, où on les trouve en 
grand nombre, et que ce nom aura sans doute été confondu 
par les étrangers, avec un terme à peu prés semblable (wi- 
dow) qui signifie veuve en langue portugaise. 

1.'* Section. 

Pinsons. 

Pinson commun : Fringilla ccelehs , Linn.; planches enlumi- 
nées de Buffon , n.° 64, fig. 1; de Lewin, Oiseaux de la 
Grande-Bretagne, tom. 3, pi. 70; de George Graves, fd. , 
tom. I, pi. 17; de Wolf, Oiseaux de Franconie, pi. 04. 
Cet oiseau qu'on trouve dans presque toutes les contrées de 
l'Europe, a six pouces trois ou quatre lignes de longueur, 
et il est un peu plus petit que le moineau ordinaire; son 
front est noir; le dessus, le derrière de la tête et les côtés 
du cou sont d'un cendré bleuâtre; le haut du dos est d'un 
brun marron, et le bas ainsi que le croupion est olivâtre; 
les joues , la gorge , le devant du cou , la poitrine et le 
ventre sont de couleur vineuse; on voit sur les petites cou- 
vertures des ailes, une grande tache blanche et une bande 
transversale de la même couleur sur les grandes; les rémiges 
sont noires et bordées de jaunâtre ; la queue de la même cou- 
leur, est un peu fourchue; une raie blanche s'étend oblique- 
ment sur le bord extérieur des pennes latérales, et il y a aussi 
une tache blanche sur le côté interne des plus proches ; les 
plumes anales sont blanchâtres; le bec est bleuâtre; l'iris de 
couleur noisette, et les pieds sont bruns. La femelle, dont la 
taille est un peu plus petite, est d'un cendré brun, avec des 
nuances olivâtres sur le dessus du corps, et d'un cendré blan- 
châtre sur les joues et les parties inférieures; les bandes sur 
l'aile sont d'un blanc moins clair, et la bande supérieure est 
moins large; le bec, d'un gris blanc en hiver, est d'un gris 
brun au printemps. Cette espèce éprouve des variations; 
tantôt elle est d'ua blanc pur, tantôt d'un blanc jaunâtre; 



78 PIN 

quelquefois elle est «blanche autour du cou. sur les ailes. 
sur la queue, ou sur quelques autres parties du corps. 

Montbeillard ne croit pas que le mot pinson soit dérivé 
de son habitude de pincer jusqu'aux sang les personnes qui 
le tiennent ou veulent le prendre , cette habitude étant 
commune à beaucoup d'autres espèces; mais il pense avec 
Frisch, que ce mot est plutôt tiré de pincio , latinisé du nom 
allemand pinch , très-ressemblant au cri de l'oiseau. Quoique 
l'on voie des pinsons pendant tout l'hiver, des personnes 
soutiennent qu'une partie de ces oiseaux se retire pendant 
cette saison, et que l'espèce est à demi sédentaire et à demi 
voyageuse, surtout dans les contrées septentrionales; ce qui, 
au surplus, ne seroit p;is aussi extraordinaire que la supposi- 
tion , qu'il y auroit à cette époque une séparation partielle des 
sexes, et qu'un assez grand nombre de femelles se rendroient 
seules dans des pays plus chauds, supposition qui peut pro- 
venir de ce que les mâles perdent en hiver les couleurs qui 
les distinguent. 

Ces oiseaux sont presque toujours en mouvement et an- 
noncent des mœurs gaies. Ils vivent habituellement dans les 
l)ois, les vergers, et ils s'approchent en tout temps des lieux 
habités. En hiver surtout et à la campagne, on les voit dans 
les cours, prendre leur part du grain qu'on distribue aux 
animaux domestiques, ou qui se perd dans les fumiers ; ils 
s'iiabituent aussi très-facilement à ramasstr les miettes qu'on 
leur jette, et deviennent même plus familiers que le moineau 
domestique. Ils marchent sans sautiller et s'avancent avec 
agrément en portant la tête haute, et relevant 1; s plumes 
qui la couvrent en forme de huppe. Dès les premiers jours 
du mois de Mars, ils se dispersent dans les jardins, et pré- 
ludent à leur chant ordinaire, composé, suivant Frisch, de 
sept notes différentes en descendant , et d'une finale de deux 
autres notes. Outre ce chant, le mâle répète fréquemment 
dans les temps pluvieux , un accent plaintif, indépendant 
des cris assez aigus que les deux sexes font entendre m au- 
tomne. Dans la belle saison ils vivent plus commune. nent de 
petites graines, comme celles de l'épine blanche, du pavot, 
du millet, de la navette, du chenevis; ils piquent aussi les 
jeunes pousses, la salade, la moutarde, etc. 



PIN 79 

A l'époque de l'accouplement, les mâles se disputent les 
femelles en se livrant àdeviolens combats. Quand ces oiseaux 
sont appariés, ils pratiquent sur des arbres ou arbustes, et 
de préférence sur des arbres fruitiers, dans les vergers et les 
jardins, un nid composé extérieurement de mousse de lichen, 
de petites racines, et intérieurement, de laine, de crin et 
de plantes liées ensemble avec des toiles d'araignées. On 
prétend que la femelle seule travaille à la construction de 
ce nid, qui est un des plus jolis de nos contrées, et qui, 
grâce à sa couleur et à l'art avec lequel il est appliqué 
contre les branches, est souvent très-ditïicile à apercevoir. 
Lewin indique un buisson d'épine blanche comme le lieu 
que choisit à cet effet le pinson, mais Ce ne pourroit être 
qu'à défaut d'endroits plus convenables. Au reste , la femelle 
y pond quatre ou cinq œufs, d'un b!eu foible et rougeàtre, 
avec quelques taches d'un brun coubur de café, qui sont 
figurés dans Lewin, pi. 18, n.° 2. Après quinze jours d'in- 
cubation, les petits naissent couverts de duvet, et ils sont 
d'abord nourris d'insectes et de chenilles par les père et 
mère, qui y joignent ensuite de petites graines d'herbes. 

Lorsqu'on veut élever des petits, il est convenable de les 
prendre dans le nid, car lorsqu'ils sont pris adultes, on les 
habitue difficilement à la captivité; souvent ils se laissent 
mourir de faim. Leur nourriture doit d'ailleurs être la même 
que celle des serins. C'est une quinzaine de jours seulement 
après qu'ils mangent seuls, qu'on les entend commencer à 
gazouiller et qu'on est à portée de distinguer les mâles. A 
cette époque on leur donne du millet, du panis, un peu de 
chenevis, et on renouvelle fréquemment l'eau de leur bai- 
gnoire. 

Comme on a remarqué que ces oiseaux ne chantoienf jamais 
mieux que lorsqu'ils avoient perdu la vue, on a imaginé de 
les en priver en réunissant la paupière inférieure à la supé- 
rieure par une cicatrice qu'on fait aux bords de ces pau- 
pières avec un fil de métal, rougi au feu. Avant celte opé- 
ration, on les accoutume à prendre leur nourriture dans 
l'obscurité. 

Les pinsons se prennent à la pipée, aux raquettes, au 
trébuchet et avec les filets employés pour les alouettes. C'est 



8o pi^ 

a l'époque où ces oiseaux volent en troupes nombreuses^ et 
dans un temps calme, qu'on tend ce filet dans les environs 
des vignes, et, s'il est possible, près d'une charmille : on 
place deux appeaux dans l'intervalle des deux nappes. Il y a 
aussi un filet nommé pinsotinicre, qui consiste en un grand 
hallier, ou toile d'araignée, haut d'environ quatre pieds, 
qu'on tend ordinairement entre deux rangs de vignes. 

La durée de la vie des pinsons est de sept à huit ans; leur 
chair n'est pas bonne à manger. 

Pinson d Ardennes ou des montagnes ; Fringilla montifrin- 
gilla, Linn. Le mâle est représenté dans les planches enlu- 
minées de Buffon, n.° 54, fig. 2 ; dans Lewin , tom. 3, pi. 74 ; 
dans Donovan , tom. 4, pi. 85, et les deux sexes sont figurés 
dans l'Ornithologie allemande de Borkhausen , 8." cahier. 
Le mâle de cet oiseau, un peu plus gros que le pinson or-' 
dlnaire, est long de six pouces cinq à six lignes; la tête, 
le dessus, les côtés du cou et le haut du dos sont couverts 
de plumes noires avec une bordure roussàtre qui disparoit 
dans le temps des amours; la gorge, le devant du cou et 
le haut de la poitrine sont d'un roux orangé; le bas de 
la poitrine, les parties inférieures et le croupion sont blancs; 
les petites couvertures du dessus de Taiie sont d"un roux 
clair qui forme une assez grande tache, et qui teint aussi 
rextrémité des grandes; les pennes alaires sont brunes et 
bordées de vert en dehors; la queue est noire; le btc noi- 
râtre, et les pieds sont d'un brun olivâtre. La femelle a le 
sommet de la tête d'un roux grisâtre; une bande noirâtre 
lui passe au-dessus des yeux; les joues et le haut du cou 
sont d'un gris cendré ; le devant du cou et la poitrine 
sont d'un roux pâle : le dessus du dos est d'un brun cendré, 
et les ailes et la queue sont d'un brun noir. Comme le plu- 
mage de cette femelle éprouve des variations, Gmelin, La- 
tham et Retzius en ont fait, dans cet état, leur Fringilla 
lulensis. 

Ces oiseaux ne sont que de passage en France, et ils n'y 
nichent pas: on ne les y voit mêuie, en plus ou moins grand 
nombre, que dans le fort de l'hiver, et alors ils se mêlent 
aux pinsons ordinaires; mais après les grands froids, ils se 
retirent clans les contrées du Nord, ce qui donne lieu de 



PIN 81 

penser que l'Allemagne ou les pays montueiix plus septen- 
trionaux, sont les lieux où ils se propagent. Il paroît que, 
dans le Luxembourg , ils construisent vers la fin d'Avril , sut 
les pins et les sapins , avec la mousse de ces arbres, leur nid , 
qu'ils garnissent en dedans de crin, de laine et de plumes, 
et dans lequel la femelle pond quatre à cinq œufs jaunâtres 
et tachetés. 

Les pinsons d'Ardennes qui, suivant Olina, vivent quatre 
à cinq ans, sont nourris en cage, de panis, de faine, de che- 
nevis; mais, comme en liberté ils sont trés-avides de graines 
de genêt, cette nourriture donne presque toujours beaucoup 
d'amertume à leur chair. 

L'histoire du pinson d'Ardennes est suivie dans Buffon , 
de celle du Grand montain, Fringilla laponica, Linn. Mais 
cet oiseau a été placé par M. Vieillot, parmi ses Passerines , 
et c'est aussi avec elles qu'on en trouvera la description dans 
ce Dictionnaire, tom. XXXVIII, pag. 40. 

Pinson de neige ou Niveroli.e : Fringilla ni walis , Linn., et 
F. australis, Lath. La longueur totale de cet oiseau est de 
sept pouces; il est d'un brun maillé de plus clair sur le 
corps et blanc en dessous; la tête est cendrée; les couver- 
tures des ailes et presque toutes les pennes secondaires sont 
blanches. Toutes les pennes latérales de la queue sont ter- 
minées par du noir; les deux pennes du milieu, et les ré- 
miges sont noires; les pieds le sont aussi en hiver, et alors 
le bec est jaunâtre, mais en été, le bec est noir et les 
pieds sont bruns. M. Temminck regarde l'oiseau indiqué par 
M. Koch , dans sa Zoologie de Bavière, sous le nom de Frin,'^ 
gilla saxatilis, comme n'étant autre qu'un individu du pin- 
son de neige en hiver. 

Ce pinson, qui habite les Alpes suisses, celles du Nord et 
les Pyrénées, est de passage dans d'autres pays de monta- 
gnes , mais on le voit bien rarement dans les plaines. U 
niche, dit M. Temminck, dans les crevasses des rochers, où 
il pond de trois à cinq œufs d'un vert clair , parsemés de taches 
irrégulières et de points cendrés, et il vit des semences du 
pin et du sapin, auxquelles le naturaliste qu'on vient de citée 
ajoute des plantes aquatiques et toutes sortes d'insectes. 
Pinson grivelb, Fringilla iliaca. Gmelin, a décrit d'après 
41. fi 



B2 PIK 

Merrem , cet oiseau des États-Unis parmi les fringilles, ea 
lui attribuant la grosseur d'un étourneau et neuf pouces de 
longueur; mais Sonnini , dans Butfon , ne lui donne que 
six pouces et demi. Cet auteur , vu la ressemblance de 
l'oiseau dont il s'agit avec la grive-mauvis , tardas iliacus, 
Linn., pense que c'est la cause pour laquelle on lui a appli- 
qué l'épithète iliaca, et il lui trouve, en effet, plus de rap- 
ports avec les grives qu'avec les fringilles. M. Vieillot, de 
son côté, en le rangeant avec les pinsons, lui a donné en 
français, une épithéte qui rappelle ces rapports. Quoi qu'il 
en soit, il a le dessus du corps d'un gris brun, avec des 
taches plus foncées sur le dos et prenant un ton rougeâtre 
sur les couvertures supérieures des ailes, dont les moyennes 
et les grandes sont bordées de blanc sale. Tout le dessous du 
corps est blanc, à l'exception d'une tache brune au milieu 
de la poitrine, et d'autres plus petites sur les côtés; le bec 
est brun en dessus et de couleur de corne en dessous : les 
pieds sont d'un brun jaunâtre. 

Cet oiseau, qui fréquente les taillis, se cache le plus sou- 
vent dans les buissons aux endroits incultes et aquatiques. Le 
nom qui lui est donné à la baie d'Hudson , signifie moineau 
de marais, et on l'appelle moineau des déserts dans la Géor- 
gie, où il passe l'hiver. 

Le Paroare, Loxia dominieana, Lath.; et le Paroark huppé, 
Loxia cucullata, id., pi. 69 et 70 des Oiseaux chanteurs, 
sont rangés définitivement par M. Vieillot , avec les fringilles , 
dans la section des pinsons, et il paroît avoir été fondé à les 
y placer; mais ils ont été décrits avec les gros-becs dans 
ce Dictionnaire, tom. XIX, pag. 488. 

Pinson be Ténériffe, Fringilla canariensis, Vieill. Cet oi- 
seau, trouvé dans l'île de Ténériffe par le naturaliste Maugé, 
est de la taille du pinson ordinaire. La tête , les ailes et la queue 
sont noirs; le dessus du corps est d'un brun noirâtre, avec 
des liserés blancs aux couvertures des ailes; les parties infé- 
rieures sont d'un roux clair; le bec est noir et les pieds sont 
de couleur de chair. 

Pinson a gorge blanche; Fringilla pensjlvanica, Lath. Cette 
espèce, qui se trouve aux États-Unis, au Canada et à Terre- 
Meuve, est en double emploi dans Gmelin, sous les noms de 



PIN '85 

fringilla alhicollis et fringilla striata. Sa faille est de cinq 
pouces six à huit lignes. Le dessus du corps est d'un brun 
roux avec des taches noires sur le dos; la gorge est blanche; 
les joues, le devant du cou et la poitrine sont d'un gris 
cendré, qui devient roux sur les côtés; les pennes des ailes 
et de la queue sont brunes; le bec, brun en dessus, est 
d'une nuance plus claire en dessous, et les pieds sont jau- 
nâtres. La femelle a des couleurs plus ternes. 

Pinson dit la Cardeline; Fringilla erythrocephala , Lath., 
Oiseaux chanteurs de la zone torride, pi. 28. Cette espèce, 
de risle-de-France, a quatre pouces trois à quatre lignes de 
longueur; la tête, la gorge, le croupion et les couvertures 
supérieures de la queue d'un rouge vif; le cou et le dos 
bruns; la poitrine et les parties inférieures olivâtres; le bec 
noir, et les pieds d'un gris rougeàtre. La femelle, dont le 
bec, brun en dessus est d'une nuance plus claire en dessous, 
a la fête, la gorge, le devant du cou et les couvertures de 
la queue verdâtres. 

Pinson worabée; Fringilla ahyssinica, Lath. Cette espèce 
qui se trouve en Abyssinie et au Sénégal , est figurée dans 
les Oiseaux chanteurs de M. Vieillot, pi. 28. Elle subit deux 
mues chaque année et sa couleur varie. Après la première, 
les joues, la nuque, la gorge, le bas de la poitrine et le 
haut du ventre sont d'un noir velouté; les ailes et la queue 
sont brunes, et le reste du plumage est de couleur jonquille. 
Après la deuxième, son corps est parsemé de taches brunes 
et grises de forme alongée. Cet oiseau a beaucoup de rap- 
port avec le loxia afra des Illustrations de Brown. 

Pinson frisé; Fringilla crispa, Lath. Cet oiseau, pliis petit 
que le pinson commun , et qui a été ainsi nommé parce 
que plusieurs des plumes du ventre et du dos sont frisées, 
a été apporté du Portugal en France, et l'on ignore s'il est 
d'Angola ou du Brésil. La tête et le cou sont noirs ; les 
parties supérieures et les pennes alaires et caudales sont 
d'un brun olivâtre; les parties inférieures sont jaunes; le 
bec est blanc et les pieds sont bruns. 

Pinson de ta Chine ou Olivette; Fringilla sinica, Linn. 
Cet oiseau de la Chine est long de cinq pouces. Le dessus 
de la tête et du corps est d'un brun olivâtre , avec une 



84 PIN 

teinte rousse sur le dos, le croupion et les couvertures des 
ailes les plus proches du corps; les joues, la gorge, et le 
devant du cou sont d'un vert d'olive; la queue est noire, 
bordée de jaune et terminée de blanchâtre; la poitrine et 
le ventre sont d'un roux jaunâtre. 

Pinson a double collier; Fringilla indica, Gmel. Cette es- 
pèce, dont la taille est la même que celle de la précédente , 
se trouve dans l'Inde. Elle a un collier noir par devant et 
un blanc par derrière; la tête est noire; la gorge est blanche; 
le dessus du corps est d'un cendré brun et le dessous rous- 
sâtre. 

Les ornithologistes font encore mention d'autres pinsons j 
mais l'un, comme le Pinson brun, Fringilla Jlavirostris , 
Linn., ne paroît pas une espèce bien constante; un autre, 
le Pinson jaune et rouge de l'île Saint -Eustache, Fringilla 
Eustachii, Gmel. , n'est décrit que d'après Séba ; un troisième, 
le Pinson a long bec, Fringilla longirostris , Lath. , paroît à 
M. Vieillot de la même espèce que sa passerine à tête 
noire , et ces oiseaux étrangers n'ont d'ailleurs rien de re- 
marquable. 

2.* Section. 
preuves. 

Ces oiseaux qui appartiennent, comme les moineaux et les 
pinsons, à la famille des fringilles, ont plus d'analogie avec 
les derniers par la forme du bec, et Edwards trouve que le 
chant est un motif de plus pour les rapprocher des pinsons, 
puisque la caducité des longues plumes qui ornent la queue 
des mâles, ne présente pas une partic.ularité suffisante pour 
motiver leur isolement absolu. I^ nature de ces plumes est 
même encore aujourd'hui un objet de discussion. En effet, 
tandis que Mauduyt, Gueneau de Montbeillard et M. Cuvier 
les regardent comme faisant partie des couvertures supé- 
rieures de la queue, M. Vieillot, considérant avec Brisson . 
que le nombre des pennes caudales des veuves est de douze 
chez toutes les espèces, soutient qu'à l'exception d'une seule, 
la veuve à épaulettes, où les six longues plumes caduques 
sont indépendantes de ce nombre, il n'est complet qu'en les 
y comprenant. Les phrases descriptives de Linné, de Gme- 



PIN 85 

lin, de Latham, viennent à l'appui de cette assertion, puis- 
qu'elles qualifient de rectrices les quatre pennes qui tombent 
chaque année aux veuves à collier d'or, à quatre brins, 
dominicaine, en feu, et les deux que perd également la 
veuve à deux brins. Il est vrai que les plumes caduques ne 
sont pas implantées au même rang que les autres pennes, et 
qu'en général elles sont supérieures; mais elles n'en occupent 
pas moins le centre, et sans elles la queue seroit incomplète 
chez les mâles lorsqu'ils sont sous leur plumage parfait. En- 
fin M. Vieillot articule précisément que les quatre grandes 
plumes sont les pennes intermédiaires de la queue et non pas quel- 
ques couvertures supérieures, et que ces pennes ne diffèrent 
aucunement des huit autres, quand les mâles portent la li- 
vrée des femelles. Il ajoute que chez la veuve à deux brins, 
qui n'a que deux de ces longues plumes intermédiaires , .le 
nombre des pennes courtes et latérales est de dix. 

Quelque opinion qu'on embrasse sur la nature des plumes 
caduques, un fait non contesté est que ces plumes varient, 
dans les différentes espèces, par leur forme, leur nombre, 
leur structure et leur disposition. 

Les veuves mâles et femelles éprouvent annuellement deux 
mues, dont l'une a lieu au printemps, et l'autre cà l'automne; 
et après la dernière, on ne remarque presque pas de diffé- 
rence entre les sexes. Ces mues ne produisent en général au- 
cun changement apparent sur les femelles; mais Mauduyt, 
qui, pendant neuf ou dix ans, en a conservé chez lui une de 
l'espèce de la veuve au collier d'or, a observé que plus elle 
vieillissoit , plus son plumage ressembloit à celui du mâle 
en été, sans toutefois offrir Jamais les longues plumes de la 
queue. 

Toutes les espèces de veuves se trouvent en Afrique, mais 
on en a vu aussi en Asie, et jusqu'aux îles Philippines. 

Selon quelques voyageurs , le nid des veuves , construit avec 
du coton, auroit deux étages, dont le mâle habiteroit le su- 
périeur, tandis que la femelle couveroit au-dessous; mais 
ils ne disent pas si cette observation a été faite sur une ou 
plusieurs espèces. 

Veuve au collier d'or : Fringilla paradisea, V ieiïl. ; Emhe- 
riza paradisea , Linn. et Lath., pi. enl. de Buffon, n." 194 ; 



86 PI]V 

sous l^ nom de grande veuve d'Angola, et pi. 07 et 3 S des 
Oiseaux chanteurs, les deux sexes. Cet oiseau dont la taille 
est à peu près celle du friquet, a cinq pouces et demi de 
longueur, et ses ailes pliées, s'étendent à environ un pouce 
au-delà de l'origine de la queue. Son plumage étant sujet à 
beaucoup de variations à raison de la double mue, il y a 
peu d'uniformité dans les descriptions qu'en ont données les 
divers auteurs. Le màle, en été, a la tête, la gorge, le de- 
vant du cou , le dos, les ailes et la queue noirs; le cou est 
ceint, par derrière, d'un demi -collier assez large, d'un 
jaune doré; la poitrine est orangée; le ventre et les cuisses 
sont blancs; le bas -ventre et les couvertures du dessous de 
la queue sont noirâtres; cette queue, composée de douze pennes 
à peu près égales^ est, suivant Gueneau de Montbeillard, re- 
couverte par quatre longues plumes qui naissent aussi du crou- 
pion , mais un peu plus haut, et ont leur plan dans une situa- 
tion verticale ; ces plumes, dirigées en bas, tombent à la pre- 
mière mue, qui a lieu au commencement de Novembre. Les 
deux plus longues ont environ treize pouces , elles sont noires 
et semblent moirées; les deux plus courtes sont renfermées 
entre les deux plus longues; elles ont davantage de largeur 
et se terminent par un filet délié comme un brin de soie. 

Après la première mue , le plumage de l'oiseau change 
entièrement et devient semblable à celui du pinson d'Ar- 
dennes. C'est dans ce nouvel état qu'il est peint sur la même 
planche de Bufibn, n.° 2; il a alors la tête variée de blanc et 
de noir; la poitrine, le dos, les couvertures supérieures des 
ailes d'un orangé terne, moucheté de noirâtre; les pennes 
alaires et caudales d'un brun très-foncé; le ventre et le reste 
du corps blancs. Les yeux sont toujours de couleur marron, 
le bec de couleur plombée, et les pieds de couleur de chair. 
Les jeunes femelles sont pendant environ trois ans de la 
même couleur que les mâles en mue, et, devenant après ce 
temps d'un brun noirâtre, elles conservent en général cette, 
teinte. 

Cette espèce est fort commune dans le royaume d'Angola; 
on en a reçu aussi de Mozambique. Selon M. Vieillot, il y 
a deux races dans cette espèce, et il les a eu toutes deux 
vivantes; la petite venoit du Sénégal. Le ramage du mâle, 



PIN 87 

que Mauduyt dit être agréable, a paru un peu aigre à M. 
Vieillot. Le mâle commence à chanter à l'époque où les 
grandes plumes de la queue poussent, et il devient muet 
quand elles tombent. Ces oiseaux sont d'un naturel gai et 
familier, et on les nourrit avec du millet, de l'alpiste, du 
mouron, de la chicorée et autres plantes rafraîchissantes. On 
n'a encore pu les faire couver en France, mais peut-être les 
serres dans lesquelles on les tenoit n'étoient pas assez chaudes. 
On a lieu de penser toutefois que vingt à vingt-cinq degrés 
leur suffiroient. 

Veuve a quatre brins : Fringilla regia , Vieill. ; Emheriza ré- 
gla, Linn. et Lath. ; pi. enl. de BufFon, n.*" 8 , fig. 1 , pi. 34 
et 35 des Oiseaux chanteurs. Cette veuve, qui est la queue- 
en-soie des oiseleurs, est un peu plus petite que le serin, et sa 
longueur totale est de douze à treize pouces. La tête , le dos , les 
ailes et la queue sont noirs ; le derrière de la tête, les joues, 
Ja gorge, le devant et le derrière du cou, la poitrine et les 
parties inférieures sont d'une teinte aurore; la queue est com- 
posée de douze pennes dont les quatre intermédiaires ont 
près de dix pouces de long, et dont les tiges sont dénuées 
de barbes jusqu'à environ deux pouces de l'extrémité, qui 
en est garnie; le bec et les pieds sont rouges. Quand l'oiseau 
est en mue, la couleur aurore devient un roux terne, et tout 
le plumage est v 'ié de gris et de brun par taches longitu- 
dinales. 

Ces oiseaux , vifs et gais , habitent les côtes d'Afrique ; ils ont 
un chant mélodieux, une forme élégante et réunissent tout 
ce qui peut plaire; mais il est difficile de les faire multi- 
plier en France, où ils exigent une température d'environ 
vingt-cinq degrés de chaleur, et où il conviendroit que leur 
volière, en forme de serre, fut plantée d'arbres toujours 
verts. Les mâles paroissent assez disposés à s'apparier, mais 
les femelles se refusent à leurs agaceries. 

Veuve dominicaine : Fringilla serena, Vieill.; Emheriza se- 
rena, Linn. et Lath. ; pi. enl. de Buffon, n.° 8, fig. 2, et pi. 
36 des' Oiseaux chanteurs. Le nom qu'on a donné à cette 
veuve est motivé sur la couleur noire et blanche de son plu- 
mage. La figure de Buffon pourroit faire croire qu'elle n'a 
que deux plumes longues à la queue, mais l'erreur vient de 



88 PI]V 

ce qu'on n'avoît pas remarqué que chacune de ces plume» 
en emboîtoit une autre, depuis son origine, et que la plume 
inférieure de chaque paire dépassoit la supérieure de plus 
d'un pouce, comme cela est rendu sensible dans la figure 
de M. Vieillot, peinte après les avoir séparées. C'est aussi 
parce que l'individu qui a servi de modèle pour les planches 
enluminées, étoit un jeune qui n'avoit pas encore acquis 
toutes ses dimensions, que les plumes caduques sont suppo- 
sées plus courtes chez cette espèce; car elles sont, en général, 
d'une longueur à peu près égale à celle des autres espèces. 
Ces plumes sont noires, et la même couleur règne sur la 
tête, le haut du dos, les pennes alaires et une partie des 
petites pennes caudales. La gorge, un demi- collier sur le 
derrière du cou, les petites et les moyennes couvertures des 
ailes et toutes les parties inférieures sont blancs; le bec est 
rouge et les pieds sont bruns. 

Il paroît que cette espèce est la même que la Grande veuve , 
Emheriza vidua, Linn., et la Veuve mouchetée, Emberiza prin- 
cipalis, id., dont Edwards a donné la figure, pi. 270 de ses 
Glanures. 

La femelle a le dessus de la tête et du cou, le dos et une 
partie des couvertures des ailes variés de roux et de noirâtre ; 
on voit une bande transversale blanche sur les ailes; la gorge 
et le devant du corps sont d'un blanc sale; les pennes cau- 
dales, frangées de roux en dehors, sont noires dans le mi- 
lieu. 

Ces oiseaux habitent sur la côte d'Afrique , depuis le 
royaume d'Angole jusqu'au cap de Bonne - Espérance , mais 
il n'en vient point du Sénégal. 

Veuve a épaulettes : FringiUa longicauda, Vieill. ; pi. enl. 
de Buffon , n.° 635, et pi. 39 et 40 des Oiseaux chanteurs. 
Cet oiseau a dix-neuf à vingt pouces de longueur du bout 
du bec à l'extrémité des six plumes formant sa fausse queue , 
et qui sont indépendantes des douze pennes caudales, bien 
plus courtes ; sa grosseur est à peu près celle du gros-bec. 
Tout le plumage est noir, à l'exception des petites couver- 
tures des ailes, qui sont d'un beau rouge, et des moyennes, 
qui sont d'un blanc pur, et forment des sortes d"épaulettes. 
Le bec est noir et les pieds sont bruns. Après les six mois 



PIN 89 

pendant lesquels le mâle porte ces ornemens, sa queue n'est 
plus composée que des douze pennes inférieures; les plumes 
de la tête, d'un brun noirâtre à leur centre, sont d'un blanc 
roussàtre sur les côtés, et il en est de même des parties su- 
périeures du corps; les couvertures des ailes et les pennes 
alaires et caudales sont brunes; toutes les parties inférieures 
ont des taches brunes longitudinales, sur un fond d'un blanc 
sale; le bec est de couleur de corne, et les pieds sont jau- 
nâtres. 

Levaillant est entré au sujet de cet oiseau (second Voyage 
en Afrique, par le cap de Bonne-Espérance, tom. 2, in-4.", 
pag. 5o3 et suiv.), dans des détails trop curieux pour n'être 
pas consignés ici. Ce naturaliste observe en général : 1." que 
tout mâle, dans son jeune âge, a le même plumage que sa 
mère; 1° que beaucoup de femelles, lorsqu'elles vieillissent, 
prennent la livrée plus brillante de leur mâle , et la conservent 
le reste de leur vie, comme on peut le remarquer dans le 
faisan doré de la Chine; 3." que d'un autre côté, le mâle 
prend régulièrement, une fois par an, chez certaines espèces, 
le plumage de sa femelle. 

Il résulte des remarques particulières qui suivent ces ob- 
servations, que le mâle de la veuve à épaulettes perd , après 
les six mois que dure la saison des amours, ses épaulettes, 
sa queue verticale et sa couleur noire , pour prendre le 
costume modeste de sa compagne, c'est-à-dire les couleurs 
simples de l'alouette ; et que la femelle , parvenue à un cer- 
tain âge, et ayant perdu la faculté de se reproduire, se 
revêt pour toujours de l'uniforme que portoit le mâle dans 
les jours de ses plaisirs. Sa queue s'alonge comme celle qu'il 
avoit alors, et devient aussi verticale. 

Le même voyageur ajoute que cette espèce vit en société 
dans une sorte de république, et se construit des nids très- 
rapprochés les uns des autres; qu'ordinairement la société 
est composée d'à-peu-près quatre-vingts femelles auxquelles 
douze ou quinze mâles servent en commun. Cette polygamie 
et ces mœurs sont attestés par l'anglois Barrow, qui, traver- 
sant les mêmes contrées , y a vu trente à quarante nids ras- 
semblés sur une seule souche de roseaux, et qui prétend que 
deux mâles suËBsent à trente femelles. 



9° PIN 

Veuve en feO : Frlngilla panayensis , Vicîll. ; Emheriza pa- 
najensis, Gmel. et Lath. ; pi. enl. de Buffon, 647, sous le 
nom de Veuve à poitrine rouge. Cet oiseau, de la grosseur 
de la veuve au collier d'or, que Sonnerai a trouvé dans File 
Panay, une des Philippines, et qu'il a fait graver dans son 
Voyage à la Nouvelle- Guinée, se trouve aussi au cap de 
Bonne-Espérance. Tout le plumage du mâle est d'un beau 
noir velouté, à l'exception de la plaque d'un rouge vif qu'il 
a au devant de la poitrine. Les quatre plumes caduques 
sont égales entre elles; elles vont toujours en diminuant de 
largeur et se terminent en pointe; sa longueur totale est de 
douze pouces. 

Veuve a deux brins, Fringilla superciliosa , Temm. Cette 
espèce, qui se trouve en Afrique, n'a été décrite dans le 
Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle , que d'après un 
individu conservé dans la collection de M. Temminck. Sa 
longueur totale paroit être d'environ neuf pouces. Elle a sur 
îa tête trois bandes blanches, dont Tune passe sur chaque 
œil et la troisième sur le vertex; le reste de la tête et les 
côtés du cou sont noirs, couleur qui règne sur la poitrine, 
au milieu de laquelle elle forme une sorte de ceinture, et 
sur le manteau, les couvertures des ailes, ses pennes et le 
dessus de la queue; la gorge, le devant du cou, le reste de 
la poitrine , le ventre et les parties inférieures sont d'un 
blanc pur; la même couleur présente deux bandes transver- 
sales sur les ailes et s'étend sur une partie des pennes cau- 
dales et sur les deux pennes intermédiaires qui ont six pouces 
de longueur et qui sont étroites, à barbes décomposées et 
légèrement bordées de noir; le bec est d'un brun noirâtre 
et les pieds sont noirs. 

M. Vieillot a décrit et figuré, pi. 41 de ses Oiseaux chan- 
teurs, la Veuve chrysoptère , Fringilla Jlavoptera , dont le 
noir est coupé d'une manière agréable par le beau jaune 
qui brille sur le dos et sur la partie antérieure de ses ailes. 
Cet auteur dit que les quatre pennes intermédiaires de sa 
queue outrepassent les autres d'environ deux pouces, et 
sont à peu près égales entre elles; que les latérales sont dis- 
posées par étage et ont une largeur considérable,' relative- 
Pient à la taille de l'oiseau; qu'enfin les plumes de la tête 



PIN 9^ 

et du cou sont terminées carrément, et que la plupart pren- 
nent la forme d'une coquille quand l'oiseau les redresse. 
Néanmoins il ne se dissimule pas les rapports qui existent 
entre sa veuve chrysoptère, ïemberiza angolensis de Salerne, 
et le loxia macroura, ou père noir k longue queue, pi, enl. 
de Buffon, n.° a 83, fig. i; et, suivant M. Cuvier , dans son 
Règne animal, tom. i , pag. 589, ces oiseaux, qui ne diffèrent 
pas entre eux, ne sont point des veuves, mais des gros-becs 
ordinaires. Il y a aussi une identité manifeste avec le loriot 
à épaules Jaunes de Brown, Illustrât., pi. 11. 

La Veuve éteinte, Emheriza psittacea, Linn. , dont Séba, t. 
1 , pi. 66 , n." 5 , a donné une figure , et que Brisson a décrite 
d'après lui , tom. 3 , pag. 1 47 , sous le nom de linotte à longue 
queue du Brésil, paroit d'autant moins authentique, qu'elle 
est présentée comme un oiseau d'Amérique, tandis qu'au- 
cune autre veuve n'existe dans cette partie du monde. (Ch. D.) 

PINSON D'AFRIQUE. {Omith.) L'oiseau, désigné par ce 
nom dans l'ouvrage de Séba, est le Pinson jaune et rouge de 
M. Vieillot; Fringilla Eustachii , Lath. (Desm.) 

PINSON D'ARTOIS. {Ornilh.) Ce nom est donné par For- 
tin, dans ses Ruses innocentes, au pinson d'Ardennes, /ring i7/a 
montifringilla, Linn. (Ch. D.) 

PINSON D'AUVERGNE. {Ornith.) C'est ainsi qu'en Au- 
vergne on appelle le bouvreuil ordinaire, loxia pyrrhula, 
Linn. (Ch. D.) 

PINSON DE BAHAMA. (Ornitli.) C'est la passerine verdi- 
nère de M. Vieillot , /rmgi7/a bicolor , Linn. (Ch. D.) 

PINSON DE BARBARIE. {Omith.) On appelle ainsi dans 
le département de la Sarthe, le casse-noix, cornus caryoca' 
tactes , Linn. (Ch. D.) 

PINSON DES BOIS. (Omith.) M. Vieillot dit, que ce nom 
est celui que portent en Lorraine les gobe-mouches noir et 
à collier. (Desm.) 

PINSON DU CAP DE BONNE- ESPÉRANCE. (Omith.) 
C'est le gros-bec de Coromandel, loxia capensis, Linn., pi, 
enl. de Buff., n." 101 , fig. 1. (Ch. D.) 

PINSON DE LA CAROLINE. (Omith.) L'oiseau ainsi nom- 
mé par Brisson, est le pinson aux yeux rouges, de Buffon , 
emheriza erj'thropkthalma, Linn., qui a des caractères tenant 



92 PIN 

du pinson et du bruant, et dont M. Vieillot a fait un Touit, 
pipilo. (Ch. D.) 

PINSON CENDRÉ DES INDES. (Ornith.) C'est la linotte 
gris-de-fer, loxia cana, Linn. (Ch. D.) 

PINSON DE CHARDON. (Ornith.) Comme le chardonne- 
ret mange la graine du chardon, on lui a donné cette déno- 
mination vulgaire. ( Ch. D.) 

PINSON DE DANEMARCK. (Ornith.) C'est le pinson d'Ar- 
àennes , fringilla monlifringilla, Linn., auquel, dans certains 
cantons, l'on donne aussi le nom de pinson étranger. (Ch. D.) 

PINSON DORÉ. (Ornith.) I-a belle couleur jaune des ailes 
du chardonneret, lui a fait donner ce nom. (Ch. D.) 

PINSON D'ESPAGNE. (Ornith.) Nom vulgaire du gros-bec 
dans le département de la Charente. (Ch. D.) 

PINSON A GROS BEC. (Ornith.) Un des noms vulgaires 
du gros-bec, loxia coccothraustes, Linn., lequel est aussi ap- 
pelé gros pinson. (Ch. D.) 

PINSON DE LA JAMAÏQUE. (Ornith.) C'est le honana de 
Bnffon, fringilla jamaica, Linn. (Ch. D.) 

PINSON MAILLÉ. (Ornith..) Ce nom et celui de pinson mo- 
nolasse sont vulgairement donnés, dans le département de 
Loir-et-Cher, au gros-bec, loxia coccothraustes, Linn. (Ch. D.) 

PINSON DE MER. (Ortiith.) Le pétrel tempête, procellaria 
pelagica, Linn., est ainsi nommé dans Catesby. Le même oi- 
seau est appelé ailleurs pin-son de tempête. (Ch. D.) 

PINSON DE MONTAGNE. (Ornith.) Un des noms du pin- 
son d' Ardenn es, /rmgiZ/a montifringilla , Linn., qui est aussi 
appelé p/nson montain. Le grand pinson de montagne est la pas- 
serine grand montain de M. Vieillot. (Ch. D.) 

PINSON NOIR AUX YEUX ROUGES. (Ornith.) C'est le 
Touit de M. Vieillot, indiqué ci-dessus au mot Pinson delà 
Caroline. (Ch. D.) 

PINSON PIE DES MONTAGNES. (OrmU.) L'ortolan de 
neige, emberiza mVa/is, Linn., est ainsi nommé par Albin, 
avec l'épithète de petit. (Ch. D.) 

PINSON ROUGE. (Ornith.) Un des noms vulgaires du gros- 
bec, loxia coccothraustes , Linn. (Ch. D.) 

PINSON ROUGE [Petit]. (Ornith.) C'est le gros-bec brunor, 
loxia bicolor, Linn. (Ch. D.) 



PIN 95 

PINSON ROUGE ET BLEU DU BRÉSIL. (Ornith.) Le 
grenadin, fringilla granalina , Linn. , est ainsi nommé par 
Edwards. (Ch. D.) 

PINSON ROYAL. (Ornith.) Dénomination vulgaire du gros- 
bec, loxia coccothraustes, Linn., dans les départemejis de la 
Mayenne et de la Sarthe. (Ch. D.) 

PINSON DE TEMPÊTE. (Ornith.) Voyez Pinson de mer. 
(Ch. d.) 

PINSON A TÊTE NOIRE ET BLANCHE. (Ornith.) C'est 
le tangara multicolore, fringilla zena. Linn. (Ch. D.) 

PINSON VARIÉ DE LA NOUVELLE- ESPAGNE. (Ornith.) 
C'est le touit de M. Vieillot, aussi nommé pinson de la Caro- 
line, et pinson noir aux yeux rouges. (Ch. D.) 

PINSON AU VENTRE BLEU. (Ornith.) Le bengali bleu 
est ainsi appelé par Edwards. (Ch. D.) 

PINSON DE VIRGINIE. (Ornith.) C'est, suivant M. Vieillot, 
sa passerine des pâturages, emleriza pecoris , Wilson, et stur' 
nus obscurus , Gmel. (Ch. D.) 

PINSONNÉE. (Ornith.) Nom d'une chasse qui se fait aux 
petits oiseaux. (Ch. D.) 

PINSONNIÈRE. (Ornith.) Un des noms vulgaires de la 
mésange charbonnière, parus major, Linn. ( Ch. D.) 

PINTADE. (Ornith.) Ce nom, qu'il ne faut pas confondre 
avec Peintade, genre d'oiseaux de Tordre des gallinacés, est 
donné, dans les relations de voyages anglois et portugais, 
ainsi que celui de pintado , au pétrel damier, procellaria ca- 
pensis , Linn. (Ch. D.) 

PINTADE. (Conch.) Les marchands de coquilles paroissent 
donner ce nom à la coquille qui fournit le plus ordinaire- 
ment les perles, mjtilus margaritiferus , Linn.; avicula marga- 
ritifera, Brug. ; Pintadina margariti/era de M. de Lamarck , 
mais à un état particulier, qu'ils ont désigné par la dénomi- 
nation de mère-perle stérile. 

Us le donnent également à une coquille du genre Porce- 
laine, Oyprœa vitellus , Linn. (De B.) 

PINTADINE, Meleagrina. (Conchjl.) Dénomination nou- 
velle que M. de Lamarck (Anim. sans vert., tome 6, part. 
^•^*' P^g^ i5o) a imposée au genre Margarita, établi par 
M. le docteur Leach (Mélange de zooL, 1 , pi. 48) pour les 



94 PIN 

espèces d'avicules, dont la coquille est plus arrondie , beau- 
coup moins ailée que dans les avicules ordinaires. Les carac- 
tères qu'il assigne à ce genre sont les suivans : Coquille sub- 
équiA'alve, arrondie presque carrément, écailleuse en dehors, 
à bord cardinal inférieur, droit, antérieurement sans queue; 
un sinus à la base postérieure des valves pour le passage 
du byssus; la valve gauche étant ici étroite et échancrée ; 
charnière linéaire, sans dents; facette du ligament margi- 
nale , alongée , presque extérieure , dilatée dans sa partie 
moyenne. 

Les espèces que M. de Lamarck définit dans ce genre , sont : 

La P. MÈRE -PERLE : Mcleagiinu margaritifera ; Mytilus inar- 
garitiferus , Linn. , Gmel. , page 335 i ; Encycl. méth. , pi 177 , 
fig. 1 — 4 , que nous avons décrite à l'article Avicule (voyez 
ce mot) , et qui se trouve, dit-on, dans toutes les mers des 
pays chauds; dans le golfe Persique , les mers de Ceilan, les 
mers de la Nouvelle- Hollande et dans le golfe du Mexique. 

M. de Lamarck rapporte à cette espèce la margarila si- 
nensis de M. le docteur Leach (Mélang. de zool., 1 , pi. 48) avec 
raison , à ce qu'il nous semble. Quant à la variété b, nous 
la possédons, et il est évident qu'elle diffère beaucoup trop de 
la mère-perle pour n'être regardée que comme une variété. 

La P. RADIÉE : P. radiata ; Avicularadiata , Leach (Mélang. de 
zool., 1 , pi. 43) ; M. margaritifera , variété b de M. de Lamarck , 
loc. cit., page i52. Coquille arrondie, assez bombée en des- 
sous, mince, très-écailleuse sur les bords: les écailles termi- 
nées en pointe et formant des espèces d'épines à son bord 
inférieur. 

La P. ALBiNE; M. albina, de Lamk. , loc. cit. , page i 52 , n." 2; 
An Riimph., Mus. , t. 47 , fîg. B ? Coquille blanche , irradiée , 
à peine écailleuse, avec deux oreillettes toujours bien dis- 
tinctes. 

Une variété de cette espèce, qui se trouve dans les mers 
de la Nouvelle-Hollande, a son têt teint de violet, ainsi que 
son limbe intérieur. (De B.) 

PINTADINE. (Foss.) On trouve dans des couches à uolites, 
antérieures à la craie, des coquilles bivalves qui, à quelques 
modifications extérieures près , ont tous les caractères des 
pintadines et ne peuvent être placées dans un autre genre. 



PIN 95 

PiNTADiNE DE Caen ; Melcugrina cadomensis , Def. Coquille 
arrondie presque carrément, épaisse, portant quinze à seize 
côtes arrondies , qui forment autant de plis sur le bord des 
valves. Au milieu delà facette du ligament, qui présente un 
carré long, se trouve, comme dans les espèces à l'état vivant, 
un sillon qui part du sommet des valves, et va obliquement 
en s'élargissant jusqu'à la moitié de sa longueur; ensuite il 
cesse d'être oblique et vient se terminer au bord cardinal 
intérieur. Dans les espèces vivantes le sillon de chacune des 
valves se trouve rempli par une portion du ligament, qui s" est 
divisé dans son épaisseur et qui reste là plus épais que de 
chaque côté. Quelques-unes de ces coquilles fossiles portent 
des écailles concaves en dessous. Diamètre quelquefois six 
pouces, sur six lignes d'épaisseur. On trouve cette espèce 
dans la couche oolitique, à Maltot, à Croisilles près de Caen , 
à Vaucelles près de Bayeux , dans la butte Saint-Laurent près 
de Croinainville. 

PiNTADiNE pectinée; Mclcagrina pectinuta , Def. Les coquilles 
de cette espèce ont beaucoup de rapport avec celles de la pré- 
cédente; mais, quoiqu'elles soient aussi bombées, elles n'ont 
que quatre pouces de longueur sur trois pouces de largeur. 
Ces coquilles , ainsi que celles ci-dessus , sont changées en 
pierre, ou quelquefois en une cristallisation. 

PusTADiNE DOUTEUSE; Melcagrina duùia, Def. Cette espèce, 
dont j'ignore la patrie , est remplie de vase grise durcie , 
comme celle des Vaches-noires près de Honfleur. Elle n'a que 
douze côtes sur chaque valve. Sa forme est un peu alongée; 
mais, ce qui la distingue essentiellement, c'est la facette dii 
ligament, qui est concave en dessous.- le sillon de cette facette 
est très- profond et l'ouverture pour le passage du byssus est 
fort grande. Longueur, trois pouces et demi; largeur, deux 
pouces neuf lignes. (D. F.) 

PINTOU-ROUSSOU. (Ichthjol.) Nom nicéen de la Rous- 
sette. Voyez ce mot. (H. C.) 

PINULA. (Bot.) Fougère, citée par Mentzel et Adanson, 
comme ayant été mentionnée par Dioscoride. Ils la rappor- 
tent au trichoinanes des anciens, c'est-à-dire à cette espèce 
que Linnaeus a nommé asplenium Irichomanes , qu'Adanson 
réunit à son genre Ceterach. (Lem.) 



96 PIN 

PINUS. (Bol.) Nom latin du genre Pin. (L. D.) 

PIOCHET. {Ornith.) Un des noms vulgaires du grimpe- 
reau commun, certhia/amiliaris , Linn., que l'on appelle aussi 
pionet. (Ch. D.) 

PIOMBINO. (Ornith.) Nom italien du marlin- pêcheur 
d'Europe, alcedo ispida , Linn. (Ch. D.) 

PION. (Ornith.) Ce nom et celui de pione, sont donnés, 
en Lorraine, au bouvreuil ordinaire, loxia pjrrhula, Lipn. 
(Ch. D.) 

PIONE. (Bot.) Un des noms vulgaires de la pivoine, cité 
dans le Dictionnaire économique. (J.) 

PIONET. (Ornith.) Voyez Piochet. (Ch. D.) 

PIOPINI. (Bot.) Nom italien des champignons déjà décrits 
à l'article Alberini. ( Lem. ) 

PIORLIN. (Ornith.) Ce nom vulgairement donné, dans le 
département de l'Ain, au chevalier aux pieds rouges, sco- 
lopax calidris, Linn., vient probablement du cri pior, que cet 
oiseau paroît exprimer. (Ch. D.) 

PIOT. (Ornith.) Un des noms anglois de la pie commune, 
corvus pica, Linn. Ce nom, suivant le Nouveau Dictionnaire 
d'histoire naturelle, est aussi donné au dindon dans le Lan- 
guedoc, où la dinde est appelée pioto. (Ch. D.) 

PIOULAIRE. (Ornith.) On appelle ainsi, dans le départe- 
ment de l'Aude, le canard siffleur, anas penelope , Linn.(CH.D.) 

PIOUMBIN. (Ornith.) Ce nom, donné, dans le Piémont, 
au merle d'eau ou cincle, sturnus cinclus, Linn., et turdus 
cinclus, hath., l'est aussi au castagneux, coljmbus minor , Gmel. 
(Ch.D.) 

PIOUQUEN. (Ornith.) Voyez, pour cet oiseau du Chili, le 
mot Outarde, tome XXXVll, pag. 117. (Ch.D.) 

PIOUROUSA. (Ornith.) L'oiseau ainsi nommé par les Pié- 
montois, est le pipi roux de M. Vieillot. (Ch. D.) 

PIOUS. (Ornith.) Nom de la sittelle ou torche-pot, sitla 
europœa, en Piémont. ( Ch. D. ) 

PIPA, Pipa. (Erpétol.) A l'exemple de Laurenli et de MM. 
Cuvier et Duméril, on donne aujourd'hui ce nom à un genre 
de reptiles batrajciens , de la famille des anoures, qu'on a 
démembré de tout le grand genre des grenouilles et même 
de celui plus restreint des crapauds. 



rues 



PIP 97 

Ce genre est distingué par les caractères suivans : 
Corps nu, large, aplati, sans écailles ni carapace, sans ver^ 
ni parotides ; pattes postérieures de la loncrueur du corps seu- 
lement; queue nulle ; anus arrondi; doigts non armés d ongles les 
antérieurs libres, arrondis, égaux. 

A l'aide de ces notes et du tableau que nous avons pré- 
senté à l'article Anoures (Supplément du tome II) il sera 
facile de distinguer les Pipas des Grenouilles et des Rai- 
nettes, dont les pattes postérieures sont plus longues que 
le corps, et des Cravauds, qui ont les doigts antérieurs unis 
les uns aux autres et des parotides. (Voyez Anoures, Batra- 
ciens, Grenouille, Rainette et Erpétologie.) 

La seule espèce encore contenue dans ce genre , est le 
Pipa de Surinam : Pipa vulgaris , N. ; Rana pipa, Linnaeus; 
Rana surinamensis , Bradley. Tête large , plate , triangulaire ; 
yeux petits, écartés, situés en dessus et munis d'une petite 
pointe à leur bord supérieur; museau tronqué; une pointe 
au coin de chaque narine ; gueule très-fendue: lèvre infé- 
rieure plus courte ; chacun des doigts antérieurs terminé 
par trois ou quatre petites pointes; pattes postérieures en- 
tièrement palmées ; tympan caché sous la pt-au. 

Ce batracien est le plus hideux de tous les reptiles sans 
contredit. Long de six à huit et large de quatre à cinq pouces , 
il est d'une couleur sombre , olivâtre, rembrunie et parsemé 
de très -petits tubercules roussàtres. Sur ses cuisses et sur ses 
flancs on aperçoit de petites verrues, et sa peau est plissée et 
ridée. 

La femelle, qui a le dos creusé d'un grand nombre de 
petites cellules, est plus volumi'îeuse que le inàle. Celui-ci 
a un énorme larynx, fait comme une boite osseuse, triangu- 
laire, au dedans de laquelle sont deux os mobiles, qui peuvent 
fermer l'entrée des bronches. 

Le pipa vit dans les eaux douces de l'Amérique méridio- 
nale et quelquefois dans les endroits obscurs des maisons, à 
Cayenne et à Surinam , où on le nomme encore tedo et cu- 
rucu. Selon Séba et M. " Sibylle de Merian , les Nègres des co- 
lonies recherchent sa chair comme aliment. 

Il est fameux depuis long- temps par la manière dont il 
perpétue son espèce, et depuis M. ^de Merian, qui l'a décrit 
41. 7 



98 PIP 

en 1719, il est, sous le rapport de sa génération, devenu 
l'objet des recherches de Fermin , en 1776 , de Bonnet, en 
177g, et, plus récemment de P. Camper et de L. Spallanzani. 
Il est démontré aujourd'hui que la femelle pond ses œufs 
à la manière des crapauds; mais que le mâle, cramponné 
sur elle , les féconde de sa laite , puis les place sur le dos de 
la mère, qui se rend à Teau , où sa peau se gonfle et forme 
des alvéoles arrondis, dans lesquels se logent ces œufs, poui» 
y éclore ensuite. Au moment de leur naissance les petits ont 
une queue membraneuse, avant la chute de laquelle ils ne 
quittent point leur cellule. Ils ont alors des pattes, et après 
leur sortie, la femelle, ayant détaché contre quelque corps 
dur l'épiderme de son dos, revient à terre. (H. C.) 

PI-PA. (Bot.) Le père Boym , jésuite ujissionnaire , décrit 
sous ce nom un fruit de Chine , d'abord vert et ensuite 
jaune, qui a la forme et la saveur d'une prune, et qui con- 
tient un seul noyau osseux. L'arbre qui le porte, a un bel 
aspect et se couvre de beaucoup de fleurs. (J. ) 

PIPAL. ( Erpét. ) Ce nom est donné au crapaud pipa par 
quelques auteurs. Voyez Pipa. (Desm. ) 

PIPAL. {Bot.) Nom indien d'une espèce de figuier, Jicus 
bengalensis. ( J. ) 

PIPARÉE, Piparea. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , 
dont les fleurs n'ont pas encore été observées, que M. de 
Jussieii croit appartenir à la famille des violacées, offrant pour 
caractère essentiel : Une capsule supérieure, à trois faces, à 
une seule loge, à trois valves, marquées dans leur intérieur 
d'une ligne saillante, longitudinale, à laquelle sont attachées 
quelques semences tomenteuses, ayant chacune un placenta 
frangé. On ne connoit de ce genre que la seule espèce sui- 
vante. 

PiPARÉE DENTELÉE; Piparea dentata , Aubl. , Guian., a, Suppl., 
pag. 3i , tab. 386. Cette plante, d'après Aublet , est un arbris- 
seau de moyenne grandeur. Sa tige s'élève à quatre ou cinq 
pieds de haut , sur quatre ou cinq pouces de diamètre; l'écorce 
est roussàtre , ridée, chagrinée, âpre au toucher; le bois 
dur, compacte, blanchâtre; les branches sont rameuses, gar- 
nies de feuilles alternes, presque sessiles , fermes, vertes et 
luisantes en dessus, couvertes en dessous d'un duvet court et 



PIP 99 

rotissâtre ; elles sont dentelées, ovales, terminées par une 
longue pointe mousse, un peu échancrées , munies à leur 
base de deux petites stipules longues, étroites, caduques. 
Les plus grandes feuilles ont sept pouces de longueur, sur 
trois de largeur; le calice, la corolle, les étamines et le pistil 
n'ont point été observés. On voit, dans l'aisselle des feuilles, 
des fruits sessiles» solitaires ou deux à deux, garnies de deux 
petites écailles à leur base. Ce fruit est une capsule de la 
grosseur d'une noisette, mince, fragile, ovoïde, à trois côtés, 
convexe , rouge , panachée de vert ; elle s'ouvre en trois valves 
concaves, partagées dans leur longueur par une côte inté- 
rieure et saillante, à laquelle sont attachées deux ou trois 
semences sur un placenta blanc et frangé. Ces semences sont 
recouvertes d'une substance cotonneuse, blanche, très-fine. 
Cette plante croit dans les forêts de la Guiane; elle fructifie 
dans l'été. ( Poir.) 

PIPE. {tditlvyoL) Poisson du genre des Syngnathes. (Desm.) 

PIPEAU. (Bot.) Nom donné à la potentille rampante dans 
quelques endroits, selon M. Bosc. (Lkm.) 

PIPEE. [Chasse.) On trouvera des détails sur les prépara- 
tifs q'uexige cette chasse aux oiseaux , sous les mots Bec-fins^ 
tome IV de ce Dictionnaire, page 226, et Glu, Gluaux, 
tome XIX, page 81. ( Ch. D. ) 

PIPELINE. (Ornith.) Il est question de cet oiseau dans le 
Voyage à la mer du Sud, de Fr^zier , pag. 74 et précédentes, 
oîi cet auteur dit qu'il a quelque ressemblance avec l'oiseau 
de mer appelé mauve, et dans le Voyage de Pernetty aux 
îles Malouines, tome 2 , page 24 , où celui- ci l'accole aux che- 
valiers. Les deux auteurs disent que la chair de la pipeline 
ou pipelienne est de très- bon goût, et Butfon observe à ce 
sujet, t. 9, in-4.'', page 429, que cette circonstance l'éloigné 
des m'auves ou mouettes, dont la chair est fort mauvaise; 
mais Erézier , loin d'avoir voulu donner lieu a ce genre de 
comparaison , a dit des pipelines ( Histoire générale des 
voyages, tome 14, in^^.", pag. lyô ), qu'elles ont le bec rouge, 
droit , long, étroit en largeur et plus en hauteur, ce qui désigne 
assez clairement les pies de mer, hœmatopus ostralegus, Linn., 
et lève, à L'égard de ces oiseaux, l'incertitude dans laquelle 
on paroit être resté jusqu'à présent. (Ch. D.) 



100 pip 

PIPER. (Bot. ) Voyez Poivre. ( Lem. ) 

PIPER. {Ichtlvyol.) Nom anglois de la lyre , espèce de Trigle. 
Voyez ce mot. (PI. C.) 

PIPERELLA. {Bot.) Nom espagnol, donné, suivant Boc- 
cone, à une espèce de thym, que Linnaïus a nommée par 
cette raison thymus piperella. Le nom piperelUi est donné , 
suivant Mentzel , à la sarriette des jardins, qui est le peve- 
rella des Italiens. Duléchamps cife un autre piperella, qui 
est le groseillier noir ou cassis, ribes nigrum , et on trouve 
dans le Dictionnaire économique le même nom donné à la 
graine du vitex agnus castus. (J.) 

PIPÉRITÉES. {Bot. ) Nous avions placé en 1789 le genre 
Poivre, Piper, à la suite de la famille des urticées, comme 
ayant avec elle plus d'affinité qu'avec toute autre , et dans 
la note finale suivante, nous ajoutions que ce genre devoit 
être le type d'une famille nouvelle des poivres ou pipéri- 
tées. Quelques-uns de ses principaux caractères y étoient 
indiqués, ainsi que les genres qui pourroient en faire par- 
tie. Cette indication, un peu vague, a attiré l'attention de 
quelques savans, et particulièrement de MM. Kunth et De 
Candolle, qui ont adopté la famille; mais, en l'annonçant 
simplement sans la caractériser et sans déterminer tous les 
genres qui doivent lui être rapportés. Ces genres, ainsi que 
toutes les espèces de piper, ne sont peut-être pas assez con- 
nus, pour qu'on puisse, avec certitude, les désigner et tracer 
définitivement le vrai caractère général de la famille. Nous 
nous contenterons pour le moment de présenter les carac- 
tères les plus généraux et les genres qui possèdent ces carac- 
tères, en invitant, les voyageurs naturalistes à examiner avec 
soin ces végétaux vivans et en fructification , qui sont tous 
exotiques. 

On observe dans les pipéritées des chatons simples au plus 
rarement rameux , munis à leur base d'une petite spathe ou 
bractée, et couverts de fleurs sessiles ou quelquefois pédi- 
cellées, dont chacune a sa très-petite bractée propre, ou un 
point glanduleux qui en occupe la pldce. 11 n'y a ni calice 
ni corolle; l'ovaire simple, surmonté seulement d'un ou 
plusieurs stigmates, est entouré de deux ou plus rarement 
d'une ou de plusieurs étamines, qui partent de son support. 



PIP lOl 

Leurs filets, plus ou moins longs, sont lermincs par une an- 
thère arrondie , à une ou deux loges. Cet ovaire devient 
une coque monosperme, indéhiscente, que l'on pourroit 
prendre pour un simple tégument de la graine, dont elle 
-se détache aisément. Cette graine (attachée au fond de la 
coque, suivant Richard, cité par M. Kunth) contient un gros 
périsperme, de substance ferme, acre et aromatique, creusé 
à son sommet d'une petite cavité ou fossette , dans laquelle 
est niché un très- petit embryon, renfermé, suivant Gaerlner, 
dans un tégument ou sac propre, et renversé, c'est-à-dire, 
ayant la radicule dirigée supérieurement, et deux petits co- 
tylédons placés inférieurement. 

Les tiges sont herbacées ou ligneuses, naissant ou végé- 
tant sur des troncs d'arbres vivans, le long desquels elles 
s'élèvent en grimpant et poussant par intervalles de nou- 
velles racines. Leurs feuilles sont simples, alternes ou oppo- 
sées, marquées de veines éparscs ou de nervures longitudi- 
nales. Les chatons de fleurs sont axillaires aux feuilles ou 
quelquefois opposés à celles qui sont alternes. Les fleurs sont 
généralement hermaphrodites ou quelquefois diclines par 
avortement. 

Ce caractère général convient parfaitement à l'ancien genre 
Piper et au Peperomia de la Flore du Pérou. Dans notre ancien 
projet de nouvelle famille nous y ajoutions aussi le Gumiera 
et son congénère Misandra de Commerson , le Gnetum de 
Linnseus, et le Thoa d'Aublet, qu'on ne peut séparer; mais 
ces genres ne sont peut-être pas assez connus pour que leur 
affinité avec le Piper soit complètement déterminée. Ce que 
l'on connoit du gunnera , paroît confirmer l'analogie; mais 
on est incertain sur l'existence d'une enveloppe florale, re- 
fusée aux pipéritées, et, de plus, le gunnera est annoncé 
comme dioïque , comme n'ayant point les habitudes para- 
sites. Les gnetum sont des arbres à fleurs diclines, possédant 
d'ailleurs beaucoup de caractères communs avec les pipé- 
ritées, et l'on en dira autant du thoa, ainsi que du clarisia 
de la Flore du Pérou. Vottonia de M. Sprengel est connu 
seulement par la description de l'auteur, qui le rapproche 
beaucoup du piper. S'il est conservé, il faudra changer son 
nom, qui le fcroit confondre avec Yhottonîa de Linnaius. 



loa pip 

Le lacisfema âe Svvartz , à tige arborescente, est annoncé 
par lui comme voisin du gnetum; mais il n'est pas dicline 
comme lui, et il diffère des pipéritées par l'existence d'un 
calice. Richard, qui a f;.it le genre JSematospermum , dans 
les Actes de la Société d'histoire naturelle de Paris, publiés 
en 1792 , le croyoit voisin du lacistema , et Vahi affirmoit à 
Richard, d'après sa propre observation, que ces deux genres 
étoient la même plante. Cependant, suivant les descriptions, 
le fruit du lacistema est uniloculaire , monosperme, et celui 
du nematospermum est uniloculaire, trisperme ; ce qui, joint 
à l'existence d'un calice , éloigneroit ce dernier des pipéri- 
tées. Un autre genre, voisin de cette famille, est l'ascarina 
de Forster, qui a également un fruit monosperme et des fleurs 
à chatons sans calice, mais diclines, comme dans \e gnetum, 
et une tige également arborescente. Le morella de Loureiro, 
très-voisin de Vascarina, et par suite des pipéritées, diffère 
cependant par son fruit à deux loges monospermes. Tous 
ces genres doivent être de nouveau examinés sur des indi- 
vidus vivans, et comparés aux poivres, et c'est seulement 
après cet examen approfondi qu'on pourra mieux détermi- 
ner les affinités, et peut-être rectifier le caractère général 
de la famille. 

Nous avions indiqué primitivement l'ylrfocarpus etleCecro- 
pia, genres des urticées, comme ayant quelque rapport avec 
le poivre, surtout le dernier, qui, par ses chatons, ressemble 
au piper umbellatum ; mais plusieurs caractères assez impor- 
tans les séparent , et il en résulte seulement un point de con- 
tact entre les deux familles. Nous avions aussi rapproché 
dans des notes le salicornia du gnetum et du piper ; mais cette 
affinité est plus incertaine. 

11 nous reste encore à parler de la place que les pipéritées 
doivent occuper dans l'ordre naturel. Nous les placions 
comme dicotylédones près des urticées, et M. De Candolle 
avoit adopté cette disposition; mais M. Kunth, d'après Ri- 
chard, les regardant comme monocotylédones, les avoit rap- 
pelé près des aroides. A cette autorité, d'un grand poids, 
nous opposerons celle de Bernard de Jussieu, qui, dans le 
jardin de Trianon , plaçoit le poivre parmi les dicotylédones, 
et qui, autant que nous pouvons nous en souvenir, disoit 



PIP io3 

en avoir vu germer une espèce munie de ses deux lobes. On 
ajoutera que Gasrtner et M. Mirbel ont décrit et dessiné la 
graine du piper cubeba avec deux lobes bien marqués; qu'A- 
danson le dit textuellement dicotylédone ; que M. Fischer a 
vu germer trois espèces, qu'il a. certifié être dicotylédones à 
M. Des fontaines; que ce dernier en a aussi vu trois gfrmer de 
la Hiême manière, et qu'une de ces germinations a été des- 
sinée récemment par M. Adrien de Jussieu , mon lils. Si , de 
plus, le gnelum, le tiioa, le clarisia et ïascarina , qui sont 
des arbres évidemment dicotylédones, sont reconnus dans la 
suite pour devoir faire partie de la famille des pipéritées, 
ils aideront à les retenir parmi les dicotylédones. Mais dans 
celte grande classe , près de quelle famille doit-on les placer? 
Bernard fie Jussieu avoit mis le piper parmi les atriplicées, 
non loin du salicornia , probablement parce qu'il a des fleurs 
apétales et hermaphrodites, et Adanson lui assigne la même 
place. Nous l'avions laissé entre les urticées et les ameutacéefs, 
parce que ses fleurs sont portées sur des chatons ; que quel- 
ques-unes de ses espèces ont beaucoup d'affinités extérieures 
avec plusieurs urticées, et que parmi les genres qui parois- 
sent devoir lui être associés, la plupart étant diclines , on 
pouvoit présumer que le même caractère se retrouveroit, au 
moins par suite d'avortement, dans quelques pzper. Ces der- 
niers rappoits nous déterminent a laisser cette famille près 
des urticées et des amentacées, jusqu'à ce que de nouvelles 
observations aient fixé définitivement leur véritable place. (J.) 

PIPERITIS. (Bot.) Brunfels et Dodoëns nommoient ainsi 
lapasserage, lepidium latifolium. (J, ) 

PIPERIVORA. [Orniih.) WiUughby et Rai citent ce nom 
comme dés'gnant les toucans, rhamphastos , Linn. (Ch. D.) 

PIPERNO et PIPERINO. {Min.) C'est un nom qu'il faut 
abandonner, ne fût-ce qu'à cause de sa ressemblance presque 
complète avec celui de peperino, dont nous avons fait, en 
le traduisant en françois par peperine, le nom d'une roche 
d'agrégation , décrite au mot Peperino. 

Le piperno est, suivant M. Brocchi et la plupart des géo- 
gnostes italiens, une lave proprement dite, c'est-à-dire une 
roche de formation volcanique et qui a éprouvé une liquéfac- 
tion ignée. Elle est composée d'une pâte grise ou noirâtre, 



104 PIP 

cellulaire, aride , sonore , a<;sez fragile, renfermant des grains 
de pyroxéne et de felspath, et des lamelles de mica dissémi- 
nées, qui, par leur couleur différente de celle du fond, res- 
semblent à des grains de poivre épars dans une pâte. Elle 
renferme aussi des rognons ou nodules, dont la compacité va 
en augmentant vers le centre. Ces deux circonstances pour- 
roient faire prendre cette roche pour une brèche volca- 
nique et pour un peperiuo , roches formées par voie d'agré- 
gation ; mais, en examinant de près le piperno , on voit 
que les parties qui le compo>ent ont été fondues dans la même 
masse et comme cristallisées ensemble. C'est l'opinion de M. 
Breislak, qui l'a établi d'après les observations qu'il a faites 
sur le lieu même où cette roche a coulé. 

C'est donc une roche à laquelle on peut donner le nom 
délave, en considérant son mode de formation par fusion et 
coulée, et qu'on peut rapporter à la téphrine ou plutôt au 
basîinite lavique pyroxénique , M. Breislak disant expressé- 
ment que le piperno de la Pianura ressemhle parfaitement à 
la lave basaltique la plus compacte. (Vo3'ez Lave.) 

Le lieu classique pour le piperno est le plateau des Ca- 
maldules, au nord- ouest de Naples. Cette lave en est sortie 
par deux cratères, celui de Soccavo et celui de Pianura: elle 
y est d'un gris cendré, à pores très-petites, traversée de 
veines et de stries de lave noirâtre. Elle renferme quelque- 
fois , disent Breislak. et Brocchi , des cristaux capillaires d'as- 
pect métallique, qui pourroient bien être, suivant ce dernier, 
du titane. On emploie le piperno à Naples comme pierre 
de construction, très-estimée par les architectes. 

On trouve cette même variété de basanite lavique dans 
l'île de Procida ; elle forme quelque partie des colonnes du 
quartier des soldats à Pompeia. Enfin, on la trouve aussi 
dans les monts Cimini , près Ronciglione , an lieu dit La 
Costa delVactfua di Cristo , etc. Elle est d'une couleur violâtre 
pâle; et toutes ressemblent plus ou moins complètement à la 
première décrite, c'est-à-dire à celle de la plaine des Ca- 
maldules. (B.) 

PIPÉRODENDRUM. (Bof.) Heister nommoit ainsi le schinus 
molle, qui est le poivrier des Espagnols, à cause du goût pi-^ 
quant de ses diverses parties. (Jv) 



pip io5 

PIPERONNIE. (Malacoz.) Nom italien de la venus clonisse 
et de la mactre poivrée , à cause de leur goût poivré. 
(De B. ) 

PIPÉRUS. (Bot.) C'est sous ce nom qu'on désigne en Sicile, 
suivant Césalpin, le papjrus , plante cypéracée, qui s'élève 
beaucoup plus haut que le souchet , dans le genre duquel 
Linnœus l'avoit placé, et qui constitue maintenant le genre 
Papyrus. (J. ) 

PIPET. {Ornith.) Salerne, pag. 296, donne ce nom comme 
synonyme de spipola, et ce terme, qui désigne le même oi- 
seau que spipoletta, s'applique à la farlouse on alouette des 
prés, alauda pratensis, Linn.; anthus arboreus, Bechst. ; et pipi 
des arbres, Vieill. (Ch. D.) 

PIPETTE. ( Ornith. ) On donne , dans le Nouveau Diction- 
naire d'histoire naturelle, ce nom comme appliqué, en gé- 
néral, aux pipis dans le département de la Somme. (Ch. D.) 

PIPI; Anthus, Bechstein. (Ornith.) On a déjà dit au mot 
Farlouse, tome XVI, pag. igS, de ce Dictionnaire, que les 
oiseaux extraits par Bechstein du genre Alauda, pour en for- 
mer celui d'Anthus, étoient les pipis de M. Vieillot et les 
farlouses de M, Cuvier, nom qui auroit été préférable pou¥ 
ne pas exposer à confondre les pipis avec les pit-pits. Les 
mêmes oiseaux avoient été décrits en partie dans le tome I.'' 
de cet ouvrage, sous la dénomination d' Alouettes pipèles, 
page 5o6 et suivantes, et ils y formoient la troisième section 
des alouettes. On a postérieurement désigné dans le Supplé- 
ment du même volume, pag. 127 et suiv. , la plupart des autres 
espèces comprises par M. Vieillot dans son genre Pipi, et 
dont quelques-unes (les pipis correndera , chii et Irun) y 
avoient été placées d'après les descriptions fournies par Don 
Félix de Azara, dans son Histoire naturelle des oiseaux du 
Paraguay , n.°' 146, 146 et 147. On croit , en conséquence , ne 
devoir parler ici que des espèces décrites pour la première 
fois, par M. Vieillot, sous les noms de Richard , rousset , austral, 
et leucophrjs , après avoir exposé les caractères par lui assignés 
au genre, et qui consistent dans un bec glabre à sa base, 
grêle, en alêne, droit, avec les bords un peu rentrant vers 
le milieu; une échancrure à l'extrémité de la mandibule su- 
périeure, qui est un peu plus longue que l'inférieure; des 



io6 PIP 

narines un peu ovales et légèrement couvertes par une inem- 
hrane; une langue cartilagineuse et fourchue à sa pointe j 
les extérieurs des trois doigts de devant réunis à leur origine; 
l'ongle du doigt postérieur crochu , et de la longueur du pouce 
chez les uns, plus long que ce doigt, presque droit, très- 
grêle et très-aigu chez les autres; point de penne bâtarde aux 
ailes, dont les trois premières rémiges sont les plus longues; 
les deux premières pennes secondaires alongées et dont la su- 
périeure atteint presque le bout de la première des pennes 
primaires; les intermédiaires échancrées à leur extrémité; la 
queue un peu fourchue et plus courte que l'aile. 

Les deux premières d"es quatre espèces ci -dessus indiquées 
sont rangées, p^tr M. Vieillot, dans sa première section, 
caractérisée par Vonglc du pouce presque droit et plus Long que 
le doigt. 

Le Pipi Kich akd , Anthus Richardi , a été consacré, par M. 
Vieillot, à M. Richard, de Lunéville , qui lui en a commu- 
niqué deux individus. L'auteur ajoute que M. Jules de La- 
motte, d'Abbeville, en conserve un troisième individu dans 
sa collection; mais il reconnoît que l'espèce, très - rare 
♦n France, a plusieurs rapports avec le bst , sjyl\>ia massi- 
liensis , Lath. ; et la pivote ortolane, sjlvia maculata , id. , cir- 
constances qui sembleroient annoncer qu'elle auroit besoin 
d'être examinée ultérieurement. Quoi qu'il en soit, elle est 
décrite dans le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle 
comme ayant six pouces six lignes de longueur totale , et étant 
de la grosseur de Talouette lulu. Le bec est long de sept 
lignes; les tarses ont treize lignes et demie; le doigt inter- 
médiaire avec l'ongle a onze lignes; l'extérieur, sept lignes; 
Tintérieur, six lignes et demie; le pouce, cinq lignes; l'ongle 
postérieur, sept lignes; la queue, deux pouces huit lignes; 
les ailes ont trois pouces six lignes ; les trois premières ré- 
miges sont égales et les plus longues de toutes; une penne 
secondaire est de leur longueur. 

Cet oiseau a le dessus de la tête tacheté de brun , sur un 
fond blanchâtre ; les paupières blanches , les plumes des 
oreilles roussàtres ; on voit un trait noir au bas des joues ; la 
gorge et le devant du cou sont blancs et ombrés de roux ; le 
haut de la poitrine et les flancs sont tachetés de brun sur un 



PIP i'7 

fond roussàtre; le dessus du corps présente aussi des taches 
brunes; les petites couvertures des ailes sont noirâtres et en- 
tourées de blanc ; leuis pennes sont brunes; la queue, égale- 
ment brune, est un peu fourchue; les deux premières pennes 
de chaque cAté sont blanches avec une bordure d'un bru a 
clair sur les barbes internes; la plus extérieure de ces deux 
jiennes a la tige blanche; cette tige est brune sur la seconde; 
les autres pennes sont bordées en dehors d'un roux qui de- 
vient presque blanc sur les bords des deux intermédiaires. 
Le cri de ces individus, qui ont toujours été vus seuls, a paru 
très-fort pour un si petit oiseau, et il n'étoit pas toujours le 
même. 

Le Pipi rousset, Anthus rufulus, Vieill. , est le plus petit 
du genre ; il n'a qu'environ cinq pouces de longueur totale. 
Cette espèce, qui vient du Bengale, se trouve au Muséum de 
Paris. Le dessus du corps ofFre des teintes brunes et fauves, 
dont les dernières occupent le bord des plumes. Le dessous 
est d'un roux clair qui blanchit sur le ventre , et est parsemé 
de taches brunes sur le bas du cou et la poitrine; les pennes 
alaires et caudales sont noirâtres, avec une bordure roussàtre. 
Le bec, brun en dessus, est jaunâtre en dessous; le tarse est 
verdàtre. 

Les deux autres espèces appartiennent à la seconde sec- 
tion, caractérisée par l'ongle du pouce arqué, et pas plus long 
que le doigt; ce sont les suivantes. 

Pipt AUSTRAT. ; Anthus australis , Vieill. Cet oiseau, rapporté 
des Terres australes, et qui se trouve, comme le précédent, 
au Muséum d'histoire naturelle , est plus fort que le pipi des 
arbres, et a environ six pouces et demi de longueur totalt- ; 
son bec, brun en dessus et à la pointe, est jaunâtre en des- 
sous. Le dessus de la tête est tacheté de brun foncé et de 
roussàtre: la gorge est d'un blanc pur, et l'on voit sur ses 
côtés un demi -collier de la même couleur; le devant du cou 
et la poitrine sont d'un blanc roussàtre , avec des taches 
brunes; les couvertures supérieures et les pennes des aile-- 
sont noirâtres et bordées de roussàtre; la première penne 
caudale est bianche, excepté sur le bord de ses barbes in- 
ternes; la seconde est coupée vers le milieu par un trait Iqn^ 
gitudinal brun ; le reste est noir. 



io8 pip 

Pin LEucoPHRYs ; Anlhus leucophrjys ,'Vieï\L Cet oiseau , d'une 
taille un peu supérieure à celle du pipi austral , et dont le 
bec est plus alongé et plus robuste, se trouve au cap de 
Bonne-Espérance et fait partie de la collection du Muséum 
de Paris. Le dessus du corps est d'un gris rembruni et tacheté 
de noirâtre sur la tête; le dessous est d'un blanc terne, avec 
quelques taches longitudinales brunâtres sur le devant du 
cou et sur la poitrine; les ailes et la queue sont brunes; les 
premières rémiges sont bordées extérieurement de noir, et 
la première penne caudale est d'un blanc terne. Le bec, brun 
en'dessus, est jaunâtre en dessous, et les pieds sont de cou- 
leur de chair. (Ch. D. ) 

PIPILE. [Ornith,) Cet oiseau est l'yacou pipile, penelopç 
pipile et cumanensis , Lath.; et crax pipile et cumanensis , Jacq. 
(Ch. D.) 

PIPILO. (Ornith.) Nom latin donné par M. Vieillot à son 
genre Touit. ( Ch. D.) 

PIPIO et MORT DE FROID. [Bot.) Selon Paulet on donne 
ces noms, dans le Périgord , à la grande coulemelle, aga- 
ricus procerus, Fers. Voyez à l'article Fonge. (Lem.) 

PIPIRI. {Ornith.) Ce liom a été donné, d'après son cri, à 
«n tyran d'Amérique, qu'on appelle aussi titiri. (Ch. D.) 

PIPISCAU. [Ornith.) Voyez Pifixcau- (Desm.) 

PIPISO. (Bot.) Sous ce nom péruvien est désignée dans les 
dessins de plantes, faits au Pérou par Joseph de Jussieu , une 
espèce de cantue à feuilles de chêne, que nous a\ioiis 
nommée canlua quercifolia. Elle se retrouve dans les herbiers 
rapportés par M. Bonpland. (J.) 

PIPISTRELLE. (Mamm.) Nom d'une espèce de chauve-souris 
du genre ^Vespertilion, G. (Voyez ce mot.) 

Ce nom est tiré de l'italien p/p(5fre//o. (F. C.) 

PIPIT. (Ornith.) Voyez Pit-Pit. (Ch. D.) 

PIPIXCAU. (Ornith.) Nom mexicain d'une mouette citée 
par Fcrnandez, chap. 89, et appliqué à la mouette rieuse 
de cette contrée, larus atricilla, Lath. (Ch. D.) 

PIPLARKA. (Ornith.) Nom suédois du pipi des buissons, 
alaiida sepiaria, Briss. , et anthus sepiarius, Vieill. (Ch. D.) 

PIPO. (Ornith.) Ce nom et celui de pipra sont donnes, en 
Italie, au petit épciche , pi'cws minor, Linn. (Ch. D.) 



PÎP 109 

PIPONE. (Ornith.) Camus, qui, dans le tome 2 de sa tra- 
duction de l'Histoire des animaux d'Aristote, pag. 65o, rend 
par ce mot le pipos de l'auteur gi*ec , lequel est caractérisé 
par la brièveté de ses jambes, regarde cet oiseau comme syno- 
nyme de pic en François. Voyez Pipra. (Ch. D. ) 

PIPPIT-LARK. (Ornith.) Nom anglois de l'alouette pipi 
ou pipi des buissons, alauda sepiaria , Briss. (Ch. D.) 

PIPRA. (Ornith.) Ce nom désignoit originairement dans 
Aristote les pics ou épeiches; mais il a été employé, par les 
ornithologistes méthodiques , comme nom latin et générique 
des manakins. (Ch. D.) 

PIPTATHERUM. (Bot.) Ce genre de graminée, fait par 
Beauvois, doit se confondre avec le Milium, dont il diffère 
seulement par la paillette extérieure, échancrée et arisftc. 
(J.) 

PIPTOCARPHE, Piptocarpha. (Bot.) Ce genre de plantes, 
proposé, en 1817 , par M. R. Brown , dans le douzième vo- 
lume des Transactions de la Société linnéenne (page 121), 
appartient à l'ordre des synanthérées , et probablement h 
notre tribu naturelle des inulées, section des gnaphaliées, 
dans laquelle nous avons hasardé de le placer (tom. XXIIÎ, 
pag. 56 1 ) entre les deux genres Ijloga et Cassinia. 

N'ayant point vu le Piptocarpha , nous empruntons a. 
M. Brown les caractères génériques et spécifiques que nous 
allons exposer. 

DioïqueP Calathide mule? régulariflore. Péricline turbiné, 
formé de squames imbriquées, sessiles , obtusiuscules, sca- 
rieuses, glabres, sans nervures et d'une contexture uniforme, 
les intérieures caduques. Clinanthe garni de squamelles dii- 
tinctes , presque semblables aux squames intérieures du pé- 
ricline, et tombant en même temps qu'elles. Faux? ovaires 
portant une aigrette blanche, composée de squamellules 
unisériées , filiformes. Corolles glabres , à limbe roulé en 
dehors. Anthères très- exertes, munies de deux appendices 
basilaires sétiformes , très- entiers. Style masculin P à deux 
stigmatophores filiformes, aigus, hispidules. Ca/at/iide/eme/Ze? 
inconnue. 

PiPTOCARPHE brésilienne: Piptocarpha hrasiliana , H. Cass. 
C'est un arbrisseau du Brésil, très-raraeux, probablement 



î>., PIP 

décombant; ses feuilles sont alternes, très-entières, blanche* 
en dessous; les calathides sont axillaires et terminales, fasci- 
culées. 

M. Jirown n'a point vu de fruits parfaits; et comme ils 
îoini^etît sans être mûrs, avec les squames intérieures du pé- 
ricline, et que les anthères sont très -saillantes en dehors, 
ce botaniste conjecture que la plante par lui décrite n'est que 
lindividu mâle d'une espère dioïque. 

Nous regrettons beaucoup que l'illustre auteur n'ait point 
énoncé son opinion sur les affinités naturelles du Piptocarpha, 
que nous ne pouvons gueres deviner d'après sa description, 
parce qu'elle n'est point assez complète , assez détaillée , 
assez minutieuse, pour nous mettre sur la voie de cette 
importante recherche. Le péricline scarieux., glabre et sans 
nervures, les anthères munies d'appendices basilaires séti- 
formes, l'aigrette blanche et unisériée, les corolks glabres. 
les squamelles du clinanthe tombant avec les squames inté- 
rieures dii péricline, les feuilles très- entières et blanches ea 
dessous, la tige ligneuse, les périclines turbines et fascicu- 
les, etc., nous ont fait présumer que \e piptocurpha étoit une 
inulée-gnaphaliée, voisine du cassima, et c'est pourquoi nous 
avons rapproché ces deux genres dans notre tableau des 
inulées. Mais les stigmatophores filifnrmes , aigus, hispi- 
(iules, nous inspirent des doutes, et nous font penser que le 
genre en question appartient peut-être à la tribu des ver- 
noniées, dans laquelle il seroit voisin, soit de VOiigocarpha, 
soit des l'essaria et Monarrhenus, soit du Pluchea, Ai .si , jus- 
qu'à ce que nous ayons pu observer nous-mêuiele Piptocar- 
pha, nous considérons comme douteuse la place qu'il doit 
occuper dans notre classibcation naturelle des Syucnthérées, 
Cependant nous croyons devoir le laisser provisoirement au- 
près du Cassinia, qui se trouve ainsi rangé entre le Piptocur- 
pha, qui le précède, et ÏAmmobiurn , qui le suit. Ce genre 
AmmoOium est évid( mment intermédiaire entre le Cassinia, 
auquel il confine par le moyen de la Cassinia spectahdis, a 
tige herbacée, à feuilles décurrentes, lanctolées, etïixodia^ 
dont il se rapproche a cause de son aigrette réduite a un 
simple rebord denté. 

Le nom de Piptocarpha paroit être composé de deux mots 



PIP 111 

grecs, qui signifient paillettes tombantes, pour faire allusion 
sans doute aux squamelJes du clinanthe, qui sont caduques. 
(H. Cass.) 

PIPTOCOME, Piptocoma. (Bot.) Ce genre de plantes, que 
nous avons d'abord proposé dans le Bulletin des sciences de 
Janvier 1817 (page lo), et que nous avons ensuite plus 
amplement décrit dans le Bulletin d'Avril 1818 (page 58), 
appartient à l'ordre des synanthérées et à notre tribu natu- 
relle des vernoniées. Voici ses caractères. 

Calathide incouronnée, équalitlore , pluriflore , réguiari- 
flore, androgyniflore. Féricline inférieur aux fleurs, court, 
ovoïde-cylindracé, formé de squames imbriquées, appliquées, 
ovales, coriaces. Clinanlhe petit, nu. Ovaires pentagones, 
striés longitudinalement ; aigrette double ; l'extérieure sté- 
phanoïde , coriace, irrégulièrement découpée; l'intérieure 
composée de cinq squameilules très- caduques , laminées, 
longues, étroites, linéaires, à peine denticulées sur les bords. 
Corolles arquées en dehors, à cinq divisions longues, demi- 
lancéolées, parsemées de glandes. Style et stigmatophores de 
vernoniée. 

Nous ne connoissons qu'une seule espèce de ce genre. 
PiPTOCOME roussatre; Piptocoma rufescens , H. Cass., Bull, 
soc. philom., A-n;'il 1818, page 68. Arbrisseau couvert d'un 
coton rou.ssàtre formé par un amas de poils disposés en 
étoiles; tige ligneuse, rameuse, cylindrique; feuilles alternes, 
courtement pétiolées, ovales, entières, à face supérieure 
ridée, scabre , hispidule, à face inférieure nervée, suhréti- 
culée, cotonneuse; calathides disposées en corymbe terminal; 
chaque calathide composée d'environ douze fleurs probable- 
ment purpurines. 

Nous avons fait cette description spécifique, et celle des 
caractères génériques, sur un échantillon sec, recueilli dans 
l'île de Saint-Domingue par Desportes, et qui se trouve 
dans l'herbier de M. de Jussieu. - 

L'arbuste auquel appartient cet échantillon, constitue un 
genre immédiatement voisin rie notre Oliganthes, décrit dans 
ce Dictionnaire (tome XXXVI, pag. 18). La principale dif- 
férence générique réside dans l'aigrette extérieure, qui est 
stéphanoïde, c'est-à-dire en forme de couronne , cbez le 



113 PIQ 

Piptocoma , tandis que chez VOligantlies cette aigrette exté- 
rieure est composée de squamellules distinctes, qui ne dif- 
fèrent de celles de Taigrette intérieure que parce qu'elles 
sont beaucoup plus courtes; en sorte que l'aigrette de VOIi- 
ganthes est, selon nous, plutôt bisériée que double, toutes 
les pièces dont elle est composée étant parfaitement uni- 
formes , quoiqu'inégales et disposées sur deux rangs. 

Le nom de Piptocoma^ composé de deux mots grecs, qui 
signifient chevelure tombante, fait allusion à l'aigrette inté- 
rieure, qui est très-caduque. (H. Cass.) 

PIFUNCULE, Pipunculus. (Entom.) Nom que M. Latreille a 
donné à un genre de mouches, insectes diptères, de la fa- 
mille des chétoloxes, dont le dernier et le deuxième article 
des antennes sont en fer d'alêne ; telle est la musca cepha- 
lotes, Bosc. (CD.) 

PIQUANS. (Bot.) Sous le nom de pîquans sont compris tous 
les prolongemens durs et acérés dont les végétaux sont armés. 
On en distingue de deux sortes : i.° ceux qui proviennent de 
la partie vasculaire du tissu et ne peuvent être séparés de l'in- 
dividu qui les porte sans rupture ou sans déchirement très- 
marqué : ce sont les épines ; 2.° ceux qui sont formés d'un 
simple tissu cellulaire , endurcis etn'adhérant qu'à l'épiderme ; 
de sorte qu'on les détache sans même ofFAser lécorce : ce 
sont les aiguillons. 

L'épine-vinette , le groseiller et la plupart des arbres du Le- 
vant ont des épines au lieu de stipules. Plusieurs mimosa de la 
Nouvelle-Hollande, plusieurs asperges de PEurope méridio- 
nale , de l'Afrique , des Indes , ont des épines au lieu de feuilles. 
Les nervures des feuilles du houx s"alongent en épines. La 
surface des feuilles de quelques solanum est couverte d'épines 
dont la base repose sur les nervures. Des épines divergentes 
entourent la base des petites feuilles des cactus. Les pédoncules 
du mesemhryanthemum spinosum , les pétioles de ïastragalus 
Iragacantha, survivent aux fleurs et aux feuilles et deviennent 
des épines. Le prunier épineux, Velœagnus angustifolia et une 
multitude d'autres arbres portent des rameaux terminés par 
une épine ou par un bouton , suivant qu'ils viennent dans une 
terre maigre ou dans une terre substantielle. La chicorée 
épineuse et lamolène épineuse, qui croissent sur les sables 



PIQ ii3 

maritimes de la Crète , perdent leurs épines dans nos jar- 
dins. 

Le tronc et les branches du zanihoxjlum clavatum sont cou- 
verts d'aiguillons coniques d'une grosseur démesurée et d'un» 
organisation fort remarquable. Ils sont composés de couches 
cellulaires très-épaisses, placées par assises les unes au-dessus 
des autres. Ils grandissent, selon toute apparence, au moyen 
de nouvelles couches qui s'interposent entre la plus ancienne 
et Técorce. 

Le hura crepitans porte également des aiguillons sur son tronc 
et sur ses branches. Ce sont des prolongemens endurcis de 
l'écorce qui recouvrent des mamelons ligneux, comme les 
cornes recouvrent les deux apophyses coniques des os fron- 
taux du bœuf ou de la gazelle. 

On ne sait pas jusqu'à quel point la présence des épines et 
des aiguillons influe sur les opérations de la vie végétale. Mal- 
pighi attribue à ces piquans la propriété d'élaborer la sève. 
Rien ne prouve qu'il en soit ainsi. Linné cherche la raison 
de leur existence dans les causes finales. A l'entendre, le du- 
vet et la laine auroient été donnés aux plantes pour les ga- 
rantir de l'intempérie des saisons , et elles auroient été pour- 
vues de soies, d'épines, d'aiguillons, pour qu'elles fussent 
en état de se défendre contre les attaques des animaux. Mais 
cette explication, si pou d'accord avec les faits connus, n'est 
pas moins vicieuse sous un autre point de vue : chercher 
dans les harmonies qui résultent de la coexistence des êtres 
la cause de certaines structures particulières, n'est-ce pas 
éteindre de plein gré le flambeau de l'observation et de l'ex- 
périence ? 

Il y a peu de végétaux armés de piquans dans les climats 
tempérés; il y en a au contraire un très-grand nombre dans 
les climats chauds. Ces végétaux rendent les forêts imprati- 
cables, et sont un puissant obstacle aux conquêtes de l'homme 
sur la nature agreste et sauvage. Mirbel, Elém. (Mass.) 

PIQUANTE [Feuille]. (Bol.) Feuille terminée par une 
pointe dure; exemples: ruscus aculeatus, yucca, ulex europceus, 
etc. (Mass.) 

PIQUE. (IchthfoL) Nom spécifique d'un Lutjan. Voyez ce 
mot. (H. C.) 



114 PIQ 

PIQUE-BŒUF {Ornîth.); Buphaga, Briss., Linn., Lath. Ce 
genre, dont on ne connoît qu'une espèce, est de l'ordre de» 
oiseaux sylvains; il a pour caractères : un bec droit, entier, 
obtus, et dont chaque mandibule est renflée à la pointe; des 
narines situées à la base du bec et à moitié fermées par une 
membrane voûtée; une langue cartilagineuse et pointue; 
l'externe des trois doigts de devant soudé à la base avec 
celui du milieu; des ongles arqués et aigus ; des ailes mé- 
diocres, dont la première rémige est très- courte, et dont les 
deux suivantes sont les plus longues. 

Pique- BŒtF d'Afrique; Buphaga africana, Linn., pi. enl. 
de BufiFon, n." 193, et de Levaillant, Afr., tome 2 , n.° 97. 
Cet oiseau , qui a d'abord été décrit par Brisson , tome 2 , 
pag. 436 et suivantes, sous le nom de buphagus, et d'après un 
individu envoyé du Sénégal par Adanson, l'a été depuis par 
Levaillant, qui en a trouvé plusieurs petites bandes de six à 
tuit, réunies, dans le pays des grands Namaquois, parmi les 
troupeaux de bœufs, de buffles et de gazelles. Le pique- 
bœuf est à peu près de la taille de notre plus petite grive , 
et sa longueur est de huit pouces; la tête, le cou, le man- 
teau , les scapulaires et les couvertures des ailes sont d'un 
brun roussàtre; le dessous du corps est d'un fauve clair, et 
plus blanc sur Pabdomen et les plumes anales ; les ailes sont 
d'une teinte plus sombre dans leurs j, barbes extérieures et 
fauves intérieurement; les douze pennes caudales sont éta- 
gées et pointues; le bec, d'un rouge vermillon à la pointe , 
est jaune à sa base; les yeux sont d'un brun rouge; les pieds 
et les ongles brunâtres; les ailes, pliées, atteignent le milieu 
de la queue. La femelle, longue de sept pouces cinq lignes, 
ne diffère du mâle que par les couleurs du bec , qui sont plus 
ternes. 

Ces oiseaux, cramponnés sur le dos des bœufs, pincent 
fortement le cuir dans les endroits où la présence des larves 
d'oestres y forme une élévation , et les font sortir avec 
effort, mais sans résistance de la part des animaux, qu'ils 
débarrassent d'insectes parasites. Ils sont très -farouches et 
font entendre un cri aigre au moment où ils s'envolent. 
On ne connoît pas les lieux où ils construisent leur nid. 
(Ch. D.) 



PIQ ii5 

PIQUE-BOIS. (Ornith,) On appelle ainsi vulgairement, 
dans le département de la Meurthe, le pic noir, picus mar- 
tius, Linn. ( Ch. D.) 

PIQUE-BROQUE, PIQUE-BROT , BÊCHE ou COUPE- 
BOURGEON. {Entom,) Les agriculteurs, les vignerons 
nomment ainsi les larves de certains gribouris, des attélabes 
ou des eumolpes, et les insectes eux-mêmes, qui attaquent 
les jeunes pousses des arbres et de la vigne, pour déposer 
leurs œufs dans les feuilles ; Pancien nom de broques signi- 
fiant jeunes pousses ou têtes de rejetons. (C. D.) 

PIQUE- MOUCHE. {Ornith.) Un des noms vulgaires de la 
mésange charbonnière, parus major, Linn. ( Ch. D.) 

PIQUE- VÉRON. (Ornith.) L'alcyon ou martin-pêcheur 
commun, alcedo ispida, Linn., porte vulgairement ce nom ou 
celui de pêche -véron. (Ch. D.) 

PIQUEREAU. {Ornith.) L'oiseau , ainsi nommé en Savoie, 
est le casse-noix, connus carjocatactes, Linn. (Ch. D.) 

PIQUÉRIE, Piqueria. (Bot.) Ce genre de plantes, établi 
en 1794 par Cavanilles dans le troisième volume de ses 
Icônes et descriptiones (pag. ig, lab. 235), appartient à l'ordre 
des synanthérées, à notre tribu naturelle des eupatoriées, 
et à la section des eupatoriées - agératées , à la fin de la- 
quelle nous l'avons placé, en le rangeant à la suite du genre 
Adenostemma. (Voyez notre tableau des Eupatoriées, tome 
XXVI, page 227.) 

Voici les caractères du genre Piqueria, tels que nous les 
avons observés sur deux espèces, nommées trinervia et quin- 
quejlora, 

Calathide oblongue, cylindracée, incouronnée, équaliflore, 
quadri-quinquéflore, régulariflore, androgyniflore. Péricline 
cylindracé, inférieur ou à peu près égal aux fleurs; formé de 
quatre ou cinq squames unisériées , égales , appliquées, embras- 
santes, elliptiques ou oblongues, subfoliacées. Clinanthe petit, 
plan, nu. Ovaires oblongs, épaissis de bas en haut, obpyrami- 
daux, pentagones , glabres ou glabriuscules, munis de cinq; 
côtes et d'un pied articulé ; aigrette nulle. Corolles à cinq 
divisions. Anthères privées d'appendices basilaires, et même 
d'appendice apicilaire. Style d'eupatoriée, à base glabre. 
On connoît quatre espèces de Piqueria. 



îi6 PIQ 

PiQU^RiE A FEUILLES TRTNERVÉEs ; Piquerîa trincrvia , Cavan. , 
Je. et descr. , tome 3, pag. ic), tab. 235. C'est une plante du 
Mexique, herbacée, à racine vivace, haute de trois à six 
pieds, glabre, sauf deux rangées de poils qui parcourent la 
tige et ses branches; les feuilles sont opposées, lancéolées, 
dentées en scie, trinervées, étrécies à leur base en pétiole 
canaliculé; les calathides, composées de quatre fleurs blanches, 
sont petites, nombreuses, et disposées en corymbes termi- 
naux, très-rameux; les quatre squames de leur péricllne 
sont mucronées. 

PiQUÉRiE POILUE; Piquepia pilosa, Kunth , Noi'. gen. et sp. 
pL, tom. 4, pag. i53. Cette seconde espèce, trouvée dans 
le Mexique par MM. de Humboldt et Bonpland , est herbacée 
et vivace , comme la précédente , à laquelle elle ressemble 
beaucoup , mais dont elle diffère principalement en cft 
qu'elle est garnie de poils glanduleux , un peu visqueux; 
ses feuilles sont pétiolées, ovales- oblongues , grossièrement 
dentées en scie; les calathides sont composées de quatre fleurs 
blanches, contenues dans un péricline de quatre squames, 
comme celles de la première espèce ; mais elles sont presque 
doubles en grandeur. 

PiQUÉRiE A CALATHIDES QuiNQuépLOREs ; Piqucrla quinqueflora, H. 
Cass., Bull. SOC. philom., Août 1819, pag. 128. Tige ligneuse, 
longue d'un pied (dans l'échantillon incomplet par nous dé- 
crit), droite, rameuse, cylindrique, glabre inférieurement, 
couverte supérieurement de poils cotonneux, roussâtres, 
peut-être glutineux sur la plante vivante. Feuilles opposées, 
pétiolées, glabriuscules, munies de trois nervures ^princi- 
pales, et parsemées de glandes transparentes, irrégulières; 
pétible long d'un demi-pouce; limbe ayant environ un pouce 
et demi de longueur et autant de largeur, presque triangu- 
laire, inégalement lobé, à lobes aigus, un peu dentés. Ca- 
lathides disposées en corymbes au sommet de la tige et des 
rameaux; corymbes composés d'une innombrable multitude 
de calathides oblongues, cylindracées , sessiles ou presque 
sessiles, rapprochées en plusieurs faisceaux, et comme en- 
tassées au sommet des ramifications, qui sont accompagnées 
de quelques bractées, et qui semblent enduites d'un vernis 
visqueux, ainsi que les périclines. Chaque calathide corn- 



PIQ 117 

posée de cinq fleurs, à corolle jaune (sur Téchanfillon sec). 
Péricline à peu près égal aux fleurs, cylindracé , formé de 
cinq squames oblongues, subfoliacées, striées longitudinale- 
ment, terminées par une sorte d'appendice subulé. Ovaires 
glabriuscules. 

Nous avons fait cette description sur un échantillon sec 
de l'herbier de M. de Jussieu , recueilli au Pérou par 
Dombey. 

PiQUÉRiE FAUSSE -ARMOISE : Piqueria artemisioides , Kunth , 
loc. cit.; An? Flaveria peruifiana , Juss. , Gen. plant,, pag. 187. 
C'est un arbrisseau d'environ six pieds, très-rameux, entiè- 
rement glabre, ayant le port d'une armoise; ses feuilles sont 
courtement pétiolées, lancéolées, bordées de dents peu ma- 
nifestes et distantes; les calathides sont très- petites, panicu- 
lées , et disposées en épis sur les derniers rameaux des pani- 
cules, qui sont très-rami(iées , étalées, garnies de feuilles; 
chaque calathide est composée de quatre fleurs blanches, 
contenues dans un péricline de quatre squames, dont le som- 
met est arrondi et mulique. Cette dernière espèce a été 
trouvée dans la province de Quito. 

Cavanilles, auteur du genre Piqueria, n'a connu qu'une 
seule espèce, par lui décrite et figurée sous le nom de pi- 
queria trinervia; et il a pensé que ce genre étoit caractérisé 
par la calathide composée de quatre fleurs, et le péricline 
formé de quatre squames. M. Kunth , qui a décrit deux autres 
espèces, nommées pi7osa et artemisioides , admet les deux ca- 
ractères génériques proposés par Cavanilles, et il ajoute que 
la couleur blanche est propre aux corolles de toutes les es- 
pèces du genre. En visitant les synanthérées de Pherbier de 
M- de Jussieu, nous trouvâmes parmi les eupatoires, une 
plante innommée, recueillie dans le Pérou par Dombey, et 
qui nous parut devoir indubitablement appartenir au genre 
piqueria , quoique ses calathides fussent composées de cinq 
fleurs, que leur péricline fût formé de cinq squames, et que 
les corolles fussent jaunes, au moins sur l'échantillon sec. 
Cette nouvelle espèce, qui diffère beaucoup des trois autres , 
et qui même exige quelque modification dans les caractères 
attribués au genre, étoit par cela même assez remarquable 
pour mériter d"être connue des botanistes. C'est pourquoi 



îi8 PIQ 

BOUS leur en présentâmes la description dans le Bulletin 
des sciences d'Aoïit 1819, où nous ayons nommé cette es- 
pèce piqueria quinquejlora. Quoique les corolles soient jaunes 
sur l'échantillon sec, il ne seroit pas impossible qu'elles 
fussent blanches sur la plante vivante. Notre piqueria qiiin- 
quejlora nous semble intermédiaire entre la pilosa, à laquelle 
elle ressemble par sa pubescence, ainsi que par les squames 
de son périchne subulées au sommet, et Vartemisioides, dont 
elle se rapproche par sa tige ligneuse. Remarquons aussi que 
les deux espèces péruviennes sont ligneuses, tandis que les 
deux espèces mexicaines sont herbacées. 

La piqueria ar terni sioides de M. Kunth nous paroit être la 
Jlaveria peruviana de M. de Jussieu , et seroit ainsi la plus 
ancienne espèce connue. Nous nous souvenons très- bien d'a- 
voir autrefois observé cette prétendue Jlaveria dans l'herbier 
de M. de Jussieu, et d'avoir reconnu que c'étoit une vraie 
Piqueria. M. de Jussieu lui-même, en 1806, dans un de ses 
Mémoires sur les Composées, insérés dans les Annales du 
Muséum, avoit dit qu'il faudroit peut-être réunir sa fla^eria 
peruviana au genre Piqueria de Cavanilles. 

Dans notre second Mémoire sur les Synanthérées, publié 
dans le Journal de physique d'Avril 1814, nous avons an- 
noncé (pag. 275)) que la Piqueria Irinervia offroit une ano- 
malie unique dans toute cette grande famille, en ce que 
ses étamines étoient absolument privées d'appendices apici- 
îaires. ha. piqueria quinquejlora, que nous avons observée de- 
puis, nous a présenté la même particularité. Nous regrettons 
beaucoup que M. Kunth, d'ailleurs si exact dans ses descrip- 
tions, ait négligé cette observation intéressante sur les deux 
espèces qu'il a décrites; mais il est infiniment probable que 
ce singulier caractère est propre à toutes les espèces du genre 
Piqueria. 

Dans la piqueria trinervia, le 61et de l'étamine est hérissé 
de papilles piliformes; l'anthère est jaune , et le pollen 
blanc; l'appendice apiciiaire est absolument nul, parce que 
ie connectif, qui est large, se termine brusquement en un 
sommet arrondi, au niveau de la sommité des loges, au lieu 
de se prolonger plus haut pour former l'appendice. Le tube 
de la corolle est extrêmement court, et tout hérissé de longs 



PIR 119 

poils articulés. Le pied de l'ovaire est très -remarquable, et 
ressemble beaucoup à un vrai pédoncule : c'est un corps cy- 
lindrique, courbé en crochet, assez long, épais, charnu, 
vert, dont le sommet s'insère dans une échancrure située 
au-dessus de la base de l'ovaire sur le côté intérieur, et dont 
la base est implantée sur le clinanthe; il se détache facilement 
du clinanthe , mais demeure fermement attaché à l'ovaire. 
L'appendice collectifère des stigmatophores a le sommet un 
peu élargi et épaissi. (H. Cass.) 

PIQUITINGA. {Ichthyol.) Nom donné par Marcgrave à un 
poisson du Brésil. (H. C. ) 

PIQURE DE MOUCHES. (Conchyl.) Nom vulgaire du co- 
nus stercus muscarum , Linn. (De B. ) 

PIRA-ACANGATARA. (Ichthyol.) C'est le nom d'un poisson 
du Brésil, dont parle Rai dans son Sjnop. meth. Pise., p. 147. 
(H. C.) 

PIRA-EMBU. (Ichthyol.) Au Brésil, selon les voyageurs, 
on appelle ainsi un poisson, dont la chair est très- estimée 
et qui porte dans la bouche deux larges concrétions lithoïdes, 
que les sauvages recherchent avidemment comme des orne- 
mens et qu'ils portent autour de leur cou. (H. C.) 

PIRA-IPOUCHI. (Ichthfol.) Thevet donne ce nom à un 
poisson d'Amérique, aussi mauvais que difforme; mais les 
détails dans lesquels il entre à son sujet, ne permettent point 
de le classer. (H. C.) 

PIRA-JURUMENBECA ou BOCCA- MOLLE. (Ichthyol.) 
Au Brésil, d'après Marcgrave et Jonston , on appelle ainsi 
uu poisson de mer, long de plusieu^ pieds et qui se plait 
dans la fange. (H. C.) 

PIRA-PIXANGA. (Ichthyol.) Nom spécifique d'un Holo- 
CENTRE , que nous avons décrit dans ce Dictionnaire , tome 
XXI, page 3oo. (H. C.) 

PIRAACA. (Ichthyol.) Rai et quelques autres auteurs ont 
parlé sous cette dénomination d'un poisson du Brésil, qui 
paroi t être Valutère monocéros. Voyez Alutère et Bauste. 
(H. C.) 

PIRABE. (Ichthyol.) Daubenton et Haiiy, dans l'Encyclo- 
pédie méthodique, ont donné ce nom à ï exocet volant. Voyei 
Exocet. (H. C.) 



150 PIR 

PIRABÈBE et PIRABÈLE. (Ichlhjol.) Voyez Dactyloftère. 
(H.C.) 

PIRACOABA. {Ichthyol.) Pison , Ruysch , Rai et quelques 
autres ont parlé sous ce nom d'un poisson du Brésil, qui pa- 
roît avoir quelque ressemblance avec l'anchois et la sardine. 
Il brille de l'éclat de Pargent et a une chair tendre et d'une 
saveur agréable. (H. C.) 

PIRiEA. (Bot.) Cette plante de Théophraste, qui est le 5e- 
lago de Pline , suivant Guilandinus, est assimilée par C. Bauhin 
à une bruyère, erica scoparia. (J. ) 

PIRAGUERS. (IchtliyoL) Le voyageur Frézicr parle sous 
cette dénomination d'un poisson des mers de l'ile Sainte- 
Catherine, long de quatre à cinq pieds, assez ressemblant à 
la carpe, ayant de fort grandes écailles et une chair d'une 
extrême délicatesse. (H. C. ) 

PIRANTHA. {Jchthjol.) Voyez Piraya. (H. C.) 

PIRAQUIBA. (Ichthfol.) Nom brasilien du rémora. Voyez 

ECHÉNÉÏDE. (H. C. ) 

PIRARDA. (Bot.) Le genre de composées qu'Adanson dé- 
signe sous ce nom, avoit déjà reçu de Vaillant celui de bal- 
samita, qui a été adopté par M. Desfontaiues et Willdenow, 
Voyez ci- après Pirarde. ( J. ) 

PIRARDE, Pjrarda. (Bot.) Ce nouveau genre de plantes: 
que nous proposons, appartient à l'ordre des synanthérées, 
à notre tribu naturelle des inulées, et à la section des inii- 
lées-buphthalmées, dans laquelle nous le plaçons entre les 
deux genres EgleLes et Grangea. ( Voyez notre tableau des 
Inulées, tome XXIII ,gpag. 566.) 

Le genre Puarda présente les caractères suivans. 

Calathide globuleuse, discoïde : disque multiflore, régula^ 
riflore, androgyniflore; couronne bisériée, multiflore, tubu- 
liflore , féminiflore. Péricline à peu près égal aux fleurs, 
probablement subhémisphérique ; formé de squames bi-trisé- 
riées, un peu inégales, appliquées, ovales, arrondies au 
sommet, foliacées. Ciinanthe hémisphérique, nu. Ovaires 
f<essiles ou presque sessiles, courts^ cunéiformes, comprimés 
bilatéralement, comme tronqués au sommet, glabriuscules; 
aigietlc composée de squamellules unisériées , contiguës ou 
distancées, libres, à peu près égales, irés- étroites ; subulées. 



PIR 

capillaires en apparence, mais réellement laminées, mem- 
braneuses, parfaitement nues. Corolles du disque à cinq di- 
visions. Corolles de la couronne à tube long et grêle ; à 
limbe court, étroit, divisé inégalement, irrégulièrement et 
variablement , en trois ou quatre lobes linéaires. 

PiRARDE FAUSSE-cÉRTJANE : Pjrarda ceriianoides , H. Cass. , Dict., 
hic; Grangea ceruanoidcs , H. Cass., Dict., tom. XIX, pag. 007. 
C'est une plante herbacée, dont la tige, haute d'environ un 
pied, est dressée ou ascendante, épaisse, cylindrique, un 
peu striée, velue, rameuse, très-garnie de feuilles; les 
feuilles sont alternes, sessiles, demi-amplexicaules, oblongues, 
pinnatifides, à lanières oblongues, obtuses, entières; la base 
de la feuille est élargie, arrondie, un peu échancrée et au- 
riculée; les deux faces sont hérissées, comme la tige, de 
longs poils subulés, articulés; 'chaque rameau porte un petit 
corymbe d'environ quatre calathides larges de trois lignes et 
composées de fleurs jaunes; l'une de ces calathides termine 
le rameau ; les trois autres sont portées chacune par un long 
pédoncule grêle, nu ou pourvu d'une ou deux bractées, qui 
nait dans l'aisselle d'une petite feuille bractéiforme. 

Nous avons fait cette description, générique et spécifique, 
sur un échantillon sec , recueilli dans le Sénégal , et qui 
nous a été donné par M. Gay. Un autre échantillon de la 
même plante avoit été autrefois observé par nous dans 
l'herbier de M. de Jussieu , où il étoit étiqueté Grangea ma- 
deraspatana, et nous l'avions mentionné, sans le décrire, 
dans ce Dictionnaire (article Orangée, tom. XIX, pag. 007), 
sous le nom de Grangea ceruanoides , en faisant remarquer 
que ses caractères génériques différoient de ceux du vrai 
Grangea, en ce que les ovaires n'étoient point prolongés au 
sommet en un col, et que leur aigrette étoit divisée jusqu'à 
la base en lanières complètement libres. Il nous semble que 
cette plante peut former un genre, ou sous-genre, suffisam- 
ment distinct par ses ovaires tronqués au sommet, absolu- 
ment privés de bourrelet apicilaire, et par leur aigrette 
composée de squamellules distinctes et libres. Dans le vrai 
Grangea, le sommet de l'ovaire offre un bourrelet apicilaire 
très-élevé, cylindracé, formant une sorte de col; et l'aigrette 
est stéphanoïde, courte, épaisse, charnue, entière et cupu- 



122 PIR 

liforme infërieurement, divisée supérieurement en laniènes 
subulées. La Grangea galamensis, mentionnée par nous dans 
l'article cité ci -dessus, mais que nous n'avons pas suflisam- 
ment étudiée, appartient peut-être au genre Pjrarda, parce 
que ses ovaires sont dépourvus de col, et quoique les squa- 
mellules de leur aigrette soient entregreffées à la base. 

Ce nouveau genre, très-analogue au Grangea, se rapproche 
aussi beaucoup de VEgletes, surtout par la forme de l'ovaire 
ou du fruit, et doit par conséquent s'interposer entre eux. 
Son aigrette ressemble à celle du Ceruana. Les ovaires du 
disque sont absolument sessiles ; ceux de la couronne sem- 
blent un peu stipités. 

Adanson a proposé, sous le nom de Pirarda, un genre 
fondé sur la Balsamita œgjyptia de Lippi, que Vaillant rap- 
portoit à son genre Balsamita , en la nommant Balsamita 
eegyptiaca, virgœ aureœ folio , Jlore purpurascente, M. de Jus- 
sieu , qui rapportoit aussi le Pirarda au Balsamita, ayant eu 
la complaisance de nous communiquer l'échantillon authen- 
tique étiqueté par Lippi, nous avons acquis la preuve cer- 
taine que cette plante est Vethulia conyzoides de Linné, 
comme nous le soupçonnions précédemment. Le genre Pi- 
rarda d'Adanson est donc le même que VElhulia; et par 
conséquent le nom de Pirarda restant sans emploi, nous 
pouvons l'appliquer au nouveau genre décrit dans le présent 
article, Adanson n'indique point l'étymologie de ce nom 
générique, que nous supposerons dédié à la mémoire de 
Pyrard, voyageur françois, qui fit naufrage sur les îles Mal- 
dives, en 1602 , et à qui nous devons la seule relation détail- 
lée sur ce pays (Malte-Brun, Préc. de la Géogr. univ., tom. 
4, pag. 126). C'est pourquoi nous écrivons Pjrarda, au lieu 
de Pirarda , en observant qu'Adanson , pour se conforme» 
exactement à son bizarre système sur l'orthographe, à dû 
substituer l'i à l'y, dans le nom dont il s'agit (voyez Fam. des 
pi. , tom. 1 , pag. clxxxij ). 

On pourroit considérer le genre Grangea comme composé 
de trois sous -genres, intitulés Pjrarda, vrai Grangea, Cen- 
tipeda. Nous avons indiqué (tom. XIX, pag. 3o6) les carac- 
tères qui distinguent le Centipeda du vrai Grangea. 

Les rapports très -intimes qui existent entre le Pjrarda 



PIR i-^S 

et le Ceruana, nous conduisent à décrire ici une nouvelle 
espèce de ce dernier genre. 

Ceruana rotiindifolia, , H. Cass. Tige herbacée , haute de 
plus d'un pied (dans l'échantillon incomplet que nous dé- 
crivons), épaisse, cylindrique, velue, dressée, très-ramifiée 
eupérieurement en une large panicule ; feuilles alternes, 
plus ou moins velues sur les deux faces; les inférieures 
longues d'environ deux pouces et demi, larges d'environ un 
pouce et demi, à base un peu échancrée, presque semi-am- 
plexicaule, comme auriculée, à partie inférieure subpétioli- 
forme, largement linéaire ou rubanaire, très- entière sur ses 
bords, à partie supérieure subitement élargie, suborbicu- 
laire , découpée sur ses bords, par des sinus peu profonds, 
en sept lobes arrondis, plus ou moins sinués; les feuilles 
supérieures graduellement plus petites, variables, ordinai- 
rement comme spatulées, à partie supérieure dentée, cré- 
nelée ou sinuée ; calathides nombreuses , paniculées ; les 
unes terminales en apparence, mais latérales ou axillaires 
en réalité; les autres latérales ou axillaires en apparence, 
mais terminales en réalité : en effet, une calathide naît 
d'abord à l'extrémité d'un rameau; presque immédiatement 
au-dessous d'elle naît, dans l'aisselle d'une petite feuille, un 
rameau grêle, pédonculiforme, nu, terminé par une cala- 
thide, qui s'élève plus haut que la précédente et s'épanouit 
plus tard , en sorte que la dernière paroit terminale et 
l'autre latérale; chaque calathide accompagnée à sa base 
d'une ou deux petites feuilles bractéiformes, analogues aux 
squames extérieures du péricline, mais plus grandes-, c'est 
de l'aisselle de l'une de ces feuilles que nait le rameau pé- 
■donculiforme ; corolles jaunes. 

Calathide subhémisphérique, non radiée, mais discoïde : 
disque multiflore, régulariflore , androgyniflore ; couronne 
plurisériée , multitlore , tubuliflore , féminiflore. Péricline 
un peu supérieur aux fleurs, irrégulier, formé de squames 
inégales; les extérieures plus grandes, inégales, plus ou 
moins supérieures aux fleurs, uni-bisériées, dressées, à peu 
près appliquées, au moins par le bas, foliacées, ovales-ai- 
guës, bractéiformes et formant une sorte d'involucre; les 
intérieures à peu près égales entre elles, égales aux fleurs. 



^24 PIR 

uni-bisi5riées , appliquées, coriaces, ovales -oblongues. Cli- 
nanthe plan , garni de squamelles à peu près égales aux fleurs, 
oblongues, planes, coriaces, uninervées, un peu étrécies vers 
la base, à sommet aigu et subfoliacé. Ovaires du disque et 
de la couronne très -comprimés, obovales-oblongs, glabrius- 
cules, munis d'un bourrelet apicilaire qui simule une aigrette 
stéphanoide; aigrette née du bourrelet apicilaire, et com- 
posée de squamellules nombreuses, unisériées, contiguës ou 
distancées (rarement entregreffées plus ou moins à la base), 
inégales, très-courtes, très-fines, presque semblables à des 
poils, filiformes -laminées, subulées, membraneuses, molles, 
parfaitement nues. Corolles de la couronne à tube long et 
grêle, à limbe divisé jusqu'à sa base en trois ou quatre la- 
nières longues, étroites, linéaires, étalées en tous sens. Co- 
rolles du disque à tube court, à limbe obconique , divisé 
supérieurement en quatre ou cinq lobes ovales, aigus. An- 
thères privées d'appendices basilaires. Style d'Inulée-Buph- 
thalmée. 

Nous avons fait cette description sur un échantillon sec, 
recueilli dans le Sénégal , et qui nous a été donné par 
M. Gay. Un autre échantillon de la même plante avoit été 
autrefois observé par nous dans l'herbier de M. de Jussieu. 
C'est une espèce très-distincte de la Ceruana pratensis , Forsk., 
mais évidemment congénère, et qui offre une nouvelle preuve 
que le genre Ceruana de Forskal, mal à propos réuni par 
Vahl au Buphthalmum , doit nécessairement être rétabli , 
comme nous l'avons proposé dans notre article Ceruana 
(tom. VIII, pag. 12). Les caractères génériques décrits dans 
cet article avoient été observés par nous sur un assez mau- 
vais échantillon de Ceruana pratensis appartenant à l'herbier 
de M. Desfontaines ; et ils pourront être rectifiés en quelques 
points, après une vérification suffisante. Ainsi, par exemple, 
les ovaires nous avoient paru être obcomprimés, c'est-à-dire 
aplatis en avant et en arrière; mais cette observation de- 
vient douteuse, depuis que les ovaires de notre Ceruana ro- 
tundifolla, soigneusement examinés sur l'échantillon de M. Gay 
et sur celui de M. de Jussieu, nous ont paru être compri- 
més bilatéralement, c'est-à-dire aplatis sur deux faces laté-» 
raies, Cependant, comme quelques ovaires des deux espèces 



PIR 125 

de Ceruana nous ont offert trois faces distinguées par trois 
arêtes, et que le vrai sens de l'aplatissement des ovaires 
peut être équivoque dans des calathides aplaties elles-mêmes 
par Topération de la dessication , il faut suspendre encore 
notre jugement. Quoi qu'il en soit, et dans tous les cas, il 
résulte bien clairement de nos observations que les Ceruana 
ne sont point congénères des Buphthalmum. La confusion de 
ces deux genres vient de ce que Forskal a mal décrit les 
caractères génériques de sa plante, de ce que Vahl les a mal 
observés, et de ce que M. de Jussieu a cru la calathide ra- 
diée, à couronne liguliflore. Cependant la description de 
Forskal , quoique inexacte sur quelques points, et obscure 
sur plusieurs autres, suffisoit pour prévenir les erreurs dans 
lesquelles M. de Jussieu et Vahl sont tombés. (H. Cass.) 

PIRATE. {Ornith.) Nom donné par les marins à la frégate, 
pelecanus aquilus , qui s'empare des poissons que les fous, les 
goélands, etc., viennent de pêcher. Le nom de pirate de mer 
est aussi donné au fou de Cayenne , dans les Antilles. ( Ch. D. ) 

PIRATIA PUA. (Ichthjol.) Dans son Histoire naturelle et 
médicale de l'Inde oceidentale, Guillaume Pison appelle 
ainsi deux poissons des eaux du Brésil, lesquels parviennent 
à une grande taille et fournissent une chair très- estimée. 

Ces poissons appartiennent à des genres différens. L'un 
d'eux me paroît être voisin des centropomes ou des perches- 
Voyez ces mots. (H. C.) 

PIRATINER DE GUIANE (Bot.); Piratinera guianensis , 
Aubl. , Guian., 2, pag. 888, tab. 340, fig. i. Cet arbre, dé- 
crit par Aublet, qui forme un genre particulier, dont on ne 
peut assigner avec certitude ni la famille , ni la classe, 
n'étant encore que médiocrement connu , présente néanmoins 
pour caractère essentiel : Un style glabre , filiforme ; une 
gousse pédicellée, linéaire, à quatre ailes membraneuses; les 
semences ovales, comprimées. Caractère, présenté par M. De 
Candolle , mais peu conforme à cplui d'Aublet. 

Cet arbre , d'après Aublet, s'élève à plus de cinquante pieds 
sur trois pieds de diamètre. Son écorce est lisse , grisâtre , et, 
pour peu qu'on l'entame , elle répand un suc laiteux. Son 
bois est dur, blanc et compacte: celui du centre, d'environ 
cinq pouces de diamètre, est d'un rouge foncé, moucheté dp 



126 PIR 

noir, d'où lui vient son nom de lois de lettres. Les brancheç 
sont nombreuses, celles du centre perpendi(ïulaires , les aur 
très horizontales, très-ramifiées; les feuilles alternes, fermes, 
pt-esque sessiles, ovales, terminées par une pointe mousse, 
vertes en dessus, blanchâtres en dessous, munies à leur base 
de deux petites stipules aiguës. Les plus grandes feuilles ont 
deux pouces de longueur sur neuf lignes de largeur. 

De l'aisselle des feuilles sortent un ou deux boutons, por- 
tés chacun sur un pédoncule grêle, long d'un pouce. Ce bou-r 
ton est très-singulier : il est conique à sa base, arrondi et 
convexe à son sommet , chargé d'un nombre considérable 
de petits corps en forme de champignons. Ces petits corps 
ont un pivot qui s'emboîte dans une cavité en dessus; ilssont 
jaunes, convexes, bordés d'une moulure à leur contour, un 
peu concaves et verdàtres en dessous. Lorsque, dans la ma- 
turité, ces petits corps sont tombés, on voit subsister la cavité 
qu'ils remplissoient : le bouton alors est jaune , et si on le 
coupe en travers, on aperçoit une grande quantité de loges 
dans chacune desquelles est une semence fort petite. Aublet 
n'a pu s'assurer si cet arbre étoit monoïque ou dioïque. Il 
croît dans les forêts à Cayenne : on le trouve en fruits dans 
le mois de Janvier. Les Créoles le nomment bois de lettres. 
Les Galibis emploient le bois intérieur de l'arbre pour faire 
des arcs , et des assommoirs appelés boutons; les Créoles en 
font des cannes, et les Nègres des pilons. 

Aublet signale une variété de cette plante, appelée bois 
de lettres blanc. C'est un arbre de moyenne grandeur, qui a 
les feuilles plus longues et plus étroites. Son bois est blanc 
dans l'intérieur, dur et compacte. Les Nègres font des bâtons 
avec les branches les plus droites, après les avoir dépouillées 
de leur écorce ; ensuite ils les noircissent avec la suie qui 
s'attache sous les marmites de fer ou sous la plaque à cuire 
le manioc. Cette suie, mêlée avec le suif qu'on tire d'une 
espèce d'irega, appelée bourgoni, forme une teinture qui pé- 
nètre le bois : elle est de durée, et quand le bois est poli, 
il imite le plus bel ébène noir. Cette variété est très- com- 
mune à Cayenne et à la Grande-Terre , dans les lieux défri- 
chés. (POIR.) 

PIRAUMBU. ( Ichthjol. ) Marcgrave , Rai et Pison ont 



PIR 127 

parlé, sous ce nom, d'un poisson des rivières du Brésil, de 
Ja taille et de la figure de la carpe. Sa chair, disent ces au- 
teurs, est excellente à manger, et Ton fait de bonne ich- 
thyocolle avec ses parties membraneuses. (H. C.) 

PIRAVÈNE. ( IchthjoL ) Thevet a parlé sous ce nom d'un 
poisson volant des mers de l'Amérique. Sa description est 
trop vague pour qu'on puisse en tirer partie sous le rapport 
de la classification. (H. C. ) 

PIRAVERA. (Ornith.) Sonnini , dans le tome 38 de son 
édition du Buffon , pag. 82 , a ainsi abrégé le nom d'oujyra- 
ouassou piravera, donné, dans la province du Para, Guiane 
portugaise, à un aigle pêcheur, dont il est aussi question 
aux pages 47 et 64 du même volume , et au tome I.*'' p. Syo, 
de ce Dictionnaire. (Ch. D.) 

PIRAYA. (Ichthyol.) Un des noms de pays du Serrasalme. 
Voyez ce mot. (H. C.) 

PIRAZE, Pirazus. {Conchjl.) Denys de Montfort ( Conch. 
syst. , t. 11 , page 469) établit sous ce nom un genre parmi 
les cérites des conchyologistes modernes , pour les espèces 
dont le canal est droit, court, «'oblitérant successivement, 
et le bord droit, dilaté plus ou moins avec l'âge. Le type 
de ce genre est la cérite ébène , C. ebeninum de Bruguières, 
vulgairement la cuiller d'ébène , que Denys de Montfort 
nomme le P. Baudin , P. Baudini, provenant de la Nouvelle- 
Hollande. 11 y rapporte aussi la C. cuiller, C. palustre, qui 
s'en rapproche en effet. Ce genre n'a pas été adopté ; il se 
rapproche de celui que M. Brongniart a nommé Potamide. 
(De B.) 

PIRE. (Ornith.) Suivant d'Azara, Voyage dans P Amérique 
méridionale, tome 3, page 207, de la traduction françoise, 
les habitans du Paraguay donnent ce nom, qui signifie p/eds 
puans, aux grives, parce qu'elles vivent de vers et d'insectes 
qu'elles cherchent à terre, en fouillant les crotins et les bouses 
de vaches. (Ch. D.) 

PIREL. {Conehjl.) Adanson (Sénégal, page 227, pi. 17). 
décrit sous ce nom une coquille , que Gmelin a nommée 
tellina cancellata. (De B.) 

PIRELA. {Bot.) Le lichen rangiferinus est ainsi nommé aux 
environs de Montpellier, selon Gouan. {J. ) 



128 PIR 

PIRENE, Pirena. (Conchjl.) Genre de coquilles, établi par 
M. de Lamarck pour un petit nombre d'espèces intermé- 
diaires, pour ainsi dire, aux cérites et aux mélanopsides, 
et que Ton peut caractériser ainsi : Coquille turriculée, à 
sommet rongé; ouverture très-petite, ovale, plus longue 
que large, avec un très -petit canal oblique, fortement 
échancré en avant et un sinus en arrière; bord droit, tran- 
c,hant ; bord columellaire , calleux et se recourbant pour 
joindre l'échancrure ; un opercule corné. 

Des quatre espèces que M. de Lamarck distingue dans ce 
genre, trois proviennent des eaux douces des pays chauds 
de l'ancien continent. 

La P. TÉR^BRALE : P. terehralis , de Lamk. , Anim. sans vert. , 
f. 6, part. 2, page 169; Stromlus ater, Linn., Gmel. , page 
3521, n." 59; Cerithium atrum , Brug., Enc. méth., n.° 18; 
Chemn. , Conch. , 9 , t. 187, fig. 1226. Coquille grande (trois 
pouces), presque subulée , à tours de spire nombreux 
(quatorze), plats ou rubanés , lisses , si ce n'est sur le dernier 
qui est strié. Couleur toute noire en dehors ; l'ouverture 
blanche, bordée de brun. 

Des eaux douces des grandes Indes et des Moluques. M. 
Lesson m'en a donné un individu provenant de la Nouvelle- 
Guinée. 

La P. ÉPINEUSE : P. spinosa, de Lamk., loc. cit., n." 2 ; P. ma- 
dagascariensis , Enc. méth., pi. 458, fig. 2 , a, b. Coquille 
turriculée, épaisse; tours de spire hérissés de tubercules 
•épineux à leur partie supérieure , le dernier ventru avec 
des stries concentriques légèrement tuberculeuses à sa base. 
Couleur générale noire, roussâtre au sommet; ouverture 
blanche, bordée de fauve. 

Des rivières de Madagascar. 

La P. MURiQUÉE : P. aurita , de Lamk. , loc. cit., n." 2 ; Strom- 
husauritus, Linn. , Gmel., page 3522 , n.°45 ; Chemn. , Conch.^ 
9, t. i56, fig. 1265 — 1266. Coquille turriculée, muriquée ; 
tours de spire hérissés dans leur milieu d'une série de tuber- 
cules comprimés , obtus, demi-ouverts. Couleur roussâtre, 
quelquefois avec une bande décurrente blanche le long de 
la suture; ouverture blanche. 

Des rivières d'Afrique. 



PIR 129 

La P. granuleuse; p. graniilosa, de T,aink., loc. cit., n." 4, 
Coquille turriciilée, côtelée; fours de spire convexes, avec 
des tubercules alongés, formant des cotes longitudinales, on- 
dées, granuleuses, coupées par des stries transverses. Cou- 
leur rousse en dehors; blanche en dedai;s. 

Patrie inconnue. (De B.) 

PIRGITIS. (Ornith.) Nom indiqué par Belon , pacre 3i5, 
comme désignant, suivant Galien , une espèce de pigeon. 
(Ch. D.) 

PIRGO. (Foss.) Coquille sphéroïdale , régulière, formée 
de dexfs. valves ou pièces presque séparables , égales, se joi- 
gnant dans toute leur circonférence, si ce n'est d'un côté, 
où est une ouverture étroite , transversale. Tels sont les carac- 
tères d'une petite coquille qui n'a qu'une ligne de diamètre, 
et que j'ai reçue d'Italie , sans que je sois assuré si elle est 
fossile ou non. 

PiRGO lisse; Pirgo lœvis, Dcf. Ce petit corps est à peine de 
la grosseur d'un grain de millet. 11 est blanc, lisse, unilocu- 
laire. L'ouverture occupe environ le tiers de sa circonférence, 
et les deux autres tiers sont garnis d'un petit bord saillant. 
(D. F.) 

PIRGOPOLE. {ConclijL) Genre établi par Denys de Monf^ 
fort (Conchyl. syst. , t. 1 , page SgS) pour un corps organisé 
fossile, et qu'il caractérise d"après la place qu'il lui assigne 
parmi les polythalames , mais qui ne paroît réellement qu'une 
sorte de bélcmnite un peu comprimée de chaque côté; elle 
pourroit bien même n'être qu'une espèce que j'ai nommée B. 
aiguë, et qui, en effet, souvent est ainsi comprimée par 
accident. Denys de Montfort dit cependant que son P. de la 
Meuse , P. mosœ , se trouve en grande quantité dans Tinté- 
rieur de la montagne de Maëstricht, tandis que la bélemniîe 
aiguë" est du lias du Calvados. (De B.) 

PIRGOPOLE. {Foss.) C'est le fossile auquel nous avons 
donné le nom d'Entale dans le tome XIV de ce Diction- 
naire. Si nous avions reconnu ce genre dans la Conchyliologie 
systématique avant la publication de cet article, nous nous 
serions fait un devoir de conserver le nom générique que 
lui avoit donné Denys de Montfort. (D. F. ) 

PIRIGARE; Pirioara. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
41» 9 



i3o PIR 

dones , à fleurs complf-tcs, polypétalées, de la famille des 
mjrtées , de la monadelphie poljandrie de LinnaBus , offrant 
pour caractère essentiel : un calice persistant, à quatre ou 
six lobes; deux écailles à sa base; quatre ou six pétales un 
peu connivens à leur base ; un grand nombre d'étamines; les 
filamens attachés sur un tube court, campaniforme ; les an- 
thères droites, petites, oblongues ; un ovaire inférieur; un 
style court, persistant; une capsule coriace, en forme de 
pomme, ombiliquée au sommet, à quatre ou sept loges, ren- 
fermant chacune six ou sept grosses semences attachées à 
un réceptacle central par un filet épais, confournéf 

PiRiGARE A gUATRE PÉTALES : Plrigaru tetrcipctala , Aubl. , 
Guian. , i, page 487, tab. 192; Gusta^'ia augusta , Linn. , 
SuppL, 5i3. Très-bel arbre, d'une grandeur médiocre qui 
s'élève à la hauteur de vingt- cinq ou trente pieds, sur un 
tronc de trois à quatre pouces de diamètre , revêtu d'une 
écorce grisâtre. Le bois est blanc, souple et pliant. Les feuilles 
sontalternes, rapprochées, presque sessiles, vertes, ovales, ob- 
longues , acuminées , très-lisses , rétrécies à leur base , longues 
d'un pied et plus, à dentelures peu profondes. Les fleurs 
sont terminales, au nombre de cinq à six, portées sur des 
pédoncules courts, presque ligneux, garnis de quelques brac- 
tées en écailles. Ces fleurs sont grandes, très-belles, de cou- 
leur blanche, d'environ quatre pouces de diamètre : elles 
répandent une odeur qui approche de celle du lis. Leur 
calice est en forme d'entonnoir, divisé à son bord en quatre 
lobes arrondis, épais, concaves; la corolle composée de quatre 
pétales ondulés, concaves, rougeàtres au sommet, attachés 
entre les divisions du calice ; les anthères ont deux lobes ; le 
style est court et jaunâtre ; le stigmate épais , à quatre lobes 
anguleux. Le fruit est une capsule sèche, roussàtre , de la 
grosseur et de la forme d'une pomme, divisée en quatre ou 
six loges, marquée à son sommet d'un très-grand ombilic. Les 
semences sont au nombre de cinq à six dans chaque loge, 
ovales, de la grosseur d'une pistache, irrégulières, attachées 
à un placenta central par un gros cordon ombilical, tor- 
tueux. Cet arbre est nommé bois puant par les habitans de 
Cayenne , à cause de l'odeur infecte qu'il conserve, même 
lopg-temps après qu'il a été coupé, et qui devient plus ou 



PIR i3l 

inoins forle à mesure qu'il a été râpé ou mouillé. Il est 
appelé pirigara mépé et caripa, par les Galibis ; on l'emploie 
dans le pays pour faire des cerceaux. 11 croît dans l'île de 
Cayenne, et même dans la Terre ferme, parliculièrement 
sur la montagne de Gourou. Il fleurit et fructifie au com- 
mencement de l'automne. 

Pirjgare a six pétales : Pirigara hexapetala , Aubl., Guian., 
1, pag. 490, tab. igS; Lamck. , lll. gen. , tab. 692; Gustavia 
fastuosa, Willd., Spec, i3, pag, 847. Cet arbre diffère du 
précédent par le nombre de ses pétales, par les divisions de 
son calice lancéolées, aiguè's, et non en lobes arrondis. Il 
s'élève à la hauteur de vingt-cinq pieds, sur un pied et demi 
de diamètre. Son écorce est épaisse, raboteuse; son bois dui: 
et jaunâtre; les feuilles sont alternes, presque sessiles, ovales.^ 
oblongues, vertes, crénelées à leurs bords, rétrécies en pétiole 
à leur base, longues de cinq à six pouces, sur deux et demi 
de large. Les fleurs sont solitaires, axillaires, terminales . 
elles ont le pédoncule épais, long d'un pouce, muni de deux 
écailles opposées ; le calice campanule, à six divisions étroites, 
lancéolées, aiguës; la corolle composée de six pétales char- 
nus, ovales, obtus, blanchâtres, sinués ou frangés à leurs 
bords; les étamines rangées circulairement sur un tube court 
autour de l'ovaire; les anthères à deux lobes ; le style pres- 
que nul; le stigmate épais, à quatre angles, aigu au som- 
met, persistant sur le fruit. La capsule est grisâtre, globu- 
leuse, ta six ou sept c^es peu marquées, divisée en six ou 
sept loges, contenant chacune autant de semences ovales, 
difformes, semblables à celles de l'espèce précédente. Cet 
arbre est également nommé pirigara mépé, par les Galibis ; if 
fleurit et fructifie vers le milieu de l'automne. On le trouve 
à Cayenne, dans les grandes forêts qui s'étendent jusqu'à la 
rivière de Sinémari , à quarante lieues de son embouchure. 
Le bois de cet arbre, coupé, scié ou râpé, exhale une odeur 
cadavéreuse. (Poir.) 

PIRIJAO ou PIHIGUAO. (Bot.) M. de Humboldt a vu sur 
les bords de l'Orénoque, près Saint- Balthasar, un palmier 
de ce nom à tige couverte de piquans , à feuilles pennées, 
membraneuses et ondulées , dont chaque régime porte cin- 
quante à quatre-vingts fruits, de la forme d'une pomme. 



PIll 

d'abord jaunes , puis rougeàtres, dont la noix avorte soiivenf. 
Le brou est un aliment recherché, qui exige une cuisson 
M. de Humboldt soupçonne que c'est un nouveau genre, et 
M. Martius, dans son Prodromus palmarum , le rapporte à son 
guilielma. (J.) 

PIRIMELE, Pirimela. (Crust.) Genre de crustacés déca- 
podes brachyures, fondé par M. Leach, et décrit à l'article 
Malacostracés, tomeXXVlII, page 22cj de ce Dictionnaire. 
(Desm.) 

PIRIPEA. (Bot.) Genre d'Aublet, qui doit être réuni au 
huchnera de l,inné. Voyez Bocnère. (Poir.) 

PIRIPHORUM. {Bot.) Nom sous lequel Necker désigne le 
poirier. ( J. ) 

PIRIPU. (Bot.) Nom malabare , cité par Rhéede, du dclima 
sarr.ientosa de Liniia'us. (J.) 

PIRIQUETA. ( Bot. ) Genre d"Aublet réuni au Turnera. 
Voyez ce mot. (Poir.) 

PIRIRIGIJA. {Ornith.) Oiseau du Paraguay, que d'Azara 
nomme aussi piririta, et sur lequel on trouvera des détails 
dans le Supplément du tome II de ce Dictionnaire, sous le 
mot Ani, pag. 55. ( Ch. D.) 

PIRIRI-MABÉ. {Bol.) Nom galibi du mahca piriri d'Aublet, 
genre d'Euphorbiacée : c'est le bois à catunet. ( J. ) 

PIRITU. {Bot.) Nom d'un palmier qui croit dans les bois 
voisins de l'Orénoque et sur les bords du Sinu , dont la tige 
est grêle et épineuse, et les feuilles pennées. M. de Hum- 
boldt , qui le, cite , soupçonne qu'il peut appartenir au genre 
Aiphanes. (J.) 

PIROGUE. {Conchjl.) Nom marchand d'une belle espèce 
d'huître, ostrea virginica. (De B.) 

PIROLL. {Ornith.) M. Temminck, dans l'analyse de son 
système, page lui du i .*^' volume de la a.*" édition du Manuel 
d'ornithologie, donne, d'après Kuhl, ce nom, en latin tiré 
du grec ptilonorhjnchus, à un genre d'oiseaux caractérisé par 
un bec dur, court, robuste, déprimé à la base, dont la pointe 
est échancrée, et dont la mandibule inférieure est renflée 
dans le milieu; des narines latérales, rondes et cachées par 
les plumes arrondies de la base du bec; des pieds forts; le 
larse plus long quç le doigt du milieu, qui, est u'ii au doigt 



PIS >33 

extérieur jusqu'à la première articulation ; les doigts laté- 
raux inégaux; Fongle postérieur fort et courbé; des ailes 
médiocres, dont les trois premières rémiges sont étagées , et 
les quatrième et cinquième les plus longues. 

M. Teniminck observe que le bec de ces oiseaux de l'Océa- 
nique ressemble beaucoup à celui des échetiilleurs; maisqu'il 
existe des différences dans les narines, dans les pieds, dans 
]es plumes de la base du bec et dans tout le plumage. Le 
même auteur annonce qu'on en connoit deux espèces nou- 
vellement découvertes. Chez la première le mâle est d'un 
violet brillant, et la femelle olivâtre; chez la seconde les deux 
sexes sont d'un vert clair très-pur. (Ch. D. ) 

PIROLLE. (Bot.) C'est la trientale d'Europe. ( L. D.) 

PIROUOT. (Ornith.) Un des noms vulgaires de l'alouette 
de bois ou cujtlier. alauda arborea , Linn. (Ch. D.) 

PIRU-DUKKA. (Bot.) Nom brame de Yulinja du Malabar, 
qui est un corinde, cardiospermum , dans la famille ries sa- 
pindées. (J. ) 

PISA. (Criist.) Genre de crustacés décapodes brachyures 
de M. Leach , décrit dans l'article Malacostracés de ce Dic- 
tionnaire, tome XXVIII, page 2G0. (Desm.) 

PISANG. (Bot.) Voyez Pissang. (,J.) 

PISAURA. (Bot.) Ce nom a été substitué par Bonato à 
celui de lopezia, le plus généralement connu, donné par Ca- 
vanilles à un genre voisin du Circœa , dans les onagraires , 
dont nous avons rectifié la description dans les Annales du 
Muséum d'histoire naturelle , vol. 3 , page 217. Voyez Loiezf.. 

(J-) 

PISCATOR REGIS. ( Ornith. ) L'oiseau désigné sous ce 
nom est le martin-pêcheur commun, alcedo ispiJa , Linn. 
(Ch. d.) 

PISCHIK. {Ornith.) Voyez Dikaia-pikauza. (Ch. D.) 

PISCIA CANE. {Bot.) Les Florentins donnent ce nom à 
plusieurs espèces de champignons du genre Agaricus, qui , 
pour la plupart croissent sur le fumier. ( Lem.) 

PISCICOLE, Piscicola, {Entomoz.) Subdivision générique, 
établie par M. de Blainville pour une espèce de sangsue, qui 
a ses deux extrémités presque également dilatées; la bouche 
sans dents et deux paires d'yeux : c'est Vhirudo geomelra de 



1'^ PIS 

Linn., Gmel., fi g. dans l'Enc. , pi. 5i , fig. 12 — 19. M. Okeo 
avoit aussi proposé ce genre dans son Manuel de zoologie, 
sous le nom allemand d'(/ïL Voyez Sangsle, où nous expo- 
serons le système des espèces qui composent cette famille. 
(De B.) 

PISCIDIA. (Bot.) BoisiVRANT, Encycl. Genre de plantes 
dicotylédones, à fleurs complètes, papilionacées, de la famille 
6es légumineuses, de la diadelphie décandrie de Linnasus, offrant 
pour caractère essentiel : un calice à cinq dents, presque à 
deux lèvres; une corolle papilionacée; l'étendard orbiculaire, 
échancré , à peine de la longueur des ailes, plus long que 
la carène; dix élamines diadelphes; un ovaire supérieur, 
pédicellé; le style subulé , ascendant; une gouSse linéaire, 
oblongue , pédicellée , uniloculaire , indéhiscente , polys- 
perme. 

PisciDiA ÉRYTHRiNE : Piscidia erythrina, Linn., Spec. ; Jacq., 
Amer., 20g; Lamck. , lll. gen. , tab. 6o5; Kunth, in Humb. et 
Bonpl., Ao^'. gen., vol. 6, pag. 582. Bel et grand arbre de 
l'Amérique, remarquable par ses fleurs en grappes, mais dont 
le port est souvent peu agréable par la chute des feuilles , 
et une sorte de désordre dans ses rameaux, qui sont gla- 
bres, cylindriques, cannelés, anguleux, de couleur brune, 
garnis de feuilles alternes , ailées, avec une impaire; les fo- 
lioles ovales, aiguës, très-entières. Les fleurs paroissent avant 
les feuilles; elles sont disposées en grappes rameuses, pani- 
culées, solitaires, terminales, pendantes, longues de cinq 
pouces; les ramifications éparses , presque opposées, blan- 
châtres, et tomenteuses tant sur les pédoncules que sur le 
calice coloré en rose, à cinq dents arrondies, presque 
égales; les trois inférieures uti peu aiguës ; la corolle est 
blanche , papilionacée ; le fruit est une gousse pendante , 
étroite, comprimée, relevée en bosse à l'endroit des se- 
mences, munie de deux ailes de chaque côté, longue de 
deu\ pouces et plus. Les semences sont oblongues , en 
forme de rein, très-lisses, comprimées, de couleur brune. 
Cette plante croît à la Jamaïque et aux Antilles. Ses rameaux 
et ses feuilles écrasés et jetés dans l'eau, ont la propriété 
d'enivrer les poissons, au point qu'ils surnagent et peuvent 
être pris avec la main. 



PIS i35 

PisciDiA DE Carthagène: Piscidia cartha^enensis , Lînn., Spec; 
Jacq., Amer., 210; Plnlten. , Almag., tab. 214, fjg. 4. Cet 
arbre, au rapport de Jacquin , a le port de celui qui pré- 
cède, mais il est une fois plus grand dans toutes ses parties. 
Peut-être n'en est-il qu'une variété. Les feuilles sont égale- 
lement ailées avec une impaire, mais leurs folioles sont 
ovales, obtuses, un peu plus larges vers leur sommet. Cette 
plante croit dans les bois maritimes des environs de Cartha- 
gène. 

M. Kunth pense qu'il faut exclure de ce genre le piscidia 
punicea de Cavanilles, Icon. rar., 4? tab. 3i6, qui est un 
œschinomene dans Ortéga , Decad. , 5 , et le piscidia longifolia 
de "Willdenow, qui est dans Cavanilles un œschinomene, 
Icon. rar. , 4, tab. 3i5. (Poir. ) 

PISCIPULA. {Bot.) Ce genre de Lœfling est le même que 
Vlchtj^omeihya de Boerhaave, maintenant P/sc^d/a de Linnaeus. 
Ces divers noms tirent leur origine de la propriété qu'a le 
feuillage de cet arbre, jeté dans l'eau, d'enivrer le poisson, 
alors surnageant et facile à prendre. C'est aussi le botor de 
Rumph et d'Adanson. ( J. ) 

PISCIUM VIBRATRIX. {Ornith.) L'oiseau auquel on a donné 
cette dénomination et celle d'avis pisciumvoratrix, est le mar- 
tin- pêcheur huppé du Mexique, ispida mexicana cristata, 
Briss. ; aehalalactli de Nieremberg, Jonston, etc. (Ch. D.) 

PISCIVORE. [Erpétol.) Nom spécifique d'un serpent du 
genre Scytaie. Voyez ce mot. (H. C.) 

PISCIVORES. {Zool.) Ce nom, qui équivaut à celui d'ich- 
thyophages, est employé pour désigner les animaux qui se 
nourrissent de poissons. (Desm.) 

PISCOBO. (Bot,) Nom brame d'une plante graminée , qui 
est le nain- canna du Malabar, laquelle a le port d'une canne 
à sucre, et donne un suc regardé comme calmant, em- 
ployé, soit à Pintérieur, soit en friction, sur les pieds et les 
mains pour faire cesser les spasmes. (J. ) 

PISCOL. (Bot.) Aux environs de Quito ce nom est donné 
à deux espèces de cierge ou cacte, Cactus lanatus , C. cliloro- 
carpus , cités dans la Flore cquinoxiale. Une troisième, C, 
sepium., de la même Flore, existante au pied du Chimborasso , 
dans la vallée de Riobamba , est noiftmée pitaha/ya. Dans Je» 



iZG PIS 

dessins faits par Joseph de Jussieu, au Pérou , on trouve, sous 
le nom de pitaiaita, une (juatrièiue espèce, qui se rapporte 
au cactus parasiticus de Liniia-iis ou au rhipsulis de Ga-rtner, 
qui appartient à la même l'amilie. Jacquin a aussi un cactus 
pitajaja, qui croit aux environs de Carthagène, en Amé- 
rique. (J.) 

PISCZUCHA. (Mamm.) Les Russes nomment ainsi le lago- 
niys ogotone. (F. C. ) 

PISHAMIN. (Bot.) On nomme ainsi, dans la Virginie, un 
plaqueminier, diospjros virginiana. (J.) 

PISITOE, Pisiloa. (Criist.) Genre de crustacés de l'ordre 
des isopodes, créé par M. Rafinesque, et dont nous avons 
fait mention à Particle Malacostracés , t. XXVIII, p. 56i. 
(Desm.) 

PISOA. (Ichlhyol.) Nom nicéen de la raie oxyrhynque. 
Voyez Raie. (H. C.) 

PISOCARPIUM. (Bot.) Voyez Polysaccum. (Lem.) 

PISOLITHE. [Min.) Nom donné en général à toutes les 
pierres sphéroidales de fk grosseur d'un pois ou environ, 
mais qu'on est d'usage de restreindre à la variété du calcaire 
concrétionné, qui, avec cette forme et cette grosseur, a une 
structure concrétionnée distincte. Des couches concentriques 
à un corps étranger, servant de noyau, s'y voient clairement 
et caractérisent les pisolithes calcaires (voyez Chaux carbo- 
NATÉE, tome VIII, page 27g). Il est vrai, comme l'observe 
Patrin , qu'il y a beaucoup d'autres minéraux qui affectent 
cette forme. Le minerai de fer hydraté est un de ceux qui 
l'offrent le plus communément ; onPobserve dans la pâte cen- 
drée et friable de quelques péperines. Celle qui recouvre la 
ville de Pompeia renferme dans plusieurs parties des piso- 
lithes très-distinctes de cette classe; mais elles sont compactes, 
c'est-à-dire qu'elles ne montrent aucun indice de structure 
par couches concentriques. Il y a aussi des pisolithes de grès 
jaunâtre aux environs de Nantes, de manganèse terreux près 
d'Alais. (B.) 

PISOLITHUS. (Bot.) Voyez Polysaccum. (Lem.) 

PISON. {Entom.) On trouve ce nom indiqué par M. Latreille 
comme celui d'un genre d'insectes hyménoptères voisins des 
trypoxylons, dont ils (filfèrent par la brièveté du pédicule 



PIS i57 

fîe leur abdomen. Le même auteur en avoit fait d'abord le 
genre Trachyhule. C'est Valyson ater de Spinola. (C. D. ) 

PISONE, Pisonia. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs incomplètes, de la famille des njctaginées, de la 
polygamie dioécie de Linnœus, offrant pour caractère essen- 
tiel : des fleurs hermaphrodites, souvent polygames, compo- 
sées d'une corolle persistante, plissée, campanulée , quelque- 
fois munie à sa base de deux ou cinq écailles; point de calice; 
six élamines , quelquefois huit ou dix; un ovaire supérieur; 
un style; le stigmate quelquefois bifide. Une semence ren- 
fermée dans le tube agrandi et pentagone de la corolle, 
formant une sorte de capsule indéhiscente , souvent hérissée 
de tubercules sur les angles. 

Ce genre renferme des arbrisseaux à feuilles opposées ou 
alternes. Les fleurs, peu élégantes, sont disposées en co- 
rymbes ou en graphes, munies de très-petites bractées. Plu- 
mier a , le premier, établi le genre Pisonia , qu'il a consacré 
à la mémoire du savant Guillaume Pison , docteur en méde- 
cine, qui a décrit plusieurs plantes du Brésil, et autres pro- 
ductions de ces contrées. 

PisoNE ÉPINEUSE : Pisonla aculeata, Linn., Spec; Lamk., III. 
gen., tab. 861 ; Gœrtn. , De fruct. , tab. 76; Plum., Amer, 
icon., 227 , fig. 1 ; vulgairementyj'/reg'ego, dans les Indes. Ar- 
brisseau de douze à vingt pieds de haut, dont la tige est de 
la grosseur du bras, couverte d'une écorce lisse, d'un brun 
foncé , divisée en rameaux presque opposés, garnis de feuilles 
simples, fermes, pétiolées, ovales, presque opposées, acumi- 
nées , longues d'un pouce et demi sur trois ou quatre lignes 
de large; la base des jeunes rameaux et des pétioles est 
armée de deux épines courtes, aiguës, un peu recourbées. 
Les fleurs sont d'un jaune herbacé , disposées en grappes la- 
térales, soutenues par des pédoncules dont les ramifications 
sont divariquées, dichotomes; chaque fleur, munie à la base 
de la corolle de cinq petites écailles presque imbriquées, ai- 
guës, a la corolle partagée à son limbe en cinq découpures 
courtes, ovales, aiguës, très-ouvertes, renfermant six éta- 
mines. Le fruit est tine capsule indéhiscente , oblongue, an- 
guleuse, hérissée sur ses angles d'aspérités glutineuses ; les 
semences sont lisses, ovales, oblongues. Cette plante croît à la 



j38 pis 

Jamaïque, au Brésil , etc. Elle y est fort incommo;le par ses 
épines courtes et crochues qui s'attachent aux habits, et 
par ses fruits glutineux qui se collent à tout ce qui les touche. 
Les ailes ries oiseaux en sont quelquefois si chargées, qu'ils 
ne peuvent voler que difficilement et qu'on les prend pres- 
que à la main. 

PisoNE HÉRISSÉE; PisoTiia hirtella, Kunlh in Humb. et Bonpl., 
jVo»'. gen., vol. 2, pag. 217. Arbrisseau d'environ six pieds, 
hérissé sur ses rameaux , garnis de feuilles opposées en croix, 
péliolées, ovales, médiocrement acuniinées, membraneuses, 
arrondies à leur base, entières, parsemées de poils courts, 
ciliées à leurs bords, d'un vert noirâtre en dessus, plus pâles 
en dessous, longues de deux pouces. Les fleurs sont odo- 
rantes, pédicellées , presque en tête, disposées en onibelies 
latérales, pédonculées ; les pédoncules hérissés, munis d'un 
involucreà plusieurs folioles linéaires, lancéolées, rabattues, 
hérissées, de la longueur des pédicelles; la corolle blanche, 
verdâtre à sa base , rude et glanduleuse à sa moitié infé- 
rieure ; les découpures obtuses. L'ovaire est glabre, lin<^aire , 
oblong. Cette plante cro^t dans le Mexique , aux lieux tem- 
pérés. 

PisoxE A FRUITS ÉCARLATEs; PisoTiia coccinca , Swartz. Flor. 
Ind. occiil., 2 , pag. 646. Arbuste dont la tige se divise en ra- 
meaux étalés, tlexuéux , garnis de feuilles pétiolées, éparses 
ou opposées, ovales- lancéolées , aiguës, rétrécies à leur base, 
glabres, d'un vert sombre. Les fleurs sont petites, d'un blanc 
sale, inclinées, réunies de deux à six sur des pédoncules fili- 
formes, quelquefois géminés; chaque fleur, munie à sa base 
de deux ou trois petiles folioles linéaires, aiguës, a la corolle 
presque campanulée , à cinq dents égales, tronquées; de 
sept à dix étamines; l'ovaire oblong, auquel succède un fruit 
capsiilaire, subéreux, à dix stries, imitant une baie oblongue, 
de couleur écarlate. Cette plante croit parmi les buissons, 
dans la Nouvelle-Espagne. 

PisoNE A FEUirLES OBTUSES : Pisouia ohtiisata, Jacq.; Hort. 
Schanbr. , 3, lab. 514; Swarfz , loc. cit., pag. i960. Arbris- 
seau d'environ sept pieds, dont la tige est un peu rude, cy- 
lindrique, d'un brun cendré, dépourvue d"épines; les rameaux 
sont un peu pendans; les feuilles opposées, médiocrement pé- 



PIS ^^0 

fîolèes, oblongues, presque ovales, coriaces, entières, lui- 
santes, obtuses , longues de deux ou trois pouces, larges au 
plus de deux; les pédoncules terminaux, presque paniculés, 
plus courts que les feuilles, chargés de fleurs sessiles. presque 
fasciculées, quelques-unes un peu pédicellécs, ayant la corolle 
vcrdâtre, hérissée, accompagnée quelquefois d'une ou deux 
petites bractées; six filamens très-courts, dilatés à leur base; 
l'ovaire ovale, à trois sillons; le stigmate en pinceau; le 
fruit pulpeux et monosperme. Cette plante croît en Amé- 
rique, dans Tile de la Providence. 

PisoNE A FEUILLES EN CŒUR; PisoTiia sulcordata, Swartz, loc. 
cit., pag. 641. Arbre chargé de branches lisses, fragiles, di- 
visé en rameaux opposés, étalés. Les feuilles sont pétiolées, 
opposées, en cœur, un peu arrondies, glabres, entières. Les 
fleurs, disposées en une cime terminale et axillaire, sont ver- 
dàtres, petites et nombreuses : elles ont le tube de la corolle 
court; le limbe plissé, à cinq découpures droites, aiguës; en- 
viron sept étamines plus longues que la corolle. L'ovaire est 
oblong, entouré à sa base d'un anneau sur lequel sont insérés 
les filamens des étamines. Le style est incliné; le stigmate en 
forme de pinceau. Le fruit est un drupe sec, presque en 
massue, à cinq angles, long d'un demi-pouce, tubercule vers 
son sommet. Cette plante croit en Amérique, à l'île Saint- 
Christophe. Son bois est d'une médiocre valeur. 

PisONE PUBESCENTE : P isonia pubescciis , Kuiith , in îlumb. et 
Bonpl. , loc. cit., pag. 218. Arbre de vingt pieds et plus; les 
rameaux sont glabres, cylindriques, cendrés, bruns et pu- 
bescens dans leur jeunesse. Les feuilles sont opposées, pé- 
tiolées, membraneuses, ovales, oblongues, aiguës, rctrécies 
à leur base, vertes et légèrement pubescentes en dessus, 
brunes et cotonneuses en dessous , longues d'un pouce et 
demi et plus. Les fleurs sont pédicellées, disposées en co- 
rymbes latéraux, pédoncules, une fois plus courts que les 
feuilles ; les pédoncules et leurs ramifications pubescens. 
Chaque flore a la corolle glabre, verdàtre, infundibuliforme; 
cinq dents à son limbe, muni à sa base de trois bractées fort 
petites, ovales, pubescentes: huit étamines inégales , une fois 
plus longues que la corolle. Cette plante croit en Amérique, 
sur les rives ombragées du fleuve Apurés» 



149 PIS 

P/SONE A FEUILLES d'eucalypte ; Pison'ta sucalypfifolia , Kunth; 
loc. cit., vol. 7 , pag. 179. Ses rameaux sont glabres, un peu 
flexueux, de couleur cendrée; les feuilles alternes , péliolées, 
cblongues , acuminées, courantes sur leur pétiole, un peu 
courbées en faucille, glabres, entières, longues de quatre 
a cinq pouces et plus, larges presque de deux; les pé- 
tioles canaliculés. Les fleurs sont sessiles, longues de deux 
Jignes, disposées en corymbcs solitaires, ramitiés, hérissés, 
garnis de petites bractées. La corolle est glabre, en enton- 
noir, divisée k son limbe en cinq lobes trés-étalés, égaux, 
acurainés; les bractées qui l'accompagnent sont petites . oblon- 
gues , hérissées de poils rougeàtres ; les filamens glabres, 
filiformes, aplatis et réunis à leur base en un petit tube; 
les anthères arrondies; Tovaire est sessile, ohlong, lancéolé; 
le style saillant; le stigmate presque en tête, à plusieurs di- 
visions. Cette plante croît dans l'Amérique, entre les tro- 
piques. 

PisoNE NOIRATRE : PisoTiia nigricans , Swartz , Flor. Ind. 
occid., pag. 6/(3; Pisonia inermis , Linn. , Spec. Cette espèce 
s'élève jusqu'à la hauteur de douze à vingt pieds, sur une 
lige d'environ cinq pouces de diamètre. Ses rameaux sont 
loufTus , garnis de feuilles ovales, oblongues, acuminées. Les 
fleurs sont légèrement odorantes, disposées en grappes. La 
corolle est tubulée; le limbe très-ouvert, terminé par cinq 
petites dents. Le fruit est une baie molle, oblongue, obtuse, 
qui devient noirâtre, et contient une pulpe blmche dans 
laquelle se trouve une semence oblongue. Cette plante croit 
au milieu des forêts, dans l'Amérique méridionale. (Poir.) 
PISQUET. (Ichthjol.) Voyez Titri. (H. C.) 
PISSANG. (Bot.) Nom malais du bananier, musa, cité par 
Rumph, qui en décrit plusieurs variétés. Forster, dans ses 
Plantœ esculentœ insulariim Oceani australis , le nomme pisang , 
et fait mention des mêmes variétés. C'est aussi Je piçan de 
Clusius. (J.) 

PISSAOULIECH. {Bot.) Gouan cite ce nom languedocien 
d'un narcisse, narcissus tazetla. (J. ) 

PISSASPHALTE. (Mm.) C'est la même chose que le Bi- 
tume MALTHE. Voyez ce mot, tome IV, page 428. (B.) 

PISSE-CHIEN. [Bot.) Nom donné à l'espèce d'agaric dé- 



PIS Al 

Cri te à l'article Œufs rayés a l'encre. Michëli désigne par 
pisciacani, qui n'est que la traduction italienne de pisse-chien,, 
plusieurs espèces d'agaric. (Lem.) 

PISSE -LAIT. (Bot.) On donne ce nom dans l'Anjou à la 
digitale pourprée. (L. D.) 

PISSE -DE- LOUP. (Bot.) Synonyme de vesse -de-loup , 
dans quelques endroits. Voyez Lycoperdon. (Lem.) 

PISSE- SANG. {Bot.) Un des noms vulgaires de la fumcterre 
officinale. ( L. D. ) 

PISSECAN. {Bot. ) Nom général donné par les Provençaux , 
suivant Garidel, à toutes les espèces de champignons bonnes 
à manger. (J. ) 

PlSSELiEON. {Bot.) Suivant C. Bauhin , Dioscoride nom- 
moit ainsi la poix liquide qui, à l'aide du feu, coule la 
première des arbres résineux soumis à la combustion , et 
que Pline nomme cedria. (J. ) 

PISSENLIT; Taraxacum , Juss. {Bot.) Genre de plantes 
dicotylédones, à fleurs composées, de la famille des chico- 
racces, de la syngénésie polygamie égale de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel : Des fleurs à demi-fleurons, truies 
hermaphrodites; un calice à deux rangs de folioles, l'exté- 
rieur plus court, souvent étalé, en forme de second calice,- 
les demi-fleurons imbriqués; cinq étamines syngénèses; un 
ovaire inférieur; un style terminé par deux stigmates; le ré- 
ceptacle nu , ponctué; les semences terminées par une aigrette 
pédicellée, à poils simples. 

Ce genre est un démembrement du Leontodon de Linné. 
Les espèces qui le composent en sont naturellement séparées 
parleur calice double et réfléchi; par l'aigrette des semences 
pédicellées , à poils simples; d'après cette reforme et quel- 
ques autres, il ne reste, pour le genre Leontodon, que les 
espèces dont l'aigrette est sessilc et plumeuse. On a donné à 
ce genre le nom françois de pissenlit , parce que ces plantes, 
jeunes et tendres, mangées en salade , surfout le soir , excitent 
les urines pendant la nuit. Le nom latin taraxacum. indique 
le même effet, étant tiré du mot grec ru^a^a , qui trouble, 
qui remue, effet que produit le pissenlit par sa propriété 
laxative et rafraîchissante. 

J'ai exposé dans un autre ouvrage, les Leçons de Flore» 



14'2 PIS 

vol. } , chap. 24 , les phénomènes qu'offroit à notre observa- 
tion le pissenlit pendant tout le temps de sa floraison jus- 
qu'à la maturité des graines, phénomènes qu'on retrouve en 
partie dans plusieurs autres composées, mais qu'il est plus 
facile (l'observer dans une plante constamment sous nos yeux. 
Avant la floraison, le calice du pissenlit, sous ses folioles 
imbriquées et serrées, tient les fleurs à l'abri des variations 
de l'alhmosphère; mais dès que le moment de Tépanouisse- 
ment est arrive, ces folioles s'ouvrent, s'écartent, et les co- 
rolles étalent au soleil leurs pétales ra3fonnans. A l'approche 
de la nuit ou de l'humidité, tout se ferme, et le calice reprend 
sa première situation; la fécondation s'opère; les corolles se 
flétrissent et tombent ; mais le calice reste. Il a protégé les 
fleurs; Il protégera encore les semences jusqu'à leur parfaite 
maturité. Celles-ci ne sont que médiocrement attachées au 
réceptacle; elles le quitteroient à la moindre secousse, si 
elles n'avoient point d'abri. Le calice se ferme donc de nou- 
veau ; mais il ne s'ouvre plus : il reste dans cette position, 
quel que soit l'état de l'atmosphère, fortement appliqué 
sur les jeunes semences jusqu'à ce qu'elles soient parfaite- 
ment mûres; alors il les quitte, et pour ne pas gêner leur 
dissémination, il se renverse, et tient toutes ses folioles rabat- 
tues sur le pédoncule. Le réceptacle, saillant en dehors, 
prend une forme convexe, et se montre chargé des semences 
ornées de leur aigrette, et disposées en une jolie tête globu- 
leuse, d'une telle légèreté, qu'au moindre soufle ces semences 
voltigent au milieu des airs. 11 ne reste plus de celte intéressante 
fleur que le réceptacle à nu, offrant à l'œil de l'observateur 
sa surface parsemée de petits alvéoles, dans lesquels les se- 
mences étoient insérées par leur base. Maintenant explique , 
qui le pourra, par les influences atmosphériques, ce jeu 
admirable des folioles du calice? A la vérité, tant que la 
plante est en fleurs, celles-ci semblent céder, parleur change- 
ment de situation, aux impressions de l'humidité ou de la 
sécheresse, de la lumière ou de l'obscurité; mais, d'où vient 
ce même calice, cesse-t-il d'en éprouver l'influence après la 
fécondation ? pourquoi reste-t-il constamment fermé sur les 
graines? quelle force inconnue le retient dans cette position, 
quel que soit l'état de l'atmosphère ? quelle puissance, lui 



PIS 1^5 

fait ensuite rabattre toutes ses folioles après la maturité des 
semences ? peut-on méconnoître ici le but de tousses mouvc- 
mens, quoique le mécanisme en soit inexplicable? 

PissENUr PENT DE LION : Tùiaxacum dens leonis, Poir., Enc. ; 
Lamck. , lU. gen., tab. 655 ; Leontodon taraxacum , Linn. , Spec; 
Matth., Comnu, 388;Lobel, Icon., 2 32. Cette plante , si bien 
connue par la légèreté, l'élégance de ses aigrettes, est ré- 
pandue partout. Elle n*a point de tige; ses feuilles, toutes 
radicales, sont glabres, alongées , plus larges vers leur som- 
met, profondément pinnatiiides ; les pinnules dentées, un 
peu courbées en crochet. Les fleurs sont d'un jaune et d'une 
grandeur très-agréable à la vue, portées au sommet d'une 
hampe simple, fistuleuse , uniflore , quelquefois je l'ai ren- 
contrée avec deux fleurs. Les semences sont striées, munies 
de rides transversales à leur partie inférieure. Il existe de 
cette plante plusieurs variétés dans la forme des feuiiles. 
Ou les mange en salade, ainsi que les jeunes pousses, dans 
les premiers jours du printemps; toute la plante passe pour 
amère, diurétique, apéritive; on en prescrit l'infusion, le suc 
seul ou mêlé avec d'autres herbes et de la crème de tarlre, 
pour la jaunisse, les obstructions, les maladies de la peau. 
Pissenlit a feuilles lancéolées : Taraxacum lanceolatuni , 
Poir., Encycl. ; Leontodon palustre, Smith, Fi. brit. ; Leonto- 
don Bail, Gouan., IIL, 55; Hedjypnois paludosa, Scop. , Carn., 
i! , pag. loo, tab. 48. Cette espèce, rapprochée par son port 
de la précédente, en diftere par son calice, dont le rang 
extérieur des folioles n'est jamais rabattu , mais appliqué 
sur le rang intérieur. Sa racine est épaisse, charnue, brune 
en dehors; elle produit un grand nombre de feuilles pétio- 
lées, très-lisses, lancéolées, presque entières, ou légèrement 
laciniées, quelquefois aussi leurs découpures sont plus pro- 
fondes, et il est diilicilc d'assigner les bornes de ces variétés. 
La hampe est simple, très-lisse, uniflore, terminée par une 
fleur jaune. Le calice intérieur est composé de folioles droites, 
égales , lancéolées , aiguës ; l'extérieur imbriqué d'écaillcs 
larges, presque en cœur, un peu blanchâtres et membra- 
neuses à leurs bords. Les semences sont brunes et alongées. 
Cette plante croît dans les marais et les prés humides, en 
France, en Angleterre, en Allemagne, etc. 



M4 PIS 

Pissenlit usse : Taraxacum lœvigatum, Decand., Hort.monsp., 
et FI. ■ fr*iç. , Suppl. , 460; Leontodon lœvigatus , Willd. , 
Spec; Barrel., Icon. rar. , tab. 207. Cette espèce, dit M. De 
Canfiolle, tient le milieu entre les deux précédentes, pres- 
que toujours plus petite que l'une et l'autre. Ses feuilles sont 
glabres, minces, pinnatifîdes, à lobes étroits, aigus, un peu 
recourbés vers la base de la feuille. La hampe est courte, 
uniflore; le rang extérieur des folioles calicinales n'est ni 
réfléchi, comme dans la première espèce, ni dressé comme 
dans la seconde, ni composé d'écaillés chargées vers le haut 
d'une corne dorsale, comme dans l'espèce suivante, mais 
ouvert, à demi-étalé. On trouve souvent des individus qui 
ont en même temps des feuilles pinnatitîdes , et d'autres en- 
tières, ovales, rétrécies à leur base. Cette plante, qui n'est 
peut-être qu'une variété de la première, est commune dans 
les lieux secs, sur le bord des chemins, dans le Languedoc . 
la Provence, le Roussillon , etc. 

Pissenlit a feuilles ovales : Taraxacum oho.'aliim , Decand., 
loc. cit.; Leontodon obovatus , Willd., Spec, et Horl. bero!., 
tab. 47 ; J. Bauhln, Hist., 2, pag. io37, fîg. 2. Cette plante, 
comme le dit M. De Candolle, a le port de la dent-de-lion ; 
mais ses feuilles forment une rosette peu appliquée sur le 
sol; leur couleur est d'un vert plus foncé; leur forme est 
ovale , obtuse , rétrécie à la base , entière ou dentée sur 
les bords. Après la floraison, les feuilles qui poussent sont 
roncinées ou fortement dentées, un peu dressées, et ressem- 
blent alors beaucoup à certaines variétés de la dent-dc-Iion : 
mais alors même on les distingue toujours à sa forme des 
calices, dont l'extérieur est étalé, mais non réfléchi, et dont 
les écailles portent toutes à leur sommet, sur le dos, une 
corne ou protubérance calleuse bien prononcée. Cette plante 
croit dans les prés et les lieux cultivés, en Provence, aux 
environs de Montpellier, de Castelnau , de Seyne, d'Avignon, 
etc. 

Pissenlit tardif : Taraxacum serotinum , Poir. , Encycl. , 
Suppl.; Leontodon serotinus ,'\Ya\dst. et Kitaib, PL rar. liung., 
2 , pag. 119, tab. 1 1 4. Quoique cette plante off"re le port du 
taraxacum dens leonis , elle en est suflisamment distinguée par 
ses hampes, ordinairement glabres, mais quelquefois tomen- 



PIS U5 

teuses, uniflores; par son calice extérieur, étalé, scarieux; 
par ses feuilles rudes, blanchâtres, à lobes arrondis, denti- 
culés: celles qui se montrent les premières sont entières; les 
autres qui viennent plus tard sont rongées ou lobées. Cette 
plante croît en Tauride et dans la Hongrie. (Poir.) 

PISSEUR. (Matacoz.) M. Bosc , à cet article dans le Nou- 
veau Dictionnaire d'histoire naturelle, tome 26, p. 614, dit 
que c'est le nom d'un coquillage du genre Pourpre , qui lance 
sa liqueur pourprée comme un jet d'eau ; mais il faut qu'il 
y ait ici quelque confusion; car , d'abord, le réservoir de la 
pourpre, dans aucune espèce de ce genre, n'est pas assez 
considérable pour pouvoir lancer ainsi un jet de liquide, et 
ensuite cette liqueur ne passe à la couleur pourpre qu'au 
bout de plusieurs jours d'exposition à l'air et au soleil. (Voyez 
Pourpre.) Cette dénomination conviendroit beaucoup mieux 
aux ascidies. (De B.) 

PISSIDA. {Bot.) Adanson établit sous ce nom, dans la fa- 
mille des champignons, un genre qu'il caractérise ainsi . 
Écusson hémisphérique ou turbiné, lisse, porté sur une tige 
centrale d'une substance charnue ou gélatineuse, ayant les 
graines ovoïdes à la surface supérieure de Pécusson, Il rap- 
porte à ce genre les fungoidaster , pi. 82 , fig. 2, Z , Z^, du 
Gênera de Michéli et les fungoides , pi. 85, fig. 5 à i5 du 
même auteur. Ces figures représentent différentes espèces 
des genres H elvella, Helotium et même Peziza. (Lem.) 

PISSlTE. {Min.) De la Métherie a indiqué parce nom la 
variété de silex à laquelle les Allemands appliquent aussi le 
nom de pechstein , qu'Haiiy nomme quarz résinite et que nous 
avons désignée sous le nom de Silex résinite. Voyez ce mot. 
(B.) 

PISSOGOUS. {Bot.) Tournefort dit qu'on nomme ainsi, 
dans la Provence, la terre-noix, bunium bulbocastanum , dont 
on mange les racines, qui sont tubéreuses. (J.) 

PISTACHE. {Bot.) C'est le fruit du pistachier. (L. D.) 

PISTACHE DE TERRE. {Bot.) C'est l'arachide, herbe légu- 
mineuse , dont la graine ressemble à une pistache. Voyez 
Arachis. (J. ) 

PISTACHIER; Pistacia, Linn. {Bot.) Genre de plantes 
dicotylédones polypétales , de la famille des téréhinthacéès , 
4i« 10 



U6 PIS 

Juss. , et de la dicécie pentandrie , Linn., dont les fleurs sont 
diojques et présentent les caractères suivaus : Calice très- 
petit, à cinq divisions courtes dans les fleurs mâles, à trois 
seulement dans les femelles; corolle nulle. Dans les fleurs 
mâles, cinq étamines a lilamens courts, portant des anthères 
droites, ovales. Dans les fleurs femelles, un ovaire supère, 
plus grand que le calice, surmonté de trois styles réfléchis, 
terminés chacun par un stigtnate épais, hispide. Le fruit est 
un drupe sec ou à peine charnu , ovoïde , contenant un noyau 
osseux, monosperme. 

Les pistachiers sont des arbres ou des arbrisseaux résineux, 
à feuilles alternes, ailées, et qui ont leurs fleurs disposées en 
grappes axiJlaires. On en connoît aujourd'hui onze espèces, 
parmi lesquelles les quatre suivantes sont les plus remar- 
quables. 

PisTACHtER commun; Pistacia vera , Linn., Spec, 1454. Cette 
espèce est un arbre qui s'élève de vingt à trente pieds de 
hauteur, en se divisant en branches et en rameaux étalés, 
garnis de feuilles ailées , composées de deux à trois paires 
de folioles ovales ou ovales - lancéolées , glabres, un peu 
coriaces, et d'une foliole impaire,; semblable aux autres. 
Dans une variété, les feuilles ne sont ordinairement compo- 
sées que de trois folioles. Les fleurs mâles sont pédicellées, 
munies à leur base d'une petite écaille membraneuse, et 
disposées en une grappe un peu lâche. Les fleurs femelles, 
portées sur des individus différens , forment des grappes plus 
lâches. Les fruits sont ovoïdes- oblongs, d'une couleur rous- 
sâtre, ridés extérieurement, contenant une amande oléagi- 
neuse, d'une couleur verte claire et d"uue saveur agréable, 
connue sous le nom de pistache. 

Le pistachier est originaire de l'Asie ; ses fruits , selon 
Pline, furent pour la première fois apportés à Rome, vers 
la fin du règne de Tibère, par Vitellius, alors gouverneur 
de Syrie, et qui fut depuis empereur. De cette époque, cet 
arbre fut d'abord cultivé à Rome , et de là il s" est insen- 
siblement répandu et naturalisé dans la plupart des parties 
méridionales de l'Europe. On le cultive en Provence, en 
Languedoc, et quelquefois même on le trouve croissant 
naturellement dans quelques parties de ces provinces. 



PIS 147 

Les pistaches se mangent crues comme les amandes douces 
et les noisettes ; on les sert sur les tables avec les fruits secs. 
Les confiseurs en font différentes espèces de dragées, en les 
recouvrant soit de sucre, soit de chocolat. On les emploie 
aussi pour faire des crèmes , des glaces; mais comme ces fruits 
ne donnent pas k ces mets une couleur assez foncée, on est 
dans l'usage d'y ajouter une certaine quantité de jus d'épi- 
nards pour les rendre d'un plus beau vert. 

On regardoit autrefois les pistaches comme pectorales, ana- 
leptiques, et comme telles on les administroit seules, ou avec 
les pignons doux, aux malades attaqués d'affections catar 
rhales et de phthisie pulmonaire; mais aujourd'hui on n'en 
fait presque plus d'usage sous ce rapport. On en composoit 
aussi autrefois, dans les pharmacies, le looch vert et des 
émulsions auxquelles elles communiquoient leur couleur. 

On cultive peu le pistachier dans le climat de Paris et 
dans le Nord de la France , quoique l'arbre y fleurisse bien , 
mais, lorsqtie le printemps est froid et pluvieux, les fleurs 
femelles ne sont point fécondées, ou , si leur fécondation a eu 
lieu par un beau temps, on a encore à craindre que les fruits 
nemûrissentpas parmanqued'un automnesuflisanimentchaud. 
Le pistachier se multiplie d'ailleurs de graines qu'on tire du 
Midi de la France, et qu'on peut semer sur couche ou même 
en pleine terre. Si le semis est fait de cette dernière manière, 
il est bon , pour le préserver des fortes gelées, de le couvrir 
de paille ou de litière pendant les deux ou trois premiers 
hivers. 

En Sicile , on féconde artificiellement les pistachiers fe- 
melles qui sont trop éloignés des mâles, en coupant !es bran- 
ches de ces derniers pendant qu ils sont en fleur, et en les 
suspendant au-dessus des arbres femelles; ou bien on re- 
cueille la poussière des étamines , qui s'échappe des fleurs 
mâles , et on la répand sur les femelles. 

Pistachier térébinthe; Pistacia terehinthus, Linn., 5p., i455. 
Le tronc de cette espèce ne s'élève qu'à une hauteur mé- 
diocre dans le Midi de la France; mais il devient un assez 
grand arbre dans son pays natal. Ses feuilles sont composées 
de sept à neuf folioles ovales- oblongues , vertes, luisantes en 
dessus, portées sur un pétiole un peu ailé. Se§ fleurs sont 



148 PIS 

petites, dioïqiies, disposées en panicules axillaires et redres- 
sées; les mâles ont les élamines purpurines. Les fruits sont de 
petits drupes secs, globuleux, ridé^ , de la grosseur d'un 
pois au plus. Le térébinthe croit naturellement dans le Levant 
et en Barbarie; on le trouve aussi dans les parties les plus 
chaudes du Midi de la France , où il est acclimaté. 11 exhale, 
principalement dans les pays chauds, une odeur résineuse, 
forte et pénétrante, qui se répand au loin , surtout le soir. 

L'écriture sainte fait assez souvent mention du térébinthe. 
Les Grecs le connoissoient sous le nom de Tipy.fvSoç, dont celui 
qu'il porte encore ne paroit être qu'une légère altération. 

On voit souvent en été, dans les pays chauds, le suc rési- 
neux du térébinthe s'échapper naturellement à travers les 
fentes de son écorce. Cette résine, d'abord liquide et d'un 
blanc jaunâtre, tirant quelquefois sur le vert ou le bleu 
au moment où elle suinte ainsi, ne tarde pas à s'épaissir et 
à se dessécher plus ou moins par le contact de l'air. Elle est 
connue sous le nom de térébenthine de Chio , parce que 
c'est particulièrement dans cette île qu'on la recueille. Mais 
les habitans du pays rendent ce produit naturel plus abon- 
dant en pratiquant, au printemps, sur le tronc et les bran- 
ches des arbres, des incisions dont la térébenthine découle 
pendant tout l'été. C'est le matin, après que la fraîcheur de 
la nuit l'a condensée, qu'on la ramasse avec une spatule sur 
le tronc des arbres et sur des pierres plates placées exprès 
au pied des térébinthes pour en recevoir le suc résineux. 
Comme ce suc, ainsi recueilli, est toujours mêlé de quelques 
corps étrangers, on le purifie en le faisant couler à travers 
de petits paniers, après l'avoir rendu liquide en l'exposant 
à la chaleur du soleil. 

Les térébinthes ne fournissent qu'assez peu de térébenthine 
relativement à leur volume, car un arbre de soixante ans 
et dont le tronc a quatre à cinq pieds de circonférence, n'en 
donne ordinairement que dix à onze onces par an. Aussi 
la térébenthine de Chio est- elle assez chère dans le pays 
même où on la récolte. Une partie se consomme dans le Le- 
vant, le reste est transporté à Venise, où le plus souvent on 
l'altère en y mêlant de la térébenthine du mélèze, dite téré- 
benthine de Venise. C'est ce qui fait que la vraie térében- 



PIS 149 

thine de Chio se trouve très-rarement pure dans le commerce. 
Celle qui est réellement à l'état de pureté où on la trouve 
dans l'île de Chio , est plus épaisse et d'une odeur plus 
agréable que celle du mélèze et des autres sapins, et elle 
est presque sans amertume et sans âoreté. 

Une espèce de cinips, en déposant ses œufs sur les branches 
des térébinthes, y fail naître des galles semblables à de grosses 
vessies, qui contiennent ordinairement une petite quantité de 
résine très- limpide et très- odorante. En Provence, la cha- 
leur n'est pas assez considérable, et ces arbres ne donnent pas 
du tout ou presque point de résine. 

Le suc résineux du térébinthe éloit usité en médecine 
dès le temps d'Hippocrate. De même que les autres térében- 
thines, il jouit d'une propriété excitante. 11 étoit autrefois 
très-estimé des médecins et des chirurgiens. Appliqué exté- 
rieurement , on le regardoit comme résolutif et comme 
propre à nettoyer les plaies et à en faciliter la cicatrisation. 
Donné à l'intérieur, on le regardoit aussi comme balsamique 
et vulnéraire. Aujourd'hui la térébenthine n'est presque plus 
employée sous ces rapports. Elle entre d'ailleurs dans plu- 
sieurs compositions pharmaceutiques, comme la thériaque, 
le milhridate , etc. 

En Turquie , en Perse et dans l'Orient en général , on 
mâche habituellement de la térébenthine cuite; les femmes 
surtout en ont presque toujours dans leur bouche. Les habi- 
tans de ces pays regardent cet usage comme un bon moyen de 
consolider les dents et de les entretenir blanches, de rendre 
l'haleine agréable et d'exciter l'appétit. 

Dans l'île de Chio on mange les fruits du térébinthe, qui 
sont un peu astringens, et on les marine pour les conserver. 
Leur amande a la couleur et à peu près le goût de la pis- 
tache; mais elle est beaucoup plus petite. 

L"écorce du tronc et des branches brûle avec une odeur 
pénétrante, qui la fait quelquefois employer au lieu d'en- 
cens, dans les pays où les térébinthes sont communs. 

Pistachier lentisque, vulgairement le Lentisque; Pistacia 
lenliscus, Linn. , Sp. , 1466. Sa tige n'est que de grosseur mé- 
diocre, et elle ne s'élève pas à plus de douze ou quinze pieds, 
en se divisant en rameaux nombreux et tortueux, garnis de 



i5o PIS 

feuilles ailées sans impair, composées de huit à dix folioles 
lancéolées, coriaces, persistantes, d'un vert foncé en dessus, 
plus pâles en dessous. Ses fleurs mâles sont petites, disposées 
en grappes axillaires, très-serrées ; leurs étamines ont des 
anthères purpurines et à deux lobes. Les fleurs femelles sont 
également disposées en grappes axillaires, mais plus lâches. 
Les fruits sont arrondis , rougeàtres avant leur maturité, 
puis enfin noirâtres ou brunâtres. Cet arbrisseau croît natu- 
rellement dans le Levant, en Barbarie et dans les parties 
méridionales de l'Europe : on le trouve en Provence et en 
Languedoc. 

Le lentisque paroît être le ff^îvoç de Théophraste et des 
autres anciens. Son nom latin lentiscus vient de lentescere 
(être visqueux , gluant) , qualité propre à la résine odorante 
qu'il fournit, et connue sous le nom de mastic, qui paroît 
dériver de /xsicrji;;^^?! , qui vient lui-même de fxctcrjitfii ■> je. 
blesse , à cause des blessures ou incisions qu'il faut faire à 
l'arbre pour l'obtenir. 

C'est depuis une haute antiquité qu'on cultive le lentisque 
dans l'Orient et surtout dans l'île de Scio ou de Chio. La 
chaleur du climat influe beaucoup sur le produit de cette 
résine ; car les lentisques qui croissent en France , n'en 
donnent point, et en Barbarie même, selon M. Poiret, ils 
n'en donnent pas non plus soit naturellement soit par incision. 
On obtient surtout le mastic d'une variété remarquable par 
la largeur de ses feuilles. C'est celle-là qui fait la richesse 
des habilans de file de Chio. 

« Le mastic, dit Olivier, Voyage dans Vempire ottoman, 
« vol. 1, p. 292, doit être regardé comme une des pro- 
« duciions les plus importantes de file et comme la plus 
« piécieuse, puisque c'est à elle que les habitans de Scio 
« doivent une partie de leurs privilèges, et les cultivateurs 
« leur indépendance, leur aisance et peut-être leur bonheur. 
« Le lentisque qui le produit ne diffère point de celui qui 
« croît au Midi de^ l'Europe et dans toutes les îles de PAr- 
« chipel. On remarque seulement à Scio quelques légères 
« variétés à feuilles plus grandes, que la culture a produites, 
". et que les marcottes et les greffes perpétuent. 

X Pour obtenir le mastic , on fait au tronc et aux princi- 



PIS i5i 

« pales branches du lentisque de légères et nombreuses in- 
« cisions. depuis le i 5 jusqu'au 20 Juillet, selon le cîilendrier 
<f grec. Il découle peu à peu de toutes ces iricisions un suc 
« liquide, qui s'épaissit insensiblement, qui reste attaché à 
« l'arbre en larmes plus ou moins grosses, ou qui tombe et 
« s'épaissit à terre lorsqu'il est trés-abondant. Le premier 
<c est le plus recherché; on le détache avec un instrument 
« de fer tranchant, d'un demi -pouce de largeur à son ex- 
« Irémité. Souvent on place des toiles au-dessous de l'arbre, 
« afin que le mastic qui en découle, ne soit pas imprégné 
,« de terre et d'ordures. Selon les réglemens faits à ce sujet, 
« la première récolte ne peut avoir lieu avant le 27 Août. 
« Elle dure huit jours consécutifs, après lesquels on incise de 
« nouveau jusqu'au 26 Septembre; alors se fait lu seconde ré- 
« coite , qui dure encore huit jours. Passé ce temps, on n'in- 
« cise plus les arbres; maison recueille jusqu'au i 9 Novembre, 
« le lundi et le mardi de chaque semaine, le masiic qui con- 
« tinue de couler. Il est défendu ensuite de ramasser cette 
« production. 

« On m"a fait part d'une expérience qui mérite d'être con- 
/( nue. Comme il est défendu de cultiver le lentisque hors 
« des lin)ites tracées par le gouvernement , un Turc crut 
c< éluder la loi, et obtenir néanmoins du mastic en greffant 
« le lentisque sur de jeunes térébinthes. Les gr» Tes réussirent 
,, parfaitement bien, mais cet homme fut très-étonné, quel- 
« ques années après , de voir couler des incisions qu'il fit, une 
« substance qui joignoit à l'odeur et aux qualités du mastic 
« la liquidité de la térébenthine. 

« On recueille le mastic dans vingt-un villages situés au 
« midi de la ville. Cette production s'élève , année cora- 
« mune , à cinquante mille ocques , et même davantage ; 
« (l'ocque pèse environ deux livres et demie). Vingt-un 
,f, appartiennent à l'Aga , fermier de cette denrée, et sont 
« délivrées par les cultivateurs en paiement de leur imposi- 
« tion personnelle. L'excédant leur est payé à raison de cin- 
« quante paras l'ocque (un peu moins de vingt-cinq sous), 
« et il leur est défendu, sous des peines très - graves , d'en 
« vendre ou cédera tout autre qu'au fermier. La meilleure 
« et la plus belle qualité est envoyée à Constantinople pour 



i52 PIS 

« le palais du Grand - Seigneur. La seconde qualité est 
« destinée pour le Caire , et passe dans les harems des 
« Mameloucks. Les négocians obtiennent ordinairement un 
« mélange de la troisième et de la quatrième qualité. * 

Il paroît d'ailleurs diflicile de croire que la quantité de 
mastic fournie par l'île de Chio, puisse suffire à la grande 
consommation qui se fait de cette substance dans la Turquie 
et en Europe dans les pharmacies; aussi un voyageur qui a 
été sur les lieux depuis Olivier, dit-il, qu'on lui a assuré 
qu'on cultivoit le lentisque dans l'intérieur de la Natolie. 

Le meilleur mastic est en petites larmes d'un blanc jau- 
nâtre , lisses, sèches, fragiles, transparentes et d'une odeur 
agréable, qui devient surtout sensible quand on le brûle sur 
les charbons. 

Dans tout l'empire ottoman, les femmes turques, grecques, 
arméniennes, juives, et même les franques, mâchent presque 
continuellement du mastic, surtout le matin. Il se ramollit 
dans la bouche, parfume l'haleine, fortifie les gencives, et 
contribue à conserver la blancheur des dents. Dans ces mêmes 
contrées on brûle le mastic dans des cassolettes pour par- 
fumer l'air des appartemens; on le fait aussi entrer dans la 
composition de diverses eaux de senteur. 

Regardé autrefois comme balsamique et doucement astrin- 
gent , le masiic étoit employé pour fortifier l'estomac et la 
poitrine; on le prescrivoit contre les catarrhes pulmonaires, 
l'hémoptysie, la phthisie pulmonaire, la diarrhée, la leucor- 
rhée, etc. Aujourd'hui il n'est plus que très-peu usité. Au 
temps où la polypharmacie étoit en vogue, cette substance 
entroit dans une foule de préparations pharmaceutiques main- 
tenant surannées. 

Dans l'Orient, et principalement dans l'île de Chio , on est 
dans l'usage de mêler un peu de mastic à la pâte en faisant le 
pain , ce qui communique à celui-ci une saveur agréable, 
selon le goût des habitans du pays. 

Dans le Levant et en Espagne, on retire, par expression 
des fruits du lentisque, une huile qui s'emploie, soit pour 
l'éclairage, soit pour la préparation de certains médicamens; 
elle peut même entrer dans l'assaisonnement des alimcns. Du 
temps de Clusius, on fabriquoit une assez grande quantité 



PIS ï53 

de cette huile en Provence. Les fruits eux-mêmes peuvent 
se manger, et selon Pline, on en usoit ainsi anciennement 
après les avoir fait confire comme les olives. 

On a aussi attribué aux différentes parties du lentisque, 
à ses bourgeons, à ses feuilles, à ses fruits, à son écorce et à 
ses racines, toutes les propriétés qu'a le mastic lui-même ; on 
a particulièrement vanté la décoction du bois, sous le titre 
pompeux d'or potable , comme une panacée merveilleuse 
pour guérir la goutte , les catarrhes , la pierre , etc. ; mais cette 
prétendue panacée, aujourd'hui mieux appréciée, est tom- 
bée dans l'oubli le plus profond. 

Pistachier atlantique; Pistacia atlantica, Desf. , FI. atl. , 
2, p. 364. C'est un grand et bel arbre, dont la tige s'élève, 
dans son pays natal, à plus de soixante pieds de haut, sur 
deux à trois de diamètre par le bas. Ses feuilles sont cadu- 
ques, composées de sept à neuf folioles lancéolées, un peu 
ondulées, glabres, et portées sur un pétiole légèrement ailé. 
Ses fleurs mâles sont disposées en grappes terminales, gar- 
nies de petites écailles soyeuses; elles ont cinq et quelquefois 
sept étamines à anthères rouges. Les fleurs femelles forment 
des grappes plus lâches que les mâles. Les fruits sont de 
petits drupes arrondis, presque charnus, de la grosseur d'un 
pois. Cette espèce croît naturellement dans les environs de 
Tunis; on la cultive au Jardin du Roi à Paris. 

Il découle du tronc et des rameaux de cet arbre, selon M. 
Desfontaines, particulièrement en été, un suc résineux d'un 
jaune pâle, d'une saveur et d'une odeur aromatiques assez 
agréables, et assez semblable au mastic de l'île de Chio. Ce 
suc s'épaissit sur les branches en larges plaques, ou se con- 
dense en gouttes irrégulières, ayant environ la grosseur du 
pouce, qui souvent se détachent de l'arbre et tombent à terre. 
Les Maures recueillent en automne et en hiver ce suc rési- 
neux, auquel ils donnent le nom de heule, et ils l'emploient 
à peu près aux mêmes usages pour lesquels les Orientaux se 
servent du mastic; ils le mâchent surtout pour se parfumer 
la bouche et donner plus d'éclat à leurs dents. Les mêmes 
appellent tum, les fruits, qui sont légèrement acides, et ils les 
mangent après les avoir piles avec des dattes. ( L. D.) 

PISTACHIER FAUX ou SAUVAGE. (Bof.l On nomme ainsi 



'54 PIS 

le staphilier , staphylea, qui est le pistacia sjlvestris de C. 
Bauhin. (J.) 

PISTACHIER NOIR. {Bot.) C'est le hamelia virginica. (Lem.) 
PiSTACIA. (Bot.) Nom latin du pistachier. (L. D.) 
PISTACHE et PISTAZITE. (Mm.) C'est un des nombreux 
noms donnés au minéral déterminé avec une précision scien- 
tifique par Haiiy sous le nom d'épidole. 

Nous récapitulerons àParticIe Thalute, tous les noms don- 
nés à cette pierre, et nous ferons voir que c'est presque tou- 
jours par ignorance de ce qu'elle étoit , par empressement 
inconsidéré de nommer ce qu'on ne connoissoit pas encore, 
et par cette fausse idée qu'on fait connoitre un minéral, en 
lui donnant un nom, que l'épidote en a reçu un si grand 
nombre ; celui de pistacite a d'abord été plus générale- 
ment appliqué à une des variétés d'Arendal en Norwége , 
a celle que Dandrada avoit nommé acanthicone , parce 
qu'elle avoit la couleur verfe de la pistache ou jaune ver- 
dàtre de certains serins; ensuite on l'a étendu aux autres 
variétés trouvées dans le même pays et on a cité des pista- 
cifes roses, etc. Voyez Épidote. ( B. ) 

PISTANA. (Bot.) On trouve sous ce nom dans Pline la 
fléchière ou flèche d'eau, sagittaria. ( J. ) 

FISTIE, Pistia. (Bot.) Genre de plantes monocotylédones, 
incomplètes, de la famille àes hjdrocharidées , de la gjnandrie 
Alexandrie de Linnagus, offrant pour caractère essentiel : Une 
corolle monopétale, tubulée , entière, élargie en languette; 
point de calice; six à huit étamines à anthères sessiles, atta- 
chées circulairement sur le pistil; un ovaire faisant corps 
avec la base de la corolle ; un style court , épais ; un stigmate 
presque en bouclier; une capsule comprimée, à une seule 
loge; plusieurs semences portées sur un réceptacle latéral. 

PisTiE STRATIOTE : Pist'ia stratiotcs , Linn, , Spec; I,amck. , ///, 
gen., tab. 755, fig. 1; Kodda pail , Rhéede, Malah., 11, 
lab. 32 ; Rumph., Amb. , 6, tab. 74; Plum., Amer., tab. 09; 
Jacq. , Amer., tab. 148. Plante aquatique , d'un port agréab/e, 
qui étale à la surface de l'eau une belle rosette de feuilles 
d'environ un pied de diamètre, portées immédiatement sur 
le collet de la racine, cette plante étant dépourvue de tige. 
Les racines sont longues d'environ un pied et demi, garnies 



PIS ïfiS 

danâ toute leur longueur de chevelus nombreux, très -fins, 
presque simples, les feuilles sont larges, entières, presque 
en coin à leur base, arrondies et quelquefois échancrées au 
sommet, épaisses, un peu spongieuses, lanugineuses à leur 
base, blanchâtres et pubescentes en dessous, d'un vert tendre 
en dessus , très-variables dans leur grandeur et leur nombre. 
Les fleurs, blanchâtres, axillaires , solitaires, un peu pédon- 
culées, ont la corolle tubulée, un peu irrégulière, velue exté- 
rieurement, prolongée en un limbe en languette ou en forme 
d'oreille d'âne, qui paroit varier par sa forme, à en juger 
d'après les figures qu'on en voit dans les auteurs. Dans Plu- 
mier, le limbe est rétréci en une languette étroite, recour- 
bée; dans Rhéede, il est élargi en forme d'oreille, échancré 
et obtus au sommet , tandis que dans Jacquin , ce même limbe 
a son sommet entier et aigu. Ces formes sont- elles des va 
riétés, ou appartiennent-elles à des espèces différentes? Cette 
plante croît dans les eaux stagnantes, dans les Indes orien- 
tales, ainsi qu'en Amérique, au Brésil, etc. On fait avec ses 
feuilles broyées des bols, employés dans les maladies véné- 
riennes. Elle pousse du collet de sa racine des rejets cylin- 
driques qui la multiplient. (Poir.) 

PISTIL. {Bot.) Le pistil est l'organe femelle de la plante, 
tel qu'il se montre dans la fleur à. l'époque où l'anthère est 
chargée du pollen , ou vient seulement de s'en débarrasser. 
On y distingue trois parties: i.° l'ovaire, qui confient les 
ovules; 2." le style, prolongement de l'ovaire s'élevant au- 
dessus de lui; 3.° le stigmate, qui termine le style et reçoit 
le pollen. Le style manque quelquefois , et dans ce cas le 
stigmate, qui ne manque jamais, est immédiatement placé 
sur l'ovaire. 

En génér;il le pistil occupe le centre de la fleur et repose, 
sans intermédiaire, sur le réceptacle. 

La base du pistil est la partie par laquelle cet organe re- 
çoit les vaisseaux de la plante-mère. Le sommet du pistil est 
le stigmate. 

Le nombre des pistils n'est pas le même dans toutes les es- 
pèces : ordinairement il n'y en a qu'un (crucifères, caryo- 
phyllées, aurantiacées, etc.) ; quelquefois il y en a plusieurs 
(rosier, renonculacées, etc.). Il y a unité de pistil non-seu- 



ï56 PIS 

Icinent lorsqu'il n'y a qu'un style et un ovaire; mais encore 
lorsqu'il y a un seul ovaire et plusieurs styles (nigella hispa- 
nica, etc.) , ou plusieurs ovaires et un seul style (labiées, apo- 
cinées, etc.) 

Le pistil s'amincit quelquefois à sa base en une espèce de 
support ou depédicelle que quelques auteurs ont nommé po- 
dogyne (pavot, robinia, etc.). 11 ne faut pas confondre le po- 
dogyne avec le gynophore, qui est une partie saillante du 
réceptacle sur laquelle est attaché le pistil {silène, cleome 
pentaphyUa, helicteres, etc.). 

Organisation du pistil. Césalpin et Linné ont avancé que le 
pistil n'étoit que la continuation de la moelle. S'ils ont voulu 
faire entendre simplement que le canal médullaire aboutit h. 
la base du pistil , ils ont eu raison pour ce qui est des végétaux 
pourvus d'un canal médullaire; mais s'ils ont regardé le pistil 
comme un développemeut particulier de la moelle , et 
qu'ils se soient imaginé que l'organisation de ces deux parties 
étoit absolument la même , ils se sont trompés; car la moelle 
ne contient en général qu'un tissu cellulaire régulier , et Ton 
trouve communément dans le pistil, des trachées, des fausses 
trachées, des vaisseaux poreux et du tissu cellulaire alongé. 
De plus, il est visible que l'extrémité des vaisseaux du bois 
aboutit à la base du pistil , de sorte que l'on seroit également 
autorisé à dire que le pistil est la continuation du bois ; mais 
cette façon de parler ne sauroit donner de justes idées des 
choses. Un organe qui a une forme, une position , une struc- 
ture et des fonctions qui lui sont propres et ne conviennent 
qu'à lui seul, ne peut être considéré comme la continuation 
d'un autre organe, quoiqu'il ait avec cet organe une commu- 
nication immédiate. 

Les vaisseaux de la plante-mère pénètrent dans le pistil et 
suivent des routes diverses. Les uns forment comme le squelette 
des parois de l'ovaire: ce sont les vaisseaux pariétaux; les 
autres se rendent dans le placentaire : ce sont les vaisseaux 
nourriciers et conducteurs. Les nourriciers portent les sucs 
nutritifs aux ovules ; les conducteurs montent jusqu'au stig- 
mate et servent selon toute apparence à Tacte de la féconda- 
tion. Les vaisseaux conducteurs et nourriciers, réunis dans 
rintérieur des placentaires, y composent les nervules, fais- 



PIS 167 

ceaux vasculaires qui donnent naissance ailx funicules ou cor- 
dons ombilicaux. L'extrémité de chaque funicule se développe 
en unpetitsac contenant les premiers linéamensd'unenouvelte 
plante. C'est à ce petit sac qu'on a donné le nom d'ovule. 

Le nombre des nervules est souvent égal à celui des branches 
ou des lobes du placentaire; mais quelquefois, à une distance 
plus ou moins considérable de leurs points de départ, les ner- 
vules se réunissent ou bien se ramifient. Les six nervules qui 
correspondent aux six séries d'ovules fixés sur le placentaire 
du lis, se réunissent deux à deux avant de pénétrer dans le 
style, et chacun des trois faisceaux se termine dans un des 
lobes du stigmate. L'unique nervule du blé, de l'orge, de 
l'avoine, se divise, presque dès son origine, en deux branches 
dans la paroi de l'ovaire , et chacune de ces branches aboutit à 
l'un des deux stigmates. 

Souvent le nombre des styles est, égal à celui des lobes ou des 
branches du placentaire, et chaque style reçoit une nervule. 
Souvent aussi il n'y a qu'un style , quoique le placentaire se 
compose visiblement de plusieurs lobes ou de plusieurs bran- 
ches, et qu'il y ait un nombre égal de nervules (oranger). 
Ce style unique est considéré par l'anatomiste comme une 
réunion de plusieurs styles sous un même épiderme. Ce qui 
justifie cette opinion, c'est qu'il arrive quelquefois qu'ils se 
séparent effectivement en plusieurs styles. On remarque ce 
phénomène dans la fleur de l'oranger. • 

Lorsqu'un lobe ou une branche du placentaire ne se déve- 
loppe pas, le style et le stigmate correspondans ne se déve- 
loppent pas davantage. Lorsqu'au contraire il y a superféta- 
tion, c'est-à-dire, lorsque le placentaire a plus de branches 
ou de lobes qu'il n'a coutume d'en avoir, les styles et les 
stigmates se multiplient également. 

Quand le périanthe fait corps avec l'ovaire, il arrive fré- 
quemment que les vaisseaux pariétaux, au lieu de s'unir aux 
nervules à l'endroit où ces cordons passent de l'ovaire dans 
le style, ainsi qu'on l'observe dans les pistils libres, demeurent 
isolés et montent en faisceaux distincts vers le stigmate, con- 
curremment avec les nervules ( campanula aurea, etc. ). Le nom 
de faux-conducteurs désigne ces prolongemens des vaisseaux 
pariétaux. 



i68 PIS 

On pourroit être tenté de croire que l'extrémité des vais- 
seaux conducteurs s'ouvre à la superficie des stiguiates; mais 
l'anatomie prouve qu'il n'en est pas ainsi. En approchant de 
l'épiderme, ces vaisseaux se changent en un tissu cellulaire 
extrêmement délié, et les conduits de la matière fécondante 
(si toutefois ces conduits existent réellement) échappent aux 
plus forts microscopes. 

Le style et le stigmate sont souvent perforés dans leur lon- 
gueur (lis, amaryllis formosissima , etc. ): cette tubulure, qui 
selon toute apparence est une sorte de lacune, prend le nom 
de canal excrétoire. Avant la fécondation, le canal excré- 
toire rejette continuellement une liqueur qui lubréfie le stig- 
mate; dés que la fécondation est opérée , cette liqueur ne se 
montre plus : sans doute alors tous les sucs sont employés à 
nourrir et à développer les ovaires et les ovules. Ce n'est 
donc pas sans raison que l'on a comparé la liqueur du canal 
excrétoire au sang menstruel des femelles de quelques ani- 
maux. 

Par une suite de l'extrême flexibilité de l'organisation vé- 
gétale, les pisiils se changent quelquefois en lames pétaloïdes 
et deviennent stériles. D'autres fois des bulbilles se dévelop- 
pent à la place des ovules dans les cavités deTovaire. MiftBEL, 
Élém. (Mass.) 

PISTILLARIA. {Bot.) Genre de la famille des champi- 
gnons , établi par Pries aux dépens du genre Clai/aria. Il le 
caractérise ainsi : Réceptacle mince, cylindrique, point 
distinct du stipe; hyménium recouvrant presque toute sa 
surface, lisse, séminifère seulement en dessus; sporules sor- 
tant de la membrane elle-même, accompagnées de concep- 
tacles ou thèques oblitérés. 

Les espèces de ce genre sont au nombre de sept : elles 
ont été placées jusqu'ici dans le genre Cla^aria. Ce sont de 
petits champignons charnus, très-simples, linéaires ou bien en 
forme de massue, qui croissent sur les feuilles et les tiges 
mortes de diverses plantes herbacées, et quelques-uns sur 
des mousses vivantes. 

Le P. BRILLANT : p. micans , Pries ; Clavaria micans , Pers. ^ 
Clavaria acrospermum, HofTm., Germ. crjpt. , pi. 7, fîg. 2. 
Obovale , d'un rose vif; slipe très-court, blanchâtre. Cette 



PIT >5q 

espèce a une ligne de hauteur et se rencontre éparse ou un 
peu agglomérée sur les tiges et les feuilles sèches. 

Le P. DES MOUSSES : P. muscicola , Pries ; Clavari-a, Pers. , 
Obs. myc, 2, pi. 3 , fig. 2; Nées, Syst.fung. , fig. i54. Pres- 
que filiforme, légèrement renflée vers le haut, blanche, 
dilatée à la base. Cette espèce a deux à quatre lignes de lon- 
gueur; elle est un peu arquée, obtuse et glabre ; on la trouve 
en Suède, en petites touffes, entre les feuilles vivantes de 
Vhypnum triquelrum et du leskea poljantha , plantes de la fa- 
mille des mousses. M. Persoon lui donne un tubercule ra- 
dical , qu'il représente dans la figure que nous avons cité. 
Pries pense que la base dilatée de ce champignon a pu être 
prise par M. Persoon pour un tubercule. 

Nous ne ferons que citer le P. quisquillaris , qui se 
trouve sur les frondes du pteridis aquilina; le P.diaphana, qui 
vit sur les feuilles mortes du hêtre ; le P. pusilla , particulier 
aux feuilles tombées des bouleaux, etc. (Lf.m.) 

PISTOLOCHIA. {Bot.) Puchs donnoit ce nom à une fume- 
terre, fumaria hulhosa; Clusius et C. liauhin, à deux aris- 
toloches, dont une est maintenant Varistolochia pistolochia 
de Linnaeus, et, selon Dodoëns , le polyrrhizos des Grecs. 
(J.) 

PISUM. (Conchyl.) M. Megerle a proposé, dans son Nou- 
veau système de conchyliologie, de former sous ce nom un 
genre avec la cyclade des rivières, C. riyicola. Voyez Cyclade. 
(De B.) 

PISUM. (Bot.) Nom latin du genre Pois. (L. D. ) • 

FIXA. (Bot.) Nom mexicain, donné au fil que l'on retire 
des feuilles du maguey, espèce d'agave, nommée aussi pitta. 
(J.) 

PITA ROIGT. {Ornith.) Nom donné par les Catalans, sui- 
vant Barrère , au rouge -gorge, motacilla ruhecula , Linn. 
(Ch. D.) 

PITADA , PATADA. {Bot.) A Java et à Macassar on nomme 
ainsi, selon Rumph , son mangium caseolare , qui est le sonne' 
ratia acida, de la famille des myrtées. C'est le possi-possi de 
Ternate , le waccat d'Amboine. ( J. ) 

PITAHAYA, PITAIAITA. {Bot.) Voyez Piscol. (J.) 

PiTAMOATE. {Ornith.) On donne à Turin ce nom et celui 



i6o PIT 

de pifamoafos au traquet et au tarier, mutacilla rubicola et 
motacilla rubetra., Linn. (Ch. D. ) 

PITAN. {Malacoz.) Nom que les habitans des côtes de la 
Méditerranée donnent essentiellement aux pholades et quel- 
quefois aux moules lithodomes. ( De B. ) 

PITANGA-GUACU. (Omith.) L'oiseau ainsi nommé par 
les Brésiliens est le tyran bentaveo , lanius pitangua, Linn. 
( Ch. D. ) 

PITAO. (Bot.) Nom donné dans le Chili au galvezia de la 
Flore du Pérou, arbre toujours vert, dont les feuilles aro- 
matiques sont carminatives , résolutives et stomachiques. (J.) 

PITAR. (Conc^ijL) Adanson (Sénég., page 226 , pi. 16) décrit 
et figure une espèce de coquille bivalve, que Gmelin a rap- 
portée, on ne sait pas trop pourquoi, à la venus islandica , 
Linn., dont elle n'a presque aucun caractère. (De B.) 

PITCAIRNE, Pitcairnia. (Bot.) Genre de plantes monoco- 
tylédones , à fleurs incomplètes, delà famille des broméliacées , 
de Vhexandrie monosj'nie de Linnœus, offrant pour caractère 
essentiel : Une corolle à six divisions profondes ; les trois 
extérieures plus courtes, en forme de calice ; les trois inté- 
rieures une fois plus longues, linéaires, réunies en tube à 
leur base, formant seules la corolle, d'après quelques auteurs. 
Six étamines attachées à l'orifice du tube; un ovaire infé- 
rieur; un style terminé par trois stigmates ; une capsule tri- 
gone, à trois loges, à trois valves; les semences nues et nom- 
breuses. 

PiTCAiRNE A FEUILLES k'ananas : PUcairnia hromeliœfoUa , 
Willd., Spec; Lamck. , Ill.gen.,tab. 224; l'Hérit. , Sert, angl., 
tab. 1 i ; Hepetis angustifolia , Swartz , Prodr, , Bot. Magaz. , 
tab. 824. Ses racines sont vivaces , longues et fibreuses; elles 
émettent un grand nombre de feuilles ensiformes, longues 
de trois à quatre pieds, larges d'environ un demi-pouce, 
membraneuses, d'un vert glauque, garnies à leurs bords de 
cils ou d'épines courtes, recourbées, noires et luisantes; de 
leur centre s'élève une hampe longue de deux pieds et plus, 
cylindrique, parsemée de bractées linéaires, lancéolées; les 
supérieures d'un rouge écarlate. Les fleurs sont terminales , 
éparses, distantes, portées sur des pédoncules filiformes; les 
pétales intérieurs, lancéolés, un peu roulés, d'uo rouge de 



PIT iGi 

sang, persistans sûr la capsule. A la base de chaque pétale, 
on remarque de petites écailles transparentes, ovales, tron- 
quées au sommet; les filamens sont rougeâtres ; les capsules 
giabres , ovales, acuminées; les semences fort petites, cylin- 
driques, subulées, attachées à une colonne centrale, un peu 
membraneuses à leur sommet. Cette plante croit à la Jamaïque, 
sur le revers des rochers , aux lieux ombragés. 

PiTCAiRNE LANUGINEUSE ; Pitcairnià lunuginosa , Ruiz et Pav. , 
FI. Per., 3, pag. 35, tab. 268. Cette plante s'élève à lu hau- 
teur de plusieurs pieds sur une tige ou hampe simple , mu- 
nie à sa base de feuilles nombreuses, ensiformes, étroites, 
très-aiguës, lanugineuses et blanchâtres en dessous, armées 
d'aiguillons courts, un peu recourbes, d'un pourpre obscur; 
la tige est couverte d'écaillés très-longues, linéaires, imbri- 
quées. Les fleurs sont alternes , pédicellées , réunies en une 



rappe terminale, garnie de bractées ovales, aiguës, la 



nu- 



gineuses en dessous; les trois divisions extérieures de la co- 
rolle d'un vert blanchâtre; les intérieures linéaires, d'un 
violet clair; la capsule est brune, longue d'un pouce; les 
semences sont jaunes , alongées, terminées à leurs deux extré- 
mités par une soie très -fine. Cette plante croit au Pérou , sur 
les rochers , au milieu des forêts. 

PiTCAiRNE PULVÉRULENTE; Pitcuirnia pulverulenta , FL Per.,loc, 
cit., tab. 269. Sa tige est droite, longue de cinq à six piedsj 
pulvérulente vers son sommet; les feuilles sont alongées, 
larges d'environ un pouce, nombreuses, imbriquées, armées 
à leurs bords d'aiguillons noirâtres, glabres en dessus, blan- 
châtres et pulvérulentes en dessous; les inférieures rétrécies 
en longs pétioles ; la panicule est ample , terminale ; les spathes 
sont lancéolées, subulées; les fleurs alternes, médiocrement 
pédicellées, unilatérales; les bractées ovales, acuminées; les 
divisions extérieures de la corolle ovales, lancéolées; les inté- 
rieures trois fois plus longues, étroites, linéaires, d'un rouge 
vif : à la base de chacune d'elles est une écaille courte ; 
Tovaire est presque libre; la capsule petite, trigone ; les se- 
mences sont brunes. Cette plante croit au Pérou , dans les 
forêts des Andes. 

PxTCAiRNE PANicuLÉE ; PUcaimia paniculata , FI. Per. , loc. 
cit., tab. 260. Cette plante, très-rapprochée delà précédente. 

/.U 1.1 



i6. PIT 

à des tiges pulvérutenles, un peu plus longues qiie les feliiîles; 
celles-ci sont étroites, ensiformes, dentées par des aiguillons, 
pulvérulentes et blanchâtres en dessous, étalées et rabattues 
à leur sommet; une panicule terminale , étalée, très-rameuse ; 
les bractées ovales , aiguës , membraneuses ; les pédicelles 
courts ; les trois divisions extérieures de la corolle blanchâ- 
tres , pulvérulentes; les intérieures plus longues, d'un rouge 
écarlate , lancéolées , roulées à leur base , réfléchies vers 
leur sommet; les anthères sagittées; une capsule pyramidale, 
à trois côtés peu marqués; les semences alongées, subulées 
à leurs deux extrémités. Cette plante croit au Pérou, sur les 
montagnes des Andes. 

PiTCAiRNE A LARGES FEUILLES : Pltcaimia lutifoUa , Ait., Horti 
Kew.;Bot.Magaz., tab. 856; Andr., BoL. rep., lab. 022 ; Red., 
Lil. , tab. 74. Cette espèce diffère peu du pilcah-nia bromeliœ- 
folia. Ses feuilles sont larges, toutes radicales, fort longues , 
ensifoi'mes, aiguës, un peu courbées, épineuses seulement à 
leur partie inférieure. Les hampes sont droites, glabres, cy- 
lindriques, médiocrement pédonculées. Les fleurs sont d'un 
jaune ponceau, alongées, disposées en grappes; les bractées 
lancéolées, au moins de la longueur des pédoncules. Cette 
plante croît à la Jamaïque; on la cultive au Jardin du Roi. 

I^itCairne JAUNE DE SOUFRE: Piicuimia sulphuica. Aiidr. , Bot* 
rep., tab. 24g; Pitcairnia bracteata, Ait., Hort. Kew., var. ^; 
Bot. Mag. , tab. 1416. Cette plante diffère de la précédente 
par ses feuilles un peu lanugineuses, entières et non épineuses 
à leurs bords, par la couleur de ses Heurs d'un jaune de 
soufre, par la grandeur de ses bractées. Les hampes sont 
simples, pubescenîes; les fleurs disposées en une grappe ou 
un épi droit, touffu, alongé; les pédoncules très-courts, pu- 
bescens; les bractées amples, lancéolées, ciliées à leurs bords, 
Verdàtres, très-aiguës, plus courtes que la corolle; ses divi- 
sions extérieures tomenteuses en dehors et verdàtres. Cette 
plante croit dans l'Auiérique, à l'Ile de iJaint-Vincent. 

PiTCAiRNE A FEUILLES ÉTROITES : PiLcaiinia angustifoUa , Aïiii 
Hort. Kew.;Bot. Magaz., tab. 1647; Red., Lil., tab. 76. Dans 
cette espèce les feuilles sont étroites, un peu roides, longue- 
4uent acuminées, munies de dents distantes, épineuses; les 
hampes pubescentes, simples ou à peine rameuses ; les fleurs 



VIT i65 

disposées en une giappe droite, terminale; les pédoncules 
courts, velus ; Jes bractées de même longueur, pubesceutes, 
roulées à leurs bords, subulées à leur sommet; les divisions 
extérieures de la corolle tourtes, ovales, velues, colorées a 
leur sommet; les intérieures alongées, de couleur purpurine- 
Cette plante croit dans l'Amérique, à l'île de Sainte -Croix. 
On la cultive au Jardin du Roi. 

Pjtca/rne a feuilles entières; Pitcairnia integrifolia , Bot. 
Magaz. , tdh. 1462. Cette espèce ressemble beaucoup à la 
précédente; elle s'en distingue par ses feuilles sans épines; 
par ses Heurs plus petites, tubulées, arrondies, trigones ; les 
trois divisions extérieures colorées ; les hampes courtes , 
l'oides, tomenteuses ; les feuilles longues, étroites, blau-^ 
châtres, un peu lanugineuses en dessous; les fleurs disposées 
eu une grappe à peine ramifiée; les bractées tomenteuses, 
un peu plus longues que L's pédoncules ; les divisions exté- 
rieures de la corolle pubescentes, une fois plus courtes que 
les intérieures. Cette plante croit dans l'Amérique. 

PrrcAiRNE piyuANTE ; Pitcairnia pungens, Kunth in Humb* 
et Bonpl., Noi'. gen. , 1 , p^ig* ^94» Cette plante a des tiges 
droites, simples, striées, hautes d'un pied et plus, chargées 
à leur partie supérieure d'une laine blanchâtre. Les feuilles 
sont planes, toutes radicales, linéaires, d'un vert gai, pul- 
vérulentes et tomenteuses en dessous, longues d'un pied, 
larges de quatre lignes, terminées par une épine droite, 
noirâtre; les tiges couvertes de bractées linéaires, subulées, 
longues d'un pouce ; les Heurs pédicellées, disposées en un épi 
lâche; les pédicelles lanugineux, accompagnés de bractées 
glabres, linéaires -lancéolées; les divisions extérieures de la 
corolle presque glabres, colorées; les intérieures trois fois 
plus longues, linéaires-lancéolées, puis roulées en spirale, de 
couleur incarnate, munies à leur base d'une écaille blan- 
châtre, ovale, les étamines à peine saillantes; les anthères 
linéaires; l'ovaire supérieur; trois stigmates roulés en spi- 
rale; une capsule oblongue; les semences nombreuses, réni- 
formes. Cette plante croit au Pérou, sur les rochers, et sur 
les bords du fleuve Pasitara. (Poir.) 

PITCHOU. (Ornith.) Espèce de fauvette , motacilla provin- 
cialis , Linn. (Ch. D.) 



i64 PIT 

PITHAWAKA. (Bot.) Deux plantes euphorbiacées, \epljl- 
lanthus urinaria et Veuphorbia hirta, sont ainsi nommées à 
Ceilan. (J.) 

PITHECIA. {Mamm.) Nom latin, donné par M. Desmarest 
au genre Saki ; il est dérivé du grec Pithekos. Voyez ce mot. 
(F.C.) 

FITHECIENS, PUhecii. [Mamm.) Vicq-d'Azyr, à l'exemple 
des naturalistes de son temps, formoit un groupe des singes 
dépourvus de queue, auquel il donnoit ce nom, dérivé du 
grec Pithekos. Voyez ce mot. (F. C.) 

PITHECUS. (Mamm.) Nom formé du grec 7T/âe;£0ç, et que 
les modernes ont donné comme nom latin au genre qui com- 
prend les orangs-outangs. (F. C.) 

PITHEKOS, PITHECOS. {Mamm.) Les Grecs donnoient 
ce nom à un singe sans queue, qu'on a long-temps pris pour 
un orang-outang; mais M. de Blainville a démontré que ce 
singe n'étoit qu'un magot. (F. C) 

PITHÈQUE. {Mamm.) C'est pithecos francisé. Ce nom a. 
été donné au Jeune magot par Bulfon, qui le regardoit 
comme le type d'une espèce particulière. (F. C) 

PIÏHIEU. ( Ornith. ) Nom des perdrix chez les Kniste- 
neaux, suivant Mackensie, tome i." de ses Voyages, p. 2G4. 
(Ch. D.) 
y PITHION. {Bot.) Voyez Pagonaton. (J.) 

PITHONION. {Bot.) Un des noms grecs anciens de la jus- 
quiame, cité par Ruellius et Mentzel. (J.) 

PITHOSILLE, Pithosillum. {Bot.) Ce nouveau genre de 
plantes, que nous proposons, appartient à Tordre des Sy- 
nanthérées, et à notre tribu naturelle des Sénécionées , dans 
laquelle il est immédiatement voisin de VEmilia. Voici ses 
caractères. 

Calathide incouronnée , équaliflore , subduodécimflore , 
régularitlore, androgyniflore. Péricline inférieur aux fleurs, 
cylindracé-campanuié, absolument simple; formé de cinq à 
huit squames unisériécs, égales, parfaitement libres jusqu'à 
la base, contiguës , oblongues-lancéolées, foliacées, mem- 
braneuses sur les bords, entièrement renversées sur le pé- 
doncule à Fépoque de la dissémination, nullement accom- 
pagnées de squamules surnuméraires. Clinanthe plan, par- 



PIT iS5 

faitement nu. Ovaires ou fruits oblori^s , cylinclracé?. striés, 
à côtes nombreuses, crabord papillées, puis glabres, munis 
d'un petit bourrelet basilaire annulaiie ; aigrette longue, 
blanclie, molle, composée de squamellules îrès-nombreuses, 
caduques, filiformes, très-fines, plus ou moins barbellulées, 
souvent comme fourchues au sommet. Corolles glabres, k 
tube long, à limbe plus large et un peu plus long que le 
tube, subcylindracé, ayant son tiers supérieur divisé, par 
des incisions à peu près égales, en cinq lanières oblongues- 
linéaires. Anthères exsertes ; l'article anthérifcre un peu 
épaissi en forme de balustre, Stigniatophores de sénécionée, 
tronqués au sommet. 

Nous ne connoissons qu'une seule espèce de ce genre. 

PiTHOSiLLE A FEUILLES LYRÉEs; PithosiUuin Ijratum , H. Cass. 
C'est une petite plante herbacée, annuelle, à racines fibreu- 
ses : ses feuilles sont radicales, comme sessiles , longues 
d'environ un pouce, larges d'environ trois lignes, lyrées, 
ayant leur partie inférieure étrécie, linéaire, entière, la 
partie moyenne découpée, sur les deux côtés, en lobes ar- 
rondis ou anguleux, et la partie supérieure plus large, ellip- 
tique, irrégulièrement sinuée sur ses bords; la face supé- 
rieure est parsemée de poils rares, courts, épais; l'inférieure 
est presque glabre et d'un vert pâle : ordinairement la racine 
produit successivement deux tiges scapiformes, dressées, 
hautes d'environ trois pouces, grêles, cylindriques, glabres, 
entièrement privées de feuilles proprement dites; chacune 
de ces deux tiges est ordinairement divisée en deux rameaux 
très-longs, ordinairement subdivisés chacun en deux pédon- 
cules filiformes; la base de chaque division offre une pelite 
feuille bractéiforme, linéaire-lancéolée; les calalhides, so- 
litaires au sommet des pédoncules, sont composées d'environ 
treize ou quatorze Heurs, k corolle jaune. 

Nous avons fait cette description générique et spécifique 
sur des échantillons secs , innommés , qui se trouvoient 
parmi les Chicoracées ou Lactucées de l'herbier de M. Des- 
fontaines , et qui avoient été recueillis par Commerson 
dans l'Isle-de-France, et par M. Bory dans l'ile de Bourbon. 

Ce genre, qui a quelques rapports avec ÏEuryops (tom^ 
XVI, pag. 49), est immédiatement voisin de notre Emilia , 



iC6 PIT 

^lécrit dans ce Dictionnaire (toni. XIV, pag. 4o5). Il lui 
ressemble surtout par son péricline absolument privé de 
squamules surnuméraires ; mais il en diffère suffisamment 
I)ar la forme de ses ovaires, et par ses stigmatophores tron- 
qués au sommet. 

Le nom de Pitliosillum est dérivé du mot grec vriôoc , qui 
signifie tonneau , parce que le péricline ressemble à un 
îiaril ou petit tonneau, ses squames étant immédiatement 
rapprochées par les bords comme des douves. 

Nous croyons pouvoir proposer ici un autre genre, ap- 
partenant à la même tribu , et que nous caractérisons de la 
jaanière suivante. 

AsPELiNA, H. Cass. Calathide radiée : disque multiflore, 
régulariflore, androgyniflore; couronne triflore, ligulillore , 
féminiflore. Péricline cylindracé , un peu supérieur aux 
fleurs du disque ; formé de squames bi-trisériées, imbriquées : 
les intérieures unisériées, égales, contiguës, appliquées, li- 
néaires -subulées, foliacées, membraneuses sur les bords; les 
extérieures un peu plus courtes, inégales, subbisériées, lai- 
neuses, analogues aux squames intérieures. Clinanthe plan, 
alvéolé. Ovaires cylindracés , velus; aigrette composée de 
«quamellules nombreuses, filiformes, capillaires, à peine bar- 
bellulées. Etamines et style de sénécionée. 

Nous avons fait cette description générique sur un échan- 
tillon sec de l'herbier de M. de Jussieu , où il est étiqueté 
Gnaphalium niveum, Linn., 5p. pi., éd. 2. Mais nous présu- 
mons que cette étiquette est inexacte; car il seroit difficile 
de croire que la plante observée par nous pût être celle 
rommée successivement par Linné Gnaphalium niveum dans 
le Species, Scriphium corjmbiferum dans le Mantissa, Stœhe 
gnaphaloides dans le Sjslema. Quoi qu'il en soit, notre plante 
est certainement une sénécionée, voisine des jacohœa, dont 
elle se distingue génériquement par la structure de son péri- 
cline; ajoutons que sa couronne n'est composée que de trois 
fleurs, et que les ovaires sont tellement velus, que les poils 
du sommet semblent former en apparence une sorte d'ai- 
grette extérieure. Les corolles sont jaunes. Nous nommons ce 
îiouveau genre, ou sous-genre, Aspelina, en commémoration 
d'Aspelin^ auteur d'un Mémoire inséré dans le premier vO' 



PIT 167 

lume des Amanitates acadeniicœ, sous le titre de Flora aco-, 
nomica. Ne pourroit-on pas rapporter à VAspelina quelques- 
unes des espèces altribuées par M. Kunth au Senecio, telles 
que les pimpinellœfolius , nubigenus , pedicidarifolius , laciniatus^ 
bellidifoUus , pauciflorus ? Cette conjecture, hasardée par nous 
d'après les figures et les descriptions que nous trouvons dans 
les A'om gênera et species, ne pourroit être confirmée que 
par Texamen des échantillons décrits et figurés. (H. C.\ss. ) 

PITHYORNE. {Ornith.) C'est le bruant des pins, emberiza 
pitlij'ornus, Lath, (Ch. D.) 

PITHYS. (Ornith.) On a annoncé dans l'article Man'aki^- 
de ce Dictionnaire, tome XXVIII , pages 4«6 et 487, que 
M. Vieillot avoit formé, sous ce nom , un genre particulier 
du manikup ou plumet blanc , pipra albifrons , Gmeî, Les< 
caractères de ce nouveau genre sont d'avoir le bec grêle, 
médiocre, plus large que haut à sa base, anguleux en des- 
sus et à bords un peu déprimés; la mandibule supérieure 
entaillée et recourbée vers le bout, et lijiférieure droite et 
entière; les narines rondes, ouvertes, un peu cachées pai» 
les plumes de la base du bec dirigées en avant; la queue de 
moyenne longueur, ainsi que les ailes, qui sont arrondies 
et ont la penne bâtarde large; la troisième rémige la plus 
longue de toutes; les tarses élevés; l'intermédiaire des trois 
doigts de devant réuni à l'extérieur jusqu'à la seconde pha-^ 
lange. 

M. Vieillot nomme l'espèce pithjs leucops , et observe que 
Buffon a fait un double emploi en ne reconnoissant pas son 
plumet blanc dans son demi-Jin à huppe et gorge blanches, 
figuré par Edwards, pi. 546, sous le nom de wkUefaced ma- 
nakin. ( Ch. D. ) 

riTHYUSA. {Bot.) Daléchamps et Lobel dniuient ce nom 
à quelques tithyniales, dont un est ïeupliorbia pithyusa de 
Linnaeus. (J. ) 

PITIAYUMI. (Ornith.) Ce nom, qui signifie petite poitrine 
jaune, est donné, par les naturels du Paraguay, au bec-eu' 
poinçon à poitrine dorée, que d'Azara décrit sous le n," 109 , et 
dont M. Vieillot a fait un pitpit. (Ch. D.) 

PITICO. (Ornith.) Ce pic , delà grosseur d'un pigeon, qui 
est ainsi nommé au Chili, pia/s pitiu de Gmelin , suivajsS 



i68 PIT 

Molina , pag. 216 de la traduction Françoise, a rhabi(ude de 
nicher, non dans les creux d'arbres, comme ses congénères, 
mais sur les bords élevés des rivières. ( Ch. D.) 

PITINE. ;Bo/.) La plante de ce nom, citée par Théophraste, 
est Vaphace de Dioscoride , selon Anguillara et C. Bauhin ; 
Vaphaca de Lobel , Tournefort et Adanson ; le lathyrus aphaca 
de Linnaeus. (J.) 

PITIROXO. (Ornith.) Nom portugais du rouge-gorge, mo- 
tacilla rubecula, Linn. (Ch. D.) 

PITIU. (Ornith.) Voyez PiTico. (Desm.) 

PITQ. (Ornith.) Lachesnaye-des-Bois parle , d'après Laet, 
de cet oiseau d'Amérique , et dit qu'il a la grosseur de l'étour- 
neau , le plumage d'une alouette sur le corps , le ventre vert, 
le bec et la qjeue fort longs; et il ajoute qu'il creuse les 
rochers avec son bec pour nicher dedans , et que , suivant 
quelques-uns, il se sert à cet effet d'une plante appelée par 
Frczier pifo real, à laquelle on attribue la vertu merveilleuse 
de rompre le fer et tout ce qui est dur. Le nom de cet oiseau 
et le lieu qu'il choisit pour y faire son nid , lui donnent des 
rapports avec le pilico ou pitiu , dont on vient de parler. D'un 
autre côté , c'est une opinion populaire universellement 
répandue, que le pic vert auroit la faculté de briser, par 
l'application d'une plante non connue , la barre de fer 
qui scToit employée pour fermer l'entrée du trou d'arbre 
où il auroit pratiqué son nid, et ces deux considérations 
ne permettent pas de douter que le pito ne soit un pic. 
(Ch. d.) 

PITOE-LINTJAR. (Bot.) Nom du conjza lacera de Bur- 
mann a Java. (J. ) 

PITOIR. (Ornith.) Voyez Pittouer. ( Ch. D.) 

PITONNILLE, Pitonnellus. (Conchji.) Dénomination que 
Denys de Montfort (Conchyl. syst. , tome 2, page 171) a 
proposé de substituer, peut-être avec quelque raison , à celle 
d'hélicine, employée par M. de Lamarck pour un genre qui 
est, en effet , assez éloigné des hélices, puisqu'il est operculé, 
et que les sexes sont séparés ; mais il nous paroît probable que 
la coquille qu'il a regardée comme le type de ce genre, 
ne lui appartient réellement pas , et ce qui semble le prouver, 
c'est qu'il ajoute que les coquilles de son genre Pitonnille 



PIT 1^9 

sont marines, tandis que les véritables hélicines sont toutes 
fluviatiles. (De B.) 

PITOU SARVAI. {Ornith.) Nom de Foutarde, otis tarda, 
Linn., en Piémont. (Ch. D.) 

PITPIT. (Ornith.) Buffon , qui ne se dissimuloit pas les 
points de ressemblance existant entre les pitpitset les figuiers, 
a néanmoins cru remarquer entre eux, sous les rapports phy- 
siques et d'après leurs habitudes, des différences suflisantes 
pour les séparer en deux genres distincts , fondés plus parti- 
culièrement sur ce que le bec des premiers étoit plus gros et 
moins effilé. M. Cuvier, après avoir observé , dans son Règne 
animal, que les pitpits représentoient en petit les carouges 
par leur bec conique et aigu , a trouvé qu'ils les lioient avec 
les figuiers, et il a proposé pour eux l'établissement du sous- 
genre Dacnis. M. Vieillot s'est borné à en former la sixième 
section de ses fauvettes, sans leur assigner d'autres caractères 
qu'un bec totalement droit et aigu, et il a étendu la dénomi- 
nation de pitpit à d'autres oiseaux de l'Amérique méridionale, 
peu connus, mais dont, suivant d'Azara , le bec présente 
à peu près la même conformation. Ces derniers , dont M. 
Vieillot n'a indiqué ni le nom, ni le numéro , dans l'ouvrage 
de d'Azara, paroissent être la plupart des Becs -en -poinçon 
de l'auteur espagnol, dont on trouvera la description au Sup- 
plément du tome IV de ce Dictionnaire. 

Les pitpits demeurent dans les bois, se tiennent sur les 
grands arbres , et sont sédentaires entre les tropiques. 

Buffon a divisé les pitpits qu'il connoissoit en cinq espèces, 
sous les noms de pitpits vert , bleu , varié, à coiffe bleue et béraba. 
Les espèces sont, dans le Nouveau Dictionnaire d'histoire na- 
turelle, au nombre de neuf, savoir : les pitpits bleu, brun ç£ 
roux, à coiffe bleue, à front blanc, noir et roux, pitiajumi, roux 
et blanc, à ventre rouge, et vermivore. On hésite à leur appliquer 
généralement le nom proposé par M. Cuvier, ce professeur 
n'ayant désigné que la première espèce. 

PiTPiï BLEU : Motacilla cajana, Linn.; Dacnis cajanus, D., 
pi. enlum. de Buff. , n.° 669, fig. 2. Le front, les côtés de la 
tête, le haut du dos, les ailes et la queue sont noirs; le reste 
du plumage est d'un beau bleu ; le bec est noirâtre et les 
pieds sont gris. Cet oiseau , rare au Paraguay , mais fort com- 



Ï70 PIT 

mun à la Guiane, a quatre à cinq pouces de longueur totale. 
Le plumage de cette espèce éprouvant plusieurs cliangemens 
dans les deux premières années, quelques-unes de ses va- 
riétés ont été considérées comme des espèces, et le pitpiL vert 
de Buffon, motacilla cyanocephala , Gmel. , est dans ce cas. 
Déjà Ton avoit reconnu comme simples variétés le pitpit bleu 
de Cayenne, représenté sur la planche enluminée 669, fig. i , 
qui ne diffère du n.° 2 de la même planche qu'en ce qu'il n'a 
pas de noir sur le front ni sur les côtés de la tête , et le 
manakin bleu d'Edwards, pi. 260 de ses Glanures, dont la gorge 
est noire. 

Le PrrpiT varij^. , troisième espèce de Buffon, pi. enl. 669, 
i'ig' 3 {Motacilla relia, Linn., et Sjlvia velia, Lath.), ayant été 
soigneusement examiné par M. Desmarest, ce naturaliste s'est 
déterminé à le ranger parmi les tangaras. 

Il n'en est pas de même du Pitpit a coiffe bleue, quatrième 
espèce de Buffon, Motacilla lineata , Gmel., et Sjhia lineala, 
Lath., à laquelle nous croyons pouvoir appliquer la dénomi- 
nation de Dacnis llneatus. Cette espèce , qui se trouve à 
Cayenne, a une coiffe d"un bleu brillant et foncé, qui part 
du front et s'étend jusqu'au milieu du dos. On voit aussi sur 
le milieu de la tête une tache bleue longitudinale, et sur la 
poitrine une raie blanche qui va en s'élargissant jusque des- 
sous la queue; le reste du corps est bleu^ le bec et les pieds 
sont noirs. 

Buffon, en présentant le guira -béraha de Marcgrave, Hist, 
naf. bras., comme sa cinquième espèce de pitpit, manifeste 
des doutes à cet égard. Marcgrave dit, pag. 212, que cet 
oiseau est de la grosseur du chardonneret, qu'il a le dessus 
de la tète, le cou, le dos, les ailes et la queue d'un vert 
clair; la gorge noire; le reste du dessous du corps et le crou- 
pion d'un jaune doré ; quelques pennes des ailes brunes à leur 
extrémité; le bec droit, aigu et jaune, avec un peu de noir 
sur la mandibule supérieure ; les pieds bruns. 

M. Vieillot a compris le même oiseau sous le nom de né- 
mosie à gorge noire, nemosia nigricollis, dans son nouveau 
genre, qui renferme d'autres espèces, savoir : les némosies 
0. coiffe noire, à gorge jaune, rouge -cap, et à iùta et gorge 
rousses, dont il sera parlé à l'article Tangaba. Les caractères 



PIT ^71 

assignes au genre Némosie par M. Vieillot, consistent dans 
un bec court, formant à sa base un petit angle dans les plumes 
du front, conico- convexe, un peu comprimé latéralement, 
pointu, dont la mandibule supérieure, un peu arquée du 
milieu à la pointe et légèrement entaillée vers le bout , couvre 
les bords de Tinférieure ; des narines arrondies; une langue 
cartilagineuse, pointue, étroite; les extérieurs des trois doigts 
de devant réunis à leur origine. 

Le même auteur ajoute aux espèces de pltpits ci -dessus 
les suivantes, mais sans les garantir: 

PiTPiT A FRONT BLANC; Sjlvia alUfrons , Vieill. Cet oiseau 
du Paraguay, long de cinq pouces, a le front blanc , avec de 
très-petits points noirâtres; les côtés de la tête nuancés de 
brun, de noirâtre et de bleu; le dos d'un mordoré clair; les 
ailes plombées ; les pennes caudales noirâtres et pointues ; 
le dessous du corps roussâtre ; le bec , droit et pyramidal , 
noir en dessus et moins foncé en dessous ; les pieds oli- 
vâtres. 

PiTPiTBRUN ET roux; Sjlvia Tpyrrhonotos ,Yiç:i\\. Cette espèce, 
qui seroit un dacnis , si elle étoit mieux connue, paroît se 
trouver également au Paraguay; elle a deux pouces quatre 
lignes de longueur; la tête est couverte de plumes noirâtres 
et bordées de brun ; le dessus du cou et le haut du dos sont 
d'un brun lavé de roux; un roux vif domine sur le reste des 
parties supérieures; le dessous du corps est blanc. 

PiTPiT NOIR ET ROUX : MotacUla honariensis , Gmel.; Syl^^la 
lonariensis , Lath. Cet oiseau, rangé par Gueneau de Mont- 
beillard avec les demi-lins, a été vu à Buenos- Ayres par 
Commerson; il a cinq pouces deux tiers de longueur totale , 
et il est à peu près de la grosseur de la linotte; le dessus de 
la tête et du corps est noir; la gorge, le devant du cou et 
les flancs sont de couleur de rouille, et l'on voit du blanc 
entre le front et les yeux, au milieu du ventre, à la base des 
ailes et au bout des pennes caudales extérieures. 

PiTPrr VERMivoRE : MotacUla vermivora, Gmel. ; Sjlvia vermi- 
iora, Lath., pi. 3o5 d'Edwards. Gueneau de Montbeillard, 
en décrivant cet oiseau sous le nom de demi-fin mangeur de 
rers, dit qu'il est un peu plus gros que la fauvette à tête noire; 
qu'il y a deux bandes noires de chaque côté do la tête, dont 



172 PIT 

la couleur orangée s'étend, en s'affoiblissant , sur la gorge, 
la' poitrine et le ventre; que les parties supérieures sont d'un 
vert olivâtre; que le bec, brun en dessus, est de couleur de 
chair en dessous, ainsi que les pieds. Il se trouve en Pensyl- 
vanie, oii il n'est que de passage. D'Azara a vu au Paraguay 
un oiseau qu'il compare à celui-ci , et qu'il décrit, n." 164, 
sous le nom de contremaitre couronné. Ce dernier vit solitaire- 
ment dans les forêts, oij il sautille de branche en branche, 
les pieds en haut et la tête en bas, pour saisir les insectes 
cachés dans les feuilles. Son ramage exprime les syllabes chi ^ 
chi, ch.i , ckica. 

PiTPiT piTiAYUMi; Sjlvia pitiaj'umi , Vieill. Voyez, au Supplé- 
ment du tome IV de ce Dictionnaire, pag. 62 , la description 
de cet oiseau, d'après celle que d'Azara a donnée sous le nom 
de bec -en -poinçon à poitrine dorée. 

PiTPiT A VENTRE ROUGE; Sjlvia rubigustra, Vieill. Cette espèce, 
qu'on trouve au Paraguay et à Buénos-Ayres , où elle fré- 
quente les terrains aquatiques et se tient parmi les joncs, a 
quatre pouces de longueur; le bas-ventre est d'un rouge de 
feu, couleur qui se voit aussi sur le milieu de la tête, dont 
le reste est noir, à l'exception d'un trait d'un jaune vif, qui, 
depuis les narines , s'étend jusqu'à l'occiput ; le dessus du corps 
est d'un vert obscur; la queue est étagée ; le bec est droit et 
noir, et la bouche orangée. 

TnpjT Rovx ET BLAKc ; Sj'l'^ia pjrrlioleuca , Vieill. Cette espèce, 
la dernière de celles que M. N'ieillot a rangées parmi ses pit- 
pits avec le signe du doute et sans indiquer les sources d'où 
il en a tiré la description, paroit se trouver au Paraguay, 
comme plusieurs autres, et être par conséquent un des oiseaux 
dont a parlé d'Azara ; elle est donnée comme ayant la tête et 
le dessus du cou bruns, le dos, le croupion et les couvertures 
supérieures des ailes d'un brun rougeàtre; les pennes alaires 
d'un brun noirâtre, avec une large tache rouge sur les quatre 
premières; la queue étagée et dont les quatre pennes centrales 
sont d'un brun foncé et les autres d'un rouge de carmin; la 
gorge jaune et le dessous du corps d'un blanc sale ; le bec 
droit, noir en dessus et bleu de ciel en dessous. (Ch. D.) 

PITRI. (Ornith.) Selon Salerne , ce nom est à Saumur 
celui de la cresserellc, espèce de faucon. (Desm.) 



PIT 173 

PITRIOU. (Ornith.) Nom de la cresserelle en Tourrainc. 
( Desm. ) 

PJTSIEGAM-MULLU. {Bot.) Nom malabare du jasminum 
grandi florum. ( J. ) 

PITTA-GASURCULI. [Bot.) Nom brame du schorigenam du 
Malabar, tragia involucrata , de la famille des euphorbiacées. 
Une autre espèce, tragia chameriea, est nommée pitlaghœdhi (ras. 
(J.) 

PITTIZIT. {Min.) M. Hausinann a donné ce nom à un 
minerai de fer assez remarquable par sa couleur, sa Iranslu- 
cidité et surtout par sa cassure et son éclat résineux : c'est 
Je minerai de fer piciforme {Eisenpecherz de Karsten , Kol- 
phoneisenerz de Breithaupt), qu'il ne faut pas confondre avec 
le Pccheisencrz du même auteur : c'est le fer en stalactite {Ei~ 
sensinter) de Werner, le fer résinite de Berzelius. Jusque-là 
on peut choisir parmi tous ces noms celui qui conviendra le 
mieux au sjstèmc de nomenclature qu'on aura adopté; parce 
qu'étant tous insignifians , ils peuvent tous s'appliquer au 
corps que l'on veut désigner, quelle que soit sa nature. Riais, 
quand on dit avec Haiiy fer oxidé résinite , ou avec d'autres 
minéralogistes/er /y dra/e piciforme ou fer sous-sulfaté ou hjdro- 
sulfuté , on veut alors faire remplir par un nom les fonctions 
d'une définition de composition; on s'expose à indiquer une 
erreur, et par conséquent on se met dans la nécessité de 
changer perpétuellement ce qui doit au contraire rester 
immuable, pendant que les progrés de la science apportent 
des changemens successifs à nos connoissances. On ne pense 
pas que ces progrès, qui ne changent pas le corps, mais seu- 
lement ce que nous avions cru savoir sur la nature de ce 
corps , ne doivent pas agir sur le signe qui désigne le corps en 
question, mais qu'ils ne doivent faire varier que la défini- 
tion qui indique la connoissance actuelle que l'on a du corps. 
En effet , ce minerai, qui éloit d'abord du fer oxidé hydraté, 
qui est devenu ensuite du fer sous-sulfaté ou hydro-sulfaté 
est maintenant, d'après les expériences récentes de MM.Stro- 
meyer etLaugier, du fer sulfato-arseniaté, composé, d'après 
ce premier chimiste. 

De fer oxidé 33, 09 

D'acide sulfurique io,o3 



174 PIT 

D'acide arseniqiie 20, o5 

D'eau 29,25 

De manganèse oxidé 0,64. 

Par conséquent, si on veut lui donner un nom qui soif 
une définition complète de composition, il faudroit le noai- 
nommer fer sulfato -arsenialé -hydraté , ce qui seroit encore 
loin d'être complet et suflisant dans l'état actuel des règles 
de la définition de composition des minéraux. 

Voyez, pour l'histoire minéralogique de ce minerai de fer, 
l'article Fer, espèce Fer hydraté ficiforme, tome XVI, page 
4o5. (B.) 

PIÏTOCARPIUM {Bol.), Link. Genre de champignons 
presque globuleux , plissés, formés d'un péridium simple, d'a- 
bord mou , puis friable, épais, celluleux intérieurement et 
contenant les sporidies. 

Le pittocarpium Jla^um , Link, est brun-fauve à l'extérieur, 
d'un jaune soufre pâle à Fintérieur ; les séminules sont de 
même couleur, petites, globuleuses. Ce champignon, delà 
grosseur d'un pois ou d'une fève , naît aggloméré sur les 
plantes herbacées dans les parties montueuses de la Silésie. 

Ce genre, dit Link, diffère de VALthalium par Fabsence de 
ce péridium externe , qui se change en une expansion (thal- 
lus) ; par la consistance du péridium interne et par les spo- 
ridies moins nombreuses dansle pittocarpium. (Lem.) 

PITTONE, Tournefortia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, monopétalées , régulières, de la 
famille des borraginées , de la pentandrie rnonogynie de Liu- 
naeus, offrant pour caractère essentiel : Un calice fort petit, 
persistant, à cinq divisions; une corolle en soucoupe, pres- 
que en entonnoir; le tube globuleux à sa base; le limbe à 
cinq divisions; cinq étamines; les anthères conniventes ù 
Forilice du tubc; un ovaire supérieur; un style; un stigmate 
un peu conique; un drupe à quatre loges, chaque loge mo- 
nosperme. 

PiTTONE VELVE -.TournefortiahirsuLissima, Linn., Spec. ; Sioan,, 
Jam. hist., tab. 212, lig. 1. Ses tiges sont droites, ligneuses, 
presque tétragones , velues, d'un brun foncé; les feuilles al- 
ternes, pétiolées, ovales, acuminées, longues de trois pouces, 
larges de deux , d'une couleur sombre, couvertes à leur 



PIT ^75 

tade inférieure de poils serrés et couchés, moins velues eu 
dessus. Les fleurs sont disposées en une cime terminale , for- 
mée d'épis très-rameux, dont les pédoncules, ainsi que les 
calices, sont chargés de poils roides, nombreux. On en dis- 
tingue une variété, dont les épis sont plus courts, plus lâches, 
et toutes les parties de la plante moins velues; les tiges pres- 
que cylindriques, les feuilles d'un vert plus clair. I,es fruits 
sont arrondis, et renferment quatre semences ovales, oblon- 
gues. Cette plante croit aux Antilles, et dans l'Amérique 
méridionale. 

PiTTONE A LONGS ÉPIS : Toumefortia cymosa, Linrt., Spec; 
Jacq. , Icon. rar. , tab. 5i ; Sloan. , Jam.hist., 2, tab. 212, 
lig. 2; Toumefortia macrophylla , Lamk., lU. gen. , n.° 1874. 
Arbrisseau dont la tige se divise en rameaux comprimés, un 
peu anguleux, garnis de grandes feuilles ovales, lancéolées, 
alternes, longues d'environ six pouces, larges de deux, aiguës 
au sommet, rétrécies à leur base, glabres, entières; les 
pélioles longs d'un pouce. Les fleurs sont disposées en épis 
longs, grêles, pendans, un peu lâches; les pédoncules fort 
longs, rameux, glabres, axillaires, terminaux; les calices 
courts, à cinq divisions très-profondes , étroites, aiguës; les 
corolles pourvues d'un long tube. Le Toumefortia fatidissima 
de Linné paroit n'être qu'une variété de celle-ci; les feuilles 
moins velues en dessous, répandant une oc'eurqui approche de 
celle du chara vulgaris. Cette plante croit à Saint-Domingue 
et dans plusieurs autres contrées de l'Amérique méridionale. 
PiTTONE A FEUILLES LISSES; Toumefortia lœvigata , Lamck. , 
lll. gen. , n.° 1876. La tige de cette plante se divise en ra- 
meaux glabres, cylindriques, un peu anguleux, comprimés à 
leur partie supérieure. Les feuilles sont grandes, alternes, 
pétiolées, ovales ou un peu alongées, très-lisses, longues de 
trois ou quatre pouces; les pétioles courts. Les fleurs sont 
terminales, disposées en cimes courtes, droites, rameuses, 
composées d'épis simples , courbés à leur sommet. La corolle 
est blanche; son tube verdàtre, renflé à sa base; les filamens 
sont très-courts ; les anthères noirâtres; le pollen est d'un 
blanc jaunâtre; le style très-court; le stigmate pelté. Cette 
plante croit à la Martinique et à la Guadeloupe. On La cul- 
tive au Jardin du Roi. 



176 PIT 

PiTTONE MOIRÉE; ToumeforLid argentea, Lamk. , III. gerii, 
n.° 1879; vulgairement le Véloutier. Cette plante est une de? 
plus belles de ce genre et remarquable par ses grandes feuilles 
soyeuses et moirées. Sa tige est haute de cinq à six pieds : 
elle se divise en rameaux très- étalés, durs, noueux, très- 
velus ; les feuilles sont sessiles, ovales, oblongues , obtuses, 
épaisses, longues de quatre à cinq pouces, sur deux de large, 
couvertes à leurs deux faces de poils couchés, soyeux, bril- 
lans, un peu roussâtres. Le pédoncule commun est très-long, 
terminé par une panicule composée d'épis fortement recour- 
bés, chargés de fleurs nombreuses, sessiles, unilatérales, très- 
velues; la corolle d'un blanc de neige; le tube court; le 
limbe réfléchi. Cette plante croit sur les bords de la mer, à 
Ceilan et à l'Isle-de-France. 

PiTTONE sous-ARBRissEAU : Toume/ortia suJJ'ruticosa , Linn. ^ 
Spec; Toiirnefortia incana, Lamk., III. gen. , tab. g5 , fig. 3< 
Cette plante est couverte sur toutes ses parties d'un duvet 
tomenteux et blanchâtre; sa tige est ligneuse , cylindi'ique ; les 
feuilles sont éparses, sessiles, longues, étroites, linéaires, pu- 
Lescentes et blanches à leurs deux faces, d'un aspect argenté, 
très-entières. Les fleurs sont disposées en épis courts, un peu 
ramifiés. Dans la plante figurée par M. de Lamarck, les feuilles 
sont un peu pétiolées, lancéolées, blanches et veloutées en 
dessus, rudes et d'un vert sombre en dessous , un peu ondulées 
à leurs bords. Je la soupçonne être une espèce distincte» 
Cette plante croît dans l'Amérique méridionale. 

PiTTONE volubile: Touriiefortia voluhilis , Linn. .Spec; Lamk., 
m. gen., tab. gô, fig. 2; Pluken., Almag., tab. 255, fig. 6. 
Arbrisseau à tige grimpante, qui s'élève à la hauteur de douze 
ou quinze pieds , dont les rameaux sont longs , et s'entortillent 
autour des arbres, velus dans leur jeunesse, couverts d'une 
écorce grisâtre ou cendrée. Les feuilles sont pétiolées, ovales, 
aiguës, rudes et âpres à leurs deux faces, longues d'environ 
un pouce; les pédoncules un peu pubescens, divisés en ra- 
meaux très-étalés, portant des fleurs disposées en épis; le 
calice est court; la corolle à cinq découpures étroites, aiguës j 
le fruit est une petite baie arrondie, déprimée au somniet.- 
Celte plante croit à Saint-Domingue et dans plusieurs autres 
contrées de rAmériquê méridionale. 



PIT ^77 

PiTTONE scabre; Toumeforlia scabra , Lamck., III. ; Poir. , 
Encycl. n.° 14. Dans cette espèce les rameaux sont souples, 
effilés, pubescens, mais non grimpans; les feuilles petites , 
ovaJes, pétiolées, oblongues, obtuses, très-rudes, particu- 
lièrement à leur face supérieure, ridées et velues en dessus, 
denticulées, longues d'un pouce et plus, arrondies à leur 
base. Les fleurs sont disposées en épis sur des pédoncules 
ranieux; le calice est rude et velu, à cinq dents aiguës, très- 
ouvertes. Cette plante croît à Saint-Domingue. On la cultive 
au Jardin du Roi. 

PiTTONE BIFIDE : Toume/oHia bifida , Lainck. , JiZ. ; Poir., 
Encycl. n.° 16. Cette espèce est remarquable par ses feuilles 
pétiolées ; glabres et coriaces , semblables à celles du citron- 
nier, ovales, épaisses, à nervures jaunâtres. Sa tige est li- 
gneuse ; récorce grisâtre et ridée; les fleurs axillaires; le pé- 
doncule commun divisé au sommet en deux branches très- 
écartées , presque horizontales , sur lesquelles sont rangées 
unilatéralement des fleurs un peu distantes et sessiles. Le 
calice est court, glabre, à cinq petites dents très- obtuses; 
la corolle tubulée, alongée, d'un blanc jaunâtre. Cette plante 
croît à risle-de-France. 

PiTTONE A FEUILLES DE LAURIER; Toumefortia laurifoUu, Vent., 
Choix des pi., tab. 2. Cette espèce a des tiges grimpantes ^ 
glabres, cylindriques, très -rameuses. Les feuilles sont pétio- 
lées, ovales, alongées, glabres, très- entières, ondulées, ai- 
guës, sillonnées et d'un vert foncé en dessus, finement ponc- 
tués en dessous, longues de quatre à six pouces, larges de 
deux. Les pédoncules sont rameux , bifurques, recourbés au 
sommet, chargés de fleurs presque sessiles, en épis, formant 
par leur ensemble une cime lâche. Leur calice est glabre, 
à cinq divisions profondes, très- aiguës; la corolle couverte 
de poils peu apparens; le tube renflé à sa base , un peu angu- 
leux , deux fois plus longs que le calice; le limbe à cinq 
lobes ovales, surmontés d'une pointe alongée et noirâtre,- 
une baie globuleuse, contenant un noyau mince, presque 
ligneux, à quatre sillons. Cette plante croît à Porto-Ricco. 

PiTTONE CHANGEANTE; ToLirnefortia mutabUis , Vent,, Choix 
des pi., tab. 5. Arbrisseau dont les tiges sont très- rameuses, 
cjDuvertes à leur partie supérieure d'un duvet tomenteux et 
41. 12 



Ï7& PIT 

blanchâtre. Les feuilles sont ovales, lancéolées, aiguës, pubes- 
centes, rudes £^u toucher, longues de quatre pouces, larges 
de deux. Les fleurs sont sessiles , disposées en une cime 
étroite, terminale, bifurquée: le calice est pubesceiit, à cinq 
divisions droites, lancéolées, aiguës; la corolle pubescente, 
d'un blanc verdàtre, passant insensiblement à une couleur 
noire très-foncée. Le tube est cylindrique; le limbe à cinq 
lobes arrondis, crénelés à leurs bords ; la baie globuleuse, 
munie, un peu au-dessous du sommet, d'un tubercule noi- 
râtre. Cette baie est d'abord verdàtre, puis pulpeuse et blan- 
châtre, renfermant un noyau ligneux, divisé en deux hé- 
misphères, à deux loges monospermes. Cette plante croît 
à Java. 

PlTTONE FULIGINEUSE : Tournefortid/ulisinosa; Kunth in Humb. 
et Bonpl., Nov. gen. , 3, tab. 2o3. Cette espèce a des ra- 
meaux comprimés, tétragones; des feuilles éparses, pétiolées, 
oblor(gue3, aiguës à leurs deux extrémités, ridées, roides, 
entières, rudes, hispides et d'un brun foncé en dessus, tomen- 
teuses et couleur de suie en dessous , longues de quatre ou cinq 
pouces; les pédoncules latéraux, dichotomes, divisés en plu- 
sieurs épis linéaires, longs de quatre pouces, roulés à leur 
sommet, bruns et tomenteux. Les fleurs, sessiles, unilaté- 
rales, distantes, ont le calice à cinq divisions ovales: le tube 
de la corolle épais, six et huit fois plus long que le calice; 
le limbe plissé, à cinq lobes arrondis, ondulés. Le fruit est 
un drupe ovale, presque globuleux, glabre, à quatre loges 
monospermes. Cette plante croît dans l'Amérique méridio- 
nale, aux environs de Cumana et de Bordones. (Poia. ) 

PITTONIA.(BoL) Plumier avoit, en Phonneur de Pitton de 
Tournefort , réformateur de la botanique dans son temps , 
donné à un de ses genres ce nom , auquel Linnaeus a subs- 
titué celui de Tournefortia. (J.) 

PITÏOSPORE, Pittosporum. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de la famille 
des rhamnées, de l'a pentandrie monosjnie de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel ■• Un calice à cinq divisions pro- 
fondes, caduques; cinq pétales; leurs onglets réunis en un 
tube, court; cinq étamines; un ovaire supérieur; un style; 
un stigmate simple ; une capsule à deux ou trois loges rem- 



PIT .79 

plies d'une résine liquide; autant de valves; plusieurs semences 
unguleuses. 

Ce genre tire son nom du caractère remarquable de ses 
fruits, dont les loges sont remplies d'une résine liquide. Il 
est composé des mots grecs Tima. (résine,) (j-vropoç (semence). 

PiTTOSPORE ONDULÉ : Pittosporum undulatum ; Vent. , Hort. 
Cels. , tab. 76; Andr., Bot. repos., tab. 345. Cette plante a 
des tiges droites, ligneuses, un peu pulvérulentes, hautes de 
trois pieds; les rameaux verticillés , presque glabres, un peu 
rougeàtres ; les feuilles alternes , pétiolées ; les supérieures 
verlicillées , ovales, lancéolées, ondulées, entières, aiguës, 
luisantes , blanchâtres et cotonneuses dans leur jeunesse , 
d'une odeur de genièvre , longues d'environ six pouces, larges 
d'un et demi; Us pédoncules terminaux, axillaires, presque 
en ombelle, pubescens, munis chacun de trois fleurs pédi- 
cellées, très -blanches, d'une odeur de jasmin , accompagnées 
de bractées très-courtes, linéaires, pubescentesj le calice 
pubescent, à cinq divisions profondes, ovales, aiguës, rap- 
prochées en tube; cinq pétales alternes avec les divisions du 
calice; cinq étamines alternes avec les pétales; l'ovaire su- 
périeur, ovale, alongé, velu; le style cylindrique; le stig- 
mate en tête, a cinq crénelures. Cette plante c oît aux îles 
Canaries. Ses tiges contiennent un suc visqueux et odorant. 

PiTTOSPORE HÉRISSÉ; PUtosporum hirtum, Willd. , Enum., 1 , 
pag. 261. Très-rapprochée de l'espèce précédente, celle-ci 
s'en distingue surtout par sa pubescence. Ses tiges sont droites , 
ligneuses, ramifiées, les plus jeunes rameaux hérissés et pu- 
bescens , ainsi que les pétioles. Les feuilles sont alternes , 
ovales, alongées , très-entières, arrondies et non aiguës à 
leur base, acuminées, un peu obtuses, glabres en dessus, 
pubescentes à leur face inférieure, longues de deux pouces 
et plus. Les fleurs sont disposées en grappes terminales. Cette 
plante croît aux îles Canaries. 

PiTTOSPORE A FLEURS VERTES; Pittosporum viridifoUum , Bot. 
Magaz., tab. 1684. Arbrisseau ayant la tige glabre, cylin- 
drique; les rameaux alternes, tubercules ; les feuilles pétio- 
lées , alternes, en ovale renversé, émoussées à leur sommet, 
glabres, luisantes eu dessus, réticulées en dessous, longues 
de deux pouces et plus. Les fleurs ont une couleur ver- 



i8o FIT 

dâtre, et une odeur approchant de celle du jasmin, elles 
sont terminales, réunies en une panicule touffue, presque 
globuleuse; elles ont le calice caduc, à cinq, quelquefois à 
quatre divisions ovales ; cinq, quelquefois quatre pétales lan- 
céolés, aigus, recourbés ; cinq ou quatre étamines , de la lon- 
gueur des pétales, insérés sur le réceptacle; le stigmate glo- 
buleux. Cette plante croit au cap de Bonne-Espérance. 

PxTTOSPORE A FLEURS FAUVES; Pittosporum fulvum , Rudg. , 
Trans. Linn. , lo, pag. 298, tab. 20. Ses tiges sont droites, 
cylindriques, tomenteuses, garnies de feuilles ovales, lan- 
céolées, à peine pétiolées, entières, un peu aiguës, longues 
de trois à quatre pouces, larges d'un pouce et demi, tomen- 
teuses sur leurs nervures. Les fleurs sont odorantes, fascicu- 
lées, presque en panicule, terminales; les pédoncules grêles, 
visqueux, pubescens; les calices étalés, à cinq folioles lancéo- 
lées, cunéiformes, caduques; les bractées de même forme, 
mais plus étroites; les corolles jaunes; les pétales longs de sept 
à huit lignes, roulés à leur sommet; les filamens jaunes, un 
peu comprimés; l'ovaire est chargé d'un duvet un peu rous- 
sàtre ; la capsule à deux loges. Cette plante croît au port 
Jackson, dans la Nouvelle- Hollande. 

PrrTospoRE A FEUILLES CORIACES : Pittosporum coriace II m ; Ait., 
Hort. Kew., Vahl., Sjmb., 2, pag. /^3. Arbrisseau ayant les 
rameaux prolifères , verticillés , au nombre de trois ou 
quatre, revêtus d'une écorce cendrée; les feuilles oblongues 
ou presque ovales, lisses, entières, très- obtuses, coriaces, 
glabres à leurs deux faces, longues de deux pouces, rétré- 
cies à leur base en un pétiole long d'un pouce , réunies 
trois ou quatre à chaque verticille. De chaque bourgeon 
sort un pédoncule solitaire, tomenteux , long d'un pouce, 
divisé en cinq pédicelles en ombelle, aussi longs que les 
pédoncules: les deux pédicelles intermédiaires portent deux 
ou cinq fleurs; les autres sont unitlores. Le calice est tomen- 
teux, à cinq divisions oblongues, obtuses; la corolle glabre , 
une fois plus longue que le calice ; les pétales sont linéaires 
et obtus. Cette plante croît à Madère et aux îles Canaries. 

(POIR.) 

PITTOSPORÉES. (Bot.) Cette famille de plantes, établie 
par M. R. Brown dans ses General remarks , tire son nom du 



FIT i8i 

Piitosporum, un de ses genres. Son caractère général est formé 
de la réunion des suivans. 

Un calice à cinq divisions profondes ou partagé en cinq 
sépales imbriqués dans la préfloraison ; cinq pétales insérés 
sous l'ovaire par un large onglet, rapprochés et quelquefois 
réunis en tube parle bas , également imbriqués à leur sommet 
avant leur épanouissement; cinq étamines alternes avec les 
pétales et insérées au même point; un ovaire simple et libre, 
contenant deux à cinq loges, ou seulement autant de placen- 
taires chargés de plusieurs ovules; style simple; stigmates 
en nombre égal à celui des loges ou des placentaires; fruit 
capsulaire ou en baie, à loges polyspermes, dont quelques- 
unes avortent quelquefois; graines enduites quelquefois d'une 
pulpe gélatineuse ; embryon très-petit, à radicule plus courte 
que les deux lobes, placé à la base d'un grand périsperme 
charnu, près l'ombilic de la graine. 

Les plantes de cette famille sont de petits arbres ou des 
arbrisseaux. Leurs feuilles sont simples , alternes , sans sti- 
pules; leurs fleurs axillaires ou terminales, dont un des or- 
ganes sexuels avorte quelquefois. 

M. Brown rapporte à cette famille le pitlosporum de Banks 
et Gsertner, le bursaria de Cavanilles , et le billardiera de M. 
Smith, et M. De Candolle lui ajoute le screacia de Commerson, 
que nous avions réuni au celastrus dans les rharanées. 

Nous rapprochions également de cette dernière famille le 
pittosporum et le bursaria, qui ont avec elle de l'affinité par 
leur porf. L'insertion de leurs pétales et de leurs étamines 
sous Tovaire, force non-seulement de les éloigner du celastrus 
et des rhaninées, mais encore de les changer de classe et de 
les trimsporler à celle des hypopétalées. Il est plus difficile 
de fixer la place que les pittosporées doivent occuper dans 
celle-ci. M. De Candolle les met entre les polygalées et les 
frankéniacées. Elles paroissent avoir encore quelque affinité 
avec les olacinées, qui ont aussi un périsperme et des pé- 
tilles quelquefois réunis, et avec les théacées ou les ternstrœ- 
miées, dans lesquelles on observe la même réunion des pétales. 
Cependant ces divers rapprochemens ne sont pas encore 
satisfaisans , et il sera nécessaire de mieux connoître tous 
les caractères et d'en calculer la valeur relative. On peut 



l82. PIT 

encore avoir quelques doutes sur le rapprochement du se- 
nacia, qui paroitroit ne pouvoir s'éloigner du maytenus et 
du celastrus , et surtout sur celui du billardiera, que quelques 
auteurs plaçoient à la suite des solanées. (J. ) 

PITTOUER. (Ornith.) Ancien nom François du Butor. 
(Desm.) 

PITUITAIRE [Glande]. {Anaf. eï Phys.) Voyez Système 
NERVEUX et Tête. ( F. ) 

PITUITAIRE [Membrane]. {Anal, et Phys.) Voyez Nez. (F.) 

PITUITARIA. {Bot.) Suivant Dodoëns, quelques personnes 
ont donné ce nom à la slaphysaigre, delphiniuin staphysagria. 
(J.) 

PITUMBA. {Bol,) Ce genre d'Aublet présente les carac- 
tères de Vanavinga de M. de Lamarck ou casearia de Jacquin , 
et doit lui être réuni selon Richard. Voyez Samyde. (J. ) 

PITYIDES. {Bot.) Dioscoride désigne sous ce nom les fruits, 
conformés en cône , des pins et des sapins, auxquels il at- 
tribue une vertu astringente et un peu échauffante. (J. ) 

PITYREA. {Bot.) Genre établi par Fries dans la famille 
des lichens, et qui est si voisin du Lepraria, qu'il n'a pas été 
adopté. ( Lem.) 

PITYRODIA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, de la famille 
des verbenacées , de la didynamie angiospermie de Linnaeus , 
offrant pour caractère essentiel : Un calice persistant, cam- 
panule, à cinq divisions égales; une corolle en forme d'en- 
tonnoir ^ son limbe à deux lèvres, la supérieure à deux lobcs; 
l'inférieure à trois divisions égales ; quatre étaniines presque 
didynames; un stigmate bifide; un drupe un peu chai'nu à sa, 
moitié inférieure, à quatre loges monospermes. 

PiTVRODiE A feuilles DE SAUGE; Pityrodïa sah'ifolia , Rob. 
Brown , iSov. Holl., i , p. 5i5. Arbrisseau dont les tiges sont 
couvertes d'un duvet un peu pulvérulent, en forme de petites. 
écailles étoilées. Les feuilles sont simples , opposées , ridées , 
lancéolées, très- entières, exhalant une odeur forte qui ap- 
proche de celle delà menthes Les pédoncules sont opposes ^ 
réunis plusieurs ensemble dans l'aisseile des feuilles, chargés 
de fleurs blanches , reunies en petites grappes. Cette plante 
Toit à la Nouvelle-Hollande. (Pqir.) 



PIV i83 

PITYS. (Bot.) Voyez Picea. (J. ) 

PITYSORYSIS. (Bot.) Un des noms grecs anciens de 
Pivette, chamœpilys, cité par Ruellius. (J. ) 

PITYTE. {Fass.) Le bois fossile, dont la structure res- 
semble à celle du bois de sapin, a reçu ce nom des orycto- 
graphes. (Desji. ) 

PITYUSA. {Bot.) Nom d'une espèce d'euphorbe chez les 
anciens. Ce nom a été par la suite altéré et écrit pithjusa, 
avec un h; mais ce nom ne doit point en avoir, puisqu'il 
signifioit ésule à feuilles de pin, pitjs, en grec. (Lem.) 

PITZMALOTL. (Ornith.) Voyez Pimalot. (Desm.) 

PIUQUEN. [Ornith.) Ce nom et celui de Piot otEN ont été 
donnés à une Outarde du Chili, Otis hiiensis. (Desm.) 

PIVANE. {Ornith.) Le bouvreuil est ainsi nommé dans la 
ci-devant province de Berry. (Desm.) 

PIVE. {Ornith.) Noni du bouvreuil en Provence et aux 
environs de Niort. (Desm.) 

PIVE. {Crust.) M. Bosc rapporte que ce nom est donné à 
certains petits crustacés du genre Cymothoé et de ceux qui 
l'avoisincnt, vivans en parasites sur le corps des poissons. 
(Desm.) 

PI VÉRONE. {Malacoz.) L'un des noms vulgaires de la 

VjÉNUS CLONISSE. (DesM.) 

PIVERT OU PIVERD. (Ornith.) Ce nom est une des appel- 
lations vulgaires du pic vert. 

Pivert aux ailes d'or. Ce nom est donné par Catesby au 
pic à bag\rcltes dorées. 

Pivert bigarré. L'oiseau ainsi nommé par Alpin, est le pic 
varié. 

Pivert rleu. Le martin -pêcheur d'Europe a quelquefois 
reçu ce nom. 

Pivert d'eau. Autre dénomination vulgaire du même 
oiseau. 

Pivert df. la Jasiaïque. Le pic varié de la Jamaïque a reçu 
ce nom. 

Pivert tacheti^ [Petit]. C'est le petit pic varié de Virginie, 
ènns f ouvrage de Catesby. 

Pivert a tête brune [Petit]. Dans le même ouvrage la 
petite sittèle à tête brune porte ce nom. 



i84 PIV 

PxvERT A TÊTE ROUGE. Cct oiscau , dc Catcsby, est le pic 
Domino de M. Vieillot; le Ghand pivert a tête rouge, du 
même auteur, est le pic noir huppé de Virginie. 

Pivert a trois onglets. Edwards désigne ainsi le picoïde. 

Pivert a ventre jaune. C'est selon Catesby le pic varié de 
la Jamaïque. 

Pivert a ventre rouge, de Catcsby : c'est le pic varié de 
la Caroline. (Desm. ) 

PIVETTE. {Ornith.) L'un des noms vulgaires du bécasseau. 
(Desm.) 

PlVl. (Ornith.) Nom piémontois du Martinet noir. (Desm.) 

PIVIER. [Ornith.) Nom piémontois du pluvier guignard. 
(Desm.) 

PIVIER REAL. (Ornith.) Selon M. Vieillot le pluvier doré 
est ainsi appelé en Piémont. (Desm.) 

PIVIERO. (OrnifJi.) Nom italien du pluvier doré, chara- 
drius phnialis, Linn., qui se nomme piviere en Sardaigne. 
(Ch. D.) 

PIVINE. (Ornilli.) Un des noms qui, suivant le docteur 
Guillemaut , sont donnés, dans le département des Deux- 
Sèvres, à la grande mouette cendrée, larus canus , Linn. 
(Ch. D.) 

PIVITE. (Ornith.) Un des noms vulgaires du vanneau, 
tringa vanellus, Linn. (Ch. D.) 

PIVOINE. (Ornith.) Ce nom ancien du bouvreuil, ioxia 
pjrrhula, Linn., doit , suivant Salerne, être prononcé au mas- 
culin pour le distinguer de la pivoine , plante. Le dur-bec, 
Ioxia enucleator, Linn., et corjthus , Cuv. , est quelquefois 
appelé grosse -pivoine. (Ch. D.) 

PIVOINE; Pœonia, Linn. (Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones polypétales, de la famille des renonculacées , Juss. , 
et de la polyandrie digjnie, Linn., dont les principaux carac- 
tères sont les suivans : Calice de cinq folioles ovales- oblon- 
gues, inégales, persistantes; corolle de cinq pétales ou plus, 
grands, ouverts, arrondis à leur sommet, rétrécis à leur base;, 
étamines nombreuses , attachées au réceptacle , surmon- 
tées d'anthères oblongues , quadiangulaires ; ovaires su- 
pères , au nombre de deux à cinq, ovales, dépourvus de 
style, terminés chacun pai \w stigmate oblong. comprimé, 



PIV i85 

coloré; plusieurs capsules (autant que d'ovaires) ovales- 
obloii^ues, à une seule loge, s'ouvrant longitudinalement par 
leur côté intérieur, et contenant plusieurs graines ovales, 
luisantes, attachées le long de la suture. 

Les pivoines sont des plantes herbacées , très-rarement 
ligneuses, à racines vivaces et tubéreuses , à feuilles grandes, 
plus ou moins découpées, et à fleurs solitaires, remarquables 
par leur grandeur et par la richesse de leurs couleurs. On 
en connoit dix-sept à dix-huit espèces, dont plusieurs sont 
cultivées pour l'ornement des jardins, où elles font un bel 
effet par leurs grandes et magnifiques fleurs, surtout lors- 
qu'elles sont doublfs. 

Pivoine officin'ale, anciennement Péone ou Pione; Pœonia 
ojficinalis, Linn., Sp., 747. Ses racines sont composées de 
gros tubercules ovales-oblongs , brunâtres extérieurement, 
blanchâtres intérieurement ; elles produisent une ou plu- 
sieurs liges hautes d'un à deux pieds, peu rameuses, striées, 
garnies de feuilles deux ou trois fois ternées, à folioles ovales- 
oblongues ou lancéolées, entières ou partagées en deux à trois 
lobes, lisses et d'un vert gai en dessus, plus pâles en dessous. 
Les fleurs sont terminales à l'extrémité de la tige et des ra- 
meaux , très-grandes, ordinairement d'un beau rouge cra- 
moisi. Dans la variété nommée vulgairement pivoine mâle, 
les graines sont d'un rouge luisant ; dans celle connue sous 
le nom de pivoine femelle, elles sont d'un bleu noirâtre. 
Cette plante croit naturellement dans les montagnes du Midi 
de la France, en Espagne et en Sibérie. Elle fleurit en Mai. 
On en a obtenu par la culture plusieurs variétés à fleurs 
doubles, blanches, roses ou d'un rouge cramoisi. Cette der- 
nière variété est la plus commune et se trouve fréquemment 
<ians les jardins. On la plante en pleine terre, et on la 
laisse en place pendant plusieurs années. Toutes ces variétés 
à fleurs doubles se multiplient en éclatant en automne les 
racines des vieux pieds. 

La pivoine est une de ces plantes célèbres chez les anciens 
par les merveilleuses propriétés qu'on leur attribuoit, et qui, 
de nos jours, ont perdit presque toute leur réputation. On 
fait ordinairement dériver son nom de Pœon , le médecin 
des dieux , qui employa cette plante pour guérir Plulon 



i86 PIY 

blessé par Hercule. M. de Theis pense avec plus de vrai- 
semblance, qu'elle tire son nom de la Pœonie, province où 
elle croissoit en abondance. La pivoine avoit d'ailleurs plu- 
sieurs autres noms chez les anciens, parmi lesquels nous ci- 
terons celui de yXvKvviS'i) -, qui lui avoit été donné à cause de 
la saveur de sa racine, qui est douceâtre : Hippocrate en parle 
sous ce nom. 

Aux yeux des anciens, la jjivoinc étoit un remède sou- 
verain , un don de la divinité (â/ocTor/ov) j elle guérissoit 
d'un grand nombre de maladies, et possédoit des propriétés 
fort extraordinaires, telles que celle de chasser les esprits, 
d'éloigner les tempêtes, etc. : ilseroit trop long d'énumérer ici 
les choses merveilleuses qu'elle pouvoit produire. On doit 
bien penser que la récolte d'une plante, à laquelle on attri- 
buoit des propriétés si extraordinaires, devoit nécessairement 
être accompagnée de quelque cérémonie. Effectivement c'étoit 
seulement pendant la nuit qu'on pouvoit la recueillir, et si 
l'on étoit aperçu par un pic vert , on risquoit de perdre la 
vue (Théoph., lib. IX, cap. 9). Certes, il est peu de plantes 
sur lesquelles les anciens aient débité d'histoires plus ridicules; 
au reste, Théuphraste, auquel nous empruntons ces détails, 
ne les donne guère que comme des propos d'herboristes. 

La pivoine, ainsi que nons l'avons dit plus haut, étoit 
déjà employée en médecine du temps d'Hippocrate ; mais 
aucun auteur n"a plus contribué que Galien, à mettre cette 
plante en vogue. 11 prétend avoir vu un enfant atteint dépi- 
li'psie, dont les convulsions étoient entièrement appaisées par 
l'effet d'une racine de pivoine suspendue à son cou ; mais 
aussitôt qu'on cnlevoit la racine, on voyoit les convulsions 
se renouveler. Ce fait, attesté par Galien, et admis sans exa- 
men par le plus grand nombre des médecins qui sont venus 
depuis, a fait pendant long-temps regarder la pivoine comme 
spécifique de l'épilepsie, et elle a été employée avec con- 
liance , jusqu'à ce que des praticiens très-recommandables, 
comme Fernel, Boerhaave, Hoffmann aient révoqué en doute 
ses propriétés, noi!-seulement lorsqu'elle est appliquée exté- 
rieurement, mais lors même qu'elle est administrée intérieu- 
rement. Aujourd'hui les médecins paroissent presque géné- 
ralement avoir adopté cette dernière opinion, et la pivoine- 



PIV 1S7 

est à peu fie chose près tombée en désuétude, soit comme 
antispasmodique et anliépileptique , soit comme fondante 
et emménagogue, propriétés qu'on lui avoit aussi attribuées. 
Les compositions pharmaceutiques, comme la conserve et 
l'eau distillée , sont aussi tombées en discrédit et ont cessé 
d'être usitées. 

PiVoiNE A FLEURS BL.\?>'CHEs; Pcconia alhlflora , Pall. , FI. Ross., 
2, p. go, t. 84; Willd. , Sp., 2, p. 1222. Ses racines sont 
noirâtres, munies Je quelques tubercules; elles produisent 
des tiges hautes de deux pieds, garnies de feuilles ternées , 
glabres, luisantes, composées de folioles découpées en trois 
divisions ovales-lancéolées. Les fleurs sont blanches, le plus 
souvent solitaires au sommet des tiges, quelquefois au nombre 
de deux ou de trois. La corolle est ordinairement à huit 
pétales, et les ovaires, au nombre de trois, sont luisans , 
très-glabres. Les graines sont jaunâtres à l'époque de la ma- 
turité. Cette espèce est originaire de Sibérie. On la cultive 
dans les jardins on on en a obtenu par les semis une variété 
à fleurs doubles. Dans son pays natal, ses racines se mangent 
cuites, et on prépare avec ses graines, pulvérisées et infusées 
dans l'eau bouillante, une sorte de boisson qu'on prend en 
guise de thé. 

Pivoine anomale: Pœonia anomal a , Linn. , Mant. 247. Ses 
racines , composées de gros tubercules jaunâtres , d'une 
odeur forte, produisent une ou plusieurs tiges hautes d'un 
pied et demi à deux pieds , garnies de feuilles la plupart 
ternées, d'un vert gai, composées de folioles profondément 
laciniécs. Les fleurs sont roses; elles ont un calice de trois 
folioles, et une corolle de six pétales. Les ovaires sont gla- 
bres, coniques, verdâtres, le plus souvent au nombre de 
cinq. Les graines , renfermées dans les capsules, sont rouges 
ayant leur maturité, et enfin noires. Cette plante croit na- 
turellement en Sibérie, où les habitans mangent ses racines 
après les avoir fait cuire. On la cultive dans les jardins. 

Pivoine a feuilles menues; Pcconia tenuifolia , Linn., Sp., 
748; Lois., Herb. del'amat., n.°et t. 45i. Ses racines sont ram- 
pantes, chargées de tubercules de la grosseur d'une noisette; 
elles donnent naissance à des tiges simples , glabres comme 
toute la plante, hautes d'im pied ou un peu plus, garnies de 



i88 Piy 

feuilles deux ou trois fois ternëes, dont les folioles sont décou- 
pées en laniaires linéaires, étroites, d'un beau vert. Ses fleurs, 
solitaires au sommet des tiges, sont d'un rouge pourpre foncé, 
larges de deux pouces et demi à trois pouces. Leur calice est 
formé de cinq folioles dont trois plus grandes, ovales , et deux 
plus courtes, arrondies. La corolle a le plus souvent huit pé- 
tales. Les ovaires, au nombre de deux à quatre, sont velus et 
d'un rouge foncé. Cette espèce croît naturellement en Russie 
et en Sibérie. Dans les jardins de Paris et des environs, elle 
fleurit à la fin d'Avril ou au commencement de Mai. Elle n'est 
pas difficile sur le terrain , et se multiplie facilement par la 
séparation des racines qu'on peut faire depuis l'automne jus- 
qu'au milieu de l'hiver. 

Pivoine moutan; Pœonîa moulan, Siœs, in Bot. Mag. n.° et 
t. 1 154. Cette espèce est un arbuste dont la racine est formée 
d'un ou plusieurs tubercules napiformes; ses tiges ligneuses 
s'élèvent dans nos jardins à la hauteur de trois ou quatre 
pieds, rarement plus; mais dans le pays natal de la plante, 
elles paroissent s'élever davantage. Ses feuilles sont pétiolées , 
deux fois ternées , composées de folioles ovales-oblongues , 
d'un beau vert en dessus, glauques et légèrement pubescenles 
en dessous, les unes entières, les autres partagées en deux à 
trois lobes. Ses fleurs, dans la variété la plus répandue 
dans nos jardins, sont d'un rouge très-clair ou couleur de 
rose, solitaires au sommet des rameaux, larges de cinq à 
sept pouces et d'un superbe aspect; elles ont d'ailleurs une 
odeur très-agréable qui a quelque analogie avec celle de la 
rose. Leur calice a huit ou neuf folioles , et les pétales sont 
très -nombreux, disposés sur plusieurs rangs. 

Cette pivoine est originaire de la Chine, où elle porte le 
nom de mou-tan; elle y fut découverte, il y a quatorze cents ans 
et plus, dans les montagnes du Ho-nan. Ce fut un voyageur 
qui l'y trouva, et qui, charmé de la beauté et de l'éclat de 
ses fleurs, recueillit plusieurs pieds de cette plante pour en 
parer son jardin. Cette espèce méritoit d'attirer tous les re- 
gards ; soumise à la culture, elle devint bien sujîérieure à 
ce qu'elle étoit dans l'état sauvage , cependant elle resta 
long-temps presque inconnue, et ce ne fut que vers le milieu 
du septième siècle , lorsque les troubles , qui précédèrent 



PIV Ï89 

rélévation de la dynastie des Tang, furent dissipés, que les 
esprits, dans ce calme si heureux après les révolutions poli- 
tiques, eurent le loisir d'admirer ce magnifique végétal. 
Tous les amateurs furent séduits par la forme gracieuse de 
ses fleurs, par leurs teintes brillantes et agréableçnent va- 
riées, sa culture devint générale et acquit une vogue extra- 
ordinaire ; on sacrifioit des sommes considérables pour se pro- 
curer les plus belles variétés de mou- tan. La nouvelle fleur 
reçut l'hommage des poètes; les empereurs même lui firent 
l'honneur de la célébrer dans leurs vers; d'habiles peintres 
furent chargés d'en décorer les lambris du palais impérial, 
et les parterres destinés à sa culture étoient consacrés par 
de pompeuses inscriptions. 

Cet enthousiasme des Chinois pour le mou -tan ne seroit 
pas étonnant, si les merveilles que les missionnaires de Pékin 
en rapportent étoient dignes de foi. On a plus d'une fois, 
disent -ils, présenté aux empereurs des mou -tan en arbre, 
qui s'élevoient à plus de vingt- cinq pieds; le fait est bien 
difficile à croire. 

Au reste, le mou -tan n'eut pas le sort général des objets 
de la passion des hommes ; les troubles auxquels la Chine fut 
fréquemment en proie, les révolutions politiques, ne purent 
le faire oublier; décoré du titre de Roi des Jleurs et de celui 
de cent onces d'or , à cause des sommes exorbitantes dont 
les curieux avoient payé plusieurs de ses variétés, il fut placé 
au premier rang dans les jardins de la dynastie des Song, à 
Kaisong-fou, dans le Ho-nan, alors capitale de l'empire; et 
lorsque, sur la fin du quatorzième siècle, l'empereur Yong-lo 
de la dynastie des Ming, transféra la cour à Pékin, il ordonna 
que tous les ans, on lui aportàt des mou-tan du Hou-Kouang , 
et cet usage subsiste encore aujourd'hui. 

Les Chinois possèdent, à ce qu'on assure, plus de deux cent 
quarante variétés de mou -tan, et ils seroient plus riches en- 
core, si par un préjugé bizarre, les pivoines panachées de di- 
verses couleurs n'étoient pas exclues de leurs jardins. Cette 
aversion est fondée sur un singulier raisonnement. Ces acci- 
dens, disent- ils, sont des preuves de la foiblesse des plantes, 
elles ne sont donc pas belles, car rien n'est beau que ce qui 
suit Perdre de la nature. Au reste, ils ont des mou -tan de 



190 piy 

toutes les couleurs, des blancs j des jaunes, des rouges, des 
pourpres, des violets, des bleus et même des noirs, à ce qu'ils 
prétendent, ce qui n'est pas du tout probable; ils divisent 
ceux de chaque saison en doubles et en semi-doubles, et les pre- 
miers se subdivisent en cent feuilles , et en mille feuilles , en 
raison du grand nombre des pétales. 

Les Chinois élèvent les mou-tan en espalier, en éventail, 
en buisson et en boule ; ils en ont de nains, et d'autres qui 
acquièrent une assez grande iiauteur, puisque, au rapport des 
missionnaires, on en voit de dix pieds de haut et même plus, 
formant une têfe aussi grosse que celle des plus beaux oran- 
gers; ils en ont aussi qui fleurissent à diverses époques, au 
printemps, en été, en automne. Par le secours d'une culture 
artificielle, les pivoines qu'on apporte, chaque année, du 
Hou-Kouang, à l'empereur, vers la fin de l'automne, sont en 
fleur dans les mois de Décembre et de Janvier. 

Le mou -tan n'est cultivé qu'en pleine terre, les Chinois 
s'imaginent qu'il ne réussiroit pas renfermé dans une caisse ou 
dans un pot. Aussi, toutes les pivoines destinées à l'ornement 
du palais impérial, et qu'on apporte chaque année du Hou- 
Kouang et de Yang-Tcheou à Pékin , ont toutes crû en pleine 
terre, et on ne les met dans des caisses ou dans des vases que 
lorsque leurs boutons sont déjà formés. 

Pour garantir leurs pivoines de la poussière, des vents et 
des grandes pluies, les fleuristes chinois les enferment sous 
des tentes faites de nattes et très-artistement disposées; ils ne 
leur dispensent qu'à leur gré la chaleur et la lumière du 
soleil, et parviennent par toutes ces précautions réunies, à 
prolonger la durée de leur floraison. 

On emploie plusieurs moyens pour multiplier les mou-tan, 
on sème leurs graines, on divise leurs racines, on couche 
leurs branches en marcottes, on les greffe. Au rapport des 
missionnaires, le détail des procédés que suivent les fleu- 
ristes chinois pour la culture des mou-tan, pour les élever, 
les planter, les déplanter, les éclater, seroit la matière d'un 
long ouvrage. Il suffira de dire que la greffe qu'ils prati- 
quent le plus fréquemment , est la greffe sur racine , et qu'il 
paroitroit aussi qu'ils greffent sur les racines de notre pivoine 
ordinaire, qui est commune à la Chine. Chaque amiée, ils 



PIV ^9^ 

déplantent les racines de mou -tan ; cette opération se fait en 
automne, et on prend ce temps pour séparer les jeunes ra- 
cines nouvellement formées, qui adhèrent à la maîtresse ra- 
cine, et qu'on replante ensuite à part. 

Cultivée en France, la pivoine moutan ne peut être plan- 
tée en pleine terre dans le climat de Paris, sans la précaution 
de la couvrir pendant les gelées; et même comme elle n'est 
point encore commune , on préfère, pour être plus certain 
de la conserver, la planter en pot ou en caisse, et la rentrer 
dans l'orangerie pendant l'hiver. Ses fleurs paroissent à la fin 
d'Avril ou au commencement de Mai. On la multiplie par les 
rejetons qui ont poussé des racines des vieux pieds, ou par les 
éclats de ces mêmes racines, et encore par les marcottes. Ce 
dernier moyen est le plus long , parce que les marcottes 
prennent difficilement racine. Depuis deux à trois ans, quel- 
ques cultivateurs en ont obtenu des gi'aines qu'ils ont semées 
et qui ont bien réussi. Si ce mode de propagation devient 
plus fréquent, bientôt cette belle plante sera plus commune, 
et l'on peut espérer de voir ses variétés de couleurs et de 
nuances différentes se multiplier comme à la Chine. (L. D.) 

PIVOTE ORTOLANE. (Ornith.) Cet oiseau, de Provence, 
qui est représentésur la planche enluminée deBuffon, n.° ôS/j , 
fig. 2 , est le syhia maculata de Latbam, et Vanthus maculatus 
de M. Vieillot. La fauvette pivote de la Chine, citée par M. 
Vieillot, est le syWia albicapiUa de Latham. (Ch. D.) 

PIVOTON. [Ornith.) Nom provençal de la farlouse ou 
alouette de pré, alauda pratensis , Gmel., et anthus pratensis , 
Bechst., figurée dans Buffon , pi. 661 , n.° 2. (Ch. D.) 

PIVOULADE. {Bot.) En Languedoc on donne ce nom à 
plusieurs espèces d'agaric, mais particulièrement au Cham- 
pignon DU PEUPLIER, (voyez ce mot), selon Paulet, et aux 
agaricus cortinelius , cjlindraceus , Iranslucens et atteruiatus y 
selon M. De Candolle. Tous ces agarics se mangent à Mont- 
pellier, confondus avec plusieurs autres. 

Le pivoulade d'éouse est un nom donné à Montpellier à 
plusieurs autres agarics, entre autres à Vagaricus socialis , 
Dec, appelé aussi frigoule , et à ïagaricus Uiciims , Dec, 
qui croît au pied de l'yeuse, éouse en languedocien. 

Pivo.ulade signifie peuplière: les peupliers portent en Lan- 



192 PIW 

giiedoc les noms de pibou , piboul et pwou , etc. , et de là les 
champignons qui croissent à leur pied, ont été nommés pi- 
voulade, piboulade, etc. (I,em,) 

PIWIP. {Ornith,) Un des noms allemands du vanneau. 
tringa vanellus , Linn. (Ch. D. ) 

PIZAMOSCHE. [Ornith.) Nom italien de la fauvette babil- 
lard e , molacilla curruca, Linn. (Ch. D.) 

PIZMALOTZ. {Ornith.) Voyez Pimalot. (Desm.;) 
PIZZACCARA. [Orr.ith.) L'oiseau, auquel ce nom est 
donné dans le Bolonois, suivant Aldrovande , est la barge 
commune, scolopax limosa, Linn. (Ch. D.) 

PIZZARDELLA. (Ornith.) Nom italien delà bécassine, sco- 
lopax gallinago, Linn. (Ch. D.) 

PLACENTA. (Echinod.) Quelques auteurs, et entre autres 
Klein, ont employé génériquement ce nom pour désigner les 
espèces d'échinides déprimées, qui constituent maintenant 
le genre Scutelle de M. de Lamarck. 11 est resté comme nom 
spécifique à Vechinus placenta, Linn.; scutella placenta, de 
Lamarck, ainsi qu'à une espèce d'Anomie de Linné, A.plor- 
centa , type du genre Placune de M. de Lamarck. Aussi 
Retzius avoit-il établi le même genre, peut-être avant Bru- 
guière , sous le nom Ae placenta; ce que M. Schumacher a 
imité tout nouvellement. 

D'Argenville, Conch., t. 20, fig. F, avoit aussi employé 
le nom de placenta foUacea pour désigner le chama lazarus, 
Linn. Voyez Came. (De B.) 

PLACENTA. [Anat. et Phjs.) Voyez Svsièmf. de la géné- 
ration. (F.) 

PLACENTA, PLACENTAIRE. (Bot.) La partie interne de 
l'ovaire à laquelle est attaché chaque ovule, soit immédiate- 
ment , soit par Pintermédiaire d'un funicule, prend le nom 
de placenta. (Voyez Pistil.) 

La réunion de plusieurs placentas, constitue un placen- 
taire. Quelquefois le placentaire, en forme d'axe ou de co- 
lumelle centrale fixée par ses deux bouts, sert en même 
temps de support aux graines et d'appui aux cloisons [rho- 
dodendrum) ; d'autres fois il occupe la base du péricarpe 
[ipomea, anagallis), ou Je sommet (ombellifères), ou le centre 
{antirrhinum , etc.), ou bien les parois; dans ce dernier cas, 



PLA ij3 

il est placé au milieu des valves (parnassia) , au bord des 
valves (viola), ou contre les sutures {asclepias) ; il tapisse les 
cloisons dans le pavot. Dans les plantaginées il est lui-même 
métamorphosé en cloison. A Tépoque de la déhiscence du 
péricarpe, le placentaire subsiste dans son intégrité [rhododen- 
drum, digitale), ou bien il se fend en deux portions (légumi- 
neuses), ou en plusieurs {kalreuteria , lis, etc.). Sa subs- 
tance et sa forme sont très-variables. (Mass.) 

PLACEJNTyE. {Foss.) C'est le nom qu'on a quelquefois 
donné aux scutelles fossiles. (P. F.) 

PLACENTAIRIENNES [Cloisons]. [Bot.) Cloisons pro- 
duites par l'expansion de la substance du placentaire ou de 
ses lobes, qui vont s'appliquer contre la paroi péricarpîenne 
ou contre ses sutures, et s'en détachent à la maturité, quand 
le fruit est déhisceot; exemples : plantaginées, crucifères, 
punica , etc. (Mass.) 

PLACENTULE, Placentula. {Conchjl.) M. de Lamarck , Sysf. 
des anim. sans vert., tom. 7, p. 620, a donné ce nom à un 
genre de coquilles microscopiques qu'il avoit désigné sous la 
dénomination de pulvinule, dans les planches de l'Encyclopé- 
die méthodique. En voici la caractéristique : Coquille dis- 
coïde, sublenticulaire, également convexe sur les deux côtés; 
à cloisons visibles à la surface et rayonnantes du centre à la 
circonférence, ayant une ouverture visible, linéaire, rayon- 
nante sur l'un seulement ou sur les deux côtés. 

Ce genre ne renferme encore que deux espèces définies, 
l'une et Piiutre vivantes dans la Méditerranée. 

La P. PULViNÉE : P.pw/vmafa, de Lamk., Eue. méth., pi. 466, , 
fig. t) , a, b, c, d, copiée de Von Ficht. et Von Moll , Test. 
mie, tab. 3 , lig. a, h, c , d; Nautilus répandus. Très-petite co- 
quille d'une demi-ligne de diamètre , légèrement nacrée, dont 
le sommet est central et dont l'ouverture n'est que sur un, 
des côtés. 

C'est le type du genre Eponide de Denys de Montfort. 

La P. rayonnante: P. a&terizans, de Lamk. ; Nautilus aste- 
rizans, Von Ficht., ibid., tab. 3, tig. e, /z-, et Encycl. méth., 
pi. 4o5 , fig. 10, a, b, c. Très-petite coquille coniqiie, sub- 
turbinée, avec un sommet comme étoile, de couleur nacrée; 
irisée ; Pouverture ayant lieu sur les deux côtés. 
41. 1^ 



194 PLA 

C'est le type du genre Floritie de Denys deMontforf. (DeB.) 
PLACODE. {Bot.) Voyez Placodium. ( Lem. ) 
PLACODION. ( Bot. ) Adanson , à rimitation de Patrice 
Browne {Hist. jam.), conserve dans la famille des lichens le 
genre ci-dessus, qu'il caractérise ainsi: Lame rampante, dé- 
coupée diversement , portant à ses extrémités des écussons 
orbiculaires ou elliptiques, convexes en dessus et concaves 
en dessous, comme un ongle, attachés par leurs bords et 
non par leur centre. Les Lichenoides représentés planches 27 
et 28 de l'Historia rnuscorum de Dillenius, y sont rapportés 
par Adanson , et on reconnoit ainsi que son placodium se com- 
pose des genres Pelfigera et Siicta de De Candolle; aussi les 
naturalistes n'ont-ils pas admis le pUicodion d' Adanson. Voy. 
Placodium ci- après. (Lem.) 

PLACODIUM, Placode. ( Bot.) Genre de la famille des 
lichens, établi par Hoffmann pour y placer des lichens qui 
faisoient partie de ses genres Lobaria et Psora; Acharius, dans 
son Frodromus, le considère comme une tribu du genre Li- 
chen, etenHn il a été reconnu et caractérisé comme genre par 
M. De Candolle_ Depuis, Acharius l'a détruit et en a rapporté 
presque toutes les espèces dans le genre Lecunora. Cepen- 
dant quelques espèces ont été renvoyées aux genres Parwdia, 
Vrceolaria et Lecidea. Le genre Placodium , tel que l'.idmet 
M. De Candolle, est caractérisé par son expansion en rosettes 
solides, crustacées , orbiculaires, planes, imbriquées, adhé- 
r^ntesaux écorces et aux pierres, dont les divisions ou feuilles 
sont lobées, divergentes du centre, où elles sont indistinctes, 
jusqu'à la circonférence , où elles sont distinctes ; les scutellts 
sont planes ou convexes, munies d'un rebord et placées or- 
dinairement dans le centre sur les parties de l'expansion les 
moins distinctes. Ce genre comprend une vingtaine d'espèces, 
presque toutes d'Europe; elles vivent sur les pierres et sur' 
les écorces d'arbres : dans le premier cas, elles forment des 
plaques orbiculaires ou oblongues, quelquefois larges de deux 
pouces et plus, fortement adhérentes par presque toute leur 
surface et ornées de couleurs vives, jaunes ou orangées , blan- 
châtres, grises ou noires. Nous ferons remarquer les suivantes. 
1. Placodium brillant : Placodium fuigens, Decand., FI. fr. , 
n." 1023; Lichen friabili s; Viil. , Dauph., 3, pi. 55; Psora ci' 



PLA 195 

trina , Hoffm., Licli, , pi. 48, fig. 2; Lichen cttrinus, Ehrh., 
Hedw. , Crjpt., 2, pi. 20, fig. C. Croûte d'un jaune citron, 
ordinairement orbiculaire , composée de folioles confuses dans 
le centre, lobées, flexueuses et distinctes sur le contour: scii- 
telles éparses, à disque d'un rouge vif, avec un rebord plus 
pâle, un peu flexueux ou crénelé et disparoissant avec Tàge. 
Cette belle espèce se rencontre dans les bois montueux , sur 
la terre. 

2. Placodium jaune : Placodium candelarium , Decand.; Li- 
chen^andelarius , Linn., Hoffm., Enum., pi. g; Cg. 3: Sow., 
Engl. Bot,, pi. 1794; Lecanora candelaria , Ach. , Sjn. lich. , 
pag. 192. Croûte en plaques aftrondies ou irrégulièrts, d'un 
jaune citron ou orangé, indistinctes dans leur centre, for- 
mées sur le contour de folioles lobées , larges, obtuses , très- 
divisées, nombreuses, imbriquées, ayant le bord granulaire 
et comme pulvérulent; scutelles planes, d'une couleiir plus 
foncée, d'abord concaves, avec un rebord saillant , entier, 
ensuite convexes, presque sans rebord. Cette espèce est com- 
mune sur les pierres, les murailles, les rochers et aussi sur 
les écorccs des arbres, les planches de bois qui servent de 
clôtures, etc. Il arrive qu'avec IVige la croûte, se détrui- 
sant particulièrement dans son centre, laisse les scutelh 3 
comme isolées. Acbarius a décrit plusieurs variétés de celte 
espèce. 

3. Placodium des murailles : Placodium murorum , Decand., 
HofFm., Enum., pi. g , fig. 2 ; Psora saxicola, Hoffm., PL lich., 
pi. 17, fig. 3; Lecanora murorum, Ach., Synops. Croûte plis- 
sée, rugueuse, fendillée, d'un jaune verdàtre, pulvérulente 
ou grenue dans le centre, à contour radié, plissée , à folioles 
linéaires, convexes, incisées; scutelles nombreuses , Irès-rap- 
prochées; disque d'abord plan, jaune, puis convexe et de 
couleur plus foncée, à rebord saillant, entier, moins coloré. 
On trouve cette espèce sur les murs et sut les pierres ; une 
variété s'observe très- fréquemment sur les tuiles et les murs: 
elle se fait remarquer par ses croûtes orbiculaires et de cou- 
leur orange. 

4. Placodium blanchâtre: P/acod!i«m canescens , Deojnd. ; Li- 
chen canescens, Dicks. , CrjpL, 1 , pag. 10, pi. 2 , fig. 5 ; Engl. 
Bot., pi. 582; Fée, Essaij pi. 2, fig. 9; Lecidea canescens. 



^96 PLA 

Ach. , Sjn. , page 64. Croûte orbiculaire , blanchâtre, fari- 
neuse ou très-raboteuse, formée de folioles lobées, appli- 
quées, soudées ensemble, visibles sur le bord et lobées; 
scutelles situées dans le centre, planes, puis convexes, or- 
biculaires, d'un noir bleuâtre, avec une bordure blanchâtre 
peu apparente. Cette espèce est commune sur les murailles 
et sur les écorces d'arbres; il est rare de la rencontrer avec 
ses scutelles. 

M. Fée prend cette espèce pour type du genre Placodium, 
qu'il conserve, mais qui n'est plus exactement le i^me 
que celui de M. De Candolle; la plupart des espèces de ce 
dernier auteur sont rapportées au genre Squammaria , parce 
que leurs scutelles sont de même couleur que la base qui 
les porte , et que l'organisation de la croûte ou thallus est 
la même. 

Placodium rayonnant : P/acod/i/m. radiosum, Decand.; Lichen 
radios us , Hoffm., Enum. , pi. 4, fig. 5; Psora radiosa, ejusd., 
PL /icJi./pl. 59, fig. 1 , et pi. 60, fig. 3; Ach., i/i JVov. act., 
Stockh. , vol. i5, pi. 6, fig. 5. Croûte arrondie,- adhérente, 
noirâtre et grenue dans le centre, avec des rides ou fentes 
réticulaires dans le milieu, à contour radié, plissé, avec des 
folioles gris -cendré, linéaires, laciniées; scutelles très-nom- 
breuses, centrales, orbiculaires, planes d'abord, puis angu- 
leuses, à disque d'un noir-bruii marqué d'un réseau enfoncé, 
à bordure blanchâtre point saillante. Celte espèce forme sur 
les murs et les pierres calcaires de larges plaques qui les noir- 
cissent presque entièrement. Elle est commune sur les para- 
pets des fossés du château de Vincennes. (Lem.) 

PLACOM A. (Bot.) Ce genre , cité par Gmelin , est le même 
que le plocama, dont il fait aussi mention séparément par 
inadverlance. (J.) 

PLACOME, Placomus. (Zooph.) M. Oken , Man. de zool., 
part. 1 , page 96 , désigne sous cette dénomination un genre 
qu'il établit avec quelques espèces de gorgones, et qu'il ca- 
ractérise ainsi : Tige fibro -ligneuse, avec des verrues sail- 
lantes à sa superficie. 

Les espèces que M. Oken place dans ce genre sont les G. 
siiherosa , radicata, mollis., coralloides de Cmeiin, et le G. pla- 
comus, type du genre. Aussi il ne correspond exaclement 



PLA 197 

à aucune des divisions, que M. Lamouroux a établies dans 
le genre Gorgone de Linné. (De B. ) 

PLACUNE, Placuna. [Malacoz.) Genre de malacozoaires 
acéphalophores , lamellibranches, de la famille des ostracés , 
proposé par Bruguières dans les planches de rEncyclopédie , 
établi par Retzius sous le nom de placenta , ensuite par M. 
de Lamarck, et adopté par tous les zoologistes suivans pour 
un certain nombre de coquilles que Linné plaçoit parmi ses 
ariomies. Les caractères assignes à ce genre sont les suivans : 
Animal à peu près inconnu ; coquille libre, subirrégulière , 
fort mince , plus ou moins translucide , très - plate , sub- 
équivalve, subéquilatérale , un peu auriculée; charnière 
orale, tout-à-fait interne, formée sur la valve supérieure, la 
plus petite, par deux crêtes alongées, inégales, obliques, 
convergentes au sommet; ligament en V, s'.'ittachant au 
côté interne de ces crêtes et allant se fixer dans deux fos- 
settes peu profondes, également convergentes, de la valve 
inférieure, qui est plus bombée que la supérieure ; une seule 
impression musculaire subcentrale , assez petite. 

La coquille des placunes est toujours très-mince et pres- 
que demi - transparente ; ce qui fait que les Chinois et les 
habitans de Manille en font des vitres pour leurs fenêtres : 
elle est très- plate ; son tissu est peu serré, et l'on remarque 
quelquefois des espèces d'auriciiles d'un côté du sommet. On 
ne sait absolument rien autre chose sur l'animal des placunes 
si ce n'est que son corps doit être extrêmement comprimé , 
comme cela a lieu dans les anomies, que les bords du manteau 
n'adhèrent pas à la coquille, et qu'ils sont fournis d'un seul 
rang de cirrhes tentaculaires assez longs. 

On connoit déjà plusieurs espèces de placunes , toutes 
des mers de l'Inde et que l'on distingue par la forme géné- 
rale , ainsi que par la proportion des crêtes du ligament. 

La P. OVALE; P. ovalis , Lesson , Voy. du capit. Duperrey. 
Coquille fort mince , ovale , plus longue que haute , sans 
aucune trace de pli ou de sinus au bord inférieur de la valve 
gauche, qui est tout-à-fait plate ; la droite étant assez bombée. 
Couleur blanche, teintée de violet vers le milieu de la valve. 

Je possède un individu de cette petite espèce qui m'a été 
donné, à ce que je crois, par M. Lesson. Elle me paroît 



^98 PLA 

bien distincte de l'espèce commune par les caractères indi- 
qués. Les lamelles d'insertion des ligamens sont très-inégales, 
et forment entre elles un angle très -aigu. 

La P. selle: p. sella , Anomia sella, Linn. , Gmel. , p. 3345 , 
n." 27; Gualt. , Test., tab. 104, fig. B; vulgairement la Selle 
POLONAISE. Grande coquille, presque quadrangulaire, cam- 
brée ou excavée dans son milieu ; ce qui la fait un peu res- 
sembler à une selle. Couleur d'un violet dorp, peu intense. 

De la mer de Java. 

M. de Roissy pense qu'il existe une autre espèce distincte 
de celle-ci, quoiqu'on la confonde avec elle. C'est proba- 
blement celle qui est figurée dans FEnc. méth., pi. 174, fig. 3. 
Elle est plus irrégulière, plus colorée et plus auriculée. En 
en jugeant d'après un individu que je dois à M. Lesson, les 
lamelles d'insertion du ligament sont plus égales, concaves 
en dehors et plus divergentes. 

La P. PAPYRACÉE : P. papj'racea, de Lamarck, Anim. sans 
vert., tome 6, part, i.""", page 224, n.° 2; Enc. méth., pi. 
174, fig. 2. Coquille subtétragone, assez plane, hyaline, 
marquée de stries d'accroissement subondulées , variée de 
blanc et de fauve. 

De l'océan Indien et de la mer Rouge. 

La P. VITRÉE : P. placenta ; Anomia placenta, Linn., Gmel., 
p. 5545, n." 26; Enc. méth., pi. 173, fig. 1 — 2. Coquille 
grande , suborbiculaire , très - aplatie , surtout en dessus , 
translucide, marquée de stries d'accroissement, croisées par 
des stries verticales, peu marquées. Couleur toute blanche. 

De l'océan Indien. M. Marion de Procé m'en a donné un 
bel individu venant de Manille , avec une vitre taillée par les 
habitans chinois de ce pays. (De B. ) 

PLACUNE. (Foss.) En annonçant dans PHistoire naturelle 
des animaux sans vert., tom. 6, i."^^ part., p. 223, que les 
placuncs éfoient des coquilles libres, et en rangeant dans 
ce genre une espèce que l'on trouve fossile à Metz , et qui 
est figurée dans PEncyclopédie , pi. 175, fig. 1 — 4, M. de 
I.amarck a fait une erreur; car nous sommes assurés que cette 
espèce adhère par sa valve la plus plate, soit par le sommet 
ou même par toute la surface de la valve, comme nous en 
possédons. Nous croyons que cette espèce, à laquelle ce 



PLA 199 

savant a donné le nom de placuna pectinoides , doit entrer 
dans le genre Pllcatule. 

Jusqu'à présent nous ne connoissons que la placune pnpy- 
racée (Lamk.), qu'on trouve à Sienne en Egypte dans un état 
qui feroit croire qu'elle est devenue fossile. M. de Férussac 
possède une de ces coquilles. (D. F.) 

PLACUNTIUM. (Bot. ) Genre de la famille des hypoxy- 
lées, établi par Ehreuberg dans les Hurœ phjsicœ berolinenses , 
et qu'il caractérise ainsi; Périthécium mince, déprimé, pla- 
centiforme, d'abord fermé, puis «'ouvrant au sommet par 
plusieurs fentes qui le sillonnent sans ordre , contenant les 
thèques, les j araphyscs et les sporidies. Ce genre, formé sur 
des espèces de Xyloma , constitue une section dans le genre 
Rhytisma de Pries. Voyez ces mots. ( Lem. ) 

PLACUS. (Bot.) Genre de Loureiro , qui paroît devoir se 
rapporter aux conises. ou aux baccharis. (Poir.) 

PLACYNÏHIUM. (Bot.) Nom de la première division du 
genre Colle.ma d'Acharius. Voyez ce mot. (Lem.) 

PLAGIANTHE, Plagianthus. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des 
maU'acécs? delà monadelphie dodécandrie de Linnœus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice simple, à cinq divisions; 
cinq pétales; un tube central portant environ une douzaine 
d'étamines ; un ovaire supérieur; un style; un stigmate en 
massue ; une baie P 

Plagianthe divariqué : Plaoianthus divaricatus , Forst. , Ca- 
ract. gen., tab. 40; \Yilld. , Spcc, 3, pag. 719. Sa tige est 
ligneuse, divisée en rameaux très -étalés, alternrs, revêtus 
d'une écorce brune. Les feuilles sont fort petites, fasciculées, 
étroites, linéaires, un peu aiguës, un peu rétrécies en péliole 
à leur base, longues de quatre lignes, réunies au nombre de 
trois ou quatre à chaque fascicule. Les fleurs sont solitaires, 
supportées par des pédoncules unillores, beaucoup plus courts 
que les feuilles. Leur calice est court, à cinq petites divisions; 
les pétales sont ovales , deux plus rapprochés , écarîés 4es 
trois autres; les étamincs réunies en cylindre par leurs fila- 
mens, terminés par des anthères ovales, rapprochées au som- 
met du cylindre; l'ovaire est fort petit, ovalc; le style fili- 
forme, traversant le tube des étamines, surmonté d'un stig 



200 PLA 

mate en massue. Cette plante croît dans la Nouvelle-Zélande. 
(PoiR.) 

PLAGIEUSE. {Iclilhjoî.) Nom spécifique d'une Sole. Voyez 
ce mot. (H. C.) 

PLAGIOLA. (Conchjl.) Nom que M. Rafinesque a proposé 
pour une subdivision du genre Unio des conchyliologistes 
modernes, qui doit renfermer les espèces de l'Ohio, qui sont 
semi-elliptiques, plus ou moins tronquées à une extrémité, 
et qui ont l'axe postérieur, et la dent lamellaire oblique et 
droite : ce sont celles qu'il se borne à nommer P. verrucosa, 
fasciolaris , leptodon , depressa, Jlaya et obliquata, sans en don- 
ner de description. (De B.) 

PLAGIOPOYA. (Bot.) Voyez Grévillée. (Poir.) 

PLAGIOSTOME, Plagiostoma. {ConchjL) Genre de co- 
quilles, indiqué plutôt qu'établi par Sowerby, dans sa Con- 
chyliologie fossile de la Grande-Bretagne, et auquel il se 
Jborne à assigner pour caractères .- Coquille bivalve, oblique , 
auriculée , sans charnière, à dents ou à trous; une fossette 
linéaire dans une valve et une gorge angulaire dans l'autre. 
Mais, comme l'auteur anglois comprenoit dajis son genre 
Plagiostome des espèces bien symétriques, qui me parois- 
sent de la famille des térébratules et des espèces non symé- 
triques, qui diffèrent peu des huitres ou des gryphées, M. 
Defrance a rectifié ce genre, en formant avec les espèces 
symétriques son genre Pachyte , et en laissant le nom de pla- 
giostome aux autres. (De B. ) 

PLAGIOSTOME. (Foss.) Ayant dit à l'article Pachyte les 
raisons qui nous avoient fait retirer de ce genre des coquilles 
qui n'auroient pas dû y entrer, nous ne parlerons ici que des 
plagiostomes proprement dits, qui se trouvent dans les couches 
antérieures à la craie , et dont voici les caractères : Coquille 
bivalve, mince, libre? oblique, subauriculée , inéquibité- 
rale; charnière sans dents; une fossette cardinale conique, 
située au-dessous des crochets, souvent en dehors, et rece- 
vant le ligament. 

PLAGiosTOiiE géant: Plagiostoum gigantea. Sow., Min.conch., 
tom. a.", pi. 77 ; an Plagiusloma Lransversa et P. semilunaris ? 
Lamk. , Anim. sans vert., tom. 6, .i.''*part., p. iGo; Knorr, 
Fetrif. , tab. 21. fig. 2; Encyclop., pi. 238, fig. 3. Coquille 



PLA 201 

fortTande, cunéiforme, à surface arrondie , trigone, à bord 
antérieur tranchant , à bord postérieur tronqué , épais et 
un peu concave. Longueur, sept pouces; largeur, près de 
six pouces. Le têt de cette grande espèce est si mince sur le 
dos des valves, qu'elle ne pouvoit probablement se conserver 
sans ttre brisée, que parce qu'elle habitoit des lieux tran- 
quilles dans la mer. Elle se trouve toujours remplie d'une 
vase grise ou violàtre , pétrifiée , qui feroit croire qu'elle habi- 
toit dans des lieux vaseux , où des huîtres pouvoient vivre aussi ; 
car le têt de ces coquilles en est couvert en certains endroits. 
Quelques-unes portent des stries longitudinales peu mar- 
quées; mais nous croyons que ces différences ne constituent 
pas des espèces particulières. On trouve cette espèce à Ca- 
ïentan ; aux environs de Turin, et dans le Bastberg , dépar- 
tement du Bas-Rhin. 

Pldgiosioma cordiiformis , Sow. , loc cit., tom. 2, pag. 26, 
tab. ii5, fig. 3. Coquille bossue, presque circulaire, portant 
des stries longitudinales lisses , à côté antérieur court et 
droit, et à oreilles égales. Longueur, deux pouces et demi. 
On trouve cette espèce à Peltyfrance, dans le Glocestershire 
en Angleterre. 

Plagiostoma punctata, Sow., loc. cit., même pi. , fig. 1 et 2. 
Coquille déprimée, ovale, oblique , couverte d'un grand nom- 
bre de stries longitudinales ponctuées , à côté antérieur long 
et droit, à oreilles égales et portant de légères stries transverses. 
Longueur, deux pouces et demi. On la trouve a Pickeridge- 
hill en Angleterre. On rencontre à Maltot et à Étervilleprès 
de Caen, à Vaucelles près Bayeux et dans les environs d'An- 
gers une espèce à stries ponctuées qui a beaucoup de rapports 
avec celle-ci. On trouve aussi aux environs de Dijon, dans 
une couche de calcaire à grain très -fin et très- dur, une 
espèce à stries pontuées, mais moins nombreuses que dans 
celles ci-dessus. 

Plagiostoma rigida , Sow., loc. cit., tab. n4, fig. 1. Coquille 
bossue, ovale, oblique, couverte de stries longitudinales, à côté 
antérieur long, droit et très- concave, et à oreilles égales. 
Longueur, près de trois pouces. On trouve cette espèce à 
Shdtover et à Hampton en Angleterre. On rencontre dans 
l'aifondissement de Wissembourg (Bas-Rhin), dans des 



2°2 PLA 

coucîies de calcaire à grain très-fin , une espèce qui a beau- 
coup de rapports avec celle-ci. 

Une autre espèce , qu'on trouve dans une couche grise 
aux environs de Dijon, mais dont le têt est très-fragile, a 
encore beaucoup d'analogie avec elle. 

Plagiostoma ovalis, Sow. , loc. cit. , même pi. , fîg. 3. Coquille 
oblique, alongée, ovale, couverte de stries longitudinales, 
à côté antérieur concave et légèrement recourbé. Longueur, 
un pouce. On trouve cette espèce près de Bath en Angleterre. 

Plagiostoma obscura, Sow., loc. cit., même p!. , fig..2. Co- 
quille très-oblique, ovale, couverte de vingt-cinq stries lon- 
gitudinales, entre chacune desquelles il s'en trouve une plus 
petite , à côté antérieur un peu plat et à sommets élevés. 
Longueur, près de deux pouces. On trouve cette espèce à 
Kellaway en Angleterre, et au Grand-Vé, département de 
la Manche. 

Plagiostoma pectinoides , Sow., loc. cit., même pL , fîg. 4. 
Nous soupçonnons que ce n'est qu'une variété de l'espèce qui 
précède immédiatement. On la trouve à Pickeridgehill. 

Plagiostoma lœi>iusculum, Sow., loc. cit., pi. 582. Coquille 
ovale , transverse , striée longitudinalement , à côtes larges 
et peu élevées , à côté antérieur un peu échancré et à oreilles 
inégales. Longueur, trois pouces. On trouve cette espèce à 
Malton en Angleterre. 

Plagiostome luisant; P/agtosfoma Zucfda, Def. Cette espèce 
est très-remarquable par les très-fines stries longitudinales 
dont elle est couverte, et qui n'empêchent pas qu'elle ne soit 
luisante. Longueur, un pouce et demi. On la trouve à Nancy, 
dans des couches de calcaire gris foncé. On rencontre à Namur , 
dans une couche de calcaire gris , une variélé de cette espèce 
qui n'en difi"ère que parce que les stries dont elle est cou- 
verte sont moins fines. 

PhAGiosTOME lisse: Plagiostoma lœi>igata , Deù; Park. , Org. 
rem., tom. 3, pi. i3, fig. 6. On trouve à Keynsham et à Bristol 
en Angleterre cette espèce, qui a un pouce et demi de lon- 
gueur et n'a que quelques stries très-fines au bord postérieur, 
ainsi qu'au bord antérieur. Du reste elle est lisse et luisante. 

Plagiostome TÉRÉBRAïULAiiiE ; Plagïostoma lerebratularis , Def. 
Cette espèce, qui est de la grosseur du pouce, porte de 



PLA 2o5 

grosses côtes longitudinales comme certaines térébratules. Elle 
se trouve à Chatillon, département de la Nièvre, dans une 
couche grise avec des débris d'encrinites. 

Il existe sans doute un bien plus grand nombre d'espèces 
de plagiostomes que celles que nous venons de signaler; car 
elles sont très- généralement répandues dans les couches plus 
anciennes que la craie , mais nous n'avons aucune connoissance 
qu'il en ait été trouvé dans cette dernière substance, ainsi 
que dans les couches plus nouvelles. (D. F.) 

PLAGIOSTOMES. {Ichth.) D'après les mots grecs TrXâyioç , 
transversal , et (rjôf^ct-, bouche, M. le professeur Duméril a donné 
ce nom à une famille de poissons chondroptérygiens tréma- 
topiiés, reconnoissable aux caractères suivans : 

Squelette cartilagineux ; opercules et membranes des branchies 
nulles; quatre nageoires latérales; bouche large, située en tra- 
vers sous le museau. 

Cette famille, formée aux dépens des grands genres Squa- 
lus et Uaja de Linnœus , principalement, en renferme au- 
jourd'hui beaucoup d'autres, dont le tableau suivant don- 
nei'a une idée : 

Famille des Plagiostomes. 

if pointu. Ebinosate. 

très-grosse; museau < 

(obtus.. Khin». 

'f, ( deux nageoires dorsales Raie. 

.= I une nageoire C larges Mïliobate. 

I |do,sale;dents I entières . . Past.naoce. 

^ * I menues ) 

^ [dentelées . Cépiialoptere. 

corps lisse , nu Torpille. 

«Schancrées Sqoatine. , 

court et obtus Roussette. 

rdinaire; derniers ( sous les pectorales. Carchahas. 

rous des branchies | ^^ ^^^^j j^^ p^P,„, Lam.e. 

ransversale Maiiteac. 

a ^ .: ^ , dentelées sur le bord extë- ( double . . Milanose. 

leur; nageoire dorsale J u„ique . . Gr.set. 

en petits ( e'^lstant; < simples . , É«issole. 

pavés ; na- / dorsales ^ épineuses . Cestraciom. 

geoireanale j„„]ip Aiguillât. 

^^ tranchantes ; nageoires (épineuses . IIujiantin. 

dorsales ^ simples . . Leicbe. 

iques PtLERIM. 

, . . . . AODON. 

Voyez ces différens noms de genres et Trématopnés. (H. C.) 



^04 PLA 

PLAGIURES. (Ichthyol.) Voyez Pélagiens. (H. C.) 
PLAGIURES. {Mamm.) Lorsque les cétacés étoient réunis 
aux poissons, on les a souvent distingué de ces animaux par 
ce nom de plagiuri , qui indique l'aplatissement horizontal 
de leur nageoire caudale. (Desm.) 

PLAGIUSE. (Ichthjol.) Voyez Plagieuse. (H. C.) 

PLAGUSIE, Plagusia. (Icatliyol.) M. Brown et M. Cuvier 

donnent ce nom à une division des Achires , qui renferme 

les espèces qui , comme les achires à deux lignes et orné , 

ont les nageoires verticales unies à la caudale. Voyez Achire 

et Pl.EURONECTE. (H. C. ) 

PLAGUSIE. (Crust.) Genre de crustacés décapodes bra- 
chyures, fondé par M. Latreille, et dont on troirve la des- 
cription au mot Malacostracés de ce Dictionnaire , tome 
XXVJII, page 245. (Desm.) 

PLAINCHANT. (Entom.) Nom donné par Geoffroy à un 
papillon du genre Hétéroptère, à cause des taches carrées 
qu'il porte sous les ailes inférieures. (C. D.) 

PLAINCHANT. {Conch^l.) Ce nom a été souvent donné à 
la Volute musique. (Desm.) 

PLAINTAIN TREE. (Bot.) Nom anglois du bananier. (J.) 

PLAIS. (Ichthjol.) Voyez Pete. (H. C.) 

PLAISE. (Ichthyol.) Nom vulgaire du pleuronecles dentatus 
de Linnaeus. Voyez Pleuronecte. (H. C. ) 

PLANAIRE , Planaria. [Subentomoz.) Genre très- hétéroclite , 
établi par MuUer et adopté par tous les zoologistes françois 
et étrangers pour un assez grand nombre d'animaux aquati- 
ques, mal connus, mal étudiés, dont les uns ressemblent, au 
premier aspect , à de jeunes mollusques gastéropodes, tandis 
que d'autres semblent être des vers , des sangsues, ou des 
fascioles, ou distomes, et qu'il est, par conséquent, fort 
difficile de caractériser; aussi ne peut-on le faire que provi- 
soirement de cette manière : Corps en général déprimé, quel- 
quefois subcylindré, mais toujours comme gélatineux, très- 
mou, très - contractile , sans trace d'articulations, pourvu 
quelquefois d'une paire d'auricules tentaculaires el de points 
noirs, simulant des yeux , à une extrémité ; deux grands pores 
assez rapprochés sous le ventre, outre un pore buccal anté- 
rieur, plus ou moins terminal. Quoique nous ayons établi 



PLA 2o5 

celte caractéristique d'une manière assez lâche, nous sommes 
cependant bien loin de penser qu'elle convienne à tous les 
animaux que MuUer et surtout Gmelin ont placés dans ce 
genre , parce que la description et la figure qu'ils en donnent 
$ont trop incomplètes pour qu'il nous ait été possible de nou.s 
en assurer. 11 est en tffet difficile de croire que la planaire 
fîaccide, par exemple, qui est venniforme, avec des espèces 
d'articulations, appartienne au même genre que la planaire 
bitentaculée , dont le corps est très-aplati, avec des ramifica- 
tions vasculaires de l'intestin , et que la Planaire trémellaire, qui 
est membraneuse. Malheureusement on connoit encore moins 
l'organisation des planaires que leur forme extérieure; aussi, 
malgré ce que dit à ce sujet Draparnaud , qu'il n"y a qu'un seul 
orifice qui sert à la fois de bouche , d'anus et pour la sortie de 
l'organe de la respiration , il est probable que ce sont des ani- 
maux sans c.iual intestinal complet , et dont l'estomac est pour 
ainsi dire vasculaire , ce qui ne permet pas d'admettre que les 
deux ouvertures du ventre de ces animaux soient l'une la 
bouche et l'autre l'anus : il y a même beaucoup plus de pro- 
babilité à penser que ce sont les ouvc^rtures de l'appareil de 
la génération. Il paroît, eu effet, que ce sont des animaux 
androgynes, comme les douves. Ce qu'il y a de certain, 
c'est qu'il est impossible d'apercevoir de fibres musculaires 
dans leur tissu. Quant aux yeux qu'on attribue a certaines 
espèces, il est plus que probable que ce sont des organes 
analogues à ce qu'on remarque dans beaucoup de sangsues, 
dans les néréides, dont nous ignorons réellement l'usage^ 
mais que ce ne sont réellement pas des appareils de vision. 
D'après Draparnaud, qui a publié quelques recherchas sur 
l'espèce la plus commune dans nos pays, faites probablement 
avant qu'il eût acquis l'habitude d'observer, cette | laiiaire 
n'auroit qu'un orilice inférieur, qui serviroit à la fois de 
bouche, d'anus et même de sortie à un tube blanc, qu'il re- 
garde, on ne sait pourquoi, comme l'organe de la respira- 
tion , et qui probablement est celui de la génération. 11 ajoiite 
qu'elle n'a que deux yeux dans le jeune âge, mais qu'a l'état 
adulte elle en a quatre. Elle est, suivant lui, ovipare au 
printemps et gemmipare en automne. A cette dernière épo- 
que elle se partage spontanément en travers au-dessus de l'o- 



2o6 PLA 

rifice abdomirtal en deux parties, qui , au bout rlc dix jours, 
ont reproduit chacune ce qui lui manquoit. Il dit même 
qu'ayant coupé une planaire en plusieurs morceaux transver- 
saux et en deux morceaux longitudinaux, chacun de ces 
morceaux n'a pas tardé à se compléter, et qu'il s'est formé des 
yeux, un estomac, etc. 

Les mœurs des planaires ne sont pas beaucoup plus con- 
nues que leur organisation. Le plus grand nombre vit dans 
l'eau douce ou salée ; mais il en est aussi quelques-unes qui sont 
terrestres, probablement alors sont-elles forcées derester cons- 
tamment dans des lieux humides et à l'abri de l'action dessé- 
chante de l'air, et surtout de la lumière solaire ; car , aussitôt 
qu'une espèce aquatique est à l'air , elle meurt et se dessèche. 
Les planaires se meuvent, quelquefois même assez rapi- 
dement, en rampant ou mieux en glissant sur le plan de po- 
sition ; jamais elles n'arpentent le sol à la manière des sang- 
sues. Il paroît qu'elles peuvent aussi nager en dessus comme 
en dessous. La foiblesse et la disposition de leur appareil 
digestif ne permettent pas de croire qu'elles se nourrissent de 
eorps' solides ; elles sucent probablement les matières végé- 
tales et surtout animales dans un état de fluidité. Je ne 
connois rieii sur leur mode de reproduction, que ce que j'ai 
dit plus haut d'après Draparnaud ; je suppose cependant 
que ce sont des animaux androgynes et qu'il y a iiccouple- 
ment. 

Quoique ce genre d'animaux ait encore été assez -peu 
étudié, on en distingue un assez grand nombre d'espèces 
d'après les travaux de Muller, qui sont presque toutes de nos 
mers. Je vais les caractériser autant qu'il me sera possible , 
en les partageant en petits groupes, qui devront évideniuieut 
être distingués comme genres aussitôt que ces animaux seront 
mieux connus. 
A. Espèces vermiformes , c^esf-à-dire, plus ou moins 

alongées et atténuées à peu près également aux 

deux extrém,ités. 

La P. flasque: P.Jlaccida, Linn., Gmel. , page 3o88 , n."; ; 
Muller , Verm. ,1,2, page 67 , et Zool. Dan. , t. 64 , fig. 3 — 
Aj Enc. méth., pi. 80, fig. 3, 4. Corps alongé, un peu 



PLA 207 

convexe en dessus, plat en dessous, subatténué aux deux ex- 
tréinilés. De couleur brune, avec des lignes transverses et 
latérales blanches. 

Celte espèce, qui peut se contourner en spirale, se trouve 
dans les débris de coquilles sur les rivages de Norwége. 

La P. VEKTE : P. gesserensis , Linn. , Gmel. , page SogS , n.° 89 ; 
Mull. , ZooL Dan., 2 , t. 64 , fîg. 5 — 8 ; Enc. méth., loc. cil,^ 
fig. 5 — 8. Corps alongé, cylindrique, obtus en avant, acu- 
miné en arrière , formé de segmens inégaux , marqués de 
séries de très- petits points blancs. Couleur générale verte, 
plus pâle sur les intersections, avec une tache rousse derrière 
la tête et trois taches oculaires. 

Sur les rivages de Cesser dans la Falstrie. 

La P. ROSE : P. Tosea, Linn., Gmel., page 3o88 , n.° 8; 
Mull. ZooL Dan. , 2 , p. 64 , fig. 1,2; Encyl. méth. , pi. 80, fig. 
1 , 2. Corps alongé, convexe en dessus , obtus aux deux extré- 
mités, de couleur rouge, ponctuée ou striée de r.oir, plus 
pâle en dessous, avec deux taches de points noirs en avant. 

Des rivages de la Norwége, 

La P. PONCTUÉE : P. punctata, Linn., Gmel., page 3087, 
n.° 6; Mull., Verm., 1 , page 67, n." i83. Corps alongé, 
rond, obtus en avant, subacuminé en arriére, de couleur 
verte, contenant des œufs rouges; se trouvant dans les prés 
inondés au printemps. Pas de taches pseudoculaires. 

La P. CROSSE : P. gros5a, Linn., Gmel. , p?ge 3og2 , n." 3i ; 
Mull., Zool. Dan., 3, page 40 , t. io5, fig. ô. Corps très- 
petit (deux lignes), cylindrique, atténué aux deux extré:j;ités; 
de couleur blanche, pellucide, avec cinq à trente-trois œufs 
spîiériques, rouges, et deux points oculaires noirs. 

Dans les eaux douces. 

La P. LINÉAIRE : P. linearis, Linn., Gmel., ibid., n.° 32 j 
Muller, Verm., 1 , 2, page 67, n.° igS. Corps alongé, li- 
néaire , subcylindrique , d'un jaune pâle , avec les bords 
blancs et transparens; deux taches pseudoculaires. 

Eaux marécageuses des forêts. 

La P. vERDATRE : P. viridatu , Linn. , Gmel., page Sogo , 
n.° 45; Mull., Zool. Dan., 3, page 394, t. 106. Corps ob- 
long, cylindrique, assez acuminé aux deux extrémités. 
Dans les prés inondés en automne. 



2o8 PLA 

B. Espèces alongées , subvermiformes , beaucoup plus 
atténuées d'uji côté q u de l'autre. 

La P. PILAIRE : P.filaris, Linn. , Gmel. , page oogS, n." 38; 
Mull., Zool. Dan., 2 , t. C8 , Cg. 18 —20, Corps linéaire, 
d'un pouce de long sur une ligne de large , obtus en avant 
et terminé en arrière par une queue filiforme, contractile. 
Couleur d'un roux fauve, avec une tache rousse en arriére ; 
deux taches pseudoculaires et des cils très-courte, brillans 
en avant. 

Dans le madrépore prolifère. 

La P. suBULÉE : P. subulata, Linn., Gmel., page 3089, 
n." i3 ; Mull. , Zool. Dan. , 2 , page 79 , t. C8 , fig. 11, 12 , 
et Enc. méth. , pi. 80, fig. 16, 17. Corps alongé, très-subulé 
en avant, élargi et épaissi en arrière. Couleur grisâtre en 
dessus, blanche en dessous et sur les côtés; deux taches pseu- 
doculaires noires. 

Cette espèce, très -commune sur les thalassiophytes du 
Groenland, se meut très-rapidement à l'aide du mouvement 
serpentin de son rostre. 

La P. A QUEUE : P. caudata , Linn., Gmel. , p. SogS , n.° 56 ; 
Mull. 5 Zool. Dan. , 2 , t. 68 , fig. 1 3 — 1 5 ; Enc. méth. , pi. 80 , 
fig. 22 , ^ , Q , R. Corps de deux lignes de long , subconvexe , 
épaissi et arrondi à une extrémité, finement atténué à l'autre. 
Couleur d'un brun jaunâtre. 

Cette espèce, extrêmement abondante sur les thalassio- 
j)hytes des mers de Norwége et du Groenland, marche ex- 
trêmement vite et comme si elle étoit pourvue de pieds. 

La P. ROSTRÉE : P. rostrata , Linn. , Gmel. , p;!ge 5ogi , n.° aS ; 
Mull., Zool. Dan., 3, page 40, t. 106, fig. 9. Corps oblong, 
alongé à une extrémité, hyaline, blanche, avec deux taches 
pseudoculaires rouges. 

Dans les eaux de marais. 

C. Espèces épaisses et plus ou moins courtes. 

La P. VERTE : P. viridis, Linn., Gmel., page 5oH8 , n." 1 1 ; 
Mull. , Zool. Dan. , 2 , t. 68 , fig. 1 — 4 , et Enc. méth. , pi. 80 , 
fig. 11 — 14. Corps assez épais, oblong, convexe en des- 
sus, tronqué obliquement en arrière , obtus en avant , avec 



PL A 209 

\irte fetitie rouge de chaque côté; un orifice ovale sous le 
milieu du ventre; un autre orifice au milieu du dos? Couleur 
uniforme , verte , avec des stries transversales blanches en 
dessus, plus paies en dessous. 

Il est extrêmement probable que cet animal n'appartienne 
pas à ce genre. On le trouve entre les racines des fucus de 
ia mer de Norwége et du Groenland. 

La P. ROUGE : P. ruhra, Linn. , Gmel. , page 3o88 , n.° 103 
MuU. , Zool. Dan. , 2 , t. 68 , fig. 9 — 10; Encyci. méth. , pi. 80 , 
ïig. 9, 10. Corps oblong, déprimé, d'un rouge pâle, avec 
des lignes transverses blanches, peu marquées sur le dos. 

Cette espèce , qui , d'après ce qu'en dit Fabricius, est pour- 
vue de deux orifices, de l'antérieur duquel sort un petit 
tube de couleur pâle dans l'agonie , est commune sur les 
grandes algues dans les profondeurs de la mer de Norwége 
et du Groenland. 

La P. opercdlée : P. operculala, Linn. , Gmel., page 3o88 , 
n.° 1 2 ; Mull. , Zool. Dan. , 2 , page 78 , t. 68 , fig. 5 — 8 , et 
Enc. méth., pi. 80, fig. 1 5, F, G, H , L Corps subovale , 
assez épais , un peu convexe en dessus , plat en dessous , à 
peine un peu plus étroit en avant qu'en arriére ; une espèce 
de disque operculaire sous le ventre , avec une petite fente 
transverse à son bord antérieur, et un orifice tubuleux en 
arrière, cachant au-dessous de lui un petit tube, qui sort 
antérieurement. Couleur d'un gris verdàtre, avec une ligne 
dorsale et une ventrale plus pâles ; l'opercule blanc. 

C'est encore une espèce trouvée dans les sables et les fucua 
des mers du Nord, et qui, très - probablement , diffère gé- 
nériqnement beaucoup des véritables planaires. Il est assez 
diflicile de savoir quel est l'organe nommé opercule, pae 
Mullcr. 

La P. QUADRANGULAiRE : P. quactraugulatis , Linn., Gmel. ,. 
page 3089, n." i5 ; Pallas, Spicileg. zool., 10, page 20, t» 1 , 
lig. 12 , a, c; Enc. mét!i., pi. 80, fig. 21 , M ,N , O , P. Corps 
très-mou, hyalin, ovale, très -pointu en avant, obtus en ar- 
rière, quadrangulaire et pourvu sur chaque angle d'une 
petite membrane longitudinale, un peu crépue. 

Pallas, qui a observé fréquemment cet animal dans des 
eaux de fossés, auprès de Copenhague, dit que les mera- 



210 PLA 

branes sont plus écartées sur le dos et sur le ventre, de 
manière que les flancs sont plus étroits que ces deux faces» 
Il ajoute qu'il a pu discerner au milieu de la substance pel- 
lucide qui constitue l'animal , un petit canal intestinal 
brun, et des molécules jaunâtres de chaque côté de cet in- 
testin. Du côté du ventre étoient des granules ou ovules 
subglobuleux, opaques, de couleur rouge et disposés sans 
ordre, au nombre de dix ou de seize. Ce petit animal se 
meut comme les planaires , en glissant sur le ventre à la 
surface des corps solides; mais dans l'eau il paroit qu'il nage 
au moyen du mouvement ondulatoire des membranes dont 
les angles de son corps sont pourvus et qui le font un peu 
ressembler à certaines graines. En marchant , il porte en 
avant et de tous côtés l'extrémité amincie de son corps, 
comme le font les chenilles et même les sangsues. 

La P. TéTRAGONE : P. tetragona, Linn., Gmel. , page SogS, 
n.° 34; Mull. , Zool. Dan., 3, page 42, t. 406, fig. 1 — 5« 
Corps très-souvent à huit côtes , plus souvent à deux ; de cou- 
leur jaune , et pourvu de quatre lamelles quadrangulaires , 
pellucides. 

Cette espèce, assez rare, dit Muller, dans les étangs d'eau 
pure , me paroît bien voisine de la précédente. Je n'entends 
cependant pas comment elle peut être octogone. 

D. Espèces ovales, alongées , très - minces , tronquées 
ou biauriculées en avant , avec un estomac vàscu- 
laire. 

La P. CORNUE : P. cornuta , Linn., Gmel., p. 3092 ; Mull., 
Zool. Dan,, 1 , page 1 16 , t. 22 , fig. 5 — 7 ; Encycl. , pi. 81 , 
lig. 6, 6, 7. Corps plat, ovale, un peu oblong, avec deux 
appendices auriculés ou tentaculaires, et deux assemblages 
de points noirs, réunis en angle en avant; l'extrémité anté- 
rieure exsertile et rétractile comme une trompe. Couleur 
blanche ; estomac fusiforme , bien ramifié. 

Des mers de Norwége. 

La P. AURicuLÉE : p. auriculata , Linn. , 'Gmel., page SogS, 
n.° 37; Mull., Zool. Dan., 2, t. 68, fig. 16, 17. Corps ex- 
trêmement petit, oblong, gélatineux, transparent, tronqué 



PL A 2n 

et biauriculé en avant, atténué et aigu eu arrière, se con- 
tractant en une masse sphérique et ovale. 

Dans les eaux salées des golfes de la Norwége. 

La P. BICORNE : P. bicornis , Linn., Gmel., page 3o8q , n." 
16; Fasciola punctata , Pall. , Spicil. zooL, 10, page 20 , t. i , 
fig. 14 , a, h ; Enc. méth. , pi. 80, fig. 18, K, L. Corps ovale, 
lancéolé, obtus aux deux extrémités, pourvu en avant de 
deux petits tubes P très- courts et divergens. Couleur gris- 
cendrée , ponctuée de noir en dessus , blanchâtre en dessous, 
avec des veines brunâtres. 

Cette espèce, qui se trouve dans les eaux couvertes de 
lentilles d'eau en Belgique, s'attache, à l'aide de ses tubes, 
comme les sangsues, d'api'ès Pallas. 

La P. TENTACULÉE : P. tcnldculata , Linn. , Gmel., p. Sogi , 
n." 2; Mull. , Verm., 1,2, page 63, n.° 187. Corps déprimé, 
oblong, presque également obtus aux deux extrémités, à 
bords sinueux , tubuleux antérieurement. Couleur ordinai- 
rement brune, avec une tache médiane blanche en dessus, 
toute blanche en dessous, plus rarement brune, marquée 
de points noirs en dessus, cendrée en dessous; les intestins 
visibles ou non en dessous, avec les ramifications simples 
ou fourchues. 

Cette espèce, qui se trouve dans les eaux des marais, 
diffère-t-elle de la précédente ? 

La P. BRUNE : P.fusca, Linn., Gmel., page 3ogo , n.° 19 j 
Fasciola fuse a , Pall., Spicil. zool., 10, page 21, t. 1, fig. 
î3, a, i, et Enc. méth., pi. 80, fig. 24, 2 5. Corps oblong, 
lancéolé, très-mince, transparent, tronqué et quelquefois 
subbiauriculé, avec une paire de points noirs en avant, at- 
ténué en arrière, avec un gros canal médian, se bifurquant 
postérieurement et donnant partout des ramifications. Cou- 
leur brune, veinée de noir. 

Cette espèce, commune dans toutes les eaux stagnantes de 
l'Europe , rampe , ou mieux , glisse à la surface des corps , à 
la manière des limaces. La P. brunnea de Muller et de Linné, 
Gmel., page 3087, i\.° 5, en diffère-t-elle ? 

La P. HIDEUSE : P. Lorva, Linn., Gmel., page Sogi , n.° 21 ; 
Mull. , ZooL Dan., 3, page 48, f. 109, fig. 5, 6. Corps 
de cinq à six lignes de long, déprimé, oblong, obtus en 



212 PLA 

avant, subacuminé en arrière; deux points pseudoculaires, 
visibles en dessus comme en dessous; trois pores ventraux 
blancs; les viscères pinnés, bruns, quelquefois noiràti*es. 
Couleur générale cendrée ou noirâtre en dessus, blanchâtre 
en dessous; une tache blanche angulaire au-devant de 
chaque tache oculaire. 

Dans les eaux douces d'Europe. Diffère -t -elle de la P. 
brune ? 

La P. LACTÉE : P. lactea, Linn. , Gmel., page Sogo, n.° 20; 
Mull. , Zool. Dan., 3, page 47, t. 109, fig. 1, 2. Corps 
oblong, déprimé, tronqué en avant, acuminé en arriére, à 
bords tranchans. Couleur blanche, avec une tache médiane 
lactée, prolongée en une ligne pâle, et des vaisseaux inté- 
rieurs bifurques, souvent d'un beau pourpre. 

Cette espèce, commune, dit-on, dans les marais, sous les 
feuilles de nymphaea, n'est très- probablement que la précé- 
dente , avec le vaisseau stomachal à peu près vide. 

La P. crénelée: P. crenata , Linn., Gmel., page Sogi, 
H." 23 ; MuUer , Verm. ,1,2, page G4 , n.° 188. Corps déprimé, 
ovale -oblong, à bords crénelés. Couleur générale pâle; le 
dos d'un brun obscur, avec une tache médiane blanche; les 
vaisseaux très- ramifiés. 

Cette espèce, qui n'est encore très- probablement qu'une 
variété de la P. brune, est, suivant Muller, rare dans un lac 
voisin du bourg de Lyngbye en Danemarck. 

La P. GLAUQUE : p. glauca, Linn. , Gmel. , page Sogo , n." 17 ; 
Mull. , Verm. ,1,2, page 60 , n.° 184. Corps subalongé . acu- 
miné en avant? un peu plus large en arrière; de couleur 
cendrée, avec uYie ligne noire, quelquefois double, dans le 
dos; une seule masse oculaire. 

Cette espèce, qui se trouve encore dans les eaux douces 
d'Europe, pourroit bien n'être qu'une variété de la P. brune. 
Quant à la ligne double du dos, cela tient sans doute à ce 
que le canal est vide au milieu. 

La P. CAFiTÉE : P. capitata , Linn. , Gmel. , page Sogo , n." 55 ; 
Mull. , Verm. ,1,2, page 70. Corps oblong, gibbeux en dessus, 
plat en dessous, obtus en avant, acuminé en arrière; tête 
distincte. Couleur cendrée noirâtre, parsemée de points 
blancsj avec une tache de cette couleur de chaque, côté du 



PLA 2i3 

bord antérieur, en arrière de la tache oculaire en dessus; le 
dessous blanc. 

De la mer Baltique. 

La P. ANGULEUSE : P. angulata , Linn., Gmel., page 3o88 , 
ti." 9 ; MuU., Verm., i^ 2 , page 68. Corps alongé, grand, sub- 
acuminé et bianguleux en avant , obtus en arrière , convexe 
et d'un brun roux en dessus, pâle en dessous. Un petit tube 
blanc, pellucide ; intestin spiral rougeàtre; anus terminal. 

11 n'est pas probable que cette espèce appartienne à ce 
genre. Elle se trouve dans les fonds sablonneux de l'Océan. 

E. Espèces orales, déprunées , sans traces de taches 
ou a\>ec une ou deux taches oculiformes. 

La P. DES ÉTANGS : P. stognalis , Linn., Gmel., page 6087, 
n." 1; Mull. , Verm.,i , 2, page 63, n.° 178. Corps ovale, 
opaque, égal en dessus comme en dessous, subacuminé en 
avant. Couleur brune, avec des taches lactées. Œufs nom- 
breux , blancs , sur les côtés. 

Dans les étangs. 

La P. NOiRB : P. nigra, Linn. , Gmel., page 0087 , n." 2 ; 
MuIL, Zool. Dan., 3, page 48, t. 109, fîg. 3 et 4. Corps ob- 
long, entièrement plat en dessous, tronqué en avant et pourvu 
en arrière ? de deux pores blancs, placés l'un devant l'autre. 

Sur les rivages. 

Je doute que les deux pores dont il est question dans 
cette caractéristique tout -à- fait insignifiante, soient versus 
posteriora , comme le dit Muller. 

La P. NOIRE- BRUNE; P. brunnea, Linn., Gmel., page 3087, 
n.° 3; Mull., Verm,, 1,2, page 64, n." 180. Corps oblong, 
de couleur brune, avec une ligne longitudinale noire. 

Il n'y a dans Muller que cette simple note, sans indication 
de patrie. 

La P. grise: P. grisea , Linn., Gmel., page ôoSg , n." 4^5 
Mull., Zool. Dan., 3 , page 38, t. io5, fig. i. Corps alongé, 
acuminé, aigu et raccourci en arrière, dilaté en avant, de 
couleur grise. 

Dans les eaux marécageuses. 

La P. FAUVE : P. fulva, Linn., Gmel., page 3ogo, n." 44; 
Mull., ZooL Dan», 5 , page 39, t. io5, fig^a. Corps déprimé ,. 



2'4 PLA 

lin peu large, acuminé aux deux extrémités, de couleur 
fauve, avec une tache alongée, médiane, noire. 

La P. GLOUTONNE : P. gulo , Linn. , Gmel. , page 6087 , n.° 5 ; 
Mull., Verra. ^ 1,2, page 56, n.** 182. Corps alongé , pellu- 
cide, tronqué antérieurement, marqj^é de stries très- fines 
tout le long de ses bords. 

Cette petite espèce , que Muller dit avoir rencontrée rare- 
ment sous les lentilles d'eau, a été nommée gloutonne, parce 
qu'elle avale d'un seul coup les cyclides qui habitent avec 
elle, pour les vomir de nouveau après quelques heures. 

La P. CILIÉE : P. ciliata, I-inn. , Gniel. , page 3087, n." 4 ; 
Mull., Verm., 1 , 2 , page 55 , n." 181 ; Joblot , M/crosc, 1 , 2, 
p. 66, t. 56, fig. 62 — 1 1 , et t. 10, fig. ]3 ? Corps alongé, dé- 
primé, gris, comme formé de granules et entouré de cils 
mobiles. Sous les lentilles d'eau. 

Ce ne peut être un planaire. 

La P. LiNÉoLÉE : p. lineata, Linn., Gmel., p. 3090, n.° 18; 
Mull., Verm., 1 , part. 2 , pagP 60. Corps alongé, d'une ligne 
et demie de long, convexe en dessus, cendré, avec une aire 
médiane brune, atténuée en avant, dilatée en arrière, blanc 
en dessous; un seul point oculiforme. 

Sur les rivages de la mer Baltique. 

La P. RUTILANTE : P. rutiluns , Linn., Gmel., page Sogo, 
M.°46, Mull., Zoll. Dan., 3, page i^çi , t. 109, fig. 10 et 11. 
Corps linéaire , atténué et aigu en avant, avec un seul point 
oculiforme noir. 

Sur les fucus de la mer Baltique. 

La P. GOURMANDE: P. helluo , Linn., Gmel., p. 0091, n.°24, 
Mull., Zool. Dan., 3, page 09, t. io5, fig. 5. Corps ovale- 
arrondi, obtus en avant, acuminé en arrière, d'une ligne et 
demie de long , .de couleur verte obscure sur le dos ; les 
bords blancs ; deux points oculiformes. 

Dans les prés inondés. ]S'est-ce pas VHirudo viridis , Sha^x'"; 
Linn. Soc, t. 1 , tab. 7 j page 95 P 

La P. OBSCURE: P. obscura, Linn. , GmeL, page Sogi , n.°25; 
Mull,, Verm., 1,2, page 65 , n." 190. Corps ovale-oblong, 
obfus aux deux extrémités, de couleur blanche, subpellucide.: 
deux points oculiformes. 

Dans les fontaines. 



PLA S1& 

La p. radiée: p. radiata, Linn. , Gmel., page 3092 , n." 29; 
MuII., Zool. Dan., 3 , page 41 , *• 106, fig. 1, et t. 109, fig,^ 
7 — g. Corps oblong, d'une ligne et demie, opaque, de 
couleur rousse, avec une tache radiée blanche sur le dos; 
les bords pellucides; deux points oculiformes. 

Dans les eaux des forêts. 

La P. A bandes: p. sfn'gafa, Linn. , Gmel., page 0092 ,n.'' 5o ; 
Mull. , Zool. Dan., 3, page 41 , t. loS, fig. 8. Corps oblong, 
de couleur pâle , avec trois lignes longitudinales rousses ; 
deux points oculiformes. ' 

Dans les eaux des marais. 

La F. LANGUE : P. lingua, Linn. , Gmel. , page ôogS , n.° 47 ; 
Mull., Zool. Dan., 3, page 40, t. io5, fig. 7. Corps pellu- 
cide, très -obtus aux deux extrémités. Couleur d'un brun 
cendré; deux points oculiformes. 

Dans les fontaines en automne. 

La P. marbrée: p. marmorata^ Linn., Gmel., page 3094, 
n.° 40; Mull., Zool. Dan., 3, page 43, t. 106, lig. 2. Corps, 
très-petit (une ligne et demie), oblong, d'un gris bleuâtre, 
avec une grande tache médiane, ronde et jaune; quatre 
points oculiformes. 

Dans Peau des fossés. 

La P. TROA'QDÉE : P. truncata , Linn. , Gmel. , p. 3094 , n." 48 ; 
Mull. , Zool. Dan. , 5 , page 43 , t. 1 06 , lig. 1 . Corps largement 
tronqué en avant, assez acuminé en arrière, de couleur rouge^ 
pâle; quatre points oculiformes. 

F. Espèces fort longues et terrestres. 

La P., TERRESTRE : P. terrestHs , Linn. , GmeL, p. 0092 , n." 33 ; 
TMull., Verm., 1,2, p. 686 , n." 196. Corps visqueux, linéaire, 
opaque, convexe et de couleur cendrée en dessus, blanc 
en dessous. 

Dans les mousses humides. 

La P. BLANCHE : P. candida, Linn., Gmel., p. 0094 ; Mull., 
l 'erm. ,1,2, page 7 1 . Corps alongé , de deux à trois pouces , 
giutineux, avec une ligne médiane longitudinale. Couleur 
de lait; un petit tube sortant de la bouche. 

Sous les pierres du rivage de Gi'oënland. 



3i6 PLA 

Ne seroît-ce pas une simple variëfé de la P. brune, ou du 
moins de l'espèce marine ? 

La P, DU Brésil : P. brasiliensis, de Fëruss. , Journ. de physiq. , 
tome 92, p. 33. Corps fort alongé , assez atténué en avant 
comme en arrière, plat en dessous bombé et subcaréné en 
dessus, de couleur noire luisante en dessus, blanc en dessous. 

J'ai vu et examiné, incomplètement il est vrai, cette 
grande espèce de planaire , qui a été trouvée par M. Taunay 
au Brésil , où elle vit à terre, sous les pierres , sous les écorces 
d'arbres, en rampant à la manière des limaces et en laissant 
derrière elle une trace argentée. Elle atteint quelquefois 
quatre pouces de long. La face supérieure est bombée, sur- 
tout vers le tiers postérieur, où elle forme une espèce de 
gibbosité. Elle est couverte d'une première peau muqueuse, 
d'un brun ou vert presque noir, qui s'enlève aisément. On 
aperçoit au-dessous un grand nombre de petits points ova- 
îaires, blancs ou jaunâtres, qui paroissent provenir du tissu 
contractile qui est sous la peau. On trouve aussi que dans 
les mailles de ce tissu il y a beaucoup de grains plus ronds 
et bruns. Toute la face inférieure du corps est plate et de 
couleur blanche. A l'une de ses extrémités et en dessous 
j'ai remarqué un espace plus noir que le reste , et qui 
pourroit bien être une sorte de bouche. Au-delà est un 
tissu évidemment granuleux, très -fin, ou mieux, beaucoup 
de petits grains dans un tissu cellulaire assez dense , comme 
tomenteux , et à l'endroit où ils sont plus évidens , à droite 
et à gauche une sorte de canal ou de vaisseau. Après cela on 
remarque un organe musculaire, cordiforme , et ayant à sa 
base une espèce de cordon circulaire. Est-ce l'organe excita- 
teur mâle ? cela est probable , car on voit plus en avant et 
à l'intérieur quelque chose qui ressemble à des espèces de 
canaux déférens. Enfin on observe encore plus en avant et à 
l'intérieur un organe très- complexe , formant de nombreux 
replis, comme un mésentère, et une saillie bien sensible 
sous la peau : est-ce l'appareil femelle? cela me paroit pro- 
bable. Je n'ai du reste pu reconnoitre d'une manière un peu 



PLA ^^l 

G. Espèces très - minces y ti^ès- larges et comme 
foliacées. 

La P. TREMEtr.ATRE : P. tremellaris , Linn., Gmel., p. 5094, 
p. 42 ; Mull. , Zool. Dan., 1 , t. 02 , fig. 1 et 2 , et Enc. méth. , 
pi. 81, fig. 2, 3. Corps très-aplati, membraneux, de neuf, 
lignes de long, avec les bords très-sinueux. Couleur cendrée , 
aA'ec le disque jaune, une ligne médiane et deux lunules 
blanches en dessus; blanchâtre en dessous, avec trois taches 
lactées. 

Celte espèce, que Gmelin range dans sa section des espèces 
qui ont plus de quatre taches oculiformes, a été trouvée dans 
la mer Baltique , près Copenhague et dans les mers du 
Groenland. 

La P. ATOMiFÈRE : P.atomata, Linn., Gmel., page 0091 ; 
Mull. , Zool. Dan. , 1 , page 1 1 5 , t. 32 , lig. 3 et 4 , et Enc. 
méth., pi. 81 , fig. 4. Corps plat, membraneux, couvert en 
dessus d'atomes roux, épars, et de deux masses de points 
noirs, simulant des yeux composés en avant; le dessous im- 
maculé. 

Dans le golfe de Norwége. 

La P. notulée; P. notulata, Bosc , Vers, tome 1, p. 254. 
Corps ovale, de couleur verte, avec quatre taches rondes, 
dont les antérieures semblables à des yeux. 

De la mer Atlantique. 

La P. RUBANNÉE ; P. vittata , Montagu , Act. soc. linn., vol. 
31, page 25, tab. 6, fig. 3. Corps elliptique, planulé; les 
bords on^és ; le dos rubanné. 

Grande espèce des côtes d'Angleterre. 

La P. DE DicyuEMARE : P. Dicquemari ; Tergipes Dicquemari , 
Risso , Journ. de phys., tome 87, page 373. Corps oblong, 
très-aplati, parfaitement lisse et uni, couvert sur le dos 
d'une infinité de petits orifices sessiles ; terminé en avant 
par une sorte de tête biauriculée et pourvue de deux taches 
oculiformes ; bouche inférieure. 

Dans la mer de Nice , sous les galets. 

M. Risso rapporte à tort cet animal au genre Tergipes; car 
il est évident que c'est une espèce de planaire , et en efifet il 



ai8 PLA 

le regarde lui-même comme la pellicule animée de Dicque-t 
mare. 

Le T. deBrochi; T.Brochi, Risso, Journ. de phys., tom. 87, 
page 573. Corps ovale-oblong, d'un brun violet, couvert sur 
le dos d'une infinité de petits tubercules., pointillés chacun 
de blanc; tout le reste comme dans l'espèce précédente, dont 
.celle-ci n'est sans doute qu'une variété. 

La P. DOUTEUSE, P. dubia. Corps ovale, très-mince, foliacé, 
à bords crépus ; trois ouvertures sur la ligne médiane en des- 
sous, une petite au milieu d'un bourrelet, une seconde lais- 
sant sortir obliquement une espèce de petit tube, et, enfin , 
une troisième , d'où sort une sorte de lame élargie et lobée dans 
sa circonférence; la face supérieure avec une paire de petits 
appendices tentaculaires , comme tubuleux , ayant chacun un 
point noir à la base en arrière. Couleur d'un blanc jaunâtre 
ou sale en dessus, comme en dessous. 

J'ai vu trois individus de cette espèce de planaire parmi des 
objets rapportés par MM. Quoy et Gaimard de l'expédition du 
capitaine Freycinet. Ils ont certainement été recueillis en 
mer, mais j'ignore où. Je ne serois pas éloigné de penser 
que la P. notulée de M. Bosc leur ressemble beaucoup. 

Dans cet article j'ai à peu près parlé de tous les animaux 
qu'on a rangés sous le nom de planaires; mais, je le répète, 
je suis bien loin de croire qu'ils appartiennent tous à ce genre, 
et il est plus que probable que Muller en a beaucoup trop 
multiplié les espèces. (De B. ) 

PLANANTHUS. {Bot.) Palisot - Beauvois définit ainsi ce 
genre, qu'il a établi sur des espèces de lycopodes monoïques: 
Fleurs mâles, sessiles , réniformes , bivalves, épars^ le long 
des liges, aux aisselles des feuilles, où elles forment quel- 
quefoisun petitrenflement, mais jamais un épi distinct; F/eurs 
femelles, inconnues: on a donné pour telles de petits bouquets 
de feuilles , observés et figurés par Dillenius , mais dont on 
ne connoît pas l'organisation. 

M. Palisot -Beauvois rapporte à ce genre une quinzaine 
d'espèces de Ij'copodium , dont les tiges sont couchées ou droites, 
dichotomes ou plus rameuses, à rameaux simples ou divisés, 
ef revêtues de feuilles éparses. Une seule espèce, le lycopo- 
dium deniiculatum , Linn., offre des feuilles distiques, diffé- 



PLA 219 

rence qui semble devoir en entraîner de plus essentielles; 
aussi M. Palisot-Beauvois fait remarquer que cette espèce , 
mieux observée, devra peut-être se ranger dans un de ses 
genres ou en faire un particulier. 

Les Lycopodium selago, Linn., et inundatum , Linn. , deux 
espèces d'Europe , rentrent dans ce genre ; toutes les autres 
espèces sont exotiques. Le plananthus n'a pas été adopté. Le 
clopodium de Rafinesque, encore peu connu, paroît devoir 
être le même. (Lem.) 

PLANAXE, Planaxis. (Conch^L) Genre établi par M. de 
Lamarck, dans la nouvelle édition de ses Animaux sans ver- 
tèbres, tome 7, page 5o , pour deux ou trois espèces de 
buccins de Bruguières , qui ont réellement quelque chose 
d'intermédiaire aux buccins et aux mélanopsides. Il peut 
être caractérisé ainsi -. Animal inconnu, mais très-proba- 
blement peu différent de celui des mélanopsides ; coquille 
solide , ovale, conique, sillonnée dans la décurrence de la 
spire; ouverture ovale- oblongue , un peu échancrée en 
avant; columclle aplatie et tronquée en avant; bord droit, 
tranchant, sillonné en dedans et épaissi par une callosité dé- 
currente à son origine; opercule ovale, mince, corné, sub- 
spiral. Cette forme d'opercule est très-semblable à celle des 
mélanopsides. M. de Lamarck distingue deux espèces dans 
ce genre, toutes deux des mers des pays chauds. 

La P. SILLONNÉE : P. sulcata, de Lamk. , loc. cit., n." i; 
Buccin, sulcatum, Brug. ; Lister, Conch. , t. 980, fîg. Sg. Assez 
petite coquille (douze à quinze lignes) ovale, conique, sil- 
lonnée, suivant la décurrence de la spire ou verticalement, 
un peu crénelée à son bord droit. Couleur blanche, marquée 
de taches noires , subcarrées. 

De 'l'océan des Antilles. 

La P. ONnuLÉE : P. undulata, de Lamk,, loc. cit., n.° 2; 
Buccin, sulcatum , rar. C, Brug.; Martini, Conch., 4, t. 124, 
fig. 1170, 1171. Coquille à peu près de la grosseur de la pré- 
cédente, dont elle pourroit bien n'être qu'une variété, mais 
plus épaisse, plus raccourcie; le bord droit, strié en dedans, 
mais non crénelé. Couleur blanche., ornée de flammules on- 
duleuses. 

Des Indes occidentales. (De B.) 



230 PLA 

PLANCEIA. (Bot.) Necker sépare sous ce nom les espèce* 
û''andrfala, dans les chicoracées , auxquelles il attribue une 
aigrette plumeuse. (J. ) 

PLANCON. {Bot.) Sorte de bouture faite d'une branche 
de certaines espèces de saules ou de peupliers qui prennent 
facilement racine, quoiqu'elles aient sept à huit pieds de 
hauteur. (L. D.) 

PLANCUS. (Ornith.) Ce genre de Klein, Ordo avium, 
page 142 et suivantes, comprend plusieurs espèces, apparte- 
nant à différentes familles. Son plancus gulo est le pélican ; 
le plancus congener anseri bassano est le grand fou ; le plancus 
morus est le fou commun ; le plancus coryus est le cormoran ; 
le plancus tropicus est le paille-en-queue, et le plancus hrasi- 
liensis, l'anhinga. (Ch. D.) 

PLANE. (Bot.) C'est l'ancien nom françois du platane. 
Plus récemment on Ta donné à une espèce d'érable, acer 
platanoides , qui ressemble un peu au platane par son feuil- 
lage. (J.) 

PLANE. (Bot.) Aplati sur les deux faces opposées; exemples; 
filets des étamines de Vallium fragrans , du kœmp/eria, etc.; 
fruits du dorstenia, etc.; valves du fruit de la lunaire, de 
Valjssum clypeatum , etc.; graines du lis, de la tulipe, de la 
couronne impériale, etc. Ce mot signifie encore, offrant 
une surface plate ; exemples : ombelles de Vanethum fani- 
culum, de Vimperatoria ostruthium , etc. Il signifie enfin, étalé; 
exemple : la lèvre supérieure du melitis melissopliyllum , etc. 
(Mass.) 

PLANE DE MER. (IchthjoJ.) Un des noms vulgaires de la 
Plie. Voyez ce mot. ( H. C. ) 

PLANER. (Ichthjol.) Nom spécifique d'une lamproie ^ que 
nous avons décrite à l'article Pétromvzon. (H. C.) 

PLANERA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs incomplètes, polygames, de la famille des amentacées , 
de la polj'gamie monoécie de Linnaeus, ayant pour caractère 
essentiel .- Des fleurs polygames ; un calice membraneux , 
presque campanule, à quatre ou cinq divisions; point de 
corolle; quatre ou six étamines saillantes; un ovaire supé- 
rieur; point de style; deux stigmates alongés, glanduleux, 
divergeus , recourbés ; une capsule presque globuleuse _,. 



PLA :22i 

membraneuse, à une loge indéhiscente, lisse ou ëcailleuse, 
nionosperme. 

Planera a feuilles t>\vjse : Planera Gmelini, Mich., Flor. 
lor. amer., 2, pag, 247; Mich. fils, Hist. des arbr. d'Amer., 
pag. 283, tab. 7; Planera aquatica, "Willd., Spec, 4, pag. 967; 
Planera ulmifolia , Poir. , Encycl. , Suppl. Arbre ou plutôt 
arbrisseau peu élevé. Ses feuilles sont alternes, médiocre- 
xnent pétiolées, longues d'environ un pouce et demi, ovales, 
oblongues, acuminées, glabres, d'un vert gai, irrégulière- 
ment dentées en scie. Les fleurs paroissent de très -bonne 
heure au printemps avant le développement des feuilles, 
réunies en paquets courts, ovales, presque sessiles, écailleux ; 
une fleur sous chaque écaille; les fleurs inférieures mâles; 
les supérieures hermaphrodites ou femelles; les capsules hé- 
rissées de très-petites écailles. Cette plante croît sur les 
bords de POhio et du Mississipi , dans la Caroline. 

Planera de Sibérie : Planera Richardi, Mich., Fl. hor. amer, 
2, pag. 248; Vlmus polfgama , Poir., Encycl., 4, pag. 611 ; 
Rhamnus carpinifolius, Pall. , Fl. ross. , 1 , tab. 60, vulgaire- 
ment Orme de Sibérie. Arbre de trente pieds et plus, dont 
l'écorce est brune ou d'un gris blanchâtre , et le bois blanc, 
très- fragile ; il a les rameaux nombreux, grêles, étalés; les 
feuilles alternes, roides, coriaces, ovales, crénelées, un peu 
échancrées à leur base , d'un vert pâle , réticulées en des- 
sous, glabres, d'un vert plus obscur en dessus; les fleurs poly- 
games; les femelles en petit nombre , presque solitaires; les 
fleurs mâles plus nombreuses, réunies en petits paquets. Le 
fruit est une capsule presque sessile, de forme ovoïde, mar- 
quée d'une forte nervure saillante , un peu échancrée au 
sommet. Cet arbre croît dans la Sibérie. 

11 est, depuis un grand nombre d'années, cultivé dans les 
jardins. Les graines en avoient été rapportées en France par 
Michaux père, à son retour de l'Amérique septentrionale. 
Son bois est dur, liant, compacte, d'un assez bon usage. 
Il fleurit en Avril, et ses fruits sont mûrs dans le courant de 
l'été. Il ne craint pas les plus fortes gelées du climat de 
Paris. La première espèce est plus délicate; il faut l'abriter, 
lorsqu'elle est jeune; elle aime les terrains frais, légers, 
un peu humides et ombragés. (Poir.) 



«22 PLA 

PLANERA. (Bot.) Loureiro, dans sa Flore de la Cochîii- 
chine, vol. i , pag. 46, avoit établi ce genre pour le Bauhinia 
scandens de Linné, qui n"a que trois étamines au lieu de dix, 
et dont le calice est à quatre découpures profondes. Cette 
anomalie, dans un genre aussi naturel, ne peut autoriser la 
formation d'un genre particulier. Voyez Batjhine grimpante. 
(PoiR.) 

PLANÈTES. {Phys.) Voyez Astres et Système du monde. 
(L.) 

PLANGA. {Ornith.) L'oiseau désigné sous ce nom et sous 
celui de clangapar Gesner, est le balbuzard ,/a/co haliœtus , 
Linn. (Ch. D.) 

PLANICAUDES. {Erpétol.) Voyez Erpétologie, Sauriens, 
Uronectes. (h. C.) 

PLANIFORMES ou OM ALOÏDES. (En^om.) Nous avons 
désigné sous ce nom une famille d'insectes coléoptères tétra- 
mérés, à antennes en masse non portées sur un prolonge- 
ment du front, et dont la forme est très-aplatie , ainsi que 
leur nom l'indique; tels sont en particulier les trogosites, 
les cucujes, les hétérocères. Voyez la planche 7 de l'atlas 
de ce Dictionnaire et le mot Omaloïdes. (C. D.) 

PLANIPENNES. {Entom.) M. Latreille nomme ainsi une 
famille de névroptères, qui comprend les panorpes , les four- 
milions, les hémérobes, les termites, les psoques, les perles 
et plusieurs autres genres voisins de ceux que nous venons 
de nommer. Cette famille correspond par conséquent à 
celles des stégoptères de notre méthode. (C. D.) 

PLANIQUEUES. (Mamm.) Vicq-d'Azyr réunissoit sous ce 
nom le castor , Pondatra et le desman; mais cette famille a 
été rejetée, dès que les rapports naturels de ces animaux ont 
été mieux connus. (F. C.) 

PLANIROSTRES. {Omith.) Voyez Omaloramphes. (Desm.) 

PLANO. {Ichthj'ol.) Nom languedocien de la Pue. Voyez 
ce mot. (H. C.) 

PLANORBE, Planorbis. {Malacoz.) Genre de mollusques 
conchylifères de la famille des limnacés, dans l'ordre des 
pulmobranches , proposé par Guettard et par plusieurs autres 
naturalistes du dernier siècle, et entre autres par Adanson, 
sous le nom de coret; mais délinitivement établi par Muller, 



PLA £23 

et ensuite adopté par Bruguiéres, ainsi que par la très-grande 
partie des zoologistes François et étrangers. Les caractères 
que nous lui avons assignés sont les suivans : Animal coni- 
que, très-alongé, fortement enroulé; manteau simple ; pied 
ovale ; tentacules filiformes , sétacés , fort longs ; bouche armée 
supérieurement d'une dent en croissant, et inférieurement 
d'une plaque linguale, presque exsertile et garnie de petits 
crochets. Coquille mince, légère, souvent sénestre, discoïde 
ou enroulée dans le même plan vei-tical , de manière à rendre 
tous les tours de spire visibles en dessus comme en des- 
sous; spire nullement saillante et tout-à-fait latérale, en 
sorte que la coquille est enfoncée ou largement ombiliquée 
de chaque côté; ouverture petite, transverse, à bords tran- 
chans , non réfléchis et désunis par l'avant -dernier tour de 
spire qui la rend lunulée. Les planorbes sont des mollusques 
conchylifères , qui ont la plus grande ressemblance avec les 
limnées , et cependant leur coquille à l'extérieur ne laisse 
pas que d'avoir beaucoup de rapports avec celle des ammo- 
nites, au point que dans plusieurs ouvrages anciens de con- 
chyliologie on trouve ces coquilles dans la même division, 
La différence tranchée c'est que la coquille des ammonites 
n'acquiert la forme enroulée que par l'avancement successif 
de l'animal, ce qui produit dans la partie abandonnée au- 
tant de cloisons, qu'il s'est, pour ainsi dire, avancé de fois, 
et qu'elle ne traduit du reste pas du tout la forme de lani- 
anal. Ajoutons à cela que l'enroulement vertical n'est pas 
complètement dans le même plan , en sorte que la coquille 
n'est jamais symétrique : ce qu'il est aisé de voir dans la 
forme de l'ouverture, dont un des bords avance plus que 
l'autre, et même dans la différence des deux côtés, dont l'un, 
l'inférieur, est toujours plus excavé que l'autre, le supé- 
rieur. Dans les planorbes, l'animal est tout-à-fait conformé 
comme sa coquille , c'est-à-dire, que la masse viscérale forme 
un cône très-alongé, qui s'enroule absolument comme les 
tours de spire. Le corps proprement dit, qui en forme la 
partie antérieure, est enveloppé dans un manteau fort mince, 
dont les bords libres ne sont un peu épaissis qu'à l'endroit 
où se trouve l'orifice arrondi de la cavité respiratrice. Il ne 
présente du reste , ni lobes , ni appendices tentaculaires. 



«H PLA 

Le pied ou la masse locomotrice abdominale est côtirt et â 
peu près arrondi, surtout en avant; son pédoncule d'inser- 
tion est très- étroit; la tête, assez peu distincte, obtuse ea 
avant, est pourvue de deux tentacules coniques, très- longs, 
très -déliés et contractiles, attachés assez loin l'un de l'autre 
sur l'occiput; les yeux sont comme dans les limnées, placés 
au côté interne de la base des tentacules; la bouche, qui 
a la forme d'un T, est accompagnée de deux appendices la- 
biaux, assez grands. A l'intérieur on trouve une dent supé- 
rieure en forme de croissant, mais non denticulée, et à la 
partie inférieure une masse linguale non prolongée en ar- 
rière, et dont la membrane, qui la recouvre, est hérissée d'un 
grand nombre de petits crochets. En poursuivant maintenant 
plus loin l'organisation des planorbes , on trouve qu'elle a la 
plus grande ressemblance avec ce qui a lieu dans les limnées : 
ainsi les glandes salivaires sont tout- à -fait semblables; l'œso- 
phage est également fort long; l'estomac , aussi compliqué, a 
son gésier seulement un peu plus cylindrique ; le foie est 
plus blanchâtre; les circonvolutions du canal intestinal sont à 
peu près les mêmes, avec cette différence que le rectum est 
plus épais et renflé que le reste , et surtout, qu'au lieu de se 
diriger vers la droite, il se porte au contraire de droite à 
gauche , du moins dans le planorbe corné , qui est évidemment 
sénestre. En effet, tout le reste de l'organisation a suivi cette 
déviation ; ainsi la cavité pulmonaire est dirigée d'avant en 
arrière, mais de droite à gauche ; sa forme est étroite et lon- 
gue, suivant celle de la partie antérieure du corps; son ori- 
fice est également à gauche , et fait une saillie assez con- 
sidérable sous l'avance du manteau ; le cœur a éprouvé le 
même changement que l'organe pulmonaire; aussi, au lieu 
d'être à gauche, il est à droite. La disposition et surtout la 
distribution du système vasculaire sont du reste comme dans 
les limnées. L'organe de la dépuration urinaire est considé- 
rable, et composé dans son intérieur de lames jaunes; l'ovaire 
et l'oviducte n'offrent rien de bien différent de ce qui existe 
dans les limnées. La seconde partie de celui-ci forme un 
long sac, à l'extrémité postérieure duquel aboutit l'oviducte » 
et qui se termine par un canal, s'ouvrant en dehors avec le 
canal de la vessie. Le testicule; situé comme de coutume. 



PLA ^25 

fournit un c^nâl déférent , d'abord plissé d'une manière 
serrée, et qui ensuite s'engage dans l'enveloppe dermo-muscu-" 
laire auprès de l'orifice de l'appareil femelle, pour en ressortir 
bientôt, et se joindre à l'organe excitateur, qui est gros et 
charnu. Le système nerveux n'offre rien de particulier, si 
ce n'est que le tissu cellulaire, au milieu duquel se trouvent 
les petits ganglions qui le composent, est teint d'une matière 
rouge. Cette matière suinte à travers les pores de la peau 
et surtout quand on irrite les bords du collier de l'animaL 

Les moeurs et les habitudes des planorbes sont, comme on 
pouvoit le conclure, de la similitude d'organisation, presque 
tout-à-fait semblables à celles des limnées, avec lesquelles on 
les trouve presque constamment. Ainsi ce sont des iinimaux 
d'eau douce, tout-à-fait aquatiques, et peut-être encore plus 
que les limnées; en effet, on les rencontre plus rarement 
hors de l'eau. Ils rampent, comme elles, à lasurfice des corps , 
aussi bien qu'à celle de l'eau, le pied en haut et la coquille 
en bas. Ils se nourrissent également de substances végétales, 
qu'ils mangent de la même manière. Leur mode d'accouple- 
ment paroit être absolument semblable, et se faire de ma- 
nière à ce que les individus accouplés forment de longs cor- 
dons, commençant par un individu màie, et finissant par un 
individu femelle; chaque individu intermédiaire étant en 
rapport avec deux autres individus. Les œufs pondus par la 
femelle, le sont également en masse gélatineuse, appliquée 
contre les corps submergés. Dans nos climats tempérés et 
dans les climats froids, les planorbes, aux approches de la 
saison rude, s'enfoncent dans la vase et s'y engourdissent j, 
en sorte qu'il est impossible d'en trouver un individu dans 
un lieu où quelques mois auparavant il y en avoit par 
milliers. 

Les espèces de ce genre paroissent plutôt appartenir aux 
zones boréales et tempérées qu'aux autres parties du monde : 
ainsi elles sont fort communes en Europe et dans l'Amérique 
septentrionale. On en connoit peu dans les zones australes, 
du moins les naturalistes des expéditions Baudin , de Frey- 
cinet et Duperrey n'en ont rapporté aucure de la Nou- 
velle-Hollande. Linné coufondoit les espèces de ce genre dans 
son grand genre Hélii. 

41. J5 



226 PLA 

Le P. CORNE DE BF.LiE[i : P. coTtiu avietis ^ Liiin.. Gmel. , p. 
0625, n.° 41 ; Enc. méth. , pi. 460, fig. 5 , a, h. Coquille se- 
nestre , solide, piano-concave d'un côté, largement ombili- 
quée de l'autre ; quatre tours de spire cylindracés et lisses. 
Couleur ordinairement blanche, avec trois, quatre, cinq ou 
sept bandes rouges, égales ou inégales, et plus ou moins dis- 
tinctes. 

Cette espèce, la plus grande de ce genre, puisqu'il y a 
des individus d'un pouce et demi de diamètre, vient de la 
Chine suivant Linné y. et du Brésil selon d'autres auteurs. 

Le P. CORNÉ: P. corneus , Linn.; Gmel., page 5625 , n.°55; 
Enc. méth., pi, 460, fig. 1 , a, b. Coquille grande, opaque, 
plane, convexe d'un côté, largement ombiliquée de l'autre, 
de couleur de corne ou brun-châtain. 

Cette espèce est fort commune aux environs de Paris ; 
elle l'est moins dans le Midi de la France. 

M. Faure Biguet a fait l'observation que cette coquille 
dans son jeune âge est toute blanche, striée et couverte de 
poils. 

Le P. CARÉNÉ • P. earinatus, Muller; H. planorhis, Linn., 
Gmel., page 0617, n." 20. Coquille assez petite (sept à huit 
lignes de diamètre) , très -aplatie, un peu plus excavée d'un 
côté que de l'autre, anguleuse ou carénée à la circonférence; 
de couleur de corne transparente. 

Des étangs et rivières d'Europe. 

Le P. JAUNATRE; P. lutescens , de Lamarck, Anim. sans vert., 
t. 6, 2, page i53, n." 4. Coquille discoïde, comprimée, 
concave en dessous, subanguleuse à son dernier tour, de 
couleur de corne transparente. Cette espèce, de la grandeur 
de la précédente , dont elle n'est peut-être qu'une variété , 
étoit dans la collection de M. de Lamarck. On n'en connoît 
pas la patrie. 

Le P. oriental; P. orientalis, Olivier, Voyage , pi. 17, fig. 
11, a, b. Coquille discoïde, également plane des deux côtés, 
subrugueuse, fragile, cornée, subanguleuse à son dernier 
tour. 

De l'ile de Scio. 

Le P. spirorhe : P. spirorhis , Mull. , Linn. ; Gmel, , p. 562^ , 
n." 36 ; PL t'orfexj var. B ; Draparn. , MoIlusq.,pl. 2, fig. 6, 7. 



PLA 207 

Petite coquille discoïde, également plane des deux côtés, de 
cinq à six tours de spire , dont le dernier est à peine caréné, 
ce qui rend l'ouverture arrondie. Couleur de corne. 

Dans les eaux douces de France et d'Europe. 

Le P. tourbillon: P. vortex , Mull. , Linn,; Gmel. , page 
3620, n.° 3o ; Plan, contourné, Draparn., Mollusq., pi. 2, 
fig. 4, 5. Petite coquille de trois à quatre lignes de diamètre, 
concave d'un côté, convexe de l'autre, de six à sept tours 
de spire, augmentant insensiblement , et carénés à leur partie 
inférieure. Couleur d'un brun très -pâle. 

Commune dans les eaux douces d'Europe. 

Le P. DIFFORME; P. defoimis , de Lamarck , loc. cit. , p. i5/, , 
n.° 8. Très-petite coquille (deux lignes de diamètre) , un peu 
excavée au milieu d'un côté, ombiliquée de l'autre; cinq 
tours de spire, arrondis, se recouvrant en partie les uns les 
autres; le dernier se recourbant vers l'ombilic. 

Patrie inconnue. Est-ce le P. deformis de M. de Férussac . 
figuré par Draparn. , Moll. , pi. 2 , fig. 1 1 , comme une mons- 
truosité de son PL spirorbis ? Cela n'est pas probable. 

Le P. entorjillé : P. contortus , Mull. , Linn. ; Gmel. , page 
0624, n.° 37; Draparn., Moll., pi. 1, fig. Sg — 41. Très- 
petite coquille (une ligne et demie), un peu excavée au 
centre d'un côté, ombiliquée de l'autre: six à huit tours de 
spire très -serrés, arrondis. Couleur brunâtre. 

Dans les eaux douces de toute la France et de l'Alle- 
magne. 

Draparnaud dit que l'animal a ses tentacules courts. 

Le P. VELOUTÉ : P. hispidus ; P. albus, Mull. , Linn.; Gmel. , 
page 3625 , n.^Sg; Draparn., Moll., pi. 1 , fig. 46 — 47. Très- 
petite coquille (deux lignes), subombiliquée d'un côté, très- 
profondément ombiliquée de l'autre; trois tours de spire, 
striés dans les deux sens; le dernier subanguleux. Couleur 
roussâtre. 

Dans les rivières de l'Europe. 

Le p. POLI : P. nitidus, Mull., Linn.; Gmel., page 3624, 
n." 349 ; P. complanatus , Draparn., pi. 2 , fig. 20 — 22. Très- 
petite coquille (une ligne) , mince, carénée à sa périphérie, 
ombiliquée d'un côté, diaphane, luisante; quatre tours de 
spire. Couleur de corne pâle. 



2.8 PLA 

Des eaux stagnantes du Midi de la France et de l'AlIe- 
magne, du moins si l'on a con6ance à ce que dit M. PfeifFer. 

Le P. TUILE : P. imbricatus, Mull. ; N. nautileus, Linn. ; 
Gmel., page5Gi2, n.° 98; Draparn. , pi. 1, fig. 49 — 5i. 
Très-petite coquille (une ligne), plane d'un côté, concave de 
l'autre; ouverture avec une lamelle marginale, se conser- 
vant sur les tours de spire au nombre de quatre. Couleur 
de corne pâle. 

11 vit sur les plantes aquatiques dans les rivières de France. 

Le P. DENTELÉ; P. cristatu;, Draparn., MoUusq., pi. 2, fig. 
ï — 3. Coquille encore plus petite que la précédente, plane 
d'un côté, ombiliquée de l'autre; spire de deux tours et 
demi, garnie de lamelles ou destries transverses, rendant 
la carène dentée. 

Ce n'est évidemment qu'une variété de la précédente , 
avec laquelle elle a été trouvée. 

Le P. MARGiNÉ : P. marginatiis ; P. umh'dicatus, Mull.; H. 
complanata, Linn., Gmel.; Draparn., MoUusq., pi. 2, fig. 
11 — i5. Coquille subpellucide , aussi ombiliquée en dessus 
qu'en dessous; mais carénée à son bord inférieur. Couleur 
de corne brune. 

Il est commun dans toutes les petites rivières et les étangs 
d'Europe. C'est une espèce qui paroit intermédiaire au P. 

CARÉNÉ et au P. SPIRORBE. 

M. de Férussac, dans la nouvelle édition de l'Essai d'une 
méthode de conchyliologie, par son père, dit positivement 
que cette espèce de Draparnaud n'est pas VH. complanata de 
Linné, ni le planorbe à trois spirales et arêtes de Geoffroy, 
ii.° 5 ; mais bien le P. umhilicatus de Muller. 

Le P. CLAUsuLÉ : P. clausulatus , de Férussac ; le Plan, lui- 
sant, P. nitidus, Draparn., Mollusq. , page 47, pi. 2, fig. 
ly — 19. Coquille lisse, diaphane, convexe et ombiliquée 
d'un c6té, plane et largement ombiliquée de l'autre; quatre 
tours de spire, dont le dernier très-grand et subcaréné in- 
férieurement ; ouverture semi-lunaire, profondément modi- 
fiée par la saillie de l'avant-dernier tour; des lames élevées 
et opposées dans l'intérieur, formant des demi-cloisons. Cou- 
leur cornée. 

Cette espèce , que Draparnaud a eu tort de confondre avec 



PLA =29 

le p. nttidus de Millier , d'après M. de Férussac, a été trouvée 
par son père en Snisse et en Allemagne. Il est assez difficile 
de concevoir les demi-cloisons intérieures. M. PfeifiTer, dans 
son Histoire des mollusques terrestres et iluviatiles d'Alle- 
magne, n'en parle cependant pas, ou Lien il la confond 
avec le PL nitidus de Muller. 

Le P. ACRONiQUE : P. acronicus, de Férussac: PI. spirorbis, 
Draparn., Moll., page 45, pi. 2, fig. 8 — 10. Coquille plane 
d'un côté , concave ou fortement ombiliquée de l'autre , un 
peu carénée au milieu, composée de cinq tours de spire, 
dont le dernier est plus grand que les autres; bords de l'ou- 
verture épaissis. 

Des eaux douces de l'Allemagne. 

Le P. glabre; P. gZaèrafus, Say, Journ.de l'Acad. de Philad., 
tome 1 , page 280. Coquille de près d'un pouce de diamètre, 
un peu convexe d'un côté, régulièrement et profondément 
concave de l'autre; cinq tours de spire, glabres, polis, sans 
trace de carène: ouverture très - oblique , par rapport au 
diamètre transverse. 

De la Caroline du Sud. 

Le P. aigu; P. acutus , Say , loc. cit., tom. 2, pag. i65. 
Coquille fort petite ( trois lignes de diamètre), comprimée, 
plate d'un côté, largement ombiliquée de Fautre ; quatre 
tours de spire striés, un peu aplatis et subcaréués au mi- 
lieu; ouverture subtriangulaire, anguleuse au milieu du 
hord externe. 

Cette espèce, qui se trouve dans le lac Chauiplain , dans 
l'Amérique septentrionale, paroît assez rapprochée du PL 
nitidus; mais elle est plus grande; son ombilic est beaucoup 
plus dilaté et Fouverture n'embrasse pas le pénultième tour 
aussi profondément. 

Le P. campanule; P. carnpanulatus , Say, loc- cit., tome 2, 
page 166. Coquille sénestre, presque concave ou plate d'un 
côté, ombiliquée profondément de l'autre; quatre tours de 
spire légèrement striés et se dilatant subitement vers Fou- 
verture , aussi subcampanulée. 

Cette espèce est très-commune dans les ruisseaux qui se 
déchargent dans le lac Cayuga. 
. Le P. TRIVOLVÉ; P. triyoL'is, Say, Amer, encyclop.. concli,,. 



25o PLA 

pl. 2 , fig. 2. Coquille de six lignes de diamètre , subcarénée, 
concave d'un côté, ombiliquée de l'autre, finement striée; 
trois ou quatre tours de spire; ouverture grande, formant 
une grande partie de la coquille. Couleur d'un jaune pâle 
ou brunâtre; le bord externe presque rouge. Une variété 
plus grande est presque noire, avec l'intérieur de l'ouver- 
ture d'un rouge pourpre. 

Dfs flaques d'eau près le lac Érié. 

Le P. BiCARÉNÉ ; P. hicarinalus, Say , Amer, encfclop. conch., 
pl. 1 , fig. 4. Coquille d'un demi-pouce de diamètre , scnestre , 
aussi excavée d'un côté que de l'autre ; trois tours de spire 
subcaréncs en dessus et en dessous, et striés; l'ouverture 
grande. Couleur d'un jaune pâle en dehors, d'un brun rou- 
geâtre, avec deux lignes blanches, correspondantes aux ca- 
rènes en dedans. L'animal est ferrugineux, avec de nom- 
breuses taches jaunâtres. 

D& l'Amérique septentrionale , dans la Delaware. 

Le P. petit; p. par^'us, id. , ibid. , pl. 1 , fig. 3. Petite co- 
quille d'un cinquième de pouce de diamètre, concave d'un 
côté comme de l'autre ; formée par quatre tours de spire 
subcarénés; ouverture ronde. Couleur de corne ou blanchâtre 
en dehors, d'un blanc bleuâtre à l'intérieur. 

Très -commune dans les eaux de la Delaware. 

Le P. coret; p. coreius , Adans., Sénég. , page 7, pl. 1. 
Très-petite coquille, d'une ligne ei demie de diamètre, polie, 
luisante, très-mince, sénestre, discoïde, également aplatie 
sur ses deux faces; composée de quatre tours de spire, ar- 
rendis , renflés : ouverture ronde. Couleur fauve. 

Très- commune dans les lieux marécageux de Podor au 
Sénégal. 

Le P. MDtTispiHÉ ; P. muUispiralus . Lesson , Voy. du cap. 
Duperrey. Petite coquille de quatre lignes de diamètre, à 
peu près également aplatie ou légèrement excavée de chaque 
côté, composée de six tours de spire, croissant peu à peu du 
premier au dernier, arrondis à la circonférence; ouAcrture 
très-oblique, subtétragone. Couleur de corne un peu foncée. 

Des eaux douces des environs de Lima. (DeB.) 

PLANORBE. (F055.) On trouve dans le dépôt marin de 
Grignon, département de Seine-et-Oise, des petites coquilles 



PL A 25 1 

que M. de Lamarck. a cru devoir rapporter au genre Pla- 
norbe. 

Planorbe NTTIDUI.E; Planorhis nitidulus, Lamk. , Ann. du Mus. 
d'hist. naturelle, tom. 8, pi. 62, fîg. 2. Coquille discoïde, 
non carénée, lisse, mince, un peu luisante, et à ouverture 
ronde. Diamètre, une ligne et demie. Elle n'est composée 
que de trois à quatre tours, et la spire est un peu enfoncée. 

Planorbe subanguleux; Planorhis subangulatus , Lamk.., loc. 
cit., même pi., fig. 1. Coquille discoïde, lisse, à spire plane 
sans aucune saillie, et composée de quatre tours légèrement 
carénés en dehors et un peu anguleux dans le bord interne 
de leur face inférieure. Diamètre, une ligne et demie. 

Planorbe bicaréné ; Planorhis bicarinatus , Lamk., loc. cit., 
même pi., fig. 3. Coquille discoïde, portant des stries qui 
vont du sommet à la base ; à spire plane sans aucune saillie , et 
composée de quatre tours, portant sur le dos deux carènes 
tranchantes , aiguës , inégales et bien séparées. Diamètre , deux 
lignes. Ces trois espèces sont rares. 

Planorbe cornet : Planorhis cornu , Brong. , loc. cit. , tom. 1 5 , 
p. 571 , pi. 22 , fig. 6 ; Desh. , Descrip. des coq. foss. , 2.*" vol., 
pag. 83 , pi. 9 , fig. 5 et 6 ; Fér. , Mém. géol. , p. 62 , n.° 8. 
Coquille discoïde, plane en dessus, profondément ombiliquée 
en dessous, portant quatre tours de spire lisses et dont le 
dernier est le plus grand. Diamètre, six lignes et demie. On 
trouve cette espèce à Saint- Prix, à Palaiseau et à Milon , 
département de Seine-et-Oise. 

Planorbe arrondi : Planorhis rotundatus , Brong., loc. cit., 
pi. 22 , fig. 4 ; Desh,, loc. cit. , même pi. fig. 7 et 8 ; Planorhis 
similis, Fér., loc. cit., p. 61 , n." 1 ; Planorbe arrondi, Brard, 
Ann. du Mus., tom. 14, pi. 27, fig. 19 et 20. Coquille dis- 
coïde, un peu striée, plane en dessus, concave en dessous, 
portant six tours de spire. Diamètre, seize lignes. On trouve 
cette espèce à Saint-Prix, à Palaiseau, Milon , Triel , dans 
la forêt Fontainebleau , deuxième formation d'eau douce , 
à la Villette et à Valmondois , département de Seine-et- 
Oise. Il paroît qu'elle se trouve vivante dans le Levant, d'où 
elle a été rapportée par Olivier. 

Planorbe de Prévost: Planorhis prevotinus , Brong., loc. cit., 
même pi., fig. 7 ; Desh., loc. cit., même pi. fig. 9 et 10. Ce- 



232 PLA 

quille discoïde, lisse, porhint quatre fours arrondis, dont 
le dernier cache en partie les autres; l'ombilic étant petit. 
Diamètre, quatre lignes. Ou trouve cette espèce à Palaiseau , 
a Saint-Prix et dans presque tous les silex lacustres de seconde 
formation qui contiennent des coquilles. 

Plakorbe sdbovale; Planorbis siibo^'atus, Desh., loc. cit. y 
même pi., fîg. ig — 21. Coquille discoïde, subovale, un peu 
irrégulière, globuleuse, aplatie en dessus et ombiliquée en 
dessous, lisse, portant quatre tours, dont le dernier est quel- 
quefois un peu strié. Diamètre, quatre lignes. On trouve 
cette espèce à Épernay. 

Planorbe LISSE; Planorbis lœvigatus , Desh., loc. cit., pi. 10, 
fig. 1 et 2. Coquille discoïde, très-lisse, mince, déprimée, 
portant quatre tours très-apparens, et également ombitiquée 
des deux surfaces. Diamètre, deux lignes et demie. Cette 
espèce, qu'on trouve à Epernay, n'est peut-être que le pla- 
norbis roiundatus dans sa jeunesse, ou une variété de celui-ci. 

Planorbis (vqualis , Sow. , Min. conch. , pi. 140, fig. 1. Co- 
quille équilatérale, concave, couverte de quelques légères 
stries; à tours découverts et à ouverture orbiculaire. Dia- 
mètre, près de deux pouces. On trouve cette espèce à Ken- 
dal en Angleterre. 

Planorke r'Lpernay; Planorbis sparnacensis, Desh., loc. cit., 
même planche, fig. 6 et 7. Coquille discoïde, déprimée, 
lisse, concave en dessus, ombiliquée, portant six tours arron- 
dis et à sutJire profonde. Diamètre, quatre lignes. Cette es- 
pèce , qu'on trouve à Épernay, a beaucoup de rapports avec 
le Planorbis lœvigatus. 

Planokbe souFFLé; Planorbis inflatus, Desh., loc. cit., même 
planche, fig. 3 — 5. Coquille discoïde, symétrique, enflée, 
convexe des deux surfaces; les quatre tours qui forment sa 
spire, s'enroulant régulièreipent par leur partie médiane, 
ce qui produit des deux côtés un ombilic profond. Le der- 
nier tour étant caréné dans son milieu par un angle assez aigu. 
Diamètre, deux lignes et demie. On le trouve à Septeuil, 
département de Seine-et-Oise, et à la Villette près de Paris. 

Planorbe si'BANGULEUx ; Planorbis subangulatus , Desh., loc. 
cit., pi. g, fig. 14 et i5. Coquille discoïde, plane en des- 
sous, convexe, déprimée en dessus, portantcinq à six tours, 



PLA ^33 

dont le dernier présente deux angles très-obfus. Diamètre, 
deux lignes et demie. On le trouve à Pantin et à la Villetle. 

Planorbe lentille: Planorhis lens, Brong. , loc. cit., pi. 22, 
Cg. 8 ; Desh. , loc. cit., pi. 9 , fig. 11 — 15; For., Méra. géol., 
page 6:^ , n." 10 : an Planorbis lens? Sow. , Min. conch. , pi. 
1^0, fig. 4. Coquille discoïde, déprimée, plane des deux côtés, 
lisse, portant quatre tours, dont le dernier est anguleux 
presque dans le milieu. Diamètre, cinq lignes. Oi le trouve 
à la butte Saint -Chaumont et à Pantin au-dessus du gypse. 

Planorbe inverse; Planorbis inversus, Desh., loc. ait., pi. 
9, fig. 16 — 18. Coquille discoïde, convexe en dessus, plane 
en dessous, lisse , portant trois à quatre tours de spire angu- 
leux inférieurement, à ombilic grand et peu profond. Dia- 
mètre, deux lignes et demie. On le trouve à la Villetle. 

Planorbe planulé ; Planorbis planulatus, Desh., loc. cit., 
pi. 10, fig. 8 — 10. Coquille déprimée, lisse, plane en des- 
sous, convexe en dessus, portant cinq tours de spire, dont 
le dernier est anguleux. L'ombilic est très-petit et profond. 
Diamètre, cinq lignes. On le trouve à Pantin et à la Villette. 

Cette espèce a de l'analogie avec le Planorhis lens. 

Planorbis cylindricus, Sotv. , loc. cit., même planche, fig. 2. 
Coquille cylindrique, couverte de stries concentriques, por- 
tant trois ou quatre tours comprimés, et à ouverture quadra- 
ginaire et oblongue. Diamètre, six lignes. On le trouve dans 
l'île de Wight en Angleterre. 

Planorhis obtiisits , Sow., loc, cit., même planche, fig. 5. 
Coquille déprimée, à. surface inférieure très-concave, por- 
tant trois à quatre tours, qui se recouvrent en partie les uns 
les autres, et à ouverture subcordiforme. Diamètre, six 
lignes. On trouve cette espèce au même lieu que la précé- 
dente. 

Planorbis lens, Sow., loc. cit.., même planche, fig. 4' Cette 
espèce paroît avoir les plus grands rapports avec l'espèce 
qui précède immédiatement, et avec laquelle on la trouve. 

Planorhis hemistoma, Sow., loc, cit., même planche, fig. 6. 
Coquille déprimée, lisse, ombiliquée; l'un des côtés est con- 
vexe et l'autre est plat; Fouverture est oblique et subtrian- 
gulaire. Diamètre, quatre lignes. On le trouve dans File de 
"VS^ight. 



^54 PLA 

Planorhis radiatus , Sow., loc. cit., même planche, fig. 6. 
Coquille lenticulaire , couverte de stries rayonnantes , om- 
biliquée et à oTiverlure subcordiforme. Diamètre, quatre à 
cinq lignes. On le trouve au même lieu dans le sable vert. 
Planorhis evomphalus , Sow., loc. cit., même planche, fig. 
7. Coquille subcarénée, plate d'un côté et ombiliquée de 
1 autre, couvert» de stries dans le sens de ses accroissemcns, 
et a ouverture subtriangulaire. Diamètre, quinze lignes. 
Cette espèce, remarquable par l'aplatissement d'une de ses 
surfaces, se trouve dans Fîle de Wight et à Headenhill en 
A.ngleterre. 

On trouve des planorbes fossiles dans presque tous les ter- 
rains d'eau douce aux environs de Paris, près d'Orléans, dans 
la Beauce, le Jura, leBastberg, à Mombach près de Mayence , 
en Amérique, dans le terrain des sources salées du Genessée 
et dans beaucoup d'autres endroits; mais on peut soupçonner 
que dans quelques-uns l'état de ces coquilles, ainsi que des 
cyclostomes , des néritines , et des autres espèces qui les accom- 
pagnent, seroit plutôt une incrustation qu'une véritable pé- 
trification. (D. F.) 

PLANORBE dit Grand Planorf.e'a spirales rondes. (Concli.) 
Ancienne dénomination de la grande espqce de planorbe , 
heîîx cornea, Linn.; planorhis corneus , de Lamk. (DeB.) 

PLANORBE dit Petit Planorbe a cinq spirales rondes. 
{Conchyl.) Autre espèce de planorbe, Hélix spirorbis , Linn. ; 
P. spirorhis , de Lamk. (De B.) 

PLANORBE ou PETIT PLANORBE A SIX SPIRALES 
RONDES. {Conchjl.) Hélix contorta , Linn. (De B.) 

PLANORBE A QUATRE SPIRALES A ARÊTE. (Conchj'l.) 
Hélix planorhis, Linn. (De B.) 

PLANORBE A SIX SPIRALES A ARÊTE. {Conclij^l.) Hélix 
vortex , Linn. (De B.) 

PLANORBE TUILE. {Conchjl.) Turbo nautiloideus , Linn. 
(DeB.) 

PLANORBIER. ( Malacoz. ) M. de Lamarck a donné ce 
nom à l'animal des coquilles du genre Planorbe. (Desm.) 

PLANOSPIRITE. (Foss.) On a donné ce nom à un corps 
que l'on trouve dans les couches de la craie des environs 
ce Paris, attaché sur des débris d'inocérarae et sur des échi- 



PLA ^'^^ 

nidcs, et qui paroît n'être qu'une partie d'une coquille qui a 
été plus complète. Ce qu'on rencontre de ce corps est plat, 
oblong, mince, tourné en spirale de gauche à droite. Sa lon- 
gueur est d'un pouce et sa largeur de huit lignes; il a la 
forme d'un nautile qui serolt aplati. Une carène perpendi- 
culaire et élevée d'une ligne environ , subsiste au bord exté- 
rieur. Sa surface extérieure, qui a dû autrefois être inté- 
rieure , est couverte de fines stries longitudinales qui sont 
interrompues, dans des distances irrégulières, par des lignes 
ponctuées qui présentent une courbure dont la convexité re- 
garde l'ouverture, ou le côté qu'on peut regarder comme 
ayant été l'ouverture; ces lignes deviennent d'autant plus rap- 
prochées les unes des autres, qu'elles se trouvent plus près de 
l'ouverture. On voit une figure de ce corps dans une des 
planches de l'atlas de ce Dictionnaire. 

Je possède un clypéastre qui est indiqué avoir été trouvé 
dans le Languedoc, et qui porte des restes de craie chloritée, 
sur lequel on voit les traces de deux corps de ce genre; mais 
qui ont les stries longitudinales beaucoup plus grosses. 

On voit dans l'Histoire naturelle de la montagne de Saint- 
Pierre de Maëstricht, par Faujas , pi. 22, fig. 2 , la figure 
d'un corps qui paroit avoir les plus grands rapports avec un 
planospirite {an planospirites ostracina ? Lamk. , Anira. sans 
vert., 1801, page 400); mais sa dimension est beaucoup plus 
grande, puisqu'il a environ trois pouces de diamètre; sa 
forme est plus arrondie, et il n'est point couvert de stries 
longitudinales. 

Ce corps se trouve également (sous le nom de planospirite) 
copié dans l'ouvrage de M. Parkinson , Introd. to the studj of 
foss. pi. 3, fig. 1 ; et il y a lieu de croire qu'il constitue une 
troisième espèce de ce genre, qui ne sera peut-être jamais 
mieux connu. (D. F.) 

PLANOT. (Ornith.) Un des noms vulgaires de lasîttelle, 
sitta europœa, Linn. (Ch. D.) 

PLANT. (Bot.) On donne ce nom à toute jeune plante 
herbacée ou ligneuse, proveniie de graine, pendant tout 
le temps qu'on la tient en pépinière. (L. D.) 

PLANTAGINASTRUM. [Bot.) Nom donné f^r Heister à 
Valisina de Linnceus. ( J. ) 



2^6 PLA 

PLANTAGINÉES. (Bot.) Cette famille de plantes, qui ne 
contenoit primitivement que le genre Plantago, en possède 
maintenant trois, par suite de la subdivision de ce genre. 

LinncBus et ses prédécesseurs lui attribuoient un petit ca- 
lice , divisé profondément en quatre parties; une corolle 
beaucoup plus grande, monopétale et tubulée, divisée à 
son sommet en quatre petits lobes , débordés par quatre 
élamines sortant de son fond ; mais, comme cette prétendue 
corolle se dessèche et subsiste long -temps après la floraison, 
a la manière des calices, nous Tavons depuis long -temps as- 
similée à un calice, en regardant le petit calice des anciens 
comme une simple réunion de (]uelques bractées. Dès- lors 
nous avons dû ranger cette famille dans une classe de plantes 
apétale.i, en lui assignant le caractère suivant, rendu plus 
exact «l'après le* observations de Gasrfner et celles de M. 
R. Brown , qui présente ce caractère avec plus de détail, 
en exprimant cependant des doutes sur la nature et la dé- 
nomination des enveioipes florales. 

Un calice tubulé, marcescent, divisé ordinairement à son 
sommet en quatre petits lobes, entouré à sa base par quatre 
petites bractées disposées en croix; quatre étamines, dont les 
filets très- longs, insérés au fond du tube, et alternes avec 
les divisions (suivant M. Brown), le débordent beaucoup, 
et supportent des anthères ovoïdes et biloculaires , s'ouvrant 
dans leur longueur; un ovaire simple et libre , biiocu- 
laire, contenant dans chaque loge un ou plusieurs ovules, 
et surmonté d'un long style, terminé ordinairement par un 
seul stigmate ; une capsule s'ouvrant circulairement en deux 
Valves, dont la supérieure présente la forme d'une coiffe 
libre; deux loges dans cette capsule, séparées par une cloi- 
son, qui porte sur chaque face une ou plusieurs graines, 
en nombre défini, attachées par leur milieu à cette cloison; 
l'embryon de chacune, renfermé dans le centre d'un péri- 
sperme charnu, est cylindrique, droit, muni de deux lobes 
courts et à radicule plus longue, dirigée inférieurement. 

Les plantes de cette famille sont toutes herbacées, à tige 
rameuse et à rameaux opposés ainsi que les feuilles dans 
quelques espèces formant le genre Psjllium , ou à tiges indi- 
vises, en forme de hampe, s'élevant du milieu d'une touffe 



PLA 237 

de feuilles, toutes radicales, dans le genre Plantago beau- 
coup plus nombreux en espèces. Les fleurs , accompagnées 
chacune d'une bractée en forme d'écaillé , sont disposées en 
épis ou têtes serrées au sommet des rameaux ou des hampes, 
et ordinairement toules hermaphrodites. Dans le troisième 
gepre, Lilforella, contenant une .seule espèce à feuilles éga- 
lement radicales, une hampe courte, s'élevant de l'aisselle 
d'une de ces feuilles, terminée par une seule fleur mâle, à 
quatre divisions et quatre étamines, porte à sa base deux 
ou trois fleurs femelles, sessiles, cachées dans la même ais- 
selle, lesquelles, probablement par suite d'avortement, n'ont 
que trois divisions à leur calice et trois petites bractées , 
et ne contiennent qu'une loge monosperme. 

D'après la description ci -dessus, nous persistons à refuser 
l'existence d'une corolle à cette feuille, quoique les étamines 
soient alternes avec les divisions de l'organe que nous pre- 
nons pour calice; mais en même temps nous pensons que 
cette famille , au lieu de suivre les amarantacées dans la 
classe des hypostaminées ou apétales à étamines hypogynes, 
doit les précéder et terminer la classe précédente, caracté- 
risée par des étamines périgynes ou insérées au calice. (J. ) 

PLA^TAGINELLA. (Bot.) Nom d'un genre de Vaillant, 
auquel Linnœus a substitué celui de Limosella , maintenant 
reçu. (J. ) 

PLANTAGO. (But.) Nom latin du genre Plantain. (L. D.) 

PLANTAIN; Plantago, Linn. {Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones monopétales, de la famille des plantaginées , Juss., 
et de la tétrandrie mono gy nie , Linn., dont les principaux 
caractères sont les suivans : Calice à quatre divisions per- 
sistantes ; corolle monopétale , persistante , à tube cylin- 
drique, un peu globuleux , et à limbe partagé en quatre dé- 
coupures ovales; quatre étamines à filamens capillaires, plus 
longs que la corolle, surmontés d'anthères horizontales; un 
ovaire supère, chargé d'un sfyle plus court que les étamines 
et à stigmate simple ; une capsule à deux ou quatre loges 
contenant chacune une ou plusieurs graines. 

Les plantains sont des végétaux herbacés, dont les feuilles 
sont le plus souvent toutes radicales, et les fleurs petites, 
de peu d'apparence , disposées en épis et accompagnées 



238 PLA 

de bractées. On en connoît aujourd'hui environ cent trente 
espèces, parmi lesquelles vingt-deux croissent naturellement 
en France. 

* Hampe nue. Feuilles ovales - lancéolées ou lancéo- 
lées - linéaires. 

Plantain majeur, grand Plantain : Plantago major , Linn. , 
Sp. , i63, Flor. Dan., t. /^Gi. Sa racine est fibreuse, vivace ; 
elle produit plusieurs feuilles ovales ou quelquefois légère- 
ment en cœur à leur base, un peu coriaces, presque gla- 
bres, pétiolées, toutes radicales. Du milieu d'elles s'élève 
une ou plusieurs bampes, plus longues que les feuilles elles- 
mêmes, cylindriques, terminées par un épi de fleurs d'un 
blanc verdàtre , serrées les unes contre les autres. Cette 
plante fleurit pendant une partie de l'été; elle n'est pas rare 
dans les prés, les champs et sur les bords des chemins. Elle 
varie beaucoup pour le port, selon les localités; quelquefois 
les feuilles sont si grandes qu'elles ont huit à dix pouces et 
plus de longueur , et l'épi de fleurs a lui-même plus d'un 
pied; dans certains individus au contraire, la plante entière 
n'a souvent pas un pouce de haut, et l'épi ne se compose 
que de deux à quatre fleurs; mais on trouve ordinairement 
dans le voisinage de ces individus nains, des plantes inter- 
médiaires qui font le passage entre les plus petites et les 
plus élevées , ce qui prouve évidemment qu'elles appar- 
tiennent toutes à une seule et même espèce. 

Les feuilles du grand plantain ont une saveur amère et 
légèrement stiptique; on les regardoit autrefois comme astrin- 
gentes et fébrifuges , et on en conseilloit l'usage dans le cra- 
chement de sang, la dyssenterie et dans toutes sortes de flux 
atoniques; aujourd'hui elles ne sont plus que fort peu usitées. 
Leur eau, distillée, est encore quelquefois employée dans les 
collyres pour les maladies des yeux , dans lesquelles on croit 
devoir faire usage des astringens. Les Grecs de l'Archipel 
font aussi usdge, dit- on, pour se guérir de la diarrhée, 
des graines de plantain pilées et infusées dans du vin blanc. 
Dans ces derniers temps, un médecin de Lausanne a employé 
avec succès les racinrs du grand plantain, et des deux es- 
pèces suivantes, dans le traitement des fièvres intermittentes. 



PLA 259 

PtANTAiN MOYtN; Platitago média, Linn., Sp., i63: Flor. 
Dan., t. 58i. Ses feuilles sont radicales, ovales-lancéolées, 
pubescentes, portées sur de courts pétioles; la hampe est 
cylindrique, terminée par un épi beaucoup plus court que 
les feuilles. Chaque loge de la capsule ne contient qu'une 
graine, tandis que dans la première espèce, il y a plusieurs 
graines. Cette plante croît dans les prés, les pâturages secs 
et sur les bords des chemins. On l'a employée eu médecine 
dans les mêmes cas que le grand plantain. 

Plantain lancéolé; Plantago lanceolata, Linn., Sp,, 164; 
Flor. Dan., t. 487. Ses feuilles sont toutes radicales, lancéo- 
lées, un peu dentées, glabres ou presque glabres; du milieu 
d'elles s'élèvent une ou plusieurs hampes anguleuses , ter- 
minées par un épi ovale ou ovale-oblong. Cette espèce croit 
dans les prés secs et sur les bords des bois. 

Plantain pied-de-lièvre; Plantago lagopus, Linn., Sp., i65. 
Ses feuilles sont étroites, lancéolées, pubescentes. Les hampes 
sont grêles, striées, pubescentes, hautes de cinq à dix pou- 
ces, terminées par des épis ovales, abondamment hérissés de 
poils fins, mous et blanchâtres. Cette espèce croît dans le 
Midi de la France, en Espagne, en Italie et en Barbarie. 

Plantain HÉRISSÉ j P/an/ago pi/o5a, Lamk. , Illust., n.° i665. 
Cette espèce est sujette à varier beaucoup; elle n'est quel- 
quefois qu'une plante naine, toute au plus haute d'un pouce, 
à hampe unique, à épi arrondi, composé seulement de deux 
à quatre fleurs. D'autres fois, elle s'élève à trois et quatre 
pouces ; les hampes naissent plusieurs ensemble du même 
pied , et l'épi est cylindrique , alongé, formé d'un assez grand 
nombre de fleurs. Au reste, on la reconnoit toujours, parce 
qu'elle est entièrement velue, parce que ses feuilles sont 
linéaires -lancéolées, parce que ses bractées sont accuminées, 
et enfin, parce que sa racine est annuelle. Cette plante croit 
naturellement dans le Midi de la France , en Espagne , en 
Italie, etc. 

** Hampe nue. Feuilles linéaires, suhuUes oupinna- 
tîjides. 

Plants^^in maritime: Plantago maritima, Linn., 5p., i65j 
Flor. Dan., t. 243. Sa racine est épaisse, un peu ligneuse, 



240 PLA 

hérissée à sou collet de poils laineux et roussàtres. Ses feuilles 
«ont linéaires, semi-cylindriques, un peu charnues, glabres, 
très-entières. Du milieu d'elles s'élève une hampe cylin- 
drique, plus longue que les feuilles, terminée par un épi 
oblong, cylindrique, dont les bractées sont concaves, ob- 
tuses et glabres. Cette espèce se trouve sur les bords de la 
mer en France, en Espagne, en Italie, etc. Le Plantago 
grawinea, Lam., lllust. , i683, n'en diffère guères que par 
ses feuilles planes, jamais semi-cylindriques, le plus souvent 
munies de quelques dents en leurs bords. 

Plantain en alène; Plantago subulata, Linn., Sp., 166. Sa 
racine est épaisse , un peu ligneuse , divisée dans sa partie 
supérieure en plusieurs souches ou tiges garnies inférieure- 
ment de feuilles nombreuses, subulées, roides, assez courtes, 
à trois angies. Les hampes sont cylindriques, roides, une ou 
deux fois plus longues que les feuilles, et terminées par un 
épi cylindrique. Cette plante croît dans les lieux pierreux, 
sablonneux, et sur les bords de la mer dans le Midi de la 
France, de l'Europe, etc. 

Plantain corne de cerf; Plantago coronopus , Linn., Sp., 
160. La racine de cette espèce est annuelle; elle produit un 
grand nombre de feuilles alongées, pinnatltides, pubescentes, 
couchées et étalées en rosette sur la terre. Du milieu de ces 
feuilles naissent plusieurs hampes cylindriques , terminées 
par un épi oblong, un peu grêle. Ce plantain est commun 
dans les pâturages secs et sur les bords des chemins. 

'''*'^ Tige rameuse et gai^niê de feuilles. 

Plantain fucier, vulgairement Herbe aux puces ; Plantago 
psjllium , Linn., Sp., 167. Sa racine est annuelle. Sa tige est 
simple ou rameuse, le plus souvent partagée à sa base en plu- 
sieurs rameaux redressés, hauts de quatre à dix pouces, et 
garnis de feuilles linéaires, opposées, quelquefois munies de 
quelques dents. Ses fleurs sont disposées en petits épis ovoï- 
des , pédoncules, ordinairement rapprochés deux à six en- 
semble au sommet des rameaux, ou solitaires dans les aisselks 
des feuilles. Les bractées n'ont que la longueur des calices 
dont les folioles sont lancéolées, aiguës. Les graines sont ob- 



PLA 241 

longues, creusées en nacelle. Cette espèce se trouve dans le 
Midi de la France et en Italie. 

Plaivtain des sables ; Plantago arenaria , Waldst. , PL Hung. 
5i , t. 5i. Cette plante ressemble beaucoup à la précédente, 
mais elle en diffère par des caractères constans, qui ne per- 
mettent pas de la confondre. Ses tiges sont en général plus ra- 
meuses ; les épis de fleurs sont ovales-oblongs, munis de brac- 
tées deux à trois fois plus longues que le calice dont les 
folioles sont dilatées au sommet , membraneuses et très ob- 
tuses, enfin, les graines sont ovoïdes. Ce plantain est commua 
dans les lieux sablonneux en France et dans le reste de 
l'Europe. Ses graines fournissent par la décoction dans l'eau 
une grande quantité de mucilage. On faisoit autrefois usage 
de cette décoction, comme émoUiente et adoucissante, dans 
les ophthalmies inflammatoires, le crachement de sang, etc. 

Plantain des chiens; Plantago cjnoj)s , Linn., Sp. , i6j. Sa 
racine est vivace; elle produit une lige un peu ligneuse, di- 
visée , le plus souvent dès sa base , en rameaux redresses . 
hauts de quatre à huit pouces, garnis de feuilles opposées, 
filiformes. Les épis de fleurs forment des têtes arrondies , 
portées sur àes pédicelles grêles, axiilaires ou terminaux, 
un peu plus longs que les feuilles. Les bractées sont sur- 
mo-ntées d'une pointe particulière, filiforme, beaucoup plus 
longue que les fleurs elles-mêmes. Cette espèce croit naturei- 
lement dans les lieux incultes du Midi de la France et de 
FEurope. ( L. D.) 

PLANTAIN AQUATIQUE ou PLANTAIN D"EAU. (Bot,) 
Nom vulgaire du fluteau plantaginé. (L. D. ) 

PLANTAIN- ARBRE. {Bot.) Voyez Plantanier. (Lem.) 

PLANTAIN D'EAU. (Bot.) Nom vulgaire du genre Alisme, 
Alisma, et surtout de l'espèce principale, alisma plantago. (J.) 

PLANTAIN DE MOINE. {Bot.) Nom vulgaire de la 
littorelle des étangs. ( L. D.) 

PLANTAIRES. {Mamm. ) Nom, sous lequel Storr réunis- 
soit les didelphes et les phalangers; mais ces animaux n'ayant 
que des rapports éloignés, la famille qu'en formoit le natu- 
raliste allemand n'a point été conservée. (F. C.) 

PLANTAJHE. {Bot.) Nom du plantain en Languedoc. 
(L.D.) 

41. 1^ 



■^^■^ PLA 

PLAiSTAiNiER. [Bot.) Ce nom est donné, ainsi que celui 
de Plantain - arbre , au bananier , dans les relations de cer- 
tains voyageurs et surtout par les Anglois. (Lem.) 

PLANTARDi. {Bot.) C'est la même chose que le Plançon. 
Voyez ce mot. (I,. D.) 

PLANTATIONS et PÉPINIÈRES. ( Bot. ) Voyez Particle 
Arbre, tome II, page 206 et suivantes, Educations des arbres. 
(Mass.) 

PLANTE NOUVELLE DE DODARTou MÉDIASTINE.(JBof.) 
C'est un(^ espèce du genre Rhizomorpha. Voyez ce mot. (Lem.) 

PLANTE -ÉPONGE. (Aclinoz.) La cristatelle ou époi^ge de 
de rivière a reçu ce nom. (Desm,) 

PLANTE AUX ŒVL'S. {Bot.) Un ries noms de la morelle 
mélongène. (L. D.) 

PLANTES {Bot.) : corisidérées sous le rapport de leur na- 
ture, voyez Végétaux ; sous le rapport de leurs parties élé- 
mentaires, voyez Tissu organique; sous le rapport de leurs 
organes, voyez Végétaux, Botanioue. Groupées soiis des 
points de vue divers, elles reçoivent des dénominations par- 
ticulières; ainsi, par exemple, sous le rapport delà cotjlédo- 
naiion, on dit plantes acotylbdones, mojnocotylédones, dico- 
TYLÉDONES , POLvcoTYLÉDONEs ; SOUS Ic TEpport du sexe , plantcs 

AGAMES , CRYPTOGAMES, PHÉNOGAMES , HER.M APHRODITES , JIO- 

KoiQUEs, DioïçuEs, POLYGAMES; SOUS le rapport de la consis- 
tance', plantes gélatineuses , crustacéks , filamenteuses , her- 
bacées, LIGNEUSES, grasses, LACTESCENTES, CtC; SOUS IcS rappOTtS 

de Varinure, de la race, du pajs, de la durée, plantes épi- 
neuses; PRIMITIVES , hybrides; indigènes, exotiqces; éphémères, 
ANNUELLES, BISANNUELLES, vivACEs , ctc. ; SOUS Ic rapport dc la 
production, plantes acaules, caulescentes , bulbeuses, corym- 
EiFÈREs, ombelliféres, cônifères , ctc. ; SOUS le rapport de 
la station, plantes terrestres, arrénaires, saxatiles, rudérales, 

agrestes, SYLVATiyUES, CAMPESTRES , ALPESTRES , ALPINES, SALINES, 
I.ITTORA.LES , MARITIMES, AQUATIQUES, MARINES, FONTINALES , FLU- 
VIATILES, MARlXAGE'JtES , AMPHIBIES, PARASITES, SOUTERRAINES, 

etc. (Mass.) 

PLANTES ANIMALES. ( Bot. ) On trouve dans Us Mé- 
moires de PAcadémie des sciences de Paris, pour 1769, un 
. mémoire de M. Fougeroux de Eondaroy. sur d-js espèces de 



PLA 243 

champignons qui naissent et végètent sur des nymphes de 
cigales, à la Martinique , à Cayenne (pi. 1 et 2), et sur des 
larves de scarabées ( pJ. 2). Ces plantes animales ou mouches 
■végétantes , comme il les nomme, sont des espèces de cla^'aria, 
et notamment le clavaria sobolifera , Hill., csfièce simp.le , à 
libres longitudinales, creuses dans leur maturité. Cette cla- 
vaire se trouve sur les corps morts des insectes; cependant, 
Fougeroux est porté à croire , d'après l'état de conservation 
où il a trouvé ces insectes , que la plante a crû quelques 
temps sur l'animal encore en vicj c'est aussi ce que d'autres 
auteurs ont avancé et même figuré, ainsi queO. F. Muller. Fou- 
geroux a remarqué que les racines ne pénètrent point le corpsi 
de l'insecte. Le phénomène de la végétation d'une plante 
cryptogame sur un animal mort, qui n'a plus rien d'étonnant 
aujourd'hui, a donné naissance dans le temps à la singulière 
opinion de Keedham, qui voyoit dans cette végétation la 
preuve du passage du règne animal au règne végétal , et réci- 
proquement, la supposant un être qui ne parvient pas jusqu'à 
la vie animale; et comme conséquence de cette opinion, il 
nie la reproduction des champignons au moyen des semences. 
Voyez Spallanzani, Nouw. rech. sur les découv. microsc. (Lem.) 

PLANTES FONGUEUSES. (Bot.) A une époque où la cryi •- 
togamie étoit encore en quelque sorte au berceau (1728), 
Antoine de Jussieu nommoit ainsi une nouvelle classe de vé- 
gétaux , qui comprenoitles lichens et les champignons. Main- 
tenant ces derniers seuls conservent le nom de plantes fon- 
gueuses {plantœ fungosœ) , que quelques auteurs même ne 
limitent qu'à une seule partie de cette grande classe du règne 
végétal. (Lem.) 

PLANTIGRADES. {Mamm.) On a d'abord réuni sous ce 
nom commun tous les mammifères qui marchent sur la plante 
entière du pied, ce qui comprenoit presque fous les insec- 
tivores, et un certain nombre de carnassiers. Depuis, on eu 
a éloigné les premiers, et bientôt, sans doute, il en ser.t 
de même des seconds. Les mammifères plantigrades ne for- 
ment point en effet de réunion naturelle. ( F« C.) 

PLANTIN. [Bot.) Voyez Plantain. (Desm.) 

PLANTISUGES ou PHYTADELGES. [Enlom.) Sous ce.s 
»oniS nous rangeons plusieurs genres d'hémiptères à élytre'» 



244 PLA 

semblables en dessus et en dessous, non croi-sées, souvent 
transparentes, dont les tarses n'ont que deux articles et le 
bec paroît naître du col. Leur nom est tiré de leurs habi- 
tudes; car tous les insectes de cette famille vivent la plu- 
part en grand nombre sur les plantes, dont ils sucent la 
sève, tels sont les pucerons, les chermès, les aleyrodes etc. 
Voyez la planche Sg de Tatlas de ce Dictionnaire et Phy- 

TADEI.GES. (C. D.) 

PLANTIVORES. ( Mamm. ) Nom employé quelquefois 
comme synonyme d'herbivore; mais il est peu en usage. 
(F.C.) 

PLANïULE. {Bot.) L'embryon, lorsque la germination 
commence à se développer, prend le nom de plantule. Voyez 
Germination. (Mass.j 

PLANULACÉS, Plamilacea. {ConchyL)]Som d'une famille, 
établi par M. de Blainviile dans son Manuel de malacologie, 
et de conchyliologie, page 070, pour des corps organisés, 
fossiles, dont il est très-dillicile d'établir les rapports naturels, 
mais qu'il a placée dans son ordre des cellulaces, entre celle 
des spérulacés et celle des nummulacés , et qu'il caractérise 
ainsi : Animal entièrement inconnu, même par analogie; 
coquille très- déprimée, non spirale, cloisonnée, cclluleuse . 
ayant les cloisons visibles à l'extérieur par des sillons qui 
augmentent de longueur du sommet à la base; des cellulo- 
sités marginales. Elle ne renferme que les genres Rénuline, 
Frondiculairb , PÉNÉaoPLE et Plamjlaire. Voyez ces difiërens 
mots. (De B.) 

PLANULAIRE. ( Foss. ) Nous avons donné ce nom géné- 
rique k une petite coquille qu'on trouve dans des sables eu 
Italie : elle est très-aplatie, un peu courbée dans sa longueur et 
surtout vers le sommet, sillonnée obliquement des deux cô- 
tés et portant une sorte d'arête vers le dos. La seule espèce 
que nous connoissons et que nous avons nommée dans les 
planches de ce Dictionnaire, Planulaire oreille, Planularia 
auris, a trois lignes de longueur, sur deux lignes de largeur. 
Indépendamment de Tarête dorsale, elle porte de très-petites 
côtes longitudinales, qui partent du sommet et se terminent 
à peu de distance de ce dernier. Soldani a publié cette 
espèce sous le nom d'Orthoceras auris , et il en a donné une 



PLA ^,5 

figure, pi. io4, A. Nous ne sommes pas assurés que cette 
coquille soit fossile. 

Ce genre paroît à M. de Blainville fort voisin de celui que 
Denys de Montfort a nommé Pénérople. (D. F.) 

PLANULITE. (Foss.) Dans son premier ouvrage sur les 
animaux sans vertèbres, M. de Lamarck avoit donné ce nom 
générique à quelques espèces d'ammonites, qui, depuis, ont 
été rangées par ce savant dans ce dernier genre. 

Dans la Conchyliologie systématique, tome i, page 182, 
Denys de Montfort avoit aussi formé , sous le nom de planu- 
lite, un genre, auquel il avoit assigné les caractères suivans : 
Coquille libre, univalve , cloisonnée, en disque et con- 
tournée en spirale aplatie; tous les tours de spire apparens, 
portant de distance en distance des étranglemens ou arrêts : 
bouche arrondie, recevant dans son milieu le retour de la 
spire; cloisons unies, toutes percées par un seul trou. 

Nous pensons que ces coquilles ne sont que des espèces 
du genre Ammonite. M. de Blainville les place dans la divi- 
sion de ce genre Simplegade, qui comprend les espèces très- 
aplaties, à dos arrondi et <à ouverture petite, telle que le 
simplegade gaufifré, simplegas undulosus. (D. F.) 

PLAOUCHU. (Ornith.) On nomme ainsi le pigeon patu en 
Languedoc. ( Ch. D. ) 

PLAPPERER. ( Oniitli. ) Nom allemand , suivant Elumen- 
bach, du mainate, gracula religiosa , Linn. (Ch. D.) 

PLAQUEMINIER, D/o5pjKros. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs hermaphrodites, quelquefois dioïques ou 
polygames, de la famille des ébénacées, de la polygamie dioécie 
de Liunaeus, offrant pour caractère essentiel : Un calice per- 
sistant, à quatre, cinq ou six divisions; une corolle courte, 
renflée, monopétale, à quatre, cinq ou six lobes peu profonds; 
huit k seize étamines attachées à la base de la corolle; un 
ovaire supérieur: un style court, à deux ou quatre divisions. 
Le fruit est une baie à six ou douze loges monospermes. 

Plaqueminier faux lotus: Diospjros lotus, Linn. ; Camer. , 
Epit. i56, Icon, Arbre d'environ trente pieds de haut, dont 
les branches étalées se divisent en rameaux d'un brun jau- 
nâtre. Les feuilles sont alternes , médiocrement pétiolées , 
ovales- oblongu es , aiguës à leurs deux extrémités, vertes en 



24r> PL A 

rJessHS, blanchâtres, piibescenfes et parsemées en dessous de 
]jetits points glanduleux. Les fleurs sont forts petites, axil- 
laires, solitaires; le calice, pubesccnt dans sa jeunesse, cilié 
sur ses bords, persistant et élargi sur les fruits, à quatre lobes 
obtus, arrondis, soutient une baie globuleuse, à peine de 
]a grosseur d'une cerise, à huit loges, contenant autant de 
semences, mais plusieurs avortent. Cet arbre passe pour ori- 
ginaire de l'Afrique septentrionale, mais je ne l'y ai pas 
rencontré ; il n'a pas non plus été observé par M. Desfon- 
taines. Quelques auteurs ont pensé qu'il étoit ce fameux 
lotus des lotophages, qui a été reconnu pour le rliamnus 
lotus, Linn. , espèce de jujubier. 

Plaquf.minier de Virginie : D/ospj'ro5 virginiana, Linn., 
Spec; Pluk., Almag., tab. 244, fig. 5 ; Catesb, , Carat. , 2, 
tab. 76. Arbre d'environ soixante pieds. Ses feuilles sont 
assez semblables à celles de l'espèce précédente, mais elles 
n'ont pas de points glanduleux; elles sont plus arrondies à 
leur base, glabres à leurs deux faces, aiguës, vertes en des- 
sus, grisâtres en dessous, finement réticulées, pubescentes 
dans leur jeunesse, ainsi que les rameaux. Les fleurs sont 
axillaires, presque sessiles. Leur calice est glabre, profondé- 
ment divisé en quatre découpures aiguës , droites , persis- 
tantes à la base des fruits; la corolle blanche, ovale; ob- 
îongue, quatre fois plus grande que le calice; son limbe à 
quatre lobes étalés. Le fruit est une baie succulente, ovale, 
de la grosseur d'une prune. Cette plante croît dans la Caro- 
line, la Virginie et plusieurs autres contrées de l'Amérique. 

Ces deux espèces se cultivent en pleine terre dans nos 
jardins ; on les propage de graines et de greffe. Elles aiment 
les terrains frais et de bonne qualité. Leurs fleurs s'épa- 
nouissent à la fin du printemps ; les fruits mûrissent dans 
l'été. Les feuilles de la seconde espèce, prises en décoction, 
passent pour astringentes. Le bois est dur et d'un assez bon 
«sage. 11 se débite en planches; on en fabrique des manches 
d'outils et ^ies crosses de fusil. On dit qu'il découle de cet 
arbre une gomme purgative. Ses racines tracent au loin et 
poussent un grand nombre de rejetons. Les fruits sont d'une 
saveur agréable, lorsqu'ils sont bien mûrs. En Amérique, 
on en fabrique du cidre et de l'eau-de-viç r on fait aussi 



PLÂ 247 

a^ec la chair de ce mtinc fruit, séparée de sa pellicule et de 
ses graines, des galettes nourrissantes et agréables au goût, 
que Ion sèche au soleil ou au feu. En parlant des fruits de 
la seconde espèce, M. Bosc dit que, ciirillis à point, ik 
sont les meilleurs de la Caroline; mais qu'ils nont que quel- 
ques heures de bonté, c'est-à-dire, que ceux qu'on recueille 
tombés de la veille, sont déjà altérés; que ceux que l'on fait 
tomber les premiers en secouant l'arbre, sont délicieux; mais 
que ceux qui tombent par suite d'une seconde secousse, ne 
sont pas mangeables. On en fait des confitures sèches, qui 
se gardent bonnes pendant un ou deux ans. 

Plaqueminier Kaki : Diospjros Kaki, Linn.fils, SiippL, 439 ; 
Kœmpf. , Aman., tab. 806. Cet arbre ressemble, par sou 
port, aux deux espèces précédentes; mais il en diffère par 
ses feuilles plue grandes , coriaces, ovales, obtuses ou un 
peu acuminées , glabres et luisantes en dessus, d'un vert 
pâle et un peu velues en dessous, ainsi que les jeunes ra- 
meaux. Les fleurs sont axillaires, un peu pédonculées, sou- 
vent deux sur chaque pédoncule courbé et velu. Leur calice 
e&i évasé, très- court, à quatre dents larges; la corolle urcéo- 
lée, à quatre lobes courts ; huit étamines à doubles anthères; 
le style à quatre divisions droites, velues. Le fruit est une 
baie au moins de la grosseur d'une prune, de couleur rouge , 
un peu safranée, contenant huit semences osseuses. Cette 
plante croît au Japon. Ses fruits y sont très -recherchés pour 
leur saveur agréable. 

Plaqueminier bois d'ép.ène : Diospyros ebenum, Poir. , Encycl., 
n." 4; <!"• Linn. fils, Suppl., 440. Arbre de trente à quarante 
pieds et plus. Son écorce est noire , grise ou blanchâtre sur 
les jeunes rameaux : Paubier est fort épais , de couleur 
blanche ; Pintériéur d'un beau noir. Les branches sont gar- 
nies de feuilles alternes, pétiolées, coriaces, épaisses, lon- 
gues d'un à trois pouces, glabres, d'un vert foncé en des- 
sus, un peu blanchâtres, claires et réticulées en dessous, 
luisantes à leurs deux faces dans leur vieillesse et par la des- 
siccation, de forme variée, la plupart ovales, obtuses, quel- 
quefois un peu aiguës ; d'autres presque rondes , plus on 
moins larges, portées sur des péfioies courts, roides, très- 
durs. Les fleurs sont axillaires , scssiles , réunies trois à 



^48 PLA 

quinze clans chaque aisselle; elles sont dioïques. Leur calice 
est presque en cupule, très-velu, à quatre lobes; la corolle 
épaisse, velue, blanche en dehors, d'un rouge clair en 
dedans, à quatre lobes aigus, réfléchis; elle entoure une 
vingtaine d'étaniines à filamens très-longs, terminés par une 
anthère double. L'ovaire est couvert de poils roussâtres; il 
se convertit en une baie de la forme d'une olive, de cou- 
leur brune ou cendrée , contenant une pulpe molle et 
blanche, d'une odeur de pomme; elle renferme depuis 
deux jusqu'à huit semences d'un blanc bleuâtre, très-dures. 
Ces baies sont environnées, jusqu'aux trois quarts de leur lon- 
gueur, par le calice très- agrandi , en forme d'une capsule 
dure, chagrinée. Cet arbre est cultivé à l'Isle-de-France ; il 
croît aux Indes, dans les grandes forêts. 

Il existe à TIsIe-de-France plusieurs variétés (ou peut-être 
espèces) de cet arbre. Une des plus remarquables que j'ai pu 
observer, avoit l'écorce noire, les feuilles rouillées en des- 
sous; les fleurs agglomérées et velues; le bois blanc, marbré 
de noir. Une autre avoit les tiges d'un blanc grisâtre; les 
feuilles minces, arrondies, de couleur cendrée ; les fruits plus 
courts que le calice, dont les bords se trouvoient divisés en 
cinq grands lobes arrondis; enfin, dans un troisième indi- 
vidu les fruits étoient soutenus, seulement à leur base, par 
Tin calice court, élargi, à quatre lobes obtus; l'écorce de ces 
fruits étoit légèrement tuberculeuse , quelquefois un peu 
velue. Presque tous ces bois, à raison de leur dureté, sont 
susceptibles de recevoir un beau poli. On les emploie dans 
les ouvrages de marqueterie et de mosaïque. Les ébénistes 
ont trouvé le moyen d'imiter le bois d'ébène avec le poirier 
et autres bois durs, qu'ils colorent en noir avec une décoc- 
tion chaude d'encre à écrire ; ils appliquent cette couleur 
sur le bois avec une brosse rude, et se servent d'un peu de 
cire chaude pour lui donner le lustre. 

Le diospj vos ebeniim de Linné fils, diffère du nôtre, d'après 
la description de cet auteur, par ses semences noires, et non 
d'un blanc bleucàtre. C'est un grand arbre, très -dur, très- 
glabre sur toutes ses parties. Son bois est lourd, compacte, 
blanchâtre vers l'écorce , renfermant dans son centre une 
moelle noire, dont la couleur se répand insensiblement dans 



PLA 2/,9 

la partie inléiieure du bois. C'est, d'après Thunberg et Kœ- 
nig, le véritable bois d'ébène du commerce. L'ébénc, d'après 
Flaccourt, dans son Histoire de Madagascar, pag. i3i , est le 
cœur du bois d'un arbre nommé ébénier, et par les habitans 
hazon-mainthi , c'est-à-dire, bois noir. C'est un grand arbre 
qui porte de petites feuilles, comme le grand myrte, les- 
quelles sont d'un vert obscur; l'écorce du bois est noirâtre. 
]1 y en a deux ou trois variétés. 

On pourroit encore rapporter aux ébéniers, comme espèce 
ou comme variété , le Plaqueminier a billes , Ebemis tessellaria , 
Comm., M5S. , io5, et n." 147 , Icon.; Poir. , Encycl., n." 5 ; 
vulgairement Bois d'ébène a billes. Cet arbre est très -élevé, 
facile à distinguer de loin, sur les hautes montagnes, par 
l'écorce très-noire de son tronc , ainsi que celle des branches 
et des rameaux. Les fleurs sont coriaces, très- entières, un peu 
péliolées, ovales-oblongues, obtuses, d'un vert foncé et lui- 
sant en dessus, plus pâles en dessous, longues de trois pouces, 
presque larges de deux , couvertes quelquefois d'une poussière 
noirâtre. Les fleurs sont sessiles, axillaircs, un peu odorantes, 
solitaires ou réunies deux à trois; le calice est en cupule, à 
quatre petits lobes obtus, couvert de poils roussâtres et cou- 
chés; la corolle une fois plus longue que le calice, velue en 
dehors, à quatre divisions obtuses ; les étamines sont au 
nombre de huit; le stigmate est presque sessile , tomenteux, 
à quatre divisions. Le fruit est une baie ovale, oblongue, 
presque de la grosseur d'un œuf de pigeon , à huit loges 
monospermes. Le calice persiste à la base du fruit ; il se 
durcit et s'élargit en quatre lobes obtus. Cet arbre croît à 
l'île de Madagascar. 

Loureiro , de son côté, pense que le diospjros ebenum de 
Linné fils est l'espèce figurée dans Rumph sous le nom d'Ebe- 
naster Lolin, Rumph., Amb., lib. 4, caf. 5 , tàb.6 , qu'il nomme 
Diospjros decandra. Il dit que ce n'est point le véritable bois 
d'ébène, qu'il rapporte à un genre particulier, qu'il décrit 
sous le nom d'EBENoxvLUM verum. (Voyez ce mot.) Je conclus 
de tout ceci qu'il est très -probable que l'ébène est fourni par 
plusieurs espèces de diospyros , la plupart de ces arbres ayant 
ie bois très-dur, souvent noir dans l'intérieur ou tacheté de 
noir; il paroît même que cette couleur varie, et que les vieux 



-^^ PLA 

troncs deviennent noirs avec l'àgc, tandis que , plus ieunes, 
Jeur bois n'offre que des lignes noirâtres, éparses dans le corps 
du tronc, oîi le cœur seul est alors marqué de cette couleur. 
Plaqueminier mélanide : Diospjros wetanida, Comm., Mss., 
ï48j Icon.; Poir., Encycl., n." 7. Grand arbre, dont Pécorce 
est noirâtre; les rameaux d'un brun cendré; le bois blanc, 
noir dans le centre, quelquefois marbré de noir et de blanc. 
Les feuilles sont alternes, pétiolées, les unes un peu arron- 
dies, d'autres presque ovales, quelquefois un peu échancrées 
a leur base, très -varia blés dans leur grandeur et leur forme, 
d'un blanc pâle ou grisâtre en dessous, souvent avec des ner- 
vures d'un pourpre noirâtre ; les fleurs sont presque soli- 
taires; les fruits sessiles, de la grosseur d'une pomme d'api, 
un peu ombiliqués au sommet, entourés jusqu'au tiers de 
leur hauteur par le calice en cupule, à larges lobes réfléchis 
en dehors. Cette plante croît dans les forêts montueuses de 
risle-de France. 

Plaqueminieii panacha : Diospyros leucomeîas , Comm., Mss.. 
149, Icon.; Poir., Encycl., n." 8. Cet arbre s'élève fort haut; 
il est revêtu d'une écorce cendrée; le bois est ou tout- à-fait 
blanc, ou marbré de noir et de blanc, quelquefois un peu 
rougeâtre; les feuilles longTies de quatre à cinq pouces, larges 
de trois, presque sessiles, ovales, elliptiques, glabres à leurs 
deux faces; coriaces, luisantes en dessus, plus pâles eu des- 
sous. Les fruits sont sessiles, solitaires, très-glutincux, ovales, 
arrondis, enveloppés presque Jusque vers leur milieu par le 
calice, à six dents droites et courtes. Cet arbre croît à Plsle- 
de- France, dans les forêts, vers les bords de la mer. 

Plaquemimer a feuilles noRÉEs ; Diospjros chrysophyllos , 
Poir., Encycl., n.° ii. Cet arbre a des rameaux diffus, gla- 
bres, élancés; des feuilles pétiolées, ovales, oblongues, gla- 
bres, vernissées d'un gros vert en dessus, d'un roux jaunâtre, 
luisant et presque doré en dessous, un peu ponctuées, lon- 
gues de trois pouces et plus, larges de douze à quinze lignes. 
Les fleurs sont solitaires, sessiles, axillaires; le calice est tur- 
biné, très-velu, à cinq petites dents courtes; la corolle velue, 
une fois plus longue que le calice, à cinqsegmens ovales, ob- 
tus. Le fruit est une baie entièrement recouverte par le ca- 
lice ouvert à sa partie supérieure. Les divisions de la corolle 



PLÀ 25i 

restent desséchées au sommet du fruit. Celle plante croît à 
l'IsJe- de -France. 

Plaqceminier ABOts verdatre; Diospjros clilororrlon , Roxb., 
Corom., tab. 4g. Ses rameaux sont rudes, très- irréguliers , de 
couleur sombre; les feuilles glabres , pétiolées, un peu rétrc- 
cies à leurs deux extrémités, longues d'environ deux pouces 
sur un de large; les pétioles très-courts. Les fleurs sont po- 
lygames, presque sessiles, axillaires , presque solitaires; le 
calice et la corolle, à quatre divisions courtes, aiguës. On 
compte seize étamines dans les fleurs mâles, terminées par 
une double anthère, huit dans les hermaphrodites; un style 
à quatre divisions, avec les stigmates bifides. Le fruit est une 
baie arrondie, à peine de la grosseur d'une cerise, soutenue 
par le calice en soucoupe, renfermant des semences ossfuses. 
Cet arbre croît au CoromandeL Le fruit se mange cru quand 
il e^t mûr; il est fort agréable au goût. Le bois est employé 
à plusieurs usages économiques. 

Plaqueminier a bois noir : Diospyros melanoxylon , Roxb., 
Corom., tab. 46; Poir. , Encycl. n.° i3. Arbre de vingt-quatre 
à trente pieds. Ses branches sont étalées, couvertes d'une 
écorce un peu spongieuse, couleur d'un gris noir; les ra- 
meaux pubescens dans leur jeunesse ; les feuilles ovales, ob- 
longues, glabres, entières; les supérieures opposées, longues 
d'environ quatre pouces, sur un et demi de large. Les fleurs 
sont blanches, polygames; le calice et la corolle ont quatre 
divisions ; il y a douze étamines dans les fleurs mâles : dans les 
hermaphrodites le calice est tomenteux , à cinq divisions ; le 
style à trois divisions avec les stigmates bifides. Le fruit est 
une baie globuleuse, de la grosseur d'une prune. Cet arbre 
croît au Coromandel, dans les bois montagneux. Son bois est 
très- estimé, surtout le centre, qui est très- noir, fort beau, 
et d'un beau travail. 

• Plaqdeminier des montagnes : Diospyros montana , Roxb., 
Corom., tab. 48; Poir., Encycl.. n.° 14. Arbre tortueux, 
dont l'écorce est lisse, roussâtre; les feuilles alternes, à peine 
pétiolées, glabres, ovales, acuminées , élargies et presque en 
cœur à leur base, longues de quatre pouces, sur un et plus 
de large; les fleurs sont polygames, dioïques, axillaires; les 
mâles réunies presque en petites ombelles sur des pédon- 



^5^ PLA 

cules cojiris; le calice et la corolle ont quatre divisions et 
seize étamines à anthères doubles; les hermaphrodites sont so- 
litaires , à quatre étamines simples ; le style a quatre divisions ; 
les sligmates sont bifides: la baie est ovale, obtuse , delà gros- 
seur d'une cerise. Cet arbre croît sur les côtes du Coromandel. 
Plaqi EMiMER A FEUILLES LANCÉOLÉES ; Diospjros lanccolala, 
Poir. , EncycL, n.° 17. Arbre observé par Commerson à l'île 
de Madagascar. Ses feuilles sont étroites, lancéolées, aiguës, 
lorgres de trois pouces, larges de six à huit lignes, très- 
glabres, li'isantes en dessus, d'un blanc gris et obscur en 
dessous, à rervurfs confluentes vers les bords; les pétioles 
soiît recourbés: les fleurs solitaires, axillaires ; les pédoncules 
courts et recourijés. Le calice est très- velu, urcéolé, à quatre 
lo h es peu marqués, à poils roussitres; le tube de la corolle 
resserré à son orifice, puis divisé en quatre lobes ; les étamines 
sont nombreuses et courtes; le style est court, terminé par 
un sh'j^mate en ttce. 

Pla(,'1 EMIMER A FELILLES DE LyCIUM ; DioSpjTOS l^cioides , 

Desf., Ann. du Mus., 6, pag. 448, tab. 62 , Cg. i. Arbrisseau 
d'environ trois pieds , dont la tige se divise en rameaux 
alfernes, peu ouverts. Les iéuilles sont éparses; rapprochées, 
glabres, entières, persistantes, un peu épaisses, lancéolées, 
obtuses, un peu mucronées, longues d'environ un pouce, 
larges de trois à quatre ligues. Les fleurs sont solitaires, axil- 
laires, soutenues par un pédoncule pubescent , incliné; le 
calice a cinq divisions étroites , pubescentcs , réfléchies en 
dehors; la coi'olle est glabre, d'un jaune pâle, à quatre ou 
cinq lobes obtus, réfléchis, et tube court; elle entoure six 
à dix étamines, à anthères petites, à deux loges; le style 
est divisé en trois ou quatre segmens; l'ovaire ovale, pubes- 
cent, à six ou huit loges monospermes. Cette plante est 
cultivée au Jardin du Roi. On la soupçonne originaire du 
cap de Bonne -Espérance. (Poir.) 

PLARON. ( Mamm. ) Nom donné par Daubenton à une 
espèce de Musaraigne. Voyez ce mot. (F. C.) 

PLASK. {Ornilh. ) C'est en Bohème le nom de la fauvette 
à tête noire, mo^acilla atricapilla , Linn. ( Cu. D.) 

PLASKONOS. {Ornith.) Nom polcnois de la spatule blanche 
huppée, ptafalea leucorodiaf Linn. (Ch. D.) 



PLA 255 

PLASMA. (Mm.) Le plasma des Italiens est un silex agatlie 
qui a les plus grands rapports avec le silex chrysoprase. Il 
varie de couleur depuis le vert-pré jusqu'au vert-olive, en 
passant par les teintes intermédiaires du vert d'émeraude, 
du vert d'asperge et du vert-poireau. Plusieurs de ces nuances 
sont quelquefois mélangées ensemble , dit Emmerling , et 
forment alors des taches, des zones et des points dans sa pâte. 
Sa cassure, comme celle de tous les silex agathe , est con- 
choïde et plus souvent unie ou à petites écailles; ses frag- 
mens sont aigus , tranchans et translucides sur leurs bords; 
quant à sa dureté et à sa pesanteur, ce sont encore celles des 
autres agathes. 

L'analyse du plasma du mont Olympe en Anatolie, faite 
par Klaproth, s'accorde aussi parfaitement avec celles des 
agathes; elle lui a donné 

Silice 96,75 

Alumine 0,23 

Fer o,5o 

Perte. . . 2,5o 

100,00 

Le plasma, qui sert de type ou de point de départ à cette 
variété, se trouve en petites pièces travaillées ou gravées 
dans les ruines de l'ancienne Piome, et les graveurs italiens 
qui lui ont donné ce nom de plasma, le gravent en relief 
et en entailles. On le monte quelquefois aussi en plaque ou 
en cabochon. 

On ignore absolument quel fut le gîte du plasma antique, 
que l'on trouve disséminé en petites pièces dans les ruines; 
mais on a trouvé la même substance en place dans différentes 
localités, et le gisement lui-même semble le rapprocher 
du quarz prase. 11 a aussi quelque ressemblance de gisement 
avec la chrysoprase, qui d'ailleurs diffère essentiellement du 
plasma par la présence de l'oxide de nickel, son principe 
colorant. En effet, Ton a observé du plasma en masses irrégu- 
lières engagées dans une roche serpentineuse et talqueuse à 
Bojanowitz en Moravie. On en cite aussi aux environs de 
Burza ou Pruse , ville située au pied du mont Olympe ea 
Aaatolie : peut-être celui-ci est-il véritablement le plasma 



^H PLA 

antique, ce qui n'est point encore prouvé; mais le peu d im- 
portance et le foible mérite de cette pierre, considérée comme 
objet d'art, ne rend pas cette incertitude bien fâcheuse. 

M. Lcman fait observer avec raison que le prétendu plas- 
ma de Monte Ruffoli en Italie semble s'écarter totalement 
du plasma de Moravie, par exemple, puisqu'il a observé 
dans un échantillon de celui de Monte Ruffoli, le no)au 
d'une coquille qu'il rapporte au genre C3'clostome, et qui iu- 
diqueroit assez que le silex vert seroit du nombre de ceux 
qui font partie des terrains lacustres. M. Léman fait encore 
remarquer que ce prétendu plasma reçoit un poli plus vif 
que celui qui appartient au terrain magnésien, qui, en effet, 
a toujours quelque chose de gras, ainsi qu'on le remarque 
sur les stéatites, les serpentines et la chrysoprase. Le plasma 
de Monte Kuffoli se rapporte directement au silex jadien de 
Dolonneu , qu'il ne faut pas confondre avec le jade fusible. 

Théophraste ne fait point mention du plasma; les anciens 
le confondoient probablement avec toutes les pierres vertes, 
qu'ils nonimoient smaragdus. On voit, au reste , que nous 
n'attachons pas une bien grande importance à cette variété, 
qui est due cependant au célèbre Werner; mais nous pensons 
qu'il existe des passages insensibles entre la prase, le plasma 
et le jaspe héliotrope, et qu'il seroit aisé de rassembler une 
série de ces variétés à travers laquelle il seroit peu facile de 
tracer les coupes qui les distingueroient les unes d'avec les 
autres. (Brard.) 

PLASO. [Bol.) Nom malabare d'un arbre de la famille des 
légumineuses , eiythrina monosperma de M. de Lamarck. , dont 
Roxburg et Willdenow ont fait leur genre Butca. Nous avons 
des échantillons de cet arbre, couvert de laque: c'est le pa/a^if 
des Brames. Adanson lui a conservé son nom primitif. (J. ) 

PLASTRON. {Ornith.) Des colibris et des merles sont dési- 
gnés par les dénominations de plastron blanc et de plastron 
noir. (Ch. D.) 

PLASTRON. {Erpét.) On donne ce nom au sternum des 
animaux de la famille des chéloniens, lequel est ordinaire- 
ment composé de neuf pièces, et forme, au-dessous du corps, 
un bouclier protecteur. Voyez CiiÉLOMïE, Chéi-oniens, Émvue, 
Rei'tij-es, Tortue. (H. C.) 



PLA 255 

PLATALEA. (Oniith.) Nom générique de la spatule, que 
Barrére et Klein appellent platea, et Brunnich , platelea. 
(Ch. D.) 

l'LATANARIA. (Bot.) La plante citée sous ce nom par 
Dodoëns, est, selon C. Bauhin , le ruban d'eau, sparga- 
nium. (J. ) 

PLATANE; Platanus, Linn. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones apétales, de la fanàlle des amentacées , Juss., et de 
la monoécie polj'andrie , Linn., dont les fleurs sont réunies 
sur le même individu en chatons globuleux et unisexueîs , 
et qui ont les caractères suivans : Dans les fleurs mâles, point 
de calice ni de corolle, de très-petites écailles tiennent lieu 
de l'un et de l'autre; plusieurs étamines à lilamens épaissis 
à leur sommet, portant adnées, autour de leur partie infé- 
rieure, des anthères à quatre faces. Dans les fleurs femelles, 
écailles nombreuses, petites, linéaires, tenant lieu de calice 
et de corolle; plusieurs ovaires subulés, surmontés d'un stylq 
persistant , à stigmate crochu ; chaque ovaire devient une 
graine rétrécie et velue à sa base, renflée et globuleuse dans 
sa partie moyenne, terminée parle stigmate recourbé ea 
forme d'hameçon. 

Les platanes sont de grands arbres à feuilles alternes, pal- 
mées ou lobées, et à fleurs réunies en têtes globuleuses, pen- 
dantes. On en connoît quatre espèces, dont les deux sui- 
vantes sont les plus remarquables. 

Platane oriental uu Platane d'Orient; Platanus orientalis , 
Linn., Sp., 417; Duham., Arb.;, nouv. éd., 2, p. 1 , t. 1. Cet 
arbre s'élève à une grande hauteur sur uu tronc droit, uni. 
revêtu d'une écorce d'un vert grisâtre, qui se détache an- 
nuellement par grandes plaques minces. Ses feuilles sont assez 
amples, glabres des deux côtés dans l'âge adulte, légèrement 
puhescentes en dessous dans leur jeunesse, découpées en lobes 
profonds, dentés, irréguliers, qui les rendent presque pal- 
mées, portées sur des pétioles presque cylindriques, renflés à 
leur base, plus courts que les feuilles elles-mêmes. Les fleurs, 
qui paroissent en Mai et Juin, sont petites, verdàtres, réu- 
nies en chatons globuleux très-serrés, portés, trois à six en- 
semble, sur de longs pédoncules communs, pendans. Ce pla- 
tane croit naturellement dans plusieurs contrées du Levant. 



256 PLA 

et de l'Asie; d'abord transporté en Sicile, puis en Italie, li 
fut ensuite transplanté dans plusieurs parties du Midi de 
l'Europe, où il est parfiiitcinent acclimaté, et si bien qu'au- 
jourd'hui il peut mênje venir dans plusieurs pays plus au 
Nord que Paris. 

Platane occidental ou Platane D'AiiKRiyuE; Platanus occi- 
dentalis, Linn., 5p., 1418. Cette espèce a beaucoup de res- 
semblance avec la précédente; mais on l'en distingue à ses 
feuilles plus amples, moins découpées, seulement partagées 
en trois grands lobes peu profonds, anguleux, bordés de dents 
trés-aigus. Elle croit naturellement dans les lieux humides 
et dans le voisinage des grandes rivières dans la Pensylvanie , 
la Virginie et la Caroline: on la cuîlive en Europe depuis 
Tannée 1640. 

Le platane d'Orient est un arbre pour lequel les anciens 
ont montré une prédilection particulière ; ils Pestimoient 
surtout à cause de l'ombre épaisse que donne son large feuil- 
lage, et nulle autre ne leur paroissoit aussi agréable. Ils 
aimoient, sous son ombrage, soit à se livrer à un doux re- 
pos, soit à faire des festins joyeux. 

Cur non suù alid , vel platano , vel hcec 

Pina jacenlcs 

Polamus uncli? 

Horace, Ode VIII, liv. 2. 
î-es historiens nous ont conservé la mémoire de plusieurs 
platanes célèbres par leur antiquité , leur beauté ou leur 
masse imposante, qui attirèrent Pattenlion des rois et des 
princes. 

Xerxès, selon Hérodote et ^lien , ayant rencontré en Ly- 
die un platane remarquable par son élévation, s'arrêta un 
jour entier rien que pour avoir le plaisir de le voir et de se 
reposer sous son ombrage; il fit en même temps établir son 
camp autour, et suspendre à ses rameaux des colliers et des 
bracelets précieux; enfin, lorsqu'il le quitta , il laissa un offi- 
cier pour garder et défendre son arbre chéri. 

Nous trouvons dans Pline, qu'il y avoit, de son temps, en 
Lycie, un platane fameux, dont le tronc étoit creux et for- 
moit un domicile ou une sorte de grotte de quatre-vingt-un 
pieds de tour. Sa cime ressembloit à une petite forêt; ses 



PLA 25- 

énormes branches paroissoient comme autant d'arbres, et 
couvroient de leur ombre une grande étendue de terrain. 
Afin qu'il ne manquât rien à cette cavité pour avoir l'as- 
pect d'une grotte, elle étoit revêtue, intérieurement et cir- 
culairement, de pierre ponce recouverte de mousse. La chose 
parut si merveilleuse à Lioinius Mucianus. gouverneur de la 
province, qu"il mangea dans cette grotte avec dix-huit per- 
sonnes, et qu'il dit ensuite y avoir goûté plus de plaisir que 
s'il eût été dans une salle ornée de marbre, de peintures 
précieuses et de lambris dorés. 

Un autre exemple remarquable de la grosseur de ces 
arbres, est le platane cité par le même auteur, et que l'em- 
pereur Caligula trouva aux environs de Vélitres; ses branches 
étoient disposées de manière à former une salle de verdure, 
dans laquelle ce prince dîna avec quinze convives, et quoi- 
qu'il occupât lui seul une partie de l'arbre, les autres con- 
vives y étoit-nt cependant à l'aise et à l'ombre, et les domes- 
tiques pouvoient encore faire librement le service. 

Après ces platanes, dont l'existence paroît assez prouvée, 
nous en citerons encore quelques autres qui, peut-être, ne 
sont que fabuleux. Ainsi il y a dans Tile de Crète, dit encore 
le naturaliste romain , un platane fameux qui a été célébré 
par les Grecs et les Latins : il ne perd jamais ses feuilles, et 
les Grecs racontent, dans leurs fables, que ce fut sous son om- 
brage que Jupiter eut commerce avec Europe. 

A Caphyes, dans l'Arcadie, on montroit , auprès d'une 
fontaine, huit cents ans après la guerre de Troie, un vieux 
platane qui portoit le nom de Ménélas, et l'on disoit que ce 
prince l'avoit planté lui-même , avant que de se rendre au 
siège de Troie. D'autres ont aussi attribué k Agamemnon la 
plantation d'un platane qui se voyoit à Delphes, plusieurs 
siècles après ce prince. 

Pline s'étonne qu'on ait fait venir un arbre d'un pays 
étranger, seulement pour se procurer de l'ombre. Cet arbre, 
c'est le platane, qui fut d'abord apporté à travers la mer 
Ionienne, en l'ile de Diomède (aujourd'hui Pélagosa), pour 
orner le tombeau de ce prince, et de là passa en bicile, d'où 
bientôt après il vint en Italie. Denys l'ancien, tyran de Sicile, 
fit le premier transporter des platanes dans la ville de Rhege. 
4u ' , ]- 



258 PLA 

et les fit planter dans le jardin de son palais comme une chose 
admirable. 

Ce fut vers le temps de la prise de Rome par les Gaulois, 
qu'on apporta pour la première fois des platanes en Italie , 
et ils y ont acquis depuis une si grande estime ; que les Ro- 
mains en vinrent jusqu'à les arroser avec du vin, croyant par 
là mieux nr.urrir leurs racines et les faire croître plus promp- 
tenient. Les platanes, sous les premiers empereurs, étoicnt 
déjà répandus dans plusieurs parties de ritalie , on en trouvoit 
jusque dans le pays des Morins (aujourd'hui le Bolonois), 
mais ilsy étoieut sujets à un impôt , de sorte que, dit Pline , ces 
peuples nous paient jusqu'à l'ombre dont nous les laissons 
jouir. 

Les Lacédémoniens avoient donné le nom de plataniste à 
un lieu situé sur les bords de l'Eiirotas, et ombragé de beaux 
platanes, où la jeunesse alloit se livrer à divers exercices. 

Les anciens ayant autant d'estime pour le platane, on doit 
bien croire qu'ils ne furent pas sans lui attribuer différentes 
vertus en médecine; effectivement on trouA'e dans Pline, 
qu'on employoit les bourgeons, les feuilles et l'écorce de cet 
arbre pour remédier au venin des serpens et des scorpions, 
pour arrêter les héinorrhagies , pour appliquer sur les abcès , 
pour guérir les brûlures, les engelures, etc. La médecine 
nitirierne ne fait plus usage, sous aucun rapport, des diverses 
parties du platane. 

On a lieu d'être surpris que cet arbre tant vanté par les 
anciens ait été pendant si long-temps oublié par les modernes ; 
car ce ne fut qu'en i548 et même en i56i , selon d'autres, 
qu'il fut transporté en Angleterre. On attribue son introduc- 
tion dans ce pays à Nicolas Bacon, père du fameux chance- 
lier de ce nom, qui, le premier, fît planter cet arbre dans 
ses jardins a Vérulam. Un peu plus tard, vers 1676, Clusius 
le reçut de Constantinople pour le jardin de Vienne, en 
même temps que le marronnier d"Inde. La France fut encore 
plus long-temps sans posséder ce bel arbre, puisque le pre- 
mier plataue qu'on ait vu à Paris, est celui que Buffon fit 
planter au Jardin du Roi, et que ce n'est que quelques an- 
nées après, en i7.'»4, que Louis XV en fit venir d'Angleterre 
quelques pieds pour les planter aux environs de Trianon. 



PLA 259 

Dei)uis ce temps, le platane s'est répandu dans les différentes 
parties du royaume, et il est maintenant assez commun dans 
les grands jardins, les parcs et même dans les campagnes. 
On en fait de belles avenues ; il est propre à orner et à 
ombrager les promenadespubliques, où on ne le voit pas assez: 
isolé dans les jardins paysagers, il fait un bel effet, lorsqu'il 
a acquis une certaine élévation. 

Le platane est très-commun dans toute la Perse, et les habi- 
tans de ce pays lui attribuent, suivant Chardin, une grande 
vertu contre la peste et contre toute autre infection de l'air; 
ils assurent qu'il n'y a plus eu de maladies contagieuses à Ispa- 
h,an, depuis qu'on a planté cet arbre dans les jardins et les 
rues de cette capitale. 

Le platane d'Orient se multiplie de graines, de marcottes et 
de boutures. Les graines doivent être semées au plus tard au 
commencement du printemps, et mieux aussitôt après leur 
parfaite maturité, dans une bonne terre bien meuble et 
amandée avec du terreau de vieille couche très -consommé; 
et comme le jeune semis est sensible au froid, et qu'il pour- 
roit périr par suite des gelées, il faut avoir soin de le cou- 
vrir avec de la paille ou de la litière, lorsque les premiers 
froids commencent à se faire sentir. En semant dans des 
terrines qu'on rentre dans l'orangerie au commencement de 
l'hiver, on est encore plus certain de la conservation du 
jeune plant, qui a alors, à l'automne de la première année, 
douze à quinze pouces de hauteur, et qui, à la lin de ce 
premier hiver, est bon à mettre en pépinière et en pleine 
terre, à vingt ou vingt-quatre pouces de distance. Si ce plant 
est bien soigné et dans un bon terrain, quatre ou cinq ans 
après, les jeunes platanes seront bons à être plantés à de- 
meure. Ceux qu'on place en avenues doivent être espacés à 
trente pieds les uns des autres. 

Dans les pépinières on multiplie peu le platane de graines, 
parce que celles-ci lèvent en général difficilement, et l'on 
préfère le faire venir en couchant ses branches, ce moyen 
étant beaucoup plus prompt. En effet, une marcotte àèr la 
première année s" élève souvent à quatre ou cinq pieds de 
hauteur, et elle est ordinairement suffisamment enracinée 
pour être transplantée en pépinière, ou en la laissant se for- 



26o PLA 

tifier à la même place pendant une seconde année, elle peut 

dès la fin de cette dernière, être transplantée à demeure. 

Les boutures prennent aussi assez facilement, mais elles ne 
croissent pas avec autant de rapidité, et les sujets qui en 
proviennent sont moins robustes. 

Selon M. de Tschudy, cet arbre n'est pas susceptible de 
recevoir la greffe, même de sa propre espèce. 

Le platane d"()rient aime les terrains gras , un peu hu- 
mides et qui ont beaucoup de fond. 11 se plaît dans le voi- 
sinage des eaux, sur les bords des rivières et des canaux; 
c'est là surtout que sa v-gétation est magnifique et rapide, 
lorsque le sol est de bonne nature. On peut le tailler en éven- 
tail quand il est planlé en avenues; on peut même l'émonder, 
comme on fait de l'orme, des peupliers, etc., pour employer 
ses branches en fagots. 

Le bois du platane d'Orient n"a que très-peu d'aubier, et 
il ressemble assez à celui du hêtre; il est moins dur, mais il 
a le grain plus fin , plus serré, et plus susceptible de recevoir 
un beau poli. Il a le défaut de prendre beaucoup de retraite 
en séchant , et d'être très-sujet à se fendre ; il n'est pas 
d'ailieurs de longue durée à l'air, et il est très-souvent 
attaqué par les vers; mais quand il a séjourné quelques an- 
nées sous l'eau , il acquiert une grande dureté. Dans l'Orient 
on emploie ce bois pour la charpente des maisons, ainsi que 
pour la menuiserie. Les Grecs du mont Athos font, selon 
Bellon, avec de gros troncs de ce platane, des bateaux d'une 
seule pièce. 

Le platane d'Occident ou d'Amérique ne le cède point 
pour la grosseur, l'élévation et la beauté, à celui d'Orient; 
comme ce dernier, il acquiert, avec les années, une taille 
colossale : M. Michaux a vu souvent des arbres de cette es- 
pèce, dans la Pensylvanie, la Virginie et sur les rives de 
l'Ohio, avoir une tige entièrement dégarnie de branches 
jusqu'à soixante et soixante-dix pieds de hauteur, et ne com- 
mencer à se ramifier qu'après cette grande élévation. Le 
même auteur parle de deux de ces arbres dont le tronc avoif, 
à hauteur d'homme, l'un quarante pieds, l'autre quarante- 
sept pieds de circonférence. 

Le bois du platane d'Amérique devient; en se desséchant. 



PLA 261 

d'un rouge terne; il a le grain fin, serré, facile à travailler 
et susceptible de prendre un beau poli. Il offre, si on le 
coupe en différens sens, des nuances et des veines qu'on re- 
cherche dans la marqueterie. On l'emploie quelquefois en 
Amérique pour quelques ouvrages de menuiserie et pour la 
charpente intérieure des maisons. On en fait aussi des piro- 
gues d'une seule pièce. M. Michaux parle d'une de ces piro- 
gues qui, faite d'un seul tronc, avoit soixante- cinq pieds de 
longueur. Ce boisa d'ailleurs, comme celui de la pre'mière 
espèce, le défaut de se tourmenter beaucoup en séchant, 
et d'être facilement attaqué par les vers. 11 brûle bien et 
procure une flamme vive, mais moins ardente que celle du 
chêne. (L. D.) 

PLATANE. (Ichtliyol.) Selon M. Bosc , on donne ce nom 
à un poisson qui a quelque ressemblance avec la hrème, mais 
dont l'espèce est mal déterminée. (H. C.) 

PLATANO DE MONTE , Platane de montagne. {Bol.) Nom 
espagnol donné au porcelia , genre de la Flore du Pérou, 
réuni maintenant à ïasimina, dans la famille des anonacées. 
On tire de ses feuilles une teinture jaune et on mange ses 
fruits, dont le goût est agréable. (J. ) 

PLATANOCEPHALUS. {Bot.) Le genre, que Vaillant nom- 
moit ainsi, est le cephalanthus de Linnaeus , placé dans les 
rubiacées. (J. ) 

PLATANOIDES. {Bot.) Petiver nommoit ainsi le copalme 
de la Louisiane, liquidambar styracijluum. Linnseus en a fait 
aussi le nom spécifique d'une espèce d'érable. (J.) 

PLATANTHERA. {Bot.) M. Richard a établi sous ce nom 
un nouveau genre de plantes pour y placer l'orchis à deux 
feuilles. Voyez Orchis, tome XXXVI, page 507 de ce Dic- 
tionnaire. (PoiR.) 

PLATANUS. {Bot.) Ce nom latin, qui maintenant appar- 
tient au platane exclusivement, avoit aussi été donné par 
Tragus à un érable, nommé par cette raison faux-platane, 
acer pseudo-platanus. Le platanus aquatica de Lobel est l'obier, 
viburnum opulus. On peut être aussi étonné de trouver le ba- 
nanier, musa paradisiaca J cité par Oviedo sous le nom de 
platanus. ( J. ) 

PLATAX, Platax. {IchthjoL) En retirant quelques espèces 



•^62 PLA 

du grand genre Chœtoàon de Linnœus, M. G. Cuvier a créé, 
sous cette dénomination, un genre de poissons, qui appar- 
tient à la famille des leptosomcs, et que l'on reconnoit aux 
caractères suivans: 

Branchies complètes; cafopes situés sous les nageoires pecto- 
rales; corps très-mince et plus haut que long; yeux latéraux; 
dents distinctes, semblables à des crins pour leur finesse et leur 
longueur; base de la nageoire anale couverte d'écaillés, comme 
celle de la dorsale, qui est d'ailleurs unique et sans aiguillons; 
opercules sans piquans et lisses; museau court. 

Les poissons du genre Platax présentent du reste tous les 
caractères des Chétodons proprement dits, caractères que 
nous avons exposés en faisant l'histoire de ceux-ci; mais ils 
s'en distinguent par l'excessive hauteur de leur corps; ils se 
séparent en outre, des Holacanthes, dcs Premnades , des 
Enoploses, des Pomacanthes, des Anabas , des Amphiprions , 
des PoMACENTRES ct dcs PoMADASis , qui ont les opercules armées 
de piquans ou de dentelures; des Chelmons dont le museau 
est prolongé; des Chétodiptères , des Gals et des Ciliaires, 
qui ont deux nageoires dorsales; des Chrysostoses et des Ca- 
pRos, qui manquent de dents ; des Aspisures, des Prionures, 
des Acanthures, des Glyphisodons, des Archers, des Acan- 
thopodes, des Naspns, des Sidjans, desZÉEs, des Poulains, 
des Argyréioses, des Sélènes et des Vomers, qui ont les 
dents larges. (Voyez ces divers noms de genres et Leptosomes). 

Parmi les espèces de ce genre, qui ne sont point très-nom- 
breuses, nous citerons 

Le Teira : Platax teira; Chœtodon teira , Forsk. , Lînn. ; Chœ- 
todon pinnatus, Bloch , 199, 1. Nageoire caudale arrondie; 
premiers rayons articulés des nageoires dorsale et anale et des 
catopes extrêmement longs; deux orifices à chaque narine; 
écaiUes très- petites et dentelées; catopes noirs; trois bandes 
transversales noires sur le corps; couleur générale blanchâtre. 

Ce poisson, qui selon Forskal, parvient à la grandeur de 
quatre pieds à peu près, vit dans les mers des Grandes Indes 
et de l'Arabie. Il se nourrit de polypes, de vers marins et 
de petits testacés. On le pêche au filet et avec des hameçons; 
sa chair est un bon aliment. 

Les colons hollandois le nomment lollen -viseh , et les. 



PLA 2G3 

Arabes rappellent fcira , quand il ^st jeune, et daakar, quand 
il est vieux. C'est donc à tort que quelques ichthyologistes 
ont fait deux espèces du teira et du daakar. 

Le Platax vesfertiuon : Platax vcsperLiUo ; Chœtodon vaper- 
tilio, Gmel., Eloch, 199,2. Nageoire caudale arrondie, avec 
une bande noire et transversale à sa base; nageoires dorsale 
et anale triangulaires et formées de rayons Irès-longs; catopes 
très-alongés ; tête et opercules alépidotes ; un seul orifice à 
chaque narine; écailles très-petites; teinte générale verdàtre. 

Des mers du Japon. M. Cuvier soupçonne qu'il pourroit 
bien n'être que la femelle du précédent. 

Le PtATAx GALLiNE : Plutax gallina, Chœtodon gallina, Lacép. 
Deux orifices à chaque narine; nageoires verticales moins 
élevées que dans les espèces précédentes; corps plus orbicu- 
laire; nuque très-élevée; opercules lisses; couleur générale 
comme enfumée; deux bandes transversales noirâtres, dis- 
posées de manière à passer l'une sur Tœil , et l'autre sur la 
base de la nageoire pectorale; intérieur de la bouche très- 
noir. 

Ce poisson qui parvient à la taille de dix-huit pouces, a 
la chair bonne à manger. Il a été observé parCommerson à 
i'ile Maurice. M. Cuvier pense qu'il doit être confondu avec 
le Chœtodon pen! acanthe , décrit par feu de Lacépède d'après 
les manuscrits de Commerson , et qui habite le grand Océan. 

Le Platax orbiculaire : Platax orhicularis ; Chœtodon orbi- 
cularis, Forsk.; Acanthinion orhicularis, Lacép. Trois aiguil- 
lons cachés sous la peau au-devant de la nageoire dorsale, 
derrière l'occiput; teinte générale brune, avec des points 
noirs; des nuances jaunâtres et vertes sur la queue, les na- 
geoires pectorales et les catopes. 

Ce poisson vit dans les rochers qui garnissent certains ri- 
vages de l'Arabie. (H. C.) 

PLATEAU. {Bot.) Disque tuberculeux, mince et arrondi 
qui, dans la bulbe, produit inférieuremcnt les racines, et 
dont la surface supérieure porte un gros turion , qui renferme 
les feuilles et les fleurs. (Mass.) 

PLATEAU. {Bot.) Dans quelques cantons on donne jce 
nom au nénuphar. ( L. D.) 

PLATEAU DE LOBEL. {Bot.) Paulet désigne sous ce nom 



264 PLA 

une grande espèce de champignons du genre Agaricus^ men- 
tionnée pour la première fois par Lobel , Icon. , sous le nom 
amplus nemorum fungus. Cest un grand champignon tout blanc 
ou couvert d'écaillés brunes. Son chapeau est plat, quelque- 
fois de la grandeur d'une assiette et garni en dessous de feuil- 
lets blancs ou bruns. Le stipe est nu et long; sa base est noire 
et composée de deux ou trois tubercules : il n'a point de 
collet. 

Il paroît que ce champignon est le même que le fungus sjyl- 
vestris de Steerbeck, Theat. futig., pi. 2, n." 2, lig. A, qui 
croît en Belgique, que les habitans de la campagne appor- 
toient, du temps de Steerbeck, au marché à Anvers, et 
dont on y fait généralement usage. Selon cet auteur les feuil- 
lets , d'abord gris, deviennent ensuite jaunes ou d'un vert de 
perroquet. Les limaces sont friandes de ce champignon, qui 
est presque toujours attaqué par elles. ( Lem. ) 

PLATEAU DE SAINTE- LUCIE {Bot.), ou Petit violet 
ÉvÊQUE de Paulet, Tr. champ., pi. 7. C'est un agaric qui doit 
son nom à l'odeur qu'il exhale, analogue à celle du bois de 
Sainte- Lucie; ses feuillets, naturellement roux, changent de 
couleur quand on les froisse; le chapeau passe du noir terne 
au violet terne. (Lem.) 

PLATEAUX. {Bot.) Paulet donne ce nom à des espèces 
de champignons du genre Agaricus , dont il fait deux groupes 
ou familles; savoir: 

] ." Les Plateaux queue torse , qu'il caractérise par leur 
disposition à se relever en forme de plateau dans leur dé- 
veloppement, par la variété de leur couleur et parla dispo- 
sition de leurs tiges (stipes) un peu courbes et comme torses. 
11 y en a quatre espèces, qui ne sont point malfaisantes; ce 
sont le Violet évêque, le Petit violet évêque (ou Plateau de 
Sainte-Lucie) , le Soyeux noisette, la Turquoise (Petit bleu et 
Plateau bleu). Voyez ces mots. 

2.° Les Plateaux tige unie. Ils sont plus réguliers que les 
précédens; leurs stipes sont plus droits et unis : ils ont en 
général plus de corps et des couleurs moins vives; ils ne sont 
point malfaisans, et quelques-uns même sont d'usage. Il y en 
a trois espèces. 

Le Plateau farinier, Paul., Tr. ch. , 2, pag. 180, pi. 70, 



PLA 2G5 

fîcr. 1,2. Il est petit et d'un gris blanc, mais ses feuillets sont 
couleur de chair ou d'abricot. Il est couvert comme d'une 
espèce de fleur de farine, qui lui donne sa teinte blanche 
et l'odeur de froment frais moulu; toute la plante en a aussi 
la saveur. Le chapeau est marqué en dessus par une ligne 
saillante circulaire. On le trouve en automne aux environs 
de Paris. Les champignons que Micliéli nomme grumato gri- 
gio et prugnolo bastardo , en sont des variétés recherchées en 
Italie pour l'usage de la table. 

Le Plateau violet, Paul., loc. cit., pi. 78, fig. 3, est de 
grandeur moyenne, bien en chair, d'un violet clair générale- 
ment répandu , plus pâle en dessous et Sur le stipc. Les feuil- 
lets se prolongent sur le stipe, dont Pintérieur est de couleur 
violette. Quoique cette espèce ait une odeur de moisi désa- 
gréable, sa saveur n'est pas de même, car elle plait au goût. 
Ce champignon se trouve en automne et principalement dans 
le bois de Vincennes. 

Le Plateau gris ou porcien, Paul., loc. cit., pi. 79, fig. i-5, 
est de couleur bise ou grise , lavée de roux et plus foible sur 
les feuillets. Son chapeaji a une peau douce, qu'on enlève 
aisément et qui laisse voir une chair blanche , d'une odeur 
agréable , mais dont la saveur, au contraire, ne flatte pas le 
goût. Ce champignon est bientôt dévoré par les vers et ne 
paroit point malfaisant. Le higiolone de Michéli paroit être 
le même que le plateau gris de Paulet. On en fait usage pour 
la table en Italie. (Lem.) 

PLATESSA.(Ic/i//ijoL) Nom latin de la Plie. Voyez ce mot. 
(H. C.) 

PLATEUSE. {Ichthjol.) Voyez Platuse. (H. C.) 

PLATICARPUM. (Bol.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopéfalécs, irrégulières, de la famille 
des bignoniées , de la pentandrie monogynie de Linnaeus, dont 
le caractère essentiel consiste dans un carce persistant, à cinq 
divisions; une corolle monopétale; le tube court; le limbe à 
cinq lobes presque égaux ; cinq étamines ; un ovaire supérieur, 
entouré de dix glandes velues ; un style; un stigmate à deux 
lames; une capsule comprimée, à deux loges, deux semences 
dans chaque loge. 

PlaticarpujM de l'Orénoque : Platycarpum orenocense , Humb. 



266 PLA 

et Bonpl. , PI. œquîn., 2, pag. 81, tab. 104; Poir. , IlLgen., 
Supp]., tab 924. Arbre d'un port élégant, très-touffu, qui 
s'élève à la hauteur de vingt-cinq à quarante pieds; il a le 
bois blanc, très-léger; l'écorce très-lisse, peu épaisse; les 
rameaux opposés, pileux et roussâtres vers leur sommet; les 
feuilles médiocrement péliolées, opposées, ovales-lancéolées, 
entières, arrondies à leur sommet, rétrécies à leur base, 
tomenteuses et blanchâtres; la principale nervure elles rami- 
fications couvertes de poils roussâtres ; une panicule termi- 
nale, plus courte que les feuilles, à ramifications opposées 
en croix; le calice à cinq divisions profondes, lancéolées, 
soyeuses et argentées' en dedans, tomenteuses et roussâtres en 
dehors; la corolle d'un rose pâle, pileuse en dehors; le tube 
court, pubescent en dedans; le limbe très-ouvert, à cinq lobes 
ovales, obtus , ondulés sur les bords; les étamines plus courtes 
que la corolle, attachées à son tube; les anthères à deux 
loges; l'ovaire entouré de dix glandes velues; le style droit; 
le stigmate partagé en deux petites lames lancéolées. Le fruit 
est une capsule coriace, comprimée, échancrée à sa base 
et au sommet, à deux loges, à deux valves, marquées de 
chaque côté d'un sillon peu profond , divisant chaque valve 
en deux parties égales ; une cloison adhérente , pourvue 
d'un prolongement charnu sur lequel sont attachées les se- 
mences , deux dans chaque loge, lenticulaires et bordées 
d'une membrane. Celte plante croît sur les bords de l'Oré- 
noque, proche le bourg Atures, elle fleurit dans le mois de 
Mai. (PoiR.) 

PLATINE. [Min.) Le platine est un métal d'un blanc 
grisâtre, approchant de la couleur de l'acier poli; il est plus 
dur, et surtout beaucoup plus lourd que l'argent; c'est même 
îe plus pesiint des métaux : sa pesanteur spécifique est de 20,98. 
Il est tellement difficile à fondre, qu'on peut dire qu'il est 
infusible au feu de nos fourneaux les plus actifs. 

Il ne s'oxide pas à l'air, et perd très-peu de son poli , lors 
même qu'on le fait rougir à blanc. 

Il n'est dissoluble que dans Pacide régalien. L'ammoniaque 
le précipite sous forme d'une poudre qui est d'un jaune de 
paille, lorsque le précipité ne renferme que de Poxide de 
platine. L'action du feu suffit pour décomposer ce muriate 



PLA 267 

d'ammoniaque et de platine, et pour ramener le platine à 
l'état métallique. 

Ces caractères nous paroissent suftisans pour faire recon- 
noifre ce métal. 

Platine natif. Le platine natif n'est jamais pur; il présente 
donc quelques propriétés différentes de celles qui servent à 
caractériser le platine amené à l'état de pureté par les opé- 
rations métallurgiques. 

Il ne s'est montré jusqu'à présent que sous forme de grains 
ordinairement aplatis, analogues aux pépites d'or par cette 
forme. 

Ces grains ne sont pas cependant toujours aplatis; quel- 
ques-uns, mais fort rarement, ont présenté des indices 
de cristallisation, qui se rapporte, comme celle de tous les 
métaux , à l'octaèdre. D'autres ont une forme irrégulière , 
comme mamelon ée , rugueuse; une surface raboteuse, et 
une texture presque caverneuse. 

Leur volume le plus général est inférieur à celui de la 
graine de lin ; quelques variétés, et ce sont les grains de 
forme irrégulière, ont la grosseur de la graine de chanvre, 
et d'autres, mais cette circonstance est déjà rare, ont la gros- 
seur d'un pois. Au-delà de ce volume on ne cite plus que 
des exceptions , telle est le grain ou pépite de platine de la col- 
lection de M. Gillet de Laumont, qui pèse 21 décigrammes; 
celle du cabinet du feu Roi, formé par M. le comte de 
Bournon, qui dépasse le volume d'un grain de ricin; celle 
qui a été rapportée du Choco et donnée au cabinet de Berlin 
par M. de Humboldt : elle pèse environ 55 grammes. Enfin , 
la grosse masse du Musée royal de Madrid , qui a été trou- 
vée, eu 1814, dans la mine d'or de Condoto, province de 
Novita au Choco, et dont le volume est supérieur à celui d'un 
œuf de dinde (environ deux pouces de diamètre, dans un 
sens, sur quatre pouces dans l'autre). Il pèse 7 hectogrammes 
G décagrammes. 

La couleur des grains de platine natif est généralement le 
blanc grisâtre de l'acier terni. Les cavités des grains rugueux 
font souvent remplies de matières terreuses et ferrugineuses, 
et quelquefois des petits grains de fer oxidulé adhérent à la 
surface des grains de platine. 



-^S8 PLA 

Leur pesanfeur spécifique est aussi de beaucoup inférieure 
à celle du platine purifié et forgé : elle est d'environ i5 dans 
les petits grains et elle s'est trouvée de 18,94 dans la pépite 
de M. de Hnmboldt. 

Cette circonstance n'éfant pas produite par les cavités 
qu'on reconnoit quelquefois dans quelques grains, indique 
la combinaison du platine avec d'autres corps; et, en effet, 
la chimie en a découvert un grand nombre dans les grains 
de platine dégagés de tout mélange visible, et d'autant plus 
à ce qu'il paroît que les grains sont plus petits. Ainsi , on y 
a déterminé, parmi les corps déjà connus à l'époque de ces 
analyses, du fer, du cuivre, du plomb et du chrome: les trois 
derniers en très-petite proportion; et on y a découvert le 
palladium, l'osmium, l'iridium et le rhodium, métaux qu'on 
a reconnus pour la première fois dans ce minerai de platine. 

Gisement. Le platine ne s'est encore rencontré dans la na- 
ture d'une manière certaine que , comme l'or granulaire, dans 
les terrains meubles, de la même manière, avec les mêmes 
circonstances et toujours avec de l'or, en sorte que, ce que 
nous avons rapporté à l'article de l'or sur le second gise- 
ment de ce métal , convient également au platine. 

Cette généralité, qu'on n'avoit pu établir que sur les trois 
seuls lieux où on ait vu le platine dans le nouveau monde, 
a été confirmée par la découverte récente de ce métal dans 
le continent européen. On peut donc dire que le platine ne 
se trouve qu'en grains dans les terrains meubles de transport 
anciens ou antidiluviens, composés de débris de basanite , 
de diabase ou de dolérite, de trapp et d'autres roches des 
terrains trappéent pyrogènes. Il y est associé avec de l'or en 
paillettes, du fer oxidulé, des grains métalliques en partie 
cristallisés en petits prismes hexaèdres et que l'on regarde 
comme un alliage d'iridium et d'osmium , du cuivre pyri- 
ieux, quelquefois du mercure, du titane , du quarz, des spi- 
nelles rubis , des zircons et même des corindons : il rie paroit 
pas qu'on l'ait encore trouvé dans le sable qui renferme des 
diamans, quoique ces sables appartiennent au même gise- 
ment et qu'ils renferment à peu près les mêmes minéraux 
que les sables aurifères et platinifères. 

Ces circonstances sont si générales et si constantes qu'à 



PLA 269 

peine trouve-t-on quelques modifications caractéristiques dans 
Jes quatre localités différentes que nous allons décrire comme 
les seules où on ait encore reconnu le platine d'une manière 
authentique. 

Lieux. Premièrement dans le nouveau continent , et seule- 
ment dans l'Amérique méridionale, mais dans «trois con- 
trées principales de cette partie de la terre. 

Au Choco, dans les environs de Barbacoas, et en «général 
sur la côte de la mer du Sud , ou sur les pentes occiden- 
tales de la Cordillère des Andes, entre le deuxième et le 
sixième degré de latitude boréale. 

Les laveries d'or qui ont fourni le plus de platine, sont 
celles de Condoto, dans la province de Novita, d'où on a 
tiré le morceau volumineux cité plus haut ; celles de Santa- 
Rita ou Viroviro , deSanta-Lucia, du ravin d'Iro, et d'Apoto, 
entre Novita et Taddo." 

Le platine s'y présente en paillettes ou grains compactes, 
dont quelques-uns sont assez gros, disséminés dans un terrain 
meuble ou de transport ancien, recouvert de morceaux rou- 
lés de basalte et de fragmens de diabase , ou plus vraisembla- 
blement de dolérites et quelquefois même accompagné de bois 
pétrifié , près du village de LIoro. C'est à environ six mètres 
de profondeur que se rencontre le dépôt aurifère et plati- 
■nifère. On sépare l'or du platine par le triage et même par 
l'amalgamation, et autrefois, comme on craignoit qu'on em- 
ployât le platine pour altérer l'or, on le jctoit dans les fleuves. 
Il s'en est perdu ainsi une prodigieuse quantité; mais, de- 
puis qu'on a découvert des moyens sûrs de reconnoitre cet 
alliage, le platine a été mis dans le commerce. L'or et le 
platine y sont associés avec les différens minéraux pierreux 
et métalliques que nous avons énumérés. La plupart des sa- 
bles platinifères qu'on apporte en Europe , ont déjà subi un 
lavage qui en a enlevé toutes les matières légères. 

C'est le jilatine de cette partie de l'Amérique méridionale 
qui est le plus ordinairement employé diins les arts, parce 
qu'il est le plus abondant et qu'on se le procure le plus aisé- 
ment. 

1 HoNBOLET, Mexique, lit. 4, chap. 11 , pag. 5o5. 



27° PLA 

Au Brésil, et toujours dans les terrains meuhies, auri- 
fères, notamment dans ceux de Matto- Grosso. 

Le minerai de cette contrée est un peu différent de celui 
du Choco. Il est en grains qui semblent être des fragmens 
d'une substance spongieuse ; ceux qui sont entiers , sont 
presque gfJobuleux , présentent une surface formée de petites 
protubérances sphéroïdales fortement cohérentes, et dont les 
interstices sont nets et même assez brillans. 

Ce platine renferme beaucoup de petites particules d'or, 
mais on n'y voit ni le fer arénacé magnétique, ni les petits 
zircons qui accompagnent souvent celui du Pérou. Il est 
mêlé de petits grains de palladium natif, qui se font recon- 
noître par leur structure fibreuse et rayonnée, et surtout par 
leurs caractères chimiques. (Wollaston.) 

A Haïti ou Saint-Domingue, dans le sable de la rivière 
Jacky, auprès des montagnes du Sibao : il est, comme celui 
du Choco, en petits grains brillans et comme polis par le 
frottement. Le sable qui le renferme est quarzeux et ferru- 
gineux : ce platine contient, comme celui 'du Choco, du 
chrome, du cuivre, de l'osmium, de l'iridium, du rhodium, 
du palladium et peut-être du titane. M. Vauquelin, qui J'a 
analysé, n'y a ni vu ni trouvé d'or, quoiqu'on dise que le 
terrain d'où il vient renferme aussi des paillettes d'or, 
lia été rapporté, en 1809, par M. Dubizi. 
Secondement en Europe, où il vient d'être tout nouvel' 
lement découvert (en 1824). 

C'est dans les monts Ourals, dans les sables aurifères de 
Kuschwa, à 260 werstes d'Ekaterinebourg, et par consé- 
quent dans une situation géologique qui paroît être ana- 
logue à celle dans laquelle il se trouve en Amérique : en 
effet, ces sables aurifères sont presque superficiels; ils recou- 
vrent un terrain argileux ; ils renferment, avec l'or et le 
platine, des débris de dolérite, de feroxidulé. des grains de 
corindon, etc. Le platine y est en grains moins plats, et par 
con'>équent plus épais que celui du Choco; ils ont moins 
d'éclat, et leur couleur est plus plombée: comme ceux qu'on 
a apportés à Paris paroisscnt avoir été parfaitement isolés 
parle lavage, on ne trouve avec eux aucun autre minéral 
étranger que des grains d'un gris de plomb qui ressemblent 



PLA ^7î 

à des parties de ce métal qu'on auroit fondues et réduites en 
grenaille en les jetant dans l'eau, et des grains d'un brillant 
argentin, aplatis en polyèdres irréguliers , à arêtes émoussées. 

Ce platine, d'après l'analyse que M. Laugier en a faite, est 
semblable, quant à la pureté, à celui du Choco; mais les 
grains d'un gris plombé, qu'on avoit pris pour un mélange 
d'osmium et d'iridium, ne sont autre chose que du platine 
qui renferme environ vingt -cinq pour cent de ces deux 
métaux. • 

M. Vauquelin a trouvé près de dix pour cent de platine 
dans un minerai de cuivre argentifère qu'on lui a remis 
comme venant de Guadalcanal en Espagne. Ce seroit le 
seul exemple de platine dans une roche et dans un filon. 
Comme il ne s'est pas représenté depuis, pas même dans 
d'autres échantillons venant de Guadalcanal , il faut attendre , 
pour en tirer des conséquences géologiques, qu'un nouvel 
exemple ait confirmé l'authenticité du premier. 

Le platine n'est connu en Europe que depuis 1748; il a 
été découvert par Ulloa , en 1741. On l'a d'abord comparé à 
l'or, et on l'a mis dans le commerce sous le nom d'or blanc. 

Le nom du platine vient du mot espagnol pZato, argent, 
à cause de sa couleur blanche, semblable à celle de l'argent. 

On n'a point traité ce métal en grand ; ainsi il n'entre 
pas encore dans le domaine de la métallurgie. Comme il 
est presque infusible, lorsqu'il est seul, on est obligé d'em- 
ployer pour le fondre différens procédés chimiques, qui ne 
sont pas de notre objet. Nous dirons seulement qu'on par- 
vient à le fondre, en le combinant avec l'arsenic ou avec 
l'acide phosphorique et le charbon. On décompose l'une ou 
l'autre de ces combinaisons , en exposant le platine à une 
forte chaleur et en le forgeant à plusieurs reprises. On peut 
l'obtenir encore plus pur en décomposant le sel triple de 
platine par une très-forte chaleur, et en rapprochant parla 
compression et ensuite par la percussion les parties de ce 
platine, qui est en poudre extrêmement ténue,- carie pla- 
tine a, comme le fer, la propriété de se souder à chaud par 
compression et sans intermède. 

i Bulletin des sciences, par la Société philomatitjue. Mai lôaS. 



27» PLA 

Usages. Le platine n'a point un éclat assez vif pour être 
empïloyé en bijoux. On l'applique sur porcelaine par deux 
procédés différens : tantôt en poudre assez grossière, et au 
pinceau, comme l'or et on en dessine des ornemens; tantôt 
dans une division extrême, obtenue par la décomposition de 
sa dissolution , au moyen d'une huile essentielle , et alors on ne 
peut l'étendre qu'en fond uni. Dans l'un et l'autre cas il imite 
assez bien l'acier. Il est fort utile, en raison de son infusi- 
bilité et de son inaltérabilité, pour faire des vaisseaux de 
chimie , tels que d es creusets , des cornues , des capsules , etc. 

Comme il est le moins dilatable des métaux, on peut l'em- 
ployer avec avîintage pour faire certains instrumens de géo- 
métrie. MM. Rochon et Carrochez s'en sont servi pour faire 
des miroirs de télescope, qui ne se ternissent pas comme 
les miroirs faits d'alliage métallique, et qui n'ont pas l'in- 
convénient de donner, comme les miroirs de glace, une 
double image. (B.) 

PLATIME. {Chim.) Corps simple , compris dans la cinquième 
section des métaux. 

Son nom est la traduction du mot espagnol platina (petit 
argent); il lui a été donné à cause de sa couleur blanche. 

Il est solide; plus dur que l'or; très-ductile au marteau et 
à la filière; il peut être réduit en fil de 7^ de millimètre 
de diamètre, au moyen du procédé imaginé par M. Wollaston, 
qui consiste à fixer un gros fil de platine dans l'axe d'un cy- 
lindre creux où l'on coule ensuite de l'argent fondu; enfin, 
à tirer le cylindre d'argent à la filière et à le traiter par 
l'acide nitrique, qui ne touche pas au platine. 

Un lil de platine de o'",oo2 de diamètre, supporte, sans se 
rompre, 124'', 690, suivant Guyton- Morvcau. 

Il est moins dur que le fer et plus dur que le cuivre. 

Sa densité est, suivant M. Wollaston, de 21,47; et quand 
lia été battu, elle ne dépasse pas 2i,65i5. C'est le plus dense 
des corps connus. 

Il est d'un blanc un peu moins clair que celui de l'argent. 

Il est conducteur de l'électricité. Des morceaux de platine 
suffisamment chauds se soudent très-bien ensemble. Ci st même 
par ce moyen qu'on fait aujourd'hui des vases avec le pla- 
tine en mousse ; il suffit , pour réduire cette mousse en plaque 



PLA 273 

compacte, de la battre fortement quand elle est rouge de feil* 
Il ne fond qu'aux températurq.s^i'îS*plus élevées. Macquer 
et Baume ont fondu du platine impur au chalumeau. Lavoi- 
sier en a fondu un petit morceau qui étoit placé dans la ca- 
vité embrasée d'un charbon où l'on dirigeoit un courant de 
gaz oxigène; enfin, on a encore fondu le platine en l'expo- 
sant dans la flamme du mélange de 1 volume d'oxigène et 
de 2 volumes d'hydrogène. Quand la température est très- 
ëlevée, comme dans ce dernier cas, le platine est susceptible 
de se volatiliser, ou au moins de se disperser en une pous- 
sière trés-djvisée. 

Il n'a ni odeur ni saveur. 

L'oxigène et l'air atmosphérique n'ont aucune action sur 
lui, à moins que cela ne soit dans le cas où un fil de platine 
est soumis à une forte décharge électrique ; il est alors 
dispersé au milieu de l'air , en répandant une lumière 
blanchâtre, et suivant Van-Marum il est réduit en oxide , 
parce qu'il éprouve une véritable combustion. Si ce résultat 
est exact, nul doute que ce qui favorise l'oxidation du métal 
ne soit son extrême division. 

L'eau et tous les corps qui peuvent se trouver mêlés dans 
l'atmosphère au gaz oxigène, n'ont aucune action sur lui. 

M. Edmond Davy dit que le platine en mousse, plongé 
dans le chlore , l'absorbe peu à peu et s'y combine. 
L'eau de chlore le dissout. 
L'iode s'unit au platine ? 
L'azote ne s'y combine pas. 

Suivant M. Edmond Davy, qui compte trois sulfures de 
platine , on obtient le protosulfure en chauffant graduelle- 
ment presque jusqu'au rouge, dans un tube vide d'air, ua 
mélange de parties égales de soufre et de platine. 

M. Edmond Davy a préparé par ce même procédé un pro- 
tophosphure de platine. Les corps s'unissent en dégageant 
une vive lumière à une température très- inférieure à celle 
de la chaleur rouge. Pelletier avoit déjà uni le platine an 
phosphore , en portant de petits morceaux de ce dernier corps 
sur le métal chauffé au rouge. 
L'arsenic s'unit bien au platine. 
Le bore, suivant Descotils, peut s'y unir, sinon directe- 



374 PLA 

ment, au moins quand on chauffe de Taclde borique avec 

du charbon et du platine. 

On prétend qu'on obtient un siliciure de platine par uh 
procédé analogue. 

Jusqu'ici on n'a point obtenu le carbure de platine. 

La plupart des métaux s'allient à ce métal lorsque la tem- 
pérature est suffisamment élevée. 

Les acides hydrochlorique , nitrique , sulfureux , sulfurique > 
hydrophtorique, n'ont aucune action sur lui. 

L'acide phosphorique bien pur ne paroit pas l'attaquer. 

Il y a dans le commerce des acides phosphoriques impurs 
susceptibles d'attaquer les creusets de ce métal. 

L'eau régale est le vrai dissolvant du platine. M. Proust 
prescrit de la préparer avec 3 parties d'acide hydrochlorique 
à i5 degrés, et i partie d'acide nitrique à 35 degrés, loo 
parties de cette eau régale dissolvent i3,2 parties de métal. 
La meilleure manière d'opérer consiste à commencer la dis- 
solution à 6o degrés, et à ne porter la liqueur à l'ébullition 
que quand l'acide n'agit plus, ou presque plus. En chauffant 
dès le commencement jusqu'à faire bouillir la liqueur, une 
portion de l'acide hydrochlorique se volatiliseroit en nature. 
M. Chenevix avoit cru que pendant l'action des corps il se 
dégageoit de l'oxide de chlore; mais H. Davy a prouvé que 
M. Chenevix avoit été trompé par la couleur orangée qu'un 
peu de vapeur nitreuse communique au chlore qui se dégage 
avec elle. 

Les alcalis fixes, énergiques, particulièrement la potasse, 
la soude, que l'on tient en fusion dans un creuset de platine 
découvert, l'attaquent très -bien. Le métal s'oxide, ainsi 
qu'une portion de l'alcali. Quand on verse de l'eau dans le 
creuset, il se dégage de l'oxigène provenant du peroxide 
de potassium ou de sodium, et l'on obtient une poudre 
jaune d'oxide de platine, qui est vraisemblablement uni à 
de l'alcali. 

Le nitrate de potasse a une action analogue , mais moins 
rapide. 

Les sulfures alcalins attaquent le platine, ainsi que Lewis 
et Margraff l'ont observé. 

L'acide phosphorique , l'acide borique , un grand nombre 



PLA 275 

doxides fixes, chauffés avec du charbon et du platine, sont 
désoxigénés, et leur radical s'unit à ce métal. 

L'acide arsenieux , ainsi que je l'ai observé, que l'on fait 
chauffer avec du platine et de la potasse, est réduit en ar- 
senic qui s'allie au platine, et en acide arsenique qui s'unit 
à la potasse. 

Le massicot, chauffé avec le platine et la potasse, m'a pré- 
senté un phénomène qui a quelque analogie avec le précé- 
dent ; une partie da l'oxide de plomb se réduit en métal qui 
s'allie au platine ; et l'autre portion , en «'emparant de l'oxi- 
gène que la première abandonne, passe à l'état de peroxide. 

OxiDES DE PLATINE. 

Peroxide de platine. 
Chfinevix. Birzelius. 

. Oxigène.... i5 i4ji3 16,494 

Platine 100 85,87. ..... 100. 

M. Berzelius a obtenu cet oxide en décomposant le sulfate 
de platine par l'eau de potasse, avec la précaution de ne 
précipiter qu'une matière de couleur jaune de rouille, qui 
est la couleur de l'oxide de platine hydraté pur. Si on né- 
gligeoit cette précaution, on obtiendroit un oxide mêlé de 
sulfate de platine et de potasse. M. Berzelius avoit préparé 
son sulfate de platine en traitant le chlorure de platine par 
l'acide sulfurique coi centré, faisant évaporer à siccité , et re- 
prenant le résidu par l'eau. 

M. Berzelius pense que la décomposition du nitrate de pla- 
tine par une chaleur ménagée , donneroit de l'oxide pur. 
M. Chenevix avoit déjà préparé l'oxide de platine par la dé- 
composition du nitrate de ce métal ; mais comme il avoit 
précipité d'abqrd le chlorure par l'eau de chaux pour se 
procurer la base de son nitrate, et qu'on sait que le pré- 
cipité entraîne avec lui du chlore et de la chaux , l'oxide 
obtenu par M. Chenevix devoit contenir une portion de 
cette dernière base. 

Cet oxide, à l'état d'hydrate et récemment précipité, est 
d'un jaune de rouille 5 en se desséchant il passe au brun 
jaunâtre. 



276 PLA 

Au feu il donne de l'eau , de Toxigène et du platine. 

11 est insoluble dans l'eau. 

]1 est un peu soluble dans les eaux de potasse et de soude. 

Il s'unit à la baryte , la strontiane, la chaux, etc. 

Il a une tendance marquée à faire fonction d'acide. 

Quand on précipite le sulfate de peroxide de platine par 
l'ammoniaque, on obtient un platinate d'ammoniaque hydraté 
qui ressemble à l'oxide de fer : ce précipité est soluble dans 
l'acide hydrochlorique sans effervescence ; enfin , il détone 
obscurément quand on le chauffe dans une cornue. 

C'est en le faisant bouillir presque jusqu'à siccité avec une 
solution de potasse, puis le lavant et le séchant, que M. E. 
Davy conseille de préparer le platine fulminant ou le platinate 
d'ammoniaque , qui avoit déjà été obtenu par M. Proust. 

Protoxipe de platine. 

Chenevix. Berzelius. 

Oxigène 7,6 7,60 8,23. 

Platine 100 92,40 100. 

M. Chenevix avoit obtenu cet oxide à l'état d'une poudre 
verdàtre en chauffant son peroxide avec précaution. 

M. Berzelius l'a préparé en décomposant le protochlorure 
de platine par l'eau de potasse en excès. La décomposition, 
pour être complète, exige un temps assez long. Une portion 
d'oxide reste en dissolution et colore ia liqueur en noir ou 
plutôt en vert très-foncé; l'autre portion se précipite à l'état 
d'une poudre volumineuse d'un noir de charbon, qui peut 
être séchée sans qu'elle s'altère. Elle est hydratée. Le pro- 
toxide préparé par ce procédé retient un peu de chlore , 
dont une portion est très-probablement unie à de la potasse. 

Le protoxide de platine hydraté est noir. 

Sa dissolution dans la potasse a la même couleur, mais elle 
est verte quand elle est suffisamment étendue d'eau. 
. L'acide hydrochlorique foible n'a pas d'action à froid sur 
le protoxide de platine; concentré et bouillant, il le réduit 
en chlorure qui se dissout, et en platine métallique qui ne 
se dissout pas. 

L'acide sulfurique bouillant ne paroît pas l'attaquer; mai.s 
si l'on verse l'acide sulfurique dans la dissolution alcaline , 



PLA 277 

le précipité qu'on obtient d'abord sera dissous dans un excès 
d'acide, et le protoxide paroit se suroxider. 

L'acide nitrique le dissout quand il est récemment préci- 
pité. La dissolution est d'un brun verdàtre. Évaporée, elle 
laisse un résidu de protoxide, mêlé de peroxide. 

L'acide acétique le dissout quand il est récemment pré- 
cipité. La dissolution est d'un brun verdàtre. Elle peut être 
évaporée, et le résidu, semblable à la gomme, se redissout 
dans l'eau. 

Il ne paroît pas s'unir à l'acide carbonique; car, même en 
versant dans du protochlorure de platine un sous -carbonate 
alcalin, il se dégage du gaz carbonique avec effervescence, 
et une portion de protoxide se dissout dans le sous-carbonate 
alcalin indécomposé. 

Le protoxide de platine est décomposé par la chaleur. 

Il détone avec vivacité quand on le chauffe au rouge avec 
du charbon. 

Telles sont les faits que nous devons à M. Berzelius, 

Chlorures de platine» 

PeRCHLQRURE de PtATlNE. 

Berzelius. 

Chlore... 58 

Platine 80. 

On prépare ce composé en faisant évaporer la dissolution 
de platine dans l'eaii régale à siccité, de manière à en dé- 
gager tout l'acide nitrique et l'excès d'acide hydrochlorique; 
mais il faut chauffer avec précaution , autrement on rédui- 
roit une portion du perchlorure en protochlorure. 

Le chlorure de platine est d'un brun -rouge orangé. Il a- 
une saveur astringente. 

Il est soluble dans l'eau, qu'il colore en rouge-orangé brun. 

Il est susceptible de former des combinaisons doubles avec 
les chlorures de potassium et de sodium , avec l'hydrochlorate 
d'ammoniaque, les hydrochlorates de baryte, de strontiane , 
de chaux, de magnésie , etc. Si Ton met la solution de 
chlorure de platine avec ces bases à l'état caustique , on.* 
obtient une petite quantité de précipités jaunes, qui soat 
formés de chlorure de platine et d'hydrochlorate. 



^78 PLA 

L'eau de potasse, l'eau d'ammoniaqne, et leurs sels suffi- 
samment concentrés, précipitent le chlorure de platine con- 
tenant de l'acide hydrochlorique , parce que les combinaisons 
doubles dont nous venons de parler sont peu solubles. Par 
la raison contraire la soude et ses sels ne le précipitent pas. 

On n'a pas suffisamment étudié ce qui se passe quand, au 
lieu d'employer du chlorure de platine mêlé d'acide hydro- 
chlorique , on se sert du chlorure pur. M. Vauquelin aobservé 
que la solution de chlorure de platine, mêlée de soude, de- 
vient brune sans précipiter, et que cett-e liqueur cristallise 
en lames brillantes micacées, parmi lesquelles on en remar- 
que d'une couleur grise de perle. Ces cristaux sont neutres; 
leur solution est précipitée en jaune verdâtre par l'hydro- 
chlorate d'ammoniaque. 

Le sulfate de protoxide de fer et le protochlorure d'étain 
ne Je décomposent pas, de même qu'ils décomposent le chlo- 
rure d'or. 

L'acide sulfurique chauffé avec lui produit du sulfate. 

Le mercure réduit le perchlorure de platine en sublimé 
corrosif qui est dissous, et en platine qui est précipité. M. 
Berzelius s'est servi- de cette réaction pour déterminer la 
composition du peroxide de platine. Il a mis 20 grains de 
mercure en digestion dans du chlorure de platine ; il a re- 
nouvelé le chlorure tant qu'il y a eu action. Le résidu, lavé 
et séché, étoit foVmé de platine retenant un peu de mercure 
et des traces de chlorure de ce dernier métal. Par la distil- 
lation il a obtenu le platine à l'état de pureté, et le poids 
du mercure volatilisé ayant été soustrait de 20 grains, il a 
eu la quantité de ce métal qui avoit été dissoute par le chlore 
que le platine avoit abandonné, et l'oxigène nécessaire pour 
suroxider cette quantité de mercure représentoit celle que 
le platine précipité étoit susceptible de prendre» 

Le chlorure de platine est précipité par le nitrate de pro- 
toxide de mercure. Le précipité est du peroxide de platine 
mêlé de protochlorure de mercure. On prétend qu'en chauf- 
fant ce précipité de manière à en chasser le protochlorure, 
il reste une poudre noire (formée principalement de pro- 
toxide de plaiine), qui, mêlée à un foiidc.nt, doipne un bel 
émail noir. 



PLA 279 

Le chlorure de platine est précipité par le nitrate d'argent. 
Le précipité est, suivant M. Vauquelin, du chlorure d'argent 
mêlé de protochlorure de platine. 

Le chlorure de platine est réduit par l'hydrogène. 

Chlorure de platine et de potassium. 
Berzelius. 

Chlorure de platine 1643 

Chlorure de potassium 7o3. 

Le platine contient deux fois autant de chlore que le 
potassium. 

Ce chlorure s'obtient en précipitant le chlorure de platine 
acidulé par du chlorure de potassium ou un sel de potasse. 
Le précipité lavé à l'eau froide , pulvérisé et ensuite séché 
au soleil, ne contient pas d'eau de cristallisation. 

Il est jaune, cristallisable , très -peu soluble dans l'eau 
froide et dans l'alcool. 

M. Proust, en le décomposant par l'ammoniaque , a obtenu 
le premier le platine fulminant. 

Au feu il donne du chlore, du chlorure de potassium et 
du platine. Au moyen de l'eau, qui dissout le chlorure, on 
obtient le métal à l'état de pureté. 

Chlorure de platine et de sodium. 

Vauquelin. 

Chlorure de platine contenant ...... 17 de platine. 

Chlorure de sodium x 

Eau 19,25. 

Le platine contient deux fois autant de chlore que le 
sodium. 

Ce composé peut ttre obtenu en beaux cristaux d'un rouge 
orangé. 

Il est très-soluble dans l'eau; sa solution est orangée: elle 
précipite en jaune par le chlorure de potassium et l'hydro- 
chlorate d'ammoniaque. 

Au feu il se comporte comme le précédent. 

Chlorure de platine Et hydrochlorate d'^âmmoniaque». 
Chlorure de platine. 
Hydrochlorate d'ammoniaque. 



*8o PLA 

Ce composé est d'un jaune pâle , cristallisable. Il est peu 
soluble dans l'eau. 

Exposé à la chaleur, il donne du chlore, de l'hydrochlo- 
rate d'ammoniaque et du platine , qui est sous la forme 
d'épongé ou de mousse. 

Sulfures de platine. 

Protosulfure de platine. 

Berzelius. Vauquelin. 

Soufre 14,20 16,55 16 

Platine 85, 80 100 100. 

On peut obtenir ce sulfure en chauffant au rouge le chlo- 
rure de platine ammoniacal avec le double de son poids de 
soufre dans un vaisseau ferme- 
En chauffant du soufre et de la soude dans un creuset de 
platine , et traitant par l'eau la matière après qu'elle a ét^, 
fondue, on obtient du sulfure de platine en aiguille. 

Il n'est pas décomposable par le feu ; il éprouve seulement 
une sorte de fusion. 
.Les acides simples ne l'attaquent pas. 
Calciné à l'air libre, il donne de l'acide sulfureux et du 
platine. 

Deutosulfure de platine. 

Berzelius. 

Soufre 24,87 33,10 

Platine 75, i3 100. 

On obtient ce sulfure en faisant passer un courant d'acide 
Jiydrosulfurique dans une solution de chlorure de platine. 
Il se précipite un sulfure noir, qui devient d'un brun rou- 
geâtre par un excès d'acide hydrosulfurique ; il redevient 
noir par le contact de l'air. Recueilli sur un filtre et exposé 
encore humide à l'air , il se forme de l'acide sulfurique , 
ainsi que M. Proust l'a observé. 

Le sulfure encore humide , qui a été soumis à la presse 
entre du papier, donne, quand on le distille dans une 
cornue, de l'acide sulfureux, de l'eau, du soufre et un pro- 
tosulfure. D'après ces observations, que nous devons à RL 



PLA ^81 

Berzelius , plusieurs chimistes , particulièrement M. Vauque- 
lin , ont regardé le précipité dont nous parlons, comme un 
hydrosulfate d'oxide , et non comme un sulfure hydraté. 

Le deutosulfure de platine se dissout dans l'hydrosulfate 
d'ammoniaque. La solution est d'un brun rougeàtre. Les 
acides l'en précipitent sous la forme de flocons de cette cou- 
leur, qui deviennent noirs en perdant de l'acide hydrosul- 
furique. 

Phosphures de platine. 
Protophosphure. 

E. Davy. 

Phosphore 21,21 

Platine 100. 

Edmond Davy a obtenu ce composé en chauffant le phos- 
phore et le platine dans un tube vide d'air. A une tempéra- 
ture inférieure à la chaleur rouge, les corps s'unissent en 
dégageant de la lumière. 

Ce composé est d'un gris bleuâtre. 

Il cristallise en cubes. 

Il est insipide, inodore, non conducteur de Pélectricité. 

Chauffé sur une feuille de platine, il se fond et la perce. 

Deutophosphdre de platjne. 

E. Davy. 

Phosphore 42,85 

Platine 100. 

Edmond Davy a obtenu ce composé en chauffant dans une 
cornue, dont le bec plongeoit dans du mercure, un mélange 
de 3 parties de chlorure ammoniacal de platine et de 2 par- 
ties de phosphore. Après l'union des corps il a fait rougii* 
le phosphure produit. 

Il est d'un gris de fer. 

Sa densité est de 5,28. 

Il ne conduit pas Péleclricité. 

Arseniure de platine. 
L'arseniure de platine est gris, cassant, fusible. Il se dé- 
compose, quand on le chauffe à l'air j il se forme alors de 



^82 PLA 

3'acide arsenieux, qui se dégage, et le platine reste à Tétat 
de pureté. 

Antimoine et platine. 

Ces deux métaux s'allient avec facilité. L'alliage, fait à 
parties égales, est cassant, d'une couleur plus foncée que 
celle de l'antimoine. 

Or et platine. 

Ces métaux ne s'allient bien qu'à une température très- 
élevée. 

L'alliage de i partie de platine et de 4 parties d'or res- 
semble au platine par sa couleur. 

L'alliage de 1 partie de platine et de 8 parties d'or, a une 
couleur jaune sensible, mais beaucoup plus pâle que celle 
de l'or. 

Il en est de même de l'alliage de 1 partie de platine et 
de 9 parties d'or. On ne peut donc, par fraude, allier à l'or 
une grande quantité de platine, sans qu'on s'en aperçoive à 
la couleur de l'alliage. M. Vauqueliri a observé que dans les 
cas où il n'y a pas plus de 1 dixième de platine allié à l'or, 
on peut, en réduisant l'alliage en lames minces, dissoudre 
le platirje par l'acide nitrique sans toucher à l'or. 

L'alliage de 1 partie de platine et de 11 parties d'or est 
très-ductile et très- élastique, suivant M. Hatchett ; il a 
la couleur de l'argent légèrement coloré par les vapeurs 
sulfureuses. 

L'alliage de 1 partie de platine et de 17 parties d'or est 
plus pâle que l'or. 

Etain et platine. 

Ces deux métaux s'allient très-bien à l'aide de la chaleur; 
l'alliage est fusible et cassant. 

Lewis dit que l'alliage, fait à parties égales (avec le platine 
brut), est cassant et que sa couleur est foncée; qu'il en est 
de même de l'alliage de 1 partie de platine et de 8 parties 
d'étain; mais que, la quantité d'étain croissant, la couleur 
s'éclaircit et la ductilité se manifeste; enfin, que l'alliage 
jaunit par son exposition à l'air, et d'autant plus qu'il est 
moins bien poli. 



PLA 285 

PiïLLADIUM ET PLATINE. 

M. Chenevix ayant chauffé jusqu'à la fusion parties égales 
de ces métaux, a obtenu un alliage presque aussi fusible 
que le palladium, d'une densité de i5,i4i , peu malléable. 

Bismuth et platine. 

Jusqu'ici on n'a point uni le platine pur au bismuth. 

Lewis a remarqué que le platine brut, allié avec le bis- 
muth depuis 1 jusqu'à 24 parties, forme des alliages cas- 
sans, lamelleux, qui deviennent pourpres violets ou bleus 
par le contact de l'air. 

Cuivre et platine. 

Ces deux métaux s'allient très -bien par la fusion. Il ne 
faut qu'une petite quantité de platine pour détruire la cou- 
leur du cuivre. On fait avec ces métaux un alliage très-dur, 
susceptible de recevoir un beau poli et de réfléchir parfaite- 
ment la lumière ; c'est pourquoi on a proposé d'employer 
cet alliage pour faire les miroirs de télescope. 

Fer et platine. 

Il paroîtroit , d'après des expériences de Lewis , qu'il seroit 
très-difficile d'unir le fer au platine brut par la fusion; mais 
qu'en chauffant fortement le platine brut avec la fonte de fer, 
ou le platine brut avec l'acier, ces métaux formeroient un 
alliage très-dur et légèrement ductile, qua/id 5 parties de fer 
seroient unies à 1 partie de platine. 

Mercure et platine. 

Guyton a vu qu'un cylindre de platine fixé dans un vase 
contenant du mercure bouillant , s'amalgame , double de 
poids et devient cassant. 

Mussin-Pushkin a obtenu l'amalgame de platine en tritu- 
rant l'éponge de ce métal avec du mercure. Il faut com- 
mencer par opérer sur une petite quantité de matière et 
l'augmenter ensuite peu à peu. Lorsque l'amalgame est fait , 
«n en sépare l'excès du mercure en le pressant dans une 
peau de chamois. L'amalgame qui reste dans la peau est 
mou , d'un blanc d'argent , et se durcit insensiblement. 



^H PLA 

Ar&ent et platine. 
Ils se combinent très -difficilement; car on a observé quff 
del'argent, qui étoit devcuu dur parce qu'on l'avoit chauifé 
avec du platine brut, ayant été tenu en fusion pendant un 
temps suffisant, s'étoit réduit en une couche de platine et 
une couche d'argent. 

Plomb et platine. 
Lewis a formé avec le plomb et le platine brut un alliage 
fibreux où feuilleté; l'alliage à parties égales étoit très-dur 
et très-cassant. 

Zinc et platine. 
Lewis dit que ces métaux s'allient aisément ; mais il a 
opéré avec le platine brut. 

L'alliage est fusible, très-cassant, et d'un blanc bleuâtre. 

Potassium , sodium et platine. 
M. H. Davy dit que le platine est susceptible de s'unic 
avec le potassium ou le sodium en dégageant de la lumière, 
et qu'il en résulte un alliage décomposable par le contact 
de l'air et de l'eau. 

Supplément. 

Le platine et plusieurs de ses composés ont présenté à 
M. Dœbereiner des phénomènes très-remarquables que nous 
allons rapporter. 

1 .° Tous les gaz combustibles sont absorbés par le sous- 
oxide de platine (protoxide) et par le sulfure de platine 
oxidé (M. Dœbereiner appelle ainsi le sulfure préparé par 
Pacide hydrosulfurique, qui a été exposé à l'air pendant 
quelques semaines). 

•j.° Le gaz oxigène et le gaz acide carbonique ne sont 
pas absorbés par ces corps. 

3." loo grains de sous-oxide absorbent de i5 à 20 pouces 
cubes d'hydrogène. La chaleur dégagée est suffisante pour 
faire rougir le sous-oxide , et déterminer Punion de Phydro- 
gène avec Poxigène de Pair. 

4.° Lorsque Pair qu'on met en contact avec le sous-oxide 
de platine saturé d'hydrogène ne contient pas assez d'oxigène 
pour brûler tout l'hydrogène , il se produit de Pammoniaque. 
Le sous-oxide est réduit» 



PLA 285 

5.* Si Ton plonge du platine en éponge, réduit en poudre 
Une et enveloppé dans du papier Joseph , dans l'hydrogène 
pur, il n'y a pas d'absorption ; mais si on mêle de l'oxin'ène 
à l'hydrogène, celui-ci est absorbé; le platine s'échauffe et 
l'oxigène s'unit à l'hydrogène : i volume d'oxigène mêlé à 
gg volumes d'azote et à de l'hydrogène , est absorbé par le 
platine. 

Lorsqu'on veut démontrer l'action de la poudre de platine 
sur l'hydrogène, il faut présenter cette poudre à un pouce 
et demi environ d'un orifice très-étroit, par lequel s'échappe 
un courant de gaz hydrogène. Une lampe à gaz hydrogène, 
surtout celle de M. Gay-Lussac , dont on a enlevé l'électro- 
phore , est bonne pour faire l'expérience. 

6.° Le sulfure oxidé de platine, mis en contact avec l'oxide 
de carbone , le convertit en acide carbonique. 11 y a une 
condensation égale à la moitié du volume de gaz oxide de 
carbone. 

7.° L'hydrogène des gaz hydrogènes carbures, du gaz am- 
moniaque , du gaz hydrochlorique , ne s'unit pas sous l'iit- 
fluence du platine avec l'oxigène. 

8.° Le nickel, provenant de la réduction de l'oxalate de 
ce métal, se comporte à la manière de la poudre de platine. 

A ces faits MM. Dulong et Thénard ont ajouté les suivans : 

1." Le mélange de 1 volume d'oxigène et de 2 volumes 
d'hydrogène détone quand on y plonge , à la température 
ordinaire, l'éponge de platine, le palladium, le rhodium, 
l'iridium , et quand on y plonge l'osmium à la température 
de 40 à 5o degrés. 

2.° L'éponge de platine fortement calcinée n'a pas la pro- 
priété de devenir incandescente ; cependant elle détermine 
la combinaison lente des gaz. 

3." Une feuille , des fils , de la poudre de platine , qui sont 
sans action à la température ordinaire, déterminent la com- 
bustion lente du gaz , s'ils ont été échauffés de 200 à 3oo 
degrés. 

4.° L'or en lames à 280 degrés, et l'or en feuilles minces 
à 260 degrés, l'or réduit en poudre fine à 220 degrés, dé- 
terminent la combinaison des gaz. 

5.° Le charbon, la pierre-ponce, la porcelaine, le cristal 



^86 ' PLA 

déroche, le verre, à 35o degrés, se comportent de la même 

manière. Le phtorure de calcium ne paroitpas avoir d'action 

sensible. 

6° Sous l'influence de l'éponge de platine, l'oxide de car- 
bone et l'oxigène se combinent, et le gaz nitreux est dé- 
composé par l'hydrogène. 

7." A 5oo degrés le gaz hydrogène percaburé et l'oxigène 
sont complètement transformés en eau et en acide carbo- 
nique. 

8.° La configuration des corps a de l'influence sur leur 
action ; les corps anguleux ont une action plus vive que ceux 
qui sont arrondis. 

g." La propriété d'enflammer le mélange de 1 volume 
d'ôxigène et de 2 volumes d'hydrogène à froid , n'est pas 
inhérente aux métaux ; on peut la leur donner ou la leur ôter 
à volonté. 

Platine en fils. 

a. Un fil de platine neuf d'un vingtième de millimètre de 
diamètre 5 replié en écheveau de cent tours, n'agit qu'à la 
température de 5qo degrés. 

h. Rougi plusieurs fois, il est susceptible d'agir à la tem- 
pérature de 5o à 60 degrés. 

c. Si ce fil a été plongé pendant quelques minutes dans 
l'acide nitrique chaud ou froid, lavé ensuite, puis exposé 
à 200 degrés, il devient susceptible d'agir à froid. Le fil ren- 
fermé dans un vase de verre, conserve sa propriété pendant 
vingt-quatre heures. 

Le fil perd sa propriété au bout de cinq minutes, 1.° quand 
on le plonge, après l'avoir isolé par un manche de gomme 
laque 5 dans une petite quantité de mercure isolé pareille- 
ment; 2.° quand on l'expose à un courant rapide d'air, d'ôxi- 
gène, d'acide carbonique, d'hydrogène secs. 

La potasse, la soude, l'ammoniaque ne lui enlèvent pas 
la propriété qu'il a acquis par le contact de l'acide nitrique. 

Platine en limaille. 
a. La limaille de platine , faite avec une lime moyenne , 
agit immédiatement après sa formation; mais elle perd peu 
h peu cette propriété. 



PLA 287 

b. Elle la recouvre si elle est rougie. 

c. Non-seulement l'acide nitrique la lui rend, mais il 
l'augmente. 

d. Les supports, conducteurs ou isolés, n'ont aucune in- 
fluence dans ces phénomènes. 

Platine en feuilles. 

a. Les feuilles de platine récemment battues agissent à la 
température ordinaire , mais une exposition à l'air de quel- 
ques minutes les dépouille de cette propriété. Si on les plie 
alors de manière à les chifiFonner; elles n'agissent pas daran- 
tage. 

h. Elles reprennent cette propriété lorsqu'on les fait rougir 
dans un creuset de platine fermé ; et elles la conservent sans 
afToiblissement pendant vingt- quatre heures, si elles sont 
mises dans un flacon fermé. 

PLATINE EN ÉPONGE. 

a. L'éponge de platine perd bien moins promptement sa 
propriété d'agir par le contact de l'air, que les échantillons 
de platine précédens. L'état d'humidité ou de sécheresse de 
l'air n'a aucune influence sensible. 

h. Quand elle l'a perdue, on la lui rend par l'acide nitrique 
ou en la chauffant au rouge. 

Il est vraisemblable que c'est le contact de l'acide qui se 
dégage pendant la préparation de l'éponge de platine ou 
bien l'incandescence , qui donne à l'éponge de platine la 
propriété d'agir sur l'hydrogène. 

10.° Le palladium en feuilles et en limaille présente des 
faits analogues aux précédens. 

11." L'or précipité par le zinc, et séché à une basse tem- 
pérature, agit à 120 degrés, et à 55 degrés, lorsqu'il a été 
rougi. 

12." L'argent traité de la même manière agit à i5o degrés* 

M. Thénard avoit remarqué, long -temps avant la décou- 
verte de M. Dœbereiner, qu'à la température où le gaz am- 
moniaque ne se décompose pas , il s'y décompose s'il a le 
contact du fer, du cuivre, de l'or, de l'argent, du platine. 
A égalité de surface ^ le fer est, parmi les métaux que nou« 



aSÀ PL A 

venons dénommer, celui dont l'influence est la plus forte, 
et le platine celui dont l'influence est la plus foible. D'un 
autre côté, le platine étant le métal qui paroît avoir la plus 
forte influence sur le mélange d'oxigène et d'hydrogène, et 
le fer étant au contraire celui qui en a le moins, MM. Thé- 
nard et Dulong conjecturent qu'il y auroit des gaz qui ten- 
droient à s'unir sous l'influence des métaux , tandis que d'au- 
tres tendroient à se séparer, et que cette propriété varieroit 
en raison de la nature des uns et des autres. 

Analyse de la mine de platine. 

La mine de platine contient ordinairement : i.** du pla- 
tine; 2.° du palladium; 3.° du rhodium; 4.° de l'iridium; 
5." de l'osmium; 6." de l'or, souvent combiné au mercure; 
7.° du sulfure de fer; 8.° du sulfure de cuivre; g." du sul- 
fure de plomb; 10.° du titanate de fer; 11.° du chromate 
de fer; 12.° du sable quarzeux. Le platine est allié au pal- 
ladium et au rhodium, et l'iridium l'est à l'osmium. 

Séparation mécanique du titanate de fer, du chromate de fer , 
de la silice, 

1. Comme il existe une grande difiFérence entre la pesan- 
teur spécifique des métaux du platine et celle du titanate 
de fer, du chromate de fer et du sable, il en résulte qu'en 
étendant sur une table longue à rebord la mine de platine, 
et en dirigeant dessus et obliquement le vent d'un soufflet 
à main, on sépare la plus grande partie de ces dernières 
matières, qui sont beaucoup plus légères que les métaux. 
Je suis parvenu au même but, et d'une manière plus exacte, 
en lavant la mine. 

Séparation de l'or et du mercure. 

2. L'or existe naturellement dans la mine de platine, 
mais le mercure y est accidentel; il provient du traitement 
que l'on a fait subir à cette mine pour en séparer l'or qu'elle 
contient. Qnand l'or est pur, il est facile de le séparer mé- 
caniquement du platine , parce que sa couleur le distingue 
de celui-ci; mais quand il est combiné avec le mercure, cela 
devient impossible ^ parce qu'alors il est blanc. Dans ce cas. 



PL A 265 

iî faut faire rougir la mine, afin de volatiliser le mercure; 
l'or qui reste est alors facile à séparer. Dans cette opéra-" 
tion le sulfure de fer perd la moitié environ de son soufre* 

Séparation du sulfure de fer, du sulfure de cuivre et du sulfure 
de plomb. 

3. La mine de platine est traitée par l'acide hydrochlo- 
rique concentré; celui-ci dissout , en les décomposant, les sul- 
fures de fer, de cuivre et de plomb. On traite la mine jusqu'à 
ce que l'acide n'ait plus d'action. Comme il est extrêmement 
difficile de séparer par les moyens mécaniques tout le titanate 
et le chromate de fer, on retrouve presque toujours dans 
l'acide des traces de titane et de chrome; et, dans ce cas, le 
fer qui s'est dissous ne provient pas seulement du sulfure de 
ce métal , mais encore de ce titanate et de ce chromate. 

4. S'il reste de l'or, on le sépare en traitant la mine par 
l'eau régale foible , qui le dissout avec un peu de platine. 

5> Après qu'on a fait subir les traitemens que nous venons 
de décrire à la mine de platine, celle-ci peut être considérée 
comme formée de platine, de palladium, de rhodium, 
d'iridium et d'osmium; plus une très -petite quantité de. 
titanate et de chromate de fer. Nous allons indiquer les 
moyens qu'il faut employer pour parvenir à la séparation 
de ces corps. 

6. On traite la mine de platine par l'eau régale jusqu'à 
ce qu'il n'y ait plus d'action. L'eau régale doit être formée 

d'acide hydrochlorique à lô"^ 5 

d'acide nitrique à Sô** 1 

On doit mettre 10 parties d'acide contre 1 partie de mine. 
11 reste une poudre noire que l'on sépare de la dissolution 
et qu'on lave exactement. Nous l'examinerons plus bas. 

Quand on traite une grande quantité de mine , il faut 
opérer dans des cornues de verre placées au milieu du sabl& 
dans un fourneau à galère; commencer la dissolution à une 
température de 60 à 70 degrés. Lorsque l'action est ralentie, 
on fait bouillir, et dès qu'elle a cessé, on décante la dissolu- 
tion et on reverse de nouvel acide sur le résidu. L'acide qui 
passe à la distillation est trop foible pour servir au traite- 
ment de nouvelle mine. Il contient de loxide d'osmium. 

^,1 iq 



2Çjo PLA 

7. Le platine, 1& palladium et le rhodium sont complè- 
tement dissous; il y a de plus une certaine quantité d'iri- 
dium et de fer, mais la plus grande partie de l'iridium et 
tout l'osmium qui ne s'est pas volatilisé avec l'acide nitri- 
que, sont dans la poudre noire. 

Séparation d'une partie de l'iridium. 

8. Comme l'iridium est beaucoup moins soluble dans les 
acides que le platine, le palladium et le rhodium, on fait 
évaporer la dissolution de la mine de platine à siccité, et on 
reprend par l'eau. On sépare ainsi une certaine quantité 
d'iridium. 

Séparation du platine. 

9. La dissolution aqueuse doit être mêlée àde l'hydrochlo- 
rate d'ammoniaque; le platine est précipité en jaune tirant 
un peu au rouge, parce qu'une partie de l'iridium qui n'a 
pas été séparée dans l'évaporation , se précipite avec le pla- 
tine. Il reste dans la liqueur un peu de chlorure de pla- 
tine , lequel est uni avec du chlorure d'iridium ammoniacal -. 
en faisant concentrer , ce dernier sel cristallise souvent en 
petites aiguilles d'un beau rouge de cinabre. 

10. Revenons au précipité de chlorure de platine ammonia- 
cal, retenant un peu d'iridium: si on veut en retirer du pla- 
tine parfaitement pur, on décompose le précipité par la cha- 
leur; on redissout le platine qui reste dans l'eau régale, et 
on le précipite de nouveau par le sel ammoniacal ; enfin , 
on décompose le précipité par la chaleur : le résidu est le 
platine pur. 

1 1. La liqueur dont on a séparé le platine et l'iridium par 
l'hydrochlorate d*ammoniaque, en retient encore une petite 
quantité; mais c'est le rhodium, le palladium et le fer qui 
dominent. On met une lame de zinc dans la dissolution; tous 
les métaux, à l'exception du fer, sont précipités, 

12. Le précipité de platine, d'iridium, de palladium et 
de rhodium, est repris, ] ." par l'acide nitrique foible pour 
dissoudre le fer, ainsi que du plomb et du cuivre, qui peu- 
vent avoir échappé à l'action de l'acide hydnochlorique ; 2." 
par l'eau régale foible; celle-ci ne dissout pas l'iridium. 



PLA 291 

Séparation du rhodium, 

i3. Les chlorures de platine, de palladium et de rhodium 
sont mêlés au chlorure de sodium pur, évaporés à siccité. 
On applique l'alcool à 52 degrés au résidu; celui-ci dissout 
les chlorures doubles de palladium et de platine. Il reste du 
chlorure de sodium et de rhodium. 

14. Pour obtenir le rhodium, on dissout son chlorure 
dans l'eau et on le précipite à l'état métallique par le zinc. 
M. Wollaston évalue la quantité du rhodium dans la mine 
de platine à quatre millièmes. 

Séparation du palladium. 

On fait évaporer la solution alcoolique de platir^e et de 
palladium ; on dissout le résidu dans une petite quantité 
d'eau et on précipite la plus grande partie du platine pat* 
l'hydrochlorate d'ammoniaque ; on sépare ensuite le palla- 
dium par l'hydrocyanoferrale de potasse. 

L'hydrocyanoferrate de palladium est chauffé avec Je 
borax, celui-ci se fond et entraîne le fer avec lui. Le pal- 
ladium est séparé. On peut encore obtenir ce métal d'une 
autre manière. On calcine l'hydrocyanoferrate, on traite le 
résidu par l'acide hydrochlorique étendu; celui-ci dissout 
le fer. On fait chauffer ensuite le palladium , et on y mêle- 
du soufre ; quand il est bien rouge , le métal se fond aprèji 
s'être uni au soufre; en continuant de chauffer cette combi- 
naison à l'air, le soufre se brûle et le palladium reste. 

Tel est le procédé par lequel M. Wollaston a extrait le 
palladium et le rhodium de la mine de platine. Nous allons 
maintenant indiquer le procédé de M. Vauquelin. 

Procédé de M. Vauquelin pour séparer le palladium 
du rhodium. 

a. On met des lames de fer dans la dissolution de platine 
d'où l'on a séparé la plus grande partie de ce métal par 
l'hydrochlorate d"ammoniaque. Tous les métaux, hormis le 
fer, sont précipités. 

/'. Le précipité est traité de la manière suivante ; 



29' PLA 

1." Par Tacide nitrique; celui-ci dissout beaucoup de fer, 
de cuivre ' , et urt peu de palladium. 

2.° Par l'acide hydrochlorique : celui-ci dissout beaucoup 
de fer et de cuivre, et même du palladium, du platine et 
du rhodium. Cela prouve que ces trois derniers avoient été 
précipités à l'état d'oxide; vraisemblablement qu'ils étoient 
combinés à des oxides de fer et de cuivre. 

3.° Le résidu chauffé laisse dégager du protochlorure de 
mercure , du chlorure de cuivre et de l'osmium. 

4." On le traite par l'eau régale concentrée. Il reste de 
l'iridium. On sépare celui-ci et on évapore en sirop. On 
obtient des chlorures de platine, de palladium, de rhodium, 
et ce qu'il y a de remarquable , de fer et de cuivre. Ces 
deux métaux s'étoient vraisemblablement alliés avec les pre- 
miers dans l'acte de la précipitation. 

6."* Les chlorures étendus d'eau sont mêlés à l'hydrochlo- 
rate d'ammoniaque, on sépare du chlorure de platine am- 
moniacal jaune. En faisant évaporer à siccité et en re- 
prenant le résidu par l'eau , on obtient un chlorure ammo- 
niacal de platine coloré en rouge par le chlorure d'iridium 
ammoniacal. 

6.° La dissolution , privée de la plus grande partie de 
son platine, est mêlée avec une quantité d'ammoniaque in- 
suffisante pour neutraliser entièrement l'excès d'acide hy- 
drochlorique, on obtient du sous -chlorure de palladium am- 
moniacal. Si on avoit mis trop d'ammoniaque , on feroit 
digérer le précipité dans l'eau aiguisée d'acide hydrochlo- 
rique. Pour obtenir le palladium métallique, on calcine ce 
sel. Pour fondre le métal, on le chauffe sur un charbon 
dont on alimente la combustion par un jet de gaz oxigène. 

j." On fait cristalliser la liqueur d'où le chlorure de pal- 
ladium ammoniacal a été précipité. On fait égoutter les cris- 
taux , on les broie et on les traite par l'alcool à 36 degrés-^ 
celui-ci dissout des chlorures de fer et de cuivre, et ce qui 
pourroit rester de chlorure de palladium. 

8.° Le résidu, insoluble dans l'alcool, est du chlorure de 

1. M. Vauquelin avoit traité la mine de platine par l'eau régale 
sans la soumettre aux opérations rapportées (i, 2, 3, 4^ 



rhodium ammoniacal, retenant presque toujours un peu de 
chlorure de platine ammoniacal. Pour l'en séparer, on le 
traite par une petite quantité d'eau aiguisée d'acide hydro- 
chlorique. Le chlorure de platine n'est pas dissous. On éva- 
pore à siccité la solution, et en calcinant le résidu on ob- 
tient le rhodium métallique. 

Analyse de la poudre noire. 

Celle-ci est principalement formée d'osmiure d'iridium 
et d'une petite quantité de titanate de fer et de chromate 
de fer. Nous allons exposer le procédé de M. Vauquelin. 

i.° On fond cette poudre avec 2 parties de nitre dans 
une cornue ; l'osmium et l'iridium se combinent à l'oxigène. 

2." On lessive la masse avec de l'eau tiède ; on obtient 
une solution d'oiide d'osmium , de protoxide d'iridium et d'acide 
chromique. On sature l'alcali par l'acide nitrique pur; le pro- 
toxide d'iridium se dépose sous la forme de flocons verts. 
On filtre et on distille la liqueur filtrée presqu'à siccité dans 
une cornue de verre, on obtient une solution aqueuse d'oxide 
d'osmium. On mêle celle-ci à un peu d'acide hydrochlo- 
rique et on y plonge du zinc : l'osmium est précipité ; on le 
chauffe ensuite en vaisseaux clos. Le résidu de la distillation 
contient du chromate et du nitrate de potasse. 

5.° Le résidu , insoluble dans l'eau , est formé d'oxides d'iri- 
dium , de fer, de titane. On le traite par l'acide hydrochlo- 
rique étendu de la moitié de son poids d'eau ; presque tout 
est dissous. On fait bouillir la dissolution filtrée; elle devient 
rouge et des flocons verts se déposent : ils sont formés d'oxides 
de titane et de fer unis à du protoxide d'iridium. La liqueur 
est filtrée; elle ne contient presque plus de titane, mais 
encore beaucoup de fer et de peroxide d'iridium. On y verse 
de l'ammoniaque , mais pas assez pour saturer l'excès d'acide. 
Du chlorure d'iridium ammoniacal noir se dépose : ce sel, lavé 
et calciné, donne de l'iridium métallique. 

4." Quant à l'iridium restant dans la liqueur, on l'obtient 
en étendant celle-ci de beaucoup d'eau et en y versant un 
excès d'ammoniaque ; les oxides de titane et de fer sont 
précipités , et l'oxide d'iridium forme un chlorure double 
soluble. On l'obtient en faisant évaporer la liqueur. Ce pro- 



S54 PLA 

cédé peut être employé pour séparer de petites quantités 
de chlorure d'iridium qui sont mêlées à beaucoup d'hydro- 
chlorates de fer et de titane. 

Traitement du platine en grand. 

Jeannety a indiqué le procédé suivant pour purifier le 
platine par la voie sèche. 

1." Piler le platine et le laver : l'on sépare ainsi la plus 
grande partie du sable, du tilanate de fer^ des sulfures mé- 
talliques et du chromate de fer. 

2.° Faire un mélange de 3 marcs de platine lavé, de 6 
d'acide arsenieux et de 2 de potasse du commerce ; proje- 
ter ce mélange par portions dans un creaset capable de con- 
tenir 40 marcs et préalablement rougi ; augmenter le feu 
jusqu'à fondre la matière. 

[Il résulte de mes expériences que l'alcali détermine la 
formation de l'arseniure de platine par son affinité pour 
l'acide arsenique. ] 

3.° Le culot obtenu de l'opération précédente est formé 
en grande partie de platine et d'arsenic. On le fond avec 
de la potasse , et cela jusqu'à ce que l'alcali ne soit plus co- 
loré. La plus grande partie des métaux étrangers au platine 
se combinent à l'alcali. On fond deux, trois et quatre fois. 

4«° L'alliage d'arsenic et de platine, ainsi purifié, est brisé 
en petits morceaux. On en met 5 marcs avec 3 d'arsenic et 
a de potasse. On fond dans un creuset dont le fond est large. 

5.° Le culot obtenu par l'opération précédente pèse ordi- 
nairement 5 marcs 3 onces. On le chauffe dans un fourneau 
à moufle pendant six heures : on le retire du feu ; on le 
trempe dans l'huile et on le chauffe de nouveau. Par ce 
moyen on dégage l'arsenic. 

6.° On fait tremper le culot dans l'acide nitrique; on le 
fait bouillir dans l'eau ; on le chaufi'e ensuite ; on le frappe 
evec un mouton ; les parties se rapprochent : on le chauffe 
a nu, et on le frappe de manière à en former un prisme 
carré très- court. 

Aujourd'hui on purifie le platine par la voie humide. 
Pour cela on traite la mine par l'eau régale; on fait évapo- 
rer à siccité. On reprcna le résidu par l'eau; on précipite 



PLA ^^5 

la solution par rhydrochlorate d'ammoniaque : on' décom- 
pose le précipité dans des creusets de (erre ; on fait redis- 
soudre le platine dans l'eau régale foible; on précipite la 
dissolution par l'hydrochlorate d'ammoniaque; on lave le 
précipité avec de l'eau acidulée par l'acide hydrochlorique : 
le précipité est pressé , puis décomposé par la chaleur. C'est 
en percutant fortement le platine obtenu par ce procédé., 
lorsqu'il est rouge de feu, qu'on parvient à en rapprocher 
toutes les parties de manière à en former une masse com- 
pacte susceptible d'être forgée. 

Histoire et usages. 

La mine de platine se trouve au Choco , au Pérou et à 
3anta-Fé. Ulloa paroît être le premier naturaliste qui ait 
observé cette mine, en lyôô ; Wood la trouva en Amérique, 
en 1741. Les observations de Ulloa furent imprimées en 
1748; celles de Wood, en 1749 et 1750. Lewis, en 1749, 
SchefTer , en 1762, MargrafF, en 1759, ensuite Macquer , 
Baume, Buffon , Tillet, Morveau , Sickingen , Bergman, La- 
voisier, Mussin - Puschkin , Pelletier, Proust, publièrent di- 
verses recherches sur le platine. 

Dans les premières années de ce siècle la mine de platine 
fut l'objet d'un grand nombre de ti'avaux. Descotils d'une 
part, et MM. Fourcroy et Vauquelin d'une autre part, dé- 
couvrirent presque en même temps l'iridium ; ceux-ci le 
séparèrejit de la poudre noire, et Descotils des muriates 
doubles de platine qui sont colorés en rouge. 

Après les travaux des chimistes françois, Tennant décou- 
vrit Posmium dans la poudre noire. A la vérité, quelques- 
unes des propriétés de ce métal avoient été aperçues par 
MM. Fourcroy et Vauquelin, mais ils les avoient attribuées 
à Piridium. Tennant confirma en même temps Pexistence 
de ce dernier comme corps particulier. 

A peu près dans le même temps que MM. Descotils, Four- 
croy, Vauquelin et Tennant reconnoissoient deux nouveaux 
métaux dans la mine de platine, M. Wollaston y faisoit la 
découverte du palladium et du rhodium. 

Depuis ces travaux, M. Vauquelin a reconnu le platine 
en Europe 5 il existe daas une mine d'argent rouge à Qua» 



«><5 PL A 

dalcanal en Andalousie. 11 a été trouvé dans ces derniers 
temps en Sibérie. 

Le platine est employé pour faire des vaisseaux qui non- 
seulement servent dans nos laboratoires de c-himie , mais 
encore dans les laboratoires des fabriques de produits chi- 
miques. Nous citerons pour exemple les chaudières en pla- 
tine où l'on concentre l'acide sulfurique, où l'on fait le 
départ de l'argent par ce dernier acide. On en fait des éta- 
lons-poids, des étalons - mètres , des creusets, des boules pour 
les pendules destinés aux opérations géodésiques, etc. (Ch.) 

PLAÏISMA. (Bot.) Genre de la familljf^des lichens, insti- 
tué par P, Browne et adopté par Adanson, qui le fonde sur 
Jes liehenoides de Dillenius, I^ist. musc, pi. 2 i , lesquels sont 
maintenant placés dans les genres Physcia, Decand., Borrera, 
Evernia d'Acharius; aussi ce genre n'est-il pas reconnu. Adan- 
son le définissoit ainsi : Plantes en buisson , à tige et branches; 
de substance fongueuse , molle et souple , lorsqu'elle est 
humide, et cassante, lorsqu'elle est sèche ; graines sphériques 
à la surface supérieure des écussons. 

Exemples. Phjsciœ furfuracea , prunastri , fastigiata et/raxh- 
nea, Decand. 

Un autre genre Platisma, analogue, établi par Hoffmann, 
a subi le même sort. Ses espèces font partie maintenant des 
genres Borrera, Physcia, Endocarpon, Parmelia, Sticta, Cetra- 
ria et Ramalina. (Lem.) 

PLATISPERMUM. {Bot.) Ce genre de M. Hoffmann est 
Je daucus muricatus. ( J.) 

PLATIZOMA. (Bot.) Voyez Plattzoma. (Lem.) 

PLATOCYMLNUM. (Bot.) La plante citée sous ce nom par 
Césalpin, et croissant, selon lui, sur les montagnes de la 
Toscane, paroit être le lascrpitium siler. ( J.) 

PLATOSTOMA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, de la famille des 
lahiées ^ de la didynamle gymnospermie de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice persistant, d'une seule 
pièce, tubulé, à deux lèvres entières, fermé, après la flo- 
raison, par la lèvre inférieure; une corolle à deux lèvres; la 
supérieure presque entière; l'inférieure à trois divisions; les 
deux latérales larges, qituses; l'intermédiaire en lanière 



PL A 297 

échancrëe; l'orifice très-grand; quatre étamines didynames; 
]l'S filamens larges, aplatis ; un style; un stigmate bifide; 
quatre semences au fond du calice persistant. 

Platostoma d'Afrique : Platostoma africanum, Pal. Beaur. , 
Flor. Oivar. et hen,, pag. 62, tab. gS. Plante dont la tige 
se divise en rameaux opposés, garnis de feuilles pétiolées , 
opposées, ovales, obtuses, dentées en scie, élargies à leur 
base , H pétioles presque de la longueur des feuilles. Les 
fleurs sont disposées en une grappe droite, simple, terminale, 
composée de petits verticilles, à pédicelles courts; deux pe- 
tites bractées lancéolées ; le calice est velu , beaucoup plus 
court que la corolle; les semences sont orbiculaires , ponc- 
tuées. Cette plante croît dans le royaume de Bénin ; elle a été 
découverte par Palisot-Beauvois. (Poir.) 

PLATUNIUM. {Bot.) Voyez Hastingie. (Poîr.) 

PLATURE, Platurus. {Erpét.) M. Latreille a créé, sous ce 
nom, un genre de reptiles ophidiens, démembré de celui des 
Couleuvres de Linnaeus, et de celui des Hydres de M. Schnei- 
der. Ce genre, qui appartient à la famille des hétérodermes 
et qui est généralement adopté, se reconnoît aux caractères 
suivans; 

Queue comprimée à l'extrémité et garnie en dessous de plaques 
en rang double ; dos couvert d'écaillés; ventre tapissé de larges 
plaques; des crochets à venin. 

Le Plature a bandes, Platurus fasciatus^ qui vit dans les 
eaux de la mer des Indes com.me les hydrophis et les péla- 
mides, est bardé en travers de blanc et de noirâtre. Il atteint 
la taille de plus de deux pieds. 

Linnaeus l'a décrit sous le nom de coluher laticaudatus , et 
Schneider sous celui dliydrus colubrimis. Ilavoit été rangé par 
Laurenti dans son genre Laficauda. 

Le Plature de Laurenti : Platurus Laurentii , Daudin ; Lali' 
cauda imhricata, Laurenti, est une espèce douteuse, que Ton 
doit peut-être rapporter aux Pélamides. (H. C.) 

PLATUROS, PLATURUS, Anguis platurus. {Erpét.) Noms 
par lesquels on a désigné une espèce de Pélamide. Voyez ce 
root. (H. C.) 

PLATUSE. {Iclithjol.) Un des noms vulgaires de la Pue. 
Voyez ce mot. (H. C.) 



^98 PLA 

, PLATYCÉPHALE , Ptaljcephalus. (Icluhj'oL) Bloch et 
Schneider ont donné ce nom à un genre de poissons de la 
famille des céphalotes, et dont les caractères sont les sui- 
vans: 

Peau nue ou à très-petites écailles; tctefort large, très-aplatie, 
peu tuberculeuse et ayant l'apparence d'une sorte de bouclier ; ca- 
topes en arrière des nageoires pectorales , mais portés sur un 
appareil suspendu aux épaules; quelques épines sur la tête; deux 
nageoires dorsales. 

Parmi les espèces de ce genre , nous citerons : 
Le Platycéphale ruse.- Platjycephalus insidiator ; Cottus insi- 
diator, Linnaeus. Point de barbillons à la mâchoire inférieure; 
deux aiguillons de chaque côté de' la tête, qui offre d'ail- 
leurs des stries relevées; dos gris, parsemé de taches et de 
points bruns; ventre et queue blancs; une tache jaune échan- 
crée et deux raies inégales obliques noires de chaque côté de 
la queue. 

Ce poisson, qui atteint la taille de plus de deux pieds, a 
été observé par Forsk.al en Arabie, où il se tient en em- 
buscade dans le sable pour saisir avec plus de facilité les 
poissons dont il veut faire sa proie. Les Arabes le nomment 
ragède, rogad ou rakad. Il est peut-être le même que le cottus 
scaber de Bloch , 180. 

Le Platycéphale iMADÉGAssE : Plafjcephalus madagascariensis; 
Cottus madagascariensis , Lacép. Point de barbillons à la mâ- 
choire inférieure; deux aiguillons recourbés de chaque côté 
de la tête; un sillon longitudinal large et profond entre les 
yeux; écailles assez grandes sur la queue; museau arrondi; 
yeux très-rapprochés l'un de Pautre; première nageoire dor- 
sale triangulaire; anus plus voisin de la gorge que de la 
nageoire caudale ; nageoire caudale partagée en trois lobes 
arrondis; taille de quatorze pouces environ. 

Ce poisson a été vu par Commerson auprès du Fort-Dau- 
phin de Pile de Madagascar. 

Le poisson des marais de PAmérique méridionale que feu de 
Lacépède a décrit sous le nom de gohiomore dormeur, d'après 
les manuscrits de Plumier, qui Pavoit appelé cephalus palus- 
Iris , est probablement un platycéphale. 

11 ne faut point au reste, et comme le fait Bloch, classer 



PLA 299 

dans ce même genre le sciœna undecimalis et le perça saxatilis. 
(H. C.) 

FLATYCËPHALE. (Entom.) Nom spécifique donné à quel- 
ques insectes, pour indiquer qu'ils ont la -tête plate. (C..D.) 

PLATYCÈRE, Platjcerus. (EnLom.) Nom donné par Geof- 
froy au genre Lucanus de Linnaeus. Ce nom, tiré du grec, 
7rXa.ruç Kgpaç , signifie corne plate. (Voyez Lucane.) M. La- 
treille avoit d'abord adopté le nom de platycère ; mais il ne 
le donnoit qu'à quelques espèces de Lucanes, telles que les 
chevrettes bleues et vertes de GeofF. , Lucanus caraboides , 
Linn. , qui n'offrent guères que des caractères tirés de la 
forme des yeux, qui ne sont pas coupés par les bords de la 
iête. (C. D.) 

■ PLy\.TyCÈRE. (Mamm.) C'est le même nom que platy- 
ceros. ( F. C.) 

PLATYCÉROS. (Mamm.) Le daim est ainsi nommé par 
Pline. Voyez Platvkeros. (F. C.) 

PLATYCHEILUS. (Bot.) Voyez tome XXXIV, page 212. 
(H. Cass.) 

PLATYCRINITE. (Foss.) Ce nom générique a été donné par 
M. Miller à des encrinites, auxquels il assigne les caractères 
suivans .- Corps crinoïdal, porté sur une tige à cinq pans, for- 
mée de jointures nombreuses, ayant quelques bras sur le 
côté, à des distances irrégulières; un bassin en forme de 
vase, composé de trois pièces inégales, duquel partent cinq 
larges épaules. (Miller, A naturai historj of the crinoidea). 
Cet auteur signale le Platycrinites rugosus, dont on voit une 
figure dans les Trans. of geol. soc, vol. 5, tab. 5, fig. 10.. 
et qu'on trouve à Caldy en Irlande, le Platycrinites lœvis dont 
on voit une figure dans Pouvrage de Parkinson , Org. rem., 
vol. 2, tab. 17, fig. 12, et qu'on trouve près de Bristol, de 
Dublin et de Cork, et le PlatjcriniLes pentangularis. (D. F.) 

PLATYDACTYLES. {Erpét.) Nom d'un sous-genre établi 
par M. G. Cuvier dans le genre Cecico y et dont nous avons 
décrit les espèces dans ce Dictionnaire, tome XVIII , pag. 
272 et suiv. (H. C. ) 

PLATYGLOSSATES. (Entom.) M. Latreille a donné ce 
nom à une division de l'ordre des hyménoptères, renfermant 
des insectes à aiguillons et à langue aplatie; mais ne compre- 



3oo PLA 

nanf pas néanmoins les abeilles et les genres les plus voisins. 
(Desm.) 

PLATYGRAMMA. (Bot.) Genre de la famille des lichens, 
récemment établi par Meyer, et qu'il caractérise ainsi : Con- 
ceptacles (sporocarpia) linéaires, presque simples ou ra- 
meux et rayonnans; lame proligère , déprimée, légèrement 
plane, sans bordure, ou entourée par un rebord, formé par 
le thallus ; les séminules ou spores s'échappant du disque des 
conceptacles. Meyer ramène à ce genre quelques espèces de 
graphis, d'Achard , telles que les graphis dendritica et dioryg- 
matis. Il leur unit quelques espèces des genres Leiorrheuma , 
Pjrochroa d'Eschvveiller , et d'Arthonia de Fée. En outre il 
leur associe plusieurs espèces exotiques nouvelles. 

Ce genre , ainsi que les Asterisca et Leucogramma , égale- 
ment de Meyer, forment un groupe entre le Graphis d'A- 
danson, et le Glyphis d'Acharius , que Meyer a également 
modifié dans leurs caractères. C'est au Graphis qu'il ramène 
les genres Graphis, Opegrapha, Oxjsloma, Scaphis, Lecanaclis 
et Sclerophjton d'Eschw eiller , le Fissurina de M. Fée, et une 
partie des Graphis et Opegrapha d'Acharius. L'Asterica est le 
Sarcographa de M. Fée (voyez à ce mot) et le Medusula 
d'Eschweiller : il contient les Gljphis labjrinthica et le Gl. 
tricosa d'Acharius. 

Le Leucogramma est caractérisé par ses sporocarpes ou con- 
ceptales en forme de lirelles, diversement courbées, simples 
ou rameuses. La lame proligère est canaliculée, contenue 
sous la peau, formée du thallus, qui se fend ensuite longi- 
ludinalemenf. Les séminules ou sporidies sont situées sur le 
disque des conceptacles. Les espèces, qui composent ce 
genre, sont exotiques. Meyer en cite du Brésil et d'Afrique. 

Tous ces genres font partie de la famille des hypoxylées 
de M. De Candolle, que les cryptogamistes actuels persistent 
à placer, partie dans les lichens et partie dans les champi- 
gnons. (Lem.) 

PLATYKEROS. (Mamm.) Ce nom étoit celui du daim chez. 
les Grecs, à cause de l'aplatissement de ses bois. (F. C.) 

PLATYLOBE, Platylobium. {Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs complètes, papilionacées, de la famille 
des légumineuses, de la diadelphie décandrie de Linuaeus , oijr 



PLA 5oi 

ïvaot pour caTactère essentiel : Un calice persistant, campa- 
nule, à cinq divisions; les deux supérieures plus grandes, 
obtuses; une corolle papilionacée; l'étendard profondément 
échancré; les ailes plus courtes, couvrant la carène, appen- 
diculées sur le côté de leur base opposé à l'onglet; la carène 
de la longueur des ailes, partagée en deux pétales conni- 
vens, appendiculés à un des côtés de leur base; dix étamines 
en un ou deux paquets, libres à leur moitié supérieure; un 
ovaire pédicellé ; le style recourbé; le stigmate en tête. Le 
fruit est une gousse pédicellée, comprimée, un peu ailée 
sur le dos, à une loge, à deux valves; plusieurs semences 
munies à leur ombilic d'une caroncule saillante. 

Platylobe élégant : Platjlohium formosum; Vent. , Jard. de 
Malm. , tab. 3i ; Botan. Magaz., tab. 469 ; Smith , Nov. Holl. , 
1 , tab. 6 ; Cheilococca apocjnifolia , Salisb. , Prodr., 412. Ar- 
brisseau peu élevé, remarquable par la beauté de son feuil- 
lage, par le nombre et l'éclat de ses fleurs d'un jaune doré, 
tachetées de pourpre. Les tiges sont rameuses et velues ; 
les rameaux grêles, très-souples, opposés; les feuilles oppo- 
sées, un peu pétiolées, ovales, en cœur, velues dans leur 
jeunesse, d'un vert foncé en dessus, plus pâles et cendrées eu 
dessous; les pétioles hérissés de poils blanchâtres; les stipules 
brunes, lancéolées. Les fleurs sont axillaires , presque soli- 
taires; elles ont leur pédoncule velu, réfléchi après la florai- 
son , muni de bractées opposées ; le calice velu en dehors, 
avec une teinte violette ; les deux divisions supérieures en 
ovale renversé; les trois inférieures petites, lancéolées; la co- 
rolle assez grande ; les gousses pendantes, oblongues, réticu- 
lées , tronquées obliquement à leur base; les semences brunes. 
Cette plante croît à Botany-Bay , dans la Nouvelle-Hollande. 
Platylobe a feuilles de SCOLOPENDRE; Platjlobium scolopen- 
drium, Vent., loc. cit., tab. 55. Celte espèce a le port du 
genista sagittalis. Ses tiges sont comprimées, semblables aux 
feuilles de la scolopendre, sinuées dans leur longueur; chaque 
crénelure est terminée par un bouton, qui donne naissance 
aux rameaux, aux fleurs ou aux feuilles; mais la plupart de 
ces boutons avortent. Les feuilles sont alternes, presque ses- 
siles, glabres, ovales, obtuses; les stipules brunes, fort petites. 
Les fleurs sont solitaires, inclinées, d'un beau jaune, tache- 



3o2 PL A. 

tées (le pourpre; elles ont le calice en cloche, d'un \ert 
tendre, rayé de rouge, pubescent en dedans; les gousses 
pédicellées, oblongues, comprimées, renflées à leurs bords, 
avec une arête saillante à leur bord supérieur , d'un brun 
foncé ; les semences ovales , arrondies. Cet arbuste est ori- 
ginaire de la mer du Sud. On le cultive au Jardin dn Roi. 

Platylobe LANCÉOLÉ ; Platjlohium lanceolatum , Andrews, 
Bot. rep., tab. 2o5. Arbrisseau dont la tige cylindrique est 
chargée de rameaux glabres, comprimés, élancés, divisés 
en d'autres plus grêles et courts. Les feuilles sont simples, 
alternes, presque sessilcs , étroites, linéaires, glabres, lon- 
gues d'un pouce et demi; les fleurs solitaires , pédonculées , 
axillaires, ont les pédoncules très-courts, uniflores; le calice 
glabre; la corolle jaune; la carène d'un pourpre violet; 
l'ovaire comprimé, alongé, pédicellé. Cette plante croît dans 
la Nouvelle -Hollande. 

Platylobe a feuilles ovales; Plaljdolium ovatum, Andr. , 
Bot. rep., tab. 266. Ses tiges sont glabres et ligneuses; les ra- 
meaux nombreux, dressés, cylindriques-, les feuilles simples, 
alternes, médiocrement pétioîées, glabres, ovales, entières, 
longues d'environ six lignes et plus. Les fleurs sont pédon- 
culées, solitaires, axillaires; elles ont \çs pédoncules courts, 
•un peu recourbés, uniflores; l'étendard jaune, à deux lobes, 
tacheté de rouge à sa base, ainsi que les ailes; la carène et 
l'ovaire de couleur purpurine. Cette plante croît à la Nou- 
velle-Hollande. Alton réunit celte espèce à la précédente, 
sous le nom de bossicea heterophjlla , Hort. Kew. , tome 4 , 
page -267. 

Platylobe a petites feuilles ; Platjlohium microphj'llum , 
Botan. Magaz., tab. 863. Espèce ligneuse, dont la tige est 
divisée en rameaux grêles, nombreux, alternes. Les feuilles 
sont petites, alternes , presque scssiles, semblables aux folioles 
d'une luzerne, glabres, en cœur renversé, entières, échan- 
crées à leur sommet, longues d'environ trois lignes. Les fleurs 
sont petites, solitaires, axillaires, médiocrement pédoncu- 
lées, un peu plus longues que les feuilles. La corolle est d'un 
jaune mélangé de brun ; les segmens du calice sont obtus; 
l'ovaire est comprimé , pédicellé. Cette plante croît à la 
Nouvelle - Hollande. 



PLA 3o3 

Tlatylobe a rauirxEs triangui-aires : Platjlohium Iriangulare; 
Ait., Hort. Kew*, edit.noy., 4, pag. 26G ; Botan. Magaz. , 
tab. i5o8. Cette plante se rapproche, par ses fleurs, de la 
première espèce. Sa tige est chargée de rameaux glabres, op- 
posés. Les feuilles sont à peine pétiolées , opposées, deltoïdes, 
presque hastées ou triangulaires, glabres, vertes en dessus, 
presque blanches en dessous; les angles et le sommet termi- 
nés par une pointe épineuse; les stipules courtes, subulées. 
Les fleurs sont disposées en grappes; elles ont les pédoncules 
munis de bractées à leur base et au sommet ; l'étendard d'un 
beau jaune, étalé, marqué à sa base d'une grande tache 
rouge et frangée ; les gousses un peu plus longues que le ca- 
lice. Cette plante croît au cap Van-Diémen, dans la Nou- 
velle-Hollande. (PoiR.) 

PLATYNE, Platynus. {Entom.) M. Bonelli a désigné sous ce> 
nom un petit genre d'insectes coléoptères créophages, delà 
division des carabes et voisins des cymindis, dont le corselet 
est plus étroit que les élytres, sous lesquels il n'y a pas 
d'ailes, et dont l'abdomen, très-large, est en même temps 
très-aplati. (CD.) 

PLATYNOTE, P/afjKnofz/5. [Enlom.) Fabricius a employé 
ce nom dans son Système des éleuthérates, pour indiquer 
un genre de coléoptères hétéromérés photophyges ou luci- 
fuges, voisins des pimélies et des blaps. M. Latreille n'a pas 
adopté ce genre, qui ne comprend au reste que des espèces 
la plupart étrangères à l'Europe, et qu'il regarde comme 
appartenant au genre Aside, qui est TOpatre cris, Opalrum, 
griseuin. Voyez ce mot dans ce Dictionnaire, tome XXXVI, 
page 167, n.° 2 , et la figure 4 de la planche i3 de l'atla.s 
qui en fait partie. (CD.) 

PLATYONIQUE, Platjonichus. (Crust.) Genre de crustacés 
décapodes brachyures , formé aux dépens des portunes. 

Ce genre, créé par M. Leach , avoit d'abord reçu de ce 
zoologiste le nom de portumnus, mais M. Latreille, remar- 
quant que cette désignation avoit trop de ressemblance avec 
le nom de portunus, a proposé de la remplacer par celle de 
plat/yonichus , qui indique l'aplatissement du dernier article 
des pieds de derrière dans ces crustacés. Voyez l'article Ma» 
Lacostracjés,. tome XXVIII, page 216, (Desm.) 



3o4 PLA 

PLATYPE, Plaiypus. {Entom.) M. Latrelllc s'est servi de ce 
nom pour former un petit genre de coléoptères voisins des 
BosTRicHEs , en particulier le Boslrichus cjiindrus de Fabri- 
cius, que nous avons décrit sous le n." i de l'article consacré 
à ce genre. (C. D.) 

PLATYPÈZE, Platj'peza. {Entom.) Nom donné par Meigen 
à un genre d'insectes diptères, de la famille des chétoloxes et 
du genre Dolychope de Fabricius. Voyez ce mot. (CD.) 

PLATYPHYLLOS. (Bot.) Le chêne ordinaire est indiqué 
sous ce nom par Daléchamps. Césalpin cite sous le même nom 
un tithymale , qui est probablement Yeuphorbia platjphyllos 
de Linnasus. (J. ) 

PLATYPHYLLUM. (Bot.) Feuille étendue, en grec. Ven- 
tenat, ayant voulu ériger en autant de genres distincts les 
divisions que Linnœus avoit établies dans son genre Lichen, 
donna à chacune d'elles un nom propre. Le platfphjyllum con- 
tenoit les espèces foliacées, libres, non crustacées, àscutelles 
sessiles ou légèrement stipitées. Il comprend les genres PhjS' 
cia, Decand, , et Borrera, Ramalina, Evernia, Cetraria, d'Acha- 
rius. (Lem.) 

PLATYPIGA. (Mamm.) Un des noms génériques donné* 
aux agoutis par Illiger. (F. C. ) 

PLATYPODES. (Ornith.) Ce terme est employé par Lacé- 
pède pour désigner, dans sa méthode, les oiseaux, dont les 
doigts extérieurs sont unis dans presque toute leur longueur, 
(Ch. D.) 

PLATIPORUS. {Bot.) Voyez à l'article Polypords, le §. i. 
(Lem.) 

PLATYPTERIS. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs composées, de la famille des corjmbifères , de la sjngé' 
nésie polygamie égale de Linnœus, offrant pour caractère essen- 
tiel : Un involucre ou calice commun à plusieurs folioles imbri- 
quées, raboteuses; des fleurs nombreuses, toutes hermaphro- 
dites et flosculeuses; cinq étamines syngénèscs ; un style: un 
stigmate bifide. Les semences planes, ailées, surmontées de 
deux arêtes droites, égales, persistantes; le réceptacle con- 
vexe, garni de paillettes. 

Ce genre a été établi par M. Kunth pour une plante que 
Cavanilles avoit placée parmi les bidens, Curtis parmi les spi' 



PLA So5 

îaiitlius , qui diffère des uns et des autres par le calice im- 
hriqué et Je réceptacle convexe, ti'ès-voisine d'ailleurs des 
verbesina. Son nom générique est tiré du caractère de ses 
semences munies d'une aile membraneuse, composé de deux 
mots grecs TrXaQv -, large; irli^ov ■> aile. 

PLAjvFrERis SAFRANE : Plufj'pteris crocata; Kunth ira Humb. 
et Bonpl. ,.Nofk gen., 4, pag. 201 ; Bidens crocata, Cavan. , 
Icon. rar. , 1 , tab. C)g ; Spilatdhus erocatus , Bot. Magaz,, tab. 
1627. Plante herbacée, haute de quatre ou six pieds. Ses 
rameaux sont opposés, quadrangulaires, glabres, striés, les 
plus jeunes rudes, hispides , ailés sur leurs angles. Les 
feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, presque deltoïdes, 
aiguës, rudes à leurs deux faces, à dentelures irrégulières. 
Les fleurs sont axillaires ou terminales, solitaires, les pédon- 
cules droits , très-longs, striés, pubescens et blanchâtres. 
heur calice est hémisphérique, à folioles linéaires-lancéo- 
lées, étroites, subulées au sommet, pubescentes en dehors; 
les extérieures plus courtes et un peu plus larges; le récep- 
tacle convexe, garni de paillettes linéaires, subulées au 
sommet, blanchâtres, scarieuses: les fleurons nombreux, à 
peine plus longs que le calice, tous hermaphrodites, d'un 
jaune orangé, glabres, à cinq dents, élargis à leur orifice: 
le stigmate à deux longues divisions, un peu épaissies à leur 
sommet ; les semences oblongues , planes, comprimées, gar- 
nies à leurs bords d'une aile membraneuse; deux arêtes rudes, 
droites, persistantes, plus courtes que les semences. Cette 
plante croît au Mexique, proche Tasco. (Poir.) 

PLATVPTERYX. (Eu/om.) Nom donné par M. Laspeyres, de 
Berlin, dans ses Observations critiques sur le cafalogue sys- 
tématique des lépidoptères de Berlin, à un petit genre de 
phalènes, qui comprend en particulier celle appelée /ti/ca- 
taria. (C. D.) 

PLAïYPUS. (Mamm.) Nom générique de Fornithorhynque 
dans Shaw, (F. C.) 

PLATYRAPHE, Platyraphitim. (Bot,) Ce genre de plantes, 
que nous avons indiqué dans notre article Noïobase ( tome 
XXXV, pag. 175), appartient à l'ordre des Synanthérées et 
à notre tribu naturelle des Carduinées. 11 est immédiatement 
■joisin du genre Lamjra, dont il diffère par l'appendice des 



3o6 PL A 

sqîiames du péricline, qui est peu distinct de la squame, 
foliacé, très-large à sa base, laquelle n'offre aucune protu- 
bérance sur la face interne; tandis que, chez les vraies La- 
niyra , l'appendice est étroit, plus étroit dès sa base que le 
sommet de la squame, épais, non foliacé, subulé, muni 
d'une protubérance sur la fuce interne de sa base. Ajoutons 
que les corolles du Plaljraphium sont très - obringentes, et 
non subrégulières comme celles du Larnyra. 

Le Platyraphium Jacquini , que nous avons observé, et que 
nous considérons comme le type du genre, a la calafhide 
très-grande; son péricline est aranéeux; les squames de ce 
péricline ont un appendice étalé, très-long, très-droit, très- 
roide, uninervé, coriace- foliacé , au moins aussi large à su 
base que la squame elle-même, étréci insensiblement de bas 
en haut, spinescent au sommet, bordé de longs poils ara- 
néeux; cet appendice, très-analogue à celui de VOnopordum, 
ou du Carduus nutans , n'offre aucun vestige de la protubé- 
rance qui se trouve à la base interne de l'appendice dans les 
vraies Lamjra ; les corolles sont très - obringentes : les éta- 
mines ont le filet velu; les fruits et leur aigrette ressemblent 
à ceux du genre hamyra ; le plateau est nul ou presque nul. 

INous distinguons deux espèces de Platyraphium. 

Platyraphe de Jacquin : Platyraphium Jucquini , H. Cass. ; 
Carduus afer , Jacq. , Horl. Schanhr., vol. 2, pag. 10, tab. 146. 
C'est une plante de Barbarie, à racine bisannuelle, pi'odui- 
sant une tige dressée, haute de trois pieds, cylindrique, 
striée, laineuse, blanche, épaisse comme le doigt, un peu 
ramifiée supérieurement ; les feuilles sont éparses , nom- 
breuses, sessiles, linéaires-lancéolées, pinnatifides , lomeu- 
teuses et blanches en dessous, glabres et vertes en dessus , 
avec les nervures blanches; les plus grandes ont un demi- 
pied de long; les divisions sont distantes, doubles ou gémi- 
nées, l'une plus grande, l'autre plus petite, presque ovales, 
squarreuses, terminées par une forte épine blanchâtre; cha-- 
que rameau se termine en un pédoncule court, portant une 
calathide dressée ; le péi icline est ventru , formé de squames 
nombreuses , lancéolées à la base , subulées supérieurement , 
acuminées , roides, terminées par une épine, liées entre 
tlles iuférieuremenî par un coton aranécux, luisantes du 



PLA 5o7 

reste; les iui'érieures sont plus courtes, vertes et réfléchies; 
les autres sont deux fois plus longues, étalées, et plus ou 
moins violettes; les corolles et les styles sont purpurins; le 
clinanthe est convexe, presque conique, très-g;irni de fim- 
brilles soyeuses; les fruits sont luisans , bruns, obovés, aigus 
à la base, pourvus d'une aigrette sessile et piumeuse. 

Cette description est calquée sur celle de Jacquin. Nous 
remarquons, sur la figure donnée par l'auteur , que les feuilles 
sont sinuées, à lobes saillans, bilides, dont chaque division 
se termine par une épine ; et que les appendices des squames 
du péricline sont très -larges, et munis d'une nervure mé~ 
diairc. 11 est évident pour nous que la plante de Jacquin est 
celle que nous avons observé au Jardin du Roi, où elle est 
étiquetée Cnicus diacantha, Labill. 

Platyraphe de LabillardiÈre : Platjraphiiitti Billardieri , H. 
Cass. , Dict. , Jiic; Làmyra diacantha, H. Cass. , Dict. , tom. 
XXV, pag. 22 1 ; Carduus diacantha, Labill., le. pi. Sjr. rar, , 
dec. 2 , pag. 7 , tab. 5. Cette plante , trouvée par M. Labil- 
lardière en Syrie , sur le mont Liban , et considérée par VVili- 
denow comme une variété de celle de Jacquin, a été décrite 
dans ce Dictionnaire sous le nom de Lamjra diacantha. La 
description et la ligure données par M. Labillardiére, nous 
persuadent que c'est une seconde espèce de Platyraphium , 
bien distincte de la première, notamment par ses feuilles et 
parles appendices du péricline. En etïet, les feuilles, assez 
analogues à celles du Lamjra triacantha, sont entières ou 
presque entières, c'est-à-dire à peine sinuées sur les bords, 
qui sont munis d'épines géminées, sessiles ou presque sessiies 
et rapprochées par leur base; tandis que, dans la plante de 
Jacquin, les feuilles sont comme pinnatifides , ou profonde- 
ment sinuées , de manière à former des lobes saillans, bifides, 
dont chaque division sert de support distinct à une épine 
solitaire. Quant aux appendices du péricline, ils ne sont 
point, à beaucoup près, aussi larges que dans la plante dîr 
Jacquin; et cependant il nousparoit, d'après la figure, que 
l'appendice ne se dislingue point de la squame qui le porte, 
par un étrécissement subit, ni par une protubérance, comme 
dans les vraies Lamyra. Il nous paroit aussi que les calathides 
iOiit iiîoias j^raridcj dans la plante de M, Labillardiére , qu'i' 



So8 PL A 

dit être annuelle, et non bisannuelle, comme l'autre espèce. 
La descriplion faite par ce botaniste nous apprend que les 
corolles sont fendues inégalement, c'est-à-dire obringentes , 
que les filets des étamines sont garnis de poils, que les an- 
thères sont apj>endiculées à la base, que les stigmatopliores 
sont entregreffés, et que les fruits sont obovés, très-glabres, 
bruns, à aigrette plumeuse , grisâtre. 

Le nom àe Piatjraphium , composé de deux mots grecs, 
qui signifient large aicne, fait allusion à l'appendice des 
squames du péricline, qui est largement subulé , au lieu d'être 
étroitement subulé, "comme dans les vraies Lamjra. 

Le tableau méthodique des genres et sous-genres compo- 
sant la tribu des Carduinées, n'ayant point été présenté dans 
notre article sur cette tribu (tom. VII, pag. 94), où il auroit 
dû se trouver, nous l'insérons ici, cojnme un supplément 
aussi nécessaire qu'important, qui ne pourroit pas être placé 
plus convenablement dans tout autre article ultérieur, et 
qu'il est urgent d'offrir à nos lecteurs, pour réparer le plus 
tôt possible une très-grave omission. 

IV.^ Trihu. Les Carduinées (Carduineœ). 

Cinarocephalarum pars. Vaillant (1718) — Bern. Jussieu 
(1759. inéd.) — A. L. Jussieu ( 1789) — Carduorum pars et 
Xeianthemoruin gênera. Adanson (1765) — Cardiiacearurn pars. 
L. C. Richard (1801) in Marthe Catal. p. 85 — De Candolle 
(1810) Ann. du mus. v. 16 — H. Cassini (i8i:i) — Carduineœ. 
H. Cassini (1816) — Carduacearum verarum pars. Kunth 
(18.0). 

(Voyez les caractères de la tribu des Carduinées, tom. XX, 
page 359.) 

Première Section. 

Carduiin'Ées-Serratijlées ( Carduinece - Serratulcœ). 

(Caractères ordinaires.) Feuilles peu ou point épineuses. 
Appendices du péricline peu ou point piquans au sommet. 

I. Carthamées , Carthanieœ. (Car. ord.) Appendices du pé- 
ricline plus larges que le sommet des squames qui ]es portent. 
Ovaire tétragone , peu ou point comprimé, ayant l'aréole 
basilaire large, peu oblique, et le plateau nul; aigrette bar- 



PL A 5-9 

bellulêc, rarement nulle. Corolle à tube frès-long. Etamines 
à filet presque glabre, ou à peine papille, ou muni d'une 
seule touffe de poils; appendice apicilaire de l'anthère, ar- 
rondi au sommet; appendices basilaires cour(s. Sligmalophores 
entregreffés. 

1. * Carduncf.li.us. — CardunceUus. Lob. ( iSgi ) — Moris. 
(iC8o) — Adans. ( i 765 ) — Alli ( i 785 ) — Decand. ( i8o5 et 
1810. benè.) — H. Cass. Dict. v. 7. p. gi. v. 2/,. p. 385. — • 
Cnici sp. Tourn. (1G94) — Carlhamoides. Vaill. (1718) — Car- 
tliami sp. Lin. (1757) — Neck. (1791) — Onohrowa. Gœrtn. 

(^790. 

2. "^ Carth.\mvs. = Carthamiis^ Tourn. (1694) — Adans. (1 7G5) 

— Gœrtn. (1791) — Mœnch (1794) — Decand. (i8o5 et 1810. 
benè.) — H. Cass. Dict. v. 7. p. 160. v. 24. p. 385. — Car- 
Ihami sp. Vaill. 1718 — Lin. (1707) — Neck. (1791)- 

5. * Cestrinus. = Cinarœ sp. Tourn. (1703) — Tilli (1725) 

— Cjnara acaulis. Lin. — Scrratula acaulis. Decand. (1810) — 
Cestrinus.. H. Cass. Bull. févr. 1817. p. 35. Dict. v. 8. p. 24. 

II. Serratiilées vraies, Serratuleœ verœ. (Car. ord.) Appen- 
dices du péricline , tantôt plus larges, tantôt plus étroits, 
que le sommet des squames. Ovaire ordinairement oblong 
et compi'imé , ayant l'aréole basilaire plus ou moins oblique, 
et le plateau presque toujours nul ou presque nul; aigrette 
barbellulée ou quelquefois barbée. Corolle régulière ou sub- 
régnlière , rarement obringente. Étamincs à filet presque 
toujours papille, très-rarement poilu; appendice apicilaire 
de fanthère, aigu ou obtus, mais point arrondi au sommet. 
Stigmatophores quelquefois libres jusques près de leur base. 

(A) Rhaponticécs , Rhaponticece. 

.\ppendices du péricline plus larges que le sommet des 
squames, grands, scarieux, plus ou moins roux ou bruns. 
Calathide très-grande et ordinairement unique. 

4. ^' Rhaponticum. = Centaiirii majoris sp. Tourn. — Rha~ 
ponlicL sp. Vaill. (1718) — ^Centaurées sp. Lin. — Khacomœ sp,' 
Adans. (malè , de pappo) — Serratulœ sp. Gaertn. — Decand. 
(i8o5) — Hookia. Neck. (i 791. benè.) — Rhaponticum. Decand, 
(1810). 



Sio PL A 

5. * I.'EX^ZT.A. = CenUiiir: i majnris sp. Tourn. < — Tuiapontici sp. 
Vaill, — Cenfaureœ sp. I,in. — Rhacowœ q. s. Adans. (1763. 
])enè.) — Leuzea. Decand. (i8o5 et loio) — H. Cass. Dict. 
V. 26. p. 179. Dict. (hic). 

6. * FoRNicitiM. = Forniciiim. H. Cass. Bull, juin 1 8 1 9. p. 90. 
Dict. V. 17. p. 249. V. 2^. p. 181. 

7. '''Stemmacantha. = Cardin sp. Lin. (1737) — Cnicus cen- 
tauroides. Lin. (1763) — Serratulœ sp. Ga3rln.(i7gi) — Decaiid. 
(]8o5 et 1810) — An? Hookiœ sp. JNeck. — Stemmacardha. 
H. Cass. Bull. janv. ]8]7. p. 12. 

(B) Serratulées proprement dites. 

Appendices du péricline plus étroits que le sommet des 
squames. 

8. '' Jdrinea. = Cirsii sp. Tourn. — B.haponticoidis sp. Vaill. 

— Cardui sp. Lin. — Serraiiilœ sp. Gaertn. — Poir. — Decand. 
(1 Sio) — Jurinea. H. Cass. (1 822) Dict. v. 24. p. 287. 

9.* Klasea. — Serratulœ sp. Lin. — Decand. (1810) — Klasra. 
H. Cass. (1825) Dict. v. 35. p. 175. Dict. (lùc). 

]0. **■ Serratula. = Serratula, Ma(h. — Dod. — Bauh. — 
H. Cass. (1825) Dict. V. 35. p. 173. Dict. (hic) — Jaceœ sp. 
Tourn. — Bhaponticoidis sp. Vaill. — Serralulœ sp. Lin. (1737) 

— Adans. — Juss. — Gaertn. — Decand. (1810) — Cardui sp. 
Scop. 

11.'"' Mastrucium. =^ Serratiilœ sp. Bocc. (1697) — Lin. -^ 
Adans. — ,Juss. — Decand. (1810) — Jaceœ sp. Tourn. — 
Cardui sp. Gmel. (1749) — Alli — Mastrucium. H. Cass. (1 82$) 
Dict. V. 35. p. 173. Dict. (hic). 

12. "' Lappa. = happa. Tourn. ( 1694) — Vaill. (1718) — 
Adans. — Juss. — Gœrtn. — Mœnch — Decand. — H. Cass. 
Dict. V. 2 5. p. 257 — Arctii sp. Lin. — Arctium. Vill. 

Seconde Section, 

Carduinées-Pkototypes [Carduineœ- Archetypce). 

(Caractères ordinaires.) Feuilles plus ou moins épineuses. 

Appendices du péricline plus ou moins piquans au sommet. 

1. Silybées, Siljleœ. (Car. ord.) Appendices du péricline 

plus larges que le sommet des squames, et scarieux ou fe- 



PL\ 3.1 

iiacés. Clinanthe convexe ou planhisculc. Ovaire obloiig 
ou obové, comprimé, ayant l'aréole basilaire peu ou point 
oblique, et portant un plateau très-manireste; aigrette bar- 
bellulée ou barbée. Corolle tantôt subrégulière , tantôt très- 
obringente. Étamines à filet presque glabre, ou papille, ou 
courtcment poilu ; appendice apicilaire de l'anthère, aigu. 
Stigmatophor^^s entregrcfifes. 

i3. * Alfredia. = Cnici sp. Lin. (1748) — Cardui sp. Gmel. 
(17/19) — Silybi sp. Gœrtn. (1791) — Mœnch — An? Hookiœ 
sp. Neck. (1791) — Alfredia. H. Cass. Bull. cet. i8i5. p. 176. 
Journ. de phys. févr. 1816. p. 145. Dict. v. 1. suppl. (1816) 
p. 1 15. Bull. févr. 1817. p. 33. Dict. v. yi. p. 422. Dict. (hic\ 

14."' EcHENAis. ^ Carlinœ sp. Marsch. (1808) — Echenais. 
H. Cass. Bull, mars 1818. p. 33. Dict. v. 14. p. 170. Bull, 
janv. 182c. p. 4. Dict. v. 26. p. 226 — Cirsii sp. Marsch. 
(,8.9). 

1 5. *Sii,YflUM. = Cardin sp. Tourn. — Lin. — Siljhum. Vaill. 
(1718) — Adans. — H. Cass, Dict. (hic) — Cartliami sp. Lam. 
(1783) — Silybi sp. Gaertn. (1791) — Mœnch. 

IL Cinarées, Cinareœ. (Car. ord.) Appendices du péricline 
coriaces, rarement plus larges, souvent plus étroits, que le 
sommet des squames. Clinanthe large et plan. Fruit obové, 
tétragone , un peu comprimé, ayant l'aréole basilaire large, 
un peu oblique, et le péricline épais, dur, corné; aigrette 
barbée ou barbellulée. Corolle obringente, ayant souvent la 
base du limbe épaisse et charnue. Étamines à filet papille, 
ou rarement presque glabre ; appendice apicilaire de l'an- 
thère , obtus ou aigu. Stigmatophores entregreffés presque 
jusqu'au sommet. 

16. * CiNARA. = Cinarce sp. ToTirn. — Lin. — Cirsii sp. 
Adans. — Cinara. Juss. (1789) — Decand. (1010) ■ — H. Cass. 
Dict. (hic). 

17. * Onopordon. = Cardui sp. Tourn. — Onopordon. Vaill. 
(1718) — Lin. — Juss. — Gaertn. — Decand. — H. Cass. Dict. 
(hic) — Acanos. Adans. — Scop. 

18. * Arction. = Arction. Daléch. ( i5S6) — H. Cass. — 
Lappœ sp. C. Bauh. — Centaurii rnajoris sp. ïourri. — Arc- 
tium. Lam. (1778) — Juss. — Decand. — (JVon Arctium, Lin- 
ijoj et seq.) — Villaria. Guett. (1779) — Arctio. Lam. (1785) 



5^2 PLA 

— Onopordisp. Alll. (1705)— y\'inâ.~ Berardia. Vill. (1788) 

— Pers. 

in. r.amyrées , Lamjreœ. (Car. ord.) Appendices du péri- 
cîine très-roides, épais, plus étroits que le sommet des 
squames. Clinanthe devenant plus ou moins convexe. Fruit 
court, épais ou large, arrondi, obové-suhglobuleux , nulle- 
ment anguleux, très-lisse, rarement comprimé, privé de 
bourrelet apicilaire ; péricarpe plus ou moins épais, d'abord 
charnu, puis dur; aréole basilaire ordinairement large, or- 
biculaire, et point oblique, rarement longue, étroite, et 
oblique- extérieure ; plateau nul ou presque nul; aigrette 
blanche, barbée, composée de squamellules peu inégales, 
point épaissies au sommet. Corolle tantôt subrégulière, tan- 
tôt très-obringente. Étamines à filet poilu ou papille ; appen- 
dice apicilaire de l'anthère, aigu. Stigmatophores entre- 
grefl'és. 

19. '^ Pi.ATVRAPHUM. = Cdrdui .<;p. Labill. (1791) — Jacq, 
(1797)-^ Cnici sp. Willd. — Lamyrœ sp. H. Cass. (1022) Dict- 
V. 25. p. 221. — Plat^'raphium, H. Cass. (j825) Dict. v. 55. 
p. 173^. Dict. (hir). 

20. "' Lamyra. = Cardai sp. Tourn. — ■ Lin. — Lam. — Polya- 
canthœ sp. Vaill. (1718) — Cirsii sp. Adans. — Alli. — Mœnch 
' — Decand. — Xjlanthemœ sp. Neck. — Cnici sp. Willd. — 
Lamjra. H. Cass. Bull. nov. 1818. p. 168. Dict. v. 2 5. p. 218. 

21. *>■ PxiLOSTEMON. = Ckamœpence. P. Aîp. (1629) — Jaceœ 
sp. Tourn. (1703) — Cenlaureœ sp. Lin. (1737) — Serratulœ sp. 
Lin. (1763) — Poir. — Stœhelinœ sp. Lin. (1774) — Willd. — 
Fers. — Cirsii sp. Decand. (i8o5 et 1810) — Cnici sp. Desf. 
( 180g) Hist. des arbr. v. 1. p. 2'^o — Cnici et Stœhelinœ sp. 
Desf. (181 5) Tabl. du Jard. du Koi. p. 107 et 108 — Ptilos- 
lemon. H. Cass. Bull. déc. 1016. p. 200. Dict. v. 25. p. 223. 
V. 35. p. 175. 

22. * NoTOBAsis. = Cardui sp. Tourn. — Lin. — Pofyacanthœ 
sp. Vaill. (1718) — Cirsii sp. Gsertn. — Cnici sp. Willd. — 
I<lolobcisis. H. Cass. (1822) Dict. v. 26. p. 225, v. 55. p. J70. 

IV. Carduinéea- Prototypes vraies, Carduineœ-Archetypœ 
verœ. (Car. ord.) Appendices du péricline plus étroits que 
le sommet des squames.. CHnanthe plus ou moins convexe. 
Fruit oblong, peu épais, comprimé, non arrondi, muni d'un 



PLA 3i3 

bourrelet apîcilaire plus ou moins manifeste; péricarpe as?cz 
mince, coriace, flexible: aréole basilaire souvent assez pe- 
tite, presque elliptique, et un peu oblique-intérieure; pla- 
teau très-maiiireste ; aigrette tantôt et le plus souvent barlsée, 
tantôt barbellulée , plus ou moins grisâtre, brunâtre ou rous- 
sàtre, composée de squamellules inégales, dont les plus lon- 
gues sont souvent épaissies au sommet. Corolle plus ou moins 
obringente, rarement subrégulière. Éfamines à lileî poilu, 
rarement papille ou glabriuscule ; appendice apicihiirc de 
l'anlhére, aigu. Stigmatophores entregrefFés. 

20. '•'■ PicNOMON. = Picnomon. Daléch. (i586) — Adans. 
(1765) — H. Cass. ( 1822 ) Dict. v. 25. p. 226. v. 27. p. lo'!. 
v. 40. p. 187. Chamœlconis sp. Clus. (1601) — Acarnœ sp. 
C. Bauh. (1C23) — Cnici sp. Tourn. (1700) — Gouan (17C2) 

— Lin. (1765) — Willd. (i8o5) — ^carna. Vaill.(i7i8. i-enè) 

— (Non Acarna. Willd.) — Cardui sp. Lin. (17 53) — Pcrs. 
(1807) — Carlhami sp. Lam. (1780) — Juss. (17S9; — Cirsii sp. 
Decand. (]8o5). 

24. * LopHioLEPis. = Cardui sp. Murr. (17S4) ■ — Pcrs. — ■ 
Cnici sp. Willd. (i8o3) — Marsch. (1808) — Cirsii sp. Marsch. 
(1S19) — Lopliiolepis. H. Cass. (1822) Dict. y. 25. p. 2 2 5. v. 
27. p. 180. 

25. * Eriolepis. = Cardui sp. Tourn. — Lin. — Pers, — 
Eriocephali sp. Vaill. (1718) — {Non Eriocephalus. Lin.) — 
Cirsii sp. Adans. ( )763) — Scop. — Mœnch. — Decand. — 
H. Cass. (1817) Dict. v. 9. p. 270 — Xjlanlhemce sp. Keck. — 
Cnici sp. Willd. — Hoffm. — Lophiolepidis species dubiœ. Pf. 
Cass. (1823) Dict. v. 27. p. i83 — Eriolepis, H. Cass. (1823) 
Dict. y. 35. p. 172. v. 36. p. 146. Dict. (hic). 

26.* Onotrophe. =^ Cirsii sp. Tourn. (1694) — Vaill. (1718) 

— Adans. (1763) — Scop. — AUi. — Mœnch. — Decand. — 
H. Cass. (1817) Dict. v. 9. p. 270 — Cardui et Cnici sp..LiTi. 

— An ? Cnicus. Neck. (1791) — {Non Cnicus. Vaill.) — Cnici 
sp. Willd. — Hoffm. — Cardui sp. Pers. — Onotrophe. H. Cass. 
(1825) Dict. y. 35. p. 172. v. 36. p. 145. 

27. * CiRSiuM. = Cirsii sp. Tourn. (1694) — Vaill. — Adans. 

— Lam. (1778) — Mœnch — Decand. — H. Cass. (1817 et 
1823) Dict. y. 9. p. 270. v. 27. p. i85. igo — Cardui sp. Lin. 
(1737) — Curtis — Lam. (1785) — Juss. — Smith — Serralulx 



5 14 PL A 

sp. Lin. (1745) — Willd.— An? Scrralula, JNcck. — Cnici -p. 
Hoffm. (i8o4) — Cardui et Serratulœ? sp. Pers. — Cnici et Ser- 
ratulœ sp. Desf. — Cirsium. H. Cass. (i825) Dict. v. 55. p. 172. 
V. 3G. p. 146. Dicf. (hic). 

28. * Orthocentron. = Cnici sp. Willd. (i8o3) — Cardui sp. 
Pers. — Orthocentron. H. Cass. (1825) Dict. v. 27. p. 184. v. 
35. p. jyS. V. 56.- p. Zj8o. 

29. "' Galactites. = Cardui sp. Tourn. — Eriocephali sp. Vaill. 
— Centaureœ sp. Lin. — Lirpsiœ sp. Neck, — Galactites. Mœnch 
('794) — Decand. (i8o5 et 1810) — Pers. — H. Cass. (1820) 
Dict. V. 18. p. 54. 

30. * TvRiMNus. = Cirsii sp. Tourn. — Cardui sp. Lin. — 
Ca?rtn. — Decand. — Tyrimnus. H. Cass. BuIL nov. 1818. p. 
168. Dict. (hic). 

3i. * Carduus. == Cardui sp. Tourn. — Lin. — Gsertn. — 
Decand. — Carduus et Clomium. Adans. — Carduus. H. Cass. 
Dict. (hic). 

Carduinées douteuses , 

non classées, point suffisamment connues. 

02. t ? Hohenwarïha. = Hohcnvi-artha. Vcst. (1820) — H. 
Cass. Dict. V. 21. p. 273. 

55. t ? Onopix. = Atracf^lidis sp. Rob. — Onopix. Rafini 
(^017). 

34. t ? Ptermx. = Pternij'. Rann. 

V." Trihu. Les Echinopodées { Echinopodeœ). 

Cinaroceplialarum genus. Vaillant (1718) — Bern. Jussieu 
(175g ined.) — A. L. Jussieu ( 1789) — Echinoporum genus. 
Adanson (1765) — Echinopsidearum genus. L. C. Richard 
(i8oi) in Marthe Catal. p. ^5. — Kunth (1820) — Echinopea- 
rum- genus. De Candolle (1810) Ann. du Mus. v. 16. — Car- 
duacearum genus. H. Cassini (1812) — Echinopsideœ. H. Cassini 
(1814) — Echinopsece. H. Ca.ss. (1816) — Echinopodece, H. Cass. 
Dict. (hic). 

(Voyez les caractères de la tribu des Echinopodëes, tome 
XX , page 362.) 

1. * EcHiNOPus. = Echinopus. Plin. — Gcsn. — J. Bauh. — 
Scop. — Ain. — Mœnch — H. Cass. Dict. (hic) — Echinopus, 



PLA ^^5 

excl. .ip. amer. frut. Tourn. (1700) — Valll. — ■ Adans. — Ec\ii~ 
nops , excl. E. frulic. Lin. (lyôS) — Lam. — Echinops. Lin. 
(1763) — Ga?rtn. — Decand. — H. Cass. (1819) I^'^*' ^- ^'+- 
p. 199 — Echinanthus. Neck. (1791). 

Notre tribu naturelle des Carduinées fait partie des Cina- 
rocéphales de Vaillant, qui formoient aussi un groupe natu- 
rel, adopté par les Jussieu. Adanson , qui n'admet point ce 
groupe, le distribue en trois sections, intitulées Echinopes, 
Chardons, Immortelles. Nous parlerons de la première à la 
iin de cet article. Les deux autres, distinguées par le péri- 
cline, épinCTix dans les Chardons, non épineux dans les Im- 
mortelles, sont évidemment fort mal conçues, en ce qu'elles 
séparent les Centauriées épineuses des Centauriées non épi- 
neuses, et surtout en ce que la section des Immortillcs se 
trouve composée de sept genres appartenant aux Cinaroré- 
phales, et de huit genres qui leur sont absolument étrangers. 
Cette dernière faute étoit trop grossière pour être comaiise 
par M. de Jussieu', qui, du reste, semble avoir reproduit 
les trois sections d' Adanson , en divisant les Cinarocéphales 
en trois groupes secondaires, caractérisés par le péricline 
épineux, par le péricline iuerme , et par les calathides uni- 
flores ou pauciflores, assemblées en capitule. M. Richard a 
donné le nom de Carduacées aux Cinarocéphales de Vaillant, 
après en avoir retiré VEchinopus , qui est le type de ses Echi- 
nopsidées. M. De Candollc considère les Cinarocéphales comme 
une section de sa tribu des Tubuleuses, et il parlage cette 
section en quatre divisions, intitulées Échinopées, Gundéiia- 
cées, Carduacées, Centaurées. Nous ne répéterons pas ici ce 
que nous avons dit ailleurs (tom. IX, pag. 226; tom. XX, 
pag. 389) sur cette méthode de classification, qui mérite des 
éloges, en ce qu'elle établit pour la première fois, d'une 
manière distincte, le groupe naturel des Centauriées, mais 

1 II est pourtant vrai que M. de Jussieu a rangé dans les Cinarocé- 
phales sept genres qui ne leur appartiennent point; mais il est juste 
de remarquer que ces genres étoient peu connus ou difficiles à classer. 
Proclamons, en l'honneur de Vaillant, que cet habile botaniste n'a naal 
associé aux Cinarocéphales qu'un seul genre , et que ce genre est le 
Gundelia! Ajoutons qu'il n'a pas hésité à comprendre le vrai Xeran- 
themum dans les Cinarocéphales, 



5'6 PLA 

qui , sous fous les autres rapports, nous semble inadmissible. 

Dans notre premier Mémoire sur les SynanUiérées, lu à 
l'Institut, le 6 Avril 1812, nous avions adopté piirement-et 
simplement les Cinarocéphales de Vaillant e,t des Jussieu , en 
les nommant Carduacées ; mais, dans le troisième Mémoire, 
lu en Décembre 3814, nous avons distribué les Cinarocé- 
phales en quatre tribus, nommées Carduacées, Carlinées, 
Xéranfhémées, Échinopsidces ; et dans le quatrième Mémoire, 
lu en Novembre 1816, nous avons séparé les Centauriées des 
Carduacées, et nous avons réuni les Xéranthémées aux Car- 
linées. Tel est le dernier état de notre classiBcation des 
plantes composant autrefois la fiimille des Cinarocéphales. 
JN'ous n'av.ons point conservé cette famille, parce que, indé- 
pendamment des motifs exposés dans notre article Cinaro- 
céphales (tom. IX, pag. 226), la série générale des vingt 
tribus, formant l'ordre des synanthérées, ne peut pas être 
convenablement partagée en quelques grandes divisions d'un 
degré supérieur à ces tribus, et suffisamment distinguées ou 
caractérisées. Notre groupe des Carduacées se trouvant ainsi 
fort différent de celui de M. Richard, qui comprend toutes 
ïcs Cinarocéphales, excepté ÏEchinopus , et de celui de M. De 
Candolle , qui mêle nos Carlinées avec les vraies Carduacées, 
iioiis avons jugé convenable, dans notre cinquième Mémoire, 
de substituer le nom de Carduinées à celui de Carduacées, 
afin de prévenir toute confusion. En définitive, la famille 
des Cinarocéphales de Vaillant se trouve aujourd'hui repré- 
sentée par nos quatre tribus naturelles nommées Carlinées , 
Centauriées, Carduinées, Echinepodées. 

La classllicalion de M. Kunth , publiée en 1820, présente 
une section des Carduacées, qui est bien loin de correspon- 
dre exactement, soit aux Carduacées de M. Richaid , soit à 
celles de M. De Candolle, soit à nos Carduinées; car M. Kujith 
admet parmi ses Carduacées, non -seulement toutes les Cina- 
rocéphales, mais encore un grand nombre de Cor3rmbifères. 
Il est vrai que ce botaniste subdivise sa section des Cardua- 
cées en six groupes, nommés Onosérides, Barnadésies, Cardua- 
cées vraies, Echinopsidées, Vernoniacées, Astérées : mais ses 
Carduacées vraies comprennent des Carduinées et des Cen- 
tauriées ; et il est bien probable qu'elles admettroient aussi 



PLA 3i7 

une grande partie de nos Carliaées, si l'auteur eût donné la 
lisfe complète des genres, ou s'il eût caractérisé ses groupes. 

Jf résulte de cette analyse historique que notre tribu na- 
turelle des Carduinées dillère beaucoup de tous les groupes 
analogues formés jusqu'à présent par les autres botanistes. 

Après avoir caractérisé et composé cette tribu (tom. XX, 
pag. 559; tom. XXXV, pag. 171 ), il falloit la diviser et sub- 
diviser en sections et sous-sections, de manière à former une 
série aussi naturelle que possible. Une longue expérience 
nous a démontré que la multiplication des genres favorise 
beaucoup ce travail , parce qu'elle met en évidence une fouk* 
de ressemblances et de différences, négligées par les bota- 
nistes qui accumulent dans les mêmes genres des espèces plus 
ou moins disparates. C'est ce qui nous a décidé à créer beau- 
coup de genres , qu'on admettra tout au plus comme des sous- 
genres, parce qu'ils sont distingués seulement par des carac- 
tères qu'on trouvera sans doute insuffisans et trop minutieux. 
IMais nous ne cessons pas de répéter que la découverte des 
affinités résulte presque toujours des observations les plus mi- 
nutieuses. 

Vaillant, Adanson et M. de Ju.ssieu ont fondé principale- 
ment leur système général de distribution sur la structure du 
péricline. M. De Candolle a fondé le sien sur la structure 
de l'aigrette. Nous avons facilement reconnu que ce dernier 
système, quoique plus solide en apparence, contrarioit per- 
])étueliement les affinités naturelles. Le premier système les 
contrarioit également , lorsque les Centauriées et les Carli- 
nées se trouvoient mélangées avec les vraies Carduinées. Mais 
ce dernier groupe étant isolé, il nous a paru qu'il pouvoit 
se diviser assez naturellement en deux sections, caractérisées, 
sauf quelques exceptions, par le péricline inernie chez les 
Serratulées, piquant chez les Prototypes. Les sous- divisions 
par nous formées dans ces deux sections, constituent des pe- 
tits groupes fort nati-rels, dont les caractères, très-complexes 
et sujets pour la plupart à quelques exceptions, sont emprun- 
tés à presque tous les organes. Ou peut remarquer que la struc- 
ture de l'aigrette varie dans ia plupart de ces petits groupes: 
ce qui prouve bien q\i'elle ne peut fournir, dans cette tribu, 
que des caractères génériques. 



3i8 PLA 

La tribu des Carduinëes étant intermédiaire entre celle dts 
Centauriées, qui la précède, et celle des Échinopodées, qui 
la suit, il a fallu placer en premier ordre la section des Ser- 
ratulées et le groupe des Carthamées , à cause de leurs rap- 
ports avec les Centauriées. 

1. Le genre Carduncellus d'Adanson, précédemment fondé 
par Vaillant, sous le nom de Carthamoides , et dont M. De 
Candolle a très-bien fixé le caractère et la composition , est 
convenablement rangé à la tête de notre séi'ie , parce qu'il a 
beaucoup d'affinités avec le genre Kentrophjllum , qui doit 
terminer la série des Centauriées. L'analogie très-intime de 
ces deux genres se manifeste surtout par la ressemblance de 
leurs étamines, dont la structure est remarquable (voyez 
Umi. XXIV, pag. 5^4). 

2. Le genre Carthamus de Tournefort, bien caractérisé par 
M. De Candolle, se distingue du Carduncellus par les filets des 
étamiues glabres, ou presque glabres, olîraut parfois quel- 
ques petites papilles éparscs, qui sont des rudimeus de poils 
avortés; tandis que ceux du Carduncellus portent, au milieu 
de leur longueur, une manchette de longs poils. Lu seule 
espèce observée par nous (Carthamus tiactorius) est privée d'ai- 
grettes, et ce caractère est celui qui étoit assigné au genre 
avant M. De Candolle; mais s'il existe, comme il le paroît, 
quelque autre espèce pourvue d'aigrettes, et offrant du reste 
les mêmes caractères génériques, cette seule différence est 
probablement insuffisante pour constituer deux genres dis- 
tincts; car dans le Kentrophyllum , qui a tant d'affinité avec les 
Carthames, l'aigrette est nulle ou presque nulle sur les ovaires 
des deux rangs extérieurs, et très -manifeste sur les autres. 

3. Notre genre Cestrinus, bizarrement confondu autrefois 
avec les Cinara, et mal associé, depuis, par M. De Candolle 
aux Serratula, a, comme le Carthamus , les ûlets des étamines 
munis de simples papilles éparses. Très -analogue aux deux 
genres précédens, il s'en distingue par les appendices du pé- 
ricline, qui sont ovales, scarieux , laciniés. M. de Jussieu 
[Gen. pL, pag. lyS) avoit bien senti que le Cinara acaulis , 
qu'il nomme par erreur C. humilis, n'étoit point du tout con- 
génère des vrais Cinara , et il avoit comparé son péricline a 
celui de la Jacée ; mais il n'avoit pas remarqué que son aigrette 



PLA 3.9 

étoit simple , au lieu d'être plumeuse comme celle des Cinara. 
Les Serratulées vraies confinent exactement aux Cartha- 
uiées, surtout parles rapports qui existent entre le Cestrinus 
et le Leuzca. Elles se distribuent très- naturellement en deux 
groupes bien distincts, que nous intitulons Khaponticées et 
Serratulées proprement dites. 

4. Le genre Rhaponticum, mal composé par Vaillant, mais 
réduit dans de justes limites par M. De Candoile , est inter- 
médiaire entre le Cestrinus , auquel il ressemble par i'ai'uette , 
mais dont il dilfère par le péricline, et le Leuzea , auquel il 
ressemble par le péricline, mais dont dont il diffère par l'ai- 
grette. Les caractères assignés par Necker à son genre Hookïj. 
sont exactement appliciibles au Khaponticum , et non au Leu- 
zea, comme M. De Candoile le suppose, puisque Necker lui 
attribue l'aigrette simple (pappi/spi/osus). Remarquez en outre 
que ïHookia correspond , suivant l'auteur, à quelque espèce 
du genre Cnieus de Linné, et que M. De Candoile rapporte 
au Rhaponticum le Cnieus unijlorus , Linn. Tout cela nous per- 
suade que le genre Hookia de Necker correspond, si non uni- 
quement, au moins principalement, au vrai genre RJiapon- 
ticum. 

5. Le genre Leuzea de M. De Candoile avolt été ancienne»- 
ment proposé, sous le nom de Rhacoma, par i\.danson , qui 
a fort bien caractérise ce genre, mais qui a mal à propos 
admis, co;nme congénères du vrai Rhacoma, le Rhaponticum 
et la Centaurea glastifolia , Linn. Est-ce un motif suffisant 
pour préférer le nom de Leuzea à celui de Rhacoma? Les ca- 
ractères génériques du Leuzea n'ayant été observés par nous 
que depuis la publication de notre article sur ce genre 
(tom. XXVI, pag. 179), nous croyons devoir les exposer ici, 
d'après nos propres observations. 

Leuzka. Calathide incouronnée , équaliflore , muUiflore . 
subrégulariflore, androgyniflore. Péricline ovoïde, inférieur 
auxtleurs; formé de squames régulièrement imbriquées, appli- 
quées, coriaces : les extérieures presque nulles, surmontées 
d'un appendice elliptique, scarieux : les intermédiaires ovales- 
oblongiies, surmontées d'un grand appendice inappliqué, or- 
bicuiaire , concave, scarieux, d'abord très- entier, puisse 
déchirant irrégulièrement; les intérieures longues, étroites. 



? o PLA 

surmontées d'un petit appendice lancéolé, scarieux. ClinantiiC 
planiiiscule, épais, charnu, hérissé defimbrilles nombreuses, 
tres-lorigues, inégales, libres, subulces, laminées, membra- 
neuses. Ovaires comprimés bilatéralement, obovoïdes-oblon'gs, 
glabres, tout couverts d'une multitude de petites excrois- 
sances verruqueuses,très-ra])prochces; aréole basilaire oblique- 
intérieure; plateau nul; aigrette longue, blanche, composée" 
de squammellules très - nombreuses , très - inégales , plurisé- 
riées, bliiormes (les intérieures filiformcs-laniinées) , garnies 
de longues barbes capillaires. Corolles à tube grêle , très-long; 
à limbe subrcgulier, ayant les cinq incisions presque égale- 
ment profondes. Étamines à filet garni de très-petites papilles. 
Ce genre diffère du lihaponticum par l'aigrette, et du For- 
nicium par le péricline. 

6. JNotre genre Forniciuin se distingue du Leuzea par les 
appendices du péricline, qui sont inappliqués, scarieux, 
roux, uninervés, très-entiei's, ciliés, à partie inférieure ovale- 
lancéolée, concave et infléchie, à partie supérieure subulée, 
plane et réfléchie.* 

7. Notre genre Stemmacantha a pour type le Cnicus centau' 
roides , Linn., qui nous a oflert les caractères génériques sui- 
\;ins: 

Calathidc incouronnée, équaliflore , multiflore , régulari- 
fiore, androgyniflore. Péricline ovoïde, inférieur aux fleurs; 
formé de squames régulièrement imbriquées, appliquées, 
ovales, coriaces, surmontées d'un grand appendice inappli- 
qué, lancéolé-aigu, coriace-scarieux, noirâtre, à bords blan- 
châtres, frangés. Ovaires oblongs, comprimés bilatéralement, 
glabres, lisses, portantun plateau , etniunis d'un bourreletapi- 
cilaire saillant, coroniforme, irrégulièrement denticulé, à 
dents inégales, aiguës, spinescentes ; aréole basilaire large, 
très-oblique-intérieure ; aigrette longue , roussàtre, irrégulière, 
adhérente à un anneau qui se désarticule, composée de squa- 
inellules multisériées , très- inégales , barbellulées , les exté- 
rieures plus petites et filiformes, les intérieures longues. 

1 Nous avons indiqué, à la fin de notre article Leuzée (toni. XXVI, 
prg. i3i ), deux fautes d'impression, qui se trouvent dans notre article 
FoRKicioa jCt qu'il importe de corriger. 



PLA 521 

larges, laminées et linéaires inférieurement , triquétres supé- 
rieurement, aiguës au sommet. Etamines à filet hérissé de 
poils courts, à anthère pourvue d'un appendice apicilaire- 
obtus. 

Ce genre, bien distinct de tout autre, confine, d'une part 
au Fornicium, de l'autre aux Serratulées proprement dites, 
par la structure des appendices de son péricline. 

8. Notre genre Jurinea , auquel se rapporte la Serratula cya- 
noides, Gaertn., est remarquable en ce que l'ovaire porte une 
cupule interposée entre l'aigrette et la corolle, qui s'accroît 
beaucoup après la floraison, et se détache enfin du fruit avec 
l'aigrette qui lui est adhérente. Cette cupule pappifère cons- 
titue le caractère essentiel de ce genre, qui se distingueroit 
d'ailleurs suflisamment des autres Serratulées proprement 
dites , par l'appendice foliacé des squames du péricline, et par 
la corolle obringente. 

g. Notre genre Klasea est dédié à la mémoire de Klase, au- 
teur d'une dissertation insérée dans le premier volume des 
Amcenitates acadeinicœ, sous le litre de Betula nana. Il se dis- 
tingue des deux genres suivans, principalement par les cala- 
thides androgyniflores et incoiironnées , et par les squames 
du péricline pourvues d'un petit appendice étalé , subulé, sca- 
rieux, roide, subspinescent. Les plantes cultivées au Jardin 
du Roi, sous les noms de Serratula centauroides , quinquefolia, 
heteropbjUa , pinna'iJJda, sont des espèces de ce genre, que 
nous caractérisons ainsi : 

Klasea, H. Cass. Calathide incouronnée, équaliflore, mul- 
tiflore, régulariflore , androgyniflore. Péricline ovoïde, infé- 
rieur aux fleurs; formé de squames régulièrement imbriquées, 
appliquées, interdilatées, ovales, coriaces, membraneuses ou 
scarieuses sur les bords, et munies au sommet d'un très-petit 
appendice inappliqué, subulé, scarieux-spinesccnt , les inté- 
rieures linéaires- oblongues, pourvues d'un grand appendice 
subradiant, linéaire -obiong, scarieux. Clinanthe plani.isrule, 
épais , charnu , garni de fimbrilles nombreuses, longues, iné- 
gales, libres, filiformes- laminées. Ovaires oblongs, compri- 
més, glabres, lisses, ayant un petit bourrelet apiciiaire 
subcrénelé, a peine manifesie ; aréole basilaire très-oblique- 
iatérieure; plateau nul j aigrette roussàtre, composée de squa- 

41. 21 



^29. PLA 

mellules nombreuses, très- inégales, plurisériées, irrégulière- 
ment imbriquées, fortes, roides, filiformes -laminées, subtri- 
qiièfres, pointues, barbelliilées. Corolles régulières, ou sub- 
régulières, ou à peine obringentes, àlimbe urcéolé, très-entlé 
à sa base, qui n'est point gibbeuse. Étamines à filet ordinaire- 
ment papille; appendice apicilaire de l'anthère très -obtus. 
Stigmatophores entregreffés. 

Il faut probablement rapporter au genre Klasea une plante 
que nous avons observée dans l'herbier de M. de Jus^ieu, où 
lelle étoit étiquetée Saussuva multi/lora, Dec, et qui ne peut, 
sous aucun rapport, appartenir au genre Saussurea. 

lo. Le genre Serratula, réduit par nous à la seule espèce 
primitive (5. tinctoria , Linn.), se distingue du précédent et 
du suivant, principalement par les calathides unisexuelles et 
dioïques, et par les squames du péricline pourvues d'un petit 
appendice inappliqué, subulé , coloré, formant une épine 
molle. 

Dioïque. Calatliide femelle oblongue, pluri-multiflore , ré- 
gulariflore. Péricline ovoide-campanulé , un peu inférieur aux 
fleurs; formé desquames régulièrement imbriquées, appliquées, 
coriaces: les extérieures et les intermédiaires ovales, surmon- 
tées d'un petit appendice inappliqué , subulé, mou , coloré, à 
peine scarieux ; les intérieures oblongu es -lancéolées, à partie 
supérieure scarieuse, colorée. Clinanthe planiuscule , épais, 
charnu, garni de fimbrilles nombreuses, très-inégales, libres, 
laminées. Ovaires oblongs, comprimés, glabres, ayant un petit 
bourrelet apicilaire crénelé; aréole basilaire point oblique; 
plateau nul; aigret(e roussâtre, composée de squameilules 
nombreuses, très- inégales, plurisériées, irrégulièrement im- 
briquées, filiformes -laminées, barbellulées. Corolles régu- 
lières, point obringentes, à limbe urcéolé, très-enflé à sa base , 
qui n'est point gibbeuse; incisions égales. Fausses étamines ré- 
duites à des rudimens avortés. Styb s à deux stigmatophores 
libres presque jusqu'à la base, très-divergens , très -arqués 
en dehors, ayant la face intérieure canaliculée et les bords 
très-ondulés. Calalhide mâle ; Étamines à filet hérissé de pa- 
pilles cylindriques; appendices apicilaires des anthères courts, 
entregreffés et linéaires inférieurement, libres et demi -lan- 
céolés supérieurement, formant par leur réunion un tube 



PLA 325 

courbe (comme dans les Centauriées); appendices basilaires 
longs. 

11. Notre genre Mastrucium se distingue des deux précé- 
dens, principiilement par les calalhides couronnées, radiées, 
à disque androgyniflore et à couronne féminîflore, et par les 
squames du péricline entièrement appliquées, al)solument pri- 
vées d'appendice. 11 a pour type la Serratula coronata , Linn., 
qui nous a présenté les carattères génériques suivans: 

Mastrucium, H. Cass. Calathide radiée ou discoide : disque 
multiflore, régulariflore, androgyniflore; couronne unisériée, 
ambiguïflore , féminiflore. Péricline ovoïde-oblong, inférieur 
aux fleurs du disque ; formé de squames régulièrement imbri- 
quées, entièrement appliquées, absolument inappendiculées, 
lancéolées, coriaces, subspinescentes au sommet; les inté- 
rieures linéaires-oblongues , à sommet subulé et scarieux. Cli- 
nanlhe plan, épais, charnu, garni de limbrilles inégales, 
libres, filiformes -laminées. Fleurs du disque: Ovaire oblong , 
comprimé, glabre; aréole basilaire très- oblique- intéreure; 
plateau nul; aigrette longue, roussâtre, composée de squa- 
mellules très- nombreuses , très- inégales , plurisériées , fili- 
formes, barbellulées. Corolle régulière, point obringente, à 
limbe urcéolé, très- enflé à sa base, qu' est un peu gibbeuse; 
incisions égales. Etauiincs à filet papille; appendice apici- 
laire de l'anthère ayant le sommet subulé et courbé en dedans 
comme un crochet; appendices basilaires courts. Style à deux 
stigmatophores longs, à peine entregreffés à la base, libres du 
reste, très-divergens, très-arqués en dehors, ayant la face 
intérieure canaliculée et les bords un peu ondulés. Fleurs de 
la couronne : Ovaire, aigrette, style et stigmatophores, comme 
dans les fleurs du disque. Étaaiines réduites à quelques rudi- 
mens avortés, filiforu.es. Corolle peu diflérente de celles du 
disque, mais ordinairement plus longue, ayant le tube plus 
long, plus grêle, bien plus arqué, et le limbe à partie indi- 
vise plus longue et beaucoup plus étroite , à quatre ou cinq 
divisions plus étroites et un peu plus longues. 

M. De Candolle (FI. fr. , tom. 4, pag. b6) prétend que les 
fleurs de la couronne sont hermaphrodites, et que leur style 
est indivis, au lieu d'être bifurqué, comme dans le disque: 
nous pouvons affirmer, au contraire, quelles sont femelles, 



3M PLA 

n'ayant que quelques rudimens filiformes d'étamines avortées, 
et que leurs stigmatophores sont libres, comuie ceux des fleurs 
du disque. Le nom de Mastrucium, dérivé de Mastruca ( vê- 
temens de peaux velues) , fait allusion au péricline, qui est 
tomenteux. Ce genre nous paroît se rapprocher, plus que les 
autres, du Lappa; car la petite pointe spinescente , qui ter- 
mine les squames de son péricline, tend à se courber en de- 
dans , et l'appendice apicilaire de Tanlhère est crochu au 
sommet. 

12. Le genre Lappa, bien distinct de toutes les autres Ser- 
ratulées par les appendices du péricline terminés en épine 
crochue, offre des rapports incontestables avec les Mastru- 
cium, Serralula, Klasea, notamment par sa corolle parfaite- 
ment régulière, et plus particulièrement avec les Mastrucium 
et Serralula, par ses stigmatophores libres, divergens et arqués. 
L'appendice apicilaire de ses anthères, prolongé au sommet 
€n une languette presque filiforme, nous semble avoir quel- 
que rapport avec celui du Mastrucium. D'un autre côté, le 
genre Lappa se rapproche de la section des Cardumées -Pro- 
totypes, par la nature des appendices de son péricline. 

Avant de passer à cette seconde section , remarquons que les 
Mastrucium, Klasea, Jurinea, Stemmacantha ont. comme les 
Centauriées, l'aréole basilaire de l'ovaire très-oblique; ce qui 
prouve, 1." que ce caractère n'appartient point exclusivement 
aux Centauriées, comme le pensoit M. De Candolle , 2.° qu'il 
existe une affinité notable entre les Serratulées vraies et les Cen- 
tauriées. Cette affinité se manifeste encore, dans plusieurs Ser- 
ratulées et Centauriées, par l'analogie de l'aigrette, et par les 
stigmatophores des Serrat.ula, Mastrucium , Lappa, presque en- 
tièrement libres comme ceux des Cyanus , Cyanopsis , Cnicus, 
enfin chez le vi'ai Serralula, par la courbure du sommet du 
tube anthéral. 

i3. Notre genre ^//redfa, fondé sur le Crticws cernuus, Linn., 
est bien placé au commencement du petit groupe des Sily- 
bées, parce qu'il se trouve ainsi voisin du Lappa, auquel il 
ressemble par son port. 

Alfke»ia. Péricline formé de squames imbriquées, appli- 
quées, oblongues, coriaces, surmontées chacune par un appen- 
dice inappliqué : les appendices extérieurs lancéolés , coriaces, 



PLA 325 

spinescens au sommet, scarieux et comme lacérés sur les bords; 
les appendices intermédiaires orbiculaires, scarieux, comme 
lacérés sur les bords , coriaces dans le milieu, se terminant 
en une épine Iriquètre; les appendices intérieurs orbiculaires, 
concaves ou cochléariformes, scarieux, comme lacérés sur les 
bords. Cliuanthe garni de limbrilles libres. Ovaires compri- 
més, un peu obovés, glabres, multistriés, portant un pla- 
teau; aigrette longue , articulée sur l'ovaire, composée de 
squamellules nombreuses, bisériées, très- inégales, barbellu- 
lées, les extérieures plus petites et filiformes, les intérieures 
plus grandes et filiformes- laminées. Corolles subrégulières, 
très-glabres, à limbe bien distinct, plus large et deux fois 
aussi long que le tube, cylindracé, découpé supérieurement, 
par des incisions à peu près égales, en cinq divisions demi- 
lancéolées. Étamines à filet glabre, mais un peu àprt-; appen- 
dice apicilaire de l'anthère long, aigu; appendices basilaires 
très -longs, subplumeux. Stigmatophores entregreffés presque 
jusqu'au sommet. 

Quoique le filet de l'étamine puisse être considéré comme 
glabre, il offre quelques petites aspérités, qià sont des ves- 
tiges de papilles ou de poils avortés, et qui suffisent , indépen- 
damment de beaucoup d'autres considérations , pour établir 
que VAlfredia n'est point une Carlinée , comme nous l'avions 
cru d'abord. 

14. Notre genre Echenais , auquel se rapporte la Carlina 
echinus de Marschall, est, sans aucun doute, immédiatement 
voisin de VAlfredia, quoiqu'il en diffère par son aigrette bar- 
bée , c'est-à-dire plumeuse* Remarquez que, dans ces deux 
genres, les appendices du péricline sont scarieux, les corolles 
jaunâtres, et que VEchenais nutans a les calathides inclinées 
vers la terre , comme VAlfredia cernua. Si l'on jugeoit que le 
nom iV Echenais ^ ressemble trop à celui d'Echeneis, genre de 
poissons, on pourroit le nommer Echinabis ou Echina go ^ mais 
comme la difficulté de fabriquer des noms génériques bien 



1 Ce nom, composé de deux mots grecs, qui signifient retenir un 
vaisseau, peut faire allusion à VEchenais nutans, dont les rameaux flo- 
rifères sont arqués avec rigidité en demi -cercle, comme les branches 
d'une ancre de vaisseau. 



326 PLA 

distincts s'accroît tous les jours de plus en plus, en raison de 
la multipliralion des genres, nous pensons qu'on doit tolérer, 
sinon l'identité parfaite , au moins la ressemblance des noms, 
surtout quand ils s'appliquent à des genres qui n'appartiennent 
pas au même règne de la nature, parce que, dans ce cas, elle 
ne peut produire aucune confusion sérieuse, et n'offre pas 
d'inconvénient réel. D'ailleurs, puisqu'on admet le nom d'.4c- 
tinea pour désigner un genre d'Hélianthées, quoique celui 
d'Actinia soit consacré à un genre de zoophytes, on peut bien 
admettre le nom d'Echenais pour désigner un genre de car- 
duinées, quoique celui d'Echeneis soit consacré à un genre de 
poissons. Nous pourrions citer encore d'autres exemples, tels 
que les noms de Delphinus et Delphinium , appliqués à un genre 
de cétacés et à un genre de renonculacées ; ceux de Croco- 
dilus et de Crocodilium, donnés à un genre de reptiles et à un 
genre de centauriées; le nom de Coris, appliqué, sans aucun 
changement, à un genre de primulacées et à un genre de 
poissons, celui de Ricinus appliqué de même à un genre d'eu- 
phorbiacées et à un genre d'insectes, etc. En général, il est 
temps de modifier raisonnablement les règles trop rigou- 
reuses et vraiment pédantesques imposéesaux noms génériques 
par Linné , qui pourtant ne s'est pas fait scrupule de les violer 
lui-même fort souvent. Employons tous nos soins à bien ob- 
server, à bien décrire, à caractériser exactement les genres 
et les espèces, à découvrir leurs vraies affinités, à les grouper 
convenablement, etneperdons pas notre temps et notre peine 
à combiner savamment des syllabes, à l'exemple de ceux qui 
n'ont trouvé rien de mieux à faire que de s'amuser à recons- 
truire à leur mode tous les notns génériques d'Aublet; travail 
'puéril, rien moins qu'honorable pour ses auteurs, nuisible 
plutôt que profitable à la science, et dont le seul but, déguisé 
sous de vains prétextes, est de ravir aux vrais fondateurs 
des genres les droits qu'ils avoient légitimement acquis. 

i5. Le genre Siljbum de Vaillant se distingue facilement 
des deux précédens par les appendices de son péricline, qui 
ne sont point du tout scarieux. Quoique son aigrette soit sim- 
ple, comme celle deVAlfredia, et non plumeuse, comme celle 
de ÏEcheiLais, il nous semble avoir plus d'affinité naturelle 
avec ce dernier. Gœrtncr ayant réuni génériquement rj//re- 



PLA 327 

dia au Silyhum, exposons les caractères de celui-ci, pour dé- 
montrer leurs différences. 

Caiathide incouronnée, équaliflore, multiflore, obringen- 
tiflore, androgyniflore. Péricline ovoïde, inférieur aux fleurs; 
formé de squames imbriquées, interdilatées, appliquées; les 
intermédiaires ovales -oblongucs, coriaces, sui'montées d'un 
appendice étalé, subcordiforme , coriace - foliacé , épineux 
au sommet et sur les bords. Clinanthe plan , épais , charnu , 
garni de limbrilles longues, inégales, libres, filiformes -lami- 
nées, membraneuses. Ovaires oblongs, comprimés, glabres; 
aréole basilaire large, nullement oblique ; plateau très-grand, 
subhémisphérique, ayant une écorce cornée, qui porte l'ai- 
grette et se détache avec elle; aigrette longue, roussàtre , 
composée de squamellules très- nombreuses, inégales, multi- 
sériées, filiformes-laminées , subtriquètres, barbellulées. Co- 
rolles très-obringentes, à limbe long comme la moitié du 
tube, urcéolé, très-enflé à sa base, qui n'est point gibbeuse; 
incisions très -inégales, formant des divisions linéaires. Ffa- 
mines monadelphes , à filets laminés, trè.*-papiUés, entregreftés 
par les bords; appendices apicilaires desa.ithéres très-courts, 
demi -lancéolés, libres; appendices basilaires tjés- courts. 

Ainsi le vrai Silyhum (Carduus inarianus, Linn.) diffère gé- 
nériquement de notre Alfredia , non-seulement par les appen- 
dices de son péricline, qui ne sont point scarieux . ni lacérés 
sur les bords, mais encore par l'aigrette multisériée, parla 
corolle Irès-obringente , c'est-à-dire offrant des incisions 
très- inégales, à limbe beaucoup pins court que le tube, ur- 
céolé, très -enflé à sa base, à divisions linéaires , enfin par 
les étamines monadelphes, ayant les filets très-papillés, et les 
appendices apicilaires et basilaires très- courts. 

Remarquons que, dans le Si!j)bum, comme dans le Galac- 
lites et le Tjrimnus, les articles anthérifères sont libres, quoi- 
que les filets et les anthères soient enfregreffés, ce qui peut 
confirmer notre opinion que l'article anthérifère est un organe 
distinct du filet et de l'anthère. Sa distinction d'avec le filet 
est encore justifiée par une autre observation : c'est qu'il 
n'offre jamais le moindre vestige des poils ou des papilles , 
qui garnissent le filet des Carduinées. Il est sans doute moins 
important de remarquer que les trois Carduinées à étamines 



528 PLA 

monadelphes ont les feuilles tachées de blanc , quoiqu'elles 

ne soient point congénères. 

Les appendices du péricline étant très-larges dans l'Arti- 
chaut, qui a d'ailleurs beaucoup d'affinité avec le Silyhum , il 
est nécessaire que le petit groupe des Cinarées suive immé- 
diatement celui des Silybées. 

16. Le genre Cmara doit avoir pour type le C cardunculus , 
sur lequel nous avons observé les caractères génériques sui- 
vans : 

Calathide incouronnée, équaliflore , multiflore, obringen- 
tiflore, androgyniflore. Péricline ovoïde, inférieur aux fleurs; 
formé desquames régulièrement imbriquées, appliquées, co- 
riaces-charnues, surmontées d'un grand appendice étalé, 
large, demi-lancéolé, coriace-foliacé, spinescent au sommet, 
contenant des nervures réticulées. Clinanthe épais, charnu, 
garni de fimbrilles. Fruits obovés, comprimés, tétragoncs, 
glabres; aréole basilaire large , oblique; péiûcarpe épais , dur, 
corné; aigrette composée de squamellules nombreuses, iné- 
gales, plurisériées , filiformes, barbées, parfaitement libres 
entre elles, mais toutes adhérentes à un support commun an- 
nulaire, qui se détache du fruit. Corolles très-obringentes , 
à limbe long comme la moitié du tube, urcéolé, ayant la 
base épaisse et charnue, les incisions très-inégales et les di- 
visions linéaires. Etamines à filet laminé , papille; appendice 
apicilaire de l'anthère très-obtus, presque arrondi au sommet. 

Dans le Cin. scoljmus , qui n'est probablement qu'une va- 
riété produite par la culture du C. cardunculus, les appen- 
dices du péricline sont beaucoup plus distincts des squames 
qui les portent, très -grands, ovales, subcordiformes, con- 
caves, à base plus large que le sommet de la squame, à som- 
met arrondi, comme tronqué, un peu échancré, courtement 
mucroné , non piquant : mais ces caractères ne sont point cons- 
taiis, car on rencontre quelquefois des périclines d'artichaut 
dont les appendices ne sont pas sensiblement plus larges à la 
base que le sommet des squames, et ont le sommet aigu ter- 
miné par une épine; ce qui est, ànosj^eux, un retour acci- 
dentel au type primitif, plutôt qu'une véritable dégénéres- 
cence. Quoi qu'il en soit, les rapports duCinûraavec le sUj^- 
hum sont évidens, surtout à l'égard du péricline. 



PLA 329 

17. I-e genre Onopordon de Vaillant, très -analogue au Ci- 
nara, s'en distingue principalement par son aigrette non plu- 
meuse , et par son clinanthe non fimbrillifère. Le Cinara hu- 
milis, dont les appendices du péricline sont, dit-on, subulés, 
doit peut-être former un genre intermédiaire entre le Cinara 
et V Onopordon. 

Onopordon. Calathide incouronnée, équaliflore, multiflore, 
obringentiflore, androgyniflore. Périclîne ovoïde- globuleux, 
inférieur aux fleurs; formé de squames nombreuses, régu- 
lièrement imbriquées, interdilatées, appliquées, coriaces, 
épaisses; les intermédiaires oblongues, surmontées d'un grand 
appendice très- peu distinct de la squame , mais toujours in- 
appliqué, tantôt étalé, tantôt dressé , demi-lancéolé, presque 
subulé, coriace, épais, terminé par une forte épine. Clinanthe 
large, planiuscule, épais, charnu, profondément alvéolé, à 
cloisons élevées, membraneuses-charnues, inégalement et irré- 
gulièrement sinuées-dentées , non fimbrillées. Ovaires obovés, 
comprimés, téfragonf s , glabres, absolument privés de bour- 
relt t apicilaire ; aréole basilaire large, oblique; plateau nul; 
aigrette caduque, ronssàtre supérieurement , composée de 
squamellules nombreuses , inégales, plurisériées, filiformes, 
barl)ellul€es, réellement entregreffees à la base, de manière 
à former en cette partie un seul corps tubulé. Corolles très- 
obringentes, ayant la base du limbe épaisse et charnue. Eta- 
minesà filet papillulé ou presque glabre; appendice apicilaire 
de l'anthère long, étroit, linéaire-subulé; appendices basi- 
laires courts. Stigmalophores entregreffés presque jusqu'au 
sommet. 

Ce genre est, dans la tribu des Carduinées, le seul dont 
l'aigrette ait les squamellules vraiment entregreffées à la base. 
Les botanistes attribuent faussement ce même caractère à 
beaucoup d'autres Carduinées, parce que l'anneau qui sert 
de support à l'aigrette, est mal à propos considéré par eux 
comme faisant partie intégrante de l'aigrette elle-même. Dans 
VOnopordon ilijricum, l'aigrette est manifestement attachée 
par sa base sur un anneau qui se détache du fruit. Cet anneau 
existe probablemeul aussi dans les On. acanthium et arahi- 
cuw , quoiqu'on ne puisse pas le distinguer, sans doute parce 
qu'il est entièrement confondu en une seule masse avec la 



33o PLA 

base de l'aigrette. Les appendices du péricHne sont étalés 
dans l'O. acanlhium, dressés et point distincts des squames dans 
rO. arahicum; cependant, même daus ce dernier cas, l'ana- 
logie permet, ou plutôt elle exige, que l'on considère comme 
un appendice la partie supérieure et inappliquée de la squame. 
Gaertner prétend que chaque alvéole du clinanthe contient 
une petite paillette adhérente à la base du fruit, et se déta- 
chant avec lui : nous pouvons affirmer que cette paillette 
n'existe point dans l'acanfJu'wm , ni dans V arahicum ; m..is nous 
ne l'avons pas cherchée àan&Villyricum, observé par Gaertner. 

18. VArction de Daléchamps , que nous n'avons pas suffi- 
samment observé, constitue un genre probablement voisin de 
VOnopordon, dont il paroit se distinguer principalement par 
les appendices presque inermes de son péricline, et par quel- 
ques différences dans la structure de l'aigrette. 

19. Notre genre Plaf^'raphium , qui a pour type le Carduus 
afer, Jacq. , est convenablement placé au commencement du 
groupe des Lamyrées, parce que les larges appendices de son 
péricline, assez analogues à ceux de VOnopordon, le rappro- 
chent des Cinarées. 

20. Notre genre Lamjra se distingue du précédent par les 
corolles subrégulières, et surtout par les appendices du péri- 
cline , qui sont étroits, plus étroits dès la base que le sommet 
de la squame, épais, non foliacés, subulés, munis d'une pro- 
tubérance sur la face interne de la base. Les Carduus steUatus • 
et casabonœ de Linné sont les principales espèces de ce genre. 

21. Notre genre Ptilostemon comprend la Serratula chamœ- 
peuce de Linné et le Cnicus fruticosus de M. Desfontaines. Il 
diffère du Lamjra par la corolle obringente, par les filets des 
étamines élégamment plumeux , par les appendices du péri- 
cline très-courts, épais, subcylindracés, coniques au sommet, 
qui ne se prolonge pas en une épine proprement dite. Ajou- 
tons que le port très- remarquable des Ptilostemon est telle- 
ment étranger à la tribu des Carduinées, qu'on n'hésiteroit 
pas à les en exclure, pour les associer aux stœhelina dans la 

' Cette plante est notre Lamjra stipulacea. Nous avons remarque, 
sur plusieurs individus vivaus et cultivés, qu'en froissant leurs péri- 
clincs à l'époque de la ûeuraison, il s'en e\1ialoit une odeur de souris, 
qui n'existe pas dans les feuilles de la plante. 



PLA 33i 

(jibu des Carlinées, si l'on s'arrêtoit aux apparences exté- 
rieures. 

22. Notre genre Notohasis, fondé sur le Carduus syriacus, 
L., diffère de toutes les autres Carduinées par les dimensions, 
la ligure et la position de l'aréole basilaire du fruit. 11 s'éloigne 
un peu des autres Lamyrées poar se rapprocher des Cardui- 
néts- Prototypes vraies, en ce que ses fruits sont très-mani- 
festement comprimés. 

2 0. Le genre P/cno/nore d'Adanson, plus anciennement établi 
par Vaillant, sous le nom d''Acarna, commence la série des 
Carduinécs- Prototypes vraies, parce que son port le rap- 
proche dts I.amyiées. Il a pour type le Cnicus acarna , Linn., 
et il se dislingue de tous les genres suivans par les appendices 
de son péiicline, qui sont arniés de sept épines très-longues 
et roides. 

24. Notre genre Lophiolepis, dont Pespèce principale est le 
Cnicus ciiiatus, Willd. , se distingue du précédent par les 
appendices du péricline, bordés sur les deux côtés d'un grand 
nombre de petites épines molles. 

25. Dans notre genre Eriolepis , l'appendice des squames 
intermédiaires' du péricline n'est point du tout bordé d'épines, 
mais il est très- étalé, long, étroit, épais, roide, linéaire, 
subrylindracé, terminé par une épine longue et forte, et plus 
ou moins pourvu de poils très- longs, très-fins, aranéeux. 
Voici les caractèr. s que nous avons observés sur les Carduus 
eriaphorus et lanceo'alus de Linné, que nous nommons Erio- 
lepis lanigera et lanceolala. 

Eriof.efis, h. Cass. Calathide incouronnée, subéqtialiflore, 
multiflore, obringentiflore , androgyniflore. Péricline ovoïde 
ou subglobuleux, inférieur aux fleurs, formé de squames très- 
nombreuses, régulièrement imbriquées; les intermédiaires ob- 
longues-lancéolées, appliquées, coriaces, privées de glande 
nerviforme, surmontées d'un appendice très-étalé, long, 
étroit, épais, roide, linéaire, subcylindracé , terminé par 
une épine longue et forte, et plus ou moins pourvu de poils 

' li ne faut point oublier ce que nous avons dit dans l'article Jacée, 
( toni. XXIV, pag. 92) : c'est que presque toujours ces sortes de carac- 
tères doivent être observés sur les squames intermédiaires du péricline, 
et non sur les squames extérieures ou intérieures. 



332 PLA 

très-longs, épais et charnus à leur base, du reste très-fins 
etaranéeux, quelquefois avortes ou rudimentaires. Clinanfhe 
convexe, épais, charnu, garni de fimbrilles nouibreuses, 
libres, longues, inégales, filiformes. Fruits oblongs, compri- 
més, glabres et lisses, portant un plateau entouré d'un an- 
neau pappifère; péricarpe coriace et flexible; aigrette longue, 
plus ou moins grisâtre ou roussàtre, composée de squamel- 
lules nombreuses, inégales, plurisériées, filiformes-laminées, 
barbées. Corolles obringentes. Étamines à filet poilu; appen- 
dice apicilaire de l'anthère long, linéaire-subulé ; appen- 
dices basilaires très-longs. Stigmatophores entregreffés pres- 
que jusqu'au sommet. 

Le nom d'Eriolepis, composé de deux mots grecs, qui si- 
gnifient écailles laineuses, fait allusion au carduus eriophorus , 
Linn., qui est le type de ce genre, et dont les appendices des 
squames sont hérissés de très-longs poils. Le nom d'Erfoce- 
phalus, qui présente la même allusion, ne pouvoit pas être 
appliqué à notre genre , parce qu'il est consacré, depuis long- 
temps , à un genre d'Anthémidces. D'ailleurs , le genre Erio- 
cephalus de Vaillant, composé d'espèces hétérogènes, est loin 
de correspondre exactement à notre Eriolepis. Le nom d'Eno- 
phorus ou Eriophorum est consacré à un genre de Cypéracées. 

26. Notre genre Onofrop?ie comprend la plupart des espèces 
attribuées par les botanistes au Cirsium, telles que Voleraceum, 
le palustre, Vacaule, etc. Distingué du genre précédent par 
son péricline inerme, il se divise en deux sections sous-géné- 
riques, in titulées^po/ocentron et Microcenfrore, que nous avons 
indiquées dans l'article Onotrophe (tom. XXXVI, pag. 146), 
auquel nous renvoyons le lecteur. 

27. Le genre Cirsium, tel que nous le concevons, se dis- 
tingue facilement de toutes les autres Carduinées-Prototypes, 
par ses calathides unisexuelles et dioïques, comme celles du 
vrai Serralula. Il confine au genre Onotrophe, etsurtout au sous- 
genre Microcentron , par la structure de son péricline. 

Cirsium. Dioïque. Calathide femelle subrégulariflore. Péri- 
cline ovoïde, inférieur aux fleurs; composé de squames très- 
nombreuses, régulièrement imbriquées, appliquées, coriaces, 
munies d'une nervure qui forme supérieurement une sorte de 
glande oblongue, plus ou moins manifeste : les extérieures 



PLA 335 

ovales- lancéolées , terminées par un appendice très-court, 
inappliqué, droit, subulé, un peu spinescent; les intermé- 
diaires et les intérieures oblongues-lancéolées . terminées par 
un appendice inappliqué, roide, lancéolé ou liuéaire-subulé, 
scarieux, coloré. Clinanthe planiuscule, épais, charnu , garni 
de fîmbrilles nombreuses, longues, inégales, libres, filiformes- 
laminées. Ovaires oblongs , comprimés , glabres et lisses, munis 
d'un petit bourrelet apicilaire , et portant un plateau; aréole 
basilaire, large, suborbiculaire , à peine oblique; aigrette 
longue, roussàtre supérieurement, composée de squamellules 
nombreuses, inégales, plurisériées, filiformes, barbées. Corolles 
à limbe divisé presque jusqu'à sa base par des incisions à peu 
près égales. Fausses -élamines à filet glabre et lisse; anthère 
demi-avortée, très-petite, sèche, noirâtre, absolument pri- 
vée de pollen, même avant la fleuraison. Styles à deux stig- 
matophores entregreffés incomplètement, formant par leurs 
parties libres des sillons stigmatiques à lèvres bien écartées; 
collecteurs à peine sensibles, presque nuls. Calathide mâle 
subrégnlariflore. Péricline et clinanthe comme dans la cala- 
thide femelle. Faux-ovaires alongés, plus ou moins flasques, 
ridés, chiffonnés, contenant un faux-ovule qui ne le remplit 
pas et ne prend point d'accroissement; aigrette plus courte 
et composée de squamellules moins nombreuses que dans la 
femelle. Corolles plus grandes et plus étalées. Étamines à 
filet comme chagriné ou garni de papilles tiiberculiformes ; 
anthère grande et pleine de pollen. Faux-stigniatophores très- 
garnis de collecteurs papilliformes, et entregreflfés complète- 
ment, de manière que les sillons stigmatiques sont nuls ou 
presque nuls. 

Ces caractères nous ont été offerts par deux espèces bien 
distinctes, mais parfaitement congénères, dont l'une est la 
Serratula an/ensis de Linné , qu'il faut nommer, comme Tourne- 
fort , Cirsium arvense; l'autre est la Serratula ginantea du Jardin 
du Roi, qui correspond probablement a Ja Serratula setosa de 
"VYilldenow, et que nous avons décrite sous le nom de Cir- 
sium dioicum, mais qui sera mieux nommée Cirsium prœaltum. 
Nos observations très-détaillées sur ces deux plantes intéres- 
santes ont été insérées dans l'article Lophiolepe ( totn. XXVII, 
pag. a 85). Le nom de Cirsium, dérivé d'un mot grec qui si- 



534 PLA 

gnifie varices, nous semble devoir être consacré à ce genre; 
car il a pour type la plante vulgairement nommée herbe aux 
varices, ou chardon hémorrlioïdal, et qu'on a cru propre à 
guérir ces sortes d'infirmités, parce que sa tige, souvent pi- 
quée par des insectes , présente alors des parties renflées et co- 
lorées, imitant un peu des varices ou des hémorroïdes. 

28. Notre genre Orthocentron , fondé sur le Cnicus pungens , 
Willd,, se rapproche du vrai Cirsium, notamment par ses co- 
rolles presque régulières, et par les filets desétamines, qui 
sont glabres, c'est-à-dire sans poils ni papilles. 11 s'en distingue, 
non-seulement par ses calathides androgyniflores, mais encore 
par les caractères propres à l'appendice qui surmonte les 
squames intermédiaires de son péricline. 

2g. Le genre Galactiles de Mœnch diffère de toutes les autres 
Carduinées, par sa calathide radiée, à couronne neutriflore , 
comme celle des Centauriées; car la couronne radiante du 
Mastrucium est féminiflore. Le Galactiles a des rapports avec 
V Orthocentron, par l'appendice des squames intermédiaires de 
son péricline, par les corolles subréguliéres de son disque, 
par les filets de ses étamines, qui n'ont que de très -petites 
papilles éparses. Les étamines dn Ga/flc///cs sont monadelphes, 
comme celles du Siljhum ; et l'appendice apicilaire de l'an- 
thère est crochu au sommet, comme dans le Mastrucium. La 
paroi interne de la partie indivise du limbe de la corolle est 
épaisse, charnue, jaunâtre, offrant ainsi l'apparence d'un 
nectaire épipétale. M. De Candolle prétend que la Galactite 
s'éloigne de toutes les Cinarocéphales par son suc propre lai- 
teux : mais nous pouvons affirmer que ce caractère existe 
dans quelques autres, notamment dans notre Lophiolepis ca- 
locephala (Cnicus ciliatus; Willd.). Mœnrh dit que les ovaires 
de la Galactite sont visqueux ; mais il attribue aussi ce carac- 
tère aux Carduus argentatus et pycnocephalus. Le même auteur 
prétend que les fleurs extérieures du disque de la Galactite 
sont femelles. 

L'aigrette est barbée, c'est-à-dire plumeus°. dans tous les 
genres de Carduinées-Prototypes vraies, dont nous nous 
sommes occupé jusqu'à présent, et qui ont ainsi plus de rap- 
ports avec les Lamyrées: elle n'est que barbellulée, c'est-à- 
dire dentée, dans les deux genres dont il nous reste à parler. 



PLA 555 

Le Galactites ayant l'aigrette barbée inférieurement et bar- 
belluléc supérieurement, forme la nuance intermédiaire. 

3o. Notre genre Tjrimnus a pour type le Carduus leucogra^ 
phus, Linn., qui nous a présenté les caractères snivans : 

Calathide iricouronnée, équaliflore, miiltiflore, obringen- 
tiflore, androgynitlore , sauf une rangée extérieure ordinai- 
rement neutriflore. Péricline inférieur aux fleurs, urcéolé ou 
subglobuleux- campanule ; formé de squames régulièrement 
imbriquées, interdilatées , appliquées, ovales-oblongues ou 
lancéolées, coriaces, g.'irnies àe poils aranéeux, surmontées 
d'un appendice inappliqué, dressé, subulé, spinescentau som- 
met. Clinanthe planiuscule , épais, charnu , garni de fimbrilles 
nombreuses, longues, inégales, libres, filiformes- subulées, 
laminées, memoraneuses. fruits oblongs, comprimés bilaté- 
ralement, subtétragones, glabres, lisses, luisans, munis d'un 
bourrelet apicilaire élevé, très- entier, coroniforme, cartila- 
gineux ou corné ; aréole basilaire un peu oblique , large , tétra- 
gone; plateau élevé, cylindracé, portant le nectaire persis- 
tant et endurci; anneau pappifère tubuleux, corné, servant 
d'écorce au plateau, et s'en détachant avec l'aigrette ; aigrette 
longue, blanche ou un peu roussàtre, composée de squamel- 
lules très-nombreuses, multisériées, inégales, filiformes, pres- 
que nues inférieurement, barbellulées supérieurement. Co- 
rolles à tube court et peu distinct du limbe ; limbe obrin- 
gent, à lanières longues, étroites , linéaires, denticulées en 
scie sur les bords, surmontées d'un long appendice oblong, 
triquètre , subcorné, denticulé sur les bords, arrondi au som- 
met. Étamines nionadelphes, à filets complètement entre- 
greffes en tube, presque glabres, n'ay.int que quelques longs 
poils épars; appendice apicilaire de l'anthère linéaire subulé, 
presque aussi long que les loges. Fleurs margin.lts or linaire- 
ment neutres, à ovaire gvêle, stérile, à aigrette composée de 
squamellules peu nombreuses et barbellulées d'un bout a l'autre, 
à anthères imparfaites. 

Le TjTÏmraus a des rapports avec le Galactites, par ses feuilles 
tachées de blanc, par ses fleurs extérieures neutres, par ses 
étamines monadelphes, à filets presque glabres, par la forme 
de la partie indivise du liuibe de sa co-rolle , et par ses ovaires, 
qui, selon Gaertner, sont glutineux. Il se distingue généri- 



336 PLA 

quement des vrais Carduus, par le bourrelet apicilaire de ses 
fruits, qui est très-remarquable, parles singuliers caractères 
de sa corolle, et par ses étamines monadelphes , à tilets en- 
tregrefies, presque glabres. Le bourrelet apicilaire s'accroît 
après la fleuraison ; il est cependant peu distinct en dehors ; 
mais si on l'observe après la chute de l'aigrette, dont la base 
le remplissoit en dedans, on remarque qu'il forme un rebord 
très- élevé, imitant une sorte de cupule. Les filets des éta- 
mines semblent n'être greËFésà la corolle que jusqu'au-dessous 
du sommet de son tube ; mais ce tube étant ici peu distinct 
du limbe, l'anomalie que nous signalons est plus apparente 
que réelle. Il faut reconnoître que le tube est très- court, et 
que la partie basilaire du limbe se confond par sa forme avec 
le sommet du tube. Les cinq lanières de la corolle sont bor- 
dées, en dehors des vraies nervures, par un bourrelet cal- 
leux, très-indépendant de ces nervures, et qui au lieu d'être 
arrondi, comme dans les autres Carduinées, est ici tranchant 
ou presque aliforme , et denticulé ou découpé en dents de 
scie formant une suite de petites aspérités; l'appendice des 
lanières est la continuité de leur bordure , prolongée au-dessus 
de leur sommet et denticulée de la même manière. 

1. Le vrai genre Carduus, qui termine notre série des 
Carduinées, peut être caractérisé ainsi : 

Cardlius. Calathide incouronnée, éq'jaliflore , pluri-multi- 
flore, obringeiitiflore, androgyniflore. Péricline ovo;de, un 
peu inférieur aux fleurs; formé de squarnss régulièrement 
imbriquées, appliquées, coriaces, privées de glande nervi- 
forme ; les intermédiaires ovales- oblongues, surmontées d'un 
appendice plus ou moins étalé, large ou étroit, demi -lan- 
céolé ou linéaire -subulé, foliacé, uninervé, terminé par une 
épine. Clinanthe plauiuscule, épais, charnu, g.irni de fim- 
brilles nombreuses, libres, longues, inégales, laminées, mem- 
braneuses, diaphanes, larges ou étroites, linéaires-subuléesou 
presque filiformes , quelquefois bifurquées au sommet. Ovai/es 
oblongs , comprimés, glabres, plurinervés, munis d un petit 
bourrelet apicilairr^, et portant un plateau charnu; aréole 
basilaire un peu oblique, presque orbicu aire; aniieau pap- 
pifère corné, entourant le plateau ou seulement la base du 
plateau, et s'en détachant avec l'aigrette; aigrette longue, 



PLA 337 

roussâtre en partie, composée de squamellules nombreuses, 
inégales, plurisériées, filiformes, subtriquètres, un peu lami- 
nées vers la base , barbellulécs. Corolles ordinairement plus 
ou moins obringentes, quelquefois subréi^ulières. Étamities à 
filets libres et poilus; appendices apicilaircs des anthères 
entregreffés et linéaires inférieurement , libres et demi-lan- 
céolés supérieurement. Stigmatophores entrcgreflés. 

Nous divisons ce genre en deux sections sous -génériques : 
l'une, intitulée Piaf j'iepis , comprend les espèces ayant, comme 
le Carduus niitans , I.inn., les appendices du péricline laro^is, 
lancéolésou demi- lancéolés; l'autre, intitulée ^Sfeao/epîs , com- 
prend les espèces qui ont, comme le Carduus personala , Jacq. , 
les appendices du péricline longs, élroits, linéaires -subulés. 
Adanson avoit fait un genre Clomium , fondé sur le Carduus 
argentatus , Lin., et caractérisé par les écailles fendues qui , sui- 
vant l'auteur, garnissent son clinanthe , au lieu des longs poils 
qu'il attribue au clinanthe des vrais Carduus. Nous avons en 
effet reconnu , sur la plante dont il s'agit , que les fîmbrilles du 
clinanthe sont larges et souvent bifurquées au sommet; mais 
ce caractère, que nous avons aussi remarqué dans quelques 
autres Carduus, ne peut pas constituer un genre distinct, ni 
même un sous-genre, parce qu'il est peu . important et 
tout-à-fait isolé, que la largeur des fimbriiles varie par degrés 
dans les différentes espèces de Carduus, où elles sont toujours 
laminées et plus ou moins larges, et que leur bifurcation, 
dans les espèces où elle se rencontre, n'existe pas sur toutes 
les fîmbrilles, mais seulement sur un nombre plus ou moins 
grand des fimbriiles du même clinanthe. Ajoutons que la lar- 
geur des fimbriiles du clinanthe n'a point, avec la largeur 
des appendices du péricline, le rapport de coexistence qu'on 
pourroit supposer; car nous avons trouvé des fîmbrilles larges 
et bifurquées dans quelques Platflepis et dans quelques Ste- 
nolepis, et des fimbriiles étroites et entières dans d'autres es- 
pèces de chacun de ces deux sous-genres. 

Les trois genres snivans, que nous n'avons point vus, sont 
provisoirement placés a la suite du tableau des Carduinées, 
parce qu'ils ne pouvoient pas être admis avec assurance dans 
notre classification méthodique et naturelle. 

02. Si ÏHoheni^arta de M. Vest a été bien observé et dé^ 

41. 22 



538 PLA 

rrit exactement par l'auteur, c'est un genre fort singulier, 
offrant, dans les fleurs extérieures de sa calatliide, des ca- 
ractères tout-à-fait insolites. Quoi qu'il en soit, nous dou- 
tons un peu qu'il appartienne aux Carduinées, parce qu'il 
nous semble avoir des rapports notables avec le Kentro- 
phjllum , genre de Centauriées. Mais la descrij-tion de M. 
Vest n'est point assez complète et assez détaillée , pour 
établir solidement cette afïinilé. que nous proposons, comme 
une conjecture, cà ceux qui pourront observer la plante en 
question. 

53. Le genre Onopix, proposé par M. Rafinesque, dans sa 
Florula luàoviciana , seroit principalement caractérisé, suivant 
l'auteur, par un petit péricline extérieur écallleux, situé à 
la base du vrai péricline. Mais ayant le malheur de ne pou- 
voir presque jamais comprendre assez clairement les descrip- 
tions génériques de ce botaniste, nous sommes privé de l'avan- 
tage de profiter de ses observations. 

34. Nous trouvons, dans le même ouvrage de M. RnËnesque, 
ïa mention dun genre Pternix, qui n'y est point décrit. 

En terminant celte analyse de la tribu des Carduinées , 
nous sommes tenté de présenter une disposition méthodique , 
un peu difïerente de celle que nous avons adoptée, et qui 
pourra paroitre préférable en certains points. 

Première section. Cardlinées-Rhaponticées. Appendices du 
péricline plus larges que le sommet des squames. 

I. Carthamées. (Appendices du péricline ordinairement 
foliacés et presque inermes.) 1. Carduncellus; 2. Cartliamus ; 
5. Cestriniis. 

II. Rhaponticées vraies. (Appendices du péricline scarieux, 
inermes, entiers.) 4. Rhapontlcum ; 5. heuzea- 6. Fornicium ; 

7. Stemmacantha. 

III. Silybées. (Appendices du péricline dentés, épineux.) 

8. Alfredia; g. Echenais; 10. Siljhum. 

Seconde section. Carduinées-Prototypes. Appendices du pé- 
ricline plus étroits que le sommet des squames. 

I. Cinarées. (Fruit tétragone.) w. Cinara- 12. Onop or don; 
i3. Arction. 

II. Lamyrées. (Fruit subglobuleux.) 14. Platjrapliium: i5. 
Lamj'ra; 16. PtilosLemon; ly. JSotobasis. 



PLA S39 

ni. Carduinées-Prototypes vraies. (Fruit oblong, comprimé, 
à péricarpe flexible.) 18. Picnomon; ig. Lopliiolepis ; 20. Erio- 
lepis; 2 1. Onotroplie; 22. Cirsium; 23. Orthocenlron; 24. Gtilac- 
lites; 25. Tjrimnus; 26. Caiduus. 

IV. Serratulées. (Feuilles et péricline inermes.) 27. Juri- 
nea; 28. Klasea; 29. Serratula; 3o. Mastrucium; 3i. Lappa. 

Cette nouvelle combinaison diffère delà première, en ce que 
les deux sections, au lieu d'être caractérisées par les appen- 
dices du péricline considérés comme inermes ou piquans au 
sommet, sont caractérisées par ces mêmes appendices, consi- 
dérés comme plus larges ou plus étroits que le sommet des 
squames. Il en résulte , 1 .° que les serratulées proprement dites 
sont exclues de la première section, qui a dû par conséquent 
changer de nom , et qu'entièrement séparées des Rhaponticées, 
auxquelles elles étoient associées , et qui deviennent un groupe 
bien distinct , elles sont reléguées loin de là , tout a la fin , im- 
médiatement après les Carduinées-Prototypes vraies; 2." que 
les Silybées passent de la seconde section dans la première. 
Les Serratulées se trouvant ainsi éloignées de la tribu des 
Centauriées et rapprochées de celle des Echinopodées, cette 
disposition sembleroit peu naturelle, si on oublioit que la plu- 
part de nos tribus ne forment pas des séries droites, mais des 
séries courbes, dont les deux extrémités se rejoignent. Au 
reste, nous pouvons remarquer que les Lappa, Mastrucium , 
Serratula, ont les stigmatophores libres et la corolle régulière, 
comme les Echinopus. 

Notre tribu naturelle des Echinopodées est intermédiaire 
entre celle desCarduinécs, qui la précède, et celle des Arctoîi- 
dées, qui la suit. Elle ne comprend que le seul genre Echinopus. 

Ce genre avoit été placé par Vaillant dans sa famille des 
Cinarocéphales, et il formoit, avec le Gundelia , la première 
section de cette famille. Bernard de Jussieu rangeoit aussi le 
Gundelia et VEchinopus au commencement de la série des Ci- 
narocéphales , de manière à les rapprocher des Chicoracées. 
Adanson a fait une section des Échinopes, interposée entre 
celle des laitues et celle des chardons, caractérisée parles 
calathides uni-pauciflores, rassemblées en capitule, et com- 
posée des trois genres Echinopus, Gundelia, Sphœranlhus. M. 
A. L- de Jussieu a formé, dans l'ordre des Cinarocéphales, 



340 ■ PLA 

une section intitulée Cinarocéphales anomales, placée à îa 
iin de cet ordre, près des Corymbifères, caractérisée par les 
périclines uni-pauciflores. agrégés, et comprenant lesJungia^ 
Nassnui'ia, Gundelia , Ecliinopus , Corjmhium , Sphceranthus. 
h. C. Richard établissoit, dans la classe de la Synanthérie et 
dans Tordre de la Monostigmatie' , une section particulière 
intitulée Échinopsidées, et qui, dans le Catalogue du jardin 
médical, n'ofifre que le genre Echinopus; mais nous avons dé- 
montré ( iom. XXVI, pag. 22'^ et aaS) que Richard caracté- 
risoit ses Echinopsidées à peu près comme Adanson avoit 
caractérisé ses Échinopcs , et que par conséquent il devoit 
nécessairement y admettre d'autres genres que ÏEchinopus , 
notamment le Las^nsciea ou Noccœa , et toutes les autres 
Vernoniées à calathides capilulées {Disireptus, Elephantopus , 
Gundelia, Rolandra , Spiracantha, Trichospira) , parce que, 
selon sa manière de voir, les Vernoniées sont monostigma- 
tiques. M. De CandoUe place au commencement des Cinaro- 
céphales une section des Echinopées , caractérisée par les cala- 
thides uniflores, et comprenant les trois genres Boopis, Ro- 
landra, Echinopus, à la suite desquels il range les deux genres 
Gundelia etAcicarpha, dont il fait une autre section intitulée 
Gundéliacées, et caractérisée par les squamelles duclinanthe, 
entregreffées de manière à former des loges monocarpes. 

Dans nos deux premiers Mémoires sur les Synanthérées , 
nous n'avions point séparé VEchinopus des autres Cinarocé- 
phaleS , quoique nous eussions remarqué, dans le second mé- 
moire, que ce genre pouvoit constituer une seciion distincte; 
mais dans le troisième mémoire nous avons proposé la tribu 
des Échinopsidées, caractérisée par le style, les étamines et 
la corolle, réduite au seul genre Echinopus, et par conséquent 



1 Nous ne concevons pas comment M. Richard a pu croire que les 
Echinopus sont monostigmatiques; car les deux sligmatophores sont com- 
plètement libres jusqu'à la base; et même, dans l'E. strigosus , nous 
avons vu la bifurcation se prolonger beaucoup au-dessous de la base des 
stigniatopliores. Il est vrai que le mèaie botaniste ne vojoit qu'un seul 
stigmate dans les f^enwnia et Liatiis , et deux stigmates dans les Chi- 
coracées et les Eupatoires, quoique, sous ce rapport, il n'y ait aucune 
diiïérence entre les f-'ernonia et les CKicoracées, entre les Liatris et les 
fupaloires. 



PLÀ 341 

fort différente des Echinopes d'Adanson , des Echitiopsidées 
de Richard, des Echinopées de M. De CaudoUe. C'est pour- 
quoi, dans notre quatrième mémoire, en complétant les ca- 
ractères de cette tribu par la description de l'ovaire, nous 
l'avons nommée E«hinopsées, pour qu'on ne la confondît point 
avec les groupes proposés avant nous , à peu près sous le même 
titre, par d'autres botanistes. Cependant le nom d'Échinopo- 
dées, que nous proposons aujourd'hui, nous paroît plus con- 
venable, comme étant seul exactement conforme à l'étymo- 
logie et aux règles gian)maticales. En effet, le vrai nom pri- 
mitif du genre, qui doit, selon nous, être conservé, n'est 
point Echinops , comme Linné l'écrit, mais Echinopus , comme 
on le trouve dans tous les anciens livres , depuis Pline jusqu'à 
Tourncfort et Vaillant. Ce nom d'Echmopus, composé des 
deux mots grecs s^7voç et çrSç, devient au génitif Echino- 
podis ( comme haaopus , Lagopodis ). Donc la tribu qui a pour 
type le genre Echinopus, doit régulièrement se nommer Echi- 
nopodées. 

M. Kunth, dans ses ISova gênera et species plantarum, pré- 
sente comme une des subdivisions de sa section des Cardua- 
cées , un groupe intitulé Échinopsidées , et comprenant les 
genres Lagascea , Elepliantopus , Rolandra , Trichospira , Spira- 
cantha, qui tous appartiennent à notre tribu naturelle des 
Vernoniées. Le titre donné par l'auteur à ce groupe manifeste 
bien clairement son intention d'y comprendre aussi VEchino- 
pus; d'où nous pouvons conclure que les Ëchinopsidées de 
M. Kunth correspondent exactement à celles de Kicliard, et 
qu'il les auroit caractérisées à peu près comme lui, s'il ne 
s'étoit pas généralement abstenu de caractériser les sections 
et sous -sections qu'il admet dans l'ordre des Synanthér ées. 

Il résulte de tout ce qui précède, que notre tribu des Échi- 
nopodées est dans le même cas que celle des Carduinées, c'est- 
à-dire que, ressemblant par son nom à différens groupes pro- 
posés par divers botanistes, elle s'en éloigne beaucoup par ses 
caractères et par sa composition. 

Il est inutile de retracer ici les caractères fort extraordi- 
naires que nous avons assignés à cette tribu, puisqu'ils se 
trouvent déjà décrits et discutés dans ce Dictionnaire (t. XX, 
p. 562). Bornons-nous à remarquer que, les ay^ant soigneuse- 



342 PL A 

uient observés sur quafre espèces du genre unique de la tribu, 
nous n'avons trouvé qu'un seul de ces caractères qui subisse 
des modifications notables dans les différentes espèces; c'est 
celui qui concerne les cinq appendices squauiilormes situés 
sur les lanières de la corolle. En effet, ces appendices sont 
très-saillans dans VEchinopus sphcirocephalus; ils le sont beau- 
coup moins dans TE. ritro; ils se réduisent à un rudiment dans 
VE. paniculatus ; ils ont tout-à-fait disparu dans VE. strigosus. 

La partie supérieure et plus longue des lanières, qui est au- 
dessus de ces appendices et qui se réfléchit brusquement en 
dehors, ne pourroit-clie pas être comparée, sous quelques 
rapports, à l'appendice qui surmonte les lanières de la corolle 
du Tjrimnus , et dont presque toutes les Carduinées offrent 
un rudiment en forme de bosse conique plus ou moins sail- 
lante derrière le sommet des lanières et au-dessus de lui? 

Ce seroit peut-être ici le lieu de discuter l'opinion de 
L. C. Richard, qui attribue fort gratuitement aux Echinopus 
cinq aréoles glandulaires et excrétoires, analogues à celles des 
Boopidées , et occupant le bas du limbe de la corolle (Mém. 
sur les Calycér., pag. 32) : mais, pour ne pas trop alonger 
le présent article, nous prions le lecteur de recourir au second 
volume de nos Opuscules phjtologiques , contenant (p. 208 — 
281) un grand mémoire sur le nectaire des Synanthérées, dans 
lequel nous avons réfuté plusieurs idées de M. Richard, et 
où nous avons prouvé (pag. 2 58) que les prétendus nectaires 
épipétales de VEchinopus n'existent point réellement. 

C'est aussi pour abréger que nous nous abstenons d'exposer 
les motifs qui nous ont déterminé à placer la tribu des Échi- 
nopodées entre celle des Carduinées et celle des Arctotidées. 
(H. Cass ) 

PLATVRHYNQUE. (Omith.) La dénomination de platjrhjn,- 
chœ a été donnée jiar Mœhring ati second ordre de la 4." classe 
de son h^stème ornithologique, caractérisé par un bec dont 
les côtés sont perpendiculairement et étroitement comprimés. 
Cet ordre ne comprend que son 64.'' genre, Spheniscus , c'est- 
à-dire le macareux. 

Le nom de Plafjyrhynclios a aussi été appliqué à la spatule , 
platalea ou platea, et au canard souchet , anas cljpeata, dont 
le biec est horizontalement déprimé. 



PL A 5/, 3 

Eiifin la dénomination de platyrhynqne a été donnée par 
M. Desmarest à deux oiseaux de plus petite taille, dont le 
bec est aplati dans ce dernier sens, et qui, jusqu'alors avoient 
été rangés parmi les todiers, savoir les pl.ntyrhynques brun 
et orné. Cet auteur, pour simplifier l'orthographe du mot, 
Yécrit platyrinqiie. Le plus saillant des caractères qu'il assigne 
à ces oiseaux, consiste dans un bec très-déprimé et "arni de 
soies à sa base, lequel diffère en outre du bec des todiers, en 
ce qu'au lieu d'être, comme celui-ci, assez long, médiocre- 
ment large, linéaire et arrondi à l'extrémité, il est à peu prés 
aussi large et aussi long que la tête, caréné en dessus et cro- 
chu à la pointe. M. Desmarest trouve que la section des pie- 
grièches qui porte le nom de tyrans, se rapproche aussi des 
platyrhynques par le bec, qui toutefois est plus alongé, moins 
déprimé, moins large près de la tête et plus crochu à l'extré- 
mité, et s'en écarte par la conformation des doigts, qui sont 
séparés, comme ceux des autres pie-grièches, tandis que les 
platyrhynques proprement dits ont le doigt extérieur réuni 
à celui du milieu jusqu'à la seconde phalange, et ce dernier 
collé au doigt intérieur jusqu'à la première articulation. 

M. Temminck, qui a admis, sous le n." 24, le genre Platy- 
rhynqne dans l'analyse de son Système général d'ornithologie, 
y a compris trois espèces de plus que M. Desmarest, c'est-à- 
dire le lanius pitangiia ou tyran bentaveo, et les plathyrh^n- 
chos olivaceus et cancrornus. Cet auteur a ainsi établi les carac- 
tères du genre : bec plus large que le front, dilaté sur les 
côtés, du double plus large qu'épais, très-déprimé jusqu'à 
la pointe, qui est courbée et échancrée; arête déprimée, peu 
distiiicte; base du bec garnie de longues soies; narines vers 
le milieu du bec, rondes, ouvertes, fermées en dessus par 
une petite membrane couverte de plumes; tarse plus long 
que le doigt du milieu; doigts latéraux inégaux; l'extérieur 
et celui du milieu réunis jusqu'à la première articulation; 
l'ongle du pouce, le plus fort, courbé; les deux premières 
pennes alaires plus courtes que la troisième et la quatrième, 
qui sont les plus longues. 

M. Vieillot , qui a compris dans jon genre Plalhyrhynque 
un bien plus grand nombre d'espèces, tirées de la nombreuse 
familJe des muscivores, a apporté quelques modifications aux 



S44 PLA 

caractères génériques, nofamment pourles ailes, munies d'une 
penne bâtarde, et dont les plus longues rémiges sont en gé- 
néral les deuxième et troisième. Ses phityrhynques lui parois- 
sent susceptibles d'être divisés en deux sections, dont la pre- 
mière se composeroit des espèces qui ont une arête très- 
prononcée au bec, lequel est tout au plus deUx fois aussi 
large que haut à sa base, déprimé horizontalement dans les 
deux tiers de sa longueur, et ensuite rétréci comme celui des 
gobe-mouches ; les espèces dont le bec porte une arête très- 
obtuse, et qui, aplati dans toute sa longueur, est deux fois, 
au moins, plus large que haut, formeroient la seconde sec- 
tion. 

Il n'existe pas de platyrhynques en Europe , mais on en 
trouve dans les autres parties du monde. On ne connoît le nid 
que de très-peu d'espèces. Toutes prennent au vol les insectes 
ailés, qui constituent leur principale nourriture : aussi celles 
qui habitent les pays tempérés, en émigreiit lorsque la tem- 
pérature devient froide. 11 y a des espèces huppées, et d'au- 
tres se font remarquer par la longueur des deux pennes cau- 
dales intermédiaires. 

Les deux premières espèces sur lesquelles M. Desmarest a 
établi le genre Flatyrhynque, sont: 

Le PLATYRHYNQtjE BiîUN , Platjrhjnc]ius fuscus , figuré par cet 
auteur à la suite des todiers, lequel est le même que le pla- 
tjrïiynchos rostratus de M. Vieillot, le todus platjrliynchos de 
Gmelin, et le todus rostratus deLatham, qui est de la grosseur 
du rossignol, et dont le pays est inconnu. Son bec, fort large, 
est entouré à sa base de soies noires très-roides et d'inégale 
longueur; son dos est d'un brun jaunâtre; le dessus de la tête 
est d'un gris plombé, et l'on y remarque une tache longi- 
tudinale blanche; la gorge est d'un blanc sale, le ventre jau- 
nâtre ; la queue et les ailes sont brunes. 

Le Platyrhvnque orné : Platj^rhj^nchus ornatus, Desm. ; Todus 
nasutus de Latham, qui l'a figuré pi. 3o de son Synopsis, tom. 
j , part. 2, pag. G64; et Todus macrorhjynchos de Gmelin. Cet 
oiseau, dont on ignore la patrie, est le platyrhynque noir et 
roux de M. Vieillot : sa faille est la même que celle du pré- 
cédent ; les joues, la poitrine, le ventre, le croupion et les 
couvertures inférieures de la queue sont pourpres; les scapu- 



PLA 045 

laires, qvii sont blanches, retombent sur les ailes, et le dos 
est noir, avec des reflets bleus; le bec est d'un bleu noirâtre, 
et les pieds sont noirs. 

Le lanius pitangua ou tyran hcntaveo, dont M. Temmînck pa- 
roît faire un platyrhynque, et qui est représenté dans les pi. 
enl. de Buffon , n." 212, se fait remarquer par sa tête épaisse 
et élargie, son corps trapu; mais il ne présente pas d'ailleurs 
les caractères qui constituent le genre Platyrhynque, et M. 
Vieillot ne Ta pas compris dans sa longue nomenclature. 

Il n'en est pas de même des platyrhynques olivâtre et can- 
crome, dont M.Temminck a donné la figure sur la planche 
12 des Oiseaux coloriés faisant suite aux Oiseaux enluminés 
de BufTon. 

Le Platyrhynque olivâtre; Plalyrhynchos olivaceus , Temm., 
Cg. 1 , a un bec très-large, dont la mandibule supérieure est 
noire et l'inférieure blanche; le dessus de la tête, du cou et 
du corps est d'un vert foncé, légèrement nuancé d'olivâtre; 
la gorge, le devant du cou et la poitrine sont d'un vert clair; 
le ventre est d'un cendré jaunâtre; les ailes sont d'un brun 
noii'âtre, et leurs couvertures ont de larges bords d'une cou- 
leur d'ocre vcrdàtre; la queue est d'u^ brun clair. Cet oiseau , 
long de cinq pouces, et assez commun dans les collections, se 
trouve au Brésil. 

Le Platyrhynque cancrome; Platjrhynchos cancromus,T!em., 
fig. 2 , qu'llliger avoit désigné, dans les Galeries du musée de 
Berlin, par le nom de muscicapa cancroma, a sur la tète un 
petit panache jaune, dont les longues plumes sont à barbes 
décomposées, et qui est entouré par de petites plumes d'un 
brun olivâtre, naissant de la base du bec, lesquels garnissent 
le front et forment de larges sourcils sur l'orbite des j'eux. 
Les parties supérieures du corps sont d'un brun olivâtre; la 
poitrine est de couleur de feuille morte, et le milieu du 
ventre est jaunâtre. Cet oiseau, dont les mœurs ne sont pas 
connues, vit au Brésil. Il n'a que trois pouces et demi de 
longueur. 

Les espèces ajoutées à ce genre par M. Vieillot, et qui le 
rendent moins naturel, sont en très-grand nombre. On va 
en décrire succinctement la plupart, en suivant l'ordre des 
contrées qu'elles habitent. 



^46 PLA 

PcATVRHYNQiTE BLED ET BLANC; Plalj'rhyuchos cjatioleucus , 
Vieill. Cet oiseau, trouvé par feu Maugé dans l'île de Tiiuor, 
a le dessous du corps blanc, et le dessus d'un bleu écla- 
tant. Chez la femelle les parties supérieures sont d'un gris 
bleiàtre, et les inférieures d'un roux qui s'afToiblit sur le 
ventre. Le bec et les pieds sont bruns dans les deux sexes. 

PLATYRH^ NyoE A GORGE BLANCHE; Plutyrhynchos albicollis ^ 
Vieill. Cet oiseau du Bengale a le plumage brun, excepté sur 
la gorge, les sourcils et l'extrémité des pennes caudales, où il 
est blanc. Le bec est noir et les tarses sont bruns ; la queue 
est longue et étagée. 

Platyrhynqiie schet : Platjrhjnchos mutatus, Vieill.; Musci- 
capa mutala, Linn. et Lath.; pi. enl. de BufF. , n.° 248, fig. i 
et 2. Cette espèce, de la grosseur du rossignol, est connue à 
Madagascar sous les noms de schet , schet ail et schet vouloulou, 
qui ne paroissent être que des variétés, dont la longueur, 
depuis le bout du bec jusqu'à l'extrémité des deux longs brins 
de la queue, est d'environ un pied, et qui ont les plumes de 
la tête assez prolongées pour former une huppe d'un vert 
noir, ayant l'éclat de l'acier poli, et s'étendant sur l'occiput. 
Les schetg roux et noir, lesquels sont figurés dans BufFon, le 
sont aussi pi. 147 et 148 de l'Ornithologie d'Afrique de Le- 
vaillant, qui les regarde comme formant deux espèces dis- 
tinctes. Ces oiseaux ne se trouvent pas seulement à Mada- 
gascar, mais encore à Ceilan et au cap de Bonne-Espérance. 
On en a déjà parlé, ainsi que des deux suivans, dans le tome 
XXXIII de ce Dictionnaire, page 88. 

Platyrhynqueïchitrec : Platyrl}/}'nchos cristatus, Vieiîl.; M//5- 
cicapa cristata, Gmel. et Lath. Cet oiseau, représenté sur la 
pi. enl. de Buff. , 673, n.° 2 , et sur celles de Levaillant, n.° 
142, fig. 1 et 2 , et n." 145 avec son nid, de la forme d'une 
cornemuse et suspendu à des branches d'arbres, se trouve au 
Sénégal et en d'autres parties de l'Afrique. Il est de la gros- 
seur du chardonneret et a plus de huit pouces de longueur, 
en y comprenant les deux pennes intermédiaires de la queue. 

Les plumes du sommet de la tête forment une huppe chez 
le mâle, lorsqu'il les redresse, et elles sont d'un vert sombre 
à reflets bleuâtres, ainsi que celles du cou et de la poiti'ine. 
Le dessus du corps est d'un mordoré éclatant; mais, après la 



PLA 347 

saison des amours, ce plumage change, et il diffère peu de 
celui de la femelle, qui est d'un gris de fer sur la face et 
le dessous du corps, et dont la teinte est plus terne en dessus. 
Les deux sexes se séparent rarement; ils fréquentent les 
forêts et habitent presque toujours sur les grands arbres. Les 
mâles, fort querelleurs, se battent lorsqu'ils se rencontrent. 

Plat VRHYN QUE tchitrecbé : Platjrhynchos paradisi, Vieill.; 
Muscicapa paradisi, Linn. et Lath.; Todus paradisœus , Gmel. ; 
pi. enl. de Buff., n° 2 34, et de Levaill., Afr. , n." 144. Ce 
dernier auteur observe que Buffon et Brisson n'ont décrit 
qu'un jeune mâle , puisqu'ils ne parlent pas des longues plumes 
intermédiaires de la queue de ce mâle dans son état parfait. 
La taille de celui-ci est celle du moineau franc, mais un peu 
plus alongée, et sa tête est ornée d'une huppe composée de 
plumes longues et roides, qui, suivant l'incidence de la lu- 
mière, paroissent noires ou d'un bleu d'acier poli, et s'éten- 
dent à plus d'un demi-pouce au-delà de l'occiput; la poitrine 
est d'un blanc grisâtre, qui devient pur sur les parties infé- 
rieures; le dos, le croupion, les ailes et la queue sont d'un 
roux vif; celle-ci est fortement étagée et les plumes intermé- 
diaires acquièrent quelquefois une longueur quadruple de 
celle du corps; le bec, très-ombragé de poils, est à sa base 
d'une couleur plombée comme celle des pieds. La femelle, 
privée des longues plumes de la queue, est plus petite que 
le mâle; sa huppe est moins longue, et sa couleur rousse 
plus pâle. 

Cet oiseau est très-commun à l'île de Ceilan , mais il ne 
paroit pas habiter à Madagascar , ni au Sénégal , ou il y est 
fort rare. Levaillant a donné, pi. 146 et 146, les figures d'au- 
tres tchitrecbés, qui ont le plumage presque entièrement 
blanc ou varié de teintes roussàtres; mais il pense que ces 
changemens de couleur n'empêchent pas qu'ils ne soient de 
la même espèce; il fait à leur égard les questions suivantes. 
Ce tchitrecbé prend- il régulièrement l'habit blanc dans cer- 
taine saison? ne le prend-il que quand il est parvenu à un 
certain âge? est-ce du blanc qu'il passe au roux ou du roux 
au blanc ? 

Platyrhynque a bandeau blanc: Platyrhynchos velatus , Vieill. ; 
Muscicapa ango!.en$is , Lath. Cet oiseau, figuré sur la plariche 



348 PLA 

567 de BuflPon, n.° 1 , sous le nom de gobe-mouche à poitrine 
rousse du Sénégal , a sur le sommet de la tête une tache rousse 
entourée d'un bandeau blanc , et une plaque noire sur les 
joues; sa longueur est de quatre pouces deux lignes. L'oiseau 
n." 2 de la même planche paroît être de la même espèce; 
mais le n.° 3 , quoique de la même contrée, offre des diffé- 
rences plus saillantes. C'est le Platvrhynque a collier, Pla- 
tjrhynchos collaris , de M. Vieillot , qui est un peu plus grand , 
et a la gorge et le devant du cou d'un beau marron, bordé 
par le blas d'une bande noire. 

Le PLATyRHYNQUE A LUNETTES; Platj^rhjnchos perspicillatus , 
Vieill., a déjà été décrit parmi les gobe-mouches, au tome 
XXXIII de ce Dictionnaire, p. 89. 

Platyrhynque MUSICIEN; PlaLyrhynchos miisicus , Vieill. Cette 
belle espèce, qui est longue de cinq pouces et demi, et qui 
a été trouvée à Malimbe par le voyageur Perrin , joint une 
voix étcadue et agréable à un fort beau plumage. Sa tête 
est parée d'une huppe composée de plumes noires d'environ 
un pouce de longueur, qu'il fait jouer à volonté. Le dessus 
du corps est d'un noir à reflets violets ; le ventre et les plumes 
anales sont blancs; les pennes alaires et caudales sont d'un gris 
brun. 

Platyrhynque barbichon : Platyrhjnchos barbatus, Vieill. ; 
Miiscicapa barbata , Lath. ; pi. enl. de Buff. , n.° 83o (mâle et 
femelle). Le nom donné à cet oiseau de Cayenne vient des 
longues soies qui se portent en avant du bec jusqu'à la pointe. 
Les parties supérieures du corps sont d'un brun olivâtre foncé, 
et d'un beau jaune sur le croupion. Le sommet de la tête des 
màles est couvert de plumes orangées, qui sont en partie ca- 
chées par d'autres; la gorge et le cou sont gris; le ventre est 
d'un jaune verdàtre; la tache jaune du sinciput est étroite 
et oblongue sur la femelle , qui a le dessus du corps d'un brun 
noirâtre et le plumage inférieur d'un brun jaunâtre. 

Sonnini, qui, le premier, a fait connoître cet oiseau, dit 
qu'il place loin des eaux, sur des branches peu garnies de 
feuilles, un nid de douze pouces de haut et environ cinq de 
diamètre, qui, entièrement composé de mousse et fermé en- 
dessus, a son étroite ouverture pratiquée sur le côté et à trois 
pouces du sommet. 



PLA 543 

Pf.ATYRHYNQUE GiLUT : Platj'rTiynchos licolor, Vieill. ; Muscl- 
capa bicolor , Lath.; pi. enlum., n." 676, Cg. 1 , de Buff. , qui 
l'appelle gobe-moizche pie de Cayenne. Cette espèce, décrite 
par d'Azara , sous le n.° lyS, se trouve aussi au Paraguay j 
elle ne présente que du blanc et du noir dans son plumage; 
elle se tient dans les terrains inondés et pond deux ou trois 
œufs, dans un nid composé de racines et de rameaux flexi- 
bles. 

Platyrhynque a moustaches; Platjrhjnchos mystaceus , Vieill. 
Cet oiseau du Paraguay, que d'Azara a décrit, d"après son 
ami Noseda, sous le n° lyS, a le bec terminé par un crochet 
beaucoup plus large qu'épais, et dont la forme est celle d'une 
lancette usée à la pointe. L'auteur espagnol ne lui donne que 
trois pouces et demi de longueur; mais M. Vieillot y suppose 
une erreur, parce qu'il a cru le reconnoître dans le platy- 
rhynque brun et jaune, qui est delà taille du rossignol, c'est- 
à-dire dans le todus rostratus, décrit d'abord par M. Desma- 
rest, et qui est, en quelque sorte, le type du genre. 

P/.ATYRHYN()t!E A JOUES NOIRES; Platjrhjnclios melanopus , 
Vieill. On voit, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, cette 
espèce, trouvée dans l'Amérique méridionale, qui a le dessus 
de la tête roux, la gorge blanche, elle reste du plumage 
lavé de roux en dessus et de blanc en dessous. 

Platyrhynque A oreilles noires ; Platyrliynclios auricularïÉ , 
Vieill. Le Brésil est la patrie de cet oiseau , qui a été rapporte 
par Delalande fils, et qui, de la taille du pouillot, n'a que 
trois pouces de longueur. Son bec noir, aussi large et aussi 
aplati que celui du todier, est courbé et échancré à la pointe. 
Le dessus de la tête est d'un gris verdâtre; le manteau et le 
croupion sont d'un beau vert olive; les plumes des ailes et 
de la queue sont noirâtres et bordées de jaune; on voit une 
petite tache blanche sur celles des oreilles ; le dessous du corps 
est jaune. 

Platyrhynque a raquettes; PlatjrhYnclws platurus, Vieill. 
Cette espèce, rapportée aussi du Brésil par le même natura- 
liste, a tout le plumage noir, à Pexception du front et du 
croupion, qui sont blancs, et d'une calotte d'un gris blan- 
châtre. Les deux pennes intermédiaires delà queue, qui, de 
moitié plus longues que les autres, sont garnies dans le_mi- 



Uo PLA 

lieu de barbules courtes et ensuite de longues barbes, ont à 
leur extrémité la forme d'une raquette. 

Pr.ATYRHYNQUE A QUEUE COURTE : Platyrh^'îiclios hrachyurus , 
Vieill, ; Todus hrachyurus , I.ath. Cet oiseau, qu'on trouve, 
comme les précédens, dans l'Amérique méridionale , a environ 
cinq pouces de longueur; le front, les côtés de la tête et les 
parties inférieures, blancs , et le reste du plumage noir , ainsi 
que les pieds et le bec, qui est très -aplati. 

Platvrhynque rubin: Platyrhfnchos coronafws, Vieill.; Musci- 
capa coronnta, Lath.; pi. enlum. de Buff. , n.° 675, fig. 1. On 
trouve à la Guiane et au Paraguay cet. oiseau , qui , dans cette 
dernière contrée, est appelé guirapita , c'est-à-dire oiseau 
rouge, et à Buenos- Ayres churrinche , dénomination sous la- 
quelle il a été décrit par d'Azara , n.° 177. 11 est long de cinq 
pouces quatre lignes. Le plumage varie sur certains individus; 
mais en général il est d'un brun noirâtre sur les parties su- 
périeures, à l'exception de la tête, qui est, comme tout le 
dessous du corps, d'un très-beau cramoisi , et dont les plumes, 
longues, soyeuses et décomposées, se relèvent en forme de 
huppe lorsque l'oiseau est agité de quelque passion. Cette 
espèce préfère les buissons aux arbres et les forêts aux bos- 
quets; elle saisit les insectes au vol, et pour les manger elle 
revient à la place d'où elle est partie. On a apporté à d'Azara 
son nid, trouvé dans un buisson épineux, et qui étoit fait 
avec des feuilles et de petites pailles en dehors, et des crins 
de cheval en dedans. 

Platyrhynque tacheté : Platjrhynchos maculatus ,Yiei\\. ; To- 
dus maculatus, Desm., Hist. des todiers. M. Vieillot annonce 
que c'est d'après les caractères indiqués par ce naturaliste 
lui-même, comme ceux des vrais todiers, qu'il a classé dans 
le genre Platyrhynque , cet oiseau, dont le bec, déprimé 
horizontalement et garni de soies roides à sa base, est un peu 
arqué et échancré à sa partie supérieure. Sa couleur n'a rien 
de remarquable; la tête est noirâtre; le dessus du corps est 
d'un gris olivâtre foncé; les pennes caud^iles, brunes en de- 
dans, sont bordées en dehors de jaunâtre; la gorge et le de- 
vant du cou sont blancs, avec de petites taches oblongues 
d'un brun foncé. 11 n'a que trois pouces et demi de longueur. 

Platyrhymque a tête blanche : Platjrhjnchos kucocephalus, 



PLA 35i 

Vieill.; Todus leucocephalus de Lath., pi. 2g de son Sjynopsis. La 
têle entière de l'oiseau est d'un blanc de neige , et les plumes 
en sont longues, soyeuses et comme décomposées; les ailes 
sont brunes et les plumes anales blanchâtres; le reste du plu- 
mage est noir; le bec est de la même couleur en dessus et 
d'un jaune pur en dessous. La femelle diftere du mâle , sur- 
tout en ce qu'elle n'a que la première moitié de la tête 
blanche, et toutes les parties inférieures de la même couleur. 
Cette espèce, qu'on trouve àCayenne, au Brésil et au Pa- 
raguay, a environ cinq pouces de longueur. D'Azara dit, 
n." 176, qu'elle passe la plus grande partie du jour au mi- 
lieu des joncs et d'autres plantes marécageuses, et qu'elle se 
perche à leur cime le matin et le soir. 

PLATÏRHyNQUE COURONNÉ, dit Roi DES GOBE-MOUCHES : Plûtj- 

rhjnchosregius, Vieill.; Todusregius, Lath.; pi. enl., de Buff., 
n.° 289, sous le nom de tyran huppé dft Cayenne. Cet oiseau, 
de sept pouces de longueur, est remarquable par sa huppe 
large, posée transversalement et composée de quatre à cinq 
rangs de petites plumes arrondies, étalées en éventail sur dix 
lignes de largeur, toutes d'un rouge bai très-vif et terminées 
par un petit œil d'un noir brillant. Son bec, aplati, très-large, 
dont la pointe est un peu crochue, a dix lignes de longueur, 
et il est garni de longs poils. On voit sur l'œil un petit sour- 
cil blanc ; la gorge est jaune; le dos est brunâtre et les pennes 
caudales sont d'un bai clair. 

Platyrhynqce verdoyant; Platjrhynchos virescens , Vieill. 
Wilson, quia donné la figure de cet oiseau, long de cinq 
pouces un quart, dans V American ornithologj, pi. i3, n." 5, 
le regarde comme le même que le muscicapa acadica, ou gobe- 
mouche de la NouvelIe-Écosse, et M. Vieillot l'a placé parmi 
les platyrbynques à cause de la largeur de son bec, dont la 
mandibule supérieure est d'un brun obscur, et l'inférieure 
de couleur de chair. Le dessus du corps est dun vert olive et 
le dessous d'un jaune verdâtre; les ailes, d'un brun foncé, 
sont traversées en dessus par deux bandes d'un blanc jaunâtre, 
et un anneau de cette dernière couleur entoure l'œil. Il se 
tient dans les parties les plus solitaires des bois sur les branches 
basses, et vole sans cesse d'un arbre à un autre, en jetant 
Ma cri plaintif; il fait, sur les bords des marais, un nid dans 



352 PLA 

lequel la femelle pond quatre œufs blancs. M. Vieillot trouve 
beaucoup de ressemblance entre cet oiseau et le todus obscurus 
de I.atham. 

Quatre des espèces suivantes sont de la Nouvelle-Holiande, 
et la dernière se trouve dans la Nouvelle-Galles du Sud, où 
elle est rare. , 

Platyrhynque avx ailes variées; Platjrhjnchos poljcliopte- 
rus, Vieil]. Cet oiseau, dont la longueur totale est de cinq 
■pouces huit à dix lignes, a la tête et les parties supérieures 
du corps noires, avec des taches blanches longitudinales aux 
ailes et à la pointe des pennes latérales de la queue; le des- 
sous du corps est gris. 

Platyrhynqle a gorge rousse; Flatjrltynchosruficollis,YieiU. 
Il a tout le dessus du corps d'un bleu plus foncé sur la tête; 
une bordure blanche aux pennes alaires; la gorge, le devant 
du cou et la poitrine r»ux; le ventre et les parties postérieures 
blancs; le bec et les pieds gris. 

Platyrhynque a ventre jaune : Platjrhjnc^.ios jiavigaster , 
Vieill.; Todus flavigaster, Lath. Le haut de la gorge, la tête 
et toutes les parties supérieures du corps sont d'un cendré 
brunâtre, plus foncé sur les ailes; la queue est carrée à son 
extrémité; les parties inférieures sont jaunes; le bec, court, 
large et garni de poils à sa base, est d'une teinte pâle. Celte 
espèce a cinq pouces et demi de longueur. 

Platyrhynque a ventre roux ; Platjrhj'nchos rufiventris , 
Vieill. La tête de cet oiseau est noire; son dos est d'un gris 
foncé; les ailes sont brunes; la gorge cl les flancs sont blancs; 
le ventre est roux; la queue, longue et noire, a les deux pre- 
mières pennes en partie blanches; les pieds et le bec sont 
bruns. 

Platyrhynque a poitrine rouge : Platjrhynchos ruhecitla, 
Vieill.; Todus rubecula, Lath. Cette espèce est de la taille du 
bruant commun; son bec, large, est garni de soies à sa base; 
la langue est bifide à la pointe; le dessus du corps est d'un gris 
ardoisé; les ailes et la queue sont brunes ; la gorge et la poi- 
trine orangées , e» les parties inférieures blanchâtres. (Ch. D.) 
PLATYROSTRE, Platjrostra. { Ichthjol,) M. C. A. Le- 
sueur, dans le i." volume des Mémoires de l'Académie des 
sciences naturelles de Philadelphie, a établi, sous ce nom, 



PLA 353 

un genre de poissons chondroptérygiens, très-voisin de celui 
des Esturgeons , et reconnoissable aux cjiractères suivans : 

Mâchoires, langue et pharynx sans dents; museau aplati et 
alongé; des plaques osseuses scuti/ormes sur la queue seulement. 

Ce genre ne renferme encore qu'une espèce. C'est un 
poisson d'un pied de longueur sur trois pouces de largeur, 
et qu'on pêche dans l'Ohio. (H. C.) 

PLATYROSTRE. (Ornith.) Klein emploie les dénominations 
de piatiroster et de latirosler , poUr désigner les oies et les ca- 
nards. ( Ch. D.) 

PLATYRRHINE. {Entom.) Nom donné par M. Clairville 
à quelques espèces du genre Anthribe, famille des rhinocères, 
ordre des coléoptères tétramérés. (C. D.) 

PLATYRRHl^lNS, Platyrrhini. {Mamm.) Les quadrumanes 
d'Amérique ayant tous les narines séparées par une large 
cloison, M. Geoffroy de Saint-Hilaire les a réuni sous ce nom 
commun ; et il les subdivise en hélopithèques , qui comprennent 
les atèles, les alouales, les sapajous et'les lagotriches; en géopi' 
thèques , qui sont les sagouins, les salas et le douroucouli- et 
enfin, en arctopithèques , qui sont les ouistitis. (F. C.) 

PLATY'SMA. (Bot.) Voyez Platisma. (Lem.) 

PLATYSME , P/afisma. (Entonu) M. Bonelli, dans ses Obser- 
vations entomologiques, décritsousce nom un genre d'insectes 
Coléoptères de la famille de créophages, voisins des carabes, 
dont le corsele^, presque carré, présente deux stries latérales, 
et dont le corps alongé est un peu arrondi. Tels sont les 
carabes, que Fabricius nomme niger et nigrita. (C. D.) 

PLATYSOME. {Enlom.) M. Latreille donne ce nom à une 
famille d'insectes parmi les coléoptères tétramérés, qui cor- 
respond au genre Cucuje. Voyez ce mot. (C. D.) 

PLATYSTACUS. (Ichthjol.) Voyez Asprède dans le Supplé- 
ment du tome lll de ce Dictionnaire. (H. C.) 

PLATYSTE. (Ichthjol.) Voyez Platystacus et Plotose, 
(H. C.) 

PLATYSTOME, Platjstoma. (Entom.) Nom d'un genre de 
diptères , appliqué par M. Meigen à la musca ou dictja sehi- 
nalionis dé Fabricius. (C. D.) 

PLATYURE, Platjura. (Entom.) M. Meigen a donné ce 
nom à un genre de diptères de la famille des bec-mouche» 



S54 PLA 

ou hydromyes. C'est en particulier la lipula platjura de Fa- 

bricius. (C. D.) 

PLATYZOMA. ( Bot.) Genre de la famille des fougères, 
établi par R. Brown , très -voisin des gleichenia et des mer" 
tensia, dont il diffère par ses sores ou paquets de fructifica- 
tions solitaires, recouverts chacun par un indusium ou en- 
veloppe formée par les bords repliés de la fronde ; les cap- 
sules recouvertes d'une poussière qui leur est propre. 

Le Platyzoma aîiCROPHYLLUM , R. lir. , Proà. IS'ov. HolL, est 
une fougère glabre, rampante, dont lesstipes se développent 
en plusieurs frondes ailées, à frondules très -nombreuses, fili- 
formes, comprimées, distinctes, orbiculaires, entières, très- 
fines, couvertes en dessous d'une poussière couleur de soufre. 
Les capsules sont en petite quantité dans chaque sore. Cette 
foii<'ère a été recueillie sur les côtes orientales et septen- 
trionales de la Nouvelle- Hollande. (Lem.) 

PLAUTUS. [Ornith.) Ce nom, qui signifie pied -plat, est 
donné, par Klein, Ori& avium , p. 146 , à la septième famille 
de ses palmipèdes, contenant des oiseaux qui n'ont que trois 
doigts et sont privés du pouce. Voyez Plotus. (Ch. D.) 

PLAZIA. [Bot.) Ce genre a été établi par les auteurs de 
la Flore du Pérou pour une plante encore peu connue, qui ap- 
partient à la sjngénésie de Linnseus, de la famille des labiali- 
Jlores de M. De CandoUe, rapprochée des chœtanthera, et dont 
le caractère essentiel consiste dans : Un calice ovale, composé 
de folioles imbriquées, la plupart droites, lancéolées; les 
fleurs composées; celles de la circonférence bilabiées , à demi 
trifides ; la lèvre extérieure alongée , à trois lobes ; l'inté- 
rieure à deux divisions linéaires et roulées ; les fleurs du 
disque hermaphrodites, en entonnoir, presque à cinq dé- 
coupures; les semences surmontées d'une aigrette pileuse; 
le réceptacle nu. 

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, le plazia con- 
ferta, Prodr. Sfst. veg. FI. per., 187. Cette plante a des feuilles 
ovales, lancéolées, marquées de trois nervures. Elle a été dé- 
couverte au Pérou , dans les haies et aux lieux escarpés. 

(POIR.) 

PLECHON. (Bof.) Nom grec du pouliot, mentha pulegwm, 
cité par Mentzel. (J. ) 



PLE 555 

PLÉCOPODES. {Ichthyol.) M. Duméril a donné ce nom à 
une famille de poissons holobranches thoraciques, composée 
d'espèces à corps arrondi, à catopes réunis et comme soudés. 

Cette famille ne renferme que deux genres : celui des Go- 
BioÏDEs qui n'ont qu'une nageoire du dos, et celui des Gobies, 
(\nï en ont deux. (Voyez ces mots, Holobranches et Thora- 
ciyuEs. ) 

Plécopodes dérive du grec TrXiitid (je joins) et ttS; (pied). 
(H. G.) 

PLÉCOPTÈRES. (Ichthyol.) M. Duméril a donné ce nom à 
une famille de poissons cartilagineux téléobranches, à bran- 
chies complètes, à catopes réunis sous les nageoires pectorales. 

Cette famille ne renferme encore que trois genres, les 
Cycloftères , qui ont les nageoires pectorales simples ; les 
Cyclogastres , dont toutes les nageoires impaires sont réu- 
nies, et les Lépadogastères, qui ont des nageoires pectorales 
doubles. (Voyez ces mots et Téléobranches.) 

Plécoptère vient du grec ttXskoç (joint) et Trjspac, (nageoires.) 
(H. C.) 

PLECOSTE. (Ichthyol.) Un des noms sous lesquels on a 
décrit le loricaire sétifère. Voyez Loricaire. (H. C.) 

PLECOSTOMA. (Bot.) Voyez l'article Geastrum , vol. XVllI, 
pag, 262. (Lem.) 

PLECOSTOMUS. (IchthyoL) Gronow a figuré sous ce nom 
le loricaire sétifère. Voyez Loricaire. (H. C. ) 

PLECOTUS. (Mamm.) Nom latin du genre Oreillard. (F. C.) 

PLECTANEIA. (Bot.) Pet. Th., Noi'. gen. Madag., pag. u, 
n." 36. Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, 
monopétalées , de la famille des apocinées , de la pentandrie 
monogj'nie de Linnasiis, qui offre pour caractère essentiel: 
Un calice urcéolé ; une corolle monopétale ; son tube- court, 
ventru; le limbe contourné et resserré; cinq étamines; les 
anthères sessiles, sagittées ; un seul ovaire; le style court; 
le stigmate en tête; une capsule en forme de silique , très- 
longue, presque tétragone , formant deux follicules à deux 
loges, à bords courbés en dedans, se séparant à Pépoque de 
la maturité, et portant des semences ailées, comprimées; le 
périsperme grêle; Fembryon droit; les cotylédons planes. 

Celte plante e.«t un arbrisseau de Pile de Madagascar, à tige 



356 PLE 

grimpante, laiteuse, à feuilles opposées. Les fleurs sont 

petites, disposées en corymbc. ( Poir. ) 

PLECTOCARPON. {Bot.) Genre de la famille des lichens , 
introduit récemment par M. Fée, qui l'avoit d'abord appelé 
Delisea, nom qu'il a été obligé de changer, parce qu'il existe 
déjà un genre de plantes de même dénomination. 

Le Plectocarpoîi est voisin du Stic ta; comme lui il a la sur* 
face inférieure du thallus garnie de cyphèles, mais ses con- 
ceptacles ou scutclles ont une organisation différente; ils sont 
fixés seulement par leur centre sur le thallus et libres dans 
tout le reste. Ils sont, avant leur entier développement, fer- 
més à la manière d'un calice et plissés régulièrement, d'où 
est tiré le nom générique de plectocarpon, fruit plissé en grec. 
Ils s'ouvrent ensuite et mettent à nu un disque très-noir , com- 
posé de granulations verruciformes , distinctes, remplies de 
gongyles, entourées d'une pulpe. Le bord des scutelles n'est 
qu'un prolongement du thallus. 

Le Delisea pseudo-sticta (Fée, Ess. intr. , pag. 65 et 96 , pL 2 , 
fig. ]5, suhœq. 1 S ) est la seule espèce du genre; son thallus, 
d'un jaune roux et velu en dessous, est coriace, cartilagi- 
neux, foliacé, lacinié, largement lobé, à bords crépus. Ce 
lichen, qui acquiert de grandes dimensions, se trouve sur 
les vieux arbres à l'île King, Nouvelle-Hollande. (Lem.) 

PLECTOGNATHES. {Ichthjol.) M. Cuvier appelle ainsi le 
premier ordre des poissons osseux, qui renferme ceux dont 
l'os maxillaire est soudé ou fortement attaché sur le côté de 
l'intermaxillaire, qui forme seul la mâchoire , tandis que leur 
arcade palatine s'engrène par suture avec le crâne et n'a 
par conséquent aucune mobilité. Les opercules et les rayons 
sont en outre cachés sous une peau épaisse, qui ne laisse 
voir à l'extérieur qu'une petite fente branchiale. 

Cet ordre comprend deux familles naturelles, les Gymno- 
DONTEs et les ScLÉROPERMEs. Voyez ces mots et Poîssons. (H. C.) 

PLECTORHYNQUE, Plectorhjnchus. (Ichthjol.) D'après les 
mots grecs TThnijoç {tissu, filet) et poy^oç {museau, bec), 
feu de Lacépède a établi sous ce nom , dans la famille des 
léiopomes, un genre de poissons ainsi caractérisé: 

Catopes thoraciques; corps épais, comprimé ; mâchoires garnies 
de dents en rang simple, petites, et perçant à peine la genciye; 



PLE 557 

lèvres fortement plis sées ; opercules lisses; une seule nageoire dor- 
sale, sans aiguillons antécédens; préopercules dentelés. 

On distinguera facilement les Plectorhynques des Spares, 
des Diptérodons et des Mulets, qui ont les dents en rang 
double , et de tous les autres genres de sa famille par la sin- 
gulière conformation de leurs lèvres. (Voyez LÉioroMEs.) 

On ne connoît encore qu'une espèce dans ce genre, c'est le 

Plectorhynqle chétodonoÏde ; Plectorhjnchu.'i chœtonoides , 
Lacép. Nageoire caudale arrondie; ligne latérale nulle; tête 
grosse, comprimée; nageoires pectorales et anale, ainsi que 
les catopes, supportées par des appendices charnues et cou- 
vertes d'écaiiles; œil grand; ouverture de la bouche petite; 
museau avancé et comme caché dans des plis et des contours 
charnus ou membraneux des mâchoires; corps offrant l'aspect 
général de celui des chétodons; nageoire dorsale divisée en 
deux portions par une échancriire arrondie. 

Ce poisson vient de la mer des Indes. Il oiffe , sur un fond 
d'une couleur très-foncée, sept ou huit taches très-étendues, 
inégales, irrégulières, d'une nuance claire et très-éclatantes, 
relevées par des taches plus petites, foncées et presque toutes 
arrondies , qu'elles renferment en nombre plus ou moins 
grand. 

Feu de I.acépède l'a décrit le premier d'après un individu 
faisant partie d'une collection cédée à la France par la Hol- 
lande. (H. C.) 

PLECTORITE. (Foss.) On a nommé ainsi autrefois les dents 
de poissons fossiles, qui ont la forme d'un bec d'oiseau. (D. F.) 

PLECTRANTHUS. (Bot.) Voyez Germaine. (Poir.) 

PLECTRONE, Plectronia. {Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones, à fleurs complètes polypétalées, de la famille des 
rkamnées, de la pentandrie monogjnie de Linnseus, dont le 
caractère consiste dans : Un calice persistant, turbiné, à cinq 
dents courtes ; cinq pétales attachés à l'orilice du calice; cinq 
étamines; les filamens très- courts; Panthère double; uji ovaire 
inférieur; un style court; un stigmate ovale. Le fruit est une 
baie à deux loges; une semence dans chaque loge._ 

Plectrone a corymbes : Plectronia venlosa , Linn., Mant.^ 
J.amk. ,111. gen., tab. 146; Burm., yi/r., pag. 267 , tab.94. Arbre 
dont les branches sont fortes et grosses, armées d'épines l.oa^ 



358 PLE 

gués, aiguës, qui ne sont que les jeunes rameaux des années 
précédentes , durcis et dépouillés de leurs feuilles ; les rameaux 
sont quadrangulaires; les feuilles opposées, petiolées, ovales, 
lancéolées, acuminées, très-entières, lisses à leurs deux faces, 
plus longues que les entre-nœuds; les pétioles courts, roides 
et glabres; les fleurs sont disposées en corymbes axillaircs, 
étalés; les pédoncules grêles, presque filiformes; les corolles 
jaunâtres; les pétales oblongs, fortement réfléchis en dehors; 
le fruit est une baie verdàtre, oblonguc, ovale, ombiliquée 
au sommet , s'ouvrant dans sa longueur en deux loges, ren- 
fermant chacune une semence brune, oblongue, comprimée. 
Cette plante croît au cap de Bonne -Espérance. (Poir.) 

PLECTRONIAS. [Bot.) Nom grec ancien de la grande 
centaurée, centaurea , cité par Mentzel. 11 a été plus récem- 
ment employé par linnœus pour un autre genre très-ditré- 
rent. On trouve encore dans Daléchamps les noms pelethronia 
et polj'lidion pour la même centaurée. (J. ) 

PLECTRONITE. (Foss.) Luid a nommé ainsi les dents de 
poisson pétrifiées avec la mâchoire. Luid, Lit. brit. , n.° 1018. 
(D. F.) 

PLECTROPHANES. {OrnUh.) M. Mcyer a fait sous ce nom 
un genre particulier du bruant de neige, emberiza nivalis, 
Linn. , et du bruant monlain , emberiza calcarata, Temm. ; 
mais M. Temminck , trouvant que les caractères donnés étoient 
de trop peu de valeur pour établir une séparation générique 
et que les mœurs seules de ces oiseaux offroient des disparités 
un peu marquées, s'est borné, dans la seconde édition de 
son Manuel ornithologique, tom. .1 , p. 5i8 , à en former une 
section, à laquelle il a dopné le nom de bruans éperonmers. 
(Ch. D.) 

PLECTROPOME, Plectropomus. (IcMijol.) D'après les mots 
grecs TrXtiKJpov {^rgot) eiTraixA {opercule) ^ M. Cuvier a donné 
ce nom à un genre de poissons osseux holobranches, de la 
l'aminé des acanthopomes, qu'il a séparés des Bodians et des 
HoLocENTREs, et quc l'on distingue des Serrans, en particu- 
lier, en ce que le bas de leur préopercule, au lieu de fines 
dentelures , présente de grosses dents ou de fortes épines 
dirigées en avant. (Voyez ces mots et Acanthopomes.) 

Parmi les espèces renfermées dans ce genre, on distingue 



PLE 559 

Le PtECTROPOME ÉPERONNÉ : Plectropomus calcarifer: Holocen- 
triis calcarifer, Bloch, 244. Nageoire caudale arrondie; deux 
orifices à chaque narine; quatre aiguillons très -longs dirigés 
urt en arrière et trois vers le bas à la première pièce de 
chaque opercule; un aiguillon très-long à la seconde pièce, 
laquelle s'élève et s'abaisse au-dessus d'une lame dentelée; 
tête comprimée; dents très-nombreuses, très-fines, à peine 
visibles; une strie longitudinale sur chaque écaille, qui est 
argentée et bordée de jaune; nageoires teintes de violet et 
de jaune, avec deux raies longitudinales ou deux bandes 
transversales brunes sur chacune de celles-ci, excepté la 
caudale, qui en présente trois; dos varié de brun et de 
violet. 

Le Japon est la patrie de ce poisson, comme du suivant. 

Le Plectropome tacheté : Plectropamus maculatus ; Bodianus 
maculatus, Bloch, 228. Nageoire caudale en croissant; tête 
courte et grosse; trois aiguillons grands et recourbés vers le 
museau à la seconde pièce de chaque opercule; deux autres 
aiguillons aplatis à la troisième; dents antérieures plus lon- 
gues que les autres; un seul orifice à chaque narine; écailles 
petites, dures et dentelées; teinte générale jaune, avec des 
taches petites et bleues sur tout le corps ; catopes et nageoires 
pectorales et caudale d'un rouge brun ; nageoires dorsale et 
anale bleues, bordées de brun. 

Le Plectropome cyclostome : Plectropomus cyclostomus ; Bo- 
dianus cyclostomus , Lacép. Nageoire caudale en croissant; 
mâchoire supérieure beaucoup plus courte que l'inférieure, 
conformée de manière à représenter une très-grande portion 
de cercle, et armée de chaque côté de deux dents longues, 
pointues et tournées en avant; plusieurs autres dents longues, 
fortes et crochues à la mâchoire inférieure; un aiguillon à 
la dernière pièce de chaque opercule; quatre ou cinq bandes 
transversales, irrégulières et très-inégales tant en longueur 
qu'en largeur. 

Feu de Lacépède a fait connoitre ce poisson d'après un 
dessin trouvé dans les manuscrits de Commerson. M. Cuvier 
pense qu'il doit être le même que le lahre lisse, décrit par le 
savant ichthyologiste cité. (H. C.) 

PLEEA. {Bot,,) Genre de plantes monocotylédones, à fleurs 



56o PLE 

incomplètes, de la famille des colchicées, de Vennéandrie trî- 
gjnie de Linnœus, ofl'rant pour caractère essentiel : Une co- 
rolle à six découpures étalées; point de calice ; neuf étamines 
attachées à la base de la corolle; un ovaire supérieur; trois 
styles; une capsule trigone, à trois loges; les semences nom- 
breuses, attachées par un filet sur le bord des valves. 

Pleea a feuilles menues : Pleea lenuifolia: Mich., Flor. hor. 
amer., i , pag. 248 ; Redout., Lil., 5, tab. 248; Poir. , lll. 
gen., Supp]., lab. 947. Cette plante a des tiges grêles, sim- 
ples, très-droites, hautes d'environ un pied et demi. Les 
feuilles radicales sont membraneuses, fasciculées , glabres, 
étroites, un peu ensiformes, très-aiguës, longues de neul" à 
dix pouces, d'un vert un peu cendré; les feuilles des tiges 
plus courtes, au nombre de trois ou quatre, en gaine à leur 
base. Les Heurs sont terminales, assez grandes, pédicellées, 
appliquées contre les tiges, disposées eu une grappe alongée, 
sortant chacune d'une spathe semblable aux feuilles, mais 
beaucoup plus courte. La corolle est d'un jaune roussàtre, 
profondément divisée en six segmens lancéolés, linéaires, 
aigus, persistans, très-ouverts; neuf étamines plus courtes 
que la corolle, insérées à sa base; les anthères alongées, vacil- 
lantes, s'ouvrant latéralement; un ovaire oblong , triangu- 
laire; trois styles courts; les stigmates simples. Le fruit est 
line capsule à trois loges, presque à trois coques, qui se sé- 
parent à l'époque de la maturité, et s'ouvrent par leur angle 
ànterne en une seule valve; les semences nombreuses, alon- 
gées, arquées, pédicellées, situées sur le bord des valves. 
Cette plante croit dans les forêts de la Caroline, aux lieux 
Jiumides et découverts des forêts. (Poir.) 

PLEGAIHE. (Enlom.) L'attélabe, appelé velours vert par 
Geoffroy , atfelabiis bacchus , Fabr. , reçoit ce nom aux envi- 
rons de Narbonne. (Desm.) 

PLEGMARIA. (But.) fireyne {cent. 180, p. 92) a nommé 
pJegmaria admirabilis zeylanica, une très- belle espèce de lyco- 
j)ndium , que Linnaeus rapportoit à son Ij'copodium phlegmaria , 
dont le nom même est une altération de celui de plegmaria. 
Lamarck a fait de la plante de Breyne une variété de celle 
de Linnaeus ; mais, selon W'illdenow, c'est une espèce dis- 
tincte, qu'il nomme l.}i:opodiuin mivabile : elle fait partie des 



PLE 5Ci 

espèces de la division des lycopodium à épi dichofome , qu'il 
désigne par plegmariœ , et les auteurs par phlegmariœ. L'es- 
pèce de Breyne se fait remarquer par ses ramifications nom- 
breuses , entrelacées d'une manière élégante , artiftciosum 
plegma. (Lem.) 

PLEGMATIUM. (Bot.) Pries, dans ses Novitiœ Flora sue- 
cicœ, pag. 7g , propose de former sous ce nom un genre, au- 
quel il ramène le Racodium à fibres articulées , et le Con- 
ferva arachnoïdes de Dillwin , qui tous se trouvent sur le bois 
pourri; il place ces genres près de ceux qu'il nomme Den- 
drina et Herpotrichum. Le premier est presque le Bjssocla- 
dium, Link; mais en diffère par les cloisons ou endophragmes 
à peine sensibles, et par l'absence de spire. Selon Pries, le 
eonf. denrfnna d'Agardh , ainsi que beaucoup d'espèces, doivent 
le composer. Le second, Herpotrichum (voyez Mycologie, 
tome XXXÎII, p. 644 ) , est formé de filamens simples, ram- 
pans, articulés, à articulations plissées longitudinalement et 
•ans spores. Ce genre est le même que le Pleridinm d'Agardh , 
qui ne paroît pas appartenir au règne végétal. (Lem.) 

PLEGORHIZA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs incomplètes, encore peu connu, de Vennéandrie mono- 
gjnie de Linnasus, offrant pour caractère essentiel : Un ca- 
lice d'une seule pièce; point de corolle; neuf étamines; un 
style; une capsule à une loge, à une seule semence. 

Plegorhiza du Chili; Plegorhiza astringens , Molin. , Chili, 
Plante dont la tige est ligneuse; les feuilles radicales, réu- 
nies en gazon, simples, ovales, entières, pétiolées. Le reste 
de la tige est nu jusque vers le sommet, où elle se divise 
en rameaux chargés de feuilles sessiles, alternes, ovales. 
Les fleurs naissent à Icxtrémité des plus jeunes rameaux; 
elles sont petites, assez nombreuses, supportées par des pé- 
doncules presque disposés en ombelle. 11 n'y a point de 
corolle. Le calice est entier à son limbe; les filamens des 
étamines sont très- courts; les anthères oblongues ; l'ovaire 
orbiculaire; le style de la longueur des étamines; un stigmate 
simple; une capsule oblongue, un peu comprimée, renfer- 
mant une semence de même forme. Cette plante croît dans 
les contrées septentrionales du Chili. Ses racines passent pour 
astringentes^ employées pour la guérison des blessures. (Poir.) 



362 PLE 

PLEIN-CHANT. {Condijl.) Les marchands donnent encore 
quelquefois ce nom à une variété de la volute musique. (De B.) 
PLEINE [Tige, Fleur]. (Bot.) La tige pleine est celle qui, 
comme celle du maïs , de quelques variétés du blé, par ex., 
n'offre aucune cavité interne. La fleur pleine est celle dont 
les tégumens floraux sont multipliés par la transformation de 
tous les organes sexuels : lorsqu'une partie de ces organes ne 
subit pas la transformation, la fleur est dite semi- double. 
Quelquefois l'avortement des organes sexuels est accompagné 
de changemens dans la forme ou les dimensions des tégumens 
floraux, et les fleurs dans ces cas sont également dites pleines 
ou semi-doubles : mais ici la dénomination est impropre; 
car les tégumens floraux n'ont fait que changer de forme, 
sans se multiplier; c'est ce qu'on observe ordinairement dans 
la reine marguerite. (Mass.) 

PLEÏONE, Pleïone. (Chétop.) Dénomination employée par 
M. Savigny pour désigner une nouvelle coupe générique dans 
celle des amphinomes, que Bruguières avoit faite parmi les 
aphrodifes de Pallas et de Gmelin , et qui comprend les Am- 
phinome tetraedra , A. carunculata et A. complanata. Voyez pour 
leur description le mot Amphinome de ce Dictionnaire par 
M. Cuvier , et deux espèces nouvelles : l'une la Pleïone 
ÉOLiENNE, p. eolides , dont le corps est plus aplati que dans 
l'amphinome caronculée , avec les fascicules des appendices 
inégaux et la caroncule indivise. On ignore sa patrie ; Pautre, 
la Pleïone alcyonienne, P. alcyonea, j^gjpt, zool. Annel., pi. 2 , 
lig. 5 , dont le corps est linéaire , déprimé, formé de soixante- 
sept anneaux plus larges que longs et de couleur bleue vio- 
lette, avec une caroncule ovale et le tentacule impair plus 
court que les autres. 

Elle vient du golfe de Suez. 

Cette division des amphinomes a pour caractères : d'avoir 
une trompe pourvue d'un double palais, cinq cirrhes tentacu- 
laires; les branchies rameuses, entourant la base supérieure 
des rames dorsales et deux paires d'yeux. Voyez Vers, pour 
l'exposition générale du système de M. Savigny. (De B.) 

PLËNIROSTRES. (Ornith.) Ce nom et celui de p/eVeoramp/ic^ 
sont donnés, par M. Duméril, dans sa Zoologie analytique, 
à des passereaux dont le bec estalongé, droit, non échancré. 



PLE 3G3 

sulide et fort. Cette famille comprend les genres Mainate, Pa- 
radizier , Rollier, Corbeau et Pic. (Ch. D. ) 

PLEOMELE. (Bot.) Ce genre de M. Salisbury est le même 
que le Liriope de Loureiro, le Salmia de Cavanilles , le San- 
seviera de M. ïhunberg et de Willdenow, lequel a prévalu. 
(J.) 

PLÉONASTE. (Mire.) Hauy avoit regardé la pierre noirâtre 
ou bleuâtre, dure, etc., qu'on trouve à Ceilan en grains à 
angles et arêtes émoussés par le frottement , et qu'on avoit 
nommé Ceilanite, comme un minéral d'une espèce particu- 
lière , et l'avoitdécrit dans la première édition desonTraité de 
la minéralogie, sous le nom de Fléonaste. Il a reconnu depuis 
qu'elle ne différoit du spinelle que par des caractères de va- 
riétés, et Fa réuni à celte espèce. Nous décrirons cette pierre 
sous le nom de Spineue pi-éonaste. Voyez ce mot. ( B. ) 

PLEOPELTIS. {Bot.) Genre de la famille des fougères, in- 
termédiaire entre les polypodium et les aspidium, établi par 
MM. de Humboldt et Bonpland , et adopté par Willdenow , qui 
nous l'a fait connoitre le premier. Il est caractérisé par ses 
sores ou paquets de fructification , qui offrent chacun un assez 
grand nombre d'indusium orbiculaires et peltés. On sait que 
le poljpodium est privé d'indusium , et que dans Vaspidiuin 
chaque sore n'en n'offre qu'un seul. 

Le Pleopeltis angl'sta ( Humb. et Bonpl., Plant, œquin. , 2, 
p. 182, pi. 140 ; Willd., Sp. p/., 211). Cette espèce croit au 
JMexiqne, près d"Ario, à une hauteur de 994 toises. Ses stipes 
ont un pouce de long et sont lisses: les frondes ont de deux 
à quatre pouces; elles sont profondément ailées, cunéiformes 
et décurrentes à leur base ; les découpures principales , au 
nombre de quatre ou cinq, sont longues de deux pouces, 
linéaires, lancéolées et recouvertes sur leurs deux faces d'é- 
cailles rares, brunes, très- déchiquetées. Les sores sont soli- 
taires, de la grandeur d'un grain de moutarde. Les indusiums 
sont bruns, puis ronds, peltés ; ils recouvrent les sores hermé- 
tiquement avant la maturité. Dans chaque sore est une ving- 
taine de capsules; Kaulfuss a fait connoitre une seconde espèce 
de ce genre, sous le nom de pleopeltis macrocarpa. (Lem.) 

PLEOPUS. (Bot.) Paulet propose d'établir sous ce nom un 
genre dans la famJHc «les champignons, pour y placer une 



364 PLE 

espèce de morille qu'il dit être nommée vulgairement morille 
du diable, et que nous présumons être le phallus dœmonum de 
Rumphius ( Amh. , vol. 2 , pi. 56 , fig. 7 ), placé dans le genre 
J^frnenophallus de Nées. Suivant Paulet, son genre diffère des 
niorchella et des phallus , parle stipe plein, portant un cha- 
peau ou tête irrégulière , recouvert d'un réseau celluleux , à 
mailles irrégulières, d'une substance coriace, point cassante 
et vénéneuse. (Lem.) 

PLÉRÉORAMPHES. (Ornith.) Voyez Plénirostres. (Ch. D.) 

PLERERIT. ( Ornith. ) La petite hirondelle de mer porté 
ce nom en Picardie. (Desm.) 

PLERIDIUM. (Bot.) Voyez Plegmatium. (Lem.) 

PLEROLOBUS. (Bot.) Voyez Sainfoin. (Poir.) 

PLESCHANKA. (Ornith.) Ce gobe-mouche, décrit par 
Guldenstœdt, dans les nouveaux mémoires de l'Académie de 
Pétersbourg , t. 1 9 , p. 468 , est le rauscicapa melanoleuca , Gmel. 
et Lalh. (Ch. D.) 

PLESIE, Plesia. (Entom.) M. Jurine a donné ce nom gé- 
nérique à un hyménoptère qu'il a retiré du genre des Tiphies» 
(Desm.) 

PLÉSIOPS. (Ichthyol.) M. Cuvier a proposé de donner gé- 
nériquement ce nom aux chromis à tête comprimée, à yeux 
rapprochés, et à très-longs catopes. Voyez Chromis. (H. C.) 

PLÉSIOSAURE. (Foss.) On trouve dans les lias des environs 
de Bristol, de Lymes-Regis, de Newcastle en Angleterre, 
des environs d'Auxonne, département de la C6te-d'or, et de 
Ilonfleur, des débris, mêlés à ceux de crocodile etd'ichthyo- 
saure, d'un reptile fort singulier et fort grand. Son cou est 
d'une longueur démesurée , et composé de beaucoup plus de 
vertèbres qu'il ne s'en voit même dans le cigne, qui surpasse 
à cet égard tous les autres animaux. 

M. Conybeare a donné à cet habitant de l'ancien monde,, 
peut-être le plus hétéroclite, le nom de Plesiosaurus, Mém. 
de la soc. géol. de Londres, vol. 5, 1.'" série, et vol. 1.", 
2.^ série. 

J,a tête est si petite qu'en la prenant pour unité, le cou 
a cinq fois sa longueur, le tronc paroît l'avoir quatre fois 
et la queue trois; en conséquence la tête ne feroit que le 
treizième du total. 



PLE 5G5 

Cet animai, qui rcspiroit l'air, se rapproche plus des cro- 
codiles que des ichthyosaures , et dans l'état de vie dcvoit 
offrir un véritable cou de serpent, porté sur un tronc dont 
les proportions différoicnt peu de celles d'un quadrupède 
ordinaire; la queue surfout, par sa brièveté, ne devoit point 
rappeler celle des reptiles, et il devoit montrer une forme 
d'autant plus insolite que ses extrémités, comme celles de 
l'ichthyosaure, étoient de véritables nageoires semblables k 
celles des cétacés. M. G. Cuvier, dont nous empruntons cet 
article (Oss. foss. , tom. 5, p. 476 et suiv. , 2." édit.), dit, 
qu'on peut croire que ses poumons étoient fort étendus et 
même peut-être , qu'à moins qu'il n'ait eu des écailles fort 
épaisses , il changeoit la couleur de sa peau comme les ca- 
méléons, les marbrés et les anolis, selon qu'il faisoit des 
inspirations plus ou moins fortes. 

Sa tête est comme celle des lézards, mais avec quelques 
caractères d'ichthyosaures et de crocodiles. On croit que la 
narine est près du bord antérieur de l'orbite comme dans 
l'ichthyosaure. 

Les dents sont grêles, pointues, inégales, un peu arquées 
et cannelées longitudinalement , le nombre des inférieures 
s'élève à vingt-sept de chaque côté. On ne connoît pas pré- 
cisément celui des supérieures. 

Des morceaux du squelette de cet animal prouveroient 
qu'il y en avoit de neuf mètres de longueur, et qu'il en exis- 
tait de plusieurs espèces. 

M. G. Cuvier termine ainsi son article de l'ichthyosaure. 
« Ce qu'il est impossible de ne pas reconnoîfre comme une 
« vérité désormais constante , c'est cette multitude , celte 
« grandeur et cette variété surprenante des reptiles qui ha- 
« bitoient les mers ou qui couvroient la surface du globe à 
« cette époque antique où sont déposées les couches vulgai- 
« rement désignées par le nom beaucoup trop restreint de 
« terrains du Jura, dans les lieux et les pays immenses où 
^ non - seulement l'homme n'existoit pas, mais où , s'il y 
« avoit des mammifères , ils étoient tellement rares qu'à 
<j peine peut-on en citer un ou deux petits fragmens. » 

On voit une figure du squelette de ce singulier animal 
dans l'ouvrage de M. Cuvier j ci-dessus cité; et dans l'atlas 



365 PLE 

de ce Dictionnaire, planches des fossiles. Voyez au mot Rep- 
tiles FOSSILES, pour Vlchtyosain-us , le Mégalosaurus , et autres. 
(D. F.) 

PLESTIE. [Iclithyol.) Un des noms vulgaires de la Bordelière. 
Voyez ce mot. (H. C.) 

PLEU-PLEU. (Ornith.) Ce nom vulgaire et ceux de pleut- 
pleut, et plui-plui, ont été donnés au pic vert, picus viri- 
dis , Linn. , d'après le cri qu'il fait quelquefois entendre, et 
qu'on suppose être l'annonce de la pluie, raison pour la- 
quelle on lui a aussi appliqué la dénomination de pluvia avis. 
(Ch. D.) 

PLEURANDRA. (Bot.) Genre déplantes dicotylédones, à 
•fleurs complètes , polypétalées , régulières , de la famille des 
fifpéricées , de la polyadelphie polyandrie de Linnseus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions profondes, 
\in peu inégales; cinq pétales; six à douze étamines fascicu- 
lées, un ovaire supérieur; deux styles; les stigmates simples; 
une capsule bilobée , à deux loges; deux semences dans chaque 
loge ; l'embryon droit, enveloppé d'un périsperme charnu et 
huileux. 

Pleurandra a feuilles ovales : Pleurandra ovata; Labill. , 
ISlov. HolL, 2, pag. 5, tab. 145 ; Poir. , III. gen. , Suppl., tab. 
g6o, Cg. 1; Vélie, Encycl. Arbuste à tige grêle, haute de 
trois ou quatre pieds; les rameaux souples, alternes, médio- 
■crement étalés, cylindriques, un peu velus ; les feuilles 
petites, sessiles, alternes, ovales ou un peu alongées, aiguës, 
d'un vert pâle, couvertes en dessus de quelques aspérités, 
parsemées en dessous de poils roides , couchés. Les fleurs 
Sont solitaires, axillaires, presque terminales, soutenues par 
un long pédoncule grêle, uniflorc, muni à sa base d'une 
foliole lancéolée, pileuse; le calice velu sur sa nervure mé- 
diane; ses trois divisions extérieures aiguës; les deux autres 
ovales; la corolle un peu plus longue que le calice; les pé- 
tales en cœur renversé; ordinairement douze étamines, quel- 
quefois neuf, rapprochées en un seul paquet; les anthères 
oblongues, à deux loges; x'ovaire ovale, velu, à deux petites 
pointes; les styles un peu courbés; la capsule partagée en 
deux lobes au sommet , à deux loges , à deux valves repliées 
en dedans à leurs bords, renfermant chacune deux semences 



PLE 3C7 

ovales, d'un brun chAtain. Cette plante croit à la Nouvelle- 
Hollande. 

Pleurandra aciculajre : Pleurandra acicularis; Labill. , loe, 
cit., tab. 1^4; Poir. , UL gen. , Suppl. , tab. 960, fig. 2. Des 
feuilles glabres et linéaires ; une corolle plus courte que le 
calice; desétamines, au nombre de six , dis(in"uent cette es- 
pèce de la précédente. Sa tige est haute de huit à dix pouces, 
un peu épaisse, ligneuse; les rameaux épars, glabres, striés, 
un peu ramifiés vers leur sommet; les feuilles presque sessiles, 
étroites, linéaires, roides, glabres, entières, très-aiguè's , 
marquées en dessous de deux stries, munies de quelques 
poils à leur insertion. Les fleurs sont solitaires, axillaires ; 
les pédoncules presque filiformes, uniflores ; les semences 
noirâtres. Cette plante croît au cap Van-Diémen, dans la 
Nouvelle -Hollande. 

Depuis la publication de ce genre par M. de Labillardière, 
il en a été publié un autre sous la même dénomination par M. 
Rafinesque {Flor. ludov. , pag. 96), très-voisin des Œno/?icra, 
qui diffère si peu du genre Onosuris du même auteur, qu'il 
ne peut guères en être séparé , ayant pour caractère essentiel : 
Un calice adhérent, tubulé , bifide au sommet; ses découpures 
réfléchies et caduques; quatre pétales spatules, dressés, unila- 
téraux; huitétamines et un style inclinés, horizontaux, oppo- 
sés aux pétales; un stigmate à quatre lobes; une capsule à 
quatre loges polyspermes. Il ne renferme que la seule espèce 
nommée par son auteur Pleurandra alla, arbrisseau dont les 
tiges sont hautes de sept pieds; l'écorce couleur de rouille, 
les rameaux cylindriques, fragiles, élancés; les feuilles ses- 
siles, étroites, entières, aiguës; les fleurs axillaires et termi- 
nales, médiocrement pédonculées, répandant le matin une 
odeur agréable; le tube du calice est très-long; la corolle 
blanche; les organes sexuels alongés ; les capsules ovales, 
canaliculées. Cette plante croît à la Louisiane. Robin l'a nom- 
mée anothcra secunda. Ilin., pag. 490. (Poir.) 

PLEURANTHUS. {Bot.) Deux genres ont été faits sous ce 
nom; l'un par M. Alton qui est reporté au Dulichium dan» 
les cypéracées; Pautre par M. Salisbury, qui se confond avec 
le Protea de M. R. Brovvn. ( J.) 
. PLEUREURS. ( Mamm. ) Les voyageurs ont quelquefois 



368 PLE 

désignés par ce nom différentes espèces de sajous, dont là 
voix, dans certaines circonstances, est douce et pleureuse. 
<F. C.) 

PLEUREUSE. (Entom.) Geoffroy nomme ainsi une espèce 
de charanson, qu'il a indiqué sous le n.° 17 , tome 1 , page 
■j8i. (C. D.) 

PLEURIDIUM ou SPH^RIDIUM deBridel. {Bot.) Cet au- 
teur adopte définitivement le premier nom pour un genre de 
mousse qu'il établit sur les Phascum alternifolium , Dicks. , et 
globiferum, Bridel. Ce genre est distingué du Phascum par ses 
capsules, qui sont latérales, au lieu d'être terminales. Ses 
espèces ont des tiges couchées, rampantes, rameuses, à ra- 
meaux droits , et les capsules sessiles ou presque sessiles. (Lem.) 

PLEURITIS. {Bot.) Un des noms grecs anciens du scordium , 
teucrium scordium, cité par Rueliius et Mentzel. (J.) 
' PLEUROBÈME, Pleurobema. {Conchjl.) Genre proposé par 
M. Rafinesque-Schmaltz (Journ. de phys. , Juin 1819, page 
427) pour deux espèces de mulettes {Unio) de l'Amérique sep- 
tentrionale, et auquel il assigne les caractères suivans, que 
nous avouons ne pas entendre : Valves non transversales , 
alongées, oblongues; base atténuée; axe basilaire , latéral; 
dents postérieures bilobéts ; dent lamellaire longitudinale, 
latérale. 11 indique les espèces , qu'il rapporte à ce genre 
sous les noms de P. mjliloides et de P. conica. (De B.) 

PLEUROBRANCHE , Pleurobranchus. (Malacoz.) Genre de 
mollusques, de l'ordre des monopleurobranches, de la fa- 
mille des subaplysiens de M. de Blainville , éiabli par M. 
G. Cuvier (Ann. du Mus., vol. 5, page 269) pour un animal 
rapporté des mers des Indes par MM. Pérou et Lesueur et 
qui offre pour caractères : Corps ovale ou subcirculaire, 
fort mince ou très - déprimé , comme formé de deux disques , 
appliqués l'un sur l'autre; l'inférieur ou pied, beaucoup plus 
large et débordant de toutes parts le supérieur, échancré en 
avant comme en arrière, et contenant dans son milieu une 
coquille fort mince ; tête entre les deux disques et à moitié 
cachée par le supérieur; deux paires d'appendices tentacu- 
laires ; les antérieurs à chaque angle de la tête ; les postérieurs 
unis à la racine , plats et fendus ; yeux sessiles au côté externe de 
ia base des antérieurs ; bouche cachée et transverse ; anus tout- 



PLE 369 

à-faif en arrière de l'organe de la respiration , à l'extrémité 
d'un assez long tube flottant; une seule grande branchie la- 
térale, profondément cachée et adhérente dans toute sa lon- 
gueur; la terminaison de l'oviducte à la racine postérieure de 
l'organe excitateur mâle, long et filiforme. Coquille grande, 
bien formée , à bords membraneux, ovale, concave en des- 
sous, convexe en dessus; sommet subspiré tout-à-fait pos- 
térieur; bords tranchans, réunis. L'organisation des pleuro- 
branches ne diffère pas beaucoup de celle des genres voisins. 
L'appareil de la locomotion n'olTre rien de remarquable. Il 
est seulement à noter que la grande extension dont le pied 
est susceptible, porte à penser qu'il peut servir d'espèce de 
nageoires. L'appareil des sens n'offre non plus rien de par- 
ticulier. Nous devons seulement faire remarquer, contra- 
dictoirement à ce que dit M. Cuvier dans le mémoire cité. 
que les yeux sont sessiles en arrière des tentacules, et non à 
leur extrémité. L'appareil digestif est assez compliqué. La 
bouche, en forme de fente verticale , est à l'extrémité d'une 
masse buccale; elle n'a pas de dent à son bord supérieur, mais 
bien un renflement lingual , dont la surface est hérissée de 
petits crochets courts, disposés en quinconce sur deux rangs, 
un de chaque côté ;les glandes salivaires sont grandes et situées 
entre les replis des estomacs; leur canal excréteur est fort 
long et s'insère aux côtés de l'origine de l'œsophage. M. Cuvier 
parle encore d'un autre organe gianduleux, dont il n'a pas 
suivi le canal excréteur. L'asophage est membraneux ; il 
s'élargit bientôt en une sorte de jabot fort grand, qui com- 
munique , par un orifice assez serré, avec un premier estomac 
à parois musculaires et assez épaisses; il en vient un autre, 
membraneux, dans la même direction et dont la membrane 
interne forme des plis longitudinaux, un peu comme dans le 
feuillet des runiiiians. M. Cuvier décrit même une espèce de 
petit sillon régnant dans l'intérieur de l'estomac , depuis 
une de ses ouvertures jusqu'à l'autre; ce qui seroit avec les 
ruminans une ressemblante encore plus singulière. Enfin , il 
y a encore une quatrième dilatation stomacale membraneuse, 
d'où part un intestin proprement dit, peu alongé et se ter- 
minant à l'anus. Ce n'est cependant pas a l'endroit de ce pas- 
sage de l'estomac à l'intestin que se trouve l'insertion du canal 
41. . 24 



570 ple: 

biliaire. Le foie est de grandeur médiocre et le canal va s'ouvrir 
dans le fond de la panse. L'appareil respiratoire est formé 
par une seule branchie , occupant le tiers médian du côté 
droit, auquel elle adhère dai;s toute son étendue : elle 
est assez profondément cachée entre les deux boucliers , 
formés par le manteau et par le pied , et est composée de 
séries transverses de petits feuillets serrés eux-mêmes et dis- 
posés en chevrons j le cœur est situé en avant et presque 
transversalement; l'oreillette, tout -à- fait sur le côté droit, 
reçoit par son angle postérieur la veine qui revient de la 
branchie, dans toute la longueur de laquelle elle a régné ; 
cette oreillette s'ouvre à gauche dans le ventricule , qui est 
au milieu du dos : c'est de l'angle gauche de celui-ci que sort 
une aorte extrêmement courte et qui se divise, presque im- 
médiatement en trois troncs, un antérieur pour la masse buc- 
cale et la partie antérieure de l'appareil générateur, un mé- 
dian pour le pied et un postérieur pour l'estomac , le foie et 
l'ovaire. L'appareil de la génération n'a pas été observé par 
M. Cuvier; mais il n'est pas probable qu'il offre quelque chose 
de bien particulier. 11 eu est de même du système nerveux. 
On ne connoissoit rien sur les mœurs et sur les habitudes 
de ce genre de mollusques, avant ce que M. Risso nous a 
dit du B. orangé de la Méditerranée. Ce sont des animaux 
marins. Il paroit qu'il y en a dans toutes les mers, surtout 
en ne distinguant pas de ce genre les espèces de berthelle, 
qui s'en rapprochent en effet beaucoup et dont nous parle- 
rons ici , n'ayant pas pu le faire à leur article , ce genre ne 
nous étant pas encore connu. 

A. Espèces à manteau bombé , beaucoup plus large 
que le pied ; à ujie seule paire de tentacules ; à 
branchie en forme d'arbuscule pinné , libre, si ce 
n'est à sa base, (G. Berthelle.) 

Le P. POREUX : p. porosus, Bulla plumula, Montagu ; Berthella 
porosà, Leach. Corps ovale-arrondi, court, bombé, manteau 
percé d'un grand nombre de prores , ayant ses bords recourbés 
en dessous et couvrant la tête et le pied. Couleur d'un blanc 
jaunâtre. Coquille grande , plane et subquadrilatère. 

Des mers d'Angleterre. 



PLE 371 

Le P. TUBERCULE: P. tulerculatus , Savigny, Égypt. Zool. 
Gastérop. , pi. 3,fig. i — 7. Corps ovale, un peu alongé ; le 
manteau couvert de petits tubercules , avec un mamelon au 
centre. Coquille assez épaisse, alongée , triangulaire; le 
sommet en crochet à une extrémité. 

N'est-ce pas le lepus marinus de Forskal, Faun. Arab., 
pi. 28 ? 

B. Espèces très -aplaties, très -déprimées; à manteau 
bien plus étroit que le pied ; pourvues d'une ou de 
deux paires de tentacules; ayant la hranchie adhé- 
rente dans toute sa longueur. 

Le P. DE Péron; p. Peroniiy Cu.v. , /oc. cit., pi. 18, fîg. 1 , -j. 
Corps ovale, très-déprimé, presque lisse , avec une coquille 
.assez antérieure, plate, ovale, oblique, subpatelliforme; 
deux tentacules seulement , avec les yeux à leur base posté- 
rieure. 

De la mer des Indes, d'où il a été rapporté par MM. Péron 
et Lesueur. 

Le P. Lesueur; P. Lesuerii. Corps ovale, très-déprimé; 
manteau très-échancré en avant comme en arrière, couvert 
de petits tubercules épars et beaucoup moins étendu que le 
pied; deux paires de tentacules; les yeux à la base externe 
de la paire antérieure. Coquille ovale, creuse, à sommet 
subspiré et marginal. 

Cette espèce, qui passe évidemment aux aplysies et dont 
on devra peut-être faire un genre distinct, s'il est certain 
que le P. de Péron n'ait pas deux paires de tentacules, m'a 
été donnée par M. le docteur Leach. Elle étoit toute blanche, 
probablement par l'action de la liqueur conservatrice. 

Le P. LUNicEPE; P. luniceps, G. Cuvier, Règ. anim., pi. XI, 
fig. 2. Corps circulaire, très-déprimé; le manteau beaucoup 
plus petit que le pied ; les lobes tentaculaires labiaux extrê- 
mement grands et formant une sorte de tête semi-lunaire; 
branchie en forme de massue. Couleur blanc sale, avec 
quelques points noirs épars. 

Cette espèce, que figure M. Cuvier sans phrase caractéris- 
tique, est représentée la branchie au rôté gauche, sans doutç 
parce qu'elle n'a pas été gravée au miroir. 



372 PLE 

M. Cuvier cite encore comme appartenant à ce genre, un 
mollusque décrit et figuré par Meckel, More, d'anat. comp., 
tome 1 , pi. 5, fig. 33 — 40, et qu'il nnunne P. tuberculutus, et 
deux autres rapportés par M. Delaroche de la Méditerranée, 
les P. balearicus et aurant.iacus , que je ne coiinois pas. Cette 
dernière espèce est cependant très -probablement la même 
que celle qve M. Risso , Journ. de physiq., tome 87 , p. 074 
a nommée de même dès 1811 . 

Le P. ORANGi^; P. aurantiacus. Corps ovale, oblong, bombé 
en dessus, gl.îbre, d'une belle couleur orange; tête formée 
par un prolongement charnu . arrondi en avant et portant 
deux tentacules longs et coniques. Coquille petite, solide, 
auriculaire, de couleur de succin. 

M. Risso, en décrivant cette espèce, dit qu'elle commence 
cà se montrer sur ia côte de Nice au printemps et qu'elle 
recher.he les endroits vaseux à l'abri des courans et à la pi-o- 
foniieur de trois à quatre mètres. Sa démarche est aussi 
lente que celle des aplysies. Elle se traîne en ondulant au 
fond des eaux, sans venir, comme celles-ci, respirer à la 
surface. 11 ajoute qu'elle se nourrit de vers et de petits 
crustacés. (De B.) 

PLEUROBRANCHIDIE , Pleurohranchidiuw. ( Malacoz. ) 
Genre d'animaux mollusques, extrêmement voisin des pleu- 
robranches , établi par M. Meckel dans une Dissertation , 
soutenue à Halle, en i8i3, par M. Etienne-Frédéric Leuc , 
sous le titre de Pleurohranchœa novo nwUuscorum génère, et 
auquel nous avons assigné les caractères suivans : Corps assez 
épais, ovale-alongé, plat et formé en dessous par un large 
disque musculaire, plus étendu en arrière qu'en avant, bombé 
en dessus et sans autre indice d'opercule ou de manteau 
qu'r.ne petite bande étroite au milieu du bord droit: tête 
très- grosse , peu séparée du corps; deux paires de tentacules 
aufiformes; les antéi'ieurs à l'extrémité d'un bandeau mus- 
culaire transverse , frontal; les postérieurs un peu plus en 
arrière, fort séparés l'un de l'autre et fendus ; orifice buccal 
à l'extrémité d'une sorte de masse proboscidiforme et entre 
deux lèvres verticales; une seule branchie médiocre , laté- 
rale, adhérente dans toute sa longueur et complètement à 
découvert. Terminaison des organes de la génération dans 



PLE 373 

lin tubercule commun , au tiers antérieur du côté droit ; orifice 
de l'organe dépurateur à la racine antérieure de la branchie ; 
anus au-dessus du milieu de la longueur de celle-ci. Au- 
cune trace de coquille. D'après cette caractéristique il est 
évident que c'est un genre excessivement rapproché despleu- 
robranches de M. Cuvier, comme l'a très-bien senti M. 
Meckel lui-même. On conçoit cependant qu'il puisse être 
admis par la différence très-grande dans la forme du manteau , 
dans l'absence delà coquille, la disposition de la branchie, 
tout-à-fait découverte, et même dan& la position et la forme 
des tentacules. Aussi M. Meckel, dans la belle et complète 
anatomie qu'il a donnée de ce mollusque, a-t-il montré qu'il 
y avoit de grandes différences dans l'organisation profonde , 
en la comparant avec ce que M. Cuvier a dit du pleuro- 
bi'anche de Pérou dans l'examen, malheureusement trop in- 
complet qu'il a fait de cet animal. La masse buccale est con- 
sidérable; elle est pyriforme ou beaucoup plus renflée en ar- 
rière qu'en avant. Les muscles sont très -épais et du reste 
disposés à peu près comme dans les autres mollusques de cette 
classe. La bouche ou l'orifice antérieur est formée par une 
fente verticale, dont les deux lèvres sont assez dures, et qui 
sont en outre armées chacune en arrière par une plaque cor- 
née, oblongue, assez grande et également verticale. Plus en 
dedans de la cavité et à la face inférieure ''st une masse lin- 
guale, extrêmement large, composée de deux parties, qui, 
réunies, constituent une plaque semi-circulaire. Par la face 
où ces deux plaques se regardent, elles sont couvertes d'un 
très-grand nombre de lignes composées de petits crochets 
fort durs. L'appareil salivaire est formé d'abord de deux 
glandes multilobées, ayant chacune un canal excréteur très- 
long , qui s'ouvre à la paroi supérieure de la cavité buc- 
cale, et en outre d'une autre masse glandulaire médiane, plus 
petite et plus dure que les véritables glandes et d'où sortent 
deux canaux très-fins, qui, après s'être renflés en une petite 
vessie , s'ouvrent chacun à part à la partie postérieure et 
supérieure de la cavité buccale. De la masse buccale sort un 
œsophage fort court, qui se renfle bientôt en un estomac 
membraneux très- ample. Après un nouveau rétrécissement 
d'une ou deux lignes vient un autre estomac arrondi, plus 



574 PLE 

ample que le premier. C'est de cet estomac, qui se recourbe > 
que sort l'intestin proprement dit, assez court, et qui, après 
s'être porté de gauche à droite et d'arrière en avant, se di- 
rige vers un anus assez grand et situé, comme il a été dit, 
au-dessus de la branchie. Le foie, qui occupe la partie pos- 
térieure du sac intestinal, en entourant une grande partie du 
canal alimentaire, est médiocre, vert , et de forme arrondie; 
il s'ouvre par deux orifices fort grands dans le second es- 
tomac. 

L'appareil circulatoire est formé par une branchie exté- 
rieure, située comme il a été dit plus haut, et composée de 
deux séries de lamelles triquèlres, au nombre d'environ vingt- 
cinq , attachées le long d'un vaisseau médian. De l'extrémité 
antérieure sort une veine pulmonaire très-courte, qui, 
renflée bientôt en une oreillette, pousse le sang dans un ven- 
tricule oblong, arrondi, un peu aplati ; de l'extrémité gauche 
de cet organe sortent trois gros troncs, dont le postérieur va 
au foie et à l'ovaire, le moyen à l'estomac et aux glandes 
salivaires, et l'antérieur aux tégumens et cà la tête. 

Les organes de la génération ne diffèrent pas beaucoup de 
ce qu'ils sont dans les autres mollusques de cette famille. 
Aussi l'ovaire, adhérant comme à l'ordinaire au foie, occupe 
la partie postérieure de la cavité abdominale. Atténué peu 
à peu il se change en un oviducte assez long et très-flexueux , 
qui , après s'être considérablement aminci , se divise en deux 
rameaux; l'un d'eux, après un court trajet, reçoit le canal 
fort court d'une vessie ovale, puis s'ouvre dans le vagin ; dans 
ce dernier organe s'ouvre aussi un sac glutineux , considé- 
rable, à parois plissés, llexueux dans sa partie postérieure; 
enfin l'orifice extérieur de l'appareil femelle se fait au bord 
postérieur du tubercule commun: le second rameau de l'o- 
viducte se rend presque immédiatement dans un organe sub- 
globuleux, assez petit, composé d'un grand nombre de fila- 
mens et situé en avant de l'organe glutineux ; c'est probable- 
ment le testicule. En l'ouvrant on voit que sa cavité est pres- 
que entièrement remplie parles circonvolutions du canal de 
l'oviducte. Ce canal, sorti de cet organe, se renfle peu à peu 
et va après plusieurs circonvolutions, faites dans une sorte de 
poche musculo -membraneuse, s'ouvrir sous une papille peu 



PLE 37S 

proéminente à l'extrémité de l'organe excitateur qui y est 
contenu. Celui-ci est conique, court et fort gros. Son muscle 
rétracteur est attaché d'une part à son extrémité interne et 
de l'autre à la partie supérieure de l'enveloppe demi-muscu- 
laire. A l'intérieur de la poche est un autre muscle, assez 
alongé, qui, né de l'extrémité cœcale de la poche, va à celle 
de l'organe excitateur lui-même à l'endroit où pénètre le 
canal déférent. Enfin l'organe excitateur, ou, dans le cas de 
rétraction , le sac du canal déférent, présente son orifice à la 
partie antérieure du tubercule commun de l'appareil généra- 
teur. Le système nerveux est composé d'un ganglion cérébral, 
de forme quadrangulaire , dont les bords sont disposés de 
manière qu'il semble composé de quatre lobes circulaires, 
réunis entre eux, d'un gros ganglion latéral, de forme ovale, 
et, en outre , d'une paire de petits ganglions, situés au-dessous 
de la masse buccale, et, enfin, d'un petit ganglion impair 
pour la génération. La partie antérieure du ganglion cérébral 
fournit trois nerfs , qui vont se ramifier aux parties exté- 
rieures et antérieures de la bouche. La partie postérieure en 
fournit six, dont l'antérieur va aux mêmes parties que les 
filets précédens; le second, plus gros, sert de communication 
avec le ganglion sous -œsophagien ; le troisième va aux ten- 
tacules postérieiirs ; le quatrième, le plus gros de tous, sert 
de filet de communication avec le ganglion latéral , et , enfin , 
les deux autres postérieurs, vont à l'enveloppe dermoïde. 
Les ganglions latéraux, situés sur les côtés de l'œsophage, 
sont unis entre eux par un filet transverse, qui passe au- 
dessous de cet organe. Ils fournissent en avant et en dedans 
le gros filet de communication avec le ganglion cérébral; puis 
quatre filamens beaucoup plus grêles, qui se distribuent dans 
l'enveloppe musculaire. Du côté droit il y a en outre un 
cinquième filet qui va s'anastomoser avec le ganglion de l'ap- 
pareil générateur. Le ganglion sous -œsophagien ne donne 
de chaque côté qu'un ou deux filets, qui se portent en avant 
sous la masse buccale. Quant au ganglion de l'appareil gé- 
nérateur, il fournit des filamens, non -seulement à cet ap- 
pareil, mais encore aux organes de la respiration. 

On ne connoit rien sur les mœurs et les habitudes des 
pleurobranchidies ou mieux de la seule espèce qui constitue 



576 PLE 

ce genre et qui a été trouvée par M. Meckel sur les rivages 
de Naples. 

La P. DE Meckel; P. MecleUi , Meckel, loc. cit. , fig. i — i5. 
Corps ovale, bombé, entièrement lisse, de couleur blanchâtre , 
uniforme, ayant deux pouces et demi de longueur au plus. 
(DeB.) 

PLEUROBRANCHIE, Pleurohranchœa. (Malacoz.) Dénomi- 
nation proposée par M. Meckel pour le genre de Malacozoaires, 
que depuis il a nommé Plecrobranchidie, nom que nous avons 
adopté comme offrant moins de confusion avec celui dePiEU- 
KOBRANCHE. Voycz CCS mots. (DeB.) 

PLEUROCÈRE, Pleurocera. (Malacoz.) M. Rafinesque établit 
(Journ. dephys. , Juin 18 19 , page 423 ) sous cette dénomi- 
nation , qui indique que les tentacules ou cornes sont sur le 
côté, un genre qu'il rapproche des nérites, et qu'il caracté- 
rise ainsi : Coquille ovale ou pyramidale, composée de plu- 
sieurs tours de spire en à -plomb: ouverture oblique, ob- 
longue ; base prolongée , tordue; sommet aigu; lèvre exté- 
rieure mince; Tintérieure collée sur la columelle, qui est 
lisse et tordue, non ombiliquée. Animal à opercule mem- 
braneux; tête proboscidée, insérée sur le dos; deux tenta- 
cules latéraux, subulés, aigus; yeux à leur base extérieure. 
M. Rafinesque dit qu'il possède déjà douze espèces de ce 
genre, toutes fluviatiles , de l'Amérique septentrionale; ce 
qui m'a fait supposer que c'étoit un genre formé des palu- 
dines, à ouverture ovale, qui4)assent évidemment aux mé- 
lanies; mais c'est ce qu'il est impossible d'assurer. (De B.) 

PLEUROCYSTE. [Echinod.) Quelques auteurs ont donné 
ce nom aux échinodermes du genre Spatancue , dont la 
forme générale est celle d'un cœur. (Desm.) 

PLEUROGOJNIS. {Bot.) Beauvois, dans une Dissertation 
manuscrite non publiée., avoit , le premier, décrit sous ce 
nom le genre Pjrularia de Michaux, que Willdenow nomme 
Hamilionia. (J.) 

PLEURONECTE, Pleuronectes. (Ichtlifol.) D'après les mots 
grecs TrXéVPot., flanc , et vukJ^ç, nageur, Linnaeus avoit donné 
ce nom à un genre de poissons très-nombreux en espèces, et 
ayant un caractère unique parmi les animaux vertébrés, celui 
du défaut de symétrie de leur tête . où les deux yeux sont du 



PLE 377 

même côté, qui reste supérieur quand l'animal nage et est 
toujours fortement coloré, tandis que le côté où les yeux 
manquent est constamment blanchâtre. 

Ce genre, composé d'espèces à catopes fhoraciques, à corps 
très-mince, très- comprimé , haut verticalement, à nageoire 
dorsale régnant tout le long du dos, dépourvues de vessie 
natatoire , et abandonnant rarement le fond des mers, a été 
partagé en plusieurs sections par les travaux successifs des 
ichthyologistes modernes, et constitue aujourd'hui «à lui seul 
une famille, dont nous avons offert la division méthodique 
en six genres à noire article Hétérosomes. Voyez ce mot et 
AcHiRE, Flétan, Monochire, Plie, Sole, Turbot. (H. C.) 
PLEURONECTE ARGENTÉ. {Ichthjol.) Voyez Sole. (H. C.) 
FLEURONECTE ARGUS. (IchtliYol.) Voyez Turrot. (H. C.) 
PLEURONECTE BARBU. (IcJ!%oZ.) Voyez Turbot. (H. C.) 
PLEURONECTE BOSQUIEN, Pleuronecles Boscii.{Iclitlijol.) 
M. Risso a décrit sous ce nom un poisson que l'on doit rap- 
porter au genre Flétan, et qui habile la côte des Alpes ma- 
ritimes, où on l'appelle PampaZoffî. Son corps est ovale-oblong, 
couvert de larges écailles, d'un gris cendré à gauche et blan- 
cliàfre à droite. Il est parsemé de taches noires; ses yeux sont 
grands. (H. C.) 

PLEURONECTE CALIMANDE ou CALIMANDE ROYALE. 
(îchtliyol.) Nous devons à Duhamel la description de ce pois- 
son, dont les yeux sont du côté gauche et dont la mâchoire 
inférieure est très- relevée ; de la taille de 8 à 11 pouces. Il 
est jaspé de rougeàtre, de marron et de gris de perle foncé. 
11 porte sur la queue une tache dorée, entourée d'un cercle 
brun très-intense. Il se plaît dans l'Océan, et paroît devoir 
être rapporté au genre Flétan. Voyez ce mot. (H. C.) 

PLEURONECTE CARRELET. (Ichthjol.) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE CHINOIS, Pleuronectes sinensis. {Ichthj'ol.) 
Voyez Plie. (H. C.) 

PLEURONECTE COMMERSONNIEN , Pleuronectes Corn- 
mersonii. (Ichtliyol.) Voyez Turbot. (H. C.) 

PLEURONECTE DENTÉ ou PLAISE, Pleuronectes dentatus. 
(Ichthjol.) On a ainsi appelé une espèce de poisson hétérosome 
dont les yeux sont à gauche, dont la nageoire caudale est 
arrondie et la hauteur du corps très-grande; ses écailles sont 



378 PLE 

dentelées; son côté gauche est parsemé de points rouges et de 

taches noires, rondes ou irrégulières. 

On pêche le pleuronecte denté dans les eaux de la Caroline. 
(H. C.) 

PLEURONECTE FLET. {IcUhyol.) Voyez Pue. (H, C.) 
PLEURONECTE FLÉTAN. [ïchtliyol.) Voyez Flétan. (H. G.) 
PLEURONECTE FLETELET. {Ichthjol.) Voyez Pue. (H. C) 
PLEURONECTE FLEZ. {IchthjoL) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE FLYNDRE. [Ichthjol.) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE GLACIAL, Pleuronectes glacialis. {Ichthjol.) 
On doit à Pallas la descriplion de ce poisson, dont le nom 
indique le séjour, et qui fréquente les côtes sablonneuses de 
J Océan glacial arctique. Il a la nageoire caudale arrondie , 
les yeux à droite, les rayons moyens des nageoires dorsale et 
anale hérissés de très-petits piquans; le côté droit brunâtre et 
une proéminence osseuse et rude dans le voisinage des yeux. 
(H. G.) 

PLEURONECTE GRANDES-ÉCAILLES , Pleuronedes ma- 
crolepidolus. {Ichthjol.) Voyez Flétan. (H. C.)j 

PLEURONECTE JAPONOIS. {Ichthjol.) Voyez Turbot. 
(H. C.) 

PLEURONECTE JAUNE. {Ichthjol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE LANGUEITE ou LINGUATULE. {Ich- 
thjol.) Voyez MoNOCHiRE et Sole. (H. C.) 

PLEURONECTE LASGARIS. {Ichthjol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE LEOTARDI. {Ichthjol.) Voyez Tureot. 
(H. C.) 

PLEURONECTE LIMANDE. {Ichthjol.) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE LIMANDELLE , Plcuronectes limandula. 
{Ichthjol.) Voyez Plie. (H. G.) 

PLEURONECTE LIMANDOÏDE. {Ichthjol.) Voyez Flétan. 
(H. C.) 

PLEURONECTE MANCHOT, Pleuronectes mancus. {Ich- 
thjol.) Voyez Turbot. ( H. C. ) 

PLEURONECTE MANGILI. {Ichthjol.) Voyez Monochire. 
(H. C.) 

PLEURONECTE MICROCHIRE. {Ichthjol.) Voyez Mono- 
chire. (H. C.) 

PLEURONECTE MOINEAU. {Ichthjol.) Voyez Plie. (H. C.) 



PLE 379 

PLEURONECTE MONOCHIRE. (Ichthyol.) Voyez Mono- 

CHIRE. (H. C.) 

PLEURONECTE ŒILLÉ. (Tchthyol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE PAPILLEUX. (Jchthj'ol.) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE PÉGOUZE. (Tchthyol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE PLAGIEUSE. {Ichthjol.) Voy.SoLE. (H.C) 
PLEURONECTE PLIE. (Ichthyol.) Voyez Plie. (H. C.) 
PLEURONECTE PODAS. {Ichthjol.) Voyez Turbot. (H.C.) 
PLEURONECTE POLE. {Ichthjol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE DE RONDELET, Fleuronectes Rondeletii, 
Sh. {Ichthyol.) Voyez Sole. (H. C.) 

PLEURONECTE SOLE. {Ichthyol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEURONECTE TARGEUR , Fleuronectes punctatus. {Ich- 
thyol.) Voyez Turbot. (H. C.) 

PLEURONECTE THÉOPHI LE. (Jchi/i.joL)Voyez Sole. (H.C.) 
PLEURONECTE TRICHODACTYLE. {Ichthyol.) Voyez 
Turbot. (H. C.) 

PLEURONECTE TURBOT. {Ichthyol.) Voy. Turbot. (H. C.) 
PLEURONECTE ZÈBRE. {Ichthyol.) Voyez Sole. (H. C.) 
PLEUROPUS. {Bot.) Nom d'une division du genre Agaricus , 
dont les espèces ont le chapeau latéral, c'est-à-dire porté 
sur un sfipe ou tige, auquel il est fixé par un de ses côtés. De- 
puis on a employé la même expression pour désigner des di- 
visions établies dans d'autres genres, comme le Boletus, le 
Polyporus , etc. (Lem.) 

PLEURORHIZÉES. {Bot.) M. De Candolle nomme ainsi 
sa section des crucifères caractérisée par les cotylédons 
planes, présentant le côté à la radicule placée ainsi latéra- 
lement, et par des graines comprimées. (J.) 

PLEUROTHALLIS. {Bot.) Genre de plantes monocotylé- 
dones , à fleurs incomplètes, de la famille des orchidées, de 
la synandrie manogynie de Linnseus, dont le caractère esssen- 
liel consiste dans une corolle ouverte, à six pétales irrégu- 
liers ; les extérieurs latéraux, soudés ensemble; le pétale supé- 
rieur libre; la lèvre ou le sixième pétale onguiculé , libre, 
point éperonné ; la colonne des organes sexuels non ailée; une 
anthère terminale , operculée; le pollen distribué en deux 
paquets. 

Pleurothallis A feuilles DE LAURIER ; PleurothulUs laurifolia, 



380 PLE 

Kiinth ire Humb. et Bonpl. , No»/, gen., i , pag. 364. Plante 
herbacée, dont la tige est droite, glabre, striée, longue 
d'environ deux pouces, munie, dans son milieu , d'une gaine 
membraneuse , et à son sommet d'une feuille oblopgue, 
acuminée, plane, coriace, rétrécie à sa base, à plusieurs 
nervures, longue de quatre pouces, large de quatorze à quinze 
lignes. Les fleurs sont terminales, pédicellées, réunies en pa- 
quets, garnies d'une spathe commune. Les pédicellcs sont 
longs d'un demi-pouce ; les corolles ouvertes, jaunâtres par la 
désiccation ; les pétales extérieurs et latéraux soudés ensemble , 
jusque vers leur milieu, en un corps oblong, concave, le 
pétale supérieur étant libre, concave, ovale, oblong, de 
la longueur des pétales extérieurs ; la lèvre trois fois plus 
courte, plane, en ovale renversé, mucronée au sommet; la 
colonne des parties sexuelles, un peu plus courte que la 
lèvre, redressée, non ailée; l'anthère terminale. Cette plante 
croît sur le revers des Andes de Popayan, proche Almaguer, 
à la hauteur de douze cents toises. 

Pleurothallis sagitté ; Pkurothallis sagittifera, Kunth, loc. 
cit., tab. 91. Cette espèce a pour racine une bulbe oblongue, 
verdàtre, cylindrique, glutineuse en dedans, longue d'un 
pouce : les feuilles sont linéaires, oblongues, planes, aiguës, 
rétrécies à leur base , nerveuses , coriaces , longues de 
cinq pouces et plus, larges de quatorze ou quinze lignes. La 
hampe est ascendante, glabre, cylindrique, longue d'environ 
un pied, garnie d'écaillés lâches, ovales, acuminées, mem- 
braneuses; l'épi, long de quatre à cinq pouces; les fleurs 
sont pédicellées, pourvues de bractées linéaires, acuminées; 
elles ont la corolle étalée ; les trois pétales extérieurs verdàtres , 
lancéolés , atuminés ; le supérieur libte et concave ; les latéraux 
soudés jusque vers leur milieu, divergens au sommet; les deux 
pétales intérieurs plus courts que les extérieurs, linéaires, 
lancéolés, ponctués de jaune sur un fond blanc; la lèvre 
plane, onguiculée, triangulaire, en forme de flèche, acuminée 
et subulée au sommet; la colonne des organes sexuels courte, 
canaliculée. Cette plante croit sur les arbres, proche ïurbaco , 
au royaume de la Nouvelle -Grenade. 

Pleurothallis a grandes feuilles; Pleurothallis macrophjlla , 
Kunth, loc. cit., pag. 565. Cette plante a des racines fibreuses; 



PLE 38i 

des tiges cylindriques, longues de quatre à huit pouces, mu- 
nies à leur sommet d'une feuille sessile, plane, coriace, oblon- 
gue, aiguë, presque longue d'un pied, large de trois pouces. 
Les fleurs sont réunies en plusieurs épis terminaux, plus 
courts que les feuilles. La corolle est ouverte, campanulée , 
presque à deux lèvres; elle a les pétales extérieurs presque 
égaux, concaves, violets, tachetés de blanc ; les deux latéraux 
soudés dans toute leur longueur en un seul corps ovale aiou 
formant la lèvre inférieure ; le pétale supérieur libre, oblon"-, 
aigu, formant la lèvre supérieure; les deux pétales intérieurs 
latéraux libres, un peu plus courts que les extérieurs, oblon-^s, 
aigus à leurs deux extrémités, violets, à trois nervures; le 
sixième pétale en forme de languette, roulé à ses bords, re- 
courbé au sommet , plus court que les pétales extérieurs; la 
colonne des organes sexuels arquée , point ailée , une fois plus 
courte que la corolle. Cette plante croît sur les arbres , dans 
la province de Popayan. (Poir.) 

PLEUROTOMAIRE. (Foss.) On trouve dans des couches 
plus anciennes que la craie, et surtout dans celles à oolithes 
des environs deCaen, plusieurs espèces de coquilles ujiival- 
ves qui ont un caractère particulier, qui paroît propre à les 
faire distinguer des autres genres. C'est une entaille qui 
existe au bord droit , et qui a quelque analogie avec celle 
des pleurotomes; mais ces coquilles n'étant pas terminées in- 
férieurement par un canal comme ces derniers, nous pro- 
posons de les ranger dans un genre nouveau. 

Dans Patlasde ce Dictionnaire, pi. foss., nous avons signalé 
ce genre sous le nom de Pleurotomaire, d'après des coquilles 
de différentes espèces, qui avoient du rapport avec les dau- 
phinules; mais depuis, nous avons vu que cette entaille se 
trouvoit également sur des coquilles des mêmes couches, qui 
ont tous les caractères des toupies, en sorte que, si ce genre 
est adopté, ses caractères devront principalement se tirer de 
l'entaille c-i de ce que les coquilles ne sont jamais terminées 
inférieurement par un canal droit. 

Nous allons présenter les espèces de ce genre, qui doit être 
divisé en deux sections. 



38. PLE 

'•" Coquilles omliliquées et à ouverture ronde. 

pLEUROTOMAiRETUEERCULEDSE; Pleurotomuria tuherculosa , Def. 
Coquille orbiculaire, à spire abaissée, portant sur ses tours 
deux rangées de gros tubercules, entre lesquelles se trouve 
un cordon formé par la trace de l'entaille, et à ombilic évasé. 
Diamètre, deux pouces et demi: l'entaille a presque un 
pouce de longueur. On trouve cette espèce aux environs de 
Caen, dans la couche à oolithes. 

Pleurotomaire ANGtoisE : Pleurotomuria anglica, Def.: Tru- 
clius anglicus et similis, So'w. , Min. conch., tab. 142. Cette es- 
pèce, qui a plus de trois pouces de diamètre sur autant d'é- 
lévation, est couverte de stries qui suivent les tours du som- 
met à l'ouverture; les tubercules, qui sont disposés comme 
dans l'espèce précédente, sont bien moins gros et plus nom- 
breux. On la trouve dans le lias bleu , à Werton près de 
Bath, dans les environs de Yeovil et de Shotover en Angle- 
terre. 

Pleurotomaire granulée : Pleurolomaria granulata , Def. ; 
Trochus granulatus, Sow. , loc. cit., pi. ■220, fig. 2. Coquille 
orbiculaire, à spire très-abaissée, ombiliquée; à bord un peu 
anguleux et cordonné*; près de celui-ci, l'entaille rebouchée 
a laissé un autre cordon, et tous deux circulent l'un près 
de l'autre sur la coquille, et le milieu de chaque tour est 
couvert de stries rayonnantes. Diamètre, quinze à seize lignes. 
On trouve cette espèce aux environs de Caen , dans les couches 
à oolithes. 

Pleurotomaire ornée : Pleurolomaria ornata, Def.; Trochus 
ornatus, Sow.. loc. cit. , pi. 221, fig. 1 , pour la variété ci-après. 
Cette espèce, plus petite que la précédente, a sa spire pro- 
portionnellement plus élevée. Le cordon, formé par l'entaille 
rebouchée, est plus saillant et les sîries rayonnantes du milieu 
de chaque tour sont plus grosses. L'ombilic est petit, et le 
dessous de la coquille est couvert de très- fortes stries rayon- 
nantes et sinueuses. On trouve cette espèce avec la précédente. 

On trouve dans les mêmes couches des variétés de la PL 
ornata, qui sont couvertes, tant en-dessus qu'cn-rlessous, de 
fortes stries longitudinales qui vont du sommet à l'ouverture , 
passant sur les stries rayonnantes qui occupent le milieu de 



PLE 583 

chaque tour, et les divisant en quatre ou cinq et quelquefois 
même en six parties ; car il paroît que , comme le trochus 
magus, ces coquilles ne travailloient pas l'extérieur de leur 
coquille sur le même plan. 

On trouve ces variétés près de Baveux , département du Cal- 
vados, et à Dundry en Angleterre dans l'oolithe inférieure. 

'"'■'' Coquilles turriculées et non ombiliquées. 

Pledrotomaire alongbe : Pleurotowaria elongata, Def. , An 
trochus elongatus? Sow., loc. cit., tab. 193. Cette jolie espèce 
a la forme et l'ouverture d'un trochus. Les tours, au nombre 
de dix , présentent à leur bord un bourrelet couvert de légers 
tubercules , et l'entaille se trouve placée immédiatement contre 
ce bourrelet. Le reste de la coquille est couvert de fines stries 
bien exprimées, qui circulent du sommet à la base et jusqu'en 
dessous : diamètre, quinze lignes; hauteur, dix-huit lign^^s. 
Les figures citées de l'ouvrage de M. Sowerby n'expriment 
pas les tubercules du bourrelet ; mais nous croyons que ce 
ne sont que des variétés de localité ou individuelles. On 
trouve cette espèce près de Caen, à Bayeux , et à Dundry en 
Angleterre. 

Il existe à Afys, prés de Caen , une variété qui a deux 
pouces de diamètre sur dix -huit lignes d'élévation. 

Nous croyons que le trochus extensus , figuré dans l'ouvrage 
de M. Sowerby ci-dessus cité, pi. 278, fig. 3, et qu'on trouve 
dans l'ile de Sheppey et à Highgate le trochus fasciatus et le 
trochus sulcatus, représentés, pi. 220, fig. 1 et 3 , qu'on trouve 
à Dundry, dépendent du genre Pleurotomaire. (D. F.) 

l'LEUROTOME, Pleurotonm. (Conchyl.) Genre de coquilles 
établi par M. de Lamarck , adopté par la plupart des conchy- 
liologistes modernes, pour un certain nombre d'espèces que 
Linné rangeoit parmi les murex et que Brugnières plaçoit dans 
son genre Fuseau, dont en effet elles ont la forme générale. 
Les caractères de ce genre peuvent être exprimés ainsi .- Ani- 
mal tout-à-fait semblable à celui des rochers, du moins d'après 
ce qu'en dit d'Argen ville, Zoomorphose, pi. 4, fig. B. Coquille 
fusiforme, un peu rugueuse, à spire souvent turriculée; ou- 
verture ovalaire , petite , terminée en avant par un canal 



584 PLE 

droit, plus ou moins long; bord droit, tranchant, avec une 
entaille plus ou moins profonde dans sa moitié postérieure. 
Nous ignorons Tusage de cette singulière entaille; cependant 
il se pourroit qu'elle donnât issue à quelque partie de l'ap- 
pareil de la génération. La différence qui existe dans la lon- 
gueur du canal de l'ouverture , ainsi que dans la profondeur 
de la portion de l'entaille, avoit déterminé M. de Lamarck, 
diins la première édition de son ouvrage , à partager ce genre 
en deux, réservant le nom de pleurotome aux espèces qui ont 
le canal long, et donnant celui de clavatule à celles qui l'ont 
court; mais, dans la seconde édition, il abandonne cette dis- 
tinction, à cause des nuances intermédiaires que l'on trouve 
sous ce rapport. Nous allons cependant adopter cette division 
pour ranger les espèces, en commençant par celles qui ont 
le tube le plus long et finissant par cellts qui l'ont le plus 
court. En principe c'est un genre probablement artificiel, qui 
renferme des fuseaux, des murex et des buccins. 

Les espèces de ce genre paroissent appartenir essentielle- 
ment aux mers de l'Inde; mais on est bien loin de connoître 
la patrie de toutes celles qu'on possède dans les collections. 
On n'en a pas encore observé dans nos mers, ni dans celles 
d'Amérique. 

Le P. CRÉPU : P. crispa, de Lamk. , Anim. sans vert. , tom. 7 , 
pag. 96, n.° 21; Encycl. méth. , pi. 459, fig. Z|. Coquille fusi- 
forme , avec un canal fort long; tours de spire convexes, 
multicarénés; les interstices des carènes garnis de tubercules 
crépus, imbriqués; couleur blanche, avec des lignes longitu- 
dinales interrompues, rousses. Patrie inconnue. 

Le F. UNicoLOR : P. virgo, de Lamk., loc. cit., pag. 94, n.° 
16; Encycl. méth., pi. 439, fig. 2. Coquille fusifornie , ter- 
minée par un long canal; tours de spire convexes, cerclés 
d'une carène médiane plus grande et de stries nombreuses; 
couleur blanche ou fauve, sans taches. Patrie inconnue. 

Le P. TOUR DE Babel; P. BabjLonia; Murex BabjLonius, L'nn. , 
Gmel. , p. 5541 , n.° 62 ; Encycl. méth. , pi. 459 , fig. 1 , a, b. 
Coquille fusiforme, ttirriculée, terminée en avant par un 
canal assez long; tours de spire convexes, carénés et cerclés 
dans la décurrence de la spire; couleur blanche, cerclée ue 
taches carrées, noires, en séries. Océan des grandes Indes. 



PLE 385 

Le Pleurotome onde : P.undosa,de Lamk. , loc. cit., n.° 18; 
Enc. méth., pi. 4^9, fîg. 5. Coquille fusiforme , turriculée , 
terminée en avant par un canal médiocre ; les tours de spire 
convexes, striés et carénés transversalement; la carène du mi- 
lieu plus grande que les autres; couleur blanche, ornée de 
taches rousses, carrées, formant des lignes longitudinales. Pa- 
trie inconnue. 

Le P. MARBRÉ : P. marmorata , de Lamk., loc. cit., n." 19; 
Martini, ConchjL , 4, tab. 146, fig. i545 et i346. Coquille 
fusiforme, ^ canal alongé; tours de spire convexes, striés et 
carénés en travers; couleur blanche, marbrée de roux; en- 
taille très- profonde. On ignore sa patrie. 

Le P. TIGRÉ : P. tigrina , de Lamk, , loc. cit., n,° 20 ; P. mar^ 
morata, Encycl. méth., pi. 459, fig. 6, Coquille fusiforme, 
turriculée, multicarénée, à canal assez alongé; tours de spire 
convexes, avec une carène assez forte au milieu ; entaille pro- 
fonde ; couleur d'un blanc grisâtre, ponctuée de noir. C'est 
une espèce bien voisine de la précédente. On en ignore éga- 
lement la patrie. 

Le P. nodifère: P, nodifera,de Lamk.; Murex javanus? Linn. , 
Gmel., pag, 3541 , n.° 63; Encycl. méth., Pleurotoma javana, 
pl. 439» fig. 3. Coquille fusiforme, turriculée, à canal mé- 
diocre; lisse au-dessus d'un cordon anguleux, garni de no- 
dules oblongs , obliques, sillonné antérieurement; couleur 
d'un fauve rougeàtre. Patrie inconnue. 

Le P. ALBIN; P, alhina, de Lamk., loc. cit. yTi." 22. Coquille 
grêle, fusiforme, turriculée, terminée par un canal grêle, 
plus court que la spire, très-finement treillissée ; tours de 
spire anguleux supérieurement; couleur blanche, avec des 
points carrés roux sur la carène. Patrie inconnue. 

Le P. ciNGULiFÈRE; P. cingulifera, de Lamk., loc. cit., n.° i5. 
Coquille turriculée , subulée , à canal court et recourbé , striéç 
çn travers, sillonnée et cerclée; tours despire un peu con- 
vexes, avec une ceinture unique auprès de la suture ; cou- 
leur blanche, avec des taches carrées rousses sur la ceinture. 
Patrie inconnue. 

Le P. BiMARGiNÉ; P, bimarginata, de Lamk,, loc. cit., p. 91 , 
n," 10. Coquille fusiforme, turriculée, assez épaisse, à canal 
court, sillonnée en travers, un peu treillissée: tours de spire 
41. zà 



386 PLE 

concaves au milieu et rebordés en dessus comme en dessous; 
couleur d'un brun roussàtre. Patrie inconnue. 

Le Pleur OTOME cnÉNULAiRE : P. crenularis, de Lamk. ; Clayatula 
crenularis, Encycl. méth., pi. 440, fig. 3, a b, mala. Coquille 
turriculée, aiguë, sillonnée en travers, à canal court; tours 
de spire couronnés à leur angle supérieur de nodosités ob- 
longues, lisses et bleuâtres; couleur grise, d'un violet rous- 
sàtre au-dessous de la suture, qui est marginée. Patrie in- 
connue. 

Le P. ESCALIER : P. spirata, de Lamk., loc. cit., n.° 1 1 ; Enc. 
méth., pi. 440, fig. 6, a h; Murex Peron , Linn. , Gmel. , 
p. 3559, n.° 167? Coquille subfusiforme , à canal médiocre, 
à peu prés lisse; tours de spire planes en dessus, avec un 
cordon anguleux, formant une rampe aplatie, décurrente 
avec la spire; couleur blanche, striée de jaune. Des mers de 
la Chine. 

Le P. FAsciAL : P.fascialis , de Lamk., loc. cit., n.° 12. Co- 
quille subfusiforme, à canal médiocre, striée en travers; tours 
de spire avec un talus anguleux , décurrent au-dessous de la 
suture; couleur fasciée de blanc et de roux. Patrie inconnue. 
C'est une espèce bien voisine de la précédente. 

Le P. INTERROMPU : P. inteiTupta, de Lamk., n." C; Enc. méth., 
pi. 408 , fig. 1 ,ab. Coquille turriculée, subulée, à canal court, 
très-finement striée en travers; tours de spire cordonnés à 
leur bord supérieur, avec des côtes interrompues, lisses; 
couleur d'un fauve pâle, plus foncé sur les côtes. Patrie in- 
connue. 

Le P. RAYÉ: P. lineata, de Lamk., n.° 10; Clavatula lineata, 
Enc. méth., pi. 44, fig. 2 , a b. Coquille subfusiforme, lisse, 
avec un canal assez long, strié et la spire petite et mucro- 
née; le dernier tour de spire anguleux à sa partie supérieure ; 
la columelle calleuse supérieurement; couleur blanche peinte 
de lignes onduleuses, fauves ou châtaines, linéolées de brun. 
Patrie inconnue. 

Le P. CERCLÉ ; P. cincta, de Lamk. , n.° 8. Coquille oblongue , 
cylindracée, atténuée, à canal court; tours de spire entiè- 
rement cerclés d'anneaux lisses et renflés; couleur fauve rous- 
sàtre. Des mers de l'isle- de -France. 

Le P. TLAviDULE ; P.Jlavidulu , de Lamk. , n." 5. Coquille tur- 



PLE 587 

rîculëe, subulée, à canal court, striée en travers, subplissée 
dans sa longueur; les plis naissant du bord inférieur de chaque 
tour et se terminant avant d'avoir atteint l'autre bord; cou- 
leur jaunâtre. De la mer Rouge. 

Le Pleurotome unizonal; P.unizonalis, de Lamk., n.° g. Co- 
quille subturriculée , subcôtelée dans sa longueur, à canal 
presque nul ; columelle calleuse supérieurement ; couleiir 
blanc -grisâtre , avec une bande brune sur le dernier tour. 
Patrie inconnue. 

Le P. HÉRISSÉ : P. echinata, de Lamk., n." 4; Clavatula echi- 
nala, Encycl. niéth. , pi. 459, fig. 8. Coquille turriculée , à 
canal nul ou très -court; tours de spire anguleux au milieu; 
l'angle garni de tubercules comprimés; couleur blanchâtre, 
peinte de taches alongées roussàtres, radiées. Patrie inconnue. 

Le P. Aumcui.ir-ÈRE : P. auriculifera, de Lamk., i1.° 2 ; Strom- 
lus liviius, linn., Gmel. , p. 3525 , n." 49: Clavatula auriculi- 
fera, Encycl. méth., pi. 439, iig. 10, ah. Coquille subturri- 
culée, un peu ventrue, tuberculeuse, à canal presque nul; 
tours despire hérissés de tubercules spiniformes d'abord , puis 
auriculiformes inférieurement ; l'entaille tout-à-fait posté- 
rieure; couleur livide. Patrie inconnue. 

Le P. MORiQUÉ : P. muricata, de Lamk., n.° 3; P. conica , 
Enc. méth., pi. 439, fig. q , a b. Coquille ovale conique, un 
peu ventrue et cancellée inférieurement, à canal fort court 
et subombiliqué; tours de spire plats, concaves, avec un cor- 
don décurrent de tubercules aigus; couleur blanchâtre, rous- 
sàtre au sommet. Patrie inconnue. C'est un véritable buccin* 

Le P. IMTÉRIAL : P. imperialis , de Lamk. , n." 1 ; Clavatula 
i/nperiah'5, Enc. méth., pi. 440, fig. 1 , a b. Coquille fusiforme , 
quoique courte, très-ventrue par la grandeur proportionnelle 
du dernier tour de spire; canal nul ou très- court, subéchan- 
cré; tours de spire lisses dans leur partie inférieure, hérissés 
d'un cordon décurrent de tubercules subsquameux ; couleur 
d'un roux sale. Patrie inconnue. 

Le P. BUCCINOÏDE : P. buccinoides, de Lamk. , n.° 14 ; Bucci" 
nus phallus, Linn., Gmel., p. 35o3, n.° 146. Coquille turricu- 
lée, côtelée longitudinalement , sans canal, échancrée ; tours 
de spire un peu convexes , couverts de petites côtes sub- 
obliques , naissant du bord inférieur et se terminant avant lu 



388 PLE 

suture; couleur fauve ou d'un brun noirâtre. Océan des grandes 
Indes. 

Cette coquille, dans la rigueur des principes de conchy- 
liologie, ne peut appartenir à ce genre, dont elle n'a que le 
caractèie de Téchancrure du bord. (De B.) 

PLEUROTOME. {Foss.) Les nombreuses espèces de ce genre 
ne se sont jusqu'à présent rencontrées à l'état' fossile que dans 
les couches plus nouvelles que la craie, et c'est surtout 
dans le calcaire grossier, ou dans les couches qui le repré- 
sentent , qu'elles sont le plus abondantes. Il semble que , 
comme les cérites, les ammonites et d'autres genres, qui con- 
tiennent beaucoup d'espècfs, chaque localité en présente qui 
sont différentes. Nous allons signaler celles qui sont parvenues 
à notre connoissance. 

Pleuroto.me de Bohson : Pleurotoma Bursoni , Bast. , Descr. 
des coq. foss. des environs de Bordeaux, pi. 5, lig. 2 ; An 
murex ohlitus? Brander, Foss. haut., fig. 41. Coquille fusi- 
forme, lisse, portant souvent un renflement à la suture et 
quelques stries sur toute sa surface. Longueur, près de trois 
pouces. On trouve cette espèce à Loignan , et à Saucats près 
de Bordeaux. Il existe à ïhorigné près d'Angers une variété 
de cette espèce qui a beaucoup d'analogie avec elle. 

Pleurotome ancien : Pleurotoma prisca, Def. ; Murex prisons, 
Brand., loc. cit. fig. 44. Coquille fusiforme, ventrue et lisse. 
Longueur, près de trois pouces. On la trouve à Betz et dans 
le Hampshire, en Angleterre. Une variété qu'on trouve à 
Loignan est couverte de stries qui suivent ses accroissemens. 
Une autre , qu'on rencontre à Parnes, à Gouberville et à Val- 
mondois , département de Seine-et-Oise , porte un renfle- 
ment au milieu de chaque tour et de légères stries comme 
celle ci -dessus. 

Pleurotome emmailloté; Pleurotoma ligata, Def. Coquille 
fusiforme, entièrement couverte de stries très-marquées, qui 
suivent ses accroissemens. Longueur, neuf lignes. On la trouve 
à Thorigné. 

PLEUROTOiME CLA vicuLAiRE : P/euroioma claviculai'is , Lamk. , 
Ann. du mus. d'hist. nat. , vélin n." 7 , fig. 1 1 ; Pleurotoma 
prise us , Sow., Min. conch. , tab. 386. Coquille turriculée, 
fusiforme , lisse sur le milieu de ses tours de spire ; ayant 



PLE 389 

le bord supérieur de chacun de ces tours accompagné de 
trois ou quatre sfries qui lui sont parallèles, et qui le font 
paroitre marginé. Longueur, deux pouces. On trouve cette 
espèce dans le calcaire grossier à Grignon, département de 
Seine-et-Oise, à Mouchy-le- Chatel, département de l'Oise, 
et là Hauteville, département de la Manche. 

Plecrotome marginé: Pleurotoma marginata, Lamk. , loc. 
cit., même vélin, fig. 8. Coquille fusiforme , lisse, à base 
striée transversalement, à bord supérieur de chaque tour 
garni d'un cordonnet détaché par un ou deux sillons qui 
offrent des points enfoncés. Longueur, neuf lignes. On la 
trouve à Grignon, à Hauteville et à Orglandes, département 
de la Manche. 

Pleurotome glabre : Pleurotoma glahra , Lamk., loc. cit., 
vélin n." 7, fig. 7. Coquille fusiforme, glabre, à bord droit 
arrondi en aile et tranchant. Longueur, un pouce. On la 
trouve à Mouchy-le-Chalel et à Grignon. 

Pleurotome a filet; Pleurotoma Jilosa, Lamk., loc. cit., 
même vélin , n.° 9. Coquille ovale , fusiforme , couverte de 
petites côtes élevées; à bord droit tranchant et arrondi. Lon- 
gueur, près d'un pouce et demi. On la trouve à Grignon et 
à Hauteville. 

Pleurotome a petites lignes ; Pleurotoma lineolata, Lamk., 
loc, cit., vélin n.° 7, fig. 10. Coquille ovale, fusiforme, cou- 
verte de lignes colorées en jaune orangé et souvent inter- 
rompues. Longueur, un poure. On la trouve à Grignon. 

Pleurotometordu : Pleurotoma intorta ; M urex intortus, BroCc, 
Conch. foss. subapp., pi. 8, fig. 17. Coquille turriculée , cou- 
verte de rides qui tournent du sommet à la base. Elle se ré- 
trécit à la partie supérieure de chaque tour, où il se trouve 
une carène noduleuse. Le canal est fort court. Longueur, 
plus de trois pouces. Fossile du Plaisantin. 

Pleurotome striatelle ; Pleurotoma striatella, Lamk. , loc. 
cit. Coquille fusiforme, turriculée, mutique, couverte de 
fines stries et de quelques côtes. Longueur, cinq lignes. Fos- 
sile à Grignon. Cette espèce n'est pas bien caractérisée, car 
elle ne l'est que d'après un seul individu. 

Pleurotome transversaire; Pleurotoma transversaria, Lamk., 
loc. cit. Coquille fusiforme , couverte de stries qui suivent 



V PLE 

tees tours, dont le milien est relevé en carène. Longueur, 
deux pouces et demi. Fossile de Bctz, département de l'Oise. 
Pleorotomb TOURELLE; Pleurotoma turella, Lamk. , loc. cit., 
vélin n.° 8 , fig. 3. Coquille sub-turriculée, couverte de striea 
qui suivent ses tours, sur lesquels il se trouve une carène un 
peu tuberculeuse. Longueur, cinq lignes. On trouve cette 
espèce à Grignon, à Orglandes et à Dax. 

Pleurotome petite-tour: Pleurotoma turricula; Murex turru 
cula, Brocchi , loc. cit. , tab. 9 , fig. 20. Coquille turriculée , cou- 
verte de stries tournantes, à tours presque carénés portant 
de petits tubercules vers le haut de la spire. Longueur, seize 
lignes. Fossile du Plaisantin , de Sienne et de Rome. Cette 
espèce varie beaucoup relativement aux petits tubercules 
dont ses carènes sont couvertes; quelques individus en sont 
dépourvus, et d'autres en sont remplis. 

Pleurotome orné; Pleurotoma ornât a , Def. Coquille turri- 
culée, à canal court, couverte de stries transverses, coupées 
par d'autres qui sont longitudinales: le haut de chaque tour 
étant orné d'une jolie broderie. Longueur, huit lignes. Fossile 
à Thorigné. 

Pleurotome interrompu; Pleurotoma interrupta , Murex inler- 
ruptus , Brocc. , loc. cit., pi. 9, fig. 21. Coquille fusiforme, 
couverte de rides élevées et réticulées qui manquent vers le 
haut de chaque tour , à l'endroit qui a été occupé par Péchan- 
crure. Longueur, près de trois pouces. Fossile du Plaisantin 
et du Piémont. 

Pleurotome rostre; Pleurotoma rostrata , Sow. , Min. conch., 
tab. j4^, fig' 3' Coquille fusiforme, couverte de rides qui 
suivent les tours de la spire et qui sont coupées par des stries 
longitudinales. Vers le milieu de chaque tour il se trouve un 
rang de tubercules peu élevés et peu rapprochés les unes des 
autres. Le canal est fort long. Longueur, deux pouces et 
demi. Fossile à Barton -ClifF en Angleterre. 

Pleurotome cuirassé : Pleurotoma cataphracta; Murex cata- 
phractus , Brocc, loc. cit. ,tah. 8 , fig. 16. Coquille turriculée, 
couverte de stries granulées qui suivent les tours. Vers le haut 
de chacun d'eux se trouve une carène formée par une rangée 
de petites élévations qui ont souvent conservé une couleur 
jaune, et qui occupent le lieu où se trouvoit l'échancrure. 



PLE ^91 

Longueur, deux pouces et demi. Fossile du Plaisantin, de 
Bologne, de la vallée d'Andone en Piémont et des environs 
de Bordeaux. (Basterot.) 

On trouve dans les mêmes endroits des coquilles qui ne 
différent de l'espèce qui précède immédiatement, que parce 
qu'elles sont plus raccourcies , et que les élévations de la ca- 
rène sont plus tuberculeuses et moins nombreuses. J'avois 
cru pouvoir les regarder comme formant une espèce particu- 
lière, que j'avois nommée P. Delucil , mais je soupçonne 
qu'elles ne sont que des variétés du Pleurofome cuirassé. 

Pledrotome a lignes courbes; PLeiirotoma curvicosta, Lamk,, 
loc. cit., vél. n.°8, fig. 6. Coquille ovale, fusiforme, couverte 
de petites côtes sinueuses et de stries transverses. Longueur, 
sept lignes. Fossile à Grignon. 

Pleurotome TÉRÉBRAL : Pleurotoma terebralis , Def. ; Fusus lere- 
Iralis , Lamk. , loc. cit. , vélins, Suppl., n." 2, fig. 4. Coquille 
fusiforme, couverte de stries transverscs , chargées de perles. 
Longueur, dix lignes. Fossile de Parnes, département de 
l'Oise. M. de Lamarck avoit soupçonné que c'étoit un pleu- 
rotome , mais il n'avoit pas vu son échancrure. 

Pleurotome perlé : Pleurotoma monile- Murex monile . Brocc. , 
loc. cit., tab. 8, fig. i5. Coquille fusiforme, à base striée trans- 
versalement, portant une carène perlée vers le milieu de cha- 
que tour. Longueur, près de deux pouces. Fossile du Plai- 
santin et de la montagne de Sanèse. M. Brocchi dit qu'on 
trouve son analogue vivant dans la mer Adriatique et sur 
les côtes du Portugal. 

Pleurotome rotule : Pleurotoma rolafa; Murex rotatus. Brocc. , 
fab. 9, fig. 1 1. Cette espèce est plus raccourcie que la précé- 
dente , mais elle a tant de rapports avec elle , que je la regarde 
comme une variété de cette même espèce , modifiée peut-être 
par la localité. On la trouve à Davignan et à Castello-nuovo, 
en Piémont. 11 existe à Dax et dans la Touraine des coquilles 
qui n"ont que huit lignes de longueur , et qui ont tant de 
rapports avec cette espèce, que je les regarde aussi comme 
des variétés du pleurotome perlé. 

Pi.EUROTOME de Prevost; P/euro/0777fl precos/inr? , Dcf. Coquille 
fusiforme, ventrue, couverte de stries rugueuses qui suivent 
les tours. Vers le haut de chacun d'eux il se trouve une sorte 



^92 Ï>LE 

d'ctranglemenf. Le canal est fort court. Longueur, dix-neuT 
lignes. Fossile de Hirtenberg, prés de Baden , rapporté par 
M. C. Prévost. 

Pleurotome tuberculeux; Pleurotoma tuherculosa, Bast. , loc. 
cit., tab., 3, fig. 11. Cette espèce a beaucoup de rapports 
avec celle qui précède et dont elle n'est peut- être qu'une 
variété modifiée par les localités, car les coquilles qui en dé^ 
pendent, varient beaucoup entre elles. Quelques-unes portent 
une rangée de tubercules au bas de chaque tour , d'autres 
portent deux rangées d'épines, entre lesquelles se trouvoit 
l'échancrure quand elle existoit. On rencontre ces coquilles 
aux environs de Bordeaux et à Thorigné. 

Pleurotome colon ; Pleurotoma colon , Sow. , loc. cit. , pi. 
146, fig. 7 et 8. Coquille fusiforme, à canal court, couverte 
de stries rugueuses et d'une carène à l'endroit où se trouvoit 
l'entaille. Cette espèce est plus petite que le P. cataphracta , 
tnais elle a beaucoup de rapports avec lui. Longueur, quinze 
lignes. Fossile du Hampshire. 

Pleurotome granulé: Pleurotoma granulata , Lamk., loc. cit. , 
vélin n." 8, fig. 2; Ann., tom. 7, pi. i3, fig. 4. Coquille 
subturriculée, couverte de petites perles, et à canal très-court. 
Longueur, cinq lignes. Fossile à Grignon et à Parnes. 

Pleurotome a côtes pliées ; Pleurototna injlexa , Lamk., loc. 
cit., vélin n." 44, fig. 5. Coquille subturriculée, striée trans- 
versalement et couverte de côtes longitudinales, pliées et 
comme brisées dans leur milieu. Longueur , quatre lignes. 
Fossile à Grignon et à Hauteville. 

Pleurotome crénelé; Pleurotoma crenulata, Lamk., loc. cit., 
vélin n.°/^, fig. 10. Coquille fusiforme, tiirriculée, couverte 
de stries qui suivent les tours. Le milieu de chacun d'eux est 
garni d'une rangée de petites côtes qui imitent les dents d'une 
roue. Longueur, huit lignes. Fossile de Grignon et des cou-- 
ches du calcaire grossier des environs de Paris. On trouve à 
Léognan une espèce qui a beaucoup de i^apports avec celle-ci^ 
Pleurotome ventru: Pleurotoma ventricosa; Lamk., loc. cit., 
Ann., tom. 7 , pi. i3, fig. 2. Coquille ovale, fusiforme, k 
canal alongé, ventrue, couverte de stries; ses tours de spire 
sont un peu crénelés. Longueur, cinq lignes. Fossile de Gri- 
gnon et d'Acy , département de l'Oise» 



I^LËUft-OTOME ROMAIN; Pleurotoma romana, Def. Cette es- 
Jjèce a beaucoup de rapports avec le pleurolome interrompu, 
dont elle n'est peut-être qu'une variété. Elle n'a qu'un pouce 
de longueur, et le milieu de chaque tour est occupé par une 
carène tuberculée. Fossile à Rome. 

PleurOtôme double- chaîne ; P/eu7-o/oma hicatenata, Lamk. , 
ioc. cit. Coquille turriculée, à canal court, couverte de stries 
transverses et de côtes longitudinales , sinueuses. La spire est 
composée de dix à douze tours. Longueur, onze lignes. On 
trouve cette espèce à Grignon , à Hauteville , à la Chapelle et 
à Louvres, département de Seine -et -Oise, dans une couche 
quarzeuse. Les coquilles de cette espèce sont un peu diffé- 
rentes dans ces deux dernières localités de celles qu'on ren- 
contre dans le calcaire grossier à Grignon et à Hauteville. 

Pleurotome multinodej Pleurotoma multinoda, Lamk., /oci, 
cit., vélin n.° 7, fig. 14. Coquille fusiforme , turriculée, 
transversalement striée et couverte de nœuds vers le milieu 
de chaque tour. Longueur, neuf lignes. Fossile à Grignon 
et à Dax. On trouve à Ermenonville une variété de cette 
espèce; mais elle est plus petite. 

PtEURôTOME N-oDULEux ; Plcurotoma nodulosa, Lamk. Coquille 
ovale, fusiforme, qui ne porte point de stries transverses, et 
qui, du reste, a beaucoup de rapports avec le pleurotome 
inultinode. On la trouve à Grignon. 

Pleurotome ondé; Pleurotoma undata, Lamk., Ioc. cj7., vélin 
n.° 8, fig. i3. Coquille fusiforme, turriculée, striée transver- 
salement, ayant dans la moitié supérieure de chaque tour une 
rangée double de petites côtes arquées, qui donne à la spire 
l'apparence d'une double crénelure de dents obliques, menues 
et inégales. Le canal est court. J,ongueur, un pouce. Fossile 
de Grignon, de Hauteville, de Fleury-la-rivière prèsd'Ëper- 
nay et de Dax. ( Basterot. ) 

Pleurotome a rampe; Pleurotoma gradata, Def. Coquille tur- 
riculée, fusiforme, striée transversalement, et couverte de 
«ôtes longitudinales qui descendent du sommet à la base, et 
qui sont interrompues près de la suture. Le milieu de chaque 
tour fait une saillie, et présente une sorte de rampe. Le ca- 
nal est court. Longueur, quinze lignes. Fossile de Sienne, des 
cnvii'ons de Bordeaux et d'Ang^ers. 



^94 PLE 

Pleurotome oblong : Pleurotoma ollovga; BrocC, loc. cit., 
lab. 8 , fig. 5 : Pleurotoma terehra . Bast. , loc. cit. , pi. 3 , fig. 
an. Coquille fusiforme , turriculée, à canal coui't, couverte 
de côtes longitudinales, interrompues par un cordon qui 
règne près de la suture. Longueur, un pouce et demi. Fossile 
de Rome et du Plaisantin. On trouve aussi cette espèce, à 
Saucats près de Bordeaux, à Dax et dans la Touraine; mais 
elle est moins longue dans ces endroits. 

Pleurotome branchu : Pleurotoma ramosa; Bast., loc. cit., pi. 
3, fig. i5; Murex reticulatus , Brocc, loc. cit., tab. g, fig. 12. 
Coquille alongée, fusiforme, couverte de stries transverses et 
de côtes longitudinales qui portent des tubercules près de la 
suture. Longueur, près de deux pouces. Fossile de Sienne et 
de la Toscane. On trouve cette espèce, modifiée par la loca- 
lité, dans la Touraine et aux environs de Bordeaux. 

Pleurotome a chaînettes; Pleurotoma catenata; Lamk., loc. 
cit., vélin n.° /)5, fig. 2. Coquille fusiforme, à spire noueuse 
et presque épineuse. Elle est chargée de stries qui se croisent. 
Quelques-unes de celles qui sont transversales, sont plus 
grosses que les autres, et ressemblent à de petites chaînes 
entortillées autour de la coquille. Longueur, deux pouces. 
Fossile de Parnes et de Hauteville. 

Pleurotome sillonné; Pleurotoma sulcata, Lamk., vélin n.° 
8 , fig. lu. Coquille fusiforme, turriculée, couverte de stries 
Iransverses et de petites côtes longitudinales. Longueur, six 
lignes. Fossile à Grignon. 

Pleurotome fourchu; Pleurotoma furcata; Lamk., loc. cit., 
vélin n.° 8 , fig. 1 . Coquille fusiforme , turriculée , couverte de 
stries transverses et de côtes longitudinales qui sont bifurquées 
à la base. Longueur, sept lignes. Fossile à Grignon. 

Pleurotome zigzag; Pleurotoma zigzag, Def. M. de Lamarck 
a regardé cette espèce comme une variété de la précédente; 
mais je la considère comme en étant très -distincte, en ce 
qu'elle est constamment plus petite, qu'elle n'est pas striée 
transversalement, que ses petites côtes sont obliques, et ne 
sont pas fourchues à la base. Fossile à Grignon et à Parnes. 
Pleurotome subulé ; Pleurotoma subulala , Def. Coquille 
turriculée, portant neuf à dix tours de spire, striée trans- 
versalement , côtelée un peu obliquement et à canal eourt. 



PLE 395 

Longueur, quatorze lignes. Fossile du Plaisantin et du Pié- 
mont. 

Paeurotome VLrssÉ ; Pleurofoma plicata , Lamk. , loc. cit. , 
vélin n.° 44, fig. 1. Coquille fusiforme , lurriculée, couverte 
destries transverses très-fines, et de petites côtes longitudinales 
un peu obliques. Longueur, quatre lignes. Fossile à Grignon 
et à Dax. 

Pleurotome a petites côtes : Pleurotoma costellata, Lamk., 
loc. cit., vélin n.° 7, fig. 5j Bast., loc. cit., tab. 5, fig. 24. 
Cette espèce ne diffère presque de la précédente, que parce 
qu'elle est moitié plus grande et plus ventrue. Fossile de 
Parnes, de Grignon, de Hauteville , d'Orglandes et des envi- 
rons de Bordeaux. Les coquilles de ce dernier endroit por- 
tent un bourrelet au bord droit , et pourroient constituer 
une espèce distincte. 

Pleurotome DÉLIÉ -. Pleurotoma gracilis ; Murexgracilis, Brocc, 
loc. cit., tab. 9, fig. 16. Cette coquille paroît plutôt être un 
jeune individu du Rostellaria pes-pelecani qu'un pleurotome. 
Longueur, neuf lignes. Fossile du Piémont. 

Pleurotome élégant ; Pleurotoma elegans , Def. Cette petite 
espèce est couverte de très -légères stries transverses, mais 
bien marquées , et au haut de chaque tour , près de la suture , 
il se trouve une rangée de petits chevrons appliqués les uns 
contre les autres. Longueur, cinq lignes. Fossile à Orglandes. 

Pleurotome épineux; Pleurotoma spinosa, Def. Cette espèce 
est très-remarquable , en ce qu'elle est chargée de stries trans- 
verses et de colonnes longitudinales sur le dernier tour , et que 
la suture se trouve placée au-dessus d'une rangée d'épines et 
au-dessous d'une rangée de tubercules. Longueur, un pouce. 
Fossile des environs de Bordeaux. 

Pleurotome denté : Pleurotoma dentata ; Lamk. , loc. cit. , 
tom. 7, pi. i3, fig. J ; An. murex niacilentus? Brand., loc. cit. ^ 
iig. 35; Pleurotoma exorta , Sow. , loc. cit., pi. 146, fig. 2. 
Coquille fusiforme, couverte de stries transverses, très-fines, 
serrées, un peu noduleuses, qui se croisent d'une manière obs- 
cure avec des stries longitudinales peu apparentes. Le milieu 
de chaque tour est élevé en carène garnie d'une rangée de 
dents presque comme une scie. Longueur, un pouce neuf 
lignes. 



h^ PLE 

Les caractères cl- dessus ont été assignés aux individus qu'on 
trouve à Grignon ; mais on rencontre encore cette espèce à 
Mouchy-le-Chatel, à Saint-Félix , à Hauteville , à Orglandes, 
à Mouneville, département «le Seine-et-Oise ; à la Chapelle, 
même département , dans le grès supérieur ; à Nice, à Sienne 
dans le Plaisantin, dans le Piémont, cà Castel - Arquato, aux 
environs de Turin, et dans le Hampshire en Angleterre, mais 
avec des modifications de localité. En général, les coquilles 
de cette espèce qui viennent de l'Italie, sont beaucoup plus 
alongées que les autres. Il existe à l'état vivant une espèce 
qui a bien'des rapports avec celle-ci. 

Pleurotome petite- dent; Pleiiroloma denticula , Basterot , 
loc. cit., pi. 3, fig. 12. Coquille turriculée, portant des stries 
qui suivent les tours, et vers la partie supérieure de ces 
derniers, une rangée de petites dents. Longueur, neuf lignes. 
Fossile des environs de Bordeaux, de Dax et de la Touraine. 

Pleurotome cheilotome; Pleurotoma cheUotoma , Basterot, 
hc. cit., pi. 4, fig. 3. Coquille petite, côtelée, couverte de 
stries transverses, ayant la forme d'un murex, à ouverture 
arrondie et marginée au bord droit. Longueur, six lignes. 
Fossile des environs de Bordeaux. 

M. Basterot croit, et nous croyons avec lui que le P. terc' 
hra, le P. costellata, le P. cheilotoma et le P. ptirpurea, Bast. , 
pi. 3, fig. ]3, que nous avons placés dans le genre Buccin, 
doivent constituer un genre différent des pleurotomes, à 
cause d'une échancrure ronde et creusée profondément, qui 
se trouve dans la lèvre droite à sa jointure avec l'avant- 
dernier tour de la spire. 

On connoît encore d'autres espèces de ce genre, telles que 
le P. fusiformis, P. hrevirostrum , P. lœs--igata, P. attenuata, P. 
eomma, P. roslrata, P. semicolon , P. acuminata, Sow. , loc. 
eif. , pi. 146 et 387. Ces espèces se trouvent en Angleterre. 
(D.F.) 

PLEUT-PLEUT. (Ornith.) L'un des noms picards et nor- 
mands du Pic vert. (Desm.) 

PLÈVRE. [Anat. et Phfs.) Voyez Respiration. (F.) 

PLEXAURE, Plexaura. {Zooplij4.) M. Lamouroux, Polyp. 
flex., page 424, a séparé sous ce nom générique des gorgones 
de Linné et de M. de Lamarck, les espèces dont l'axe corné 



PLE 397 

est enveloppé dans l'état sec par une sorte d'écorce subéreuse, 
épaisse, peu calcaire, percée de cellules éparses et jamais 
saillantes. Malheureusement ces singuliers animaux n'ont pas 
été étudiés vivans, et par conséquent, il est impossible de 
dire si, comme le pense M. Laniouroux, cette enveloppe 
si épaisse est pour léS polypes, qui habitent les cellules qui 
y sont creusées, ce que la masse des alcyons est à leurs po- 
lypes. Quoi qu'il en soit, M. Lamouroux rapporte à son genre 
Plexaure les espèces suivantes : 

La Pj-exaurehétéropore: p. heferopora , Gorg.heteropora, de 
Lamarck. Polypier peu rameux, dichotouie, épais; cellules 
distantes, éparses, assez peu nombreuses, à ouverture alon- 
gée, aiguë aux deux extrémités, dirigée dans tous les sens. 
Couleur fauve roux. 

Mers des Antilles. 

La P. A GRANDES CELLULES ; P. macrocjtliara , Lamx. Polypier 
rameux, subdichotome , couverte de cellules grandes, iné- 
gales, se touchant presque toutes. Couleur fauve. 

Cette espèce, dont on ignore la patrie, diffère-t-elle de 
la précédente ? 

La P. ÉPAISSE : P. crassa, Gorg. crassa, Linn.; Gmel. , page 
0806, a.° 54 ; Act. Par., 1700, page 04, tab. 2, Polypier cy- 
lindrique, dichotome, à rameaux épais, écartés, ascendans; 
cellules éparses dans une écorce violette. 

Des mers d'Amérique. 

La P. FRiAELE : p. friabilis, Lamx. ; Soland. et Ellis, tab. 18 , 
fig. 3. Polypier dichotome dans ses tiges comme dans ses ra- 
meaux, avec des cellules rondes, inégales, assez espacées- 
Couleur fauve. 

Océan indien ? 

La P. Liège : P. suberosa, Linn. ; Gmel. , page 0802 , n." Sy ; 
EU., Corail., page 78 , tab. 26, fig. P , Q, R. Polypier rameux, 
subdichotome; rameaux longs, épais, ascendans; cellules 
stelliformes, disposées en quinconce dans une écorce orangée. 

Mers des Indes et d'Afrique, 

La P. PENCHÉE : P. homomalla, G. homomalla de Lamk. , 
Esp., 2, tab. 29, fig. 1, 2. Polypier à rameaux nombreux, 
épais, arrondis, ascendans, souvent un peu penchés; cellules 
éparses dans une écorce brune ou rougeàtre. 



398 PLE 

Des mers d'Amérique. 

La P. OLIVATRE; P. olimcea, Lamx., pi. 16. Polypier à ra- 
meaux très-nombreux, épars ou presque pinnés; cellules 
éparses , peu serrées dans une écorce olivâtre. 

Des Indes orientales. (De B.) 

PLEXUS. {Anat. et Phys.) Voyez Système nerveux. (F.) 

PLI DE L'AILE JAUNE. ( Omith. ) Ce nom a été donné 
par d'Azara , n.° 23o, <à l'un des oiseaux de sa famille des 
queues aiguës. (Ch. D. ) 

PLICARIA. (Bot.) Nom donné par les Polonois, suivant 
Lemery , au lycopode, parce qu'ils l'emploient pour le trai- 
tement de la maladie des cheveux, nommée p/ica, commune 
dans leur pays. (J.) 

PLICx\TILE. (Erpél.) Nom spécifique d'une couleuvre, dé- 
crite dans ce Dictionnaire, toni. XI, pag. 212. (H. C.) 

PLICATULE, Plicatula. (Conchjl.) Genre de coquilles de 
la famille des suboslracées, élabli par M. de Lamarck dans 
la première édition de ses Animaux sans vertèbres, et adopté 
depuis par tous les conchyliologistes pour un petit nombre 
de coquilles que Linné plaçoit avec les spondyles, dont elles 
ne diffèrent guères en effet que parce qu'elles ne sont pas 
auriculées et que la valve inférieure est sans talon. Voici 
les caractères de ce genre : Animal inconnu ; coquille solide, 
adhérente, subirrégulière , inauriculée , pointue au sommet, 
arrondie et plissée en arrière; valve inférieure sans talon,' 
mais avec une facette externe ; charnière formée de deux 
fortes dents, comprenant une fossette intermédiaire pour le 
ligament ; une seule impression musculaire centrale. 

Les plicatules sont toutes marines et des mers d'Amérique, 
où elles vivent probablement fixées à la manière des spon- 
dyles. M. de Lamarck en distingue quatre espèces, qui pour- 
roient bien appartenir à la même. 

La P. RAMEUSE : P. ramosa, Spond. plicatus, Linn. ; Gmel. , 
pag. 3298 , Chemn. , Conch., 7 , tab. 47 , fîg. 479 , 480, vul- 
gairement la Sole pétoncle ou Petite sole. Coquille oblongue 
triangulaire, très -épaisse, avec des plis gros, divisés et assez 
peu nombreux. Couleur d'un rouge brun, quelquefois dispo- 
sée par taches irrégulières. 

Des mers de l'Amérique. M. de Roissy la dit cependant, 



PLI 399 

avec Linné, de la Méditerranée , ce qui paroît douteux. Le 
Catalogue de Reniéd n'en fait pas mention. 

La Plicatule déprimée : P. depressa, de Lamk. , Anim. sans 
vert. , lom. 6 , 1 /" part. , p. 1 85 ; Gualt. , Test. , tom. 1 04 , Hg. 
F? Coquille oblongue, triangulaire, un peu déprimée , avec 
des plis nombreux , assez petits vers le bord. Couleur blanche , 
variée de taches rougeàtres. 

Mers d'Amérique ? 

La P. EN CRÈTE : P. crislata , de Lamk. , loc. cit, , n.° 5 ; 
Enc. méth. , pi. 194, fig. 3. Coquille oblongue, cunéiforme, 
subcrétée, à plis grands, simples, squameux, de couleur fer- 
rugineuse. 

Des mers d'Amérique. 

La P. RÉNiFORME : P. reniformis , de Lamk., loc. cit., n." 4; 
Sloan. , Jam. hist. , 2 , tab. 241 , fig. 20 , 21. Coquille arrondie, 
subarquée, à plis simples, squameux, divariqués, de cou- 
leur blanche. 

De la Jamaïque. 

On a supposé que le garin d'Adanson (Sénég. , page 200, 
pi. 14) pourroit être une espèce de ce genre, d'autant plus 
qu'il cite comme synonyme les figures de Sloane, de Gual- 
tieri et de Lister, qui appartiennent évidemment à des pli- 
catules; mais comme il dit positivement qu'il diffère très-peu 
de son huître des mangliers, qui n'a aucune dent à la char- 
nière, il en faut conclure que le garin n'est qu'une espèce 
d'huître. (De B. ) 

PLICATULE. {Foss.) Les coquilles de ce genre se ren- 
contrent à l'état fossile dans les courbes antérieures à la craie, 
dans la craie chloritée et dans les couches plus nouvelles. 

Plicatule anguleuse; Plicatula angulosa , Lamk., Anim. 
sans vertèbres, tom. 6, 1.'*^ part., p. i85, n.° 5. Coquille ob- 
longue, cunéiforme, couverte de grands plis inégaux, angu- 
leux et écailleux. Longueur, près de deux pouces. En don- 
nant la description de cette espèce, M. de Lamarck a annoncé 
qu'il ne connoissoit pas le lieu où elle avoit été trouvée; mais 
je possède des coquilles qui proviennent de la couche à po- 
lypiers de Ranville, près de Caen , et qui peuvent être rap- 
portées à cette espèce. 

Plicatule radiole ; Plicatula radiola, Lamk., loc. cit., n.° 7. 



400 PLI 

Coquille arrondie, à valve supérieure concave, couverte de 
côtes un peu écailleuses et à bord plissé. Diamètre, neuf 
lignes. Fossile de Chauffeur , près du Mans. 
.. Plicatui.e placunçe; PHcatula placunata, Lamk. , loc. cit., 
n." 8. Coquille ovale, oblique, à valve supérieure un peu 
concave, couverte de côtes et de stries rayonnantes, tuber- 
culeuses et écailleuses, et à bord non plissé. Longueur, qua- 
torze lignes. Le lieu où l'on trouve ces coquilles n'est pas 
connu; mais elles dépendent des couches aiitérieures à la 
craie, et ne sont point des environs de Paris. Comme les deux 
valves sont toujours jointes ensemble, on ne peut apercevoir 
la charnière, et ce n'est que par conjecture et par analogie 
qu'on les a rangées dans le genre Plicatule. 

Plicatule osiRBiFOUMR : PHcatula ostreiformis , Lamk., Icc. 
cit., n.° g ; Encyclpp., pi. 184, fig. 9? Coquille arrondie, 
irrégulière, couverte de plis obliques et écailleux. Fossile 
des environs de Dax. 

Plicatule tubifère; PHcatula tubifera, Lamk. , loc, cit. , n.° i o. 
Coquille subirrégulière, couverte d'écaillés tubuleuses, dispo- 
sées par rangées rayonnantes. Longueur, deux pouces. Fossile 
des anciennes couches des Vaches noires près de Honfleur. 

Plicatule ridée; PHcatula aspera , Lamk., loc. cit., n.° 11, 
Coquille ovale, très-concave, à valve supérieure aplatie, 
striée longitudinalement , et portant des sillons transverses 
et concentriques et à bord uni. Longueur, deux pouces et 
demi. On ne sait où cette espèce a été trouvée. 

Plicatule pectinoïde : PHcatula peeiinoides ,De£. ; Placunapec- 
tinoides, Lamk., loc. cit., page 224, n." 4; Encyclop., pi, 
175, fig. 1 — 4, Coquille oblique, trigone , ayant sa valve 
îidhérente, aplatie, et l'autre un peu convexe. Toute sa sur- 
face est couverte de petites côtes irrégulières et écailleuses , 
et à bord uni. Longueur, vingt lignes. Fossile des environs 
de Metz. Ces coquilles sont toujours d'une couleur brune. 
En plaçant cette espèce dans les placunes, M. de Lamarck 
avoit fait une erreur, parce qu'elle adhère au sommet. 

Plicatule striée; PHcatula stri(ita, Def. Coquille ovale, à 
valve supérieure plate, et couverte de stries écailleuses. Lon-. 
gueur, sept lignes. On trouve cette espèce en ïouraine, suç 
des fragmens de pierre calcaire, percés par des pholadfs. 



PLI 4oi 

PacATULE EPINEUSE; PUcatulu spinosa, Def. Cette espèce est 
un peu plus grande que la précédente, avec laquelle elle a 
beaucoup de rapports. La valve, plate, est couverte de longues 
épines couchées; l'autre valve est écailleuse. Fossile des an- 
ciennes couches du Cotentin. On trouve quelquefois ces co- 
quilles attachées sur des bélemnites. 

Plicatule hare-épine ; Plicatula rarispina, Def. Coquille ovale, 
bien distincte de l'espèce précédente, avec laquelle on la ren- 
contre, en ce qu'elle est unie , à l'exception de quelques épines 
fort courtes et rares qui se trouvent sur ses valves. Elle copie 
souvent la forme extérieure des corps sur lesquels elle adhère. 
Longueur, un pouce. 

Plicatule de Roissv; Plicatula Roissji, Def. Coquille ovale, 
couverte de stries rayonnantes et écailleuses et à bord denté. 
Longueur, six lignes. On trouve cette espèce dans la couche 
du calcaire coquillier à Fontenai Saints -pères près de Mantes, 
et à Gouberville. On rencontre une variété de la même es-* 
pèce dans la même couche à Thorigné. 

Flicatule soufflet ; Plicatula follis , Def. Coquille ovale, 
aplatie , couverte de très -légères stries longitudinales , et 
portant trois ou quatre grosses dents sur son bord. Longueur, 
cinq lignes. Fossile de Bracheux dans une couche quarzeuse. 

J'ai cru reconnoître , pour appartenir au genre Flicatule, 
des moules intérieurs qui ont été trouvés dans les couches 
de craie chloritée de la montagne Sainte -Catherine, près de 
Rouen. (D. F.) 

PLICOSTOME. {Ichthjol.) Voyez Plécostome. (H. C.) 

P^IE, Platessa. [IchtlvyoL] Par suite des démembremens 
opérés dans le grand genre Pleuronecte de Linnaeus et de la 
plupart des ichthyologistes qui l'ont suivi, on a formé, sous 
ce nom un genre de poissons holobranches osseux dans la fa- 
mille des hétérosomes , genre qu'il est facile de reconnoître 
aux caractères suivans ; 

Corps comprimé ^ haut verticalement , rhomboïdal, non symé- 
Irique; les deux côtés de la bouche inégaux; les deux yeux implan' 
lés suy la même face de la tête; les catopes , au nombre de deux , 
thoraciques , et ayant l'air de continuer en ayant la nageoire 
anale; six rajyons aux branchies ; point de vessie natatoire; deux 
nageoires pectorales; une rangée de dents tranchantes et obtuses 
41. 36 



402 PLI 

à chaque mâchoire; des dents en pavé sur les os pharyngiens ; na- 
geoires dorsale et anale laissant un intervalle nu entre elles et la, 
caudale. 

Conséquemment il devient très-facile de distinguer les Piiea 
des AcHiRES, qui n'ont point de nageoires pectorales, et des 
MoNocHiREs, qui n'ont qu'une de ces nageoires; des Flétans, 
dont le pharynx est armé de dents aiguës; des Soles et dts 
Turbots, qui ont la nageoire dorsale beaucoup plus longue. 
(Voyez ces divers mots, Hétérosomes et Pledronecte.) 

Parmi les espèces de ce genre nous citerons: 
, Le Flet, Flételet, Fléton ou Flez : Platessajlesus, N. ; Pleu- 
ronectes Jlesus , Linn. Ce poisson, qu'on appelle aussi picat/ci , 
est facile à distinguer des autres pleuronectes, à la manière 
dont chacune de ses mâchoires est armée d'une rangée de 
dents tranchantes et obtuses, dont ses os pharyngiens sont 
garnis de tubercules osseux disposés en pavé. Sa nageoire cau- 
dale est arrondie; ses deux yeux occupent le côté droit de la 
tête; presque toute la surface de son corps est hérissée de 
piquans très-petits et crochus. Il porte, le long de la partie 
droite de sa tête, une ligne saillante formée par de petits 
grains, et il offre un bouton âpre et tuberculeux h la base 
de chaque arête de ses nageoires dorsale et anale. Sa ligne 
latérale est munie d'écaillés hérissées; ses écailles sont minces, 
alongées, fortement attachées à la peau et très-difficiles à voir? 
un aiguillon assez fort paroit au-devant de la nageoire de 
l'anus. 

Le flet, qui ne pèse pas ordinairement plus de six livres, 
a le côté gauche de son corps blanc, avec des nuages bruns 
et des taches noirâtres, vagues, très-peu foncées, peu mul- 
tipliées et petites. Son côté droit est, au contraire, d'un brun 
intense, avec des taches olivâtres ou d'un vert jaune et noir. 
On le prend au printemps vers les rivages de la mer et 
près des embouchures des fleuves, spécialement dans la Bal- 
tique et dans l'océan Atlantique boréal. 11 pénètre même dans 
les rivières et remonte fort avant dans la plupart de celles 
de l'Angleterre. Noël de la Morinière l'a vu pêcher dans la 
Seine, jusqu'auprès de Tournedos, à quelques lieues au- 
dessus du Pont-de- l'Arche, où on le nomme Jlondre etjlondre 
de rivière. 



PLI 403 

Il s'accoutume du reste facilement à toute sorte d'eau, et 
comme, en le renfermant dans des vases appropriés, on peut 
le transporter vivant à une distance assez grande de son se- 
iour ordinaire, on a pu l'acclimater et le multiplier dans 
plusieurs étangs de la Frise. 

La bonté de sa chair, dont la saveur est, en général, de 
beaucoup inférieure à celle de la chair de la plie, varie sui- 
vant la saison de l'année où on le pèche, suivant la nour- 
riture qui est à sa portée, et par conséquent suivant le 
pays qu'il habite. On prétend, par exemple, qu'aux environs 
de Memel elle est plus agréable que dans les autres parties de 
la Baltique, et que celle des individus que l'on a pris dans 
l'eau douce, est plus molle et moins sapide que celle des tlets 
de la mer. Il est aussi reconnu que ce poisson est plus gros et 
plus charnu dans la belle saison que dans tout autre moment. 

Le Flvndre : Platessa platessoides, N. ; Pleurpnectes platessoi- 
des , Linn. Offrant une grande partie des caractères de l'es- 
pèce précédente, ayant, comme elle, les yeux du côté droit 
de la tête, le flyndre est muni d'une nageoire caudale arrondie ; 
sa mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure; 
ses écailles sont grandes et rudes; son côté droit est d'un gris 
cendré avec des taches brunes ou rougeàtres; le gauche est 
blanc. 

Ce poisson, qui a la forme générale d'une navette, et qui 
ne parvient ordinairement qu'à la taille d'un pied au plus, 
est très-répandu dans l'océan Atlantique boréal, et particu- 
lièrement vers les embouchures des rivières du Groenland. 

Il est d'une saveur peu agréable, et on ne le mange ordi- 
nairement que séché. Sous ce rapport, il partage tous les in- 
convéniens de la morue conservée par dessiccation. 

La Plie franche : Plates.;a vulgaris, N. ; Pleuronectes platessa, 
Linn., Bloch, 42. Yeux du côté droit de la tête-, nageoire 
caudale arrondie ; six ou sept tubercules formant une ligne 
sur le côté droit de la tête entre les yeux; écailles minces et 
molles; base des nageoires anale, dorsale et caudale, couverte 
de petites écailles; un aiguillon assez fort en avant de l'anale; 
mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure. 

Ce poisson, qu'on a vu peser jusqu'à seize livres, a le côté 
gauche de son corps d'un blanc bleuâtre tant qu'il est jeune. 



404 PLI 

et roiigeâtre lorsqu'il a atteint un âge plus avancé. Des taches 
aurores relèvent le brun- gris dont est teint son côté droit. 
Ji habite dans la Baltique, dans l'océan Atlantique boréal et 
dans plusieurs autres mers. 11 a la plupart des habitudes de 
la sole, et on s'en empare par les mêmes moyens que mettent 
en usage les pêcheurs contre cette dernière. 

La plie est fort estimée comme aliment, et cependant elle 
est d'une saveur moins agréable et moins délicate que la sole, 
dont la chair est en outre plus tendre. Par l'effet de la cuis- 
son, les petites plies deviennent même molles et gluantes; 
aussi préfère-t-on généralement les grosses, qui sont et plus 
fermes et plus grasses. Quant aux individus d'une qualité in- 
férieure, on les sale et on les sèche à l'air en paquets, que 
le commerce transporte souvent très -loin. Pour manger ces 
plies ainsi desséchées, on est obligé de les mettre ramollir 
pendant quelque temps dans de l'eau, et c'est ce qui arrive 
en particulier à Anvers, oii l'on voit, dit Rondelet, aux ma' 
gasins des marchands , si grand nombre de plies et d'autres pois- 
sons plats desséchés , qu'il n'est possible de le croire si on ne l'a vu. 

Sur nos côtes et dans nos marchés on donne le nom de 
carrelet à la jeune plie, qu'il ne faut point, pour cela, con- 
fondre avec la barbue, autre pleuronecte, que certains au- 
teurs ont nommée carrelet ou petit carreau, et qui rentre dans 
le genre Turbot (voyez ce mot). Noël de la Morinière nous 
apprend aussi qu'à Dieppe et à Fécamp on appelle du même 
nom de carrelet une variété de la plie qu'on connoît à Caen 
sous celui de franquise. 

La Limande : Platessa limanda, N. ; Pleuronectes limanda , 
Linn., Bloch, 46. Yeux grands et du côté droit de la tête; 
nageoire caudale légèrement échancrée en croissant; écailles 
dures et dentelées, d'oii lui vient son nom de lima, lime; 
ligne latérale entourant en demi-cercle la nageoire pectorale; 
ouverture de la bouche étroite; mâchoires d'égale longueur; 
au-devant de la nageoire anale , un piquant tourné vers la 
gorge. 

La limande, que Ton sert communément sur nos tables, 
se trouve non-seulement dans l'océan Atlantique, mais encore 
dans la Baltique et dans la mer Méditerranée, où elle vit 
d'annelides et de petits crustacés. Quoique petite, on l'estimf 



PLI ' 4o5 

à Paris plus que la plie, parce qu'elle supporte mieux le 
transport. 

Le temps de l'année où sa chair est le plus estimée, est la 
fin de l'hiver ou le commencement du printemps; car plus 
tard vient l'époque du frai, et alors elle a moins de saveur 
et de fermeté. 

La Plie chinoise : Platessa sinensis , N. ; Pleuronectes sinensisy 
Lacépéde. Nageoire du dos ne commençant qu'au-delà de 
la nuque, très- basse vers son milieu et armée le long de la 
partie antérieure de son côté gauche de 23 ou 24 aiguillons 
gros et courts; nageoire anale armée de même à gauche et 
en avant d'aiguillons analogues; nageoire caudale très-grande, 
parAiitement isolée , arrondie , lancéolée ; yeux sur le côté droit 
du corps, qui est brun, avec des points noirs arrangés en 
quinconce : le côté gauche est d'un blanc rose, et l'iris des 
yeux un peu doré. 

La Plie limandelle : Plalessa limandula , N^ ; Pleuronectes li- 
mandula, Lacép. Yeux à droite, ovales, rapprochés; dents 
obtuses; écailles arrondies et lisses; lèvres grosses; ouverture 
de la bouche petite; nageoire caudale presque rectiligne ; 
côté droit d'un brun clair avec des taches blanches et des 
taches d'un brun foncé; côté gauche blanc; catopes et na^ 
geoires pectorales jaunes. 

Ce poisson parvient quelquefois à la taille ie dix-huitpouces. 

La Plie moineau: Platessa passer , N.; Pleuronectes passer, 
LinnEcus. Yeux à gauche; nageoire caudale arrondie; une 
série de petits tubercules osseux et piquans le long de la 
nageoire du dos et de la partie antérieure de la ligne laté- 
rale; côté gauche marbré de gris et d'un jaune brunâtre. 

Le moineau de mer vit dans la Baltique et dans l'Océaa 
atlantique septentrional. Il pèse quelquefois jusqu'à dix livres. 
Sa chair est d'une saveur agréable. 

La Pue papilleuse -. Platessa papillosa , N. ; Pleuronectes papil- 
losus, Linnaeus. Yeux à gauche; ligne latérale courbe; corps, 
garni de papilles; côté droit blanc , et. côté gauche grisâtre. 

Des mers de l'Amérique. (H. C.) 

PLINIA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs- 
complètes, polypétalées, aflBlié à la famille des rosacées, de 
Vicosanirie monogjnie de Linnaeus, offrant pour caractère 



4o6 • PLI 

essentiel .- Un calice à quatre ou cinq divisions profondes; 
quatre ou cinq pétales concaves; un grand nombre d'étaniines, 
de la longueur delà corolle ; un ovaire supérieur; un style; un 
stigmate simple; un drupe fort grand , globuleux, renfermant 
«ne seule semence, 

Plinia a feuilles ailées : Pliniapinnata, Linn., Mant., 402, 
Lamck., m. gen., tab. 428; Plum., Gen,, tab. 11, et Icon. 
amer., tab. 225. Arbre de l'Amérique, dont les rameaux sont 
garnis de feuilles alternes, ailées, pétiolées, composées d'en- 
viron douze folioles sans impaire, sessiles, ovales, lancéolées, 
opposées, très -entières, aiguës à leurs deux extrémités. Les 
ileurs naissent en paquets sessiles , épars sur les vieux ra^ 
aaicaux dépouillés de feuilles. Le calice est partagé en cinq 
divisions profondes, ovales, aiguës; la corolle jaune, trois 
fois plus longue que le calice, composée de cinq pétales 
ovales, un peu obtus. Les étamines sont très- nombreuses ; 
les filamens capillaires ; les anthères fort petites : l'ovaire 
petit, surmonté d'un style subulé, plus long que les étamines. 
Le fruit est un drupe fort grand, presque globuleux, sillonné 
ou à plusieurs côtes; il est bon à manger : il ne renferme 
qu'une seule semence glabre, assez grosse. (Poir.) 

PLISSÉ. (Bot) Ayant des plis longitudinaux comme un éven- 
tail; exemples : feuilles du •veratrum album, du tigridia pavonia, 
etc.; feuilles de l'aune pendant qu'elles sont encore dans le 
Louton; feuilles du hêtre (cotylédons) dans la graine; corolle 
du convoU'ulus ; stigmate du menyanthes nymplioides , etc. (Mass.) 

PLISSÉS [Petits]. (Bot.) Petites espèces de champignons du 
genre Agaricus , dont Paulet a fait un petit groupe , caractérisé 
parle ch.tpeau marqué de stries rayonnantes, semblables à des 
plis d'éventail. Il divise les espèces en trois sections : i.° les 
grises, où se range ragancu5 narcoticus, Batsch. {Elench.fung., 
pi. 16, fig. 77); 2.* les grises à centre un peu brun ■ ce sont 
d'abord les agaricus griseus pilosus et tintinnabulum , Batsch 
(pi. 17 , fig. 80 , et pi. 1 , fig. 1 à 3), puis les agaricus plie atus 
et brunneus (Schaeff. , tab. 3i et Sa); 3.° celles de couleur châ- 
tain clair: il n'y en a qu'une, c'est lefungus epiptprigios de 
"Vaillant, Par., pi. 67, n.'' 55. (Le.m.) 

PLISZKA. {Ornith.) Nom polonois de la la-Vandière, mota^ 
c'tJJa alhn ft e'.nerca. T,inn. ( Ch, D.) 



PLO 407 

PLTZKAZOLTA. (Ornith.) Nom polonois de la bergeron- 
aette jaune, motacilla boarula, Linn. (Ch. D.) 

PI.OAS. (Entom.) MM. LatreiUe et Fabricius désignent- 
sous ce nom un genre de diptères qui ne comprend qu'une 
espèce, rapportée d'Espagne par le docteur Vahl, dont Fa- 
bricius avoit d'abord fait un bombyle , et que M. Meigen a 
décrit et figuré dans son Histoire des diptères , tom. 2 , p. 191, 
pi. 4, fig. i3. Cet insecte paroît très-voisin des empis par la 
brièveté du suçoir ; d'ailleurs il a le port des bombyles. (C. D.) 

FLOCAMIA. (Bol.) Genre de la famille des algues, établi 
par Stackhouse sur le fucus coccineus , Huds. , et par consé- 
quent le même que le plocamium de Lamouroux, décrit ci- 
après. (Lem. ) 

FLOCAMIER, Plocama. {Bot.) Genre ée plantes dicotylé- 
dones, imparfaitement connu, à fleurs complètes, monopé- 
talées , de la famille des rubiacées, de la penlandrie monogynie 
de Linnaeus, dont le caractère consiste dans un calice persis- 
tant, fort petit, à cinq dents; une corolle campanulée, à 
cinq divisions oblongues; cinq étamines ; les filamens courts, 
insérés sur le tube de la corolle, ternainés par des anthères 
linéaires, droites, pendantes; un ovaire inférieur, globuleux ; 
un style filiforme, plus long que les étamines, presque en 
massue, terminé par un stigmate obtus. Le fjjuit est une baie 
un peu globuleuse à trois loges ; dans chaque loge une se- 
mence linéaire , oblongu*. 

PtocAMiEa PENDANT '. Ptocama pcndula , Ait,, Mort. Kew., 1 
p. 292; Gaertn., fils,tab. 196; Poir. , Encycl. , Suppl. Arbris- 
seau qui a presque le port d'un galium, dont la tige est cylin- 
drique , glabre, de couleur brune ou cendrée; les rameaux 
opposés, un peu étalés; les feuilles glabres, sessiles, oppo- 
sées, très-étroites, presque filiformes et subulées, longues 
n'environ deux pouces, entières, aiguës; des stipules courtes., 
concaves, obtuses; les fleurs solitaires, petites, axillaires; les, 
pédoncules uniflores, à peine plus longs que les fleurs; la 
corolle de la longueur du calice. Cette plante m'a été corn- 
muniquée par M. Ledru , qui Favoit recueillie aux îles Cana- 
ries. (FoiR.) 

PLOCAMIUM. {Bot.) Genre de la famille des algues, établi 
pas Lamouroux aux dépens du genre Fucus de Linnaens, et 



4^8 PLO 

qu'il caractérise ainsi : Fructification consistant en des tuber- 
cules un peu gigartins; tige et rameaux comprimés, avec les 
extrémités cloisonnées. Ce genre, conservé par Lyngbye avec 
quelques modifications, a été entièrement détruit par Agardh, 
qui en disperse les espèces dans ses genres Delesseria , Ptitola, 
Sphœrococcus, Rhodomela , Thamnophora et Bonnemaisonia. 

Les espèces sont peu nombreuses, très -élégantes parleurs 
frondes délicatement découpées et leurs couleurs vives; les 
extrémités de leurs rameaux offrent, par leur structure arti- 
culée, un caractère qui semble avoir quelque importance. 
Les tubercules fructifères sont un peu transparens sur les 
bords ; dans quelques espèces ils s'ouvrent par un mouve- 
ment spontané et se divisent en deux ou plusieurs valves, à 
l'époque de la maturité des graines, d'après les observations 
de Stackhouse, Turner. Lamouroux est porté à croire que 
l'on a pu prendre les espèces d'appendices caliciformes, qui 
enveloppent le tubercule , pour les débris de la membrane 
dont il est formé. 

Ces plantes marines vivent dans les lieux que les marées ne 
découvrent jamais; elles se fixent sur les pierres, les coquil- 
lages, les polypiers et sur les algues vivaces; leur existence 
n'est que de plusieurs mois. Quelques espèces, remarquables 
par leur couleu^ vive et leur fronde découpée en une multi- 
tude de découpures, d'une délicatesse extrême, sont em- 
ployées comme les corallines pour faire des tableaux d'agré-» 
ment, particulièrement l'espèce suivante. 

Le Pjlqcamium vulgaire : P/ocamium vulgare, Lamx.; Fucus 
jjlocamium, Gmel. , Sur., pi. 16 , fig. 1 ; Esp. , Fuc, pi. 2 ; FI. 
Dan., pi. iSgS ; Fucus coccineus, Huds. , Turn., HisL, pi. 69; 
Engl.Bot., pi. 1242 : Plocamia coccinea, Stackh. , Ner. , pi. 56; 
Plocamium coccineum, Lyngb. , Tent., pi. g. Plante d'un beau 
rouge, un peu coriace et cornée ; tige comprimée, nue vers 
la base, se divisant sur un même plan en une fronde ailée, 
dichotome, très-rameuse et dont les dernières ramifications 
sont courbées et disposées comme des dents de peignes. Cette 
espèce, très -commune dans la Méditerranée et l'Océan, se 
rencontre aussi depuis le cap de Bonne -Espérance jusqu'à la 
IMouvelIe - Hollande ; elle a plusieurs pouces de longueur. 
L'on en connoit trois variétés, dont une est le fucus maxil-. 



PLO 409 

losus de Poiret, dont lu fronde offre une côte médiane, qui 
disparoît vers les extrémités. 

Le plocamium vulgaire offre, sur le même pied ou sur des 
pieds différens, tantôt des tubercules globuleux gros comme 
des graines de pavot, sessiles et marginaux, ou de petites 
grappes axillaircs, tantôt de petites siliques réunies trois à 
trois sur le même pied. Ces organes sont considérés comme 
des fructifications. 

Le Plocamium asparagoïde : Plocamium asparagoides , Lamx.; 
Fucus asparagoides , "Wood\v. in Linn. Tr, , 2, pi. 6; Turn., 
Engl. Bot., pi. 671; Bonnemaisonia asparagoides, Agardh , Sp. 
alg., pag. 197. Fronde fiKforme, comprimée, très-rameuse, à 
ramifications sétacées, distiques, simples, pectinées sur deux 
côtés; tubercules (capsules, Agardh) subglobuleuses, margi- 
nales etpédicellées. On trouve cette espèce sur les plages de la 
Méditerranée et de POcéan, où elle est rejetée par les flots. 

M. Agardh a fait sur cette espèce son oenre Bonnemaisonia , 
en Fhonneur de M. Bonnemaison , de Quimper , botaniste 
zélé, auquel nous devons des travaux précieux sur les algues. 
Agardh a été conduit à établir ce genre sur la considération 
que les séminales sont disposées en façon de collier ou de 
chaîne, et fixées au fond de leurs capsules. Il y ramène non- 
seulement l'espèce précédente, mais encore le fucus pilularia, 
Gmel. , et une autre espèce, le Bonnemaisonia elegans de la 
Nouvelle -Hollande, qu'il croît être le delisea fimbriata de 
Lamouroux , mais qui est le delisea elegans de cet auteur , cité 
dans ce Dictionnaire, tom. XIII, pag. 42. 

Voyez, pour les Plocamium plumosum, amphihium et trian- 
gulare, les articles Ptilota, Rhodomela etÏHAMNOPHORA. (Lem.) 

PLOCARIA. {Bot.) Ce genre, que Nées d'Esenbeck (Hor. 
phys. BeroL, page 12, planche 6) avoit établi et placé dans 
la famille des lichens, a été fondé sur une plante du Ben- 
gale, trouvée dans un herbier et reconnue depuis pour être 
le fucus lichenoides, Linn. {gigartina, Lamx., ou sphœrococcus 
Uchenoides , Agardh). Ce genre se trouve donc supprimé et 
doit disparoître de la famille des champignons et des lichens, 
où les caractères que lui avoit assignés Nées pouvoient le faire 
rapporter. (Lem.) 

PLOCEUS. (Ornith.) Nom latin donné par M. Cuvier à la 
famille dt:^ tisserins. (Ch. D,} 



410 PLO 

PLOCHIONUS. (Entom.) M. le comte Dejean a établi sous 
ce nom dans son Species gênerai, des coléoptères, tome i, 
page 2 5o, un genre d'insectes parmi les coléoptères penta- 
mcrés créophages, à cause de la forme des antennes, dont 
les sept derniers articles sont arrondis et comme des perles 
enfilées ou moniliformes. (C. D.) 

PLOIERE, Ploiera ou Ploiaria. {Entom.) Nom d'un genre 
d'insectes hémiptères, de la famille des zoadelges ou san- 
guisuges : à antennes excessivement longues, en forme de 
pattes, mais terminées cependant par une soie; à bec arqué, 
paroissant naître du front; à pattes de derrière et moyennes 
très-longues; les antérieures courtes et à trois articles à toute» 
les pattes; des ailes croisées. 

Ce genre , établi par Scopoli , et que nous avons fait figurer 
planche 07 , fîg. 4 de l'atlas de ce Dictionnaire, paroît avoir 
tiré son nom du mot grec TrXoiÀplov , qui signifie un petit ba- 
teau facile à submerger, navicula. 

Les ploières ressemblent aux Gerres et aux Podicères; mais 
le premier de ces genres a les antennes en fil, le second les 
a en masse alongée , et celui dont nous traitons dans cet ar- 
ticle, les a terminées par une soie. Ses mœurs sont d'ailleurs 
carnassières, ce qui l'a fait rapporter à une autre famille, qui 
comprend quatre autres genres, dont il est facile de les dis- 
tinguer par les observations suivantes : d'abord des punaises 
et des hydromètres, qui sont toujours privées d'ailes, et sur- 
tout du premier genre , qui a le corps très-plat et court , et du 
second, dont la tête et le corselet sont excessivement alon- 
gés ; ensuite des mirides et des réduves, qui n'ont pas le corps 
linéaire ni la forme aussi alongée, et qui diffèrent d'ailleurs 
par la disposition de la tête , qui dans les réduves est comme 
portée sur un col , et qui , chez les mirides , est comme 
sessile , tandis qu'elle est très-mobile dans les ploières. 

Les insectes de ce genre sont peu connus; on les a confondus 
avec les gerres : en particulier avec la punaise culiciforme 
de Geoffroy; mais, comme nous venons de le dire, ils en dif- 
fèrent complètement. 

Il paroît qu'ils sont nocturnes; nous en avons trouvé plu- 
sieurs fois en Espagne et dans le Midi de la France, dans les 
lieux: humides, fixés sur les pierres et sur les murailles, où 



PLO 411 

ils paroissent attendre les cousins, dont ils se nourrissent ; 
ils semblent aussi être doués de la faculté de marcher en 
tous sens, comme les faucheurs et les réduves. 

Nous croyons qu'il en existe plusieurs espèces, qui ont été 
confondues sous le même nom de ploière vulgaire, qui est celle 
que nous avons fait représenter. (C. D. ) 

PLOMARD. [Ornith.) On appelle ainsi, dans le départe- 
ment de la Somme, suivant M. Vieillot, la femelle du ca- 
nard garrot, anas clangula, Linn. (Ch. D. ) 

PLOMB.' (Min.) Les caractères distinctifs, extérieurs et 
physiques, du plomb métallique sont moins tranchés que 
ceux qui résultent de ses combinaisons avec différens corps; 
par conséquent ses minerais sont mieux caractérisés par les 
propriétés chimiques de re métal, que par les propriétés 
physiques. Néanmoins , pour suivre le plan que nous nous 
sommes tracé, nous indiquerons ici les caractères génériques 
du minerai de plomb , pris dans les propriétés physiques et 
chimiques du métal. 

Le PtoMB est d'un gris livide, avec l'éclat métallique, lors- 
que la surface est mise depuis peu à l'air; mais elle ne tarde 
pas à devenir terne. 

11 a une texture dense, par conséquent point de structure 
visible, ni de clivage. 

Sa pesanteur spécifique est de 11, 352. 

11 est très-malléable et ductile , mais mou, sans élasticité ; 
fusible long -temps avant de rougir, assez facilement cristal- 
lisable par refroidissement. Sa forme primitive est un octaèdre 
régulier. Ces octaèdres, en s'implantant les uns sur les autres, 
forment comme des pyramides quadrangulaires hérissées d'as- 
pérités. 

Parmi ses minerais, les uns ont l'aspect métallique : ils 
sont noirs et leur poussière est également noire; les autres 
(II! t l'aspect lithoïde et sont diversement colorés : ils ont en 
général un éclat vitreux et gras. Leur pesanteur spécifique 

1 Les anciens dounoient le nom générique de plumbum au plomb et 
à l'ctaiii, mais ils les distinguoient comme des espèces par des épi- 
thètcs diflcrentes. Le plumbum uigrimi est le plomb des modernes, et 
le plumhiim (ilhum l'élain. On trouve encore ces dénominations dans 
Gcssncrj e» de plus le yhimlum cinercum oui est le bisniuih. 



412 PLO 

est toujours au-dessus de 5. Tous, excepté le moriate, noir- 
cissent, par la présence des hydrostilfures, avec plus ou moins 
de rapidité; ils sont tous assez facilement réductibles sur le 
charbon , au moyen d'un grillage ménagé et du carbonate 
de soude. Ils répandent sur le charbon une poussière blan- 
châtre, jaunAtre, qui, suivant la manière dont on dirige la 
flamme du chalumeau, devient plus ou moins rouge; ils in- 
diquent ainsi les couleurs caractéristiques de leurs oxides. 

1. PLOMB NATIF. 

L'histoire de cette espèce, qu'on n'admet pas, seroit plus 
longue, si on vouloit rapporter tout ce qui a été dit pour 
et contre son existence dans la nature, que si l'on en con- 
noissoit des exemples authentiques. 

Au resîe, il faut s'accorder sur ce qu'on doit entendre 
par plomb natif, avant d'examiner la question. 

Je pense qu'on ne peut pas donner ce nom à du plomb 
métallique , même enveloppé d'oxide ou de quelques parties 
de sulfure ou de carbonate, trouvé dans la terre, fût-ce 
à quelques mètres de profondeur, lorsqu'il est évident ou 
seulement très-présumable qu'il doit son état métallique à 
des opérations métallurgiques et techniques, qui étoient au- 
trefois pratiquées dans le lieu où on le trouve; par consé-» 
quent, à l'action d'une fusion artificielle sur du plomb 
métallique ou sur du minerai de plomb naturel. 

Je ne crois pas non plus qu'on puisse encore appliquer ce 
nom à du plomb déjà préparé et employé dans les arts hu- 
mains , et qui auroit été saisi et fondu par le feu des vol- 
cans, c'est-à-dire par un feu naturel. 

Mais je ne vois pas pourquoi on refuseroit ce nom à da 
plomb arraché de son gite naturel, quelque superficiel qu'il 
soit, par l'action volcanique et comme traité et fondu par 
ce feu , lors même qu'on connoitroit l'époque et les cir- 
constances de cette opération métallurgique naturelle; car^ 
qu'est-ce qui nous dit que plusieurs métaux et minerais n'ont 
pas été amenés par une cause semblable dans l'état où on les. 
trouve et où on les déclare natifs? et pourquoi faudroit-it 
ôter à CCS métaux, et par conséquent au plomb, cette qua- 
lité d'être natifs, c'est-à-dire dus aux seuls agcns de la na-=» 



PLO 4i5 

lure, parce qu'on connoîtroit ces agens, le moment et la 
manière dont ils ont agi ? 

C'est, il me semble, à cette Considération que se réduit 
la question beaucoup trop agitée de l'existence ou de la non- 
existence du plomb natif. 

Ainsi, quand il est prouvé que le plomb métallique trouvé 
dans la terre ,'^ est un produit de l'art ou un résultat du feu 
de volcans sur un produit de l'art, ce plomb ne doit pas 
être regardé comme natif; mais il doit être considéré comme 
tel, si c'est un produit de l'action des feux volcaniques sur 
un minerai de plomb. 

Les circonstances géologiques doivent beaucoup aider à 
décider la question; nous ne citerons pas ici les plombs mé- 
talliques qu'on a donné d'abord pour plombs natifs, mais 
qui ont été reconnus depuis pour être dûs à l'art, tels que 
ceux de Silésie, indiqués par Wolkmann et cités par Leh- 
mann ; de Geroldseck , cités par Rome de Lisle et par Linnœus, 
Muséum Tessinianium; du Vivarais , par Gensanne;de Corse, 
par Rampasse , etc. 

Mais rien ne s'oppose , pas même des indices d'action du 
feu , à ce qu'on admette comme tels .- 

Premièrement , les plombs métalliques faisant partie des mi- 
nerais de filons 

D'Oberschertengluck, près Bleystadt en Bohème, au milieu 
de la galène, cités par de Born , qui en avoit reçu de Hutter, 
directeur de cette mine; 

De la collection formée par le comte de Bournon ; c'est 
aussi une galène renfermant du plomb métallique accom- 
pagné d'oxides jaune et rouge. On ne dit pas de quel lieu 
elle vient. (De Bournon, Catalog.) 

De la collection de Tromsdorff : en globules gros comme 
des pois, s'enchàssant les uns dans les autres, et en grain* 
fins, disséminés dans une gangue qui renferme en même 
temps, et cette circonstance est importante, des pyrites et du 
fer spathique; le tout contenu entre deux petites salbandes 
de quarz, remplies de pyrite. Mais les pores qu'on voit dans 
les globules et même dans la gangue , peuvent faire présu- 
mer l'action du feu et d'un feu artificiel, tel que celui qu'on 
emploie encore, dans quelques mines de Saxe, pour faire 



4>4 PLO 

fissurer le rocher. On ne connoit pas non plus le lieu d*où vient 
ce morceau. On cite du plomb natif en petits globules dans 
de la galène, à Alston en Angleterre : il est accompagné d'une 
substance scoriacée, de litharge et de cristaux de blende et 
de quarz, formant un petit filon dans un calcaire à encrines. 

M. Stickney dit qu'on trouve du plomb natif dans les États- 
Unis , dans rOhio , près l'embouchure de la rivière nommée 
Auglaize. Il se présente en filamens ou en petits prismes déliés 
dans une galène cristallisée. Cet exemple est très- incertain. 

Secondement. Le plomb métallique le plus généralement 
admis comme natif, placé dans une toute autre position géo- 
gnostique et par conséquent d'une toute autre origine, est celui 
que M- Ratké , professeur de botanique à Christiania , a décou- 
vert à Madère: il est en petits morceaux contournés, recou- 
verts de plomb minium et de plomb blanc, engagés dans une 
lave brune, friable, du volcan de Madère. Comme aucune 
circonstance n'indique que ce volcan ait pu prendre ce plomb 
dans des monumens ou des usines dûs à l'art, il est probable 
qu'il Ta arraché aux gites naturels qui peuvent avoisiner le 
foyer ou le canal de sortie de la lave , et qu'il est dû à l'ac- 
tion d'un phénomène naturel sur un gîte de minerai naturel. 

Au reste, la rareté du plomb natif doit beaucoup plus 
nous étonner que sa présence; car, en examinant les proprié- 
tés de ce métal, on n'en voit aucune qui doive l'empêcher 
de se présenter dans la terre à l'état métallique; et, en com- 
parant à cette occasion les métaux qui se trouvent natifs 
avec ceux qui ne se sont jamais montrés dans cet état, ou 
qui ne s'y sont montres que très- rarement, on n'aperçoit 
encore aucune propriété ou circonstance générale qui puisse 
expliquer ces différences. 

Ainsi, ce ne peut être la facile oxidation du plomb; car le 
fer, le cuivre, le bismuth, l'antimoine, l'arsenic, le tellure, 
qui sont à peu près aussi facilement oxidables que le plomb 
dans les circonstances ordinaires, se présentent à l'état natif, 
et quelques-uns même très-communément, iels que le bis- 
muth, l'arsenic, le cuivre et l'antimoine. Ce ne peut être sa 
facile sulfurisation; car il est peu de métaux plus attaquables 
par le soufre, que l'argent, le fer, le cuivre et l'antimoine, 
et cependant ces métaux, et surtout le premier, se trouvent 



PLO 4K^ 

très -fréquemment natifs; enfin, le plomb n'est pas plus sali- 
fiable, pour nous servir de cette ancienne expression, qui 
généralise bien ce que nous voulons indiquer, que la plu- 
part des autres métaux que nous venons de nommer. 

Ce que nous disons de la rareté du plomb natif, comparée 
à la variété de ses minerais et à leur abondance , et de la 
tlifticulté d'en découvrir la cause , s'applique également à l'é- 
lain et au zinc, qu'on n'a jamais trouvés natifs, quoique leurs 
minerais, principalement ceux du zinc, soient des plus ré- 
pandus dans la nature. Enfin, il nous semble qu'on ne peut 
pas expliquer non plus la rareté ou la fréquence de cet état 
par les propriétés électriques, positives ou négatives, des 
métaux ; car on voit à peu près également dans les deux 
séries, des métaux qui se trouvent souvent natifs et d'autres 
qui ne se sont pas encore présentés sous cet état. 

2. PLOMB GALÈNE" (Plomb sulfuré, HaUy). 

C'est un minerai qui a l'éclat métallique du plomb, avec 
une structure cristalline conduisant au cube. 

Caractères chimiques. Chauffé sur un charbon avec ménage- 
ment, il se décompose, le soufre se dégage, le plomb se sé- 
pare et se fond. Si l'on continue de chaufiér, la coloration du 
charbon, par les oxides qui se forment, indique la présence 
du plomb. 

La galène paroît composée essentiellement 
De plomb. 
De soufre. 

Ce résultat est donné par la connoissance de la composi- 
tion du sulfure de plomb artificiel , et par plusieurs ana- 
lyses de minerais mélangés, parmi lesquelles nous choisissons 
les suivantes, comme les plus simples. 



87 ] 
i =PbS 

13 



Galène de Durhain. . 
Galène de Glausthal. 



Plomb. 


Soufre. 


Fer. 


8r.,i3 

83. 


1,^,0 2 

,6„. 


o,5o 
0,08 



Thomson. 
Weslrunib. 



i Galena, Wkhi^. — Blciglanz , Breith. — Zead-glance , Jam. — Le 
mot galène est irès-ancien : il est employé par Pline , qui dit le galena, 
et est la 3.° partie du minerai de plomh. celle qui lestoit dans le four 
B^au après la fusion- 



4i6 PLO 

Caractères phjsiques. La forme primitive de ia galène , 
donnée facilement et nettement par le clivage et par l'ob- 
servation de toutes les variétés de formes, est le cube. 

Ce minerai se laisse aisément rayer par le fer. 

Sa pesanteur spécifique paroît varier comme sa composi- 
tion; mais celle qui lui appartient en propre est de 7,55 
à 7,57. 

Il est complètement opaque et d'un noir ou gris -noirâtre 
métallique parfaitement pur, c'est-à-dire sans aucune nuance 
de rougeâtre , ce qui , avec la couleur noire de sa pous- 
sière , suffit pour distinguer la galène de la blende la plus 
brune. 

Elle ne présente aucune variété réelle de couleur; le noir 
pur et mal et les couleurs irisées qu'elle offre quelquefois, 
sont dûs à une altération de la surface. 

La structure des masses de galène est très-sensiblement la- 
minaire ; cette structure pa5se à la lamellaire presque fibreuse , 
et aussi à la texture grenue et même à la texture presque 
compacte. 

La galène est dans tous les cas facile à casser, surtout lors- 
qu'elle présente la structure laminaire. 

"^ Variétés de forme. 

Les variétés de forme paroissent être toutes celles qui 
peuvent dériver du cube, mais les plus ordinaires dans la 
galène sont: 

j. Voctaèdre: rarement complet et net, et quelquefois cu- 
néiforme ou segminiforme. 

2. La cubo-octaèdre .- beaucoup plus commun et souvent en 
très- gros cristaux implantés. 

De Clausthal au Harz ; de Halsbruck , près Freiberg en 
Saxe; de Castleton , dans le Derbyshire , etc.; de Dognaska 
en Hongrie. 

3. La cubique : plus rare que les autres, surtout en cristaux; 
nets, complets et implantés, mais obtenue facilement par le 
clivage des masses. 

On en trouve dans les mines d'Annaberg en Saxe ; dans 
celles du Derbyshire en Angleterre, etc. 

4,. La bi/orme. Les faces parallèles au cube ont presque 



PLO 417 

disparu sous les facettes produites sur les arêtes et les angles 
du solide primitif, et qui donneroient les unes un octaèdre, 
les autres un dodécaèdre. 

5. La irifurme est la réunion de ces deux formes avec le 
cube. Cheninitz en Hongrie. 

Les autres formes , plus compliquées et plus rares, sont 
les mêmes que celles qui se présentent dans presque tous 
les minerais qui ont pour forme primitive soit le cube, soit 
l'octaèdre. 

La galène prend peu de formes imitatives ou irrégu- 
lières. On en cite de Cretée, en grandes lames minces, termi- 
nées presque circulairement et à bords comme dentelés. 
Ces lames ont beaucoup d'éclat, elles sont groupées en sphé- 
roïdes et séparées par du fer pyriteux. Elle se trouve au 
Pacherstollen, près Chemnitz en Hongrie. {Mu$. roy. de Paris.) 

Les cristaux sont, comme on vient de le faire remarquer 
pour le cubo-octaèdre , quelquefois très-volumineux. Leurs 
faces sont plan<'s, et sur quelques échantillons, comme en- 
foncées dans le milieu. Dans d'autres variétés , notamment 
dans l'octaèdre, les faces sont composées d'une multitude de 
petits cubes et offrent comme une ébauche grossière de ce 
que présenteroient les facettes de tous les cristaux secon- 
daires, si la petitesse des molécules qui les terminent n'em- 
pêchoit pas qu'on les vît. 

Les faces sont souvent ternes, surtout dans les variétés oc- 
taèdre , cubique et cubo-oct;ièdre; elles ont un poli vif et 
«n éclat métallique brillant dans d'autres variétés. 

Les arêtes et les angles sont émoussés et comme fondus 
dans la biforme , la triforme et l'uniternaire de quelques 
mines des environs de Freiberg. 

** F~ariétés principales de texture, d'aspect, etc. 

Galène LAMINAIRE'. Galène tessulaire, miroitante, à grandes 
lames, à surfaces souvent irisées. C'est de cette variété qu'on 
obtient aisément par le clivage des cubes volumineux et 
parfaits. 



1, Qemeiner Bleii^lam. 
41. 



4i8 PLO 

Galène lamellaire. A petites lames mêlées et inclinées dans 
toutes les directions. 

Galène grenue. La structure lamellaire passe à la texture 
grenue, à grains encore visibles et un peu lamellaires. 

Galène striée'. Les lamelles ou grains sont placés sur plu- 
sieurs lignes et donnent aux masses une structure fibreuse, 
incomplète, à fibres plates, presque toujours ondulées ou 
divergentes; on l'appelle alors galène palmée. On attribue ce 
mode de structure à de l'antimoine, mais l'analyse n'a pas 
constaté cette assertion. De Pegau en Styrie; du Pacher- 
Stollen près Chemnitz, en Hongrie. 

Galène compacte'. La texture grenue est à grains si petits, 
que la masse grise, ayant toujours l'opacité et un peu l'éclat 
métallique, est presque compacte, à cassure égale ou même 
conchoïde, à la manière de l'acier fondu ou trempé; aussi 
l'appelle- 1- on galène à grains d'acier. Elle est quelquefois 
striée. 

On a remarqué que cette galène étoit généralement plus 
argentifère que les autres. 

De Barbara- S tollen en Salzbourg ; de Tyrnitz en Basse- 
Autriche. 

Galène coNCRÈTiONNÉE (de Born)? En masses cylindroïdes 
ou mamelonnées, concrétionnées, enveloppant souvent diffé- 
rens minerais compactes ou cristallisés. De Kapnik en Tran- 
sylvanie, etc. 

Galène spkculaire^. En enduit poli, brillant, sur diffé- 
rentes roches. 

Cette variété , qui n'appartient ni à la considération de 
la forme, ni à celle de la structure, est célèbre dans les 
mines de plomb du Derbyshire, principalement dans celle 
de Cromford - Level , par le phénomène fort singulier et 
dont la cause est encore inconnue , qu'on lui attribue. Elle 
recouvre les épontes unies et comme polies des roches qui 
forment ou encaissent les filons, et lorsqu'on vient à les 
ébranler par le choc ou les travaux de l'exploitation, elles 

1 Galena plumhi antimonialis , "Wall. 

2 Bleischweif , Breith. 

3 Slickensides des luineurs du Derbjshirc. PniLUFS. 



PLO 419 

se dëtachent avec une sorte d'explosion. Nous reviendrons 
plus bus sur ce phénomène. On cite aussi cette variété à 
Ecton dans le Staffordshire , à Altcnhead en Durham, à 
Bleiberg en Carinthie, sur du calcaire bituniinifère mêlé de 
blende. (Mus. roj. de Paris.) 

'*■*"'■ Espèces on variétés incej laines. 

Galène pulvérulente. ' 

Werner a introduit cette espèce dans ses dernières leçons. 

Elle est d'un gris de plomb foncé, compacte, écailleuse et 
comme saupoudrée; sa consistance est friable. 

Sa composition est inconnue. 

On l'a observée dans ces derniers temps en Saxe , sur la 
formation de galène pauvre en argent , des districts de 
Freiberg , dans la mine du prince royal Frédéric- Auguste 
et dans d'autres près de Halsbrilcke. 

Galène sulfurée, Supersulpliuret oflead. Phillips. M. Phillips 
décrit ainsi ce minerai, que nous ne connoissons pas et qui 
doit être fort remarquable, s'il est composé tel que son nom 
l'indique. 

Il est terreux , d'un gris bleuâtre, et si inflammable, qu'il 
prend feu dès qu'il est seulement chauffé par la flamme d'une 
chandelle. 

Il se trouve dans la mine de plomb de Dufton. 

Galène épigène (Hauy"). Structure, éclat et composition 
de la galène , avec des formes qui lui sont étrangères; surface 
des masses ou cristaux raboteuse , terne , pulvérulente , même 
noire ou bleuâtre. 

Cette dernière observation suffit presque seule pour établir 
que ces cristaux n'appartiennent pas à l'espèce, mais à des 
minerais différons , changés par voie d'épigénie en plomb 
sulfuré, à la manière des fluorés et des calcaires, en silex; 

i Mulmiger Blciglanz , Bbeith. 

2 Minera pïumhi nigra , Wall. ; Schwarzhleierz et Blauhleierz , 
Breithaupt. Il paroît que le premier scroit du plomb carbonate, et le 
second plus ordinairement du plomb phosphaté, sans cependant qu'on 
puisse affirmer que tes origines soient constantes. 



420 PLO 

des quarz, etc., en stéatite, et de la péfrificalion des corps 
organisés. 

Les formes de ces cristaux appartiennent le plus ordinai- 
rement au plomb phosphaté, ensuite au plomb carbonate, et, 
enfin, mais plus rarement, au plomb sulfaté. Nous les rap- 
pellerons en parlant de ces espèces. 

La métamorphose est quelquefois très-sensible, parce que 
souvent Técorce seule des cristaux. Jusqu'à un ou deux milli- 
mètres de profondeur, est changé en galène, tandis que le 
centre a coîiservé la nature de l'espèce à laquelle ils appar- 
tenoient; quelquefois aussi le contraire a lieu : c'est le centre 
qui est de la galène et l'extérieur du plomb phosphaté. Cette 
circonstance , qu'on n'a observé que dans le plomb phos- 
phaté d'Huelgoët, en Bretagne, est très-difficile à expliquer. 

Les galènes épigènes noires se trouvent dans presque toutes 
les mines qui renferment du plomb blanc accompagné de 
pyrites : à Leadhills , à Fairhill et Flowedge en Durham. 
Les bleuâtres ne se sont encore présentés qu'à Hudgoët, et à 
Zchopau, dans les montagnes métallifères de la Saxe et dans 
les mines de plomb de Cornouaillles. 

*^>t* yaj-iétés par la présence d'autres métaux. 

La découverte de la loi des corps isomorphes, qui peuvent 
se suppléer en partie, et même complètement dans une 
combinaison, sans que cette combinaison change absolument 
de forme, rend très- difficile de déterminer ce qui est es- 
pèce ou ce qui est simple variété. Depuis la découverte et 
l'admission presque générale de cette loi , nous n'avons pas 
encore trouvé, dans ce Dictionnaire, d'occasion où il soit plus 
important de la considérer et de l'appliquer, que d.ms les 
minéiais de plomb sulfuré, où ce métal est accompagné ou 
suppléé par d'autres métaux. En effet, nous allons voir un 
assez grand nombre de minerais composés de soufre , c'est 
le principe commun , de plomb, d'argent, d'antimoine, de 
nickel, de cobalt, même de cuivre : or, ces minerais sont-ils 
des galènes ou des espèces différentes de ce sulfure de 
plomb ? 

La chimie , qui sembloit nous aider autrefois à résoudre 



PLO 421 

«es difficultés, est au contraire maintenant la source qui les 
fait naître. Nous ne pouvons donc plus y avoir recours ; il 
faut, au contraire, recourir à d'autres caractères; non pas 
à des caractères superficiels et sans valeur , mais à des carac- 
tères essentiels, à des caractères, qui, dans Tordre de sub- 
ordination de ces moyens de distinguer les corps, viennent 
en minéralogie immédiatement après la composition. 

Ainsi nous appellerons galène, et nous rangerons dans cette 
espèce, tous les minerais de plomb sulfuré, dont la forme 
dérivera du cube , dont la pesanteur spécifique sera entre 7,5 
et 7,6 , etc. 

a. Galène argentifère. Elle a tous les caractères extérieurs 
de la galène pure; cependant, dans quelques circonstances, 
et surtout lorsque la proportion d'argent devient considé- 
rable , sa texture laminaire est moins sensible ; elle passe 
à la lamellaire et même à la grenue. 

Les proportions d'argent varient depuis o,ooo5 ' jusqu'à 
0,2000^; ce sont les extrêmes. Le premier cas n'est pas rare; 
mais pour qu'on cherche à extraire l'argent d'un minerai, 
qui en renferme si peu , il faut que ce minerai se trouve dans 
des circonstances particulières, qui rendent cette séparation 
lucrative. Le second cas est rare, et nous ferons remarquer 
plus bas que, foutes les fois que l'argent se trouve associé au 
plomb sulfuré dans une proportion qui paj.se cinq pour cent, 
ce plomb sulfuré renferme en outre d'aulres métaux. 

La proportion moyenne de l'argent dans la gaiéne, celle 
qui lui fait donner le nom de galène argentifère, parce que 
ce métal en est extrait avec profit, est de 0,0018 a o.oobo. 

Ces minerais de plomb se trouvent dans tous les pays, 
mais, à ce qu'il paroît, point indistinctement dans tous les 
terrains , ainsi qu'on le verra à l'article du Gisement. 

Outre l'argent , la galène renferme quelquefois un peu 
d'or. Cette circonstance est rare et l'or y est toujours en 
quantité infiniment petite; tels sont les minerais de plomb, 
gisant dans le granité, au Portrant dans la chaîne des Petites 
Rousses, au-dei.sus de Vaujani et au Molard , près d'Alle- 

1 La galène de Tarnowitz, en Silésie, 

2 Le minerai dit fVeisgiiUigerzt 



422 



PLO 



mont, e(c. ; dans l'Oysans, département de l'Isère. 5o kilogr. 
de plomb d'œuvre argentifère, ou donnant l'argent, renferme 
au plus 1 ^",5 d'or, c'est-à-dire o,oooo5 , non pas pour le 
minerai , mais bien pour le plomb. • 

Galène argentifère riche. C'est celle qui renferme jus- 
qu'à vingt pour cent d'argent, elle est pour les mineurs une 
vraie mine d'argent et des plus riches. Ce minerai est cé- 
lèbre en Saxe sous le nom de T'Veissgiiltigerz. Les minéra- 
logistes de l'école de Freiberg en ont fait une espèce, plutôt 
sur la considération de la valeur commerciale et de quelques 
caractères extérieurs, que sur celle de sa nature. Les miné- 
ralogistes- chimistes, regard;int l'antimoine et l'argent qu'elle 
renferme comme faisant partie de sa composition, en font, 
d'après cette considération d'un tout autre genre, deux es- 
pèces différentes, suivant les proportions définies de ces mé- 
taux. Nous en ferons deux variétés principales sous les noms 
suivans : 

Galène argentifère claire '. D'un éclat métallique , gris- 
blanchàtre; texture grenue, à grain fin ou presque com- 
pacte. Sa pesanteur spécifique est de 5,32. 

Composition. 



MinedeHimmels- 
furst,prèsFreiberg 



Soufre. 


Plomb. 


Arg. 


Antiiu. 


Fer. 


Aluni. 


12,25 


48,06 


20,40 


7,88 


2,25 


7- 



Klaprotli. 



Son signe de composition est PbS', AgS* , SbS^ , Ni As , qui 
indique i)lut6t un mélange de sulfures qu'une combinaison 
réelle. L'argent y est assez abondant pour qu'on l'obtienne 
facilement et d'une manière très-visible par l'essai au chalu- 
meau. 

Galène argentifère foncée ^. D'un gris foncé , métalloïde ; 
texture grenue , presque compacte. 



1 Héricart de Thury , Journ. des min., n." ii6, page 101. 

2 C'est le Lichtweissgùltigerz ou argent blanc des mineurs sa\nns. 

3 Dunkles JVeissgùltigerz des mi'ncur.'ï sax«f§. 



PLO 

Composition. 



Mine de Himmels- 
furst, près Freiberg 



Soufre. 


Plomb. 


Arg. 


Antim. 


Fer. 


Aluni. 


22. 


41 


9,25 


21,5o 


.,7r. 


>■ 



420 



Klaprolli 



Son signe est PbS' , SbS^. Il paroît que M. Berzelius a fait 
ici abstraction de l'argent. 

Ces minerais se sont d'abord fait remarquer dans les mines 
de Freiberg en Saxe , dans celles qu'on nomme Himmelsfurst 
et Beschertgluck, accompagnés de galène, d'argent sulfuré 
et d'antimoine sulfuré, c'est-.à-dire de sulfures à peu près 
purs , qui par leur association intime composent ces minerais. 
Sans le principe des proportions définies on devroit regarder 
les galènes argentifères, ainsi que l'a fait Haily , comme de 
simples variétés par mélanges, c'est-à-dire en proportions in- 
définies des trois sulfures de plomb, d'argent et d'antimoine ; 
mais ici la forme et la structure de chaque sulfure est diffé- 
rente de celle des deux autres : on ne peut donc pas les re- 
garder comme se remplaçant mutuellement et indistincte- 
ment. Alors c'est au sulfure qui conserve et manifeste le ca- 
ractère de la forme qu'on doit rapporter ces mélanges dans 
l'opinion d'Haily, ou ces espèces dans celle des chimistes.' 

Ils font partie de filons qui traversent un gneiss, par con- 
séquent un terrain primitif. 

On a reconnu ensuite ces galènes argentifères riches en 
Bohème, au Harz. 

On les cite aussi au Mexique , intendance de la Sonora , 
dans les filons de Cosala. 



I On remarquera que ces deux minerais, érigés en espèces par les 
minéralogistes de l'École allemande et par ceux de l'École chimique, 
le sont par les premiers sur un motif tout-i-fait empirique, celui de 
leurs produits métallurgiques et d'après des principes plus techniques 
que scientifiques, ce motif étoît suffisant. Les seconds ont au contraire 
des principes bien plus rigoureux, bien plus scientifiques , et cependant 
ils ont établi ces deux espèces sur une seule analyse, faite sur des 
minerais d'une seule et même minej car on ne connoît pas d'autre 
analyse de galènes argentifères riches, que celle qu'on vient de rap- 
porter. 



424 PLO 

Dans fous ces lîeuxîls présentent , à peu de chose près, les 
mêmes associations géognosfiques des minerais qu'on vient 
dénommer, et en outre de la blende, du fer arsenical, du 
cuivre gris , du calcaire jaunissant , de la barytine , etc. , et ils 
appartiennent à des filons qui traversent des terrains pri- 
mordiaux. 

b) Galène sÉLÉNiFÈRE. Elle ne présente aucun caractère ex- 
térieur qui puisse indiquer la présence du sélénium. L'essai 
chimique est nécessaire pour la reconnoître. 

Cependant celle que nous avons vu est généralement 
lamellaire: elle a un éclat très -vif. 

Celle de la mine de cuivre de Fahlun , en Dalécarlie 
(Suède) est laminaire et lamellaire, très- éclatante, un peu 
caverneuse, et mêlée de cuivre |^yriteux et de talc. 

c) Galène antimonifère '. Elle est compacte , à grain fin , d'un 
gris de plomb, avec l'éclat métallique, assez facile à casser, 
assez tendre. 

Sa pesanteur spécifique est de 5,95. 

Elle répand , par l'action du feu du chalumeau , Todeur 
propre à l'antimoine et donne sur le charbon une pous- 
sière en partie blanche et en partie rouge. 

Composition. 



En Sibérie. 



d'Alsace sur leRLin 



Soulrc. 


Aisenir. 


Plomb. 


Aiitiin. 


17,20 
20,90 




43,44 
49,00 


35,47 
22,09 


Fer. 
4,00 



TronimsJorf. 



On y rcconnoît quelquefois la structure aciculaire radiée 
de l'antimoine sulfuré, qui s'y trouve libre ; mais le mélange 



1 Bleischimmer, On lui a donné aussi le nom de B/eischweif. 

On commet peut-être ici quelque confusion, en rapportant au plomb 
antimonifère de Sibérie, analysé par M. Pfaff, et qui ne contient pas 
d'urgent, les plombs antimonifères de Wallerius, d'Haiiy, de Born, 
qui indiquent ce métal ; mais le défaut d'analyse des derniers et d'échan- 
tillons du premier ne permettant pas d'établir entre eux de comparaison 
complète qui puisse prouver, ou leur différence, ou leur identité, 
laisse dominer le caractère essentiel tiré de la présence de l'antimoine, 
aditiis dans tous ces minerais. 



PLO 4=5 

intime présente, lorsqu'il est cristallisé, la forme cubique 
de !a galène avec ses variétés. 

Nous rapportons à cette variété la galène antimonifère de 
Sib "ie , avec cuivre pyriteux , analysée par M. Pfaff ; celles 
de (.Jurnouailles , d'Andréasberg et de Clausthal au Harz, de 
Sahîberg en Suède ( Wallerius) , et celle de Saxe, en con- 
crétions cylindroïdes, à texture striée. (De Born.) 

d) Galène ferrifere'. Structure lamellaire; dureté supé- 
rieure à celle de la galène pure. 

Intimement mêlée ? de fer sulfuré. 

De Durham en Angleterre. Elle contient un demi pour 
cent de fer, d'après Thomson. La galène argentifère riche 
en contient davantage. 

De Huelgoët en Bretagne. 

De Saint- Sauveur en Languedoc. 

Cette variété est établie plutôt sur des présomptions que 
sur une connoissance réelle de sa composition. 

e) Galène cobaltifere. Elle n'est reconnoissable que par 
la couleur bleue qu'elle communique au verre de borax. 

Elle se trouve en enduit bryoïde ou en petits cristaux 
dans les filons des terrains de transition de la mine de Lo- 
renz près Clausthal au Harz , et de Catalogne en Espagne. 
( Prol'st. ) 

3. PLOMB SÉLÉNIURÉ. 

Il ressemble à la galène pulvérulente ou lamellaire , mais 
avec une teinte plus bleue. Il indique le même clivage, mais 
on ne l'a pas vu cristallisé. 

Ses caractères chimiques sont les seuls qui puissent encore 
être employés avec sûreté pour le reconnoitre. 

Au chalumeau , il répand une odeur très -sensible de raves 
putréfiées. 

L'acide nitrique met à nu le sélénium. 

Chauffe dans le tube, il se suîiliine de l'oxide de sélénium 
d'un rouge carmin et de l'acide sélénique blanc déliquescent. 

La pesanteur sjiécifique de celui de la mine de Lorenz 
près de Clausthal au Harz, est de 7,69 — de celui du Harz 
oriental 6,8, (Zinken.) 

1 Galène martiale. 



426 



PLO 



' 


Plomb. 


Sélénium. 


Cobalt. 


e Clausthal 

u Harz oriental . . 


70,98 
71,81 


:i8,ii 
.7,59 


o,83 



Stromeyer. 
H. Rose. 



Plomb siîléniuré cuprifère. Sa couleur est plus claire ; et 
son éclat métallique tire un peu sur celui du laiton. 

Sa texture est grenue; il est plus ou moins fusibie au cha- 
lumeau, suivant qu'il contient moins ou plus de cuivre. 

Sa pesanteur spécifique est de 7 ou de 5,6. 



Du Harz oriental. A. 
Idem. B. 



^~ 


: 





































ë 




> 
3 


S. 





CL 
69,57 


^ 


u 


■«'. 




29,96 


7,86 




0,77 


47,43 


34,26 


i5,45 


1,29 


2,08 



H. Rose. 

Idem. 



Plomb séléniuré cobaltifère. D'un gris bleuâtre , à texture 
grenue. 

Au chalumeau il colore le verre de borax en bleu. 



Composition = 6Pb Se 



Co Se. 4 



Du Harz oriental. . 



Plomb. 


Sélén. 


Cobalt. 1 Fer. 


60,92 


3i,42 


3,14 0,45 



H. Rose. 



Il est dans la dolomie accompagné souvent de calcaire fer- 
rifère. 

Plomb séléniuré hydragirifère. D'un gris de plomb bleuâtre 
ou noirâtre, avec l'éclat métallique. 

Structure laminaire. 

Quelquefois texture compacte. 

Poudre noire. 

Chauffé dans le tube, il pétille, se recouvre d'un enduit 
gris bleuâtre, ayant Péclat métallique, donnant du séléniate 
de mercure en gouttelettes jaunes, transparent. 

Odeur très-fétide. 

Pesanteur spécifique 7,3. 



PLO 

Composition =^ 3PbSe' 



427 



HgSc 



Plomb. 


Sélén. 


IWercurc. 


Perle. 


55,84 
27,33 


2^,97 
27,98 


16,94 
44,69 


2,25 



H. Rose. 



Du Harz oriental.^. 
B. 

Ce minerai est rarement homogène. 

Les plombs séléniurés se trouvent dans deux parties du 
Harz. 

1.° Dans la mine de Lorenz , près Clausthal ; 

2.° Dans le Harz oriental, à Brummerjahn et à Tilkerode. 
C'est dans le point de contact des diabases sur les schistes 
qu'elles recouvrent, que se présentent les minéraux sélé- 
niurés dans un filon ou roche ferrugineuse, accompagnée do 
dolomie , de calcaire spathique et de quarz. 

Celui de Tilkerode renferme quelquefois une proportion 
d'argent qui va jusqu'à seize kilogrammes d'argent par 
quintal métrique; il est dans la dolomie et accompagné de 
cuivre pyriteux, qui ne renferme guère que deux kilo- 
grammes d'argent. 

Il est présumable que la galène sélénifère renferme du 
soufre et diffère par la présence de ce corps du plomb sélé- 
niuré, dans lequel les analyses précédens n'en indiquent pas. 

4. PLOMB MINIUM" = Plomb TRioxiDÉ. — Pb'. 

C'est un minerai d'aspect terreux, d'un rouge vif, assez 
pur, tirant un peu sur le jaune orangé, souvent pulvérulent, 
quelquefois compacte, mais à texture lâche, quelquefois aussi 
avec une structure un peu lamellaire. 

Chauffé au chalumeau sur le charbon, il se réduit facile- 
ment en plomb métallique. 

Sa pesanteur spécifique est d'environ 4,6, Breith., et 8,9. 
Beud. 

Lieu et gisement. On a douté pendant long- temps que ce 
minerai se trouvât réellement natif, et on a attribué souvent 
sa présence à l'action du feu employé dans quelques mines 
pour désagréger le rocher, ou à quelques résidus acciden- 
tels. C'est surtout à celui de Schlangenberg en Sibérie qu'on 



Plomb oxidé rouge. — Sandix. — Minium natif. — pfennig. (Leokh. 



428 PLO 

a appliqué cette origine; mais il paroît qu'on l'a trouvé ail- 
leurs à l'état réellement naturel. 

Dans les mines de plomb de Brilon, en Westphalie. mêlé avec 
de la calamine compacte ' ; dans la mine rie Hausbaden, près 
Badenvveiler, grand-duché de Bade, avec de la galène , dans 
du qiiarz; à Kall, duché de Juliers et près de Langenheck, à 
quatre lieues de Dietz, pays de Trêves, avec de la galène et 
de la calamine; dans l'Ile d'Anglesey en Angleterre, dans un 
filon de galène, de cuivre pyriteux, de plomb vitreux et de 
plomb blanc, qui traverse une roche de schiste argileux , et 
dans quelques autres mines d'Angleterre, telles que Grassing- 
tonmoor en Craven , et Grasshill-Chapel, en Weirdale, dans 
l'Yorkshire. (Phillips.) Zimapan au Mexique. 

Il est encore douteux que le massicot', ou plomb bioxidé 
jaune, se trouve dans la nature ; les minerais qu'on a donnés 
pour tels, ou sont, comme le pense M. Nœggerath , un 
produit de fourneau enfoui, à Breinig près StoUbt-rg , aux 
environs d'Aix-la-Chapelle, sous un terrain d'alluvion récent; 
ou, suivant M. John, un mélange de plomb oxidé, de plomb 
carbonate, de fer oxidé, de calcaire et de silice.^ 

5. PLOMB GOMME''» = Plomb bioxidé hydro-aluminiaté. 
Ce minerai de plomb, aussi singulier par son aspect que 

i James Smithson , Journal de phys. , tome 79, page 144, et tome 
65, p.Tge 365. 

s. Eleigicitte , Leokh. 

3 Je ne puis dire, si le plomb oxidé terreux brun, compacte comme 
du jaspe de Saska en Hongrie, cité par de Born , qui lui attribue la 
propriété de faire effervescence avec les acides , est réellement un 
plomb oxidé et une espèce particulière; s'il est le même que celui 
que M. Lelièvre a fait connoître sous le nom de Plomh sitroxigené , 
et que j'ai décrit ailleurs , d'après ce minéralogiste , sous le nom de Plomh 
oxidé jaspoïde- Le minerai de M. Lelièvre diffère de celui de de Born, 
en ce qu'il ne fait point effervescence avec les acides, qu'il transforme 
l'acide muriatique en chlore, et que M. Vauquelin y a trouvé 

Plomb oxidé 22 j 

Arsenic oxidé 38 > = 99. 

Fer oxidé Bg ) 

Patrin soupçonnoit que ce minerai de plomb venoit des mines de 
Daourie. 

4 Plomb bydro-alumineux. (Haut.) 



PLO 429 

par sa composition, est jaunâtre, mais d'un jaune brunâtre 
ou orangé sale; il se présente sous une forme concrétionnée, 
globulaire, ou comme des gouttes de gomme figées. Il a en 
outre l'éclat et la translucidité de cette substance, et quel- 
quefois aussi un éclat perlé. 

Jl est plus dur que le fluoré. 

Il manifeste par le frottement l'électricité résineuse, lors- 
qu'il est isolé. 

Il a une structure quelquefois écailleuse , comme si ces 
globules éfoîcnt rou)posées de couches minces et concen- 
triques, et quelquefois fibreuses, a fibres radiées. 

Sa texture est compacte 1 1 sa cassure conchoïde; exposé 
à l'action du feu. il décrépite, donne de Feau dans le ballon, 
et, poussé à la fusion, il se j^onfle, en produisant comme 
des espèces de végétations semblables aux choux-fleurs : le na- 
tron le réduit. 

C'est à M. Berzelius qu'on doit l'analyse et par conséquent 
la connoissance de cette espèce. 



Composition 2= PbA" 



Aq. 



= 

Plomb 
oxîdé. 


Alumine. 


Eau. 


Corps 
étrangers 
et perle. 


40,14 


37 


18,80 


4,06. 



De Huelgoèt. 

On ne l'a encore trouvé que dans la mine de plomb de 
Huèlgoè't , près de Poullaouen en Bretagne, couvrant de ses 
globules ou petites masses concrétionnées , les minerais de 
plomb blanc et de galène qui composent ces filons. 

6. PLOMB BLANC" = Plomb carbonate. (HaUv.) 
Ce minerai pur est limpide; il a la transparence du verre , 
avec l'éclat du diamant. Il se trouve rarement dans cet état 
de perfection, mais, quelle que soit son apparence exté- 
rieure, on le reconnoit aux caractères suivans. 

Sa pesanteur spécifique est de 6 à 6,7; il se dissout plus 
ou moins facilement et avec effervescence dans l'acide ni- 
trique. Les cristaux de Huelgoët, de Lacroix, de Gazii^our, 



Piojub spatbi<jue, IfeisilUierz , Breitu.; Helerochrorn , Mjktuvi. 



iSô 



PLO 



etc., se dissolvent facilement dans l'acide nitrique concen- 
tré; les cristaux jaunâtres, les cristaux en aiguilles soyeuses 
du Harz, ne se dissolvent bien que dans l'acide étendu d'eau. 
(Hauy.) 

Il noircit sur-le-champ par l'action du gaz hydrosulfuré. 

Il fond au chalumeau , et se réduit aisément en plomb sur 
le charbon. 

Composition = Pb C*. Berz. 



Plomb 
bioxidé. 


Acide 
carboni- 
que. 


Corps 
étrangers. 


Total. 


82 


16 

i5,5 


- 


98 
100 



DeLeadhills.. 82 I 16 — 98 Klaprotb. 

DelVertschinski 8h,5 | i5,5 — 100 John. 

Sa forme primitive la plus simple, donnée par le clivage 
et mieux encore par l'observation des formes secondaires, 
est un prisme droit, à base rhomboïdale, de 117 et 63 
(Phillips)', et dans lequel la hauteur est à la petite diago- 
nale :: 34 à 98. 

Il est tendre, raie à peine le calcaire, se casse facilement, 
a une cassure conchoïde , ondulée; il ne présente que très- 
rarement une structure laminaire qui permette un clivage 
distinct. 

Il jouit, au plus haut degré de la réfraction double. La 
double image se voit aisément en regardant à travers les pans 
des cristaux prismatiques; ces images sont ordinairement 
irisées. 

Variétés de formes. 

Les variétés de formes de cette espèce sont assez nom- 
breuses, assez difficiles a déterminer, malgré l'éclat de leurs 
faces et leur apparence de netteté; mais elles sont souvent 
maclées , ce qui rend les cristaux informes et très-compli- 
qués. 

1 Haiiy admet l'oclaèdie rectangulaire , divisible parallèlement à 
la base commune des deux pyramides, et dont les faces sont incli- 
nées de 117,4 et 62,56, ce qui revient au prisme rhoniboidal; mais 
cette dernière forme nous paroit plus simple et se prête plus facile- 
luent à la construction des modification^ secondaires. 



PLO 43i 

On peut distiihuer en deux groupes, dont les limites ne 
sont pas susceptibles d'être fixées avec précision , les douze à 
quinze formes de cette espèce; dans les unes, la forme octaé- 
drique est dominante, et dans les autres c'est la forme pris- 
matique pyramidée. 
Les octaédriques sont: 

1. Voctacdre. Octaèdre rectangulaire, dont les faces x 
sont dues à une modification, sur les angles obtus A de la 
base. Elles sont inclinées de 116'^ 20' (Hauy) sur cette base. 

2. Le quadrihexagonal. Un autre octaèdre, dont les faces 
sont dues à une modification sur les mêmes angles, mais incli- 
nées dei25'^6' (Hauy) sur la base, et dont le sommet scroif 
remplacé par une facette due à une modification sur l'a- 
rète G. 

5. Le disjoint. Le nombre des facettes additionnelles devient 
assez considérable pour effacer la dominance de la forme oc- 
taédrique, qui appartient à un troisième octaèdre, à